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Full text of "Annales des sciences naturelles"

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ANNALES 


SCIENCES   NATURELLES 


IIUlTlfiME   SÉRIE 


ZOOLOGIE 


DiBitizod=,Google 


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ANNALES 


SCIENCES  NATURELLES 


ZOOLOGIE 


FALK0NT(ILO(ÏIE 


LANATOMIE.    LA    PHYSIOLOGIE,    LA    CLASSIFICATION 
ET    L'HISTOIRE    NATURELLE    DES    ANIMAUX 


M.   A.  MILiNE-KDWARDS 


PARIS 

MASSO.N    ET   C-,  ÉDITEURS 

LIBHAIItES     DE     l'aCADÉMIE     DE     MÉDECINE 
1»,  l»ln»^  Silil-ttniiii. 


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o^.H/Zr 


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L'APPAREIL   DIGESTIF 


ORTHOPTERES 

(ilita  lofpyniyw,  Hnlologif m  cl  Pkjiigl*giqwi  de  eti  Otjue 

BT  SON  IMPORTANCE  POUR  LA  CUSSIFIUTION  DES  QBTHOPTÈRES) 

Par  L.   BORDAS, 


INTRODUCTION. 

Nous  avons  étudié  VAppareit  digestif  des  Orthoptëres 
chez  quatre-vingts  espèces  environ,  appartenant  aux  sept 
principales  familles  de  cet  ordre.  Cet  organe,  assez  uni- 
forme dans  son  ensemble,  présente  cependant  d'une  famille 
à  l'autre  et  parfois  même  dans  la  même  famille,  de  nom- 
breuses différences  secondaires  qui  ont  nécessité  une  des- 
cription spéciale.  Grftce  aux  nombreux  échantillons  (1)  que 
M.  le  Professeur  Bouvier  a  bien  voulu  mettre  à  notre  disposi- 
tion, il  nous  a  été  possible  de  suivre  les  différentes  modifica- 
tions qu'éprouve  cet  appareil,  depuis  les  formes  droites  qu'il 
affecte  chez  les  Phasmidx,  jusqu'aux  formes  sinueuses  et 

(1)  La  plupart  des  espèces  que  nous  avons  décrites  proviennent  du  labo- 
rstoire  d'Entomologie  du  Muséum  et  ont  été  déterminées  par  M.  Ch.  Bron- 
Rniart,  assistant  de  Zoologie.  Nous  sommes  heureux  d'adresser  k  H.  Bron- 
Kiiiart  tous  dos  remerciements,  non  seulement  pour  les  détermioations. 
parfois  difficiles,  qu'il  a  bien  voulu  nous  Taire,  mais  encore  pour  les  ren- 
seignements qu'il  nous  a  donnés  sur  certains  Orthoptères. 

AKN.   se.  «AT.  ZOOL.  V,  1 


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2  li.  ■•■■*«. 

compliquées  qu'il  présente  chez  les  Locusles  et  les  Gryllides. 
Nous  avons  décrit  d'une  façon  détaillée  et  représenté,  au 
moyen  de  nombreuses  figures,  un  organe  très  important 
chez  les  Orthoptères,  le  gésier;  nous  avons  en  outre  montré, 
avec  force  détails,  les  divers  degrés  de  complication  qu'offre 
son  armature  chitineuse  interne  dans  les  diverses  familles 
d'Orthoptères.  De  plus,  nous  avons  indiqué  tout  le  parti  qu*on 
peut  tirer  de  la  forme  et  de  la  structure  des  dents  de  cha- 
cune des  rangées  longitudinales  internes  pour  la  détermina- 
tion des  espèces. 

Nous  avons  montré  que  les  appendices  latéraux  de  l'extré- 
mité antérieure  de  l'intestin  moyen  ne  sont  que  des  diver- 
ticules  de  ce  dernier  organe.  Des  éludes  histologiques  nous 
ont  conduit  à  ces  canclusions  et  fait  considérer  ces  diverti- 
cules  comme  des  expansions  latérales  à  fondions  surtout 
sécrétrices.  Le  nombre  considérable  et  la  variété  des  espè- 
ces que  nous  avons  eues  à  notre  disposition  nous  ont  per- 
mis de  faire  une  description  très  détaillée  des  cœcums  intes- 
tinaux, et  de  suivre  pas  à  pas  les  modifications  graduelles 
et  nombreuses  qu'ils  éprouvent  pour  passer  des  formes 
multiples  (8  chez  les  Mantids  et  les  Blattidx,  6  chez  les  Acri- 
diidœ)  aux  formes  paires  et  latérales  des  Locustidœ  et  des 
GryllidsB.  Les  diverses  variétés  de  structure  qu'affecte  le 
gésier^  ses  différents  degrés  de  complexité  ajoutés  surtout 
à  la  présence  ou  à  l'absence  des  csecuma  intestinaux,  nous 
ont  permis  de  diviser  les  Orthoptères  en  deux  groupes  très 
distincts  :  les  Acolotasia  ou  Orthoptères  sans  appendices 
intestinaux  et  les  Colotasia  ou  Orthoptères  à  appendices 
intestinaux  plus  ou  moins  nombreux  et  développés. 

Les  organes  urinaires  ont  également  élé  étudiés  avec 
détail,  et  nous  avons  constaté  que,  chez  tous  les  Orthoptè- 
res, sauf  chez  les  ForBcuIides,  les  tubes  de  Malpighi  sont 
très  nombreux  et  groupés  généralement  en  six  faisceaux 
débouchant  au  sommet  de  six  tubercules  {Locuitidie, 
Blaltidœ,  etc.).  Chez  tous  les  Gryllidœ,  au  contraire,  les 
lubes  urinaires,  disposés  en  un  faisceau  unique,  voni  s'ou- 


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APPAREIL   DIGESTIF    DES    ORTHOPTÈRES.  3 

vrir  h  l'exlrémité  dilatée  d'un  canal  excréteur  impair 
(uretère). 

Chacune  des  diverses  parties  du  tube  digestif  {pharynx, 
jabot,  gésier,  intestin,  cxcums  intestinaux  et  surtout  glandes 
rectales),  a  été  l'objet  d'une  étude  hislologique  détaillée. 
Nous  avons  signalé,  en  outre,  au  cours  de  nos  descriptions, 
la  présence  d'un  revêtement  cilié  recouvrant  les  cellules  de 
l'iolestia  moyen  et  celles  des  appendices  latéraux. 

Pour  faciliter  notre  étude,  et  surtout  pour  nous  confor- 
mer aux  données  embryologiques,  nous  avons  divisé  le  tube 
digestif  des  Orthoptères  en  trois  parties,  à  savoir  : 

1"  L'intestin  antérieur,  d'origine  ectodermique,  corres- 
pondant au  stomodfeum  et  comprenant  la  bouche,  le  pha- 
rynx, Vœsophage,  \e  jabot  et  le  gésier. 

2*  L'intestin  moyen,  qui  correspond  au  mésenteron,  ne 
forme  qu'une  partie  unique,  à  laquelle  nous  laissons  le 
nom  à'intestin  moyen.  Ce  dernier  prend  son  origine  en  ar- 
rière du  gésier  et  se  termine  à  l'insertion  des  tubes  de 
Malpighi.  A  l'intestin  moyen,  nous  avons  rattaché  les  csecumx 
latéraux,  si  variables  en  nombre  et  en  forme  et  carac- 
téristiques des  Orthoptères.  L'intestin  moyen  est  une  pro- 
duction de  l'endoderme  (V.  Heymons,chap  Phasmidx,p.  16). 

3°  L'intestin  postérieur  ou  tehuinal,  d'origine  ectoder- 
mique comme  l'intestin  antérieur,  correspond  au  procto- 
d«um.  Il  commence  à  l'embouchure  des  tubes  de  Mal- 
pighi, et  comprend  l'intestin  postérieur  proprement  dit,  le 
rectum  et  les  glandes  rectales. 

En  prenant  comme  critérium  de  notre  classification  les 
divers  degrés  de  difTérentiation  du  tube  digestif,  ses  com- 
plications, la  structure  du  gésier,  la  présence  ou  l'absence 
de  cKCuros  intestinaux,  etc.,  nous  avons  suivi  une  marche 
à  peu  près  parallèle  à  l'ordre  d'apparition  des  Orthoptères 
dans  les  temps  géologiques.  En  effet,  la  Paléontologie  nous 
apprend  que  les  Phasmid.e  ont  leurs  ancêtres  dans  les 
Protophasmidœ  des  terrains  carbonifères  et  qu'elles  abon- 
dent dans  le  houiller  de  Commentry.  Nos  Phasmiens  ac- 


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4  Mé.  ■•■»«•. 

luels  se  distinguent  cependant  des  espèces  paléozoïques  par 
la  réduction  des  ailes  antérieures  qui,  cbez  certains  types, 
comme  les  Bacilltts,  peuvent  même  disparaître. 

Les  Blattid^  étaient  fort  abondantes  &  l'époque  carboni- 
fère, et  les  principales  différences  que  présentaient  les  Paléo- 
bltUtides  avec  les  formes  actuelles  consistaient  dans  la  grande 
similitude  qu'affectaient  les  ailes  antérieures  et  les  posté- 
rieures (Scudder,  Ch.  Broogniart). 

Les  MANTiDiG  datent  aussi  de  la  période  primaire  (Carbo- 
nifère). 

On  ne  trouve  aucune  trace  des  FoRPicuLiOiE  dans  les  assi- 
ses houillères,  et  les  premiers  vestiges  de  ces  Insectes  ont 
été  signalés  dans  le  lias  de  Schambeler  par  0.  Heer.  Mais 
c'est  surtout  dans  les  terrains  tertiaires  qu'on  les  rencontre 
en  abondance. 

Les  Acridiens  ou  Acridiid^,  assez  nombreux  en  indivi- 
dus, étaient  représentés,  à  l'époque  carbonifère,  par  les 
Paléacridides  {Calomura,  etc.).  On  a  signalé  ensuite  quel- 
ques' représentants  dans  le  lias  ;  mais  c'est  principalement 
dans  tes  couches  tertiaires  qu'on  trouve  de  nombreuses  espè- 
ces correspondant  à  nos  Acridiens  actuels. 

Les  LocusTiDiG  et  les  GnYLLin^  ont  fait  leur  apparition 
à  des  époques  géologiques  relativement  récentes.  Les  pre- 
mières se  rencontrent  en  abondance  et  dans  un  excellent 
état  de  conservation  dans  les  schistes  de  Solenhofen  {Locusia 
speciosa,  Mflnst.). 

Nous  avons  étudié,  parmi  les  Orthoptères,  quatre-vingts 
espèces  environ  classées,  dans  les  diverses  familles,  de  la 
façon  suivante  : 

1"  Famille  des  Forfici'ud*  :  Forficula  auricularia  (L.), 
Aneckura  bipunctata  (F.),  Labidura  riparia  (Pall.). 

2*  Famille  des  Phasmid^e  :  P/ii6alosomap^thonius{Wesi.), 
Acanlhoderus  spinosus  (Gray),  et  Necroscia  erechtkeus  (West- 
wood). 

3°  Famille  des  Mantid^  ;  Manûs  retigiosa  (  Linné),  Teno- 


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APPAREIL   DIGESTIF   DES    ORTHOPTÈRES.  5 

dera  auslraiasiw  (Leach),  Hierodula  bioculata  (Burmeister), 
Stagmatopiera  predicatoria  (Sloll),  Sttig.  anmUata  (Stoll), 
Eremiaphila  dentkollis  (Lefebr.),  et  Emputa  pauperata 
(Lalr.). 

4*  Fauillb  des  Blattid^  :  Blatta  germanica  (L.),  Blaita 
maderœ  (L.),  Periplaneta  orientalù  (L.),  Peripl.  ameri- 
cana  (L.),  Peripl.  austrafasix  (Fabr.),  Epitampra  graci- 
tis  (Brunn.),  Polyzosteria  limbata  (Burin.),  Panesûiia  j'aoa- 
niea  (Serv.j,  Heterogamia  œgyptiaca  (L.),  Blutera  giganlea 
(Sloll),  Blabera  atropos  (Stoll),  etc. 

5*  Famille  des  AcRiDiiDiG  :  1*  Tribu  des  Pyrgomorphi- 
nœ  :  Psecilocerus  (Serv.),  Pgrgomorpha  gryllotdes  (Serv.). 

2'  Tribu  des  Acridiins  :  A  cridium  peregrinum  ou  Schis- 
locerca  peregrina  (Oliv,),  Acridium  speciosum  (Thumb.), 
Caloptenwt  italicus  (Lin.),  etc. 

3*  Tribu  des  Pamphaginse  :  Pamphagus  etepkas  (St&l). 

4*  Tribu  des  Œdipodiuse  :  Œdipoda  cœruleseens  (Lin.), 
Œdipoda  miniata  (Pallas),  Psophus  stridulus  (Lin.).  Pachy- 
(ylus  cinerascem  (Fabr.),  etc. 

5*  Tribu  des  Truxalinœ  :  Stenobothrus  lineaius  (Panz.), 
Slenob.  stigmatkus  (Ramb.),  Stenob.  bkolor  (Charp.),  Sle- 
nohot.  pulvinatiis  (Fisch.),  Slenob.  longicornis  (Latr.),  Mecos- 
thetus grossus  (Linné),  Truxalis  unguk'ulata{Hamb.),  Truxalis 
nasuta  (Lin.),  Parapleurm  a/liacetix  (Germ.),  Epacromia 
Ihalassina  (Fabr.),  Gomphocerus  maculalus  (Thumb.),  etc. 

6*  Famille  des  LocusTiDiE  :  1"  Tribu  des  Pseudophylli- 
nae  :  Cleandrus  rex  (Brun.). 

2"  Tribu  des  Mecopodinœ  :  Platyphyllum  giganteum  ou 
Pseudophyllanax  insularis  (Walker). 

3°  Tribu  des  Ephippigerinœ  :  Ephippiger  bilteriensis  cj* 
(Marq.),  Orphania  denticauda  <S  (Charp). 

4'  Tribu  des  Phaneropterinœ  :  Phaneroplera  falcala  {Sco- 
poii),  Aaidopeza  reticulala  (Guérin). 

5°  Tribu  des  Conocephalin»  :  Salomona  megacepkala  (de 
Haan),  Pseudorhynchus  minor  (Redlenbacher),  Conocepka- 
lus  mandibularis  (Charp.) 


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6  li.  B*BDAS. 

6°  Tribu  des  LocusIîdsb  on  Beclicinœ  :  Decticus  verrud- 
vorus  (L.),  Decticus  albifrons  (Fabr.),  Platydeis  grisea  (Fabr.), 
PL  iaticauda  (Bpudd.),  PL  tessellata  (Charp.),  PL  sepium 
[\QT^.),Locustaviridissima[L\Ti.),Locustacantans{Ç.\i^v^.)^eic. 

V  Tribu  des  GrylIacriDx  :  Gryllacns  auranliaca  (Bruon.), 
Eremus  spinulosus  (Brunn.),  etc. 

V  Famille  des  GryllidjE  :  Gryllus  campestris  (Latr.). 
Gryîltis  domesticus  (Latr.),  Nemobius  syivestris  (Fabr.),  Bra- 
chytrypes  ou  Brachytrypus  membranacetts  (Drury).  Gryllo- 
talpa  vulgaris  (Lalr.),  etc. 

L'historique  de  !»  question  ayant  été  fait  h.  propos  de 
chaque  chapitre,  nous  nous  contenterons,  pour  ne  pas 
nous  répéter,  de  signaler  au  passage  les  remarquables  tra- 
vaux anatomiques  de  L.  Dufour  et  de  Blanchard,  ceux  de 
Basch,  de  Leydig,  de  Leuckart,  de  Schindier,  de  Ber- 
lese,  de  Heymons,  etc.,  les  recherches  physiologiques  de 
Plateau,  de  Cuénot,  etc.,  et  les  études  histologiques  de 
C.  Chun,  de  Frenzel,  de  Faussek,  etc.. 


CHAPITKE  PHEMIKK 

APPAREIL     DIGESTIF     DES     KORFlCtlLID^. 

{V.  PI.  I,  (ig.  1,2,  3,4,  5  et  6.) 

Les  Forficiihdx  constituent,  parmi  tes  Ortboplères,  une 
famille  dont  l'appareil  digestif  présente  une  grande  simpli- 
cité. Cet  oi^ane  est,  en  effet,  formé  par  un  tube  presque 
recliligne,  traversant  le  corps  de  l'insecte  suivant  son  axe, 
et  ne  présentant,  sur  tout  son  trajet,  que  trois  renflements 
antérieurs  et  une  légère  circonvolution  vers  son  extrémité 
terminale  (V.  PI.  I,  fig.  \).  Nous  sommes  loin  ici  de  l'appa- 
reil si  compliqué  et  si  difTérencié  que  nous  allons  décrire 
chez  les  Locustidee  et  chez  les  Gryllidpe.  Aussi,  est-ce  en 
suivant  cet  accroissement  progressif  de  complexité  que  nous 


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APPAREIL    DIGESTIF    DES    ORTHOPTÈRES.  ^ 

alloDs  poursuivre  Dotre  travail  et  montrer  que  l'appareil  de 
la  digestion  des  Orthoptères  constitue  un  organe  de  pre- 
mier ordre  dont  les  caractères  peuvent  servir  pour  l'établis- 
sement d'une  classification  naturelle  de  ce  groupe,  l'un  des 
plus  importants  des  Hexapodes. 

Le  tube  digestif  des  Forficulid-e  [Forficula  auricutaria) 
peut  être  divisé  en  (rois  parties  en  rapport  avec  le  dévelop- 
pement embryogénique  de  cet  organe.  Ces  diverses  parties 
sont  :  Viiïtestin  antérieur  et  Yinleslin  postérieur  d'origine 
ectodermique  et  Viniestin  mot/en,  d'origine  endodermique. 
Dans  l'intestin  antérieur^  on  peut  faire,  chez  les  Forficulidx, 
quatre  divisions  correspondant  au  pharynx^  à  VœsopAage,  au 
•0*0/  et  au  gésier  (V.  PI.  I,  Hg.  i ,  2,  3). 

Chez  la  Forficula  auricularia,  W  pharynx  est  court,  cylin- 
drique ou  légèrement  aplati  horizontalement.  Il  commence  à 
l'orifice  buccal,  de  forme  ovale,  et  se  continue,  en  arrière, 
avec  l'œsophage.  Ses  parois  sont  épaisses,  musculaires  et  sa 
face  interne  présente  de  nombreuses  stries  longitudinales, 
peu  profondes,  parfois  h  peine  indiquées  et  séparées  par  des 
bourrelets  peu  saillants,  parallèles  aux  stries.  Il  repose,  par 
sa  face  inférieure,  sur  une  plaquette  chitineuse,  quadrangu- 
laire,  en  rapport,  par  ses  angles  latéraux,  avec  les  parois 
internes  des  mandibules.  Latéralement  partent  des  faisceaux 
musculaires  aplatis,  dirigés  obliquement  vers  l'extérieur  et 
allant  se  confondre  avec  les  muscles  moteurs  des  mandi- 
bules et  des  mAchoires. 

Le  pharynx  se  prolonge  jusqu'à  1  millimètre  environ  de 
la  face  postérieure  céphalique  et  se  continue  par  Vœsophage. 
La  ligne  de  démarcation  entre  ces  deux  parties  est  assez 
nette.  On  observe,  en  effet,  en  ce  point,  un  léger  sillon  an- 
nulaire à  la  suite  duquel  se  trouve  un  bourrelet  de 
même  forme,  continué  par  un  tube  constituant  Yœsopkage. 
Outre  la  séparation  que  nous  venons  de  signaler,  les  deux 
organes  se  distinguent  encore  par  leur  structure.  Les 
parois  de  l'œsophage  sont  minces,  peu  musculeuses  et 
transparentes.  Cet  organe,  qui  se  continue  jusqu'au  mi- 


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lieu  du  prolhorax,  comprend  de  six  à  huit  faisceaux  de 
fîbrlUes  disposées  longitudinalement  et  une  couche  mus- 
culaire auDulaire.  Aucune  ligue  de  démarcation  ne  le 
sépare  du  jabot  qui  semble  n'être  que  son  prolongement 
normal,  tant  sont  insensibles  les  transitions  par  les- 
quelles on  passe  d'un  organe  à  l'aulre.  Pourtant,  vers  le 
milieu  du  premier  segment  thoracique,  le  tube  digestif  pré- 
sente un  léger  coude  vertical  et  &  convexité  dirigée  vers  le 
bas  :  c'est  à  partir  de  ce  point  que  commence  réellement  le 
jabot. 

Lb  jabot  est  un  organe  volumineux,  conique  ou  fusiforme, 
très  extensible  et  occupant  la  presque  totalité  du  thorax  et 
les  deux  premiers  segments  abdominaux.  Chez  un  grand 
nombre  d'individus,  il  présente  deux  replis  circulaires,  peu 
accentués,  l'un  antérieur  et  l'autre  postérieur,  déterminant 
trois  légères  boursouflures.  Ses  parois  sont  minces,  transpa- 
rentes et  présentent  extérieurement  des  faisceaux  muscu- 
laires qui  ne  sont  que  la  continuation  de  ceux  de  l'œso- 
phage. Dans  le  deuxième  segment  abdominal,  le  jabot 
diminue  progressivement  de  diamètre  et  va  se  mettre  en 
rapport  avec  le  gésier,  organe  qui  présente  ici  un  développe- 
ment très  faible,  mais  qui  est  fort  volumineux  chez  la  plu- 
part des  autres  Orthoptères,  où  il  joue  un  rôle  considéra- 
ble dans  l'accomplissement  des  fonctions  digestives  (V.  PL  1, 

fig.i). 

Le  gésier  des  Forficula  awicularia  {V.  PI.  1,  fig.  2},  de 
forme  simple,  est  bien  moins  volumineux  que  celui  des 
autres  espèces  d'Orthoptères,  et  en  particulier  des  GryUidse 
et  des  Locustidx. 

Ici,  en  effet,  les  pièces  masticatrices  qui  consliluent  la 
partie  essentielle  de  l'organe,  sont  réduites  à  leur  minimum 
de  développement  et  ne  sont  constituées  que  par  de  faibles 
lamelles  chilineuses,  proéminant  légèrement  dans  le  jabot 
et  dans  l'intestin  et  portant,  sur  leur  face  antérieure,  un 
certain  nombre  de  petites  dents  coniques,  recourbées  en 
arrière  et  allant  progressivement  en  diminuant  à  mesure 


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APPAREIL    DIGESTIF    DES    ORTHOPTÈRES.  9 

qu'on  se  rapproche  de  l'inteslJo  moyen.  On  est  encore  loin 
du  degré  de  complication  que  nous  allons  rencontrer  chez 
les  Locusia,  les  Decticus,  les  Grylltu,  les  Braehytry- 
pes,  etc.,  où  ro[:gane  est  hérissé  intérieurement  d'une 
série  de  dents  chitiaeuâes  très  Tories,  disposées  suivant  six 
colonnes  longitudinales  et  constituant  de  la  sorte  un  appa- 
reil masticateur  d'une  grande  puissance,  comparEd}le  h  celui 
de  l'Écrevisse. 

Le  gétier  de  la  Forficule  (V.  PI.  I,  lig.  2)  peut  être  subdi- 
visé en  trois  portions  nettement  distinctes  :  une  portion 
médiane,  sphérique,  libre  et  deux  autres  parties,  dont  l'anté- 
rieure est  incluse  dans  le  jabot,  et  l'autre  dans  l'intestin 
moyen. 

La  portion  antérieure,  très  courte  et  étalée  en  éventail, 
présente  l'aspect  d'une  corolle  de  fleur  entourant  l'orifice 
postérieur  du  jabot.  Elle  est  formée  de  six  lamelles  arron- 
dies, sortes  de  pétales  à  bord  libre  recourbé  et  à  face 
interne  légèrement  bombée  ;  le  tout  porte  une  série  de 
petites  dents  chitineuses,  coniques,  disposées  sans  ordre  et 
recourbées  en  arrière.  Ces  lames,  en  se  resserrant,  consti- 
tuent de  la  sorte  six  petites  valvules  fermant  hermétique- 
ment l'orifice  situé  à  leur  centre.  —  La  partie  moyenne  est 
libre  et  sert  de  trait  d'union  entre  le  jabot  et  l'inteslin.  Elle 
présente  la  forme  d'une  petite  masse  sphéroïdale,  à  parois 
très  épaisses.  Sa  surface  externe  est  parcourue  par  un  réseau 
de  filaments  trachéens  dessinant  de  riches  arborisations, 
tandis  que  sa  face  interne  présente,  au  contraire,  six  co- 
lonnetles  aplaties,  peu  saillantes,  continuation  des  bourre- 
lets antérieurs,  qui  se  prolongent  jusque  dans  l'axe  de  l'in- 
testin moyen.  Ces  colonnettes  sont  séparées  par  de  très 
légères  dépressions  longitudinales  (V.  PL  I,  fig.  2  et  3).  — 
Enfin,  la  portion  iotra-intestinale  du  gésier  est  encore  assez 
courte  et  forme  un  petit  appendice  presque  cylindrique, 
terminé  par  six  languettes  mobiles,  rectangulaires,  à 
extrémité  arrondie  et  séparées  les  unes  des  autres  par 
des  sillons  longitudinaux  parallèles  qui  disparaissent  quand 


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10  L.  B*BDA«. 

ces  appendices  sont  en  contact  (V.  Pi.  I,  fîg.  3).  La  face 
externe  des  languettes  est  légèrement  bombée  et  lisse,  et 
l'interne  faiblement  excavée  et  munie,  sur  ses  bords,  de 
piquants  blanchâtres.  La  partie  supérieure  de  chaque  lan- 
guette, située  dans  le  jabot,  a  ses  bords  arrondis.  Sa  face 
interne  est  recouverte  de  piquants  cbitineux,  courts  et  ser- 
rés, donnant  h.  l'organe  une  coloration  jaune  clair.  Les 
appendices  postérieurs  du  gésier  sont  très  mobiles  et  limi- 
tent l'oriBce  terminal.  Par  l'eHet  des  contractions  muscu- 
laires, ou  bien  encore  sous  l'effort  d'une  pression  extérieure, 
ils  se  rapprochent,  accolent  leurs  bords  et  ferment  her- 
métiquement l'oriHce  qu'ils  limitent .  C'est  ce  qui  arrive 
quand  les  aliments  sont  parvenus  dans  l'intestin  moyen. 
Sous  l'action  des  mouvements  péristaltiques  des  parois  in- 
testinales, ils  auraient  une  tendance  à  rétrograder  vers  le 
^^«ter;  mais,  les  lamelles  se  rapprochant,  produisent  une  fer- 
meture hermétique  de  l'oriHce  et  rendent,  de  la  sorle, 
impossible  le  retour  des  aliments  en  arrière  (V.  PI.  I, 
fig.  2  et  3). 

Les  deux  autres  parties  de  l'appareil  digestif  qu'il  nous 
reste  encore  à  décrire  ne  présentent  aucune  particularité 
bien  importante.  Viniestin  mot/en  s'étend  presque  en  ligne 
droite,  sauf  à  sa  partie  lerminale,  depuis  le  deuxième  seg- 
ment abdominal  jusqu'au  quart  postérieur  du  corps  de 
l'insecte.  C'est  un  tube  cylindrique  dans  sa  première  partie, 
mais  diminuant  progressivement  de  diamèlre  &  mesure  qu'il 
se  rapproche  de  l'intestin  terminal.  Son  extrémité  antérieure 
est  arrondie  et  se  fixe  à  la  portion  réirécie  du  jabot.  Elle 
ne  présente  aucun  diverticule,  aucune  expansion  latérale 
rappelant  les  poches  venir ieul aires  ou  cascum.s  intestinaux  si 
développés  chez  les  Locusiidx  et  les  Gryllidx  (V.  PI.  I, 
fig.  \).  Ses  parois  externes  sont  lisses,  minces  et  transpa- 
rentes; elles  sont  dépourvues  de  toute  trace  de  striations  el 
de  villosités.  La  portion  postérieure  de  l'organe  se  recourbe 
en  arc  et  présente,  à  son  extrémité,  un  léger  sillon  circu- 
laire suivi  d'un  bourrelet  ovoïde,  origine  de  l'intestin  lermi- 


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APPAREIL    DIQESTIP   DES    ORTHOPTÈRES.  I  i 

nai.sur  lequel  viennent  déboucheries  tuàes  deMai/iighi.  Ces 
organes  sont  peu  nombreux,  contrairement  à  ce  qui  existe 
chez  tous  les  autres  Orthoptères.  Au  nombre  d'une  dizaine 
environ,  ces  appareils  glandulaires  sont  constitués  par  de% 
tubes  HUrormes,  flexueux  et  à  sommet  arrondi.  Us  sont  grou- 
pés eu  deux  faisceaux  débouchant  en  deux  points  situés  à 
distance  l'un  de  l'autre  ;  pourtant,  chez  YAnechura,  les  em- 
bouchures sont  assez  rapprochées.  Les  portions  libres  des 
faisceaux  sont  appliquées  à  la  surface  externe  de  l'intestin 
moyen  et  s'étendent  même  jusqu'au  ^#«er. 

h'inlestin  postérieur,  qui  fait  suite  au  précédent,  a  un 
diamètre  sensiblement  inférieur  à  celui  de  la  portion  termi- 
nale de  t'inteslin  moyen  (V.  PI.  1,  fîg.  1).  Il  se  recourbe  légè- 
rement en  S,  puis  se  dirige  en  ligne  droite  vers  l'extrémité 
du  corps.  Ses  parois  soot  parcourues  par  six  faisceaux  lon- 
gitudinaux sinueux,  dont  la  couleur  blanchâtre  ressort  nette- 
ment sur  la  teinte  sombre  du  reste  de  l'organe.  Ces  fais- 
ceaux ou  bandelettes  dont  nous  venons  de  parler  sont  dus 
uniquement  à  des  replis  et  à  des  épaississemenls  de  la  couche 
épithéliale  interne.  Après  s'être  légèrement  rétréci,  Yiniesiin 
postérieur  se  dilate  progressivement  en  une  poche,  tantôt 
ovoïde,  tantôt  fusiforme,  constituant  le  rectum.  —  Ce  dernier 
est  recouvert,  à  sa  partie  supérieure  et  sur  ses  parois  laté- 
rales, par  de  gros  faisceaux  musculaires  servant  à  faire  mou- 
voir les  deux  branches  de  la  pince  qui  termine  le  corps  de 
l'insecte.  A  la  suite  du  rectum  vient  un  tube  très  court 
aboutissant  à  l'oriflce  anal,  situé  au-dessous  de  la  ligne  d'in- 
sertion des  branches  de  la  pince.  Sur  les  parois  de  l'organe 
on  observe  six  masses  blanchâtres,  ovoïdes,  alternes,  dispo- 
sées suivant  deux  cercles  et  rappelant  assez  bien  les  glandes 
rectales  que  nous  avons  étudiées  chez  les  Sphégiens  et  les 
fcAneumons. 

Vappareil  digestif  des  autres  espèces  appartenant  h  la 
famille  des  Forficulidas,  telles  que  XAnechura  bipunctata  et  la 
Labidura  riparia  entre  autres,  présente  à  peu  près  les  mêmes 
dispositions  que  celui  des  Forlîcules. 


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ÉTUDE    HISTOLOGIQUE    DE   L  APPAREIL     DIGESTIF 
DES   FORFICUUD*. 

(V.  PI.  I,  fig.  4,  5  et  6,  et  FI.  Il,  %.  5.) 

Le  pharynx  et  l'œsophage  présentent,  cheï  les  Forficulidm, 
la  même  structure;  aussi,  n'allons-nous  décrire,  chez  la 
Forficula  auricularia,  que  l'œsophage. 

L'œsophage  afTecte,  en  coupe  transversale,  une  Tonne 
circulaire  avec  une  enveloppe  très  mince  (V.  PI.  I,  flg.  4). 
Ses  parois  internea  présentent  un  oombre  variable  de  replis, 
de  10  à  15  (Forficula),  ou  de  8  à  10  (Labidura).  On  trouve 
successivement,  en  allant  de  l'extérieur  à  l'intérieur  :  i'  une 
enveloppe  ou  lunique  périlonéale  très  mince  ;  f  un  certain 
nombre  (12  à  18)  de  faisceaux  musculaires  longitudinaux  es- 
pacés les  uns  des  autres  ;  T  une  couche  musculaire  consti- 
tuée par  des  faisceaux  circulaires  striés  et  disposés  en  une 
ou  rarement  deux  assises  ;  4"  une  membrane  cellulaire  ne 
comprenant  qu'une  seule  assise  de  cellules.  Ces  dernières 
sont  généralement  cubiques,  rarement  rectangulaires  et 
renferment,  à  leur  centre,  un  volumineux  noyau  sphérîque 
plurinucléolé.  Ces  cellules, génératrices  de  la  couche  interne 
chitineuse,  peuvent  être  appelées  cellit/es  chilinogènex.  Elles 
renferment  un  protoplasme  sombre  el  granuleux,  qui  devient 
plus  clair  et  plus  transparent  &  mesure  qu'il  se  rapproche 
du  noyau.  Enfin,  5*  tout  à  fait  à  l'intérieur  el  recouvrant 
l'assise  cellulaire,  on  constate  l'existence  d'une  mince 
membrane  chitineuse  transparente,  parfois  régulière,  mais 
souvent  aussi  munie  de  prolongements  cornés  très  nombreux 
(V.  PI.  I,  fig.  4). 

Le  jabot  de  la  Forficule  présente  la  même  structure  que  le 
gésier  et  l'œsophage  :  la  seule  difi'érence  à  signaler  consiste 
dans  la  plus  faible  épaisseur  de  ses  parois. 

Le  gésier  de  la  For/icula  auricularia  est  un  organe  ovoïde, 
à  parois  très  épaisses,  compris  entre  le  jabot  et  Tinlestin 
moyen  (V.  PI.  Il,  fig.  5).  Il  porte,  à  son  intérieur,  six  replis 


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APPAREIL    DIGESTIF    DIS    ORTHOPTÈRES.  13 

OU  bourrelets  affectaDt  la  forme  de  prismes  triangulaires 
alloDgés,  mais  qui,  vus  sur  une  section  transversale,  pa- 
raissent cunéiformes.  Les  parois  internes  des  replis  sont  re- 
couvertes par  une  membrane  chilioeuse  k  faces  parallèles 
portant,  à  son  extrémité  antérieure,  de  nombreuses  pointes 
cornées  dii-igéesen  arrière,  et,  dans  sa  région  médiane,  des 
soies  coniques  de  même  nature  et  à  large  base.  Au-dessous, 
vient  l'assise  chiiinogëne  formée  par  des  cellules  cylindri- 
ques, allongées,  étroites  et  h  noyaux  ovales  nucléoles 
(V.PL  II,  lîg.  5).  Extérieurement  &  cette  dernière,  se  trouve 
la  couche  génératrice  de  l'assise  chitinogène.  L'espace 
compris  entre  deux  bourrelets  longitudinaux  ou  languettes 
est  occupé  par  une  profonde  dépression.  Enfin,  le  reste  de 
la  paroi  comprend  encore,  en  se  dirigeant  vers  l'extérieur, 
une  membrane  musculaire  circulaire,  au-dessous  de  la- 
quelle existent  les  muscles  longitudinaux  disposés  en  fais- 
ceaux et  la  tunique  péritonéale. 

L'intestin  moyen  (V.  PI.  Il,  fîg.  5)  est  recouvert  inté- 
rieurement d'un  revêtement  épithélial,  caractérisé  par  son 
épaisseur,  la  longueur  et  la  régularité  de  ses  cellules.  Une 
coupe  faite  dans  sa  région  antérieure,  non  loin  du  gésier, 
nous  présente  à  considérer  :  une  tunique  externe  ou  mem- 
brane péritonéale,  une  série  de  faisceaux  musculaires  lon- 
gitudinaux plus  ou  moins  espacés,  et  intérieurement  une 
couche  comprenant  deux  ou  trois  assises  de  faisceaux  mus- 
culaires annulaires  striés.  Vient  ensuite  l'épithélium  intes- 
tinal. Celui-ci  est  disposé  avec  une  régularité  et  une  symé- 
trie presque  parfaites  et  oe  comprend  qu'une  assise  unique 
de  cellules.  Pourtant,  on  dislingue  parfois,  de  distance  en 
distance,  au-dessus  des  muscles  circulaires,  de  petites  cel- 
lules h  noyau  sphérique,  destinées  à  remplacer  les  cellules 
épithéliales  internes.  Ces  dernières,  très  régulières,  affectent 
toutes  une  forme  cylindrique.  Parfois,  leur  région  médiane 
est  rétrécie  et  leur  bord  libre  légèremenl  élargi.  Elles  sont 
pourvues  d'un  noyau  central  volumineux,  de  forme  ovaie  et 
contenant  deux  ou  trois  nucléoles  fortement  colorés.  Autour 


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14  .  li.   BABDAS. 

du  Doyau  exisie  souvent  une  auréole  blanchâtre  ;  parfois 
aussi,  partent  de  ce  noyau  de  nombreuses  striations,  don- 
nant b.  l'ensemble  de  la  cellule  une  apparence  réticulée.  Cet 
épiihélium  est  dépourvu  d'un  revêtement  chilïneux  analogue 
à  celui  que  nous  avons  décrit  dans  le  jabot  et  l'œsophage. 
Du'  sommet  de  chaque  cellule  partent  de  nombreux  bâton- 
nets ou  cilschllineux  très  courts,  lui  donnant  l'aspect  d'une 
brosse  (V.  PI.  Il,  fig.  5).  Ces  divers  Taisceaux  clliaires,  en  se 
soudant  au-dessus  de  l'assise  cellulaire,  fontparaltre  celle-ci 
comme  enveloppée  par  un  revêtement  cuticulaire  continu. 
Une  preuve  évidente  qu'on  a  alTaire  à  un  épithétium  cilié  et 
à  revêtement  cellulaire  indépendant,  c'est  que,  si  on  vient, 
par  hasard,  à  détacher  une  cellule,  son  faisceau  se  détache 
avec  elle  sans  entraîner  le  revêlement  de  ses  voisines.  Dans 
la  région  postérieure  de  l'intestin,  l'assise  épiihéliale  interne 
est  moins  régulière  qu'en  avant  et  présente  de  nombreux 
plissements  longitudinaux. 

Vinleiiin  terminai  est  pourvu  de  six  replis  internes  hé- 
misphériques étendus  sur  toute  la  longueur  de  l'organe 
(V.  PI.  I,  flg.  5).  Ces  replis  soûl  constitués  par  une  assise  de 
grosses  cellules  prismatiques  ou  tronconiques,  h  gros  noyau 
presque  basilaire  contenant  de  nombreux  nucléoles.  Le  pro- 
toplasme n'est  nullement  granuleux,  mais  présente  une  série 
de  striations  irrégulières  partant  d'une  région  incolore  en- 
tourant le  noyau.  Les  bourrelets  épithéitaux  sont  séparés 
par  d'étroites  dépressions  et  recouverts  par  une  mince  mem- 
brane chitineuse.  A  l'extérieur  existent  les  mêmes  couches 
musculaires  que  dans  l'intestin  moyen. 

Le  rectum  (V.  PI.  I,  lig.  6)  présente  six  épaississements 
ovoïdes  {glandes  rectales),  alternes  et  disposés  suivant  deux 
séries  circulaires.  Chaque  bourrelet  est  constitué  par  de 
grosses  cellules  rectangulaires,  à  noyau  spbérique  ou  ovoïde 
plurinucléolé  et  placé  dans  la  région  centrale.  Le  proto- 
plasme est  surtout  localisé  vers  leur  surface.  Il  présente  des 
striations  nombreuses  lui  donnant  une  apparence  réticulée  et 
vacuolaire.  Les  striations  profoplasmiques  sont  surtout  bien 


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APPAREIL   DIGESTIF   DES   ORTHOPTÈRES.  15 

accusées  vers  la  face  interne  de  la  cellule.  Dans  les  dépres- 
sions comprises  entre  les  gros  bourrelets  du  rectum  {glandes 
rectales)  existent  de  petites  cellules  cubiques,  à  gros  noyaux 
sphériques,  remplissant  ta  moitié  de  leur  cavité.  Elles  con- 
Irasteot,  par  leur  petitesse,  avec  les  volumineuses  cellules 
des  bourrelets.  Ces  cellules  constituent  l'assise  génératrice 
ou  chilinogèoe.  La  couche  épithéliale  est  recouverte  par  une 
membrane  chitiueuse  plissée  (V.  PI.  I,  fig.  6). 

KÉSUMÉ.  — L'appareil  digestif  des  Forficulid^  affecte  la 
forme  d'un  tube  presque  recliligue,  placé  suivant  l'axe  du 
corps  de  l'insecte  et  ne  présentant  qu'une  légère  circonvolu- 
tion correspondant  à  l'intestin  terminal. 

Le  pharynx  est  court,  cylindrique  et  parfois  aplati  trans- 
versalement. Ses  parois  sont  épaisses  et  comprennent  une 
couche  interne  chitineuse  plissée,  une  assise  de  cellules  chi- 
lioogènes  et  une  enveloppe  externe  musculaire. 

L'œsophage  est  un  organe  tubuleux,  légèrement  plissé 
extérieurement  et  à  parois  minces  et  transparentes.  Il  se 
continue,  sans  ligne  de  démarcation,  avec  le  jabot.  Ce  der- 
nier est  volumineux,  conique  ou  fusiforme,  très  extensible 
et  occupe  la  presque  totalité  du  thorax  et  les  deux  premiers 
segments  abdominaux.  Ses  parois  comprennent,  en  allant  de 
l'extérieur  h  l'intérieur  :  une  tunique  péritonéale,  des  fais- 
ceaux musculaires  longitudinaux,  des  muscles  circulaires,  une 
assise  de  cellules  chilinogènes  et  une  membrane  chitineuse. 

Le  gésier  est  un  organe  ovoide,  compris  entre  le  jabot  et 
l'intestin  moyen  et  à  parois  très  épaisses.  Il  est  muni  inté- 
rieurement de  six  lamelles  chilïneuses  se  prolongeant  jusque 
dans  le  jabot  et,  en  arrière,  dans  l'axe  de  l'intestin.  Les  la- 
melles portent,  sur  leur  face  autérieure,  un  certain  nombre 
de  petites  dents  coniques,  recourbées  en  arrière  et  allant 
progressivement  en  diminuant  à  mesure  qu'on  se  rapproche 
de  ta  région  terminale.  L'organe  se  prolonge,  dans  l'axe  de 
l'intestin  moyen,  par  une  valvule  conique,  formée  par  six 
languettes  mobiles,  rectangulaires  et  séparées  les  unes  des 
autres  par  des  sillons  longitudinaux. 


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16  L.  ■•■■»««. 

L'intestin  moyen  est  presque  droit  et  caractérisé  par  la 
régularité  et  la  symétrie  de  soo  épilbélium  cylindrique 
cilié.  Les  tubes  de  Malpighi,  au  nombre  de  8  &  10  environ, 
vont  s'ouvrir  à  l'origine  de  l'ialeslin  terminal.  Ce  dernier, 
plus  étroit  que  le  précédent,  décrit  une  courbe  eu  Torme 
de  S.  Le  rectum  est  ovoïde  et  porte  six  glandes  rectales,  al- 
lernes  et  disposées  suivant  deux  rangées  circulaires. 


APPAREIL  DIGESTIF    DES    PHASU1D£. 

(V.  PI.  I,  fig.  7, 8,  9,  iO,  1  i ,  et  PI.  Il,  6g.  1 ,  2,  3,  4, 6, 7  et  8.) 

Peu  d'entomologistes  se  sont  occupés  de  l'appareil  digestif 
des  Phasmid^.  Signalons  pourtant  les  études  de  J.  Mtiller 
(1825),  de  N.  Joly  (1871),  etc.,  et  surtout  le  remarquable 
mémoire  du  D' R.  Heymons  sur  l'organisation  et  le  dévelop- 
pement àa  Bacilius  rossii  (Berlin,  1897).  Nous  avons  étudié 
cet  organe  chez  trois  espèces,  dont  deux  proviennent,  l'une 
de  la  Nouvelle-Guinée  et  l'autre  de  Ceyian.  Pour  simplifier 
notre  travail  et  rendre  notre  description  plus  claire,  nous 
allons  étudier  cet  appareil  :  1°  chez  te  Phibaloxoma  pylho- 
nim  (Weslw.),  2*  chez  V Acanthoderm  spinosus  (Gr.)  et  le 
Necroscia  erechtheus  (Weslw.). 

1<*  Phibalosoha  pythonius  (1).  —  L'appareil  digestif  du 
/*AiAa/(M(»MopyMoniw*,commecelui  de  toutes  les  Phasmidw, 
est  particulièrement  intéressant  el  présente  de  notables 
différences  avec  celui  des  autres  Orthoptères  (V.  PI.  I, 
fig.  7  à  11).  Ce  qui  frappe  tout  d'abord,  c'est  sa  forme  rec- 
liligneet  l'absence  complète  de  circonvolutions  à  l'intestin 
postérieur.  Sa  longueurest  exactement  égale  àcelle  du  corps 

(I)  L'espèce  que  nous  avous  disséquée,  de  taille  giganlesque,  mesurait 
ISt  millimètres  de  longueur,  sur  17  millimètres  de  largeur  au  premier  seg- 
ment  abdominal.  Pour  H.  le  D'  Heymons,  chez  le  Baeillus,  comme  proba- 
lilemenl  cheï  toutes  les  Puashid.e.  l'intestin  moyen,  ainsi  que  l'inteslin 
antérieur  et  l'intestin  postérieur,  est  de  nature  ectodermique. 


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APPAREIL    DIGESTIF    DES.  ORTHOPTÈRES.  17 

de  ranimai.  Les  autres  caraclëres  différentiels  portent  : 
i'  sur  l'énorme  dévetoppement  du  jabot  ;  2°  sur  l'atrophie 
et  la  disparition  presque  complète  du  gésier  ;  3*  sur 
l'absence  de  cœcums  ou  appendices  intestinaux;  4°  sur  la 
grande  épaisseur  des  parois  de  la  première  partie  de  l'in- 
testin, et  5'  sur  le  mode  d'insertion  des  tubes  de  Malpighi. 
Ces  cinq  caractères,  absolument  constants  chez  les  Phat- 
midse,  tes  séparent,  d'une  façon  très  nette,  de  la  plupart  des 
autres  ramilles  de  l'ordre  des  Orthoptères  et  les  rapprochent 
des  Mantidse. 

Le  tube  digestif  du  Phibalosoma  pythonius  (V.  V\.  I,  fig.  7) 
débute  par  un  pharynx  court,  cylindrique  et  à  parois  in- 
ternes striées.  Sa  face  externe  sert  de  point  d'attache  à  de 
nombreux  faisceaux  musculaires  qui  vont  se  fixer  aux  parois 
latérales  céphaiiques.  L'œsophage  qui  vient  ensuite  affecte  la 
forme  d'un  tube  grêle  et  cylindrique  occupant  l'axe  du  pro- 
thorax. Ses  parois,  très  épaisses,  portent  six  bandelettes 
musculaires  se  continuant  jusque  vers  le  milieu  da  Jabot. 

Le  Jabot,  qui  fait  directement  suite  à  l'œsophage,  a  la 
forme  d'un  sac  allongé^  occupant  la  presque  totalité  du 
mésothorax  et  du  métathorax.  Il  est  pourvu  de  parois 
minces,  transparentes,  striées  intérieurement,  et  se  termine 
k  son  extrémité  postérieure  par  un  appendice  conique  qui 
se  prolonge  dans  l'axe  de  l'intestin  moyen.  Cet  appendice, 
qu'on  peut  considérer  comme  un  vestige  du  puissant  gésier 
des  UryllidsB  ut  des  Locmlidx,  est  totalement  dépourvu  d'ar- 
malure  masticatrice  et  ne  porte  intérieurement  qu'un  petit 
nombre  de  replis  striés  limitant  l'orifice  postérieur  ;  de  plus, 
ces  replis  existent  sur  toute  la  longueur  de  l'appendice  co- 
nique terminal,  contrairement  à  ce  que  nous  avons  constaté 
dans  toutes  les  autres  familles  des  Orthoptères.  Quant  à 
l'appendice,  il  pénètre  dans  l'axe  de  l'intestin  moyeu  sur 
une  longueur  d'environ  1  cenlimèlre.  L'appareil  digestif  des 
Pha-tmidas,  comme  du  reste  celui  des  Forficulidœ,  est  totale- 
ment dépourvu  de  cxcums intestinaux:  c'est  là  un  caractère  très 
intéressant  parmi  les  Orthoptères  et  tout  à  fait  eu  rapport 

ANN.    se.     HAT.    ZOOL.  V.   3 


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18  Ma.  ■•■bas. 

avec  la  structure  de  la  première  partie  de  Vinie-ilin  moyen. 
Vinleslin  mot/en  {V.  PI.  1,  fig.  7,  8,  9,  10,  il),  eu  effet, 
au  lieu  de  débuter  par  une  partie  élargie  et  à  parois  minces, 
comprend  un  tube  légèrement  aplati  et  recouvert  d'une 
puissante  couche  musculaire.  Les  muscles  affectent  une  dis- 
position assez  caractéristique  :  ils  sont  rangés  en  faisceaux 
circulaires  tirant  leur  origine  d'un  sillon  longitudino-dorsal. 
Les  divers  groupes  ou  faisceaux  musculaires  sont  séparés 
par  de  profondes  dépressions  parallèles  correspondant  à  des 
sillons  annulaires  de  la  paroi  interne.  Intérieurement,  l'or- 
gane présente  des  parois  aussi  irrégulières  qu'à  l'extérieur, 
car  les  faisceaux  musculaires,  formant  de  gros  paquets,  se 
prolongent  vers  l'axe  de  l'organe,  sous  forme  de  bourrelets 
circulaires  irréguliers.  Il  résulte  de  cette  disposition,  que  la 
cavité  de  la  moitié  antérieure  de  l'intestin  moyen  est  des 
plus  irrégulières  et  présente  une  série  de  boursouflures 
annulaires  correspondant  aux  épaississements  musculaires 
externes,  lesquels  sont  séparés  par  un  nombre  égal  de 
rigoles  circulaires  parallèles,  limitées  par  les  bourrelets. 
Cette  disposition  n'occupe  que  la  première  moitié  de  l'in- 
testin; la  deuxième  est  loutàfaildifTérenle.  Celte  dernière, 
dont  la  séparation  avec  la  précédente  se  fait  d'une  façon 
brusque,  est  munie  de  parois  minces  et  lisses  tout  d'abord, 
puis  pourvues  irrégulièrement  et  de  distance  en  dislance  de 
petits  tubercules  ovoïdes  et  acuminés,  portant  un  prolonge- 
ment filiforme,  analogue,  par  sa  forme  et  sa  structure,  à  un 
tube  de  iMalpighi.  Il  est  bien  évident  que  nous  sommes  là  en 
présence  d'un  organe  glandulaire  dont  le  rôle  dans  l'accom- 
plissement des  fonctions  digestives  nous  échappe.  En6n,  la 
dernière  portion  de  Vinleslin  moyen  est  sillonnée  longitudi- 
nalement  par  une  série  de  stries  régulières,  peu  profondes 
et  séparées  par  autant  de  bourrelets  parallèles  et  arrondis 
&  leur  surface  libre.  Chaque  bourrelet  porte,  à  son  extré- 
mité postérieure,  un  petit  tubercule  à  sommet  émoussé  sur 
lequel  viennent  déboucher  un  certain  nombre  de  tubes  de 
Malpighi.  Los  parois  de  cette  seconde  portion  de  Vinlextin 


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APPAREIL   DIGESTIF   DES    ORTHOPTÈRES.  19 

moyen  sont  épaisses  et  comprennent,  outre  une  double 
couche  musculaire,  une  membrane  épithéliale  interne 
généralement  lisse. 

C'est  à  l'extrémité  antérieure  de  Vintestin  terminal  que 
viennent  s'ouvrir  les  tubes  de  Malpighi,  très  nombreux 
dans  l'espèce  que  nous  étudions  (V.  PI.  1,  fig.  9).  Or,  tandis 
que  chez  la  plupart  des  Orlhoptères  [Blattidx,  Loaisti- 
dx,  etc.),  ces  organes  sont  groupés  en  un  petit  nombre  de 
faisceaux  ou  bien  vont  déboucher  dans  un  réservoir  collec- 
teur commun  suivi  d'un  conduit  excréteur  unique  {GryUi~ 
f/a?),  chez  les  Phasmidœ,  el  en  particulier  chez  le  Phibalo~ 
soma  /ii/lhonius,  ils  sont  divisés  en  plusieurs  faisceaux  ou 
houppes  arborescentes,  s'ouvrant  direclemenl  au  sommet 
d'un  tubercule  hémisphère  ou  conique  très  court.  Ces  tuber- 
cules, simples  évaginations  de  la  paroi  intestinale  interne, 
sont  équidistants  e(  disposés  en  cercle  le  long  de  l'exlré- 
milé  antérieure  de  l'intestin  terminal.  Leur  nombre  varie 
de  20  à  34;  el,  comme  chacun  d'eux  reçoit  environ  une 
dizaine  de  tubes  de  Malpighi,  il  résulte  que  le  nombre 
de  ces  derniers  organes  s'élève  au  moins  à  200.  On  n'a, 
jusqu'à  présent,  relevé  nulle  part,  chez  les  Insectes,  une 
aussi  grande  quantité  de  ces  tubes  urinaires,  attendu  qu'on 
n'en  compte,  au  maximum,  qu'une  centaine  chez  les  Hymé- 
noptères et  à  peu  près  autant  chez  la  plupart  des  Orthoptères. 

Vintestin  postérieur,  qui  présente  à  peu  près  la  même 
longueur  el  le  même  diamètre  que  l'intestin  moyen,  a  une 
surface  exierne  presque  lisse,  tandis  que  l'interne  présente 
un  certain  nombre  de  striations  plus  ou  moins  apparen- 
tes (V.  PI.  I,  fïg.  8).  Ses  parois  sont  composées  de  deux 
épaisses  couches  musculaires  sillonnées  longitudinalement 
par  six  faisceaux  de  muscles  très  puissants.  Son  extrémilé 
postérieure  porte  un  anneau  très  épais,  correspondant  <i 
un  appareil  valvulaire  interne  fort  curieux  et  tout  à  fait 
caractéristique,  comprenant  six  valvules.  Chaque  valvule, 
de  structure  musculaire,  atîecte  la  forme  d'une  pyramide 
Iriangulaire,  appliquée  par  l'une  de  sos  faces  sur  les  parois 


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20  L.   BORBA». 

ioteslinales,  et  présentant  une  base  légèrement  excavée 
tournée  vers  le  rectum.  Ces  six  valvules,  au  moment  de 
leur  contraction,  ferment  hermétiquement  l'extrémité  fer- 
minale  de  l'intestin  postérieur  et  ne  laissent,  &  l'état 
d'orifice,  qu'une  étroite  fenle  étoilée  {V.  PI.  I,  fig.  H). 

Le  rectum  (V.  PI.  1,  fig.  7,  8  et  11),  ou  portion  terminale 
de  l'appareil  digestif,  est  une  poche  ovoïde,  h  parois  min- 
ces, régulières,  lisses  et  parcourues  par  six  larges  bande- 
lettes provenant  d'un  épaississement  local  de  l'épilhélium 
interne.  Il  débouche  au  dehors  par  l'orifice  anal.  Ce  dernier 
est  irrégulier  et  présente  six  bourrelets  confiuents,  qui,  au 
moment  de  leur  relâchement,  s'écarlent,  permettant  ainsi  le 
passage  des  matières  excrémentitieltes. 

2''AcAPn'H0DERUSSPIM0SUS,NECH0SCtAERBCHTHEUS(V.  Pl.ll, 

fig.  1,3,4,  7,  8). —  V  appareil  digestif  àeV  Acanthoderui  spt- 
nosus  présente  à  peu  près  les  mêmes  caractères  que  celui 
de  l'espèce  précédente  :  c'est  un  organe  droit,  dépourvu 
de  gésier  et  d'appendices  intestinaux.  Cependant,  il  diffère 
de  celui  du  Phibalosoma  par  l'énorme  développement  des 
glandes  salivaires  et  surtout  par  le  rfiode  d'insertion  des 
tubes  de  Malpighi.  L'organe  est  en  rapport  avec  la  forme 
extérieure  du  corps  de  l'insecte  qui  est  à  peu  près 
cylindrique.  —  Le  tube  digestif  du  Necroscia  erechtheus  dif- 
fère de  celui  de  Y Acanthoderus  par  la  forme  du  jabot  et  par 
la  disposition  des  colonnes  chitineuses  dentifères  qui  limi- 
tent la  dernière  portion  de  l'organe  (V.  PI.  II,  fig.  1  et  4). 

Les  glandes  salivaires  des  Phasmid.*:  sont  bien  dévelop- 
pées et  occupent,  avec  le  jabot,  la  plus  grande  partie  des 
deux  premiers  segments  thoraciques,  ainsi  que  cela  a  lieu 
chez  Y  Acanthoderus  spinosm  que  nous  allons  prendre 
comme  type  pour  la  description  de  ces  organes  (V.  Pt.  Il, 
fig.  1).  Dans  ce  genre,  les  glandes  salivaires  comprennent 
plusieurs  grappes  localisées  dans  le  prolhorax  et  le  méso- 
thorax. Elles  sont  paires  et  disposées  symétriquement  par 
rapport  à  l'axe  du  corps  de  l'insecte.  Chaque  partie  com- 
prend trois  grappes  principales  :    une  grappe  inférieure 


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API-AREIL   DIGESTIF    DES    ORTBOPTËRES.  21 

placée  sous  le  lube  digestif,  et  deux  grappes  latérales,  de 
dimcDsioDs  inégales,  directemenl  appliquées  sur  le  jabot. 
La  grappe  inférieure  est  aplatie,  de  forme  rectangulaire  et 
s'étend  jusque  vers  la  ligne  médiane,  oii  elle  se  met  en 
contact  avec  sa  congénère  du  côlé  opposé.  Parmi  les  grap- 
pes latérales,  l'une  d'elles,  la  plus  volumineuse,  recouvre 
une  partie  du  jabot.  Quant  h  la  plus  petite,  elle  est  située 
en  avant  de  la  précédente  et  s'applique  sur  la  partie  ter- 
minale de  l'œsophage  (V.  PI.  Il,  fig.  1).  La  slruclure  de  ces 
glandes  est  la  même  que  celle  que  nous  avons  décrite  chez 
les  autres  Orthoptères.  Elles  sont  constituées  par  un  grand 
nombre  d'acini  sphériques,  disposés  sur  un  même  plan  et 
pourvus  chacun  d'un  canalicule  excréteur  (V.  PI.  II,  fig.  1). 
Ces  canalicules,  par  leur  convergence,  finissent  par  for- 
mer un  conduit  excréteur  commun  qui  monte  le  long  des 
parois  latéro-inférieures  de  l'œsophage  et  va  s'ouvrir,  non 
loin  de  son  congénère  du  côté  opposé,  en  avant  et  au- 
dessous  de  l'orifice  buccal,  près  de  l'origine  de  la  lèvre 
inférieure  (1)  (V.  PI.  Il,  fig.  8}.  A  ces  glandes  sont  adjoints 
deux  réservoirs  salivaires,  généralement  courts,  de  forme 
ovoïde,  renOés  postérieiirftmenl  et  pourvus  d'un  conduit 
elTérent.  Tous  les  conduits,  canalicules  et  canaux  excré- 
teurs, sont  munis  intérieurement  d'un  épaississement  chi- 
tineux  spirale,  analogue  h  celui  que  présentent  les  trachées. 

Le  pharynx  de  V Acanlhoderus  est  court,  cylindrique  et 
logé  dans  la  région  céphalique  postérieure.  Ses  parois  sont 
épaisses  et  reliées  latéralement  à  la  région  basilaire  de  la 
tète  par  des  faisceaux  musculaires.  A  l'intérieur,  existent 
de  nombreux  plissements  longitudinaux  et  une  valvule  cir- 
culaire, tandis  qu'à  l'extérieur  un  repli  de  même  forme  le 
sépare  de  l'œsophage.  Le  pharynx  du  Necroseia  erechtheus 
est  identique  à  celui  de  l'espèce  précédente. 

L'œsophage  de  VAcanthoderus  est   court,  cylindrique  et 

(1)  C'estlà  un  c&ractëre  important,  aUeiidu  quecbez  la  plupart  des  autres 
Ortboptëres  tes  deux  canaux  eiïérents  vont  s'ouvrir  dans  un  large  conduit 
impair,  de  longueur  variable. 


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22  I..   BORDAS. 

se  continue  directement  et  sans  ligne  de  démarcation  avec 
le  jabot.  Ses  parois  externes  sont  lisses  et  les  internes  mu- 
nies de  striations  longitudinales.  Les  Necroscia  ont  un  œso- 
phage allongé  et  cylindrique. 

Le  Jabot  est  un  organe  presque  tubuleux,  parfois  ohlong 
et  fusiforme  (V.  PI.  II,  fig.  3).  Il  comprend  deux  parlies 
très  différentes  par  leur  apparence  externe  et  surtout  par 
leur  slruclure  intérieure  [Acanthoderus).  La  portion  anté- 
rieure, pourvue  de  parois  transparentes  et  extensibles,  com- 
prend deux  couches  de  libres  musculaires  :  des  faisceaux 
internes  circulaires  et  des  faisceaux  externes  longitudinaux. 
A  l'intérieur,  les  parois  présentent,  comme  dans  l'œso- 
phage, des  sirialions  parallèles  à  l'axe  de  l'organe.  La  por- 
tion terminale  porte,  à  sa  surface  externe,  de  nombreux 
faisceaux  musculaires  longitudinaux  très  caractéristiques, 
séparés  par  de  faibles  dépressions  parallèles;  le  tout  est 
enveloppé  par  une  mince  membrane  également  muscu- 
laire. La  face  interne  est  recouverle  par  une  mince  lamelle 
cornée  pourvue  de  nombreux  plissements  disposés  dans  le 
sens  anléro-poslérieur  el  portant,  à  leur  sommet,  do  petites 
denticulalions  (V.  PI.  11,  fig.  3).  Ces  dernières  font  l'ofïice 
de  râpe  et  servent  à  triturer  les  aliments.  Les  bourrelets 
ou  replis  longitudinaux  ont  à  peu  près  de  5  à  6  millimètres 
de  longueur  et  ?ont  au  nombre  de  cinquante  environ.  Les 
dépressions  paralifcles  qui  les  séparent  portent,  à  leur  par- 
tie inférieure,  des  ligelles  rectangulaires  cornées.  Ces  replis 
succèdent  brusquement  à  la  paroi  lisse  de  la  première  par- 
tic  du  jabot,  dont  ils  ne  sont  séparés  que  par  un  léger  sil- 
lon circulaire.  La  surface  libre  des  bourrelets  est  convexe 
el  porte  des  dents  cbitineuses,  coniques,  à  base  élargie,  de 
dimensions  variables  et  très  irrégulièrement  disposées. 
Certaines  sont  groupées  au  nombre  de  six  à  dix,  tandis  que 
d'autres  sont  espacées  et  séparées  par  de  petits  tubercules 
hémisphériques.  Ces  denticules  cbitineuses  ont,  la  plupart, 
une  base  épais<;e  et  élargie  et  un  sommet  parfois  mousse, 
mais  généralement  aminci  et  acéré.  Klles  ne  recouvrent  pas 


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APPAREIL    UIGESTIP    DES   OBTHOPTÈRES.  23 

toute  la  surface  libre  du  bourrelet  corné,  mais  sont  géné- 
ralement localisées  sur  la  partie  la  plus  culminante  et 
dirigent  leur  sommet  vers  i'orilice  intestinal.  Cette  dispo- 
sition, très  intéressante,  ne  se  rencontre  pas  chez  tes  Pbi- 
balosoma.  La  porlion  terminale  du  jabot  peut  facilement 
être  bomologuée,  au  point  de  vue  pliysiologique,  au  gésier 
des  Biattids,  des  Gryllidse,  etc.,  bien  qu'elle  en  diffère  au 
double  point  de  vue  de  sa  forme  et  de  sa  structure. 
L'extrémité  postérieure  de  l'organe  se  rétrécit  peu  à  peu 
et  forme  un  bourrelet  circulaire,  à  la  suite  duquel  vient 
un  appendice  conique  de  5  à  6  millimètres  de  longueur, 
pourvu  à  son  origine  de  replis  musculaires.  Cet  appendice 
se  prolonge,  comme  dans  l'espèce  précédente,  dans  l'axe 
de  la  partie  antérieure  de  l'intestin  moyen.  —  Chez  le  Ne- 
troscia  erechtheus,  le  Jabof,  fusiforme  et  allongé,  présente 
deux  rendements,  l'un  dans  le  mésothorax  et  l'autre  dans 
le  mélathorax.  Ce  dernier  est  recouvert  intérieurement 
d'une  mince  lamelle  cornée,  pourvue  de  replis  longitudi- 
naux séparés  par  de  larges,  mais  peu  profondes  dépres- 
sions (V.  PI.  II,  lig.  6).  Toute  la  surface  interne  porte  de 
nombreuses  dents  chilineuses  disposées  très  régulièrement, 
contrairement  à  ce  qui  existe  chez  ÏAcanlhodents.  Ces 
dents,  de  forme  conique,  ont  leur  pointe  tournée  en  ar- 
rière. Elles  sont  placées  par  rangées  transversales  à  peu 
près  équidistanles.  Chaque  rangée  renferme  de  3  à  5  dents. 
Grftce  à  cette  disposition  régulière,  chaque  colonne  affecte 
l'apparence  d'une  brosse  très  allongée. 

L'intesiin  mot/en  des  Acanthodenix,  comme  celui  du  Phi- 
balosoma,  est  divisé  en  deux  parties  très  nettes.  La  por- 
tion antérieure  est  pourvue  de  parois  très  épaisses  et  d'une 
puissante  couche  musculaire,  comprenant  une  quinzaine 
de  gros  faisceaux  circulaires,  partant  d'une  rainure  longi- 
tudino-dorsaleet  dirigés  perpendiculairemeol  à  l'axe  du  corps. 
A  12  millimètres  de  leur  origine,  ces  faisceaux  transverses 
deviennent  moins  apparents  et  finissent  par  s'atténuer  pro- 
gressivement, sans  toutefois  disparaître  d'une  façon  com- 


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34  L.  BOMDAS. 

plète.  C'est  dans  la  région  médiane  de  la  seconde  partie  de 
l'intestin  que  l'on  constate  l'existence  d'un  grand  nombro 
de  petites  glandes  coniques  et  pourvues  d'un  long  appen- 
dice Hliforme,  que  nous  avons  signalées  et  décrites  dans 
l'espèce  précédeate.  Elles  sont  au  nombre  d'une  cinquan- 
taine environ  et  occupent  un  espace  annulaire  de  3  à  4  mil- 
limètres de  hauteur.  Leur  portion  basilaire  a  la  Forme 
d'une  ampoule  conique  qui  se  continue  par  un  long  appen- 
dice cylindrique,  flexueux  et  d'un  diamètre  h  peine  égal 
à  la  moitié  de  celui  d'un  tube  de  Malpigfai.  La  portion 
vésiculaire  terminale  adhérente  &  l'intestin  est  creuse  et 
doit  remplir  l'office  de  réservoir;  quant  au  filament  qui 
la  prolonge,  il  comprend  une  cavité  centrale  très  étroite, 
entourée  d'un  manchon  dont  la  membrane  interne  est  con- 
stituée par  des  cellules  épithéliales  rectangulaires,  sécré- 
tant un  suc  qui  doit,  sans  nul  doute,  agir  sur  la  digestion, 
mais  dont  le  rôle  physiologique  est  encore  inconnu.  V in- 
testin mot/en  du  Necroscia  erechtheus  est  recouvert  d'une 
épaisse  couche  musculaire,  ne  présentant  pas,  comme  dans 
les  espèces  précédentes,  une  disposition  striée.  Vers  sa  ré- 
gion médiane,  on  observe,  çà  et  là,  ainsi  que  nous  l'avons 
constaté  chez  les  autres  Phasmidee,  de  nombreuses  glandes,  à 
base  coniqueet  élargie  terminée  parun  long  filament  sinueux. 
Chez  VAcanlkoderus,  Vinleslin  postérieur  est  droit  et 
porte  six  larges  bandelettes,  étendues  sur  toute  sa  longueur 
et  produites  par  des  replis  internes.  A  son  origine,  vien- 
nent déboucher  les  lu&es  de  Malpighi,  groupés  en  plu- 
sieurs faisceaux  et  disposés  en  cercle  autour  de  l'organe 
(V.  PI.  Il,  fig.  I).  Chaque  faisceau  ne  comprend  que  3  ou 
4  tubes  s'ouvrant  dans  un  canal  collecteur  très  court.  Les 
parois  de  l'intestin  terminal  sont  à  peu  près  lisses;  son 
e.Ytrémité  postérieure,  légèrement  rétrécie,  se  continue  par 
une  poche  ovoïde,  le  ivctum,  sans  présenter  l'appareil 
valvulaire  si  développé  du  Phibalosoma.  A  la  surface  du 
rectum  existent  six  bandelettes  fusiformes,  allongées  et 
disposées  symétriquement  par  rapport  k  l'axe  de  l'organe. 


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APPAREIL   DIGESTIF   DES   ORTHOPTÈRES.  25 

Chez  le  Necrosda  erechtheus,  l'intestin  postérieur  et  le  rec- 
tum ne  présentent  aucune  particularité  intéressante.  Les 
Itibes  de  Mttlpighi  sont  très  nombreux  et  vont  s'ouvrir  en 
cercle  à  la  partie  antérieure  de  l'intestin  terminal,  après 
s'être  fusionnés,  au  nombre  de  2  ou  3,  en  un  grand 
nombre  de  petits  faisceaux. 

RÉSUMÉ.  —  Le  Irait  dominant  de  l'appareil  digestif  des 
PhasmidêB,  c'est  sa  forme  rectiligne,  essentiellement  en  rap- 
port avec  celle  du  corps.  Mais  ce  qui  caractérise  surtout  cet 
organe  et  le  sépare  de  celui  des  autres  Orthoptères,  c'est 
l'absence  de  gésier  et  d'appendices  intestinaux  et  la  pré- 
sence de  glandes  filiformes  sur  le  pourtour  de  la  région  mé- 
diane de  l'intestin  moyen. 

Le  pkm'ynx  est  court,  cylindrique  ou  légèrement  aplati  et 
logé  dans  la  région  céphalique.  Vœsophage  est  cylindrique 
el  de  longueur  variable  suivant  les  genres.  Le  jaiot  est 
allongé,  volumineux  et  fusiforme.  It  comprend  deux  parties 
très  nettes  el  à  peu  près  d'égale  longueur.  La  dernière  partie 
se  prolonge  en  cône  dans  t'axe  de  l'inleslin  moyen  et  est 
recouverte  intérieurement  d'une  série  de  bourrelets  longitu- 
dinaux, pourvus  de  petites  dents  cornées  servant  à  la  masti- 
cation (Acauthoderus,  Necroscia).  L'intestin  moyen  est  droit 
et  comprend,  à  sa  partie  antérieure,  une  épaisse  couche 
musculaire  formée  par  des  faisceaux  disposés  en  anneaux 
volumineux,  très  apparents.  La  seconde  partie  porle.dans  sa 
région  médiane,  une  série  de  glandules,  à  base  conique, 
prolongées  par  un  long  appendice  filiforme,  glandules  que 
nous  n'avons  constatées  nulle  part  chez  les  autres  Orthoptè- 
res. Les  tubes  de  Malpigki  sont  disposés  en  cercle  à  l'origine 
de  l'intestin  terminal.  Ces  organes  sont  groupés  en  nombreux 
faisceaux  s'ouvrant  chacun  au  sommet  d'un  bourrelet  co- 
nique très  court.  L'intestin  postérieur  est  droit  el  présente 
six  longues  bandeleltes  longitudinales  ;  il  est  parfois  séparé 
du  rectum  par  six  puissantes  valvules  pyramidales  (l'hibalo- 
soma)  ;  parfois  aussi,  il  n'existe,  entre  tes  deux  organes, 
qu'un  faible  bourrelet  circulaire  (Acanthoderus). 


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L    BANDAS. 


CHAPITRE  ni 


APPAREIL    DIGESTIF    DES    MANTID^. 

(V.  PI.  Il,  (ig.  2  et  9;  PI.  III,  fig.  1,2,  3,4,5,  6  el7.) 

Conlinuanl  à  suivre  le  degré  de  complication  croissante 
de  l'appareil  digestif,  nous  allons  maintenanl  étudier  les 
Mantid-b.  Dans  cette  famille,  nous  avons  disséqué  les  es- 
pèces suivantes  :  Mantis  religiosa  (Linné),  Tenodera  auslrala- 
six  (Leach),  Hierodula  àioculata  (Burm.),  Eremiaphila  den- 
ticolli.1  (Lefebr.),  Stagmatoptera  predicaloria.  St.  annulata 
(Stoll),  Empma  pauperata  (Lalr.),  etc.  —  Parmi  ces  espèces, 
une  seule,  la  Manlix  re/igiosa,  a  été  l'objet  de  très  courtes 
descriptions  de  la  part  de  Marcel  de  Serres  et  de  L.  Oufour 
(1834).  Marcel  de  Serres  a  encore  disséqué  la  Mantis  ora- 
loria,  dont  l'appareil  digestif  est  identique  à  celui  de  la 
M.  religiosa.  Aussi,  on  présence  des  études  de  ces  deux  cé- 
lèbres zoologistes,  serons-nous  bref  au  sujet  de  l'organe  de 
la  digestion  de  la  Mante  religieuse  et  nous  bornerons-nous  à 
relever  certaines  erreurs  de  Dufour  et  à  compléter  l'étude 
anatomique  du  gésier  dont  ta  structure  est  très  intéressante, 
ainsi  que  celle  des  intestins  moyen  et  postérieur.  EnBn,  nous 
allons  montrer  que  cet  organe,  par  la  conformation  de  cer- 
taines de  ses  parties,  peut  servir  de  terme  de  comparaison 
pour  la  famille  tout  entière.  Nous  avons,  à  cet  effet,  divisé 
notre  chapitre  en  deux  parties. 

]  °  Mantis  religiosa  (Lin.  ),  Tenodera  australasi^  (Leacb) 
(V.  PI.  Il,  flg.  2  et  9,  et  PI.  III,  fig.  6).  —  Le  tube  digestif 
de  la  Manie  l'eligieuse  est  rectiligne  et  ne  présente  aucune 
circonvolutioD,  sauf  l'intestin  moyen  qui  a  une  légère  cour- 
bure dans  sa  région  médiane.  Celui  de  la  Tenodera  au-sfm- 
/asije  se  rapproche  de  celui  des  Blattes,  mais  il  en  dilTère 
par  l'énorme  développement  du  jabot  qui  remplit  tout  le 
thorax  et  la  moitié  antérieure  de  l'abdomen  et  surtout  par 


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APPAREIL   OIOESTIf   DES    ORTHOPTÈRES.  27 

l'énorme  rédiiclion  des  intestins  moyen  et  postérieur. 
Chez  la  Mantis  religiosa,  les  glandes  salivaires  sont  bien 
développées  et  comprennent  trois  grappes,  confluentes  en 
plusieurs  points,  et  s*étendant,  du  milieu  du  prothorax, 
jusqu'au  tiers  postérieur  du  mésolhorax.  La  grappe  princi- 
pale a  une  forme  rectangulaire  et  s'applique  directemeut 
contre  les  parois  de  la  première  partie  du  jabot.  Elle  est 
séparée  de  la  seconde  grappe  par  un  étroit  espace  comblé 
par  plusieurs  tubes  trachéens.  Cette  dernière  grappe  est 
triangulaire  et  recouvre  une  partie  des  parois  inférieures  de 
la  portion  antérieure  de  l'intestin.  Enfin,  en  avant  de  ces 
deux  massifs  glandulaires,  en  existe  un  troisième  qui  se  pro- 
longe en  arrière,  s'applique  sur  le  jabot,  se  dirige  vers  la  face 
dorsale  de  ce  dernier  et  se  termine  par  une  extrémité  ob- 
tuse située  à  très  peu  de  distance  de  sa  congénère.  La 
glande,  remarquable  par  sa  couleur  d'un  blanc  mat,  est 
constiluée  par  des  acini  sphériques  et  pluricellulaires. 
Chaque  acinus  se  continue  par  un  canalicule  excréteur  qui 
s'ouvre  dans  un  conduit  efférent  d'un  plus  large  calibre.  Les 
canaux  elTérents  sont  situés  de  chaque  côté  de  l'œsophage, 
au-dessus  de  la  chaîne  nerveuse.  Les  canahcules  et  conduits 
excréteurs  ont  une  siructure  très  simple.  Leur  enveloppe 
présente,  en  allant  de  dehors  en  dedans,  une  membrane 
musculaire  externe  très  mince,  une  couche  épitbéliale  for- 
mée de  cellules  rectangulaires  &  gros  noyaux  et  une  mem- 
brane chitineuse  interne  pourvue  d'arceaux  spirales.  Les 
cellules  épithéliales  déterminent,  sur  la  couche  externe, 
un  contour  sinueux  qui  apparaît  sur  les  coupes  d'une  façon 
très  nette.  Les  deux  conduits  efférents,  après  avoir  traversé 
la  partie  antérieure  du  prolhorax  et  reçu  le  réservoir  sali- 
vaire,  pénètrent  dans  la  région  céphalique  postérieure  oti 
ils  se  fusionnent  en  un  conduit  excréteur  impair  très  court 
qui  va  s'ouvrir,  non  pas  dans  la  bouche  comme  l'a  écrit 
bufour,  mais  à  la  base  de  la  mâchoire  inférieure,  au-dessous 
do  l'orifice  buccal.  C'est  là,  du  reste,  un  mode  d'embouchure 
constant  chez  tous  les  Orthoptères.  — Les  g/andes  xafivaires 


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28  L.   ■•■BAS. 

de  la  Tenodera  sont  divisées  en  deux  groupes  sïlués  symé- 
Iriquemenl  par  rapport  à  l'axe  du  thorax  (V.  PI.  Il,  lig.  2). 
Chaque  groupe  comprend  deux  grappes  principales  :  une 
antérieure  recouvrant  les  parties  latérales  et  supérieures  du 
jabot  et  l'autre  postérieure  appliquée  contre  les  parois  infé- 
rieures de  la  seconde  moitié  du  prothorax  et  de  l'espace 
intersegmen taire  compris  entre  les  deux  premiers  mérides 
thoraciques.  Le  canal  excréteur  de  la  glande  postérieure 
pénètre  dans  lagrappe  antérieure  qu'il  traverse  latéralement 
et  va  se  fusionner  avec  le  conduit  efférent  de  cette  dernière. 
De  celle  union  résulte  un  conduit  unique  qui  monte  le  long 
de  l'oesophage,  pénètre  dans  la  tétc  et  s'unit  à  son  congénère 
du  côlé  opposé  pour  former,  comme  dans  l'espèce  précé- 
dente, un  canal  impair.  De  chaque  côlé  des  glandes  sali- 
vaires  existe  un  léxervoir,  sorte  de  sac  allongé,  cylindrique 
et  phssé  longitudinalement.  Ces  glandes,  ainsi  que  leurs 
canaux  excréteurs,  présentent  la  même  slruclure  que  chez 
la  Manlis  re/iffiosa. 

Le  pharynx  des  deux  espèces  esl  court,  lubuleux,  à  parois 
musculaires  épaisses  el  striées  longitudinalement.  Il  fait  di- 
rectement suite  à  la  bouche  et  se  trouve  entièrement  logé 
dans  la  région  céphalîque. 

L'œsopkat/e  de  la  Mante,  séparé  du  pharynx  par  une  faîhle 
dépression  circulaire,  est  un  organe  cylindrique,  à  parois 
minces  et  transparentes.  Il  parcourt  l'axe  du  prothorax  el 
se  continue  avec  le  jabot  sans  ligne  de  démarcation. 

Le  jabot  (Manie),  de  structure  identique  à  celle  de  l'œso- 
phage, a  la  forme  d'une  longue  poche  fusiforme,  très  élas- 
tique et  étendue,  du  milieu  du  mésolhorax,  jusqu'aux  pre- 
miers segments  abdominaux.  Ses  parois  internes  présentent 
de  légères  striations  longitudinales  dues  à  de  faibles 
épaississements  musculaires.  L'organe  se  continue  directe- 
ment avec  le  gésier  donl  la  structure  est  hien  différente.  — 
Le  jabot  de  la  Tenodera  présente  un  développement  consi- 
dérable et  afTecte  une  forme  qui  ne  se  rencontre  chez  -au- 
cune espèce  d'Orlhoptère.  C'est  un  tube  disposé  en  bissac, 


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APPAREIL   DIGESTIF   DES   ORTHOPTÈHES.  29 

s'étendaDt  du  jabot  jusqu'au  qualrième  anneau  abdominal 
et  occupant  la  presque  totalilé  de  la  cavité  Ihoracique.  II  se 
rétrécit  dans  le  mésotliorax  et  forme  un  étroit  pédicule 
plissé  et  strié  transversalement,  unissant  de  la  sorte  les  deux 
parties  de  Torgane.  Ses  parois  sont  minces,  transparentes, 
et  comprennent  une  double  couche  musculaire  externe  re- 
couverte, à  l'intérieur,  d'une  mince  enveloppe  chitineuse. 
Le  jabot  et  l'œsophage  occupent  les  deux  tiers  environ  de  la 
longueur  totale  du  tube  dtgeslir,  tandis  que  l'intestin  moyen, 
l'intestin  terminal  et  le  rectum  représentent  à  peine  l'autre 
tiers. 

Le  gésier  de  la  Mante  religieuse  est  tout  à  fait  caractéris- 
tique et  bien  différent,  comme  puissance,  de  celui  des 
GrylîidiB  et  des  Locuslitùe  (V.  PI.  III,  fig.  6).  Il  présente  quel- 
ques ressemblances  avec  celui  des  Forficules.  C'est  un  or- 
gane conique,  à  base  cylindrique,  largement  ouvert  vers  le 
jabot.  Son  exirémilé  postérieure,  courte  et  conique,  se  pro- 
longe^ dans  l'axe  de  la  partie  antérieure  de  l'intestin  moyen, 
par  un  pédoncule  conique,  également  fort  court.  Ses  parois 
sont  épaisses  et  recouvertes  d'une  double  couche  muscu- 
laire qui  supporte  intérieurement  de  nombreuses  colonnes 
cornées  disposées  en  six  séries.  Chaque  série  est  comprise 
entre  deux  dépressions  latérales  peu  profondes  renfermant 
une  dent.  Les  dents,  au  nombre  de  six,  sont  placées  circu- 
lairement  autour  de  la  paroi  interne  du  gésier,  dont  elles 
occupent  la  partie  postérieure.  Elles  sont  courtes,  chïti- 
neuses,  à  base  élargie  et  triangulaire  et  h  extrémité  anté- 
rieure crochue  el  légèrement  recourbée  {V,  PI.  III,  fig.  6}. 
La  face  supérieure  des  dénis  est  convexe  et  l'inférieure  con- 
cave ;  de  plus,  elles  portent,  sur  les  bords  latéraux,  de 
nombreuses  el  fines  denliculations.  Au-dessous  d'elles, 
existe  une  zone  sétigère  demi-circulaire,  bombée,  hérissée  de 
soies  ou  poils  chitineux  de  formes  et  de  dimensions  très  varia- 
bles :  les  uns  sont  coniques  et  h  extrémité  effilée,  tandis  que 
d'autres  se  terminent  par  une  pointe  bifide  et  parfois  même 
trifide(V.  PI.  II,  fig.  9).  La  portion  de  la  paroi  comprise  entre 


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deux  dents  est  légèrement  bombée  el  porte  une  vingtaine  de 
bandelettes  chitineuses  irrégulières  et  souvent  même  anas- 
tomosées entre  elles.  Leur  face  supérieure  itrésenle  de  nom- 
breuses soies  lrèscourle8(V. PI.  III,  fig. 6).  Le  reste  de  l'organe, 
situé  en  arrière  de  la  partie  masticatrice  que  nous  venons  de 
décrire,  porte  également  uugrand  nombre  de  piquants  cornés, 
généralemeat  fort  courts.  Enfin,  la  dernière  partie  du  gésier 
se  termine  par  six  bourrelets  aplatis,  jouant  le  rôle  de  val- 
vules. —  Le  gésier  de  la  Tenodera  ausiralasiœ  est  tout  à  Tait 
rudimenlaire  el  présente  à  peu  près  la  même  disposilion 
interne  que  celui  de  la  Mante  religieuse  (V.  PI.  Il,  Tig.  2).  Il 
en  dilTère  pourtant  par  la  présence  d'un  court  pédoncule  qui 
le  prolonge  et  le  rattache  à  la  partie  antérieure  de  l'intestin 
moyen.  C'est  un  organe  conique,  dont  l'orilice  antérieur 
présente  six  bourrelets  valvulaires  irréguliers.  La  cavité 
interne  est  en  forme  de  demi-sphère  et  porte  six  épaississe- 
menls  musculaires  recouverts  d'une  lamelle  cornée  présen- 
tant de  petits  replis  chitineux  et  irréguliers,  la  plupart  anas- 
tomosés entre  eux  el  recouverts  de  soies  à  leur  surface 
libre.  Ces  bourrelets  ou  épaississements  sont  séparés  par 
une  dépression  longitudinale,  à  l'extrémité  de  laquelle  se 
dresse  une  dent  à  base  élargie  et  à  tige  recourbée,  cro- 
chue et  denticulée  sur  ses  bords.  La  suite  de  l'organe  se 
continue  par  un  tube  à  peu  près  cylindrique,  hérissé  inté- 
rieurement de  nombreuses  soies  chitineuses  (V.  PI.  Il,  fig.  2). 
Vintextin  moyen  des  Mantes  est  très  réduit  el  ne  présente 
qu'une  légère  courbure,  fort  peu  accentuée.  Son  extrémité 
élargie  reçoit  les  appendires  hites finaux,  sortes  de  doigts  de 
gant  cylindriques  et  à  extrémité  libre,  terminée  en  cfecum. 
Ces  appendices,  au  nombre  de  huit  insérés  suivant  une  ligne 
circulaire,  ont  une  structure  analogue  à  celle  de  l'intestin 
moyen  et  présentent  la  même  forme  et  la  même  disposition 
que  ceux  des  Bladùfas  :  caractère  très  important  qui  permet 
de  placer  les  Manlidie  à  côté  de  cette  famille.  Le  reste  de 
l'organe  est  cylindrique  et  lisse  extérieurement.  Chez  la 
Tenodera,  Ymfes/in  moyen  est  1res  court.  Il  débute  par  une 


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APPAREIL   DIGESTIF   DES   ORTHOPTÈRES.  31 

extrémité  élargie  portant/t»t/  appendices inlesiînaux allongés, 
cylindriques  et  présentant  les  plus  grandes  analogies  de 
formes  avec  ceux  des  Blattes,  Ils  s'ouvrent  dans  l'inlestin 
par  un  orifice  circulaire.  Les  parois  intestinales  sont  fort 
épaisses  et  portant  de  nombreuses  stries  transverses.  L'or- 
gane se  rétrécit  à  son  extrémité  postérieure,  puis  se  dilate 
en  un  bourrelet  annulaire,  origine  de  l'intestin  terminal,  sur 
le  pourtour  duquel  viennent  s'ouvrir  de  50  à  60  tubes  de 
Malpighi  localisés,  comme  chez  la  Mantis  religiosa,  en  des 
points  déterminés  et  non  d'une  façon  uniformément  circu- 
laire (V.  PI.II,  fig.  2). 

Vinlestin  postérieur  des  Mantes  religieuses  est  un  tube 
droit  et  parcouru,  sur  toute  sa  longueur,  par  des  bandelettes 
longitudinales  dues  à  des  replis  épithéliaux  internes.  Il  pré- 
sente, à  son  extrémité  postérieure,  un  bourrelet  valvulaire 
qui  le  sépare  du  rectum.  Ce  dernier  organe,  complètement 
enveloppé  par  les  glandes  génitales,  se  continue  par  un  tube 
très  court  débouchant  au  dehors  par  l'orihce  anal,  de  forme 
circulaire.  —  L'intestin  terminal  de  la  Tenodera  a  une  lon- 
gueur un  peu  supérieure  à  celle  de  l'intestin  moyen,  mais 
son  diamètre  lui  est  bien  inférieur.  Il  est  pourvu  de  parois 
musculaires  épaisses  qui  forment  k  l'intérieur  six  replis  lon- 
gitudinaux, donnant  à  la  lumière  du  canal  une  apparence 
éloilée.  Enfin,  une  valvule  terminale  sépare  cette  dernière 
partie  d'une  poche  ovoïde,  le  rectum,  semblable  à  l'organe 
homologue  décrit  cheiXa  Mante  (\.  PI.  li,  tig.  2). 

f  HiERODULA  B10CULATA,  ErEMIAPHILA  OGNTICOLLIS  ET 
StAGMATOPTERA  PREDICATORU   (V.  Fi.    III,   fig.  2,  3,   5,  7).  — 

L'appareil  digestif  de  YHierodula  bioculata  est  remarquable 
par  l'énorme  développement  de  l'œsophage  et  du  jabot  qui 
s'étendent  de  la  région  céphalique  jusqu'au  quatrième 
segment  abdominal.  Le  jabot,  quand  il  est  complètement 
distendu,  mesure  près  de  12  millimètres  de  diamètre.  En 
outre,  nous  constatons,  chez  cette  espèce,  un  plus  grand 
développement  du  tube  intestinal  que  dans  les  deux  espèces 
précédemment  étudiées.  Les  intestins  moyen  et  postérieur 


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décrivent  deux  demi-cercleB  disposés  en  sens  inverse  et  affec- 
tant la  forme  d'un  S.  Les  Eremiaphila  sont,  de  tous  les 
genres  appartenant  à  la  famille  des  Mantids,  ceux  dont 
l'appareil  digestif  présente  la  plus  grande  complexité  et  l'in- 
testin le  plus  grand  développement  (V.  Pt.  III,  tig.  3).  L'or- 
gane,  complètement  étalé,  atteint  presque  deux  fois  la  lon- 
gueur de  l'animal,  tandis  que  chez  les  espèces  précédentes 
il  le  dépasse  à  peine.  Celte  disposition,  grâce  aux  circonvo- 
lutions et  aux  replis  intestinaux,  rappelle  par  plus  d'un 
point  celle  que  nous  offrent  les  B/atlidœ.  On  le  voit,  notre 
étude  sur  les  Mantidx  nous  permet  de  suivre  les  degrés  de 
complication  successifs  de  l'orgauc  digestif  et  de  placer  celte 
famille  près  d'un  groupe  avec  lequel  elle  a  de  grandes 
affinités. 

Les  glandes  salivaires  des  Bierodala  sont  très  volumineuses 
et  comprennent,  de  ctiaque  côté  de  l'œsophage,  deux  grap- 
pes glandulaires,  un  canal  excréteur  et  un  réservoir  sali- 
vaire  (V.  PI.  III,  tig.  2).  La  grappe  principale  est  allongée 
et  mesure  près  de  fS  millimètres  de  longueur.  Elle  est  lé- 
gèrement concave  et  recouvre,  dans  sa  région  postérieure, 
presque  complètement  la  première  partie  du  jabot.  Le  canal 
excréteur,  très  allongé,  la  traverse  dans  toute  sa  longueur  et 
reçoit,  de  part  et  d'autre,  les  canaux  excréteurs  des  grappes 
secondaires.  La  seconde  grappe  est  ovoïde,  aplatie,  recou- 
verte par  l'œsophage  et  directement  appliquée  au-dessus  du 
système  nerveux.  Les  conduits  excréteurs  reçoivent,  un  peu 
en  avant  de  la  grande  grappe,  les  réservoirs  salivoires  qui 
sont  formés  par  des  tubes  cylindriques  dirigés  en  arrière  et 
appliqués  sur  les  parois  externes  des  glandes  salivaires.  Ces 
conduits,  blancs,  cylindriques,  cheminent  parallèlement 
l'un  à  l'autre,  pénètrent  dans  la  tête,  se  fusionnent  en  un 
canal  impair  au-dessous  du  ganglion  sous-œsophagien  et 
vont  déboucher  à  la  base  de  la  languette.  L'appareil  sali- 
vaire  est  bien  développé  chez  la  Stagmatoplera  predicator'ta 
et  les  diverses  grappes  glandulaires  entourent  complètement 
la  premièie  partie  du  jabot. 


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APPAREIL    DIGESTIF    DES    ORTHOPTÈRES.  33 

Le  pharynx  de  XHierodula  bioculata  est  aplati  et  pourvu 
d'une  épaisse  membrane  musculaire.  Celui  de  V EremiapkUa 
est  large,  amiaci  transversalement  et  à  parois  internes 
plissées  longitudinalement.  La  voûte  pharyngienne,  de  cou- 
leur jaune  foncé,  porte  plusieurs  bourrelets  séparés  par  au- 
tant de  replis  transverses.  Extérieurement,  l'organe  est  relié 
aux  parois  céphaliques  par  de  nombreux  faisceaux  muscu- 
laires aplatis  horizontalement  (V.  PI.  111,  tig.  3). 

Vœsophage  de  VHierodula  bioculata  est  long,  cylindrique 
et  parcourt  l'axe  du  prolhorax  jusqu'à  sa  région  postérieure 
(V.  PI.  III,  fîg.  2,  Œ).  En  ce  point,  il  se  dilate  insensiblement 
et  se  continue  par  le  jabot.  Ses  parois  externes  sont  lisses  et 
les  internes  plissées  longitudinalement.  L'œsophage  de  la 
Slagmatoptera  est  également  très  long  et  se  continue,  sans 
ligne  de  démarcation,  avec  le  jabot.  Celui  de  VEremiaphila 
denlkoUis,  également  très  allongé,  occupe  les  deux  premiers 
segments  thoraciques  et  est  enveloppé,  dans  sa  région  pos- 
térieure, parles  glandes  salivaires.  Sa  surface  interne,  ainsi 
que  celle  du  jabol,  présente  de  nombreux  replis  irrégu- 
liers, disposés  longitudinalement  et  séparés  par  des  bour- 
relets parallèles. 

Les  Hierodula  possèdent  un  Jabot  Irhi  volumineux,  aFTec- 
tant  une  forme  ovoïde  avec  un  rendement  postérieur.  Il 
occupe  le  mésothorax,  le  mélalhorax  et  les  Iro'is  ou  quatre 
premiers  segments  abdominaux.  Ses  parois  sont  parcourues 
longitudinalement  par  de  nombreux  faisceaux  musculaires 
dessinant  à  l'extérieur  des  stries  irrégulières  et  des  bourre- 
lets parallèles.  L'organe  s'unit  directement  au  gésier.  Le 
jabot  de  la  Slagmaloplera  est  également  fort  volumineux  et 
occupe,  quand  il  est  complètement  distendu  par  les  aliments, 
non  seulement  les  deux  derniers  segmenls  Ihoraciques,  mais 
encordes  quatre  premiers  anneaux  de  l'abdomen.  Sou  ori- 
fice postérieur  est  bordé  par  un  épais  bourrelet  pourvu  de 
six  larges  replis  irréguliers  fermant  incomplètement  l'entrée 
du  gésier.  VEremiaphila  possède  un  jabot  bien  moins  volu- 
mineux que  celui  des  espèces  précédentes  :  c'est  un  organe 

A»N.    se.  BAT.   ZOOL.  V,    3 


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M  L.   ■•BOAS. 

fusiforme  qui  occupe  le  mélalhorax,  la  première  partie  de 
l'abdomen  el  loge,  dans  sa  région  postérieure,  un  gésier  ru- 
dimentaire. 

Le  gésier  deVffie/-oduiaôiocu/aia{\.  PI.  111,  fig.  2),  comme 
celui  de  toutes  les  espèces  appartenant  à  la  famille  des  Man- 
lidie,  est  très  atrophié  et  présente,  presque  partout,  une 
structure  h  peu  près  uniforme.  Chez  l'espèce  eu  queslion,  le 
bord  antérieur  de  l'organe  est  irrégulier  et  porte  six  bourre- 
lets noirâlres  dus  à  des  replis  chilineux  parallèles  et  presque 
demi-circulaires,  à  la  suite  desquels  viennent  d'autres  replis 
de  même  nature  el  analogues  h  ceux  des  Manies.  Chaque 
massif  ou  bourrelet  esl  séparé  de  son  voisin  par  une  faible 
dépression  longitudinale,  au  fond  de  laquelle  existe  une  petite 
dent  chitineuse  recourbée  en  forme  de  hache.  A  la  suite  de  la 
dent  vient  un  petit  tubercule  hémisphérique  recouvert  par 
UQ  épais  massif  de  soies  chilineuses.  L'organe  se  continue 
par  un  pédoncule  cylindrique  très  court  qui  le  rattache  à  la 
partie  antérieure  de  l'intestin  moyen.  —  La  Stagmaloplera 
possède  un  gésier  (V.  PI.  III,  fig.  7),  bien  plus  développé  que 
celui  des  espèces  précédentes  :  les  colonnes  chilineuses  y 
sont  plus  nettes  et  les  dents  plus  apparentes.  Sa  face  interne 
est  séparée  du  jabot  par  un  rebord  annulaire  pourvu  de  six 
bourrelets,  subdivisés  eux-mêmes  en  plusieurs  replis  secon- 
daires dont  le  nombre  varie  de  quatre  à  six.  Les  bourrelets 
principaux  sont  séparés  par  des  dépressions  peu  profondes, 
à  base  étroite,  dépourvues  de  tigelles  chilineuses  et  ne  por- 
tant que  de  microscopiques  soies  cornées.  Vers  la  partie 
moyenne  de  l'organe,  dans  la  dépression  dont  nous  venons 
de  parler,  se  dresse  une  dent  chitineuse,  de  même  forme 
que  celle  des  espèces  précédentes,  mais  beaucoup  plus  forte. 
Elle  est  disposée  en  forme  de  hache  et  présente  son  bord 
tranchant  vers  l'axe  du  gésier.  Son  extrémité  libre  esl  re- 
courbée en  crochet  très  acéré  et  sa  face  inférieure  concave 
porte,  sur  ses  bords  latéraux  libres,  de  tînes  denticulatîons 
chilineuses.  A  la  suite  de  cette  dent  vient  une  plage  sétigère, 
allongée  parallèlement  à  l'axe  du  gésier,  de  forme  rectan- 


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APPAREIL   DIOESTIF    DES    ORTHOPTÈRES.  35 

gulaire  et  légèrement  bombée.  Elle  est  recouverle  de  longues 
soies  chitiaeuses,  simples  ou  bifides  h  leur  sommet,  étroite- 
meol  serrées  entre  elles,  parrois  concrescentes  et  formant, 
dans  ce  cas,  un  tubercule  analogue  à  une  dent  (V.  PI.  III, 
fig.  7).  Ces  soies,  très  nombreuses  au-dessous  et  à  peu  de 
distance  de  chaque  dent  chitineuse,  finissent  par  diminuer 
peu  h  peu  et  par  disparaître  au-dessus  de  chaque  valvule  qui 
Terme  î'orilice  intestinal  de  l'appendice  du  gésier.  Au-dessus 
de  la  zone  pilifère  et  dans  l'espace  compris  entre  deux  dénis 
et  les  étroits  sillons  qui  les  surmontent  exi.stent,  avons- 
nous  dit,  de  quatre  k  six  bourrelets  secondaires  séparés  par 
de  faibles  dépressions  longitudinales.  Ces  bourrelets  secon- 
daires sont  parcourus  par  d'étroites  baguettes  chitineusi-s, 
analogues  à  celles  des  espèces  précédentes,  très  irréguliferes, 
ramifiées  dicbotomiquement  et  recouvertes  de  soies  très 
courtes.  Ces  baguettes  vont  converger  dans  la  dépression 
comprise  enire  chaque  dent  et  ne  forment  bientôt  plus  que 
deux  lamelles  entourant  une  zone  fusiforme  portant  de  nom- 
breuses soies  parfois  libres,  mais  parfois  soudées  entre  elles 
et  formant,  dans  ce  cas,  une  petite  denlicute  (a).  Telle  est, 
sommairement  décrite,  la  structure  interne  du  gésier  des 
Stagmalop/era  {\ .  PI.  III,  fig.  7).  Extérieurement,  l'organe 
se  confond  avec  le  jabot,  et  rien  n'indique  la  séparation  de 
ces  deux  parties  du  tube  digestif.  L'organe  se  continue  par 
un  pédoncule  très  court,  pourvu  d'un  bourrelet  ovoïde  trans- 
verse et  s'unit  à  l'extrémilé  antérieure  de  l'intestin  moyen, 
dans  l'axe  duquel  il  se  termine  par  un  tubercule  hémisphé- 
rique, muni  à  Kon  sommet  d'un  orifice  étoile  limité  pur 
six  valvules.  Au  point  où  le  pédoncule  se  détache  du  jabol, 
existe  un  ganglion  du  système  stomato-gastnque,  duquel 
partent  de  nombreux  filaments  qui  vont  se  ramifier  à  la 
partie  médio-supérieure  de  l'appareil  digestif. 

Le  géxier  6e  VEremiaphila  tleiUtcollis  (V.  PI.  III,  fig,  3) 
n'est  représenté  extérieurement  que  par  un  court  pédoncule 
cylindrique  allant  se  fixer  h  la  partie  antérieure  de  l'intestin 
moyen.  Son  origine,  confondue  avec  l'extrémilé  postérieure 


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du  jabot,  est  munie  d'uD  orifice  circulaire  irrégulier,  pourvu 
d'un  bourrelet  jouant  le  rôle  de  valvule.  Les  parois  internes 
de  ce  gésier,  de  même  que  celles  de  son  pédoncule  posté- 
rieur, sont  ii  peu  près  semblables  h  celles  que  nous  avons 
observées  chez  VHierodula,  avec  cette  différence  pourtant, 
que  les  dents  sont  un  peu  moins  acérées,  moins  volumi- 
neuses, et  que  les  colonnes  sétigères  sont  moins  étendues. 

L'inteslin  moyen  de  VHierodula  est  court,  légèrement 
courbé  et  porte,  à  son  origine,  huit  longs  appendices  intes- 
tinaux cylindriques  et  flexueux,  analogues  à  ceux  des  Bht- 
lidœ  et  en  particulier  de  la  Btabera  (V.  PI.  III,  fig.  2).  L'or- 
gane, après  avoir  décrit  un  coude,  présente  à  son  extrémité 
un  léger  repli  annulaire  suivi  d'un  bourrelet.  C'est  sur  ce 
bourrelet,  origine  de  Vintestïn  terminal  oupostérîeur,  que  vien- 
nent déboucher  de  70  à  80  tuàex  de  Malpighi.  L'intestin  ter- 
minais, un  diamètre  beaucoup  plus  étroit  que  Forgane  pré- 
cédent; ses  parois  sont  plus  épaisses  et  parcourues  par  des 
replis  longitudinaux  internes.  A  sa  partie  terminale,  un 
sphincter  circulaire,  généralement  irrégulier,  le  sépare  du 
rectum,  expansion  ovoïde  ne  présentant  aucune  particularité 
remarquable. 

Uintestin  mot/en  de  la  Slagmalojitera  predicatoria  présente 
à  peu  près  la  même  l'orme  extérieure  que  celui  de  l'espèce 
précédente,  mais  il  en  dtfTère  par  le  mode  d'embouchure 
des  cxcumx  intestinaux.  Ces  appendices,  au  nombre  de  huit, 
s'ouvrent  dans  de  profonds  diverticules  séparés  les  uns  des 
autres  par  des  lamelles  musculaires  qui  vont  se  perdre  peu 
à  peu  au  point  où  commence  la  portion  cylindrique  de  l'in- 
testin. Le  reste  de  l'appareil  est  de  tout  point  semblable  à 
celui  de  VHierodula  (V.  PI.  Ml,  fig.  5). 

V Eremiaphi/a  denticollis  possède  un  tube  digestif  cylin- 
drique, tlexueux,  recevant  à  son  origine  les  diverticules  ou 
appendices  intestinaux  aa  nombre  de  huit  (V.  PI.  III,  fig.  3). 
Ce  sont  des  tubes  longs,  flexueux  et  irréguliers,  disposés  en 
couronne  autour  de  la  portion  terminale  du  jabot.  L'organe 
décrit  une  demi-circonvolution  avant  de  s'unir  à  Vintestïn 


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APPAREIL   DIGESTIF  DES   ORTHOPTÈRES.  37 

terminal,  à  l'origine  duquel  existe  UQ  bourrelet  circulaire  sur 
lequel  viennent  s'ouvrir  les  tudes  de  Malpigki.  Ces  glandes 
comprennent  de  60  à  70  tubes  filirormes  qui  s'insèrent  tantôt 
régulièrement,  tantôt,  au  contraire,  se  groupent  en  faisceaux 
de  3  ou  4  tubes.  Chaque  filament  glandulaire  présente  un 
léger  renflement  ovoïde  au  moment  de  s'ouvrir  sur  le  bour- 
relet compris  entre  les  intestins  moyen  et  postérieur.  Ce 
renflement  terminal  des  tubes  de  Malpighi  de  VEremiapkiia 
constitue  une  particularité  que  nous  n'avons  rencontrée 
encore  chez  aucune  autre  espèce  d'Orthoptère.  Vintestin 
postérieur^  séparé  de  l'intestin  moyen  par  un  bourrelet  valvu- 
laire  interne,  décrit  un  tour  complet  et  présente  six  bande- 
lettes longitudinales  dues  à  des  replis  épithéliaux  internes. 
Il  se  dilate  à  son  extrémité  postérieure  pour  former  un 
reclum  ovoïde,  pourvu  de  six  bandelettes  fusiformes  équi- 
distantes(V.  PI.  III,  fig.  3,  R). 

En  RÉSUME,  ra/);HzreiV(/i^?j///desMANTiD.E  est  caractérisé 
par  sa  forme  rectiligne,  en  rapport  avec  celle  du  corps  de 
l'insecte,  par  l'énorme  développement  du  jabot  et  par  la  ré- 
duction considérable  des  intestins  moyen  et  postérieur.  Il 
n'y  a  d'exception  que  pour  le  genre  Eremiaphila,  dont  l'in- 
testin est  allongé  et  décrit  une  circonvolution  complète. 
Chez  toutes  les  espèces  de  cette  famille,  les  glandes  sali- 
vaires  sont  très  développées  et  constituées  par  plusieurs 
grappes  enveloppant  complètement  ou  en  partie  la  portion 
terminale  de  l'œsophage  ou  l'extrémtlé  antérieure  du  jabot. 
Le  gésier  est  un  organe  tout  à  fait  rudimentaire  présentant 
une  structure  interne  très  compliquée.  Il  porte,  comme 
principaux  appendices  internes,  six  petites  dents  chitîneuses, 
aplaties  et  crochues.  A  l'origine  de  l'intestin  moyen  vien- 
nent déboucher  hiiit  cœcums  ou  appendices  intestinaux.  En 
un  mot,  l'appareil  digestif  des  Muntid»  présente,  dans  son 
ensemble,  de  nombreux  rapports  avec  celui  des  Blattidse. 


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CHAPITRE  IV 

APPAREIL   DIGESTIF   DES   BLATTID.ï:. 

(V.  PI.  ni,  fig.  1,  4  et  8;  P).  IV,  fîg.  1  à  9;  PI.  V,  fig.  I 
et  4.) 

Beaucoup  de  zoologistes  se  sont  occupés  de  Yappareil 
digestif  des  Blattid^.  Sans  aualyser  leurs  travaux  d'une 
façon  complète,  nous  allons  signaler,  en  quelques  mots, 
les  principaux  auteurs,  avec  les  titres  de  leurs  mémoires. 
Parmi  les  Entomologistes  qui,  à  des  points  de  vue  diffé- 
rents et  parfois  d'une  façon  secondaire  et  accessoire,  ont 
parlé  de  l'organe  de  la  digestion  des  Blattes,  nous  ne  pou- 
vons passer  sous  silence  Bash  (I)  (1838),  Chi'n  (2)  (1876), 
Plateau  (3}  (1874),  Jousset  de  Bellesme  (4)  (1875), 
ScHiNDLER  (5)  (1878),  Cholodkowsky  (6)  (1881),  etc.  Plus 
récemment  encore,  Miall  et  A.  Denny  (7)  (1886),  repre- 
nant les  travaux  de  leurs  devanciers  et  résumant  les  résul- 
tats de  leurs  recherches,  ont  fait  une  monographie  très 
intéressante  de  la  Periplamta  orienlalis.  Citons  enfin  les  re- 
marquables et  très  importants  travaux  embryogéniques  du 
0'  R.  Heymons  concernant  les  Bîatta,  les  Perip/aneta,  les 
/îariilus,  les  Gryllus,  etc. 

Nous   avons   étudié   un   grand    nombre  d'espèces,   tant 

(1)  IJnteriuchimgen  uber  dai  Chylopûftischc  und  Vrûpoétische  System  der 
Biatia  nrientalis  (Kais.  Akad.  der  Wisseosch.  Bd.  X!(M[I,  1858). 

(2)  Veber  den  Bau,  die  EtUwick.,  undpkysiol.  Bede».  der  Reelaldrùsen  lifi 
dm  ImekUn  [Abh.  der  Senkenb.  Natarfors.  Gesell.  Bd.  X,  1876). 

(3|  Beeherches  sur  tes  phénomines  de  la  digestion  chei  (es  Insectes  (Méra.  de 
l'Acad.  roj.  de  Belgique,  I.  XL!,  1874). 

(4)  Bectùrchei  expérimentales  tur  la  digestion  den  Insectes  et  en  partieulie' 
•k  la  Blatte.  <8T5. 

(3)  Beitràge  lur  Kenntniss  der  Ualpigki'sckeii  Gefâase  der  Insehien  [Zeils.  f. 
Wjss.  Zool.  Hd.  XXX,  1878). 

(6)  Ivr  Frage  iiber  den  Bau  und  Uber  die  Innenution  drr  SpeicheldrUsen  dvr 
BlatUden  (Hora;  Soc.  Entomol.  Rossi,  t.  XVI,  <S8t)- 
(")  The  structure  and  live-kistory  of  Ihe  Cockroac/t,  1886. 


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APPAREIL    DlGESTll'    DES    ORTHOPTÈRES.  39 

exotiques  qu'indigènes,  appartenant  à  la  famille  des  Blat~ 
lidiB  et  avons,  en  outre,  parmi  les  innombrables  variétés  de 
formes  que  présente  l'appareil  digestif,  ramené  cet  organe 
à  une  forme  type  à  laquelle  se  rattachent  foules  les  autres. 
—  Les  principales  espèces  soumises  à  notre  examen  sont  : 
Biatta  germanka  (L.),  Bl.  maderse  (L.),  Periptaneta  onen- 
talù  (L.),  Per.  americana{h.),  Per.  australasise  (Fabr.),  Epi~ 
lampra  gracilis  (Brunn.),  Polyzosteria  limbata  (Burm,), 
Ptmesthia  javanka  fServ.),  Heterogamia  xgypiiaca  (L.), 
Blabera  gigantea  {Sloll},  Blabera  alropos  (Stoll),  etc.  Le 
chapitre  concernaol  l'appareil  digestif  des  Blattidx  sera 
divisé  en  plusieurs  sections  et  se  terminera  par  des  con- 
sidérations générales  et  comparatives  de  cet  organe  dans 
la  famille  tout  entière.  Dans  nos  divisions,  nous  suivrons  les 
degrés  successifs  de  complication  de  l'ensemble  de  l'appareil 
et  du  gésier  en  particulier. 


PREHI&RB  SECTION.  —  Epilampra  gracilis  et  Panesthia 

JavaDica. 
(V.  PI.  IV,  llg.  9  ;  PI.  V,  fig.  4  et  5.) 

Un  des  traits  les  plus  caractéristiques  de  Vappareil  diges- 
tif de  VEpilampra,  consiste  dans  le  mode  d'embouchure 
des  tubes  de  Malpighi,  la  longueur  considérable  de  l'œso- 
phage, la  réduction  du  jabot,  l'atrophie  presque  complète 
du  gésier,  la  dilatation  sphéroïdale  du  rectum  et  la  forme 
boursouflée  et  plissée  que  présente  la  première  partie  de 
l'intestin  postérieur  (V.  PI.  V,  fig.  i).  Tous  ces  caractères 
sont  si  particuliers  et  si  différents  de  ceux  que  vont  noue 
présenter  les  autres  espèces,  qu'il  est  nécessaire  de  don- 
ner, de  chaque  partie  de  l'organe,  une  description  détail- 
lée. Parmi  les  modifications,  celles  qui  dominent  et  impri- 
ment à  l'appareil  un  cachet  si  particulier  et  si  typique, 
c'est  la  forme  atrophique  du  gésier  et  la  disposition  des 
tubes  de  Malpighi.  Grâce  aux  caractères  si  nets  que  nous 
présentent  ces  deux  sortes  d'organes,  nous  avons  le  point 


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40  I..  m»MDA«. 

de  départ  et  la  série  complète  des  modifications  qu'éprou- 
vent ces  deux  parties  de  l'appareil  digestif  dans  l'impor- 
tante famille  des  Blattidse.  —  La  Paneslkia  est  pourvue 
d'un  organe  digestif  présentant,  dans  son  ensemble,  à  peu 
près  les  mêmes  caractères  que  celui  des  Blaàera  que  nous 
allons  décrire  dans  la  suite,  mais  il  en  difTère  pourtant 
par  la  forme  du  jabot  et  par  l'atrophie  h  peu  près  com- 
plète du  gésier. 

Le  phari/nx  de  VEpilampra  est  court,  aplati  transver- 
salement et  sert  d'insertion  à  une  série  de  faisceaux  mus- 
culaires disposés  symétriquement,  par  rapport  à  l'axe  de 
l'organe,  en  deux  séries  allant  se  fixer  aux  parois  latérales 
céphaliques. 

L'œsophage  de  la  même  espèce,  contrairement  à  ce  qui 
existe  chez  les  Blattes  et  les  Périplanètes,  est  excessive- 
ment allongé.  Il  alfecte  la  forme  d'un  tube  cylindrique 
occupant,  au-dessus  de  la  chaîne  nerveuse  thoracique,  le 
prothorax  et  le  mésothorax.  Vers  sa  partie  antérieure,  il 
est  complètement  enveloppé  par  de  nombreux  faisceaux 
glandulaires  consliluaol  les  glandes  saiwaires,  lesquelles, 
par  la  disposition  de  leurs  acini  et  la  disiribulion  de  leurs 
canaux  excréteurs,  affectent  des  dispositions  semblables  à 
celles  des  autres  Blaltidx  (V.  PI.  V,  fig.  4).  L'organe  s'élar- 
git progressivement  et  se  continue,  sana  ligne  de  démarca- 
lion  apparente,  avec  le  Jabol.  —  L'œsophage  de  la  Panes- 
thia,  également  fort  long,  s'étend  jusqu'au  tiers  antérieur 
du  mésothorax. 

Le  jabot  de  VEpilampra  est  relativement  restreint  et 
n'occupe  que  les  régions  centrales  du  mélathorax  et  du 
premier  segment  abdominal.  C'est  un  organe  irrégulier  et 
symétrique,  présentant  une  large  boursouflure  latérale. 
Ses  parois  externes  sont  lisses,  mais  les  internes  sont  mu- 
nies d'une  séries  de  fines  strialions  longitudinales.  Il  se 
rétrécit  ensuite  progressivement  et  se  continue  par  un 
pédoncule  tronconique  qu'on  peut  considérer  comme  le 
dernier  vestige  du  gésier,  —  Le  jabot  de  ta  Panesthia  java- 


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APPAREIL    DIGËSTIK    DES    ORTHOPTÈRES.  41 

nica  est  large,  aplati  transversalement  et  présente,  comme 
celui  de  l'espèce  précédente,  un  volumineux  renflement 
latéral. 

Le  gésier  de  VEpilampra  est  lout  à  fait  rudimentaire. 
Toute  trace  de  denticulations  chitineuses  a  disparu,  et  il 
ne  reste  plus,  comme  dernier  vestige  de  l'armature  masti- 
catrice, si  développée  chez  les  Blattes  et  les  Périplanètes, 
que  six  colonnettes  musculaires,  très  courtes,  jouant  le 
rôle  de  valvules  à  l'oriRce  postérieur  du  jabot  (V.  PI.  IV, 
Bg.  9).  Ces  colonneltes  charnues  parcourent  le  gésier  dans 
toute  sa  longueur  et  vont  même,  en  se  resserrant  à  mesure 
qu'elles  se  rapprochent  de  l'orifice  postérieur  de  l'organe, 
former  une  sorte  de  seconde  valvule  fermant  l'extrémité 
terminale  du  très  court  appendice  qui  se  prolonge  dans 
l'axe  de  l'intestin  moyen.  Les  Blatiidx  constituent  une 
famille  très  intéressante  en  ce  sens  qu'elles  vont  nous  per- 
mettre de  suivre  les  degrés  successifs  de  complication  du 
gésier  et  nous  faire  assister  ainsi  aux  séries  de  transforma- 
tions par  lesquelles  passe  cet  organe  pour  arriver  à  la 
structure  relativement  compliquée  qu'il  présente  chez  les 
Périplanètes  et  les  Blattes.  —  La  forme  du  gésier  des 
Panesthia  est  lout  à  fait  caractéristique  :  c'est  un  organe 
présentant  son  maximum  d'alrophie  (V.  PL  V,  fig.  5).  Il 
n'existe  pour  ainsi  dire  plus,  a  presque  totalement  disparu, 
et  le  tube  court  et  cylindro-conique  qui  unit  l'intestin  au 
jabot  peut  seul  être  considéré  comme  le  dernier  vestige  de 
cette  portion  du  tube  digestif.  Pourtant,  un  examen  attentif 
nous  permet  de  reconnaître  les  parties  essentielles  consti- 
tutives de  l'organe.  Ces  parties  consistent  en  un  bourrelet 
annulaire  antérieur  et  en  plusieurs  bandelettes  musculo- 
chiiineuses  dirigées  d'avant  en  arrière  et  séparées  par  de 
larges  sillons  parallèles.  Leurs  parois,  beaucoup  plus  épaisses 
que  celles  du  jabot,  sont  constituées  par  deux  couches  mus- 
culaires superposées.  Sur  leur  face  interne,  six  bourrelets 
longitudinaux,  derniers  vestiges  des  colonnettes  chitineuses 
de  l'armature  maslicatrice  des  autres  Orthoptères,  sont  \k 


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42  !..   BOBDAS. 

pour  altesler  la  nalure  de  l'organe.  A  l'origine  de  cha- 
cune d'elles,  un  peu  en  arrière  de  l'orifice  postérieur  du 
jabol,  se  dressent  six  petits  tubercules  coniques  et  pyra- 
midaux ,  restes  des  grosses  dénis  chilineuses  que  nous 
allons  décrire  chez  les  Blattes  et  les  Périplanètes  (V.  PI.  V, 
fig-  5)- 

Vinteslin  moyen  de  VEpilampra  débute  par  une  portion 
élargie,  ampullairc,  à  l'origine  de  laquelle  viennent  dé- 
boucher les  appendices  intestinaux.  Jusqu'ici ,  nous  n'en 
avons  rencontré  que  huit,  mais,  chez  l'espèce  actuelle,  on 
en  compte  neuf  ou  dix  (1),  de  longueur  variable.  Ce  sont 
des  tubes  cylindriques,  dont  certains  atteignent  12  à 
13  millimètres  de  longueur,  tandis  que  d'autres  dépassent 
n  peine  5  millimèlres.  Ils  sont  terminés,  à  leur  extrémité 
libre,  les  uns  par  un  bourrelet  arrondi,  les  autres  par  une 
pointe  amincie  et  d'autres  enfin,  par  un  mince  filament 
.  recourbé.  L'organe  se  continue  ensuite  en  diminuant  de 
diamètre  et  en  décrivant  deux  circonvolutions.  A  l'origine 
de  l'intestin  terminal,  viennent  déboucher  les  tuàes  de  Mal- 
pighi  qui,  dans  le  genre  que  nous  étudions.  atTectent  une 
disposition  très  caractéristique.  Au  lieu  de  s'ouvrir  suivant 
une  ligne  circulaire,  ils  se  disposent  en  trois  touffes  (2), 
espacées  les  unes  des  autres  et  débouchant  au  sommet  de 
petits  tubercules  creux  qui  sont  dus  à  des  évaginations 
latérales  internes  de  la  portion  antérieure  de  l'intestin  ter- 
minal. Chaque  tubercule  correspond  donc  à  un  diverlicule  in- 
testinal, de  forme  conique.  Les  faisceaux  ou  touffes  compren- 
nent chacun  de  30  à  40  tubes  :  ce  qui  porte  leur  nombre 
à  100 ou  120 environ. On  peut,  en  outre,  considérer  cette  forme 
comme  une  transition  entre  le  mode  d'embouchure  que  pré- 
sentent les  tubes  de  Mnlpighi  chez  les  GryUotalpa  et  celui 

(1)  Ce  nombre  dj>  n'est  pas  constant,  car,  sur  d'autres  échantillons  sou- 
mis h.  notre  examen,  nous  en  avons  trouvé  tanli^t  huit  et  tantdt  neuf.  On 
peut  donc  dire  que  leur  nombre,  variable  chez  rRpilampra,  est  compris 
entre  huit  et  dix. 

(2)  Le  nombre  des  touiïes  est  toujours  Oxe  :  J'en  ai  constamment  reucon- 
tré  trois  dans  toutes  les  espèces  que  j'ai  disséquées. 


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APPAREIL.   DIGESTIK    DBS   ORTHOPTÈRES.  43 

qu'ils  aflecteat  chez  les  Blaltidœ.  SupposoQs,  en  elTet,  que 
le  tube  excréteur  commun  ou  uretère  des  Gryllidie  se  ré- 
duise de  plus  eu  plus,  on  arrivera  Boalemeat  à  un  court 
pédoncule,  dilaté  à  son  sommet,  analogue  à  l'un  quelconque 
des  tubercules  des  Epilampra  (V.  PI.  V,  fîg.  4). 

A  la  suite  de  l'intestin  moyen  vient  Vinteat'm  postérieur, 
débutant  par  un  tube  cylindrique  très  court,  lequel  se  di- 
late brusquement  et  forme  une  masse  irrégulière,boursouflée, 
ptissée  extérieurement  et  recourbée  presque  à  angle  droit. 
Ces  boursouflures  externes  donnent  à  l'organe  l'apparence 
qu'aiTecte  le  gros  intestin  des  Vertébrés.  Les  plissements 
externes  déterminent,  à  l'intérieur,  des  bourrelets  presque 
circulaires,  séparés  par  des  sillons  parallèles,  correspondant 
aux  bosselures  externes.  Le  canal  se  continue  par  un  tube 
légèrement  plissé,  dirigé  d'avant  en  arrière,  presque  en 
ligne  droite.  Au  dernier  segment  abdominal,  l'organe  se  di- 
late brusquement  en  une  masse  sphérique  constituant  le  rec- 
tum.  Ce  dernier  porte,  comme  chez  tes  autres  espèces,  six 
replis  ou  épaississements  longitudinaux  très  courts,  ana- 
logues aux  glandes  rectales  des  Hyménoptères.  Chez  la 
Partesthia  javanica,  les  intestins  moyen  et  postérieur  pré- 
sentent à  peu  près  les  mêmes  caractères  que  chez  l'espèce 
précédente,  et  sont  remarquables  par  leur  longueur  et  les 
circonvolutions  qu'ils  décrivent. 

DItUXiftMB  SECTION.  —  Blabera  gtgantca  et  Blabera  atropos. 

(V,  PI.  m,  flg.  l,i  et8;  PI.  IV,  fig.2.) 

Les  Blabera  atropos  possèdent  des  glandes  sat'tvaires  dont 
le  développement  est  intermédiaire  entre  celui  des  Acridi'idie 
et  celui  des  GryUidœ.  Elles  occupent  la  région  médiane  tho- 
racique.  au-dessus  des  ganglions  nerveux,  s'étendent  jusqu'à 
la  partie  antérieure  du  mélathorax  et  comprennent  trois 
grappes  glandulaires  :  une  grappe' médiane,  recouverte  par 
le  tube  digestif,  et  deux  grappes  latérales,  direclement  appli- 
quées contre  les  parois  de  la  première  partie  du  pharynx. 


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La  grappe  médiane  est  étalée,  peu  compacte  et  formée  d'un 
grand  nombre  de  lobules  espacés  el  muais  de  canaux  excré- 
leurs  qui  longent  la  paroi  laléro-inférieure  de  l'œsopbage. 
'  La  consUtution  et  la  forme  des  acini  sont  analogues  à  ceites 
des  Locustidx.  Quant  aux  grappes  latérales,  elles  sont  encore 
moins  volumineuses  et  moins  compactes  que  la  grappe  in- 
férieure el  leurs  lobules  moins  espacés.  Chacune  d'elles 
est  pourvue  d'un  canal  excréteur  qui,  après  avoir  contourné 
l'œsophage,  va  s'ouvrir  dans  un  des  canaux  inférieurs.  Ces 
derniers  finissent  même  par  se  fusionner  en  un  seul  conduit 
débouchant  dans  le  réservoir  salivatre.  Celui-ci  affecte  la 
forme  d'un  long  tube  cylindrique  plissé  et  à  diamètre  ir- 
régulier. Le  reste  de  l'organe  présente  les  mêmes  carac- 
tères que  ceux  que  nous  allons  décrire  chez  les  Péripla- 
nètes. 

h'appareil  digestif  de  la  Blabera  giganlea  est  caractérisé 
par  l'énorme  développement  du  jabot,  ta  réduction  considé- 
rable et  l'atrophie  du  gésier,  ainsi  que  par  la  longueur  et 
les  nombreuses  circonvolutions  que  présentent  les  intestins 
moyen  et  postérieur  (V.  PI.  IV,  fig.  2).  Chez  la  Blabera 
atrofios,  le  tube  digestif  présente  à  peu  près  la  même  cou- 
formation  que  dans  l'espèce  précédente  et  les  tubes  de 
Malpighi  sont  groupés  en    un  faisceau  unique  (V.  PI.  III, 

fig.  1). 

Le  pharynx  et  Yœsophage  des  Blabera  sont  courts  et  cy- 
lindriques. Le  dernier  va  progressivement  en  s'élargissant  et 
passe  ainsi  au  jabot  sans  transition  et  sans  ligne  de  démar- 
cation apparente. 

La  Blabera  giganlea  possède  un  jabot  volumineux  et  sacci- 
forme,  à  parois  minces  et  transparentes,  occupant  toute  la 
région  médiane  du  thorax  et  la  partie  antérieure  de  l'abdo- 
men, jusqu'au  troisième  segment.  Il  repose  sur  le  système 
nerveux,  dont  les  ganglions  sont  concentrés  dans  la  région 
thoracique  et  sur  la  grappe  médiane  des  glandes  salivaires. 
La  face  interne  de  l'organe  est  généralement  lisse  ou  par- 
courue par  de  fines  slrialions  longitudinales.  —  Chez  la 


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APPAREIL    DIGESTIF    DES    ORTHOPTÈRES.  45 

Slabera  atropos,  le  jabot  est  sensiblement  aplati  et  asymé- 
trique par  rapport  &  l'axe  du  thorax .  Il  est  déjeté  sur  le  côté 
et  présente  un  boursouflement  latéral.  Sa  paroi  externe  est 
tisse,  mais  l'inlerne  présente  une  série  de  bandelettes  longi- 
tudinales irréguliéres,  plissées  transversalement,  feelonnées 
et  séparées  les  unes  des  autres  par  des  sillons  parallèles. 
L'extrémité  postérieure  de  l'organe  présente  un  léger 
bourrelet  portant  une  série  de  replis  limitant  un  orifice  très 
étroit.  Ce  bourrelet  annulaire,  qui  se  contracte  ou  se  dilate 
au  gré  de  l'animal,  joue  le  rôle  de  valvule  et  règle  le  passage 
des  aliments  du  jabot  dans  le  gésier. 

Le  gésier,  ainsi  que  nous  l'avons  déj&  constaté  chez  plu- 
sieurs genres  de  la  Tamille  des  Blatlidœ,  est,  chez  ta  Bla- 
bera  gigantea,  extrêmement  simple  {V.  PI.  IV,  fig.  2).  Il 
affecte  la  forme  d'un  petit  corps  ovoïde  mesurant  à  peine 
3'*, 5  de  diamètre  et  soudé  directement  à  la  partie  posté- 
rieure du  jabot.  Les  parois  de  l'organe  sont  peu  épaisses 
comparativement  à  celles  des  aulres  espèces  de  l'ordre  des 
Orthoptères.  Elles  sont  pourvues  de  deux  couches  muscu- 
laires et  présentent,  à  leur  intérieur,  six  plissements  longi- 
tudinaux, de  forme  triangulaire,  dirigés  d'avant  en  arrière 
et  séparés  par  de  larges  sillons  parallèles.  Le  fond  de  ces 
sillons  porte  un  bourrelet  peu  accentué.  C'est  au  sommet 
des  replis  dont  nous  venons  de  parler  que  se  dressent  les 
dents  destinées  à  effectuer  la  Irituralion  des  aliments.  Cha- 
cune d'elles  occupe  l'origine  du  repli  ou  bourrelet  musculeux 
que  nous  avons  décrit  et  affecte  la  forme  d'un  petit  tubercule 
cbilineux,  légèrement  concave,  à  pointe  acérée,  de  couleur 
noir  foncé  et  dirigée  en  arrière  (V.  PI.  III,  fig.  8).  Laté- 
ralement, ce  tubercule  dentiforme  présente  quelques  pointes 
très  courtes.  De  chaque  côté  de  la  pointe  médiane  existent 
deux  autres  tubercules,  généralement  courts  et  de  forme 
triangulaire.  A  la  suite  de  chaque  dent  vient  le  repli  rectan- 
gulaire dont  nous  avons  parlé.  Cetle  armature  masticatrice 
est  tout  à  fait  rudimenfaire  comparativement  à  celle  des 
Gryllidte  et  se  rapproche,  par  plus  d'un  côlé,  de  celle  que 


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46  Mi.   BOBDA«. 

nous  avoDs  décrite  chez  les  Ferficiila  el  les  Anechura.  L'ori- 
fice postérieur  est  très  étroit  et  se  trouve  fermé  par  une 
valvule  à  six  branches,  dont  chacune  d'elles  n'est  que  le 
prolongement  d'un  bourrelet  du  gésier.  Ce  dernier  est 
rallaché  à  la  partie  antérieure  de  l'Inlestin  moyen  par  un 
pédoncule  cylindrique  très  court.  Le  génier  de  la  Blabera 
alropos  [V.  PI.  Ht,  Bg.  4)  est  tout  à  fait  rudimentaire.  Il  se 
confond  avec  la  portion  postérieure  rétrécie  du  jabot  et  se 
présente  sous  forme  de  pédicule,  légèrement  ronflé  en  son 
milieu,  servant  ainsi  de  pont  entre  l'intestin  moyen  el  le 
jabot.  Au  point  de  vue  de  sa  structure,  on  constate  pourlant 
une  certaine  différence  avec  ce  dernier  organe  :  ses  parois, 
en  effet,  sont  beaucoup  plus  épaisses  et  parcourues  inté- 
rieurement, suivant  sa  longueur,  par  six  colonnes  ou  replis 
musculaires  épais,  séparés  les  uns  des  autres  par  de  larges 
dépressions.  C'est  à  la  partie  antérieure  do  ces  longs  bourre- 
lets internes  et  tout  près  de  la  valvule  circulaire  qui  limite 
rorifice  postérieur  du  jabot,  que  se  dressent  six  petites 
dents,  une  à  l'origine  de  chaque  bourrelet  {V.  Pi.  111,  tig.4}. 
Ces  petits  tubercules  chilineux  sont  encore  moins  développés 
que  chez  la  Blabera  gigantea.  Ils  affectent  la  forme  d'une 
petite  curette,  concave  en  arrière,  convexe  en  avant,  munie 
d'une  pointe  médiane  recourbée  en  crochet  et  de  deux 
pointes  latérales  très  coui'tes.  A  la  partie  antérieure  du 
jabot,  dans  la  large  mais  peu  profonde  dépression  qui  sé- 
pare deux  bourrelels  consécutifs,  se  dresse  un  bourrelet  in- 
termédiaire dont  la  longueur  atteint  à  peine  la  moitié  de 
celle  que  présentent  les  six  replis  principaux  dont  nous  ve- 
nons de  parler.  Enfin,  comme  dans  l'espèce  précédente,  le 
gésier  se  prolonge,  dans  l'axe  de  l'intestin,  par  un  pédun- 
cule,  longde  2  à  3  millimètres,  dont  la  disposition  est  de 
tout  point  comparable  à  celle  des  Blattes  et  des  Péri- 
planètes. 

Les  Blabera  giganiea  possèdent  un  intestin  mogen  unique- 
ment localisé  dans  une  partie  fort  restreinte  médio-abdomi- 
oale  (V.  PI.  IV,   fig.  2).  C'est  un  organe  cylindrique,  lisse 


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APPAREIL   DIGESTIF    DES   ORTHOPTÈRES.  47 

extérieurement  el  décrivant  trois  circonvolutions  à  direction 
presque  perpendiculaire  à  l'axe  du  corps  de  l'insecte.  C'est 
à  son  exlrémilé  antérieure  que  viennent  déboucher,  suivant 
une  ligne  circulaire,  huit  appendices  inteslinatix,  fort  longs, 
mais  beaucoup  plus  étroits  que  ceux  des  Polyzosteria  dont 
nous  allons  parler  au  paragraphe  suivant.  Leur  longueur 
est  des  plus  variables  :  les  uns  alteignenl  jusqu'à  2  centi- 
mètres de  long,  tandis  que  d'autres  mesurenf  à  peine  8  mil- 
limètres. Les  circonvolutions  intestinales  sont  très  serrées, 
très  compactes  el  n'occupent  qu'un  espace  fort  restreint  de 
l'abdomen.  De  l'intestin  moyen  de  la  Blabera  alropos,  nous 
n'aurons  que  fort  peu  de  chose  à  dire,  attendu  que  sa 
structure  et  sa  disposition  sont  à  peu  près  identiques  <i 
celles  de  l'intestin  de  la  Blabera  gigantea.  Son  exlrémilé 
antérieure  est  élargie  et  reçoit  huit  appendices  intestinaux 
longs,  minces  et  flexueux.  L'organe  décrit  ensuite  trois  cir- 
convolutions et  se  trouve  séparé  de  l'intestin  postérieur  par 
un  bourrelet  annulaire,  jouant  le  rôle  de  valvule. 

Les  tuàes  de  Malpighi  de  la  Blabera  t/igantea,  au  nombre 
de  50  à  60,  viennent  déboucher  k  l'extrémité  antérieure  de 
l'intestin  lerminal  et  forment  une  touiïe  très  serrée  enve- 
loppant la  dernière  partie  des  circonvolutions  de  cet  organe 
(V.  PI.  IV,  fig.  2).  Leur  mode  d'embouchure  dans  l'intestin 
est  lout  à  fait  caractéristique  et  bien  dilTérent  de  ce  qui 
existe  chez  la  plupart  des  autres  Blattidœ.  Ces  organes,  en 
effet,  au  lieu  d'être  disposésen  plusieurs  faisceaux,  ont  leurs 
points  d'embouchure  concentrés  suivant  une  plage  régulière, 
ne  comprenant  que  les  2/5  environ  de  la  circonférence  in- 
testinale. —  Chez  les  Blabera  alropos,  c'est  sar  une  partie  du 
bourrelel  situé  à  l'origine  de  l'intestin  terminal  (V.  PI.  III, 
(ig.  1)  et  sur  un  espace  ovoïde  et  très  restreint  que  viennent 
déboucher  les  tubes  de  Matpighi.  Or,  dans  ce  genre,  on 
peut  constater  deux  dispositions  qui  sont  également  intéres- 
santes l'une  et  l'autre  :  tantôt,  en  effet,  tous  les  tubes  vont 
s'ouvrir  directement  sur  un  tubercule  aplati  et  ovoïde,  mais 
très  court;  tantôt,  au  contraire,  on  constate  l'existence  de 


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deux  divertîcules,  à  sommet  conique,  sur  les  faces  desquels 
débouchent  les  organes  urinaires,  disposés  ainsi  en  un  double 
faisceau.  Quelquefois  aussi,  deux  tubes  de  Malpighi,  avant 
de  s'ouvrir  dans  l'intestin,  se  soudent  en  un  tube  unique 
très  court.  Cette  disposition,  fort  instruclive,  peut  être 
considérée  comme  une  forme  intermédiaire  entre  le  mode 
d'embouchure  qu'affectent  les  tubes  uriques  chez  les  Gryllidx 
et  chez  les  Blattidx  dont  nous  allons  maintenant  nous  occuper 
(Blattes  et  Périplanèles). 

h'intestin  postérieur  de  la  Blabera  gigantea,  dont  la  lon- 
gueur est  presque  égale  à  celle  de  l'intestin  moyen,  com- 
prend trois  parties  nettement  distinctes  quant  à  leurs  di- 
mensions, et  qui  sont  :  i'  une  partie  antérieure,  cylindrique 
et  sinueuse  ;  t°  une  région  médiane,  faisant  suite  à  la  pre- 
mière, élargie,  boursouflée  extérieurement  et  plissée  à  l'in- 
térieur; et  3'  une  porlion  terminale  ovoïde,  consliluanl  le 
rectum.  Ce  dernier  organe  est  précédé  d'un  pédoncule  an- 
térieur  très  étroit  qui  se  continue  avec  la  région  médio- 
intestinale  boursouflée.  A  la  surface  du  rectum  exisleot  six 
bandelettes  longiludinales,  fusiformes,  qui  sont,  ainsi  que 
nous  l'avons  déjà  dit,  les  homologues  des  glandes  rectales 
des  Hyménoptères. 

En  HËSUMÉ,ce  qui  caractérise  l'appareil  digestif  des  £/a- 
àera,  c'est  l'énorme  développement  du  jabot,  la  forme  simple 
el  rudimenlaire  du  gésier,  avec  l'atrophie  presque  complète 
de  l'appareil  masticaleur  ef  les  divisions  très  nettes  qu'aifecte 
l'intestin  terminal  :  portion  antérieure,  sinueuse,  courte  et 
rélrécie,  el  portion  postérieure  renflée,  plissée  et  fusiforme. 

TROISIftHE  SECTION,  —  Polrsosteria  limbata. 

(V.  PI.  IV,  flg.  1,5  et  8.) 

Nous  avons  également  étudié  Vappareil  digestif  d'une 
Blattid^,  la  Polyzosteria  limbata,  de  taille  gigantesque 
comparativement  à  nos  espèces  indigènes.  Cet  échantillon 
avait  les  dimensions  suivantes  :  longueur,  62  millimètres  ; 


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\PPAIIE(L    DIGESTIF    DBS    ORTHOPTÈRES.  49 

largeur,  prise  au  deuxième  segment  abdominal,  22  milli- 
mètres. Le  tube  digestif,  complètement  développé,  mesurait 
127  milliraèlres  de  long.  Chez  cette  espèce,  l'organe  de  la 
digestion  reproduit,  dans  ses  grands  traits,  celui  des  Blat- 
lidœ  en  général  et  surtout  des  Blabera.  Il  ditîère  pourtant 
de  celui  des  Périplanèles  par  la  longueur  considérable  de 
l'intestin  moyen,  la  réduction  de  l'iatestin  terminal  et  par  la 
forme  toute  particulière  qu'affectent  les  cœçums  ou  appen~ 
dicex  intestinaux^  qui  sont,  en  général,  très  longs  et  dont  la 
plupart  atteignent  un  diamètre  égal  aux  2/3  de  celui  de 
l'intestin  moyen  (V.  PI.  IV,  fig.  t). 

h&pharynx  est  excessivement  réduit  comparativement  aux 
autres  parties  du  tube  digestif.  C'est  un  organe  aplati,  de 
forme  trapézoïdale,  à  parois  épaisses  et  musculaires,  sur 
lesquelles  viennent  s'insérer  de  nombreux  muscles  destinés 
&  le  maiotenir  dans  une  position  Hxe. 

'Uœsophage,  comme  dans  toutes  les  autres  espèces,  est  un 
tube  court  et  peu  apparent,  compris  entre  le  jabot  et  te 
pharynx.  Sa  structure  est  à  peu  près  identique  à  celle  de  ce 
dernier. 

Le  jabot  atîecte  la  forme  d'un  vaste  réservoir  piriforme 
occupant  les  2/3  antérieurs  de  la  capacité  Ihoracique.  Il  est 
situé  au-dessus  du  système  nerveux  et  de  lagrappe  médiane 
des  glandes  salivaires.  Les  gros  faisceaux  musculaires  mo- 
teurs des  appendices  thoraciques  l'entourent  latéralement. 
Il  se  dilate  progressivement  d'avant  en  arrière  et  n'atteint 
son  diamètre  maximum  qu'à  l'origine  du  métathorax.  Ses 
dimensions  diminuent  ensuite  et  l'organe  finit  par  ne  plus 
constituer  qu'un  court  pédicule  terminal  se  rattachant  au 
gésier.  Ses  parois  externes  sont  lisses  et  les  internes  pré- 
sentent une  série  de  fines  striations  longitudinales  irrégu- 
lières, anastomosées  entre  elles  et  séparées  par  des  sillons 
parallèles  peu  'profonds. 

A  la  suite  du  jabot  vient  le  gésier,  organe  puissant  et  ad- 
mirablement conformé  pour  la  mastication  des  aliments. 
{V.  PI.  IV,  fig.  5).  Il  a,  comme  chez  les  espèces  (Blattes  et 

AUN,    se.    XAT.    ZOOL.  V,    4 


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SO  !•■   BOBBAK. 

Périplanëles)  que  nous  allons  étudier  maintenaol,  la  forme 
d'un  cône  à  sommet  dirigé  en  arrière.  La  base  est  irrégu- 
lièrement circulaire  et  légèrement  concave.  Sa  face  externe 
est  à  peu  près  lisse,  mais  présente,  vers  sa  partie  moyenue, 
un  sillon  circulaire  peu  profond  qui  semble  la  diviser 
en  deux  parties  :  l'une  antérieure  tronconique  et  l'autre 
postérieure  conique.  C'est  au  milieu  de  la  base  que  vient 
s'insérer  un  court,  mais  large  tubercule  faisant  suite  au 
jabot.  La  paroi  interne  de  ce  pédoncule  est  pourvue  d'une 
série  de  replis  qui  vont  converger  vers  un  bourrelet  mar- 
quant l'origine  du  gésier.  Cet  organe  est,  chez  la  Polyzos' 
teria,  bien  plus  développé  et  plus  complexe  que  celui  des 
Blabera  ;  il  présente  cependant  un  certain  nombre  de  carac- 
tères qui,  dans  leur  ensemble,  rappellent  ceux  des  Blattes, 
tnais  qui  en  diffèrent  pourtant  par  la  puissance  extraordi- 
naire et  la  conformation  de  leur  armature  masticatrice.  Les 
parois  du  gésier  comprennent  une  double  couche  très  épaisse 
de  libres  musculaires,  et  c'est  sur  la  coucbe  interne  que  sont 
appliquées  six  fortes  dents  disposées  en  cercle  suivant  six 
séries  longitudinales.  Chaque  dent  affecte  une  forme  pris- 
matique et  est  pourvue  d'un  bord  tranchant,  tourné  vers 
l'axe  du  gésier.  La  forme  de  ce  bord  varie  à  l'infini  et  pré- 
sente, tantôt  l'apparence  d'une  lame  régulière  et  tranchante, 
tantôt  celle  d'une  lame  courbe  ;  tantôt,  au  contraire,  ce  bord 
est  pourvu  d'une  série  de  tubercules  droits,  crochus  ou  re- 
courbés en  forme  de  bec  de  perroquet.  Ces  dents  reposent 
sur  la  paroi  interne  par  une  large  base  rectangulaire  et  sont 
recouvertes  d'une  épaisse  couche  chitineuse  de  couleur  noir 
foncé.  Au-dessous  de  chacune  des  dents  que  nous  venons  de 
décrire,  et  séparé  d'elles  par  une  profonde  dépression  trans- 
versale, existe  de  même  un  gros  tubercule  musculaire,  à 
sommet  élargi  et  plissé  (V.  PI.  IV,  fig.  5).  Entre  deux  dents 
consécutives,  la  paroi  interne  supporte  une  Série  de  tigelles 
cornées,  rectîlignes,  non  adjacentes  les  unes  aux  autres  et 
comparables  aux  denlicules  que  nous  allons  décrire  chez  les 
Blaftes,  mais  beaucoup  moins  accentuées  que  chez  ces  der- 


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APPAREIL    DIQBSTIF    DES  ORTHOPTÈRES.  51 

nières.  En  résumé,  ce  qui  domine  dans  la  structure  du  gé- 
sier des  Polyzosleria  et  ce  qui  en  fait  un  appareil  masticateur 
et  broyeur  de  premier  ordre,  c'est  la  présence  et  la  confor- 
mation des  six  dents  que  nous  venons  de  décrire.  Grftce  à 
elles  et  aux  nombreux  faisceaux  musculaires  qui  constituent 
la  paroi  de  l'organe,  les  substances  alimentaires  envoyées 
par  le  jabot  sont  triturées  en  menus  morceaux  et  deviennent 
aptes  k  être  imbibées  par  les  sucs  digestifs  sécrétés  par  Tin- 
teslin  moyen.  Soumises  aux  actions  chimiques  de  ces  sucs, 
elles  sont  finalement  absorbées. 

L'extrémité  postérieure  du  gésier  est  pourvue  d'une  val- 
vule étoilée  à  six  branches  et  se  continue  par  un  appendice 
cylindrique  qui  se  prolonge  dans  l'axe  de  la  partie  antérieure 
de  l'intestin  moyen,  affectant  ainsi  la  forme  d'un  tube  co- 
nique très  court.  Nous  allons  retrouver,  chez  les  Péripia- 
nèles,  cette  disposition  tout  à  fait  remarquable. 

Le  trait  caractéristique  de  Vinlestin  moyen  des  Polyzos~ 
leria  limbala  (V.  PI.  IV,  fig.  1),  c'est  sa  longueur,  ses  nom- 
breux replis  et  sa  forme  régulièrement  cylindrique.  A  sa 
partie  antérieure  viennent  déboucher  les  huit  appendices  in- 
testinaux, si  typiques  et  si  remarquables  chez  les  Blattidae. 
Ceux  de  la  Polyzosleria  sont  remarquables  par  leur  longueur 
excessive,  certains  mesurant  jusqu'à  3  ccntimëtres.  Ils  sont 
cylindriques,  sinueux  et  d'inégale  dimension.  Leur  embou- 
chure dans  t'inleslin  moyen  se  fait  à  la  même  hauteur  et 
suivant  une  ligne  circulaire.  La  structure  de  ces  appendices 
est  identique  à  celle  de  la  première  partie  de  l'intestin 
moyen.  Ils  comprennent  deux  couches  musculaires  el  une 
membrane  interne  glandulaire.  Leur  face  externe  est  par- 
courue par  de  nombreux  faisceaux  trachéens.  Le  reste  de 
rinleslin  moyen  affecte  la  forme  d'un  lube  à  peu  près  uni- 
formément cylindrique  et  à  parois  lisses.  Il  décrit  trois  cir< 
convolulions,  dont  les  deux  dernières  sont  recouvertes  par 
des  touffes  de  tubes  de  Malpighi.  Ces  derniers,  insérés  & 
l'origine  de  l'inlestin  terminal,  sont  généralement  courts, 
minces,  flexueux  et  groupés  en  six  faisceaux  disposés  en 


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S2  1..   BMDAS. 

cercle  autour  de  l'inlesUn.  Cette  disposition  plurifaaciculée, 
que  nous  alloDs  retrouver  chez  les  Blattes  et  les  Périplanètes, 
n'est  pas  constante  dans  la  famille  que  nous  étudions.  Nous 
avons  vu,  en  effet,  que  chez  les  Blabera,  les  Epilampra.etc, 
le  nombre  des  faisceaux  est  beaucoup  plus  restreint. 

L'intesiin  postérieur,  séparé  de  l'intestin  moyen  par  un 
bourrelet  annulaire  jouant  le  rûle  de  valvule,  n'égale  à  peu 
près  que  le  liera  de  ta  longueur  de  ce  dernier  (V.  PI.  IV, 
fig.  1}.  Sa  première  partie  est  cylindrique  et  étroite,  mais 
elle  ne  tarde  pas  à  se  dilater  et  à  former  une  masse  ovoïde 
et  courte  où  se  rassemblent  les  détritus  organiques  destinés 
k  être  expulsés  au  dehors.  C'est  dans  cette  portion,  au  mi- 
lieu d'une  masse  de  matières  stercorales,  que  nous  avons 
rencontré  une  grande  quantité  de  Nématodes,  longs  de  12  à 
16  centimètres.  L'organe  se  rétrécit  de  nouveau  pour  s'é- 
largir ensuite  et  former  le  rectum.  Ce  dernier,  peu  volumi- 
neux, va  s'ouvrir  au  dehors  par  l'orifice  anal,  situé  au-dessus 
de  l'orifice  génital  et  recouvert  par  une  lamelle  aplatie  ter- 
minant le  dernier  segment  abdominal.  —  En  RÉSUME, ce  qui 
caractérise  l'appareil  digestif  des  Polyzosteria,  c'est  la  lon- 
gueur considérable  de  l'intestin  moyen,  de  ses  appendices 
antérieurs  et  la  forme  toute  spéciale  que  présentent  les 
dents  du  gésier,  faisant  de  ce  dernier  organe  un  appareil 
masticateur  d'une  très  grande  puissance  (V.  PI.  IV, 
fig.  1,  Set  8). 

QDATRIÉHE  SECTION.  —  Perlplaneta  amerloana. 

P«r.  orientalls.  —  P«r.  atutraiftsi».  —  Blatta  gaFinaittca.  — 

Bl.  madem,  etc. 

(V.  PI.  IV,  flg.  2,  3,  4,  6,  -;  PI.  V,  Hg.  1.) 

Glandes  salivaires.  —  Plusieurs  zoologisles,  en  faisant 
l'anatomie  de  quelques  Orthoplères,  ont  décrit  1res  succinc- 
tement les  glandes  salivaires  des  Blattidx.  Pourtant,  Ram- 
dohr  et  Marcel  de  Serres,  qui  les  premiers  ont  publié  des 
observations  anatomiques  sur  la  Blatta  orientalix,  ne  parlent 
pas  de  ses  organes  salivaires.  L.  Dufour,  en  1834  (V.  M(- 


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APPAREIL   DIGESTIF   DES   ORTHOPTÈRES.  53 

moires  de  r Académie  des  sciences,  t.  Vd,  1841)  dit,  en  parlant 
(le  la  même  espèce,  que  les  glandes  salîvaires  consistent, 
pour  chaque  côté,  en  une  double  ou  parfois  triple  grappe 
d'innombrables  sachets  ovataires  d'un  blanc  opaloïde,  plus 
ou  moins  conligus.  De  ces  grappes,  l'une,  bien  plus  grande 
que  l'autre,  forme  le  corps  principal  de  la  glande  et  s'eo- 
foncejusque  vers  le  milieu  du  thorax,  au-dessous  du  canal 
alimentaire,  of)  elle  est  maintenue  par  d'innombrables  tra- 
chées. Les  canaux  efTérenls  se  réunissent,  avant  de  pénétrer 
dans  la  lêle,  en  un  seul  canal  ou  Ironc  commun. 

Plus  récemment  encore,  en  1887,  Hofer  Bruno  a  fait  une 
étude  très  minutieuse  de  la  structure  des  glaades  salivaires 
do  la  Blatta  germanica  et  de  leur  innervation.  L'auteur  a 
étudié,  d'une  façon  toute  spéciale,  les  muscles  qui  passent 
sous  l'œsophage  et  servent  k  faire  contracter  les  réservoirs 
salivaires.  Il  a  fait  ensuite,  dans  la  seconde  partie  de  son 
mémoire,  l'histologie  des  glandes  et  cherché  à  connatlre  le 
mécanisme  intime  de  la  sécrétion  salivaire.  11  a  consacré, 
en  outre,  plusieurs  pages  à  l'étude  de  la  distribution  des 
nerfs  dans  les  glandes  et  confirmé  ainsi  les  observations  de 
KupfTer,  qui  avait,  le  premier,  constaté  que  les  filets  nerveux 
pénètrent  réellement  dans  les  cellules  glandulaires. 

Dans  l'étude  que  nous  allons  poursuivre,  nous  allons  dé- 
crire sommairement  les  glandes  salivaires  de  plusieurs  es- 
pèces de  Périplanèles  {Periplanela  ame/icana,  Per.  orienta^ 
lis,  etc.),  en  nous  attachant  surlout  à  relever  plusieurs 
erreurs,  ainsi  qu'un  certain  nombre  de  points  d'anatomie, 
qui  avaient  échappé  aux  zoologistes  précédents. 

Le% glandes sulicaires  delà  Periplanela  americana{\ .  PI. IV, 
(ig.  3)  sont  très  volumineuses  et  acquièrent  surtout  leur 
maximum  de  développement  chez  les  espèces  femelles. 
Elles  sont  situées  dans  le  thorax  et  forment  trois  faisceaux 
principaux  entourant  parfois  complètement  une  portion  de 
l'œsophage  et  l'extrémité  antérieure  du  jabot.  Parmi  ces 
faisceaux  ou  groupes  glandulaires,  les  plus  importants  sont 
ceux  qui  sont  disposés  latéralement  et  que  nous  allons  tout 


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54  li.  ■•HDAS. 

d'abord  décrire.  Les  Faisceaux  latéraux  onl  leur  surface  ex- 
terne légèrement  convexe  et  ne  présentant  que  fort  peu 
d'irrégularités.  Ils  sont  recouverls  par  du  lissu  adipeux  et 
par  les  muscles  moteurs  des  ailes  et  des  pattes.  Dans  l'es- 
pace compris  entre  les  deux  premiers  segments  tboraciques 
{pro  et  mésot/torax),  chacun  d'eux  émet  un  prolongement 
latéral  passant  au-dessus  de  l'œsophage  et  le  recouvrant 
complètement  sur  une  Taible  étendue.  La  fusion  des  deux 
massifs  glandulaires  n'est  jamais  complète,  attendu  qu'il 
suffïl  d'une  légère  traction  pour  les  écarter.  Les  deux 
grappes  glandulaires  se  séparent  ensuite  de  nouveau,  lais- 
sant encore  à  nu  la  face  supérieure  oesophagienne,  et  vont  se 
terminer  en  languette  à  la  partie  antérieure  du  mélathorax. 
Il  résulte  de  cette  disposition  que  chaque  lobe  glandulaire, 
vu  par  sa  face  supérieure,  présente  la  forme  d'un  losange 
très  allongé.  La  face  interne  des  grappes  glandulaires  laté- 
rales est  concave  et  s'applique  directement  contre  les  parois 
de  l'œsophage  et  celles  du  jabot.  Cette  face  est  lisse  et  ne  pré- 
sente d'autres  irrégularités  que  celles  imprimées  par  les 
canaux  excréteurs  qui  sont,  sur  ce  côté,  très  apparents.  Tous 
les  conduits  excréteurs  partent  du  côté  interne  et  vont  s'ou- 
vrir directement  dans  un  canal  collecteur  large  et  irrégulier. 
Ce  dernier  chemine  sous  le  tube  digestif,  un  peu  au-dessus  et 
sur  le  côté  de  la  chaîne  ganglionnaire  nerveuse.  Le  côté  in- 
terne du  canal  collecteur  ne  reçoit  aucun  conduit  excréteur, 
sauf  celui  qui  provient  du  lobule  glandulaire  médian,  lequel 
va  s'ouvrir  à  l'extrémité  postérieure  du  canal,  peu  après  sa 
sortie  du  massif  sécréteur  latéral.  Les  canaux  collecteurs, 
au  nombre  de  deux  seulement,  l'un  droit  et  l'autre  gauche, 
reçoivent^  chemin  faisant,  quatre  ou  cinq  conduits  efférents 
provenant  des  divers  lobules  de  chaque  grappe  latérale. 
Arrivés  dans  la  région  médiane  du  prothorax,  ils  deviennent 
libres,  prennent  une  forme  régulièrement  cylindrique  et  pé- 
nètrent dans  la  télé  en  passant  sous  un  arceau  cbitineux  qui 
soulienll 'œsophage,  lisse  rapprochentensuitcl'un  det'autre, 
se  fusionnent  et  forment  finalement  un  conduit  unique  très 


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APPAREIL   DIGESTIF   DBS   ORTHOPTÈRES.  55 

court  qui  va  s'ouvrir  à  la  face  supérieure  du  réservoir  ou 
conduit  elîérent  impair,  provenant  de  la  fusion  des  deux  ré- 
servoirs salivaires  latéraux  (V.  Pi.  IV,  fig.  3).  Les  réservoirs 
salivaires  sont  constitués  par  des  tubes  allongés,  tortueux,  à 
parois  minces  et  iransparenles,  s'élendant  au  loin,  en  arrière, 
jusqu'au  deuxième  segment  thoracique.  Ils  sont  pourvus 
intérieurement  d'une  série  d'anneaux  chitineux  qui  leur  don- 
nent l'apparence  d'une  grosse  trachée.  Liiurs  dimensions 
sont  plus  ou  moins  considérables,  suivant  la  quantité  plus 
ou  moins  grande  de  salive  qu'ils  contiennent.  Arrivés  dans 
la  région  postérieure  céphalique,  ils  se  fusionnent  et  for- 
ment un  réservoir  unique  qui  va  s'ouvrir  en  avant  et  à  la 
partie  inférieure  de  l'orilice  buccal. 

Tube  digestif  {V.  PI.  V,  fig.  1).  —  Le  lube  digestif  Asi  la 
Blaiia  orientalis  a  déjà  été  très  sommairement  décrit  par 
L.  Dufour  et  par  GrifGths.  Ce  dernier  auteur  s'est  surtout 
occupé  de  la  partie  physiologique.  La  description  qui  va 
suivre,  faite  sur  la  Periplàneta  americana  et  la  Per.  orien- 
tons, a  pour  but  de  rectifier  certains  points  d'analomie  qui 
ont  échappé  aux  premiers  zoologistes,  et  surtout  de  per- 
meltrede  faire  une  étude  d'ensemble  de  f  organe  de  la  di- 
gestion des  Blaltidse. 

Le  pharynx  de  la  Periplàneta  americana  commence  en 
avant  des  mandibules  et  présente  la  forme  d'un  lube  cylin- 
drique, assez  court,  allant  s'ouvrir  dans  l'œsophage,  vers  la 
partie  postérieure  de  la  tête.  Ses  parois  sont  épaisses,  mus- 
culaires et  présentent  une  face  interne  lisse  en  général,  ou 
parfois  parcourue  par  de  légères  stries  longitudinales.  La 
face  externe  est  irrégulière  et  sert  de  point  d'attache  h.  de 
nombreux  muscles  permettant  d'effecluer  facilement  la  con- 
traction ou  la  dilatation  de  l'organe.  Les  faisceaux  muscu- 
laires postérieurs  sont  disposés  circulairemenl  sur  une  cer- 
taine étendue  de  la  portion  terminale  du  pharynx.  L'appareil 
digestif  de  la  Periplàneta  orientalis  présente  à  peu  près  la 
même  disposition  que  celui  de  l'espèce  précédente.  Les 
glandes  salivaires  sont  bien  développées  et  constituées  par 


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56 

deux  grappes  aplalies,  ne  recouvrant  que  les  parois  latérales 
de  Tœsophage.  Elles  se  réunissent  sur  la  face  inférieure  du 
thorax,  où  elles  forment  une  lamelle  courbe,  sur  laquelle 
passe  la  portion  antérieure  du  tube  digestif.  Ce  qui  caracté- 
rise surtout  l'appareil  salivaire  de  la  Blatte,  c'est  l'énorme 
développement  des  réservoirs  salivaires  qui,  chez  l'espèce 
actuelle,  présentent,  à  l'état  de  vacuité,  la  forme  de  deux 
tubes  aplatis,  à  parois  minces  et  transparentes.  Leur  extré- 
mité dislale,  qui  dépasse  légèrement  le  bord  postérieur  des 
glandes,  esl  terminée  par  un  cœcum  iiémisphérique. 

Le  pharynx  et  Vœsophage  des  Periplaneta  orientalis  ne 
présentent  aucune  particularité  digne  d'élre  signalée.  Ce 
dernier  organe  est  pourtant,  chez  celle  espèce,  plus  long 
que  chez  la  Per.  amerkana. 

h'œsophage  de  la  Periplaneta  amerkana  est  un  tube  court 
et  cylindrique,  servant  de  trait  d'union  entre  le  jabot  et  le 
pharynx.  Sa  paroi  externe  est  lisse  et  recouverte  par  les 
faisceaux  musculaires  thoraciqueâ  et  par  de  nombreux  tubes 
trachéens.  Arrivé  vers  le  tiers  postérieur  du  prothorax,  il 
s'élargit  brusquement  et  se  continue  par  le  jabot. 

Le  jabot  est,  sans  conkredit,  la  partie  la  plus  importanle 
et  la  plus  volumineuse  de  l'appareil  digestif  des  Péripla- 
nètes.  C'est  un  sac  allongé,  piriforme.  étalé  latéralement  et 
étendu  du  prothorax  aux  deux  premiers  segments  abdomi- 
naux. Ses  dimensions,  variables  suivant  les  individus,  sont 
comprises  entre  8  à  10  millimètres  de  longueur,  sur  3  à 
5  millimètres  de  large.  Son  extrémité  antérieure,  dont  le 
diamètre  est  tout  d'abord  le  même  que  celui  de  l'œsophage, 
s'élargit  brusquement  et  esl  recouverle,  de  chaque  côté,  par 
les  deux  grappes  latérales  des  glandes  salivaires.  Arrivé  à  la 
partie  postérieure  du  mélalhorax,  il  se  rétrécit  brusquement 
et  forme  une  sorte  de  pédoncule  dont  les  dimensions  sont 
égales  au  liers  du  plus  grand  diamètre  du  jabot.  Ce  pédon- 
cule, après  un  trajet  de  2  à  3  millimètres,  va  s'unir  à  ta  por- 
tion suivante  du  tube  digestif  appelée  gésier. 

Les  parois  externes  dujabot  de  la/*f/*.  amerkana  {V.  PI.  IV, 


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APPAREIL   DIGESTIF    DES    OIlTHOPTÈRES.  57 

Bg.  4)  sont  lisses  el  parcourues  par  de  nombreux  tubes  tra- 
chéens formant,  à  sa  surface,  une  série  souvent  très  étendue 
de  riches  arborisations.  Indépendamment  de  sa  couche  épi- 
Ihéliale  interne,  la  paroi  comprend  deux  épaisseurs  très 
nettes  de  fibres  musculaires  :  une  couche  longitudinale  et 
une  couche  circulaire,  qu'on  peut  facilement  séparer  en 
laissant  macérer  l'organe  dans  l'eau  pendant  deux  ou  trois 
jours,  ou  bien  en  le  faisant  séjourner  pendant  quelque  temps 
dans  l'alcool.  Mais,  si  la  face  externe  est  lisse  et  régulière, 
il  n'en  est  pas  de  même  de  la  face  interne  qui  présente  des 
irrégularités  intéressantes  à  signaler  (V.  PL  IV,  fig.  4).  Sa 
moitié  supérieure  est  lisse  et  ne  présente,  en  général,  aucun 
repli,  sauf  dans  sa  moilié  postérieure,  où  l'on  voit  apparaître 
quelques  légers  sillons  longitudinaux,  qui  ne  deviennent  bien 
nets  et  apparents  qu'à  l'origine  de  la  seconde  moitié  de  l'or- 
gane. Ces  plissements  longitudinaux,  au  nombre  de  60  à  80, 
s'accentuent  de  plus  en  plus  à  mesure  qu'ils  se  rapprochent 
du  gésier  et  vont  confluer  veri>  un  rebord  circulaire  qui 
marque  l'extrémité  postérieure  du  jabot  (V.  PI.  IV,  fig.  4). 
Les  replis  sont  irréguliers,  sinueux  et  présentent  entre  eux 
de  nombreuses  anastomoses.  Entre  deux  replis  ou  bourrelets 
consécutifs  existe  un  sillon  longitudinal,  également  très 
irrégulier.  Les  bourrelets  et  les  sillons  se  resserrent  à  mesure 
qu'ils  se  rapprochent  du  gésier.  Ils  vont  se  terminer  sur  un 
léger  bourrelet  annulaire,  à  la  suite  duquel  vient  une  rigole 
circulaire.  C'est  à  l'origine  de  celte  dernière  que  sont  im- 
plantées six  fortes  dents,  allongées  et  chilineuses,  consti- 
tuant l'armature  masticatrice  du  gésier.  Dans  l'espace  com~ 
pris  entre  deux  dents,  existeni  deux  denticules  triangulaires, 
disposées  parallèlement,  el  dont  le  rôle,  dans  l'acte  delà  mas- 
tication, me  parait  assez  effacé.  Les  fonctions  physiologiques 
du  jabot  sont  très  restreintes,  et  l'organe  se  borne  presque  uni- 
quement à  emmagasiner  les  aliments  au  fur  et  à  mesure  qu'ils 
sont  pris  par  l'insecte  et  à  régler  leur  passage  dans  le  gésier. 
C'est  dans  ce  dernier  organe  qu'ils  sont  broyés  et  triturés  par 
le  puissant  appareil  masticateur  qui  revêt  ses  parois  internes. 


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hejabol  de  )a  Periplanela  orimlalis  est  moi  as  développé 
que  celui  de  l'espèce  précédente.  C'est  un  organe  pirifurme, 
à  pointe  tournée  en  avant,  et  dont  la  grosse  lubérosilé  est 
dirigée  en  arrière.  Il  se  continue  par  un  très  court,  mais 
large  pédoncule  allant  se  fixer  au  gésier.  Les  parois  externes 
du  jabot  sont  tisses  quand  l'organe  est  distendu  par  les  ali- 
ments ;  mais,  à  l'état  de  vacuité,  elles  présentent  une  série 
de  plisloDgiludinaux.  La  Tace  interne  est  sinueuse  et  munie 
de  nombreuses  stries  séparées  par  des  bourrelets  irrégu- 
liers et  anastomosés  entre  eux. 

Le  gésier  de  la  Periplanela  americana  (V.  PI.  IV,  fig.  4 
et  6),  qui  Tait  directement  suite  au  jabot,  est  un  organe 
bien  moins  volumineux  que  ce  dernier  dont  la  sépare  un 
sillon  annulaire.  Il  est  situé  dans  le  troisième  segment 
abdominal  et  présente  les  dimensions  suivantes  :  longueur 
5  millimètres,  et  diamètre  transversal  de  4  à  5  millimètres. 
Sa  forme  est  conique,  avec  base  dirigée  eu  avant  et  som- 
met tourné  en  arrière.  Ses  parois  sont  épaisses,  muscu- 
laires et  leur  face  interne  est  garnie  d'une  puissante  ar- 
mature masticatrice  composée  de  six  dents,  dans  les 
intervalles  desquelles  existent  six  paires  de  denticules  apla- 
ties, accouplées  deux  à  deux  et  soudées  entre  elles  par 
leur  bord  interne.  Chaque  dent  repose,  sur  les  parois  du 
gésier,  par  une  base  rectangulaire  et  porte,  en  général,  sur 
son  bord  libre,  trois  tubercules.  Chacune  d'elles  présente 
une  coloration  jaune  pâle  vers  sa  base;  mais  celte  colora- 
tion s'accentue  progressi vendent  jusqu'à  l'extrémité,  où 
elle  prend  alors  une  teinte  noir  foncé.  Ces  dents,  au  nom- 
bre de  six,  sont  disposées  en  couronne  autour  de  l'or- 
gane. La  forme  de  chacune  d'elles  est  celle  d'un  tronc  de 
prisme  triangulaire,  à  face  supérieure  presque  normale 
à  la  paroi  interne  du  gésier  et  à  face  postérieure  oblique 
h  cette  même  paroi.  Chaque  dent  a  environ  1  millimètre 
de  longueur  sur  trois  quarts  de  millimètre  de  large.  Elle 
présente,  h  sa  partie  supérieure,  un  long  tubercule  coni- 
que, large  à  sa  base  et  poïotu  à  son  sommet.  Au-dessous 


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APPAREIL   DIGESTIF    DBS   ORTHOPTÈRES.  S9 

de  ce  dernier  existent  deux  autres  tubercules  semblables, 
mais  beaucoup  plus  petits.  Ils  lout  situés  dans  un  même 
plan  antéro-postérieur  que  le  premier  et  suivant  une  ligne 
extérieure  à  l'Iioriionlale  passant  par  le  sommet  du  gros 
tubercule.  Les  cinq  autres  dents  sont  de  tout  point  sem- 
blables à  celle  que  nous  venons  de  décrire,  et  l'ensemble 
est  disposé  suivant  un  anneau  circulaire,  situé  vers  la  base 
du  gésier.  La  grosse  dent  chilineuse,  dure  et  résistante, 
dont  nous  venons  de  parler,  est  séparée,  par  une  profondi; 
dépression  cunéiForme,  d'un  bourrelet  conique,  sorte  de 
dent  musculaire  recouverte,  sur  sa  face  supérieure,  d'une 
mince  enveloppe  cornée.  Ce  second  tubercule  a  la  forme 
d'une  pyramide  conique  et  présente  à  considérer  trois 
faces  :  une  face  supérieure  et  deux  faces  latérales  trian- 
gulaires. La  première  envoie  vers  le  centre,  ou  axe  du 
gésier,  un  petit  appendice  chitineux  et  recourbé  en  forme 
de  bec  de  perroquet.  Au-dessous  de  ce  tubercule  ou  dent 
secondaire,  existe  une  nouvelle  dépression  semblable  à  la 
précédente,  mais  bien  moins  profonde,  suivie  d'un  nou- 
veau tubercule  allongé,  cunéiforme,  présentant  son  bord 
tranchant  vers  l'axe  du  gésier  e(  disparaissant  peu  à  peu 
à  mesure  qu'il  se  rapproche  de  l'appendice  cylindrique 
qui  se  prolonge  dans  l'axe  de  la  partie  antérieure  de  l'in- 
testin moyen.  II  résulte,  de  cette  disposition,  que  nous 
avons  sur  chaque  rangée,  en  allant  d'avant  en  arrière, 
trois  sortes  de  dents,  dont  l'antérieure,  extrêmement  puis- 
sante, dépasse  de  beaucoup  en  dimension  les  deux  sui- 
vantes, qui  ne  doivent  jouer,  dans  l'exercice  de  la  masti- 
cation, qu'un  rôle  tout  à  fait  secondaire.  Ces  dents,  séparées 
par  de  profondes  dépressions,  présentent,  dans  leur  ensem- 
ble, la  forme  d'un  coin  allongé  horizontalement  et  dont 
les  dimensions  vont  en  diminuant  d'avant  en  arrière.  De 
plus,  le  côté  élargi  du  coin  repose  sur  la  face  interne  du 
gésier,  tandis  que  l'angle  dièdre  opposé  est  tourné  vers  l'axe 
du  même  organe. 

Les  denticules  (V.  PI.  IV,  fig.  6)  n'ont,  au  point  de  vue 


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60  Ma.  bordai». 

de  la  tnaslicalion,  qu'une  imporUnce  tout  à  fait  secondaire. 
Elles  sonl  accouplées  deux  par  deux  el  placées  daos  les 
dépressions  comprises  entre  deux  dents.  Elles  sont  consti- 
tuées par  de  petites  lamelles  chitineuses  triangulaires, 
aplaties  et  accolées  sur  leur  ligne  médiane.  Cliacune  d'elles 
comprend  de  nombreuses  lamelles  soudées  entre  elles  et 
présentant  une  série  de  dépressions  longitudinales.  Elles 
s'étendent  du  bourrelet  circulaire  supérieur  à  la  dépression 
annulaire  située  au-dessous  de  la  première  dent  chitineuse. 
li  résulte  de  cette  disposition  si  caractéristique  que  pré- 
sente le  gésier,  que  cet  organe  porte,  sur  la  totalité  de  sa 
paroi  interne,  une  forte  armature  chilineuse,  rappelant 
assez  bien,  par  sa  puissance  masticatrice,  le  moulin  gastri- 
que de  l'Écrevisse.  —  Quand  l'insecte  est  au  repos,  les  di- 
verses pièces  que  nous  venons  de  décrire  et  qui  sont  dis- 
posées suivant  six  rangées  longitudinales,  convergent  vers 
l'axe  de  l'organe,  de  sorte  que  les  dents  ne  laissent  entre 
cites  qu'un  étroit  espace  limité  extérieurement  par  les  den- 
licules.  Pendant  la  digestion,  les  masses  chitineuses.  mues 
par  la  puissante  musculature  du  gésier,  accomplissent  di- 
vers mouvements  (verticaux  et  transversaux)  et  triturent 
les  substances  alimentaires  que  déverse  sans  cesse  le 
jabot.  On  peut,  sans  peine,  assimiler  les  deux  organes, 
jabot  et  gésier,  à  un  moulin,  le  jabot  représentant  ta  Iré- 
mie  et  le  gésier  la  meule  ou  l'appareil  mécanique  des- 
tiné à  écraser  te  grain.  En  un  mot.  le  gésier  constitue,  chez 
Icâ  Périplunètes,  un  puissant  organe  de  mastication,  don) 
le  fond  postérieur  présente  un  orifice  irrégulier,  qui  com- 
prend six  tubercules,  limitant  une  cavité  étollée,  par  où 
les  aliments,  sullisauiment  triturés,  passent  dans  l'intestin 
moyen  (V.  PI.  IV,  fig.  i  et  6,  et  PI.  V,  lïg.  i). 

La  portion  terminale  du  gésier  se  continue  par  un  tube 
court,  pénétrant  dans  l'axe  de  l'intestin  moyen  sur  une 
longueur  de  S  à  3  millimètres.  Il  constitue,  de  la  sorte,  une 
espèce  d'appendice  vermiforme,  comparable  à  celui  que 
nous  avons  décrit  chez  les  Hyménoptères,  et  qui   a  pour 


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APPAREIL   DIGESTIP   DBS   ORTHOPTÈRES.  61 

fonclion  d'empêcher  le  retour  en  avant  (du  côté  du  jabot) 
des  aliments  qui  ont  pénélré  dans  t'inlcslin.  L'appendice 
terminal  du  gésier  s'engage  dans  Fiatestin  absolument 
comme  le  col  d'un  enlonnoir  dans  le  goulot  d'une  bou- 
leille.  Cette  comparaison,  bien  que  paraissant  vulgaire, 
rend  cependant  bien  compte  de  la  disposition  anatomique 
dont  nous  parlons.  L'appendice  a  des  parois  épaisses, 
composées  de  plusieurs  couches,  qui  sont  :  une  couche 
interne,  qui  n'est  que  le  prolongement  de  celte  du  gésier, 
et  une  couche  externe,  continuation  de  la  paroi  interne  de 
l'intestin  moyen.  Celle  disposition  apparaît  très  nettement 
quand  on  exerce  une  traction  sur  le  gésier,  l'intestin  moyen 
étant  fixé.  Dans  ce  cas,  on  efTeclue  une  déchirure  suivant 
ta  ligne  d'insertion  du  gésier.  En  continuant  la  traction, 
on  amène  la  séparation  des  deux  couches  de  l'appendice, 
et  on  produit  un  pédoncule,  double  du  premier,  rattachant 
le  gésier  &  l'intestin  moyen.  L'orifice  situé  à  l'extrémité 
de  l'appendice  n'est  nullement  circulaire,  mais  rectangu^ 
laire  et  terminé  par  quatre  valves,  étroitement  appliquées 
contre  l'ouverture  centrale  qu'elles  ferment  hermétique- 
ment. L'appendice  n'adhère  pas  à  la  paroi  interne  de 
l'extrémité  antérieure  de  l'intestin  moyen  et  en  est  séparé 
par  un  espace  annulaire. 

Le  gésier  de  la  Periplaneta  ortentalis  est  à  peu  près  sem- 
blable à  celui  que  nous  venons  de  décrire.  C'est  un  organe 
conique,  se  continuant,  dans  l'axe  de  l'intestin,  par  un  court 
appendice  recliligne.  L'appareil  masticateur,  sans  être  aussi 
puissant  que  celui  de  l'espèce  précédente,  présente  néan- 
moins la  même  disposition  anatomique. 

Vinlestin  moyen  débute,  chez  la  Periplaneta  anicricana, 
à  l'extrémité  postérieure  du  deuxième  segment  abdominal. 
Il  se  dirige  d'abord  de  gauche  à  droite,  revient  ensuite 
vers  son  point  de  départ,  en  se  dirigeant  vers  la  région 
postérieure  de  l'abdomen  et  en  décrivant  une  courbe  assez 
régulière.  Arrivé  dans  la  région  médiane  du  corps,  il  s'unit 
à  l'intestin  postérieur.  C'est  un  organe  cylindrique,  à  parois 


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musculaires  «épaisses,  lisses  exiérieurement  el  glandulaires 
à  rintérieur.  Le  lube  esl  maintenu  en  place  par  de  nom- 
breux faisceaux  trachéens  qui  vont  recouvrir  également 
les  appendices  intestinaux,  le  gésier  et  le  jabot. 

A  l'origine  de  l'intestin  moyen  viennent  s'ouvrir  huit 
longs  appendices  appelés  par  L.  Durour  bourses  ventricu- 
laires,  et  aftpendices  pyloriques  par  un  certain  nombre 
d'autres  zoologistes  (V.  PI.  V,  Hg.  1).  Ces  dénominations  me 
paraissent  défectueuses,  attendu  que  ni  le  jabot,  ni  le  gésier 
ne  doivent  être  considérés  comme  les  homologues  de  l'esto- 
mac; aussi,  pour  ne  préjuger  en  rien  sur  ta  nature  de 
leurs  fonctions,  les  désignerons-nous  sous  les  noms  de  csb- 
cums  ou  d'apoendices  inteslinaux.  Ces  organes  ne  sont,  en 
effet,  que  d'énormes  diverticules  de  la  partie  antérieure  de 
l'intestin  moyen.  Ils  affectent  la  forme  de  tubes  cylindri- 
ques, de  longueur  variable  (6  à  10  millim.},  à  sommet  obtus, 
el  parcourus,  sur  toute  leur  surface  externe,  par  de  nom- 
breuses arborisations  trachéennes.  Ils  s'ouvrent,  à  l'extré- 
mité antérieure  de  l'intestin  moyen,  dans  l'espace  annulaire 
compris  entre  la  paroi  et  l'appendice  du  gésier,  par  un  ori- 
fice étroit  et  circulaire.  Leurs  parois  sont  épaisses  et  pré- 
sentent une  structure  identique  à  celle  de  l'inlesLin  moyen. 
Leur  contenu  est  le  même  que  celui  de  ce  dernier  organe 
et  leur  fonction  doit  être,  sans  doute,  outre  leur  rôle  diges- 
tif, de  recevoir  le  trop-plein  du  contenu  intestinal.  Quant 
h  leur  insertion,  elle  se  fait  en  des  points  équidislants,  situés 
en  arrière  du  gésier. 

L'inlestin  moyen,  appelé  aussi  ventiicule  chylifique  par 
L.  Dufour,  présente  une  longueur  de  14  b  16  millimètres 
environ.  Il  est  conslilué  par  un  tube  uniformément  cylin- 
drique, à  parois  externes  lisses,  mais  recouvertes  par  du 
lissu  adipeux  et  parcourues  par  de  nombreuses  ramifica- 
tions trachéennes.  L'organe  se  dirige  d'abord  en  arrière. 
puis  se  recourbe  en  prenant  une  direction  verticale  el  ar- 
rive enfin  jusqu'à  la  face  dorsale  des  quatrième  et  cinquième 
segments  abdominaux.  Puis,  après  avoir  décrit  un  demi- 


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APPAREIL   DIGESTIF   DES   ORTHOPTÈRES.  &'i 

cercle,  en  restant  presque  constamment  dans  un  même 
plan  vertical,  il  revient  vers  la  face  ventrale  de  l'abdomen, 
tout  en  conservant  à  peu  près  son  même  diamètre. 

Winiestin  mot/en  de  ta  Periplaneta  orienfalU  est  un  tube 
étroit,  cylindrique,  long  de  12  à  15  millimètres,  qui  décrit 
d'abord  une  circonvolution  de  gauche  à  droite,  enveloppant 
ainsi  la  portion  médiane  de  l'intestin  postérieur.  À  1  milli- 
mètre environ  de  son  origine,  en  arrière  du  gésier,  viennent 
déboucher  les  tubes  intestinaux  qui  présentent,  comme 
dans  l'espèce  précédente,  la  forme  de  doigts  de  gant  ter- 
minés en  cœcums  à  leur  extrémité.  Ces  tubes,  de  longueur 
variable,  vont  s'ouvrir  isolément  dans  l'espace  annulaire 
compris  entre  les  parois  internes  de  l'intestin  et  l'appendice 
qai  Tait  suite  au  gésier. 

Les  tuées  de  JUaipighi,  courts,  capillaires,  cylindriques, 
viennent  s'ouvrir  à  l'origine  de  l'intestin  terminal.  Ces  or- 
ganes, au  lieu  de  s'insérer  isolément  sur  l'intestin,  se  dis- 
posent en  six  faisceaux^  comprenant  chacun  de  1 5  à  20  tubes 
s'ouvrant  au  sommet  d'un  petit  tubercule  conique.  Les  six 
tubercules  sont  courts,  coniques,  à  base  élargie  et  provien- 
nent d'invaginations  intestinales.  Ils  sont  à  peu  près  équi- 
distants  les  uns  des  autres  et  disposés  en  cercle  autour  de 
l'inleslin.  A  chaque  tubercule  correspond  une  petite  cavité 
intestinale  conique,  bien  visible  à  un  fort  grossissement, 
mais  que  les  coupes  mettent  nettement  en  évidence.  Cette 
disposition,  si  caractéristique,  se  retrouve  chez  la  plupart 
des  Orthoptères.  Les  organes  uriaaires  forment  par  consé- 
quent plusieurs  faisceaux,  recouvrant  les  portions  médio- 
postérieures  de  l'intestin  moyen  et  l'extrémité  antérieure  de 
l'intestin  terminal.  Au  point  de  vue  du  nombre  et  de  la 
forme,  les  tubes  de  Malpigbi  des  Périptanètes  présentent 
une  certaine  analogie  avec  ceux  des  Hyménoptères.  Pour- 
tant, chez  ces  derniers  insectes,  les  organes  uriaaires  sont 
plus  longs,  plus  grêles,  plus  flexueux  et  insérés,  à  l'origine 
de  l'intestin  terminal,  suivant  une  ligne  circulaire.  Les  tuÙes 
de  Malpigki  de  la  Per.  orientalis  sont  constitués,  comme 


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04  ■<•    BORDAS. 

ceux  de  l'espèce  précédente,  par  des  Blaments  loogs,  ténus, 
flcxueux  et  disposés  en  six  touffes  recouvrant  une  partie  de 
l'intestin  moyen,  les  appendices  intestinaux,  le  gésier  et  la 
portion  postérieure  du  jabot. 

Vinteslin  terminal  ou  postérieur  débute,  chez  les  Per.ame- 
ricana,  par  une  portion  étroite,  cylindrique  et  fort  courte. 
Son  diamètre  est  moindre  que  celui  de  l'intestin  moyen,  el 
8H  structure  est,  de  même,  Tort  difTéreote.  Après  un  trajet 
de  2  à  3  millimètres,  l'organe  se  dilate  presque  brusque- 
ment et  atteint,  quand  il  est  distendu  par  les  aliments,  un 
diamètre  variant  de  4  à  6  millimètres.  Il  se  dirige  d'abord 
dorsalement,  en  décrivant  une  courbe  très  courte,  puis  re- 
vient ensuite  vers  la  face  ventrale,  où  il  se  rétrécit  progressi- 
vement pour  se  continuer  alors  avec  l'intestin  terminal.  La 
première  partie  de  l'organe  présente  des  parois  lisses  el  est 
pourvue  de  deux  couches  musculaires  très  nettes.  A  l'extré- 
mité antérieure  de  la  portion  élargie  on  constate  l'existence 
d'un  bourrelet  interne,  sorte  de  valvule  circulaire,  limitant 
un  orifice  régulier,  et  empêchant  le  retour  des  aliments  dans 
l'intestin  moyen.  Vers  sa  partie  terminale,  on  observe  de 
légères  striations  longitudinales  qui  s'arrêtent  brusquement 
à  un  bourrelet  silué  à  l'origine  du  pédoncule  postérieur 
unissant  l' organe  aurectum.  Cessillonsvontselerminerbrus- 
quement,  en  des  points  équidistants,  sur  le  bourrelet  annu- 
laire dont  nous  venons  de  parler.  Ils  se  ramifient  en  avant 
et  déterminent  une  série  de  plissements  rectilignes  d'abord, 
puis  irréguliers  et  anastomosés,  produisant  ainsi  de  nom- 
breuses alvéoles  qui  disparaissent  peu  à  peu  au  fur  et  à 
mesure  qu'on  se  rapproche  de  la  partie  antérieure.  L'organe 
est  constamment  rempli  de  détritus  alimentaires,  dont  les 
principes  actifs  ont  été  en  partie  absorbés  par  l'intestin 
moyen.  Pourtant,  la  présence  des  replis  semble  indiquer 
que  l'absorption  doit  s'effectuer  encore  dans  cet  organe.  Vers 
sa  partie  terminale,  l'intestin  postérieur  se  rétrécit  progres- 
sivement d'abord,  puis  brusquement,  et  se  continue  avec  le 
rectum  par  un  tube  étroit,  généralement  vide  de  tout  déiri- 


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APPAREIL   DIGESTIF   DES    ORTHOPTÈRES.  65 

lus  alimentaire.  A  son  origine,  le  tube  étroit  dont  nous  ve- 
nons de  parler  présente  un  bourrelet  annulaire,  constituant 
une  ligne  de  démarcation  très  nette  entre  l'intestin  terminal 
et  le  rectum.  Vintestin  terminal  de  la  Periplanela  orientalis 
débute  par  une  portion  élroile,  courte  et  cylindrique.  L'or- 
gane se  dilate  ensuite  brusquement  et  constitue  un  tube 
large,  légèrement  boursouflé,  dirigé  en  arrière  et  uni  au 
rectum  par  un  éli*oit  pédoncule. 

Le  rectum  de  la  Periplanela  americana  (V.  PI,  V,  (ig.  i) 
est  uo  organe  ovoïde  ou  légèrement  tubuleux,  h  parois 
épaisses  et  musculaires.  Il  est  parcouru,  sur  toute  sa  lon- 
gueur, par  six  bandelettes  longitudinales,  équidistantes,  rec- 
tangulaires et  k  extrémités  émoussées.  L.  DuPour  les  consi- 
dère comme  des  faisceaux  musculaires,  dont  les  contractions 
servent  &  expulser  au  dehors  les  matières  fécales  ;  mais 
une  étude  bistologique  nous  a  montré  que  nous  n'avions 
uniquement  aCTaire  ici  qu'à  des  épaississements  épithéliaux 
internes,  formant  des  massifs  analogues  aux  ^/onf/es  rectales 
des  Hyménoptères.  Vers  sa  partie  terminale,  le  rectum  se 
rétrécit  brusquement  et  porte  un  bourrelet  circulaire,  sorte 
de  sphincter  pouvant  se  relâcher  et  se  contracter  au  gré  de 
l'animal.  Le  rectum  se  continue  par  un  tube  très  court  qui 
se  termine  à  l'anus.  Ce  dernier  est  situé  au-dessus  de  l'ori- 
fice de  l'appareil  génital  et  au-dessous  d'un  court  appendice 
cbitineux  qui  fait  suite  au  dernier  segment  abdominal.  Le 
rectum  de  la  Periplaneta  orientalis  présente  à  peu  près  la 
même  conformation  que  celui  de  l'espèce  précédente.  Son 
appareil  digestif  reproduit,  dans  ses  grands  traits,  celui  de 
la  P.  americana.  Les  différences,  fort  légères  du  reste,  ne 
portent  que  sur  le  gésier,  les  appendices  intestinaux,  l'in- 
testin postérieur  et  la  dislribulion  des  tubes  de  Malpighi. 

Appareil  DIGESTIF  DE  LA  Periplaneta  AUSTRALASi^(Pabr.]. 
—  L'appareil  digestif  de  la  Periplaneta  australasiœ  diffère 
de  celui  des  deux  espèces  précédentes  par  plusieurs  carac- 
tères portant  principalement  sur  le  gésier,  les  appendices 
intestinaux  et  les  tubes  de  Malpighi. 


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Le  pharynx  est  court,  lubuleux  ou  légèremenl  aplati 
traDsversalement  et  porte,  vers  la  région  postérieure  de  la 
têle,  une  série  de  muscles  servant  h  le  maintenir  dans  uoe 
position  Bxe. 

Vœsopkage  est  constitué  par  un  tube  cylindrique,  d'un 
diamètre  un  peu  inférieur  à  celui  du  pharynx.  Arrivé  vers 
le  tiers  postérieur  du  prothorax,  l'organe  se  continue,  avec 
le  jabot,  presque  sans  ligne  de  démarcaliân. 

Le  jabol,  par  sa  forme  générale,  diffère  sensiblement  de 
ceux  de  la  Periplaneta  americana  et  de  la  P.  orientatis. 
C'est  un  organe  allongé,  fusiforme,  à  parois  externes  lisses 
et  parcourues  par  de  nombreux  faisceaux  Irachéens.  La 
face  interne  est,  comme  celle  des  espèces  précédentes, 
creusée  de  nombreux  sillons  longitudinaux,  presque  régu- 
liers en  arrière,  mais  ramifiés  et  anastomosés  en  avant.  Ici, 
on  n'observe  pas  les  légers  renflements  latéraux  que  nous  a 
présentés  le  jabot  de  l'espèce  précédente.  Un  pédicule 
large,  mais  très  court,  unit  le  jabot  au  gésier. 

Le  gésier  de  la  P.  auslralasix,  de  forme  conique,  est  situé 
dans  le  tiers  antérieur  de  l'abdomen.  Il  est  presque  entière- 
ment enveloppé,  soit  par  les  appendices  intestinaux,  soit  par 
les  tubes  de  Malpighi.  Ses  parois  externes  sont  épaisses  et 
musculaires,  et  sa  face  interne  est  pourvue  d'une  puissante 
armature  masticatrice  formée  de  six  rangées  de  dents  cu- 
néiformes, présentant  transversalement  deux  sillons  circu- 
laires. Entre  chaque  rangée  de  dents  existent  deux  denlicules 
triangulaires,  aplaties  et  pourvues  de  plusieurs  stries  longi- 
tudinales. Ces  denlicules  sont  soudées  par  leur  bord  interne. 
Le  gésier,  comme  celui  des  espèces  précédentes,  constitue 
un  appareil  broyeur  de  premier  ordre  et  bien  supérieur, 
comme  puissance,  à  celui  que  nous  ont  présenté  la  plupart 
des  autres  Orthoptères  [ForficuUdx,  Phasmidœ  et  Maniiilx). 

L'inleslin  moyen  des  P.  auslralasix  est  formé  par  un  tube 
allongé,  cylindrique,  décrivant  un  cercle  complet  de  gauche 
adroite  et  enveloppant  ainsi  l'intestin  terminal.  A  son  ori- 
gine,  viennent    s'ouvrir    tes  huit   appendices   intestinaux. 


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APPAREIL   DIGESTIF   DBS    ORTHOPTÈRES.  67 

courts,  tubuleux  et  terminés  en  cul-de-sac  à  leur  extrémité 
libre. 

Les  luèes  de  Malpighi^  qui  débouchent  à  l'origine  de  l'in- 
testin terminal,  sont  beaucoup  plus  longs  que  ceux  de  la 
P.  americana.  Ils  forment  plusieurs  faisceaux  inextricables, 
recouvrant  une  partie  du  jabot,  le  gésier  et  les  circonvolu- 
tions intestinales. 

L'intestin  terminal  ne  présente  aucune  particularité.  Seul, 
le  rectum  diffère  sensiblement,  par  sa  forme,  de  celui  de 
l'espèce  précédente.  C'est  un  organe  fusiforme,  à  parois 
épaisses  parcourues  par  six  bandelettes  longitudinales  cons- 
tituant les  glandes  rectales. 

Appareil  digestif  de  la  Blatta  germanica  (L.)  et  de  la 
Bl.  MADEBiE  (L.).  —  L'appareil  digestif  des  Blattes  présente 
de  grandes  analogies  avec  celui  des  Périplanètes  :  il  en  dif- 
fère cependant  par*  un  certain  nombre  de  caractères  qu'il 
est  nécessaire  de  signaler  et  portant  principalement  sur  le 
gésier,  les  appendices  intestinaux  et  les  tubes  de  Malpighi. 

Le  pharynx  et  Vœsophage  ont  à  peu  près  la  même  confor- 
mation que  ceux  des  Périplanètes.  Quant  au  jabot,  il  est, 
chez  la  Blatta  germanica,  très  volumineux  et  occupe  la  plus 
grande  partie  du  thorax.  C'est  un  organe  ovoïde  et  à  parois 
minces.  Il  est  presque  cylindrique  à  son  origine,  mais  il  s'é- 
largit peu  à  peUj  devient  volumineux  et  remplit  la  presque 
totalité  du  métathorax.  Ses  dimensions  diminuent  ensuite 
progressivement  au  moment  où  l'organe  va  se  fixer  au  gésier. 
Un  sillon  circulaire  est  compris  entre  les  deux  parties  du 
tube  digestif  et  indique  leur  ligne  de  séparation.  La  paroi 
externe  du  jabot  est  lisse  et  l'interne  parcourue  par  de 
légères  striatious  longitudinales,  moins  nettes  et  moins  ac- 
centuées que  chez  les  Périplanètes. 

Le  gésier  des  Blattes  a  la  forme  d'une  cupule  conique,  à 
base  élargie  et  à  sommet  dirigé  vers  la  portion  antérieure 
intestinale.  Ses  parois  externes  sont  légèrement  plissées  et 
pourvues  d'une  puissante  couche  musculaire.  A  l'intérieur 
existent  six  grosses  dents  chitineuses,  comparables  de  tout 


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poinl  à  celles  des  Périplanètes,  mais  beaucoup  plus  fortes, 
eu  égard  aux  dimensions  plus  exiguës  du  corps  de  l'insecle. 
Ces  dents  onl  la  forme  de  prismes  triangulaires  à  bord  libre 
tourné  vers  le  centre  de  l'organe,  et  présentant,  d'avant  en 
arrière,  deux  ou  trois  tubercules.  Les  grosses  dents  chiti- 
neuses,  très  acérées,  jouent  un  rdle  considérable  dans  l'acte 
de  la  mastication  et  sont  uniquement  chargées  de  broyer  les 
aliments.  Elles  sont  disposées  circulairemenl  vers  la  base 
du  gésier  et  séparées  l'une  de  l'autre  par  des  dépressions 
longitudinales  au  fond  desquelles  existent  des  denticules 
aplaties  et  striées.  A  la  suite  de  la  première  dent  chitineuse 
vient,  dans  chaque  colonne,  un  repli  musculeux,  recouvert 
d'une  lamelle  cornée,  constituant,  de  la  sorte,  une  dent  se- 
condaire. EnHn,  le  gésier  se  continue,  dans  l'axe  de  l'intestin 
moyen,  par  un  appendice  cylindrique  très  court. 

Vinleslin  moyen  des  Blattes  est  un  organe  tubuleux  qui 
décrit  une  circonvolution  complète  et  reçoit,  à  son  origine, 
les  orifices  des  huit  appendices  intestinaux.  Ces  derniers 
sont  beaucoup  moins  réguliers,  quant  h  leurs  formes  et  à 
leurs  dimensions,  que  ceux  des  espèces  précédentes.  Les 
parois  externes  de  l'intestin  sont  lisses  et  les  internes  lé- 
gèrement plissées. 

Les  iube-t  de  Malpighi  sont,  chez  les  Blattes,  moins  longs 
et  moins  nombreux  que  chez  la  Periplanela  americana.  Ce 
sont  des  tubes  cylindriques,  ténus,  allongés,  tlexueux.  dis- 
posés en  six  faisceaux  séparés  et  enveloppant  une  partie  de 
l'intestin  moyen  et  du  gésier. 

Vinle-tiin  terminal  des  Blattes  comprend  deux  portions  : 
une  partie  antérieure,  étroite  et  cylindrique,  faisant  directe- 
ment suite  à  l'intestin  moyen,  et  une  partie  postérieure,  très 
élargie,  boursouflée  et  plissée  extérieurement.  Elle  est  pres- 
que toujours  remplie  de  détritus  alimentaires  qui  lui 
donnent  une  coloration  noir  foncé.  A  la  suile  existe  un  nou- 
veau rétrécissement  suivi  d'une  dilatation  ovoïde,  consti- 
tuant le  rectum. 

Comme  on  vient  de  le  voir,  le  tube  digestif  des  Blattes  est 


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APPAREIL   DIGESTIF   DES    ORTHOPTÈRES.  69 

caractérisé  par  le  volume  considérable  du  jabot,  par  la  dis- 
position des  appendices  intestinaux  et  surtout  par  les  nom- 
breuses circonvolutions  que  présentent  les  intestins  moyen 
et  postérieur.  L'organe,  complètement  élalé,  dépasse  deux 
fois  la  longueur  du  corps  de  l'insecte. 

RÉSUME.  —  L'appareil  digestif  des  diverses  Blatta  et 
Periplaneta  est  surtout  remarquable  par  ses  circonvolutions 
et  par  sa  longueur  qui  atteint  ou  dépasse  même  deux  fois 
celle  du  corps  de  l'insecte. 

Les  glandes  salivaires  sont  formées  par  plusieurs  grappes, 
entourant  complètement  ou  en  partie  l'œsophage  et  la  por- 
tion antérieure  du  jabot.  Elles  sont  constituées  par  des  acini 
sphériques  qui  comprennent,  outre  l'enveloppe  extérieure, 
une  coucbe  épithéliale  limitant  une  petite  cavité  interne. 
Chaque  acinus  se  continue  par  un  canalicule  excréteur  très 
court.  Les  canaux  efTérents  comprennent  deux  tubes  cylin- 
driques, llexueux,  qui  vont  s'ouvrir  dans  un  large  conduit 
commun,  débouchant  en  avant  de  l'orifice  buccal.  De  ces 
glandes,  dépendent  deux  volumineux  réservoirs  salivaires. 
Les  divers  canaux  eiîérenls,  ainsi  que  les  canalicules,  sont 
pourvus  à  l'intérieur  d'un  épaississement  cbitineux  spirale. 

Le  pharynx  est  court  et  légèrement  aplati.  Vœsophage  est 
cylindrique  et  plus  ou  moins  allongé  suivant  les  diverses  es- 
pèces. Le  jabot  a  la  forme  d'un  large  sac,  en  général  bour- 
souflé latéralement  et  étendu  jusqu'à  la  partie  antérieure  de 
l'abdomen.  Ses  parois  externes  sont  lisses  et  les  internes 
plissées  longiludinalemenl  vers  la  partie  postérieure.  Cet 
organe  s'unit  au  gésier  par  un  pédoncule  cylindrique  très 
court.  Le  géùer  est  de  forme  conique,  à  base  tournée  en 
avant  ;  ses  parois  sont  épaisses  et  revêtues  intérieurement 
d'une  puissante  armature  masticatrice  chilineuse,  compre- 
nant des  dents  très  puissantes,  disposées  suivant  six  colonnes 
longitudinales.  L'organe  se  continue,  dans  l'axe  de  l'inlestin, 
par  un  court  pédoncule.  Vinleslin  moyen,  qui  porte  à  son 
origine  fiuit  longs  appendices  ou  caecums  intestinaux,  est  un 
tube  cylindrique  décrivant  plusieurs  circonvolutions.    Les 


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tubes  de  Malpighi  sont  groupés  en  six  faisceaux  à  l'origine  de 
l'intestin  terminal.  Ce  dernier,  sinueux,  comprend  une  partie 
antérieure  étroite  et  cylindrique,  une  partie  moyenne 
élargie  et  boursouflée  et  un  rectum  ovoïde.  Sur  les  parois 
du  rectum  existent  six  épaississements  épiihéliaux  internes, 
disposés  longitudinalemenl  et  constituant  des  organes  ho- 
mologues aux  glandes  rectales  des  Hyménoptères. 


CHAPITRE  V 

APPAREIL     DIGESTIF     DBS    ORTROPTËRES    DE     LA    FAMILLE     DES 
ACRIOIID^. 

(V.  PI.  V.  fig.  2,  3,  6,  7,  8  et  9;  PI.  VI,  fig.  \  à  10, 
et  PI.  VII,  lig.  \  à  6). 

Nous  avons  étudié  Xappareil  digestif  d'environ  vingt- 
cinq  espèces  appartenant  à  la  famille  des  Acridiid^;  el, 
bien  que  l'organe  présente  à  peu  près  partout  la  même  dis- 
position, il  oiïre,  d'une  tribu  à  l'aulre,  des  différences 
assez  considérables.  Aussi,  allons-nous  diviser  notre  chapi- 
tre en  cinq  sections  correspondant  aux  cinq  principales 
tribus.  Nous  allons  commencer  par  les  espèces  dont  l'appa- 
reil est  le  plus  simple  pour  arriver  graduellement  fi  celles 
chez  lesquelles  il  présente  une  plus  grande  complicallon. 

1'  Tribu  des  Pyrgomorphin^.  —  Pxcilocerus  (Serv.)  et 
Pyrgomorpka  grylloldes  (Serv.)  {V.  PI.  VI,  (ig.  1).  —  L'ap- 
pareil digestif  des  Orthoptères  composant  la  tribu  des  Pyr- 
gomorphinœ  est  très  simple  et  présente  les  caractères  sui- 
vants :  lube  droit,  dépourvu  de  circonvolulions  dans  sa 
partie  terminale,  jabot  fusiforme,  cœcums  intestinaux 
volumineux,  intestin  moyen  court  et  cylindrique,  tubes 
de  Malpighi  très  nombreux,  longs  et  capillaires,  inteslin 
postérieur  mince  et  droit  et  rectum  à  peu  près  ovoïde.  Tous 
ces  caractères  se  retrouvent  dans  les  principales  espèces 
composantcette  tribu,  les  i**/r^omOTy)A(i,  les /•««/()«««,  etc.; 


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APPAREIL   DIGESTIF   DBS   ORTHOPTÈBES.  71 

aussi,  pour  ne  pas  nous  répéler,  allons-nous  prendre, 
comme  type  de  notre  description,  l'appareil  digestif  de 
Psecilom-m  (V.  PI.  VI,  fig.  i). 

Chez  le  Pxcilocerus,  le  lube  digestif  est  rectiligne  et  par- 
court, sans  circonvolutions,  l'axe  du  corps  de  l'Insecte. 

Le  pharynx  est  large  et  court.  L'œsophage,  également 
court  et  cylindrique,  est  localisé  presque  en  totalité  dans 
la  région  céplialique.  Ses  parois  sont  épaisses  et  striées 
longitndinalement  h  l'intérieur.  L'organe  présente,  à  sa  ré- 
gion postérieure,  un  repli  annulaire  marquant  sa  limite  de 
séparation  avec  le  jabot. 

Lejaàol  du  PœcUocents  est  allongé,  fusiforme  et  ne  pré- 
sente, dans  le  mésothorax,  qu'un  léger  renflement,  à  la 
suite  duquel  le  reste  de  l'organe  est  légèrement  conique. 
Ses  parois  internes  portent  à  la  face  ventrale,  deux 
longs  replis  longitudinaux,  limitant  entre  eux  un  espace 
reclan^ulaire  surmonté  de  deux  bandelettes,  desquelles 
parlent  d'autres  replis  presque  annulaires,  situés  dans  des 
plans  perpendiculaires  à  l'axe  du  corps.  La  membrane 
chitineuse  interne  est  1res  mince  et  ne  présente,  le  long  des 
rephs,  que  des  pointes  cornées  tout  &  fait  rndimentaires 
et  irrégulièrement  disposées,  tandis  que  chez  les  Œdipo- 
dinae  les  denticulations  internes  sont  dures  et  très  acérées. 
L'organe  est  maintenu  en  place  par  de  nombreux  fitets 
trachéens  qui  se  ramifient  &  sa  surface.  Son  extrémité  pos- 
térieure porte  un  léger  renflement  hexagonal,  dernier  ves- 
tige du  gésier. 

L'intestin  moyen  est  court,  droit  et  presque  uniformé- 
ment cylindrique.  Ses  parois  sont  d'un  blanc  mat  et  consti- 
tuées par  deux  couches  de  fibres  longitudinales  et  de  fîbres 
circulaires.  A  l'exlrémilé  antérieure  de  l'organe  viennent 
s'ouvrir  les  cœcums  intestinaux,  qui,  dans  l'espèce  actuelle, 
sont  assez  volumineux.  La  portion  antérieure  est  fusiforme, 
à  extrémité  libre,  amincie  et  arrondie,  la  moyenne  est 
élai^ie  et  l'inférieure  presque  cyHndrique.  Chaque  c»cum 
«st  parcouru,  d'avant  en  arrière,  par  un  nombre  variable 


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72  b.    IWBOAS. 

de  bourrelets  ou  replis  internes;  de  plus,  chacun  des  cae- 
cums antérieurs  se  prolonge  en  arrière  par  un  appendice 
cylindrique,  mince,  dont  la  longueur  n'égale  que  les  deux 
tiers  environ  de  celle  de  l'appendice  antérieur.  Les  deux 
appendices  vont  s'ouvrir  dans  une  sorle  de  vestibule  très 
court  qui  débouche  à  l'exlrémilé  de  l'inlestin  moyen  par 
UD  orifice  ovale,  placé  immédiatement  au-dessous  d'une  val- 
vule séparant  l'intestin  du  jabot. 

Vinleslin  postérieur  est  mince,  droit  et  a  une  longueur 
égale  à  celle  du  précédent.  Ses  parois  sont  épaisses  et  pré- 
sentent, à  l'intérieur,  de  nombreux  replia  longitudinaux, 
laissant  entre  eux  des  sillons  parallèles  très  étroits.  Les 
tubes  de  Malpighi,  au  nombre  de  100  à  120,  forment  plu- 
sieurs faisceaux  dont  les  uns  entourent  presque  complè- 
tement l'intestin  moyen,  tandis  que  les  autres,  moins  nom- 
breux, courent  le  long  des  parois  de  l'intestin  poslérieur 
(V.  PI.Vl,  rig.  1). 

Le  rectum,  séparé  de  l'organe  précédent  par  une  valvule 
annulaire,  est  ovale,  à  parois  épaisses  et  présente  six  larges 
épaississements  glandulaires,  séparés  les  uns  des  aulres  par 
des  sillons  très  élroils. 

2'  Tbebu  des  Acridun*.  —  Acridium peregrinum  ou  Sckis- 
tocerca  peregr'ma  (Oliv.),  Acrtt/.  spedosmn  (Thumb.),  Calop- 
tenus  italiens  (Lin.).  —  (V.  PI.  VI,  (ig.  2,  3  et  4.) 

La  structure  et  la  forme  de  l'appareil  digestif  de  VAai- 
dium  peregrinum  sont  très  simples.  L'organe  se  rappro- 
che, par  bon  nombre  de  ses  caractères,  de  celui  des  Œdi- 
poda,  mais  il  en  diffère  cependant  par  la  forme  absolument 
droite  de  l'intestin  terminal,  par  la  disposition  des  tubes  de 
Malpighi  et  celle  des  appendices  intestinaux,  et  enfm  par 
la  structure  interne  du  jabot. 

L^  pharynx  et  Vœsophage  ne  présentent  aucune  particu- 
larité et  sont,  de  tout  point,  comparables  à  ceux  des  Œdi~ 
podinx  (V.  la  suite  du  chapitre). 

Le  j'aàot  (V.  PI.  VI,  (ig.  4)  est  allongé,  fusiforme,  ren- 
flé en  avant  et  entouré,  dans  sa  moitié  postérieure,  par 


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APPAREIL    DIOBSTIF    DES    ORTHOPTÈRES.  73 

les  ciecuma  iolesUnaux.  Ses  parois  sont  épiiisses  et  pour- 
vues  de  deux  couches  musculaires  très  apparentes.  A  l'in- 
lérteur  existe  une  membrane  chitineuse  présentant  de  nom- 
breux replis,  à  direction  variable  suivant  la  région  de 
t'organe.  Dans  la  moitié  antérieure,  il  existe,  k  la  face 
venlrale,  une  plage  rectangulaire  limitée  de  chaque  côté 
par  un  sillon  surmonté  d'un  bourrelet  (V.  PI.  VI,  fig.  4). 
Cette  plage  est  sillonnée,  d'avant  en  arrière,  par  des  replis 
peu  apparents  et  porte,  en  avant,  un  petit  nombre  de 
pointes  chitineuses.  Des  bourrelets  latéraux  portent  de 
nombreux  replis,  à  direction  transversale,  à  sommets  min- 
ces et  lamelleux,  séparés  par  des  sillons  parallèles.  Dans 
la  région  médiane  du  jabot,  la  direction  de  ces  replis 
change  brusquement  et  devient  longitudinale,  c'est-à-dire 
parallèle  à  l'axe  de  l'organe.  Ces  replis,  après  avoir  pris 
leur  nouvelle  direction,  deviennent  plus  nombreux,  plus 
serrés  et  portent  une  multitude  de  pointes  ou  denticules 
chitineuses  très  acérées.  Cette  seconde  partie  du  jabot, 
grâce  à  sa  structure,  joue  le  râle  du  gésier  des  autres 
Orthoptères  et  exerce  sur  les  alimenls  l'action  d'un  appa- 
reil triturant,  d'une  rftpe.  Les  divers  bourrelets  ou  replis 
chilineux  se  groupent,  à  leur  extrémité  postérieure,  en  six 
faisceaux  qui  vont  chacun  converger  entre  les  branches 
aniérieures  d'une  denticulation  chilineuse  disposée  en  forme 
de  Y.  Les  trois  branches  de  cette  denticulation  sont  dues 
à  des  replis  de  la  membrane  interne.  Quant  aux  branches 
posiérieures  impaires  de  cette  espèce  de  valvule,  elles  sont 
séparées  par  de  larges  dépressions  parallèles.  Telle  est  la 
structure  interne  que  nous  présente  le  Jabot  de  VAcridium 
peregrintim.  Le  reste  de  l'appareil  digestif  de  cet  Orthoptère 
(cfficums  intestinaux,  intestins  moyen  et  postérieur,  tubes 
de  Malpighi  et  rectum)  n'offre  rien  de  particulier  à  signaler 
et  afTecle  la  forme  générale  que  nous  allons  décrire  chez  les 
Œdipodinx  (V.  la  suite  du  chapitre). 

L'appareil  digestif  de  la  nymphe  (jeune  individu)  d'Am- 
tHum  peregrinum  présente,  avec  celui  de  l'adulte,  les  plus 


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74  b. 

grandes  analogies  (V.  PI.  \l,  fig.  2).  Les  seules  dilTérences 
à  signaler  consistent  dans  la  disposition  des  tubes  de 
Malpighi,  la  forme  de  l'intestin  postérieur  et  celle  des 
cscums  intestinaux. 

Vinteslin  moyen  est  court,  large  et  cylindrique.  Il  reçoit, 
à  son  extrémité  antérieure,  six  cœcums  intestinaux  allon- 
gés, de  forme  conique  et  pourvus  de  plissements  longitu- 
dinaux  internes.  Leur  extrémité  antérieure,  qui  est  émous- 
sée  et  légèrement  arrondie,  porte  un  mince  Blâment  qui  va 
se  rattacher  aux  parois  latérales  du  jabot,  servant  ainsi 
aux  cKCums  de  tige  fixatrice.  Ce  Blâment  musculaire  Bxa- 
teur,  toujours  accompagné  d'un  ou  de  plusieurs  tubes  tra- 
chéens, existe  chez  beaucoup  d'Acridiens,  mais  n'est  nulle 
part  aussi  nettement  visible  que  chez  les  nymphes  d'Acri- 
dium  peregriiium  (V.  PI.  VI,  fig.  2). 

L'intestin  postérieur  comprend  deux  parties  différentes 
de  forme.  La  première  est  cylindrique  et  la  deuxième,  ré- 
trécîe  et  recourbée  en  demi-cercle,  va  rattacher  l'organe 
au  rectum.  Cette  différence  morphologique  correspond  éga- 
lement h  des  différences  de  structure  interne.  La  portion 
antérieure  est  pourvue  d'une  douzaine  de  bandelettes  mus- 
culaires aplaties,  tandis  que  la  suivante  porte  des  saillies 
bien  accentuées,  séparées  par  des  sillons  parallèles. 

Le  rectum  est  ovoïde  et  assez  semblable  k  celui  de 
l'adulte. 

Vappareil  digestif  du  Cahptenus  ilalicm  présente  à  peu 
près  les  mêmes  caractères  morphologiques  que  celui  des 
Œdipoda,  de  r(£dipoda  mlniata  entre  autres  (V.  la  suite 
du  chapitre).  Les  différences  les  plus  importantes  portent 
sur  le  jabot  qui  est  plus  court,  sur  les  appendices  intes- 
tinaux et  sur  l'intestin  moyen,  qui  est  droit  et  très  mince 
{V.  PI.  VI,  fig.  3). 

Le  pharynx  et  VmopAage  sont  courts,  épais,  musculeux 
et  striés  intérieurement. 

ht  jabot,  ainsi  que  sa  portion  postérieure  constituant  un 
gésier  rudimentaire,  est  localisé  dans  les  deux  premiers 


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APPAREIL   DIOBSTIF    DES    ORTHOPTÈRES.  75 

segments  Ihoracîques.  Ses  parois  portent  intérieurement  de 
□ombreuses  slrintions  longitudinales  et  transversales,  re- 
couverles  par  une  membrane  chitineuse,  munie  de  petites 
pointes  constituant  des  denticules  cornées,  tanlôt  droites, 
tantôt  crochues,  à  pointe  dirigée  en  arrière. 

Les  appendices  intestinaux,  au  nombre  de  six,  peuvent 
être  considérés  comme  formés  par  des  diverlicules  de  l'in- 
testin, de  direction  et  de  volume  dilTérents.  Les  six  prolon- 
gements antérieurs  embrassent  complètement  l'extrémité 
terminale  du  jabot,  et  les  six  postérieurs  recouvrent  l'ori- 
gine  de  l'intestin  moyen.  Leur  structure  et  leur  forme  sont 
à  peu  près  identiques  dans  toutes  les  espèces,  et  leurs 
dimensions  sont  seules  variables  d'un  individu  à  l'autre. 
Chaque  diverticule  antérieur  est  large  à  sa  base,  pointu  et 
émoussé  à  son  sommet  et  semblable  à  un  doigt  de  gant, 
tandis  que  le  diverticule  postérieur,  un  peu  moins  long  que 
l'antérieur,  est  beaucoup  plus  mince  et  plus  flexucux  que  ce 
dernier.  Les  parois  de  ces  appendices,  pourvues  de  replis 
longitudinaux  internes,  présentent  la  même  structure  histo- 
logique  que  l'intestin  moyen. 

Vinieslin  moyen  des  Caloptenus  (V.  PI.  VI,  fig.  3)  est 
court,  tronconique,  à  parois  minces,  lisses  extérieurement 
et  plissées  à  l'intérieur.  Un  repli  circulaire,  correspondant 
à  un  bourrelet  valvulaire  interne,  le  sépare  de  l'intestin 
postérieur.  C&  dernier  est  long,  mince  et  recliligne.  Il 
porte  h  son  origine  de  nombreux  tubes  de  Malpighi,  disposés 
en  faisceaux  formés  par  des  tubes  (itiformes,  enveloppant 
de  leurs  replis  tes  diverses  parties  de  l'appareil  digestif. 

Quant  au  reclam,  il  est  court,  ovoïde  et  porte,  à  sa  sur- 
face, six  bandelettes  musculo-épithéliales,  constituant  des 
bourrelets  analogues  aux  glandes  rectales  des  Hymé- 
noptères. 

3*  Tribu  des  Pamphacin^  (V.  Pi.  V,  fig.  6  et  PI.  VI, 
6g.  6  et  7).  —  Pamphagus  elephas  (Stâl). 

Vappareil  digestif  des  Pamphagus  diffère  de  ceux  des 
Stenoboibrus  et  des  Mecoslhetus  par  sa  forme  recliligne 


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76  L..    BOBDAS. 

el  l'absence  de  courbure  de  l'inleslin  postérieur  ;  mais, 
par  contre,  il  se  rapproche  de  celui  des  OËdipodina;.  Des 
différences  notables  de  structure,  portant  sur  la  portion 
terminale  du  jabot  el  sur  celle  du  rectum,  permellent  cepen- 
dant de  le  séparer  de  celui  de  ces  derniers  et  nous  obligent 
d'en  donner  une  description  à  part. 

Le  pharynx  et  {'œsophage,  qui  font  directement  suite  l'un 
à  l'autre,  ont  la  forme  d'un  tube  à  peu  près  cylindrique  ou 
légèrement  aplati  transversalement,  à  parois  musculaires 
fort  épaisses.  De  leur  surface  externe  se  détachent  de  nom- 
breux faisceaux  de  muscles  qui  les  maintiennent  dans  une 
position  à  peu  près  fixe  et  vont  s'attacher  aux  parois  laté- 
rales céphaliques.  A  l'intérieur  existent  de  nombreux  replis, 
disposés  irrégulièrement  el  formant  parfois  des  bourrelets 
qui,  en  pénétrant  dans  la  partie  antérieure  du  jabot,  consti- 
tuent une  valvule  annulaire  et  lobée. 

Lejaèot  qui  commence  vers  la  partie  antérieure  du  pro- 
fhorax,  un  peu  en  arrière  de  la  tète,  se  dilate  brusquement 
el  afTecle  la  forme  d'un  sac  ovoïde  présentant  plusieurs 
plissements  externes.  Ses  parois  sont  constituées  par  une 
couche  externe  de  (ibres  longitudinales  el  une  membrane 
interne  composée  de  fibres  circulaires.  Le  tout  est  tapissé 
inlérieurement  par  une  épaisse  membrane  cornée,  plissée  et 
hérissée  d'innombrables  pointes  cbilineuses.  La  direction 
des  replis  varie  suivant  les  régions  considérées.  A  la  face 
ventrale,  existe  une  zone  étroite  composée  uniquement  de 
replis  qui  s'étendent  tout  le  long  du  jabot  el  fonl  suite  &  ceux 
de  l'œsophage  el  du  pharynx.  —  Dans  le  tiers  antérieur,  on 
voit  se  détacher,  de  la  zone  médiane,  des  replis  ou  petits 
bourrelets  chitineux  disposés  transversalement.  Vers  la 
moitié  postérieure,  les  bourrelets  sont  uniformément  dirigés 
longiludinalemenl  d'avant  en  arrière,  l-lnfin,  entre  les  deux 
régions  que  nous  venons  de  décrire,  existe  un  espace  intei^ 
médiaire  oCi  les  replis  sont  disposés  suivant  toules  lesdirec- 
tions.  La  seconde  partie  du  jabot,  de  forme  tronconiquc,  est 
enveloppée  par  les  cscums  intestinaux.  Elle  peut  être  con- 


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APPAREIL   DIGESTIF   DES   ORTHOPTÈRES.  77 

sidérée,  au  pointde  vue  physiologique,  comme  l'Iiomologue 
du  gésier  des  Locustidœ  et  des  Gryllidse.  Les  bourrelets  ou 
replis  internes  sont  larges  el  portent  sur  leur  crête  de  nom- 
breuses petites  dénis,  disposées  en  séries  longitudinales,  de 
forme  triangulaire  ou  conique  et  à  pointe  recourbée  en 
arrière.  Dans  la  moitié  antérieure  du  jabot,  la  Forme  des 
dénis  est,  au  contraire,  bien  différente.  Elles  sont  moins 
puissantes  et  affectent  la  forme  de  petites  aiguilles  cylindri- 
ques, à  pointe  conique  el  acérée.  Enfin,  le  jabot  se  termine 
par  une  portion  lubuleuse,  occupant  l'axe  de  l'origine  de 
l'intestin  moyen  (V.  PI.  VI,  iig.  6  et  7).  Celle  portion  ter- 
minale est  séparée  de  ta  précédente  par  un  sillon  circulaire 
marquant  la  ligne  suivant  laquelle  se  fait  extérieurement 
l'iasertion  de  l'intestin.  C'est  dans  cette  partie  qu'on  cons- 
tate la  présence  des  six  bourrelets  coniques,  en  forme  de  V, 
h  bords  épais,  chitineux  et  présentant,  en  avant,  une  légère 
dépression  triangulaire  (V.  PI.  VI,  fig.  7).  Ces  six  pièces, 
beaucoup  plus  développées  que  celles  des  C£dipodin(e,  nous 
permettent  A' homologuer  l'extrémité  postérieure  du  jabot  au 
gésier  des  autres  Orthoptères.  Du  reste,  le  nombre  prodigieux 
des  denticules  qui  le  garnissent  intérieurement  lui  font  jouer 
un  rôle  identique. 

Vinteslin  moifen  est  court  el,  contrairement  à  ce  qui  a 
lieu  chez  les  autres  insectes,  n'égale  que  la  moitié  environ 
de  la  longueur  de  l'inteslin  terminal.  Il  affecte  la  forme  d'un 
tronc  de  cône,  f»  base  élargie  tournée  en  avant.  C'est  à  son 
origine  qu'il  émet  six  longs  appendices  intestinaux,  h  extré- 
mité antérieure  cylindrique  et  amincie  à  son  sommet. 
Chaque  cscum  présente,  à  l'intérieur,  une  série  de  replis 
longitudinaux  et  émet  en  arrière  un  appendice  en  forme  de 
doigt  de  gant,  dont  la  longueur  n'égale  que  la  moitié  environ 
de  celle  du  cxcum  lui-même. 

Vinlestin  terminal,  à  extrémité  antérieure  élargie,  porte 
h  son  origine  les  tubes  de  Malpigbi.  Ces  derniers,  au  nombre 
de  60  û  80  environ,  sont  disposés  en  plusieurs  toutfes, 
rangées  eu  cercle  et  laissant  entre  elles  de  courts  inter- 


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78 

valles  libi'es.  L'organe  porte  six  bandelelles  longitudinales 
musculaires  et  se  rétrécit  à  mesure  qu'il  s'éloigne  de  l'in- 
testin moyen.  Il  présente  un  étranglement  dans  sa  région 
postérieure,  en  avant  du  rectum  et  porte,  à  sa  Tace  interne, 
une  série  de  replis  longitudinaux,  qui  soûl  surtout  très  ac- 
cusés et  nettement  développés  dans  sa  portion  étroite.  Ces 
replis  sont  sinueux  et  irréguliers  vers  leur  extrémité  termi- 
nale postérieure.  A  la  suite  de  l'étranglement,  l'organe  se 
dilate  brusquement  pour  former  un  rectum,  volumineux  et 
ovoïde,  dont  les  parois  sont  parcourues  longitudinalement 
par  six  bandelelles  Tusiformes,  presque  confluentes.  L'appa- 
reil se  continue  ensuite  par  un  court  pédoncule  cylindrique 
et  s'ouvre  au  dehors  par  l'orifice  anal. 

4'  Tribu  des  CEdipodin^.  —  Œdipoda  cxrulescens  (Lin.), 
Œdip.  miniata  (Pallas),  Psopkus  striduliis  (Lin.),  Pachytylux 
cinerascens  {Fabr.}.  —  (V.  PL  V,  fîg.  2,  3,  7,  8  et  9). 

L'appareii  digestif  àes  Œdipodinx  n'a  encore  été  l'objet 
d'aucun  travail  d'ensemble.  Depuis  L.  Dufour  (1834),  aucune 
élude  générale  n'a  été  faite  sur  ce  sujet.  Ces  Acridiens  pré- 
sentent cependant  un  intérêt  considérable,  tant  par  l'en- 
semble de  leur  organisation  interne  que  par  la  conformation 
toute  spéciale  de  leur  tube  digestif.  Ce  dernier  organe  est 
caractérisé  par  sa  forme  rectiligne,  son  absence  à  peu  près 
complète  de  circonvolutions,  la  réduction  du  pharynx  et  de 
l'œsophage,  l'atrophie  du  gésier,  le  nombre  constant  des 
csecums  intestinaux,  la  longueur,  la  disposition  et  le  nombre 
des  tubes  de  Malpighi,  et  enlin  par  la  forme  simple  et  droite 
qu'affectent  les  intestins  moyen  et  terminal. 

Parmi  les  CXidipodinx,  nous  avonsétudié  successivement  les 
espèces  suivantes  :  Œdipoda  miniata,  Œd.  cxrulescens,  etc., 
très  communes  dans  le  plateau  central  de  la  France,  et  en 
particulier  sur  les  montagnes  granitiques  de  la  Corrèze. 

Les  glandes  salivaîres  de  VŒdipoda  miniata  (Pal.)(V.  PL  V, 
fig.  3)  sont  tout  à  fait  rudimentaires  et  se  composent  de 
deux  petites  grappes  symétriques  par  rapport  au  plan  mé- 
dian du  corps  de  l'insecte.  Chaque  grappe  est  située  au- 


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APPAREIL   DIGESTIP    DBS    ORTHOPTÈRES.  79 

dessous  du  jabot  et  émet  cinq  ou  six  ramiPications  ou 
grappes  secondaires  terminées  par  un  petit  nombre  (3  ou  4) 
d'acini.  Elles  ne  forment  pas  un  massif  épais  et  compact 
enveloppant  la  presque  lolalité  de  la  partie  antérieure  du 
tube  digestif  comme  chez  les  Locustidœ  (V.  le  chapitre 
suivant),  mais  constituent  de  petites  lames  glandulaires 
disséminées  çà  et  là  dans  les  régions  médiane  et  antérieure 
du  mésothorax.  Les  acinï  glandulaires  sont  sphériques,  pour- 
vus d'une  cavité  interne  et  d'un  canalicule  excréteur.  Ce 
dernier  présente,  comme  chez  les  autres  Orthoptères,  une 
couche  épitbéliale,  recouverte  à  l'intérieur  par  une  mince 
membrane  chitineuse  pourvue  d'anneaux  spirales.  Les  divers 
canalicules  vont  s'ouvrir  dans  un  conduit  efTérent  unique 
qui  traverse  la  partie  inférieure  de  la  lêle,  passe  au-dessous 
des  ganglions  sous-oesophagiens  et  va  s'ouvrir  en  avant  de 
l'orifice  buccal.  Il  n'y  a  pas  ici  fusion  des  deux  conduits,  et 
les  orifices,  bien  qu'adjacents,  sont  néanmoins  nettement 
séparés.  Les  réservoirs  salkaires  sont  inconsfanls  et  tout  à 
fait  rudimentaires.  —  Chez  l'Œdipoda  cxrulescens  (Lin.),  les 
glandes  salivaires  sont  un  peu  plus  développées  que  chez 
l'espèce  précédente  et  présentent,  dans  la  partie  antérieure 
du  mésolhorax,  un  plus  grand  nombre  de  petites  grappes. 
Les  canalicules  excréteurs  et  les  deux  canaux  efTérents  affec- 
tent à  peu  près  la  même  forme  et  la  même  structure  que 
chez  rCEdipoda  miniata. 

V  appareil  digestif  des  OKdipodinae  est  droit  et  placé  suivant 
l'axe  du  corps  de  l'insecte  qu'il  ne  dépasse  pas.  Sa  forme 
générale  rappelle  assez  bien  celle  de  l'organe  digestif  des 
Phasmidee,  dont  elle  diffère  cependant  par  la  présence  de 
six  cœcums  intestinaux  et  par  certains  détails  de  structure 
interne  (V.  PI.  V,  fig.  3).  L'appareil  est  maintenu  dans  une 
position  Bxe  par  de  nombreux  faisceaux  trachéens  provenant 
de  tubes  respiratoires  dirigés  presque  perpendiculairement 
nu  plan  vertical  du  corps.  Les  touffes  trachéennes  sont  sur- 
tout abondantes  vers  la  région  médiane  de  l'organe. 

Le  pharynx  de  l'Œdipoda  miniata  et  celui  de  YŒd.  cœrit- 


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80  !<■  B«m»AS. 

lescens  sont  très  courts  el  situés  dans  la  région  cépbalique. 
Leurs  parois  sont  épaisses  et  striées  iotérieurement. 

Uœso/ihage  est,  de  même,  rudimentaire  et  réduit  h  un 
étranglement  étroit  compris  entre  le  jabot  et  le  pharynx. 

Lejaàot,  contrairement  à  ce  qui  a  lieu  pour  les  deux  pre- 
mières portions  de  l'appareil,  est  très  volumineux  et  occupe 
la  presque  totalité  du  thorax.  C'est  un  organe  fiisiforoie, 
allongé,  renflé  en  son  milieu,  rétréci  à  ses  deux  extrémités 
el  recouvrant  une  partie  des  glandes  salivaires,  ainsi  que  le 
massif  des  muscles  Ihoraciques,  moteurs  des  appendices. 
La  structure  de  cet  organe  est  très  remarquable  et  com- 
plètement dilTérenle  de  celle  que  nous  présentent  les  autres 
Orthoptères.  Ses  parois  offrent  à  considérer  trois  couches, 
dont  deux  sont  musculaires  et  l'autre  chitineuse.  Les  couches 
musculaires  sont  formées  par  deux  assises  de  muscles,  les 
uns  disposés  longiludinalemenl  el  les  autres  circulairement. 
La  couche  circulaire  est  de  beaucoup  la  plus  épaisse  :  elle 
atteint  son  maximum  d'épaisseur  vers  la  partie  postérieure 
de  l'organe,  un  peu  au-dessus  de  la  ligne  d'insertion  des  cx- 
cums  intestinaux  (V.  PL  V,  fig.  7).  La  lamelle  chitineuse 
interne  présente  une  structure  variable  suivant  les  régions 
considérées.  Dans  ses  2/5  antérieurs,  elle  est  parcourue  par 
une  série  de  bandelettes  sinueuses  dues  h  un  épaississement 
chilineux,  dont  le  bord  supérieur  libre  est  hérissé  de  petites 
pointes  ou  dents  coniques  placées  en  séries  transversales. 
Chaque  bandelette  interne  ne  porte  qu'une  seule  ligne  de 
pointes  et  est  disposée  circulairement  dans  un  plan  perpen- 
diculaire à  l'axe  du  corps  de  l'iusecle.  A  la  suite  de  cette 
première  partie,  existe  une  seconde  région  très  étroite,  à 
caractères  intermédiaires  entre  ceux  de  la  portion  précé- 
dente et  de  la  suivante.  Dans  celte  région,  en  effet,  on  cons- 
tate la  présence  de  bourrelets  plissés,  sinueux,  dirigés  en 
tous  sens  el  limitant  de  la  sorte  des  quadrilatères  irrégu- 
hers  de  toutes  dimensions.  A  la  suite  de  cette  zone  intermé- 
diaire, vient  la  région  postérieure  à  structure  très  caracté- 
ristique. Sa  membrane  chitineuse  interne  est  parcourue  par 


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APPAREIL    DIGBSTIK    DES    ORTHOPTÈRES.  81 

de  nombreux  bourrelets  à  peu  près  rectilignes,  mais  par- 
fois sioiietix  et  à  direction  longitudinale.  Entre  chnque 
bourrelet  existe  un  sillon,  sorte  de  gouttière  à  fond  légère^ 
ment  plissé  et  parallèle  aux  bourrelets.  Le  nombre  de  ces 
derniers,  convergeant  vers  la  partie  postérieure,  est  très 
variable  :  ainsi,  j'en  ai  compté  82  dans  la  région  mé- 
diane, 70  un  peu  au-dessus  et  enlin  50  seulement  vers  l'ex- 
Irémilé  postérieure.  Leur  surface  libre  est  hérissée  de  petites 
dents  coniques,  à  base  élargie,  beaucoup  plus  puissantes  que 
celles  situées  dans  la  région  antérieure  (V.  PL  V,  tig.  2  et  7) . 
Ces  dents,  généralement  isolées  et  disposées  en  séries  lon- 
gitudinales, sont  parfois  accouplées  par  paires.  Les  divers 
replis  de  la  face  interne  du  jabot  vont  converger  h  la  partie 
postérieure  vers  six  lamelles  chitineuses  brunâtres,  de  forme 
triangulaire,  à  extrémité  postérieure  émoussée  et  à  bords 
arrondis  et  disposés  en  V  (V,  PI.  V,  fig.  7).  La  portion  mé- 
diane de  ces  lamelles  est  concave  et  va  en  se  dilatant  d'ar- 
rière en  avant.  Sur  une  coupe  transversale  elles  affectent 
des  formes  variables  suivant  les  régions  observées  :  dans  la 
partie  antérieure  elles  présentent  l'aspect  de  coupelles  mu- 
nies d'une  tige,  tandis  que  dans  la  région  postérieure,  elles 
alTectent  la  forme  soit  de  champignons,  soit  de  clous  à  tige 
très  courte.  Entre  chaque  lamelle,  qu'on  peut  homologuer 
aux  colonnes  masticatrices  du  gésier  des  Gryllidae  et  des 
LocustidsFï,  mais  qui  en  diffèrent  complètement  par  leur 
forme,  existe  une  dépression  triangulaire,  h  base  dirigée  en 
arrière,  vers  l'origine  de  l'intestin.  Celte  concavité,  aplatie 
en  avant,  présente,  vers  sa  portion  terminale,  de  faibles  dé- 
pressions se  terminant  au  bord  sinueux  delà  valvule  posté- 
rieure {V.  PI.  V,  fig.  7).  Les  bords  des  lamelles  chitineuses 
terminales  sont  arrondis  et  leur  surface  libre,  ainsi  que  leur 
région  médiane.  Elles  sont  hérissées  de  petites  pointes  ou 
aspérités  chitineuses  coniques,  très  courtes, àexirémilé  acérée 
et  agissant  sur  les  aliments  comme  une  sorte  de  râpe.  Cette 
portion  terminale  du  jabol,  de  forme  conique,  peut  donc 
être  considérée  comme  l'homologutr  du  gésier  des  autres 

AVU,    se.    SAT.    ZOOL.  V,    6 


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8Z  I(.  BOBBAS. 

Orthoptères  (V.  PI.  V,  fig.  9).  Elle  en  diiïère  oepeDdaat  par 
sa  forme,  sa  structure  et  l'atrophie  presque  compicle  de  sud 
armature  masticatrice,  représentée  seulement  par  les  six 
petites  lamelles  chitineiises  rudimentaires  que  nous  venons 
de  décrire.  La  portion  terminale  de  l'organe  est  limitée  par 
un  bourrelet  circulaire  à  bords  sinueux,  jouant  le  rôle  de 
valvule,  où  viennent  aboutir  de  légers  replis  partant  de  l'es- 
pace triangulaire  compris  entre  les  lamelles  {V.  PI.  V,  fig.  7 
et  9).  Les  callosités  en  forme  de  Y  qui  limitent  l'orifice 
postérieur  du  jabot,  dont  parle  L.  Dufourà  propos  de  l'ap- 
pareil digestif  des  Acridiens,  ne  sont  donc  point  des  dents, 
mais  bien  des  lamelles  chitineuses,  de  couleur  brun  foncé, 
triangulaires,  à  bords  relevés,  arrondis  et  hérissés  de  petites 
pointes  cornées. 

Vinteslin  mot/en  est  très  court  et  égale  à  peine,  comme 
étendue,  le  quart  de  la  longueur  totale  de  l'appareil  digestif. 
C'est  un  tube  droit,  presque  cylindrique  el  à  diamètre  an- 
térieur plus  grand  que  le  postérieur.  Ses  parois  externes 
sont  lisses  et  les  internes  présentent  des  replis  épiihéliaux 
destinés  h  augmenter  la  surface  digestive  de  l'organe.  Elles 
comprennent  deux  couches  musculaires,  l'une  longitudinale 
et  l'autre  annulaire  et  une  membrane  épilhéliale  interne 
plissée  et  pourvue  de  cellules  cylindriques.  A  son  origine, 
viennent  déboucher  les  caecums  intestinaux,  au  nombre  de 
six.  Ces  appendices  ne  sont  que  des  dépendances  de  l'intes- 
tin moyen,  ainsi  que  le  prouvent  leurstructure  et  leur  mode 
d'insertion.  Ces  organes  diffèrent  par  leur  forme  de  ceux 
que  nous  avons  décrits  dans  les  autres  familles  de  l'ordre 
des  Orthoptères.  Chez  les  Œd'tpoda  cxmlexcens  ci  Œdip.  nii- 
nwtto(V. PI. V.ilg. 3), ils  affeclentlaformede  tubes  coniques, 
à  sommet  émoussé  et  aminci,  à  surface  externe  régulière  ou 
légèrement  sinueuse  et  à  base  inférieure  élargie,  s'ouvrant 
à  l'extrémité  antérieure  de  l'intestin  moyen.  Leur  orifice,  en 
forme  de  boutonnière  ovale,  est  situé  au-dessous  de  la  val- 
vule annulaire  qui  termine  le  jabot.  Les  six  orilîces,  de 
même  forme,  sont  disposés  suivant  une  ligne  circulaire  et 


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APPAREIL    DIGESTIF    DES    ORTHOPTÈRES.  83 

séparés  l'un  de  Taulre  par  une  cloison  longitudinale  trè& 
étroite  {V.  PI.  V,  fig.  2).  Pourvoir  très  nettement  tous  ces 
orifices,  il  suffit  de  fendre  l'organe  suivant  son  axe  antéro- 
postérieur.  Les  sLv  cœcnms  adhèrent  aux  parois  du  gosier 
grâce  à  de  nombreux  filaments  trachéens  et  enveloppent  la 
partie  postérieure  du  jabot,  comme  le  calice  persistant  d'une 
fleur  enveloppe  le  fruit  eu  voie  de  maturité.  L'examen  ex- 
terne montre  que  les  diverticules  intestinaux  sont  parcourus 
longitudinalement  par  de  faibles  sillons  correspondant  à  des 
bourrelets  internes.  Les  coupes  hislologiques  prouvent,  en 
effet,  l'existence,  à  l'intérieur  de  chaque  tube,  d'une  série 
de  plissements  épithéliaux  très  nombreux  (de  6  à  15)  et  di- 
rigés, comme  les  rayons  d'une  roue,  vers  l'axe  de  l'organe 
{V.  PI.  V,  fig,  2  et  8).  A  l'intérieur  existe  une  double  couche 
de  fibres  annulaires  el  longitudinales.  Chacun  de  ces  six 
excums  est  pourvu  d'un  appendice  conique  de  même  forme 
et  de  même  structure,  mais  de  longueur  deux  fois  moindre 
que  celle  de  ces  derniers  (V.  Pi.  V,  fig.  2).  Ils  sont  coniques 
comme  les  premiers  et  pourvus  comme  eux  de  replis  épi- 
théliaux internes.  Ils  adhèrent,  grâce  à  des  faisceaux  tra- 
chéens, à  la  partie  antérieure  de  l'intestin  moyen.  lU  com- 
muniquent directement  avec  les  cœcums  antérieurs  et  vont 
déloucher  dans  l'intestin  par  les  mêmes  orifices  que  ces 
derniers,  contrairement  à  l'opinion  émise  par  L.  Dufour, 
qui  a  écrit  que  l'ouverture  des  bourses  veniricutaires  (cx- 
ciims  ou  appendices  intestinaux)  n'établit  entre  ces  der- 
nières et  leurs  appendices  aucune  voie  directe  et  immédiate. 
Au  contraire,  ainsi  qu'on  peut  facilement  s'en  assurer,  les 
orifices  intestinaux  sont  communs  aux  cœcums  antérieurs 
et  à  leurs  appendices  postérieurs  (V.  PI.  V,  fig.  2). 

Vintest'm  postérieur  est  court  et  ne  présente  qu'une  légère 
sinuosité  un  peu  en  avant  du  rectum.  A  son  origine,  existe 
une  valvule  circulaire,  au-dessous  de  laquelle  est  situé  un 
sillon  peu  profond  où  viennent  déboucher  les  tubes  de 
Malpighi.  Ces  glandes,  au  nombre  de  80  à  100,  sont  grou- 
pées en  un  nombre  variable  de  faisceaux,  allant  s'ouvrir 


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84 

au  sommet  de  petits  tubercules  disposés  circulairement 
{V.  Pl.V,  fig.  3).  Leslubes  uriques  sont  allongés,  filiformes, 
sÏDueux  el  h  sommet  libre  arrondi.  Ils  forment  plusieurs 
touffes  dirigées,  les  unes  en  avant,  recouvrant  en  partie  l'in- 
testin moyen  et  ses  appendices,  et  lesautres  en  arrière,  dis- 
posées sur  les  organes  génitaux  el  le  rectum.  —  Les  parois 
internes  de  l'intestin  terminal  présenlent  un  certain  nombre 
de  bourrelets  longitudinaux  sinneux  qui  vont  s'atlénuant 
peu  à  peu  jusqu'au  rétrécissement  antéreclal.  Avant 
d'arriver  au  rectum,  l'organe  diminue  de  diamètre  et  décrit 
une  faible  sinuosité.  11  se  dilate  ensuite  en  une  ampoule  rec- 
tale fusiforme,  séparée  du  reste  de  l'organe  par  une  valvule 
antérieure,  formée  par  six  bourrelets  pyramidaux,  à  la  suite 
desquels  viennent  six  épaississements  équidislants  et  ana- 
logues aux  glandes  rectales  des  Hyménoptères.  Le  rectum  se 
continue  par  un  court  pédicule  cylindrique,  s'oiivrant  au 
debors  par  l'orilice  anal,  situé  au-dessus  de  l'ouverture 
génitale. 

h'appareil  digestif  de  VŒdipoda  cmrulescens  présente  des 
caractères  à  peu  près  identiques  &  ceux  que  nous  avons  dé- 
crits cbcz  VŒdifiiida  miniata. 

Le  tube  digestif  Aa  Psophus  slridulus  (Lin.)  se  rapprocbe 
beaucoup,  par  l'ensemble  de  ses  caractères,  de  celui  du 
Caloptenus.  Le  jabot  est  gros,  volumineux  et  remplit  la 
presque  totalité  du  thorax.  Les  appendices  intestinaux  sont 
identiques,  par  leur  forme  et  leur  disposition,  h  ceux  de 
l'espèce  précédente.  L'intestin  moyen  est  court,  cylindrique, 
plissé  inlérieiiremenl  et  la  structure  de  ses  parois  est  à  peu 
près  analogue  à  celle  des  OlCdipodes.  L'intestin  posiérieur 
est  mince  ei  son  diamètre  n'est  égal  qu'à  la  moitié  environ 
de  celui  de  l'intestin  moyen.  Ses  parois  présenlent  six  re- 
plis internes  très  accusés  et  semblables  à  ceux  dt-s  espèces 
précédentes.  Cet  organe  est  droit  et  se  trouve  placé  suivant 
l'axe  des  deux  tiers  postérieurs  de  l'abdomen.  C'est  à  son 
origine  que  viennent  déboucber  les  lubes  de  Malpigbi.  Ces 
glandes,   très   nombreuses  {70  à  80).  sont  disposées  en 


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APPAREIL   DIGESTIF   DES   ORTHOPTÈRES.  85 

groupes  ou  faisceaux  au  nombre  de  cinq  ou  six.  Elles  sont  en- 
chevêtrées entre  elles  et  forment  plusieurs  louiïes,  dont  les 
unes  recouvrent  la  partie  postérieure  de  l'inteslia  moyen,  et 
les  autres  enveloppent  l'inleslin  terminal  dans  presque  toute 
sa  longueur.  Le  rectum  est  allongé,  ovoïde  et  présente, 
dans  son  ensemble,  l'apparence  de  celui  des  Caloplenus. 

Les  Packytylus  cinerascens  (Fabr.),  très  voisins  des  Pso- 
plius,  possèdent  un  appareil  digestif  h  peu  près  semblable  à 
celui  de  ces  derniers.  L'organe  a,  dans  son  ensemble,  une 
formedroite.lejabotest  court  et  enveloppé  en  gi-ande  parlie 
par  les  capcums  intestinaux.  Ces  derniers  sont  pourvus  d'ap- 
pendices postérieurs  très  courts.  L'inleslin  moyen  n'occupe 
que  les  deux  ou  trois  premiers  segments  abdominaux.  L'in- 
teslÎQ  terminal  esl  mince  el  plissé  intérieurement  et  les 
tubes  de  Malpighi,  très  nombreux,  sont  disposés  circulaire- 
menl  en  plusieurs  faisceaux  enveloppantlaplusgrande  parlie 
de  l'organe.  Le  rectum  esl  identique  à  celui  des  Psophtis. 

5°  Tribu  des  Thuxau.n.^  (1).  —  Les  espèces  indigènes  de 
celle  Iribu  soûl  très  nombreuses;  aussi,  avons-nous  pu  en 
disséquer  une  grande  variélé  d'échantillons.  Parmi  les  es- 
pèces que  nous  avons  eues  à  notre  disposition  et  que  nous 
avons  éludiées,  noua  pouvons  citer  les  suivantes  :  Slenobo- 
thrus  linealus  (Panz.),  Si.  stigmaticus  (Uamb.),  St.  bkolor 
(Charp.),  St.  puldnatm  (Fisch.),  St.  longtconm  (Lalr.), 
Meeosthelus  grossus  (Lin.),  Tntxalis  unguiculata  (Ramb.), 
Truxalis  nasuta  (Fabr.),  Parapleiirus  alliacei/s  (Germ.), 
Ëpacromia  thalassina  (Fabr.),  Gomphocenis  maculatus 
(Thumb.),  etc. 

Nous  avons  étudié  Vapparetl  digestif  {\.  PI.  VII,  fig.  1), 
chez  cinq  espèces  appartenant  au  genre  Stenobotkrus  et 
avons  trouvé  partout  un  organe  ii  peu  près  uniforme  ou  pré- 
seolanl,  d'une  espèce  à  l'autre,  des  différences  tout  à  fait 
insigni fiantes  ;  aussi,  pour  ne  pas  nous  répéter,  allons-nous 

(1)  Pour  celte  tribu,  ainsi  que  pour  toutes  celles  de  la  famille  des  Acri- 
iitcte,  noai  avons  suivi  la  classification  adoptée  par  M.  Edm.  Perrier  dans 
»on  TniUé  de  Znologit,  p.  1337. 


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86  Xj.  borda« 

décrire  cet  organe  chez  une  espèce  1res  commune  dans  le 
ceatre  de  la  France,  \e  Stenoèolkrns  lineatus.  Chez  cette  es-- 
pèce,  le  tube  digestif  est  presque  droit  et  placé  dans  l'axe  du 
corps  de  l'insecte  (V.  PL  VH,  fig.  i).  Il  ne  présente  qu'une 
courbure  peu  accentuée  dans  sa  dernière  partie,  c'esl-à-dire 
vers  la  région  médiane  rétrëcie  de  l'intestin  postérieur,  un 
peu  en  avant  du  rectum.  Ses  principaux  caractères  disllnclirs 
consistent  en  l'atrophie  presque  complète  des  appendices 
postérieurs  des  cœcums  intestinaux,  en  le  petit  nombre  et  le 
mode  d'inserlion  des  tubes  de  Malpighi  et  surtout  en  la  pré- 
sence d'une  Taible  courbure  h  l'inlestin  terminal.  Ces  di- 
verses particularités,  plus  ou  moins  accentuées,  se  retrouvent 
dans  toutes  l<?s  espèces  du  genre  Stenobolbrus.  D'autre  part, 
le  gésier,  si  nettement  limité  et  si  caractéristique  chez  les 
Locustidat  (V.  le  chapitre  suivant),  est  ici  peu  apparent  cl 
confondu  avec  la  portion  postérieure  du  jabot. 

Le  pharynx  du  Stembothrvs  lineatus  est  court,  rectangu- 
laire, aplati  transversalement  el  pourvu  d'une  enveloppe 
musculaire  épaisse  qui  se  prolonge  jusqu'à  la  lèvre  supé- 
rieure. A  son  entrée  existent  un  certain  nombre  de  stries, 
surtout  abondantes  vers  la  base  de  l'orifice. 

Vœ.Hophage  qui  fait  suite  au  pharynx  présente,  comme  ce 
dernier,  la  forme  d'un  tube  cylindrique,  à  parois  muscu- 
laires striées  à  l'intérieur  dans  le  sens  longitudinal  el  re- 
liées, par  l'intermédiaire  de  muscles  issus  de  la  face  externe, 
aux  régions  latérales  céphaliques.  A  sa  sortie  de  la  tèle,  l'or- 
gane présente  une  légère  constriction,  puis  se  dilate  de 
nouveau  progressivement  pour  se  continuer,  sans  ligne  de 
démarcation  nette,  avec  le  jabot. 

Le  Jabot  (V.  PI.  VI,  fig.  5  et  8)  est  un  organe  volumineux, 
ovoïde,  plissé  extérieurement  et  à  parois  musculaires  très 
épaisses.  Sa  région  médiane  est  rentlée,  puis  déprimée  et 
conique  b.  sa  partie  postérieure  comprise  entre  les  six  appen- 
dices intestinaux.  Ses  parois  sont  très  épaisses  et  composées 
de  membranes  musculaires  dont  la  plus  épaisse  est  la  mem- 
brane annulaire.  A  l'intérieur,  existe  une  couche  chilineuse 


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APPAREIL   DIGESTIF    DES   ORTHOPTÈRES.  87 

qui  recouvre  l'organe  lout  entier  et  présente  une  série  de 
replis  à  direction  variable.  Les  premiers  sont  disposés  trans- 
versalement et  tirent  leur  origine  de  deux  bandelettes  chili- 
neuses  situées  à  la  Face  ventrale.  Ces  bandelettes,  parallèles 
à  leur  origine,  vonten  divergeant  vers  leur  partie  postérieure 
et  présentent  une  série  de  bourrelets  recouverts  de  petites 
denticules  coniques,  aiguës  et  chilineuses.  Les  bandelettes 
transvjersales  sont  à  peu  près  parallèles  et  situées  dans  des 
plans  perpendiculaires  à  Taxe  du  corps  de  l'insecte.  Elles 
sont  légèrement  convexes  et  recouvertes,  les  trois  premières, 
par  de  nombreuses  pointes  cbitineuses  coniques  et  à  base 
élargie  implantée  dans  la  lamelle.  Les  suivantes,  sortes  de 
bourrelets  annulaires,  ne  portent  qu'une  série  unique  de 
deolicules  à  extrémité  tournée  en  arrière,  vers  l'intestin. 
Dans  la  région  médio-interne,  les  bourrelets  chitineux  de- 
viennent irréguliers  et  forment  une  zone  annulaire  treillissée, 
à  la  suite  de  laquelle  ils  prennent  une  direction  longitudinale 
{V.  PI.  VI,  fig.  5 et  8).  Cette  seconde  portion  du  jabot  doit 
être  considérée  anatomiquement  comme  l'homologue  du 
gésier  des  Locustidfe,  car  c'est  à  son  origine  que  sont  situés 
les  ganglions  ventraux  du  système  sus-Jnlestinal.  Chez  les 
autres  Orthoptères,  ces  mêmes  ganglions  occupent  une  po- 
sition fixe  à  l'origine  du  gésier  ou  de  son  pédoncule  anté- 
rieur. Les  bandelettes  de  la  seconde  portion  du  jabot  sont 
hérissées  de  petites  pointes  chilineuses  et  vont  converger 
vors  six  plaquettes  disposées  en  V  et  analogues  à  celles  que 
nous  avons  décrites  chez  les  CMildipodinse.  Donc,  par  la  na- 
ture et  la  disposition  de  son  enveloppe  chitineuse  interne, 
la  partie  postérieure  du  jabot  joue,  chez  les  Acridiid^,  le 
même  rôle  que  le  gésier  des  Gryllides  et  des  Locustes.  Grâce 
à  la  présence  de  ses  soies  et  pointes  chitineuses  multiples, 
le  jabot  râpe  les  aliments  et  exerce  sur  eux  une  action  tritu- 
rante tout  comme  le  font  les  dents  acérées  des  plus  puis- 
santes armatures  de  gésier. 

L'intestin  mot/m,  qui  fait  suite  au  jabot,  est  un  tube  cylin- 
drique très  court,  légèrement  élargi  à  son  origine  où  s'insèrent 


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88  iA.   BORDAS. 

six  cœcums  inleslinaux  (V.  PI.  VII,  fig.  1).  Ces  organes,  dont 
la  structure  hJslologique  est  identique  à  celle  de  l'intestin, 
sont  des  appendices  lubuleux,  régulièrement  cylindriques  eï 
terminés  à  leur  extrémité  antérieure  libre  par  une  pointe 
émoussée.  Leur  surface  extérieure  est  lisse,  mais  l'intérieure 
présente  une  série  de  replis  longitudinaux  divisant  la  cavité 
centrale  en  plusieurs  loges.  Ils  enveloppent,  en  l'embrassant 
étroitement,  la  portion  terminale  du  jabol,  celle  qui,  mor- 
phologiquement et  physiologiquement,  correspond  au  gésier 
des  Grillons.  Ils  s'ouvrent,  à  l'origine  de  l'intestin  moyen, 
par  des  orifices  circulaires  disposés  symétriquement.  Ces 
cœcums  sont  pourvus,  vers  leur  point  d'insertion  au  tube 
digestif,  de  petits  appendices  coniques  1res  courts  et  i 
sommet  dirigé  en  arrière.  Chez  tous  les  SIenobolhrus,  ces 
appendices  sont  tout  à  fait  rudimentaires  et  beaucoup  plus 
courts  que  chez  les  Œdipodinse  où  ils  atteignent  parfois  une 
longueur  égale  k  la  moitié  de  celle  des  caecums  antérieurs. 
Les  parois  de  l'intestin  moyen  comprennent  une  couche  de 
fibres  longitudinales  disposées  en  une  série  de  petits  fais- 
ceaux de  couleur  blanchâtre,  très  visibles  extérieurement, 
une  couche  de  fibres  circulaires  plus  épaisse  que  la  précé- 
dente, et,  tout^  fait  à  l'intérieur,  une  membrane  épithéliale 
présentant  de  nombreux  replis. 

L'iniestin  postérieur,  qui  vient  &  la  suite  du  précédent,  a  une 
longueur  plus  grande  que  celle  de  ce  dernier  cl  présente 
une  courbure  en  avant  du  rectum.  Sa  première  partie  est 
conique  et  porte  de  nombreux  tubes  de  Malpighi  disposés 
circuiairemenl  k  son  origine.  Ces  organes,  au  lieu  de  dé- 
boucher séparément,  se  réunissent  par  touffes  disposées  à 
peu  près  h  égale  distance  les  unes  des  autres.  Le  nombre  des 
tubes  de  Malpighi,  moins  élevé  que  chez  les  Locuslides,  est 
compris  entre  30  et  40.  La  première  portion  de  l'intestin 
terminal,  dont  la  structure  est  à  peu  près  identique  à  celle 
de  fintestin  moyen,  se  rétrécit  peu  à  peu  et  se  continue 
par  un  tube  droit  qui  décrit  tout  d'abord  une  courbe, 
Se  relève  vers  la  face  dorsale,  pour  se  diriger  ensuite  ea 


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APPAREIL    DIGESTIF    DES    OtlTHOPTÈRES.  89 

arrière  et  se  continuer  par  le  rectum.  La  struclure  interne 
de  la  portion  rélrécie  diffère  de  celle  de  la  première  partie 
de  l'intestin  :  elle  présente  une  série  de  bandelettes  internes, 
au  nombre  de  six  à  huit,  plissées,  sinueuses,  irrégulières  et 
lermioées,  en  avant  du  rectum,  par  six  bourrelets  coniques, 
constituant  une  sorte  de  valvule.  Le  rectum  est  un  organe 
volumineux,  fusiforme  et  placé  entre  les  extrémités  termi- 
nales des  organes  génitaux.  Sa  struclure,  identique  chez 
toutes  les  espèces  de  la  Tamille,  comprend  six  bandelettes 
longitudinales,  dues  à  des  épaississements  épïthéliaux, 
presque  coufluentes,  ou  séparées  les  unes  des  autres  par 
des  dépressions  très  étroites. 

Chez  toutes  les  autres  espèces  du  genre  Stenoboihrus,  l'ap- 
pareil digestif  présente  une  forme  et  une  structure  6  peu 
près  identiques  h  celles  que  nous  venons  de  décrire  chez  le 
Stenobothrus  lineatus. 

L'appareil  digestif  du  Mecost/ielus  grossus  (Linné)  pré- 
sente les  plus  grandes  ressemblances  avec  celui  des  Steno- 
bothrus (V.  PI.  VII,  6g.  3}.  Comme  celui  de  ces  derniers, 
il  est  à  peu  près  rectiligne  et  décrit,  un  peu  avant  le  rec- 
tum, une  courbe  à  direction  verticale.  La  seule  différence 
consiste  dans  la  forme  qu'affectent  les  caecums  intestinaux. 
Chez  les  Mecosthelus,  ces  caecums  sont  beaucoup  plus 
allongés  que  chez  les  Stenobothrus;  ils  sont  renflés  à  leur 
base,  puis  vont  en  diminuant  progressivement  de  diamètre 
à  mesure  qu'ils  se  dirigent  en  avant,  de  sorte  que  leur 
eitrémité  antérieure  présente  la  forme  d'un  tube  conique 
à  parois  irrégulières  et  pourvues  de  nombreux  replis  in- 
ternes. D'autre  part,  les  appendices  postérieurs  des  cx- 
eums  sont,  de  même,  beaucoup  plus  développés  que  ceux 
des  espèces  précédentes  (V.  PI.  VII,  fig.  3).  Une  faible 
dépression  circulaire  externe  marque  leur  origine  et  la 
ligne  de  séparation  de  leurs  congénères  antérieurs.  Ils  se 
dirigent  en  arrière  et  affectent  la  forme  de  petits  tubes 
cylindro-coniques  légèrement  amincis  à  leur  sommet.  Les 
tubes  de  Malpighi  sont  constitués  par  de  potits  filaments 


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90 

flexueux  et  cylindriques,  courls,  réunis  par  groupes  de  qua- 
tre à  sept  el  insérés  circulairement  à  l'exlrémilé  antérieure 
de  l'inlestio  lerminal.  Leur  nombre  varie  de  50  à  60,  et  celui 
de  leurs  faisceaux  de  neufà  douze. 

Chez  les  Truxalis  unguiculata  (Ramb.),  Tr.  nasula 
(Fabr.),  Xappareil  digestif  (V.  pi.  VII,  fig.  2)  a  une 
conformalion  très  simple  et  difTère  de  celui  des  autres 
genres  appartenant  à  la  famille  des  Tkuxalin^  [StenohO' 
Ikrus,  Parapleurus,  EpncromUi,  Gomphoceriis,  elc...),  par  la 
forme  cylindrique  du  jabot  et  la  disposition  allongée  et  fusi- 
forme  du  rectum. 

Le  pharynx  est  très  court  et  affecte  l'apparence  d'un  en- 
tonnoir. L>x07>Aa^e,  également  très  réduit,  est  au  contraire 
cylindrique  (V.  PI.  VU,  fig.  2). 

Lq  jabot  f{\x\,  chez  la  plupart  des  Acridiens,  est  fusiforme 
et  renflé  dans  sa  région  médiane,  est  ici  au  contraire 
presque  cylindrique.  Il  est  placé  dans  l'ave  du  thorax, 
qu'il  traverse  dans  presque  toute  sa  longueur  jusqu'à  l'ori- 
gine de  l'abdomen.  Sa  portion  antérieure  seule  offre  un 
léger  rétrécissement  et  le  reste  de  l'organe  présente  à  peu 
près  uniformément  le  même  diamètre.  Ses  parois  sont 
épaisses  el  pourvues  d'une  double  couche  musculaire.  A 
l'intérieur  existe  une  membrane  chitineuse,  pouvant  faci- 
lement se  séparer  de  la  paroi  et  pourvue  de  nombreux  plis- 
sements. Ces  derniers  sont  dirigés,  dans  la  partie  posté- 
rieure, suivant  l'axe  de  l'organe.  Dans  cette  région,  ils 
prennent  une  direction  parallèle  et  sont  munis,  à  leur  face 
supérieure,  de  petites  denticulalions  coniques.  C'est  cette 
portion  terminale  dujabot  qui  joue  le  rôle  de  gésier  au  point 
de  vue  de  la  mastication  des  aliments. 

L'intestin  moyen  est  droit  et  uniformément  cylindrique. 
Il  occupe  l'axe  des  quatre  premiers  segments  abdomi- 
naux et  mesure  environ  le  quart  de  la  longueur  totale 
de  l'appareil  digestif.  A  son  origine,  viennent  s'ouvrir  les 
six  appendices  intestinaux,  amincis  et  cylindriques  à  leur 
partie  antérieure,   mais   renflés  à  leur  point  d'insertion. 


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APPAREIL    DIGESTIF    DES   ORTHOPTÈRES.  91 

Ces  appendices  porlenl,  en  arrière,  six  courts  caecums. 
Vinleslin  terminal  comprend  deux  parlies  très  nettes  : 
l'une  antérieure,  large  et  cylindrique,  et  l'autre  posté- 
rieure, amincie  et  recourbée.  La  portion  antérieure  porte, 
h  son  origine,  les  tubes  de  Malpighi  peu  nombreux  (40  à  50), 
allongés,  flexueux,  lîlirormes  et  disposés  en  faisceaux  comme 
chez  les  autres  Acridiens.  La  portion  terminale  de  Tintes- 
4in  est  amincie  et  décrit  une  légère  courbure;  elle  se  dilate 
ensuite  pour  constituer  le  rectum.  Celui-ci  est  très  allongé 
comparativement  ix  celui  des  autres  espèces.  ïl  est  fusi- 
forme  et  porte,  disposées  longiludinalement,  six  longues 
bandelettes  ou  épaissi ssements  glandulaires  internes,  ana- 
logues aux  glandes  rectales  des  Hyménoptères  (V.  pi.  Vil, 
fig.  2}. 

HISTOLOGIE  DE  L'APPAREIL  DIGESTIF  DES 
ACRIDlIDyE.  —   RÉSUMÉ. 

(V.  pour  l'bislologie,  les  PI.  V,  fig.  8  et  9;  PI.  VI, 
(ig.  9  et  10,  et  PI.  VII.  fig.  4,5,  6). 

.Nous  avons  étudié  la  structure  des  difTérenles  parties  de 
Vap/mreil  digestif  chez  quatre  espèces  appartenant  à  la  fa- 
mille des  AcRfDiiDiG,  à  savoir  :  YŒdipoda  miniala,  VŒd. 
cœrulescens,  le  Slenobothrm  lineatus  et  le  Mecosthettis 
grossus. 

La  bouche  est  une  cavité  plus  ou  moins  volumineuse, 
dirigée  obliquement  et  en  bas  par  rapport  à  l'axe  du  corps 
de  l'insecte  el  limitée,  en  haut  et  en  avant,  par  le  labre  ou 
lèvre  supérieure,  latéralement  par  les  mandibules  et  les 
mâchoires  aniérieures,  el  en  bas  par  la  lèvre  inférieure. 

Le  pharynx,  très  court  chez  tous  les  Orthoptères,  com- 
prend trois  couches  :  une  couche  musculaiie  annulaire  très 
épaisse,  sur  laquelle  repose  une  assise  de  petites  cellules 
rectangulaires,  h.  noyau  central  sphérique,  génératrice  de 
l'enveloppe  chitineuse  et  qu'on  peut  appeler  assise  chiti- 
nogène.  Le  tout  est  enveloppé  par  une  membrane  chitineuse 


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92 

plissée.  Celle  struclure  est  commune  à  VŒdipoda,  ainsi 
qo'ati  Slenoàolkrus  et  au  Mecosthetm. 

h'œsopk'ige  unit  le  pharynx  au  jabot  et  présente  à  peu 
près  la  même  sfruclure  que  le  premier;  il  n'en  diffère  que 
par  la  présence  d'une  très  mince  couche  de  fibres  muscu- 
laires longitudinales  externes. 

Pour  l'élude  du  jabot,  nous  allons  considérer  une  par- 
lie  antérieure  et  une  région  posiérieure.  Celle  dernière,  en- 
tourée par  les  caecums  intestinaux,  peut  être  homologuée, 
au  point  de  vue  physiologique,  au  gésier  des  Locustîdse  et 
des  Oryllidœ  (V.  PI.  VI,  fig.  9  et  10). 

La  première  partie  du  jabot  comprend,  chez  le  Mecostbe* 
tus  grossus  : 

1°  Une  membrane  enveloppante  externe  ou  membrane 
périlonéale,  très  mince  ; 

y  Une  couche  également  très  mince  défibres  musculaires 
longitudinales  ; 

3*  Une  couche  beaucoup  plus  épaisse  de  fibres  muscu- 
laires annulaires,  renfermant  trois  ou  quatre  assises  très 
nettes  ; 

4'  Une  assise  de  cellules  cubiques  ou  rectangulaires,  par- 
fois légèrement  allongées  et  à  noyau  sphérique.  Ces  cellules 
qui  sécrètent  la  membrane  chitineuse  inierne  peuvent  être 
appelées  cellules  chilinogènes ; 

5*  Enfin,  vient  h  Tintérieur  la  membrane  chitineuse, 
d'épaisseur  à  peu  près  uniforme,  de  couleur  blanchâtre  et 
généralement  Iransparenle.  Celle  membrane  forme  des  re- 
plis très  nombreux  (de  40  à  60)  et  présente,  au  sommet  de 
chacun  d'eux,  de  petites  denlicules  acérées  et  de  couleur 
brumllre  (V.  PI.  VI.  fig.  10). 

La  siruclure  du  jabol  est  identique  chez  tous  les  Acri- 
diens; pourtant,  elle  se  modifie  quant  h  l'épaisseur  des 
couches  musculaires  et  à  la  forme  des  replis  chitineux 
internes.  C'est  ainsi  que,  vers  le  tiers  poslérieur  de  l'or- 
gane, la  couche  musculaire  annulaire  est  beaucoup  plus 
épaisse  et  les  bourrelets  formés  par  la  membrane  chiti- 


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APPAREIL   DIGESTIF   DES   ORTHOPTÈRES.  93 

neuse  inlerne  son),  de  même,  plus  réguliers  et  plus  étroi- 
leDienl  serrés  les  uns  contre  les  autres.  Ce  qui  caractérise 
encore  celle  régioD,  c'est  la  parfaite  régularité  des  cel< 
Iules  chilinogènes  qui  sont  devenues  allongées,  rectangu- 
laires ou  ovoïdes.  Les  noyaux,  généralement  très  volumi- 
neux:, occupent  la  moilié  de  la  cellule,  ont  une  Torme 
presque  toujours  sphériquc  et  renferment  de  nombreux 
nucléoles.  Quant  à  l'assise  génératrice  des  cellules  cbiti- 
nogènes,  elle  est  exlrfimement  réduite.  La  couche  muscu- 
laire annulaire  est  formée  de  gros  faisceaux  slnés,  pres- 
que fusiformes  et  disposés  circulairement  en  4  ou  5  couches. 
Les  noyaux,  do  forme  ellipsoïdale,  sont  très  visibles.  Exlé- 
rieuremenl,  sont  les  muscles  longitudinaux,  disposés  en 
faisceaux  de  distance  en  distance.  Le  tout  est  enveloppé  par 
une  membrane  externe  tri^s  mince. 

Les  replis  chitineux  internes  du  jabot  changent  de  forme 
à  mesure  qu'ils  se  rapprochent  de  l'intestin.  Ih  se  grou- 
pent, chez  le  Stenobolhnts  et  VŒdipoda,  en  six  faisceaux 
constituant  des  bourrelets  claviformes  munis  d'un  cour! 
pédoncule  (V.  PI.  V,  (ig,  9).  L'extrémité  libre  de  chaque 
bourrelet,  examinée  sur  une  coupe,  apparaît  hémisphéri- 
que et  à  bords  denticulés.  Le  pédoncule,  rétréci  dans  sa 
portion  médiane,  va  se  fixer  aux  parois  latérales  de  l'organe. 
L'espace  compris  entre  deux  bourrelets  est  occupé  par 
une  large  dépression  longitudinale  portant  deux  ou  trois  pe- 
tits replis  courts  et  irréguhers  (V.  PI.  V,  (ig.  9).  Les  cellules 
chitinogènes  affectent,  au  sommet  de  chacun  des  gros 
bourrelets  du  gésier,  une  forme  allongée  et  conique.  Leur 
noyau  est  sphérique,  occupe  presque  la  moitié  du  volume 
cellulaire  el  se  trouve  généralement  appliqué  contre  le 
bord  interne.  Vers  le  milieu  de  la  portion  renflée  des  bour- 
relets, au-dessous  de  l'assise  chilinogène,  existent  de  petits 
faisceaux  musculaires,  disposés  transversalement  el  unis 
par  des  |irolongemenls  à  la  couche  circulaire  externe.  Les 
cellules  situées  dans  les  dépressions  comprises  entre  les 
replis  longiludinaux  ont  des  parois  peu  apparentes,  leurs 


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noyaux  seuls  sont  neltement  visibles.  Les  faisceaux  muscu- 
laires Iransversaux  sont  surtout  très  accusés  chez  les  divers 
Œdipoda  (V.PI.  V,  fig.  9). 

Chez  X'Œdipoda  miniaia,  les  six  bourrelels  longitudinaux 
situés  à  l'extrémité  postérieure  du  jabot  (gésier),  vus  en 
coupe  transversale,  présentent  une  extrémité  libre  élargie, 
disposée  en  forme  de  champignon,  avec  un  pédoncule  très 
court  (V.  PI.  V,  fig.  0).  Les  dépressions  comprises  enire 
deux  bourrelels  consécutifs  portent  de  cinq  à  six  replis 
secondaires  beaucoup  plus  courts  que  les  bourrelets.  Ces 
derniers  sont  recouverts  par  une  couche  chilineuse  pUssée 
décrivant,  \ers  leur  extrémité  libre  arrondie,  une  série  de 
fines  denliciilattons.  L'assise  chitinogène  ne  comprend 
qu'une  seule  couche  de  cellules  à  peu  près  régulières,  cubi- 
ques ou  rectangulaires,  à  noyaux  ovoïdes  ou  sphériques 
volumineux.  Au-dessous  existent  plusieurs  couches  de  mus- 
cles striés,  parallèles  et  disposés  transversalement  {V.  PI.  V, 
fig.  9).  Les  noyaux  de  ces  derniers,  allongés  et  fusiformes, 
apparaissent  1res  nettement.  Enfin,  tout  à  fait  à  l'extérieur 
existe  la  couche  des  muscles  annulaires  disposée  comme 
dans  les  espèces  précédentes. 

Les  csËCums  inlestinaux  sont  au  nombre  de  six  chez  lous 
les  Acridiens.  Ce  sont  des  tubescyliudriques,  à  extrémité  libre 
conique  et  émoussée  et  à  parois  internes  plissées.  Le  nombre 
des  replis  épithéliaux  internes  est  variable  suivant  les  espè- 
ces ;  on  en  comple  de  quatre  à  huit  chez  les  Stenobothrus, 
les  Mecoslheliis  et  de  dix  à  quinze  chez  les  divers  Œdipoda. 
Les  patois  de  ces  organes  sont  minces  et  comprennent,  en 
allant  de  l'exlérieur  à  l'intérieur  (V.  PI.  V,  (ig.  8)  : 

1"  Une  membrane  propre  ou  membrane  péritonéale,  Irès 
mince  ; 

2°  line  couche  musculaire  circuleire; 

3°  Une  membrane  basilaire  très  miuce: 

Et  4'  une  couche  épitliéliale  ciliée.  Celte  dernière  est 
constituée  par  de  longues  cellules  cylindriques  et  recou- 
vertes, ù'ieur  sommet,  d'un  revêtement  cilié  (rès  courl.  De 


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APPAREIL   DIGESTIF    DES    ORTHOPTÈRES.  95 

plas,  elles  sont  encore  pourvues  d'un  gros  noyau  .spbé- 
rique  ceniral  nucléole  (V.  PI.  VII,  fig.  6). 

RÉSUMÉ. — L'appareil  digestif  des  Acridiidae  est  caracté- 
risé par  sa  forme  droite,  par  l'absence  de  circonvolutions 
intestinales,  sauf  dans  l'intestin  terminal  qui,  chez  quelques 
espèces  [Œdipoda,  Slenobothnis),  présente  une  légère  cour- 
bure, et  surtout  par  la  présence  de  six  appendices  intexti- 
natix  fusiformes  et  munis  de  cœcums  postérieurs,  plus  ou 
moins  allongés  suivant  les  espèces.  Un  autre  trait  essen- 
tiellement caractéristique  des  Acridiens,  c'est  l'atrophie  pres- 
que complète  du  gésier  qui,  chez  toutes  les  espèces,  n'est 
représenté  que  par  une  simple  modification  de  structure  de 
la  région  postérieure  du  jabol. 

Le  pharynx  est  tantôt  large  et  court  {Pœcibcerus,  Pyr- 
gomorpka),  lanlôt  aplati  transversalement  (Pampkagus); 
souvent  aussi,  Il  est  très  réduit,  situé  complètement  dans  lu 
région  céphalique  et  pourvu  de  parois  épaisses  et  striées 
longiludinalemenl  (Œdipoda  miniata,  Œd.  caerulesrens). 

L'tESop/iage,  qui  fait  directement  suite  au  pharynx,  est 
également  court  et  cylindrique  (Pyrgomorpha),  à  parois 
internes  plissées  et  à  repli  postérieur  annulaire,  marquant 
sa  séparation  avec  le  jabot.  Chez  la  plupart  des  espèces 
{Pamphaijtts,  Œdipoda,  Acridium,  Cahplenus,  etc.),  il  pré- 
sente à  l'intérieur  de  nombreux  replis  disposés  irrégulière- 
ment et  formant  parfois  des  bourrelels  qui,  en  pénétrant 
dans  la  partie  antérieure  du  jabot,  constituent  une  sorte  de 
valvule  annulaire  et  lobée  [Pamphagus  elephas).  A  son 
extrémité  postérieure,  il  présente  une  légère  conslrlction, 
puis  se  dilate  de  nouveau  pour  se  conlinner  avec  le  jabot 
sans  ligne  de  démarcation  {Stenobothrus,  Mecosthelus,  etc.). 

Le  jabol  est  allongé,  fusiforme  [PxcUocertts,  Pyrgomor- 
pha),  renflé  en  avant  et  entouré,  dans  sa  moitié  posté- 
rieure, par  les  csecums  intestinaux  [Caloptenus ,  Sckisto- 
cei'ca,  clc).  Son  diamètre  maximum  est  situé  dans  la 
région  médiane;  il  se  déprime  ensuite  et  devient  nette- 
ment conique   à  son   extrémité   postérieure   [Mecosthelus^ 


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96  L.  BOBOA». 

l'arapleurus,  etc.}.  Ses  parois  iolernes  antérieures  pré- 
sentent, à  la  face  ventrale,  deux  longs  replis  longitudinaux, 
limitant  cnlre  eux  un  espace  rectangulaire  déprimé  {Pœci- 
locerus).  Cet  espace  est  sillonné,  d'avant  en  arrière,  par 
■  des  replis  peu  apparents  et  porte,  en  avant,  un  petit  nom- 
bre de  pointes  chitineuses  {Acridium,  Caloptenus).  Celte 
aire  déprimée,  limitée  latéralement  par  deux  bourrelets  Ion* 
gitudinaux  parallèles,  est  uniquement  située  dans  la  moi- 
tié antérieure  de  l'organe  et  se  rencontre  également  chez 
les  Slenobothrus,  les  Mecoslhelus,  etc.  De  ces  bourrelets 
parallèles  partent  une  série  de  replis  annulaires,  légère- 
ment sinueux,  situés  dans  des  plans  perpendiculaires  à  l'axe 
du  corps  de  l'insecte  et  séparés  par  des  sillons  également 
parallèles.  Ces  replis,  à  direction  transversale,  sont  unique- 
ment localisés  dans  la  moitié  antérieure  du  jabot.  Leur 
surface  libre  est  recouverte  par  une  mince  membrane  clii- 
tineuse  supportant  de  nombreuses  petites  pointes  cornées 
[Acridium,  Pampkagus,  Œdtpoda,  etc.},  ou  des  denlicules 
coniques,  chitineuses,  fi  base  élargie  et  à  sommet  légère- 
ment recourbé  et  très  acéré  {Stenobotkrm,  Mecosthetus, 
Parapleurusy  etc.).  Dans  la  partie  médiane  du  jabot,  existe 
une  région  où  les  replis  sont  disposés  irrégulièrement  et 
dirigés  dans  tous  les  sens  [Pamphagus,  Œdipoda,  Psophus, 
Pachytytus,  etc.).  Dans  la  seconde  moitié  de  l'organe,  les 
bourrelets  ou  replis  chilineux  internes,  beaucoup  plus 
accentués  que  les  précédents,  sont  dirigés  d'avant  en  ar- 
rière et  recouverts,  chez  la  plupart  des  espèces,  par  de 
petites  dents  chitineuses  coniques,  à  base  élargie  et  beau- 
coup plus  puissantes  que  celles  situées  dans  la  région  anté- 
rieure [Œdipoda,  Psophus,  Pamphagus,  etc.).  Ces  bourre- 
lets longitudinaux,  séparés  par  des  dépressions  parallèles, 
vont  converger,  ii  la  région  postérieure  du  jabot,  vers  six 
lamelles  cliitineuses,  brunâtres,  de  forme  triangulaire,  à 
cxtrémilé  postérieure  émoussée,  à  bords  arrondis  et  dis- 
posés en  forme  de  V  [Œdipoda,  Pachylylm,  Pamphagus, 
Slenobothrus,  etc.},  ou  de  Y  [Acridium,  Caloptenus).  La  por- 


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APPAREIL  DIGESTIF   DES  ORTHOPTÈBES.  97 

tion  médiane  de  ces  lamelles  est  coacave  et  va  eu  s'élar- 
gissant  d'arrière  en  avant.  Entre  ces  lamelles  cornées,  qu'on 
peut  homologuer  aux  colonnes  masticatrices  des  Locustidse, 
des  Grytiida;,  etc.,  mais  qui  en  difTèrent  complètement  par 
leur  forme,  existent  des  dépressions  triangulaires  à  base 
dirigée  vers  t'iuteslin.  Cette  portion  terminale  du  jabot, 
de  forme  conique,  peut  ôtre  considérée  comme  l'homologue 
du  gésier  des  auti'es  Orthoptères.  Le  jabot  des  Truxalis  est 
presque  uniformément  cylindrique  et  traverse  l'axe  du  tho- 
rax suivant  toute  sa  longueur.  Au  point  de  vue  histologi- 
que,  !e  jabot  des  Acridiens  présente,  en  allant  de  l'extérieur 
h  l'intérieur  :  une  très  mince  tunique  péritonéale  envelop- 
pante, des  faisceaux  musculaires  longitudinaux,  une  couche 
de  fibres  musculaires  circulaires,  une  assise  de  cellules 
cubiques  chitinogènes  et  enfin,  à  l'intérieur,  une  membrane 
chitineuse  à  surface  plissée. 

L'inteslin  moyen  de  tous  les  Acridiens  est  court,  droit  et 
cylindrique.  Ses  parois  externes  sont  lisses  et  les  internes 
présentent  de  nombreux  replis  épithéliaux.  Chez  la  plu- 
part des  espèces,  il  est  élargi  en  avant  et  légèrement  ré- 
tréci en  arrière.  Sa  couclie  épiihéliale  interne  est  consti- 
tuée par  une  seule  assise  de  cellules  ciliées,  cylindriques, 
allongées  et  remarquables  par  leur  régularité  et  leur  symé- 
trie. Extérieurement  à  l'épithélium,  existent  une  couche  de 
fibres  musculaires  annulaires,  des  faisceaux  longitudinaux 
et  une  (unique  péritonéale. 

A  l'origine  de  l'intestin  moyen  viennent  déboucher  six 
cxcttms  iniestinaui-  qu'on  peut  considérer  comme  des  évagi- 
nationa  du  tube  digestif.  Ces  appendices  atTectent  la  forme  de 
tubes  coniques,  à  sommet  émoussé  et  aminci,  h  surface 
externe' régulière  ou  légèrement  plissée  et  à  hase  inférieure 
élargie.  Chez  la  plupart  des  espèces  {Œdipoda^  Acri- 
dium,  etc.),  leur  exirémilé  antérieure  porte  un  filament 
qui  va  se  rattacher  aux  parois  latérales  du  jabot  et  sert 
de  lige  fixatrice  aux  ca'cums.  La  surface  interne  de  ces 
Qfganes  est    pourvue   de  nombreux    replis  longitudinaux 

AK».  8C.  NAI.  EOOl..  T,  7 


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98 

(de  10  à  15),  divisant  la  cavité  centrale  en  plusieurs  loges. 
Ces  divers  organes  enveloppent  étroitement  la  partie  ter- 
minale du  jabot,  celle  qui  morphologiquement  correspond 
au  gésier  des  autres  Orthoptères.  Vers  son  point  d'inser- 
tion autour  de  l'intestin,  chaque  caecum  est  pourvu  d'un 
prolongement  en  doigt  de  gant  ou  appendice  postérieur, 
do  même  structure  que  le  précédent  et  de  forme  conique. 
Sa  longueur  égale  les  deux  lier% ■  {Pi/rgomorpha),  la  moitié 
environ  [Acridhtm,  Caloptenm)  et  quelquefois  même  le 
quart  seulement  [Œdipoda)  de  celle  du  csecum  antérieur. 
Les  six  cœcums  postérieurs  des  appendices  intestinaux  des 
Stenobolhrus,  Mecosthetus,  etc.,  sont  tout  à  fait  ludimcn- 
taires  et  beaucoup  plus  courts  que  ceux  des  autres  Acri- 
diens.  Ces  deux  groupes  d'appendices  intestinaux  vont  s'ou- 
vrir à  l'extrémité  antérieure  de  l'intestin  moyen  par  six 
orifices  de  même  forme,  ovalaires,  situés  au-dessous  de  ta 
valvule  qui  termine  le  jabot,  et  séparés  les  uns  des  autres 
par  une  cloison  longitudinale  très  étroite.  La  structure  his- 
tologique  de  leurs  parois  est  sensiblement  la  même  que 
celle  de  l'intestin  moyen. 

Vintestin  postérieur  oh  terminal,  plus  étroit  que  le  pré- 
cédent, est  cylindrique,  tantôt  droit  {Pxcihcerus,  Pi/rgo" 
morj)/ia,  Pamphayus),  et  tantôt  légèrement  recourbé  en 
avant  du  rectum  {Œdipoda,  StenoboUirm,  Meroslhetus,  Pa- 
rapieiirus,  Truxalis,  etc.).  Ses  parois  internes  présentent 
un  certain  nombre  de  bourrelets  longitudinaux  sinueux 
qui  vont  s'alténuant  peu  à  peu  au  rétrécissement  anté-rec- 
tal,  A  son  origine  viennent  déboucher  les  Uihes  de  JUalpiy/ii, 
qui  sont  quelquefois  très  nombreux  (100  à  120  chez  les 
Pyrffomorphinœ,  60  à  80  chez  les  Pamp/iayinœ,  etc.),  quel- 
quefois aussi  bien  plus  rares  (30  à  40  chez  les  Truxalime). 

Le  rertum  affecte,  chez  fous  les  Acridiens,  une  forme 
ovoïde.  Cependant,  il  est  très  allongé  chez  les  Truxalis. 
Cet  organe  porte,  sur  son  pourtour,  six  renflements  ovoïdes 
ou  rectangulaires,  équidistants  et  dus  àdes  replis  épitbéliaux 
internes,  analogues  ^m\  glandes  rectales  des  Hyménoptères. 


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Appareil  digestif  des  orthoptèibes.  09 

Les  ylaiides  salivaires  de  tous  les  Acridiens  sont  loul  à 
Tail  rudimcDtaires.  Elles  se  composent  d'un  très  pefit  nom- 
bre de  grappes  disposées  syméiriquement  par  rapport  au 
plan  médian  du  corps  de  l'insecle. 


CHAPITRE  V] 

appareil  digestif  des  orthoptères  de  la  famille 
des  locustid^. 

Nous  avons  étudié,  parmi  les  Locustid^,  vingt-deux 
espèces  réparties  dans  les  sept  principales  tribus  de  cette 
famille.  Ces  espèces,  tanl  indigènes  qu'exotiques,  mais  la 
plupart  très  intéressantes  au  point  de  vue  morphologique, 
nous  ont  permis  de  rattacher  les  Locustidœ,  d'une  part  aux 
Acridiidaj  et  de  l'autre  aux  Gryllidae.  Les  PsEUDOPHVLLiNiE, 
par  la  forme  du  gésier  et  surtout  par  la  structure  toute  par- 
ticulière des  cecums  intestinaux,  se  rapprochent  des  es- 
pèces appartenant  à  la  tribu  des  Truxalinse.  Chez  les  Steno- 
boihrus,  en  effet,  les  cxcums  intestinaux  sont  libres  et 
séparés,  tandis  que  chez  les  Cleandrus,  ils  sont  soudés  et 
groupés  en  deux  massifs  simulant,  par  leur  forme,  les  deux 
gros  appendices  des  Locustes  et  des  Dectiqucs.  La  ressem- 
blance se  poursuit  jusque  dans  la  présence  de  diverticnles 
postérieurs  qui  existent  au  nombre  de  deux  chez  les  Fseu- 
dophyllins.  Le  même  caractère,  et  surtout  la  disposition  des 
tubes  de  Malpighi,  permet  de  rattacher,  d'autre  part,  les 
Gryllacrinae  aux  Gryllidae,  ainsi  que  nous  te  verrons  dans  la 
suite.  Le  reste  de  l'appareil  digestif  présente  tous  les  degrés 
de  complication  intermédiaires  entre  ceux  que  nous  avons 
rencontrés  chez  les  Acridiens  et  ceux  que  nous  décrirons, 
au  chapitre  suivant,  chez  les  Gryllus  et  les  Gryllotalpa. 

1°  Tribu  des  Pseiidopmyllin^.  —  Cleandrus  rex  (t) 
(Brun.)-  (V.  PI.  VII,  lig.  7,  10,  11  et  12). 

[])  Ce  Cleandrus  rex  (^  (Brunncr),  qui  m'a  été  donné  par  le  Laboratoire 


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100  E-  B*BD«S. 

Les  PseudophyUinœ  sont,  de  toutes  les  espèces  apparte- 
nant &  la  ramiDe  des  Locustid^,  celles  dont  l'appareil  digestif 
oITre  le  plus  d'intérêt,  tant  par  sa  forme  que  par  les  modifi- 
cations profondes  que  présentent  certaines  de  ses  parties. 
Les  principales  différences  qu'offre  cet  organe,  comparé  à 
celui  des  autres  genres  de  la  famille  que  nous  étudions  ac< 
tuellemcnt,  portent  sur  le  gésier,  les  cscums  intestinaux  et 
les  intestins  moyen  et  postérieur.  Le  gésier,  presque  compa- 
rable à  celui  des  Acridiens,  est  atrophié  et  muni  d'une  ar- 
mature masticatrice  interne  tout  à  fait  rudimentaire  ;  les 
cxcums  intestinaux  sont  disposés  en  deux  groupes,  dont  le 
postérieur  est  formé  par  un  tube  unique  et  l'antérieur  résulte 
de  la  soudure  de  7  ou  8  tubes  ;  enfin,  l'intestin  proprement 
dit  est  très  long  et  décrit  quatre  ou  cinq  circonvolutions 
dans  la  région  médiane  de  l'abdomen. 

L'appareil  digestif  du  Cleandms  rex  (Brunn.)  atteint, 
quand  il  csl  totalement  développé,  (rois  fois  la  longueur  du 
corps  de  l'insecte,  tandis  que  chez  les  autres  Locustides,  il 
dépasse  à  peine  une  fois  et  demie  cette  longueur  (V.  PI.  Vil, 
fig.  7). 

Le  pharytix  est  court  et  ne  présente  rien  de  bien  particu- 
lier, si  ce  n'est  qu'il  est  pourvu  d'épaisses  parois  musculaires 
striées  intérieurement. 

Vasophage  est  très  court  et  réduit  h  un  simple  tube  cy- 
lindrique qui  se  continue  directement  avec  le  jabol. 

Le  jabot  a  sensiblement  le  même  volume  que  celui  des 
Lormta  (V.  la  suite  du  chapitre)  et  occupe  la  presque  totalité 
du  thorax.  Il  est  enveloppé  par  de  volumineuses  glandes  sa- 
livaires  localisées  surtout  dans  le  mésolhorax.  L'organe  a 
une  forme  ovoïde,  à  extrémité  postérieure  renllée  ;  ses  parois 
sont  beaucoup  plus  épaisses  que  celles  des  autres  genres  de 
la  famille  et  sont  entourées  par  une  puissante  musculature 
comprenant  des  muscles  circulaires  et  des  muscles  longitu- 

(l'Enlomologie,  provenait  de  Luçon  (Halaisie)  et  mesDrait  les  dimensions 
suivantes  :  longueur  51  milliniÈlres  et  largeur,  au  troisième  segment  abdo- 
mioal,  lï  millimélres. 


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APPAREtL    DIGESTIF    DES    ORTHOPTÈRES.  101 

dinaux  (V.  PI.  VU,  fig.  7).  A  l'intérieur,  existent  des  replis 
qui  vont  se  fusionner  à  la  partie  postérieure  et  former  six 
bourrelets  se  prolongeant  dans  le  gésier.  Ces  bourrelets  sont 
pourvus  de  petits  tubercules  jouant  le  rôle  de  dents.  Cette 
armature  du  jabot,  relativement  puissante,  doit  suppléer 
celle  du  gésier  dans  l'acte  de  la  mastication. 

Le  gésier  du  Cleandrus,  coDlraireinent  à  ce  que  vont  nous 
présenter  les  autres  Locustid^,  est  tout  h  fait  rudimentaire. 
C'est  un  organe  presque  cylindrique,  pourvu  d'un  pédoncule 
antérieur  le  rattachant  au  jabot  et  enveloppé  de  toutes  parts 
par  de  volumineux  CîBcums  intestinaux  {V.  PI.  VII,  fig.  7). 
Ses  parois  musculaires  sont  assez  épaisses,  mais  l'armalure 
masticatrice  interne  est  presque  complètement  atrophiée. 
Le  pédoncule  antérieur  est  parcouru  par  les  six  bourrelets 
venant  du  jabot  et  portant  de  petits  tubercules  crochus  et 
cornés,  simulant  des  dents.  Entre  chaque  bourrelet  existe 
une  large  dépression  hérissée  de  nombreux  replis  chitineux 
recouverts  de  soies  sur  leur  pourtour. 

L'armature  chitineuse  interne  du  gésier  est  atrophiée  et 
ne  comprend  que  quelques  plaques  cornées,  disposées  sui- 
vant six  bandelettes  longitudinales,  comme  chez  les  autres 
Locusiidae.  Chaque  colonne  ou  bandelette  comprend  trois 
sortes  de  plaquettes  ou  denticules  chilineuses.  Les  plaques 
médianes  sont  cordiformes  et  formées  de  deux  parties  ratta- 
chées par  une  lamelle  intermédiaire  (V.  PI.  VII,  fig.  t2). 
Les  lames  latérales,  à  bords  réguliers,  sont  pourvues  de 
longues  soies  cornées  et  portent,  à  leur  face  supérieure,  de 
petits  poils  chitineux.  Indépendamment  de  ces  lamelles  mé- 
dianes, il  existe  latéralement  d'autres  plaquettes  losangiques 
ou  ovales,  imbriquées  entre  elles  et  portant,  sur  leurs  bords 
réguliers,  des  soies  chilineuses  qui  s'étendent  également 
sur  la  face  supérieure.  Enfin,  chaque  colonne  se  termine 
postérieurement  par  une  petite  languette  arrondie  formant, 
avec  les  cinq  autres,  une  valvule  à  six  branches. 

Des  diverses  parties  qui  composent  l'appareil  digestif  des 
Cleandru.i,  les  plus  intéressantes  cl  surtout  celles  qui  pré- 


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102  L.   BORDAS. 

sentent  les  plus  grandes  différenccB  avec  les  organes  simi- 
laires des  autres  Locuslidae,  sont  certainement  les  cxcums 
intestinaux.  {V.  PI.  VII,  fig.  7,  10  et  H).  Ces  organes,  très 
volumineux,  sont  disposés  en  deux  groupes  de  chaque  côté 
du  gésier.  Le  groupe  inférieur,  de  beaucoup  le  moins  impor- 
tant, n'est  formé  que  par  un  diverllcule  unique,  à  base  élar- 
gie, cylindrique,  présentant  une  courbure  et  se  continuant 
en  avant  par  un  lube  à  diamètre  à  peu  près  uniforme  et  à 
sommet  terminé  en  doigt  de  ganl.  Le  groupe  supérieur  pré- 
sente la  forme  d'une  main  dont  les  doigts  seraient  soudés 
entre  eux.  Sa  face  interne  est  concave  et  l'externe  convexe. 
Elles  portent  l'une  el  l'autre,  du  sommet  à  la  base,  six  ou 
sept  sillons  peu  profonds,  séparés  par  des  bourrelets  pa- 
rallèles. Chaque  sillon  correspond  à  une  cloison  interne,  el 
il  résulte  de  celte  disposition  que  la  cavité  du  cjecum  anté- 
rieur se  Irouve  partagée  en  sept  ou  huit  loges  tubuleuses, 
s'ouvrant  directement  à  l'extrémité  antérieure  de  l'intestin  el 
n'ayant  entre  elles  aucune  communication  (V.  PI.  Vil, 
fig.  10  et  II).  Chaque  lube  est  pourvu  d'enveloppes  propres 
et  recouvert,  à  l'extérieur,  par  une  membrane  commune  à 
tout  l'appendice.  Les  parois  lalérales  portent,  disposées 
longitudinalement,  un  petit  nombre  de  replis  sinueux.  Celle 
dlspoxU'wn.  si  caraclérktique,  nous  ficrmet  de  considt'rer  les 
cavités  acralex  internes  comme  un  ensemble  de  tuées  accolés  et 
de  rapprocher  ainsi  les  PsEUDOi'HYLLiN.iî(/e.v  Trl'xalin^.  Celle 
manière  de  voir  est  d'autant  plus  plausible,  qu'après  avoir 
enlevé  l'enveloppe  commune  externe,  on  peut  facilement 
séparer  chacun  des  tubes.  Les  caractères  tirés  de  ce!  organe 
permetlent  donc  de  rattacher  1res  facilement  les  Orthoptères  à 
rxrums  multiples  aux  Orthopihrex  à  civnimxjmrs,  et  de  passer, 
par  des  transitions  graduelles  et  insensibles,  des  Blultidwet  des 
Acridiidin  aux  l^ot-iistidiv  el  aux  Gnjttidx.  V.n  effet,  chez,  les 
Blattidx,  les  Mantid»>,  les  Acridiid^,  les  appendices  intes- 
tinaux sont  toujours  séparés,  tubuleux  et  au  nombre  de 
huit  ou  de  six  (Acridiens).  Si  ces  organes  se  rapprochent, 
deviennent  coalescents  el  se  soudent  par  leurs  faces  lalérales, 


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APPAREIL   DIGESTIF   DES   ORTHOPTÈRES.  103 

nous  aurons  exaclement  la  Torme  qu'afTecteiil  les  appen- 
dices antérieurs  des  Cleandrus,  attendu  que  les  cloisons 
transversales  divisent  la  cavité  interne  en  de  nombreuses 
lo^es  distinctes,  pouvant  même  se  séparer  l'une  de  l'autre 
quand  l'enveloppe  membraneuse  externe  a  disparu.  De 
plus,  la  présence  d'un  tube  libre  poslf'Tieur  est  une  preuve 
évidente  de  l'indépendance  primitive  des  sept  ou  huit  pre- 
miers. Ce  terme  de  passage  nous  permet  également  d'ex-* 
pliquer  l'origine  des  cloisons  plus  ou  moins  nombreuses, 
mais  incomplètes,  que  nous  allons  rencontrer  dans  les 
appendices  intestinaux  des  autres  Locustidje.  Ces  cloisons 
ou  replis  membraneux,  qui  partent  de  la  paroi  interne 
de  la  face  en  contact  avec  le  gésier,  sont  plus  ou  moins 
longs  suivant  les  espèces  et  divisent  la  cavité  interne  de 
chaque  csecum  en  un  certain  nombre  de  loges  incomplètes, 
qu'on  peut  considérer  comme  des  vestige  des  appendices 
tubuleux  libres  et  séparés  des  Mantidœ  et  des  Acridiida".. 
Enfin,  nous  voyons  les  dernières  traces  de  ces  cloisons  per- 
sister encore  à  l'état  de  rudiments  chez  la  plupart  des 
Gryllidae,  où  elles  ne  sont  plus  représentées  que  par  de  pe- 
tits bourrelets  longitudinaux,  parcourant  de  haut  en  bas  la 
face  interne  des  cxcums  latéraux. 

Le  reste  de  l'appareil  digestif  comprend  Vinlestin  moyenet 
Vinlestifi  postérieur.  Le  premier  est  remarquable  par  son 
grand  développement  et  dépasse  même,  quand  il  est  corn- 
pli^temeot  étalé,  deux  fois  la  longueur  du  corps  de  l'insecte. 
Il  est  cylindrique  et  décrit  trois  ou  quatre  circonvolutions 
localisées  dans  la  région  moyenne  de  l'abdomen,  h'intesûn 
terminal  est  beaucoup  plus  court  et  porte,  à  son  origine, 
six  tubercules  placés  très  irrégulièrement,  mais  générale- 
ment groupés  par  paires,  au  sommet  desquels  viennent  dé- 
boucher de  20  à  âa  tubes  de  !^lalpiglii,  ce  qui  porte  de 
f  iO  à  i  30  le  nombre  de  ces  organes.  Ces  tubes  sont  disposés 
en  toufTes  enchevêtrées,  recouvrant  en  grande  partie  les  re- 
plis intestinaux.  Le  reste  de  l'organe  présente  des  boursou- 
flures el  à  l'intérieur  six  bourreletâ  longitudinaux  irrcguliers 


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104 

et  sinueux.  Le  rectum,  séparé  de  l'inleslin  terminal  par  une 
valvule,  est  un  organe  ovoïde,  portant  à  l'intérieur  six  ban- 
delelles  glandulaires  [(jlandes  rectales). 

2' Tribu  DBS  Mecopodin^.  ~~  Platyphyllum  giganieum  (I) 
(Lu.)  ou  Pseudophyllanax  Jnsulam  (Walker)  (V.  PI.  VIII, 
fig.  4). 

L'appareil  digestif  du  Pneudophyllanox  iniularis  (Walk.), 
que  nous  prenons  comme  type  de  notre  description  pour  la 
tribu  des  Mecopodin^,  présente  des  caractères  qui  le  difTé- 
rencient  nettement  de  celui  de  la  plupart  des  autres  Locus- 
tidse  et  eu  font,  comme  les  Cleandrus,  une  forme  de  passage 
entrelesAcridiidîeetlesLocuslidîe.  Cette  formeintermédiaire 
entre  les  deux  groupes  est  cependant  plus  nettement  mar- 
quée chez  les  Pseudophyllinœ.  Mais,  si  la  disposition  externe 
du  gésier  et  siM*ettUa  présence  d'appendices  cœcaux  posté- 
rieurs rapprocb<|aJ»s  [}.midophyUanax'Aiii'k<Ts^fiï^\'c\- 
trème  longueur  des  intestins  moyen  et  terminal,  leurs- nemr 
breuses  circonvolutions,  ^ipsi  que  le  mode  d'insertion  des 
tubes  deMalpighi  en  fon^nettemejitLun  type,  très  voisin  du 
genre  Salomonaàe  laitn:bu,des!CoNOM:PHA.uN^_.,. 

Les  glandes  salivaires  sopt  jtrès  volumineusés'et  rappelleni , 
par  leur  disposition,  celles  des  Dectiques(V.  PI.  VIII,  fig.  4). 
Elles  s'étendent  de  la  région  postérieure  céplialique,  jusqu'à 
l'espace  întersegmen taire  compris  entre  les  deux  derniers  mé- 
ridestboraciques,rormantainsi  deux  épaissesmasses  compac- 
tes, situées  au-dessous  du  jabot  e(  séparées  par  un  étroit  sillon 
médian.  Dans  ce  massif  glandulaire,  on  peut  facilement  sé- 
parer six  à  huit  grappes  secondaires,  formées  elles-mêmes 
par  un  assemblage  de  ramuscules  que  terminent  des  touffes 
d'acini.  Ces  acini  sont  sphériques,  pluricellulaires  et  pour- 
vus d'uu  canalicule  excréteur  très  court.  En  arrière  de  la 
léte,  on  voit,  des  deux  côtés,  se  détacher  une  grosse  grappe 
qui  va  se  fusionner  à  sa  congénère  du  côté  opposé  et  former, 

(1)  CeUe  espèce,  qui  mesurait  62  roillimètres  de  longueur  sur  23  milli- 
mètres  ile'lar(;e  au  troisième  segment  abdominal,  provenait  de  la  Nouvelle- 
Calédonie. 


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APPAREIL   DIGESTIP    DES   ORTHOPTÈRES.  103 

de  la  sorte,  un  anneau  au  centre  duquel  passe  l'œsophage. 
A  ce  système  glandulaire,  très  volumineux  et  très  compliqué, 
sont  adjoints  deux  larges  sacs  glandulaires  ovoïdes,  à  parois 
minces,  transparentes  et  plissées,  allant  déboucher  directe- 
ment dans  tes  canaux  excréteurs.  Ces  derniers,  comme  ceux 
des  Decticits,  se  fusionnent  en  un  [conduit  unique  qui  va 
s'ouvrir  &  la  base  de  la  languette,  en  avant  et  au-dessous  de 
t'orifice  buccal. 

Vappareil  digestif  du  Pseudophyllanax  est  égal  à  trois 
fois  et  demie  la  longueur  du  corps  de  l'insecte  (V.  PI.  VIII, 
(ig  4).  Le  phan/nx  est  un  tube  court,  de  forme  trapézoïdale 
et  h  extrémité  antérieure  élargie.  Vœsophage  qui  lui  fait 
suite  et  qui  natt  dans  la  région  postérieure  céphalique  est, 
de  même,  cylindrique.  11  traverse  te  massif  antérieur  des 
glandes  salivaircs  ;  puis,  arrivé  vers  le  milieu  du  prolhorax, 
il  se  dilate  progressivement  et  se  continue/ par  le  jabot.  Los 
parois  pharyngiennes  et  œsophagiennes  sont  épaisses  et 
servent  extérieurement  de  points  d'attache  à  de  nombreux 
faisceaux  musculaires  destinés  à  maintenir  les  organes  dans 
une  position  fixe.  Leur  face  interne  présente  quelques  re- 
plis longitudinaux. 

L&JaÔol  est  un  organe  fusiforme,  aminci  en  avant  et  renflé 
à  son  extrémité  postérieure.  Il  présente  extérieurement  de 
nombreuses  botirsoutlures  correspondant  ii  des  cavités  in- 
ternes. Ses  parois  musculaires  sont  très  épaisses  el  possèdent 
deux  couches,  dunt  la  plus  importante  est  la  couche  annu- 
laire interne,  supportant  une  membrane  chïlineuse.  La  paroi 
présente  intérieurement  de  nombreux  replis  circulaires  lon- 
gitudinaux. Ces  derniers  vont  converger  vers  l'orifice  posté- 
rieur, où  ils  forment  six  bourrelets  irréguliers,  jouant  le 
rôle  de  valvule  et  se  continuant  dans  le  pédoncule  antérieur 
du  jabot  (V.  PI.  VIII,  fig.  4). 

Le  gésier  des  MEcopooiNiE  se  rapproche,  par  sa  forme,  de 
celui  des  Decticinx  el  de  celui  des  Ephippigerinœ.  Il  em- 
prunte au  premier  la  disposition  de  son  armature  mastica- 
trice interne;  mais,  d'aulre  part,  il  se  rapproche  du  second 


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106 

par  la  nature  cornéo-membraneuse  de  ses  dents.  Cet  organe 
est  allongé,  presque  cylindrique  et  complètement  enveloppé 
par  de  volumineux  appendices  intestinaux,  différant  beau- 
coup, par  leur  forme,  de  ceux  des  aulrcs  Orlhoplères.  Il 
s'unit  h  la  face  postérieure  du  jabot  par  un  pédoncule  d« 
longueur  égale  à  la  sienne  et  pourvu  d'une  enveloppe  nius- 
cuiaire  externe  très  puissante.  A  l'intérieur,  existent  six 
bourrelets  disposés  longitudinalcmcnt  et  pourvus  de  nom- 
breux plissements  très  irréguliers,  séparés  par  des  dépres- 
sions longiludinales  parallèles,  dont  le  fond  est  parcouru  par 
deux  petits  replis  secondaires.  Les  bourrelets  principaux 
s'élargissent  h  leur  extrémité  postérieure  en  formant  une 
valvule  annulaire,  marquant  l'origine  du  gésier  proprement 
dit.  Ce  dernier  organe,  qui  ne  parati  être  que  la  continuation 
de  son  pédoncule  antérieur,  a  une  forme  Ironconique 
(V.  PI.  Vin,  fig.  -i).  Ses  parois  soni  épaisses  et  recouverlos 
intérieurement  d'une  armature  cliilineuse  constituée  par  six 
colonnes  dentifères.  Cliaque  colonne  comprend,  comme 
cbez  tes  Decliques,  trois  séries  de  dents.  Celles  de  la  série 
médiane,  au  nombre  de  18  à  20,  sont  aplaties  transversale- 
ment et  pourvues  de  tubercules  latéraux  munis  de  soies. 
Les  six  ou  huit  premières  présentent  certaines  analogies  de 
forme  avec  celles  de  la  Gryllotalpa  (V.  le  cbapitre  suivant), 
mais  elles  en  diffèrent  complètement  par  leur  moindre 
durelé.  Celles  de  la  portion  terminale,  beaucoup  moins 
puissantes  que  les  premières,  sont  presque  réduites  à  leurs 
appendices  latéraux  lamolleux.  Y)e  chaque  côté  de  la  série 
médiane  existe  une  rangée  longitudinale  de  denticules  co- 
niques, à  sommet  chilineux  e(  à  base  musculaire  recouverte 
de  soies  très  courtes.  L'ne  dépression  longitudinale,  très 
étroite,  sépare  chacune  des  colonnes  denlifèrcs.  Ces  der- 
nières se  terminent  par  une  languette  membraneuse  cordi- 
forme,  et  l'ensemble  des  six  languettes  constitue  im  cône 
valvulairc  très  court,  pénétrant  dans  l'axe  de  l'intestin 
moyen. 

Vintestin  moyen  porte,  i!i  son  origine,  de  volumineux  cx- 


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APPAREIL  DIGESTIF  DES  ORTHOPTÈRES.  107 

eiims  intestinaux,  présentant  la  forme  de  larges  sacs,  à  base 
aplatie  et  à  sommet  renflé,  enveloppant  presque  entièrement 
le  gésier.  De  leur  face  en  contact  avec  ce  dernier  se  déta- 
chent de  nombreux  replis  (6  à  8)  de  formes  ot  de  dimensions 
variables,  divisant  la  cavité  interne  en  un  certain  nombre  de 
chambres  communiquant  extérieurement  entre  elles.  Ces 
CiTCums  se  prolongent  en  arrière  par  des  appendices  co- 
niques, striés  transversalement,  élargis  à  leur  base  et 
amincis  à  leur  sommet,  s'ouvrant,  comme  tes  caecums  eux- 
mêmes,  dansl'intestin  moyen  par  l'intermédiaire  d'un  orifice 
commun,  ovale  ou  arrondi.  Par  le  nombre  de  leurs  replis  et 
la  présence  de  sillons  externes,  ces  cîecums  se  rapprochent 
de  ceux  des  Cleandrux,  mais  ils  en  diffèrent  en  ce  que  les 
cloisons  internes  sont  incomplètes.  D'autre  part,  l'existence 
d'appendices  postérieurs,  que  nous  n'avons  rencontrés  bien 
développés  que  chez  les  Pseudophyllinte  et  dont  quelques 
vestiges  seulement  existent  chez  les  Salomona,  nous  per- 
meltenl  de  rapprocher  les  Mecopodinae  des  Acridiida!.  La 
structure  hislologique  de  ces  organes  est  la  même  que  celle 
de  i'Jnleslin  moyen,  preuve  évidente  qu'ils  ne  sont  que  des 
proliinffemeiits,  des  évaginations  de  ce  dernier.  L'intestin 
moyen,  après  avoir  produit  les  deux  diverticulcs  que  nous 
venons  d'étudier,  décrit  dans  l'abdomen  un  grand  nombre 
de  circonvolutions  superposées  les  unes  aux  autres  et  for- 
mant une  masse  viscérale  dilïïcile  à  démêler.  Cette  portion 
du  tube  digestif,  élargie  et  légèrement  aplatie  à  son  origine, 
prend  ensuite  la  forme  cylindrique  qu'elle  conserve  pendant 
tout  son  parcours.  Ses  parois  sont  épaisses  et  recouvertes 
extérieurement,  soif  par  des  faisceaux  de  tubes  de  Malpiglii, 
soil  par  des  touffes  trachéennes.  IClles  sont  constituées  par 
une  couche  de  fibres  longitudinales,  une  couche  de  fibres 
musculaires  circulaires  et  une  membrane  épithéliale  interne 
pourvue  de  nombreux  replis  destinés  à  augmenter  la  surfac« 
(l'absorption.  Cette  portion  du  Iub5  digestif,  complèlcmenl 
clalée,  est  égale  h  environ  deux  fois  la  longueur  du  corps 
de  l'insecte. 


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L'intestin  postérieur  est  séparé  de  la  portion  précédente 
par  un  bourrelet  annulaire  irrégulier,  jouant  le  rôle  de  val- 
vule. A  son  origine  sont  insérés  les  luàes  de  Malpighi,  dont 
le  nombre  est  constant  et  compris  entre  lOO  et  130.  Ces  or- 
ganes glandulaires  sont  constitués  par  des  lilamenlH  cylin- 
driques, allongés,  flexueux  et  groupés  en  six  faisceaux 
allant  s'ouvrir  au  sommet  de  petites  évaginations  hémisphé- 
riques, provenant  de  l'extrémité  antérieure  de  l'inleslin 
terminal.  Ce  groupement  des  glandes  urinaïres  en  six  fais- 
ceaux est  tout  ft  fait  caractéristique  et  se  rencontre  chez  la 
plupart  des  Locustides.  Le  reste  de  l'inleslin,  doni  la  lon- 
gueur est  fi  peu  près  égale  k  celle  du  corps  de  l'insecte,  se 
dirige  en  arrière  en  suivant  un  trajet  sinueux,  puis  se  ré- 
trécit pour  se  dilater  ensuite  et  former  le  rectum.  Ce  dernier, 
(le  forme  ovoïde,  porte  de  nombreux  replis  musculaires 
transverses  et  six  bandelettes  glandulaires  longitudinales, 
anhiogucs  aux  glandes  rectales  que  nous  avons  décrites  chez 
les  Ilyménoplëres.  Ainsi  ([ue  nous  l'avons  dit  au  débul,  l'ap- 
pareil digestif  des  Mecopodinii;  mérite,  par  sa  disposition,  la 
siructurede  plusieurs  de  ses  parties  et  surtout  sa  longueur 
considérable,  une  description  à  part.  De  plus,  il  forme  un 
des  principaux  anneaux  de  la  cliatne  qui  rattache  les  Acri- 
DtiCiNs  aux  Locustides. 

3"   TlUBO  DES  EpilIPPIGERlK^  (V.    PI.  VIII,  fig.  1   Ct  3}. 

Parmi  les  Locustides  que  nous  avons  encore  étudiées, 
nous  pouvons  citer,  chez  les  Ei'hippigerin.«.  les  deux  es- 
pèces suivantes  :  YE/ihi/ipii/er  bitteriensis  Ç  (Marq.)  et 
YOrfihania  denlicauda  (^  (Charp.). 

Chez  toules  les  espèces  de  cette  tribu,  l'organe  de  la  di- 
gestion présente  de  nombreuses  différences  avec  celui  des 
autres  espèces  appartenant  à  la  famille  des  Locuslidse.  Ces 
différences  portent  principalement  sur  la  disposition  des 
glandes  salivaires,  la  forme  du  jabot,  la  réduction  du  gé- 
sier, le  cloisonnement  tout  particulier  des  ca-cums  intesti- 
naux et  le  mode  d'embouchure  des  tubes  de  Malpighî 
(V.  PI.  VIII,  fig.  t). 


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APPAREIL    DIGESTIF    DES    ORTHOPTÈRES.  109 

Ia%  glandes  salivaires  de  VEphippiger  billeriensix  sont  très 
volumineuses  el  recouvrent  non  seulement  toute  la  face  in- 
férieure des  trois  segments  thoraciques,  mais  s'étendent 
même  jusque  dans  la  région  occipitale  céphalique.  Elles 
sont  disposées  en  deux  larges  grappes  placées  au-dessus  et 
sur  les  côtés  du  jabot.  Chaque  grappe  comprend  elle-même 
plusieurs  faisceaux  glandulaires,  dont  les  nombreux  acini 
vont  s'ouvrir  dans  un  canal  excréteur,  lequel  va  déboucher 
dans  le  conduit  efférent  de  chaque  grappe.  La  région  post- 
cérébrale de  la  tête  est  elle-même  enveloppée  par  iio  massif 
glandulaire  qui  entoure  l'œsophage  et  projette  verticalement 
deux  grappes  situées  sur  la  partie  antérieure  du  jabot. 
Chaque  grappe  est  constituée  par  des  acini  ovoïdes,  pourvus 
d'une  cavité  centrale  et  d'un  canalicule  excréteur  très  court. 
La  structure  de  ces  diverses  parties  est  la  même  que  chez 
les  Dectiques  el  les  autres  Orthoptères.  A  l'appareil  glandu- 
laire sont  rattachés  deux  volumineux  réservoirs  salivaircs, 
sortes  de  sacs  très  allongés,  à  parois  transparentes  et  plis- 
sées,  s'étendant,  de  chaque  côté  du  jabot,  jusqu'au  méla- 
tborax,  el  allant  déboucher  dans  chacun  des  canaux  effé- 
rents  des  deux  grappes.  Ces  canaux,  au  nombre  de  deux,  un 
pour  chaque  grappe,  se  fusionnent  finalement  et  constituent 
un  tube  impair  très  court,  s'ouvrant  &  la  base  de  la  lèvre 
inférieure. 

Le  pkargnx  et  Vœsophage  sont  très  courts.  Le  premier 
affecte  la  forme  d'un  Ironc  de  cône  légèrement  aplati,  à 
parois  épaisses,  musculaires  et  striées  intérieurement. 

Le  Jabot,  par  contre,  est  Irès  volumineux  et  occupe,  avec 
les  glandes  salivaires,  la  presque  totalité  de  la  cavité  thora- 
cique.  C'est  un  organe  tronconique,  à  extrémité  postérieure 
renflée  et  présentant,  dans  son  tiers  antérieur,  un  léger 
étranglement.  Ses  parois  sont  épaisses  et  pourvues  de  nom- 
breux faisceaux  musculaires  longitudinaux  et  annulaires 
très  apparents.  La  face  interne  est  recouverte  par  une  mem- 
brane chitineuse  transparente  el  hérissée  de  très  fines  soies 
cornées.  Ces  soies,  plus  ou  moins  développées,  existent  nor- 


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malement  sur  la  membrane  inleroe  du  jabot  de  tous  les 
Orlhoplères,  A  ta  face  poslérieure^  les  plissements  de  lu 
cavité  dujabol  sont  beaucoup  pttis  accentués  qu'fila  partie 
antérieure  et  vont  converger  vers  i'orilice  terminal  de  l'or- 
gane. Avant  d'arriver  à  cet  orifice,  les  bourrelets,  qui  ne 
sont  h  ce  moment  qu'au  nombre  de  six,  changent  de  forme 
et  augmentent  de  volume.  Ils  se  disposent  dans  un  plan  ver- 
tical, constituant  ainsi  une  sorte  de  tubercule,  perforé  à  son 
centre  et  pourvu  de  six  rayons  épineux.  On  ne  saurait  mieux 
comparer  le  tubercule  postérieur  du  jabot  suivi  du  gésier 
qu'à  une  capsule  de  pavot  vue  par  son  extrémité  stigma- 
tique.  Chaque  bourrelet,  séparé  de  ses  voisins  par  une  large 
dépression  triangulaire,  porte  à  sa  surface  trois  ou  quatre 
dents  crochues,  recourbées  et  à  sommet  chitineux  tourné 
vers  l'orifice.  Cette  disposition  présentée  par  l'orifice  poslé- 
rieur  du  jabot  des  EpMpinger  n'aflecte,  chez  aucun  autre 
Locustide,  une  aussi  grande  complication. 

Le  jabot  de  VOrphania  dcntkauda  est  moins  allongé  que 
celui  de  l'Ëphippiger,  et  son  extrémité  postérieure  plus 
arrondie.  Ses  parois  sont  épaisses  et  possèdent  des  faisceaux 
longitudinaux  et  circulaires  très  apparents  à  l'extérieur.  La 
face  interne  est  recouverte  d'une  membrane  chitineuse  trans- 
parente, striée  et  pourvue  de  Rues  denticulations.  Les  replis 
postérieurs  finissent  par  ne  former  que  six  gros  bourrelela 
rectangulaires  convergeant  vers  l'orifice  du  gésier  et  pour- 
vus de  quatre  petites  pointes  simulant  des  dents.  Il  n'existe 
pas  ici  de  tubercule  étoile,  perforé  à  son  centre,  comme 
chez  les  Ephipniger. 

Le  gésier  des  Ephippiger  (V.  PI.  VIII,  fig.  3)  a  une  struc- 
ture toute  différente  de  celle  qu'il  afi'ecte  chez  les  autres 
Locustidie.  Il  présente  la  forme  d'un  tronc  de  cône  à  base 
élargie  reliée  au  jabot,  et  à  extrémité  postérieure  amincie 
en  rapport  avec  l'intestin.  Fixé  un  peu  exceniriquement  à  la 
face  postérieure  du  jabot,  dont  ie  sépare  un  très  étroit  sillon 
circulaire,  il  est  totalement  dépourvu  de  pédoncule  antérieur. 
Ses  parois  sont  épaisses,  formées  par  une  forte  couche  de 


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APPAREIL   DIGESTIF   bES   ORTHOPTÈRES.  i  1  \ 

fibres  musculaires  anaulaires  et  sa  face  interne  est  garnie 
d'un  appareil  masticateur  incomparablement  plus  faible  que 
celui  des  Dectiques  et  des  Locustes.  Il  est  constitué  par  six 
bandelettes  pyramidales,  disposées  longitudinalement  et 
s'amincissant  au  fur  et  à  mesure  qu'elles  se  rapprocbeot  de 
l'orifice  inlestinal.  (V.  PI.  VIH,  fig.  3).  Chaque  bandelette 
porte  sept  dents  triangulaires,  dressées  presque  perpendi- 
culairement  aux  parois  de  l'organe  et  à  sommet  crochu, 
deoticulé,  chitineux  et  légèrement  recourbé  en  arrière.  Les 
dénis,  sauf  la  dernière,  portent  de  larges  expansions  laté- 
rales, qui  sont  les  homologues  des  tubercules  latéraux  des 
dents  médianes  du  gésier  des  Dectiques,  et  dont  les  bords 
libres  sont  recouverts  de  longues  soies  cornées.  De  part  et 
d'autre  de  la  rangée  médiane  existe  une  série  longitudinale 
de  tubercules  prismatiques  et  quadrangulaires,  correspon- 
dant aux  dents  latérales  des  Decticinae,  mais  en  différant 
complètement  par  leur  forme  et  leur  structure.  La  face  su- 
périeure de  chaque  dont  est  cornée,  légèrement  bombée  et 
sa  base  porte,  sur  sa  face  inlerne,  une  plage  longitudinale 
séligère.  Enfin,  on  constate,  dans  l'étroite  dépression  qui 
sépare  chacune  des  séries  de  l'armature  masticatrice,  une 
ligelle  cornée,  allongée  et  rectangulaire.  Cet  organe,  comme 
on  peut  le  voir  par  l'examen  de  la  figure  3,  Planche  VIII 
et  par  la  description  que  nous  venons  d'en  faire,  est  une 
forme  atrophiée  du  gésier  des  Locuslinœ  et  des  Declicinfe. 

Le  gésier  de  VOrphania  est  encore  beaucoup  plus  rudi- 
mentaire  que  celui  de  l'espèce  précédente.  Sa  forme  est 
presque  cylindrique,  mais  à  extrémité  antérieure  un  peu 
plus  large  que  la  postérieure.  11  s'unit  directement  au  jabot 
sans  l'intermédiaire  de  pédoncule.  Ses  parois  musculaires 
sont  épaisses,  mais  son  armature  masticatrice  inlerne  esl 
très  réduite  et  beaucoup  plus  atrophiée  que  celle  de  l'Ephip- 
piger.  Elle  est  uniquement  composée  de  six  colonnes  ou 
replis  musculaires  recouverts  par  une  lamelle  chitîneuse. 
Ces  replis  présentent  une  série  de  denticulations  triangu- 
laires, disposées  presque  verticalement  et  séparées  par  des 


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112  L.  BOBDAS. 

sillons  transverses.  Chaque  colonne  porle  sept  dents  el  se 
continue  postérieurement  par  une  lamelle  rectangulaire 
aplatie,  sorte  de  languette  servant  à  former,  avec  ses  cinq 
congénères,  une  valvule  placée  à  l'entrée  de  l'inteslin 
moyen.  Les  replis  du  gésier  sont  séparés  longitudînalement 
par  de  profondes  dépressions  parallèles. 

L'inteslin  moyen  de  VEphippiyer  bilteriensis  est  court  el 
ne  décrit  qu'une  seule  circonvolution.  Les  appendices  in- 
testinaux sont  remarquables  par  leur  forme  et  leurs  nom- 
breux replis  internos.  A  ce  titre,  on  peut  les  placer  à  côté 
de  ceux  des  Cleandrus.  Ce  sont  deux  caecums  en  forme  de 
sac,  légèrement  recourbés  et  à  face  externe  irrégulière  et 
parcourue  par  de  nombreux  sillons  allant  du  sommet  fi  la 
base.  La  cavilé  inlerne  est  divisée  en  sept  ou  huit  chambres 
nettement  séparées  les  unes  des  autres  et  ne  communiquant 
entre  elles  que  par  un  espace  très  étroit.  Ces  chambres  sont 
formées  par  un  certain  nombre  de  cloisons  (6  ou  7)  dues  à 
un  repli  de  la  paroi  interne  du  cœcum.  De  cette  forme  au 
cloisonnement  complet  des  cavités,  que  nous  avons  déjà 
constaté  chez  les  Cleandrus,  il  n'y  a  qu'un  pas,  el  le  passage 
se  fait  sans  peine  d'une  espèce  à  l'autre.  Le  resie  de  l'in- 
testin moyen  ne  présente  aucune  particularité  remarquable, 
sauf  une  circonvolution  qu'il  décrit  avant  de  se  souder  k 
l'intestin  postérieur. 

Les  ciecums  intexlinauj:  de  VOrphania  denticauda  forment 
deux  sacs  aplatis,  légèrement  recourbés  el  enveloppant 
complètement  le  gésier.  Ils  présentent,  sur  leurs  deux  faces, 
cinq  ou  six  sillons  longitudinaux  correspondant  à  autant  de 
cloisons  internes  qui  partagent  la  cavité  en  plusieurs  com- 
parlimenls  incomplets. 

IS'mteiitln  postérieur  de  V  Ephippiger  est  presque  droit  el 
parcouru  Eongitudinalement  par  six  bourrelets  internes  mus- 
culo-glandulaires,  comparables  à  ceux  qui  existent  chez  les 
Hyménoptères  [Glandex  rectaies).  A  son  origine,  l'intestin 
terminal  porte  un  nombre  variable  (3  ou  4)  de  tubercules 
coniques,  h  extrémités  arrondies,  au  sommet  desquelles  vicn- 


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APPAREIL  DIGESTIF  DES   ORTHOPTËRGS.  113 

nent  déboucher  les  lubes  de  Malpighi,  disposés  en  faisceaux, 
mais  enchevêtrés  entre  eux,  de  telle  sorte  qu'ils  paraisseot 
s'insérer  circulairement  et  sans  ordre  autour  du  tube  digestif. 
Le  nombre  des  cxcums  est  inférieur,  chezïes Ephippigerina: 
à  celui  que  nous  trouverons  chez  les  Locustes  et  tes  Oec- 
liques.  Les  tubes  de  Malpighi  de  ÏOrphania  sont  moins  nom- 
breux et  moins  allongés  que  cbez  l'Ephippiger.  Ils  sont 
groupés  en  trois  ou  quatre  faisceaux,  allant  s'ouvrir  au 
sommet  de  petits  tubercules  qui  sont  des  dépendances  de 
l'intestin  terminal. 

Le  rec/u/n  des  Ephippigerinse,  séparé  du  reste  de  l'organe 
par  une  valvule  irrégulière,  est  ovoïde  et  parcouru  longitu- 
dinalement  par  six  bourrelets  glandulaires,  homologues  des 
glandes  rectales  des  Hyménoptères  (V.  PL  VIII,  fîg.  1). 

4*  Tribu  des  Piianeropterin^. 

Parmi  les  Phaneropterin^,  nous  avons  étudié  les  deux 
espèces  suivantes  :  Phaneroptera  falcata  (Scopoli)  et  Acri- 
dopeza  reticulata  (Guérin). 

L'appareil  digestif  des  espèces  de  cette  tribu  présente  à 
peu  près  les  mêmes  caractères  que  chez  les  Locustid^,  les 
Platycleis  en  particulier  (V.  la  suite  du  chapitre  et  les 
ûgures  5  et  7  de  la  PI.  VIII).  Il  en  diffère  cependant  par  la 
forme  et  la  structure  du  gésier  et  par  l'énorme  développe- 
ment du  rectum. 

Qi^iV Acridopeza^  cet  organe  est  presque  droit  et  les  in- 
testins moyen  et  postérieur  ne  décrivent  que  deux  courbures 
peu  accentuées. 

Le  pharynx  est  étroit,  musculeuxel  pourvu  de  nombreux 
replis  internes,  disposés  longitudinalement. 

Vœsophage  est  court,  cylindrique  et  n'occupe  que  le  quart 
antérieur  du  prothorax. 

Le  jabot  est  volumineux,  ovoïde,  à  parois  minces,  trans- 
parentes et  plissées  intérieurement.  II  occupe  la  presque  to- 
talité du  thorax  et  repose  sur  les  glandes  salimifei,  sembla- 
bles à  celles  des  Locustides,  et  sur  de  gros  faisceaux 
musculaires.    La  face  interne  porte  de  fines  stries  cbiti- 

«tm.   se.   HAT.  ZOOL.  V,  8 


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114  L.   ■•■DAS. 

neuses  longitudinales  qui  vont  converger  vers  six  bourrelets 
placés  à  l'origine  du  gésier. 

Le  gésier  est  très  caractéristique  et  difTère,  par  lu  struc- 
ture de  son  appareil  masticateur, de  celui  de  toutes  les  autres 
Locustidœ.  C'est  un  organe  conique,  à  parois  externes  lisses 
et  épaisses  el  dont  la  face  interne  est  garnie  de  six  bourre- 
lets portant  de  cinq  à  six  dents  chilineuses,  triangulaires  et 
à  bords  finement  denticulés.  Chaque  colonne  se  continue  par 
des  lamelles  transversales,  qui  vont  en  diminuant  à  mesure 
qu'on  se  rapproche  de  l'intestin  moyen  et  se  termine  par  une 
plaquette  à  bords  libres  émoussés.  Les  six  plaquettesforment 
une  sorte  de  valvule  placée  à  l'extrémité  postérieure  du  gésier. 

L'inteslin  mot/en  porte,  fi  son  origine,  deux  cxcums  cy- 
lindriques, légèrement  aplatis  sur  leur  face  interne  et  di- 
visés, par  des  replis,  en  plusieurs  compartiments  communi- 
quant entre  eux. 

làintestin  terminal  est  court,  large  et  coudé  verticalement. 
11  est  presque  complètement  enveloppé  par  les  organes  gé- 
nitaux, et  porte,  en  avant,  de  nombreux  tubes  de  Malpigbi, 
disposés  comme  chez  les  Locustinx.  Il  se  termine  par  un 
rcrtum  volmnineux  et  cylindrique,  présentant  à  son  origine 
une  valvule  lamelleuseet  irrégulière. 

0°  Tribc  bes  CoNOCEPHALiNvE.  —  Sa/omono  megacephala 
(de  Haan},  Pseudorhynchus  minor  (Redtenbacher),  Conoce- 
p/iahis  mandibularis  (Charp.}.  {V.  PI.  Vil,  fig.  9;  PI.  VIII, 
fig.  2  ;  PI.  IX,  fig.  2  ;  PI.  X,  fig.  4.) 

L'appareil  digeatif  de  la  Salomona  megacephala  diffère 
do  celui  des-auttcs  Locustidae  par  la  localisation  toute  parti- 
culière de  ïes  glandes  salivaires,  par  l'énorme  développe- 
ment que  pr«nd  le  jabot  et  par  l'atrophie  de  l'intestin  ter- 
minal. Chez  le  Pseudorhynchus,  l'organe  de  la  digestion  est 
caractérisé  «  r  par  son  grand  développement,  attendu  que 
salongueur^lleint  deux  fois  celle  du  corps  de  l'insccle  ; 
2°  parles  nombreuses  circonvolutions  que  présente  l'inteslin 
terminal  et  T  par  le  mode  d'insertion  des  tubes  de  Mal- 
pigbi (V.  PI.  IX,  fig.  2). 


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APPAREIL  DIGESTIF   DES   ORTHOPTÈRES.  H  5 

A  la  bouche,  de  forme  ovale,  fail  suîle,  chez  la  Salo- 
mona,  un  pharynx  aplalî  et  relié  aux  parois  latérales  de  la 
tfclc  par  de  nombreux  faisceaux  musculaires.  Il  repose,  par 
sa  face  inférieure,  sur  une  lamelle  clutineuse  provenant  de 
la  région  occipitale  de  la  tête. 

Vafxophage  est  très  court  et  situé  dans  l'espace  interseg- 
menlaire  compris  entre  la  tête  et  le  prothorax.  Il  est  cylin- 
drique et  se  continue  avec  le  jabot  sans  ligne  de  démarcation. 
La  face  dorsale  supporte  une  grappe  médiane  de  glandes 
»:dîvaires,  et  les  faces  latérales  sont  recouvertes  par  deux 
prolongements  glandulaires  des  mêmes  organes.  Enfin,  la 
face  inférieure  repose  sur  une  large  grappe  appliquée  sur 
le  premier  segment  thoracîque,  au-dessus  du  système  ner- 
veux. Le  pharynx  et  l'œsophage  du  Pseudorliynchus  sont 
courts,  et  le  dernier  dépasse  à  peine  la  moitié  antérieure  du 
prolhorax.  La  face  interne  du  pharynx  est  parcourue  par  de 
nombreuses  stries  longitudinales. 

La  jabot  de  la  Salomona  (1)  fait  suite  à  l'œsophage  sans 
ligne  de  démarcation.  C'est  un  organe  volumineux,  allongé, 
ovoïde,  parcourantenlignedroitelethorax  tout  entier,  dont  il 
occupe  la  partie  médiane,  et  s'iHendant  jusqu'au  tiers  posté- 
rieur du  premier  segment  abdominal.  Il  repose  sur  la  chaîne 
nerveuse,  et  est  recouvert  latéralement  par  de  gros  faisceaux 
musculaires,  moteurs  des  appendices. Ses  parois  antéiieures 
sonlptissées  latéralement  et  transversalemeni ,  tandis  que  l'ex- 
trémité inférieure  est  lisse  et  présente  une  courbe  régulière  à 
convexité  postérieure.SesparoisinternessonI  également  lisses 
dans  lesdeux  premiers  segments  thoraciques,  mats  présentent, 
vers  le  tiers  postérieur,  une  série  de  plis  longitudinaux  qui 
vont  converger  vers  l'orifice  compris  entre  le  jabot  et  le  gé- 
sier. Entre  les  replis  principaux,  au  nombre  de  six,  existent 
également  d'autres  replis  moins  accusés  qui  se  dichoto- 
mjsent  et  transforment  la  partie  terminale  du  jabot  en  une 
surface  irrégulière  et  de  stiueture  alvéolaire.  Du  fond  du  ja- 

>'()  Pour  l'ensemble  Je  l'uppareil  liijiestif  de  la  Salomona  megaccpKala, 
vuy.  lapl.  VIII,  lig.  2,  et  pour  celui  du  fieudorhyHchui  iiùnoe,  la  pi.  IX,  Og.  2. 


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H  6  Ma.  bobdam. 

bot,  on  voit  se  détacher  six  colonnes  ou  bandeletles  portant 
sur  leur  crête  des  dents  à  pointe  acérée  et  chiliaeuse  tour- 
née vers  la  région  intestinale.  Ces  bandelettes  vont  conver- 
ger vers  rorifice  postérieur  où  elles  formenl  six  replis,  don- 
nant à  l'ouverture  une  forme  étoilée.  Ces  replis  jouent  le 
rôle  de  valvules  et  se  conlinueol,  à  travers  le  court  pédoncule 
postérieur,  jusqu'au  gésier.  Pendant  leur  trajet,  ils  présen- 
tent une  série  de  constrictions  transversales,  séparant  ainsi 
àcs  luberculcs  denliformcs  pyramidaux.  Ces  tubercules  sont 
formés  par  des  replis  de  la  couche  chittneuse  qui  déjfi  re- 
couvre la  face  interne  du  court  pédicule  qui  unit  le  jabot  au 
gésier. 

Le  jabot  du  Pseudorhynchts  est  piriforme,  à  extrémité 
postérieure  arrondie  et  s'étend,  dans  la  région  médiane 
Ihoracîque,  jusqu'à  l'origine  de  l'abdomen.  Ses  parois  soûl 
épaisses  et  parcourues  antérieurement  par  de  nombreuses 
bandelettes  musculaires,  parmi  lesquelles  on  en  distingue 
six  principales,  se  prolongeant  en  arrière  jusque  dans  te 
pédoncule.  Ces  bandeletles  terminales  portent  de  petites 
dents  chitincuses  disposées  en  palette  et  à  bord  libre  cré- 
nelé. 

Le  gésier  de  la  Salomona  est  séparé  du  jabot  par  un  repli 
circulaire  profond.  C'est  un  organe  sphérique,  présentant  de 
5  à  7  millimètres  de  diamètre.  Ses  parois  sont  très  épaisses, 
fortement  musculaires  et  parcourues  exférieuremenl  par  un 
réseau  inextricable  de  filaments  trachéens,  très  ténus,  qui 
s'étendent  même  jusqu'au  jabol.  Les  parois  internes  du  gé- 
sier portent  une  armature  cliilineuse  fort  compliquée  et 
présentant  les  plus  grands  rapports  avec  celle  des  Decti- 
cinx  et  des  Gryllidfc.  Elle  diffère  cependant  de  celle  des 
Grillons  et  des  Gryllolalpa  par  la  forme  des  dents  médianes 
et  la  disposition  des  dents  latérales.  Comme  chez  les  Gryl- 
lidœ,  et  en  particulier  chez  le  Bracbylrypus,  l'armature  in- 
terne est  disposée  suivant  six  colonnes  lonj^itudinales, 
présentant  chacune  dans  son  ensemble  la  forme  d'un  prisme 
triangulaire  dont  une  des  faces  est  appliquée  contre  la  paroi 


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APPAREIL   DIGESTIF    DES    ORTHOPTÈRES.  117 

du  gésier,  et  l'angle  dièdre  opposé  dirigé  vers  l'axe  de  l'or- 
gane. Chaque  colonne  masticatrice  est  séparée  de  sa  voisine 
par  une  longue  tige  chitineuse  située  dans  une  profonde  dé- 
pression disposée  d'avant  en  arrière.  Comme  chez  tes  Cryllida;, 
on  observe,  dans  chacune  des  séries  longitudinales,  trois 
rangées  de  dents  :  une  rangée  médiane  et  deux  rangées  laté- 
rales (Voy.  PI.  VU,  fig.  9,  et  Pl.X.  fig.  4). 

La  rangée  médiane  comprend  de  16  à  18  dents  chiti- 
neuses,  1res  proéminentes  et  dont  les  dimensions  vont  pro- 
gressivement en  diminuant  depuis  la  région  antérieure  du 
gésier  jusqu'à  son  exirémité  inférieure.  Ces  dents  compren- 
nent trois  parties  :  une  partie  moyenne  et  deux  appendices 
latéraux  (Voy.  PI.  X,  fig.  4).  La  portion  médiane,  qui  fait 
forlement  saillie  dans  l'intérieur  du  gésier,  a  la  forme  d'une 
palette  h  face  interne  concave  et  à  face  externe  convexe;  elle 
est  légèrement  inclinée  en  arrière  et  présente  une  pointe  ou 
denticule  antérieure  et  deux  denlicules  latérales.  De  chaque 
côté  de  la  pointe  médiane  et  séparées  d'elle  par  une  dépres- 
sion courbe,  existent  deux  dents  latérales,  redressées  verti- 
calement et  à  pointe  légèrement  mousse.  La  dent  médiane 
dont  nous  venons  de  parler,  contrairement  h  ce  qui  existe 
chez  les  Cryllids  (Voy.  le  cbap.  suiv.),  est  implantée  presque 
obliquement  dans  les  parois  du  gésier  et  sa  racine,  très 
courte,  est  double  et  en  rapport  avec  des  faisceaux  muscu- 
laires qui  lui  permettent  d'exécuter  des  mouvements  d'avant 
en  arrière  (Voy.  PL  X,  fig.  4). 

Les  dents  des  rangées  latérales,  séparées  de  celles  de  la 
série  médiane  par  un  sillon  longitudinal  profond,  sont  en 
même  nombre  que  ces  dernières  (de  16  à  18)  et  alTectent  une 
forme  pyramidale.  Leur  large  base  est  constituée  par  de 
nombreux  groupes  de  faisceaux  musculaires;  elle  supporte 
une  poinle  chitineuse,  élargie  obliquement  et  alTectant  la 
forme  d'une  palette  à  concavité  externe  (Vov.  PI.  Vil, 
Bg.  9). 

Chaque  série  de  dents  va  progressivement  en  diminuant 
à  mesure  qu'elle  se  rapproche  de  l'orifice  antérieur  de  l'in- 


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118  L.    BOBDAM. 

leslin.  Après  la  disparition  des  dents,  chaque  entonne  se 
termine  par  un  prolongemonl  musculaire  faisant  l'oflice  de 
valvule  et  limitant  une  ouverture  très  étroite  qui  ne  laisse 
passer  que  les  substances  alimentaires  suflisamment  tri- 
turées. 

Le  gésier  du  Pseudor/iync/iux  est  un  organe  ovoïde,  pres- 
que entièrement  recouvert  extérieurement  par  les  appen- 
dices intestinaux,  et  intéricuremont  par  une  puissante  arma- 
ture masticatrice,  composée  de  six  colonnes  triturantes, 
disposées  h  peu  près  comme  celles  de  l'espèce  précédente. 
Les  dents  médianes  présentent  cependant  une  légère  modi- 
fication consistant  dans  la  forme  de  leur  tubercule  central 
qui  est  plus  allongé  et  muni  latéralement  de  tines  denticiila- 
iions  très  acérées. 

Viniexlin  moyen  des  Salomona  décrit  deux  circonvolutions 
complètes.  A  son  origine  viennent  s'ouvrir  deux  appendices 
intestinaux,  analogues  par  leur  forme  à  ceux  des  Locustes 
et  des  Dectiques.  Ces  organes,  complètemenls  indépendants 
du  gésier,  ne  sont  que  des  divcrticules  latéraux  de  l'origine 
de  l'inleslin.  Ils  présentent  la  forme  de  deux  bourses  arquées, 
à  face  Interne  légèrement  concave,  embrassant  les  parois  la- 
térales du  gésier.  Leur  face  externe  est  convexe.  Ils  se  ter- 
minent antérieurement  par  une  pointe  cœcale  et  arrondie, 
en  forme  de  doigt  de  gant,  et  vont  s'ouvrir  dans  une  portion 
élargie,  sorte  de  vestibule,  qui  se  continue  par  l'intestin 
moyen.  Ce  dernier  est  à  peu  près  uniformément  cylindrique 
et  a,  en  moyenne,  de  3  i  4  millimètres  de  diamètre,  sur  20  à 
2.">  millimètres  de  longueur.  Il  décrit  deux  circonvolutions 
complètes  dirigées  obliquemenl  par  rapport  à  l'axe  du  corp!=. 
Ses  parois  externes  sont  à  peu  près  lisses  à  l'état  de  rcplé- 
lion  de  l'organe;  maïs,  quand  ce  dernier  est  vide,  elles  pré- 
sentent une  série  de  plissements  transversaux. 

h'mtpxlin  »iot/pn  du  P.\etii/orhi/n^hm  est  allongé  et  décrit, 
à  son  exirémité  postérieure,  une  circonvolution  complète. 

Les  tithriffe  Malpifjhi  vont  s'ouvrir  d'une  façon  assez  irré- 
guliére  à   l'origine  de  l'intestin  terminal.  Ces  glandes,  au 


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APPAREIL    DIGESTIF    DES    ORTHOPTÈRES.  119 

nombre  de  cent  à  cent  vingt  chez  les  Salomona,  sont  cons- 
tituées par  des  lilamenls  courte',  minces,  flexueux  et  dispo- 
sés parfois  en  groupes  peu  nombreux.  —  L'intestin  postérieur 
débute  par  une  portion  rétrécie  qui,  après  avoir  décrit  une 
circoDTolulion,  s'élargit  brusquement  en  un  organe  ovo'fde, 
le  rectum.  Ce  dernier  se  continue  par  un  appendice  fort  court 
terminé  h  l'orifice  anal,  situé  au-dessus  du  pore  génilal  et 
au-dessous  d'une  languette  spatuliforme,  chilineuse  et  con- 
cave à  sa  face  supérieure. 

h'inteslin  postérieur  du  Pxeudorhynchus  décrit  deux  circon- 
volutions et  porte,  h  son  origine,  six  tubercules  coniques  ou 
parfois  hémisphériques,  au  sommet  desquels  vienneni  s'ou- 
vrir de  10  à  15  lubes  de  Malpighi,  formant  six  touffes  cn- 
chevêlrées  enire  elles  et  difficilement  sépai'ables.  Ces  touffe? 
s'étendeni  dans  toutes  les  directions  et  recouvrent  les  organes 
génitaux  ainsi  que  les  circonvolutions  intestinales.  Les  fais- 
ceaux antérieurs  vont  même  jusqu'à  coiffer  le  bord  supérieur 
des  appendices  intestinaux,  prenant  ainsi  l'aspect  de  tubes 
filiformes  paraissant  directement  dépendre  des  cfecums  la- 
téraux. La  face  interne  de  l'intestin  postérieur  est  parcourue 
longitudinalement,  comme  chez  les  Locustes  et  les  Dec- 
tiqucs,  par  six  bandelettes  musculaires,  très  sinueuses  et  ter- 
minées à  un  bourrelet  valvulaire  étoile,  marquant  l'origine 
du  rectum. 

h' appareil  digestif  à\\  Conocephalus  mandibutaris  (Charp.) 
n'offre  rien  de  particulier  et  présente  ù  peu  prestes  mêmes 
caractères  que  celui  des  espèces  précédentes. 

6°  TniBU  DES  KocusTiN-fi  ou  DECTiciN^(Voy.  PI.  VIl,fig.  8; 
Pl.VIlI.fig.  5à8;Pi.lX,fig.  1,3,4,  5,6,  7,8,  9,10;  IM.X, 
fig.  5,  9et  II}. 

Nous  avons  étudié,  parmi  les  Locustin.e  ou  Decticin-ï, 
neuf  espèces  réparties  en  trois  genres.  Ces  espèces,  toutes 
indigènes  et  recueillies  dans  la  Coriè/e,  sont  :  Decticus  ver- 
nirivorus(L.),Dec.alèifrons{FRhr.).  Platgcleis  gri.iea(Viihr.), 
PI.  laticauda  (Brunn.),  PI.  tesseltata  (Charp.),  PL  se/ntim 
(Yers.),  Locusta  viridissima  (L.),  Loc.  cantons  (Charp.),  etc. 


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120  li.   ■•■DAS. 

Glandes  salivaires  (Voy.  PI.  IX,  fig.  1).  —  Les  glandes 
salivaires  des  Declicinse,  celles,  entre  autres,  du  Decticm  ver- 
rucivorus,  sont  très  volumineuses,  disposées  en  deux  grappes 
situées  dans  les  deux  premiers  segments  thoraciques  et  cons- 
tituées par  des  follicules  ou  acini  pluricellulaires,  donnant  à 
l'organe  l'apparence  d'un  massif  compact,  mamelonné  el 
granuleux. 

La  région  postérieure  est  constituée  par  deux  grappes  se- 
condaires, disposées  symétriquement  par  rapport  au  tube 
digestif  et  situées  sur  les  parois  latéro-antérieures  du  méso- 
tliorax.  Elles  affectent  la  forme  d'une  petite  masse  lamel- 
leuse,  mesurant  de  l^-àf-.Sen  tous  sens,  à  face  supérieure 
légèrement  concave -et  à  bords  latéraux  irréguliers  et  parfois 
denticulés.  Les  faces  internes  reposent  sur  la  partie  supé- 
rieure du  second  ganglion  tboracique.  La  face  inférieure  est 
très  irrégulière  et  présente,  outre  de  nombreuses  sinuosités, 
deux  replis  dirigés  obliquement  de  dedans  en  dehors.  Cette 
grappe  ne  comprend  sur  ses  bords  qu'une  rangée  unique  de 
follicules  sécréteurs  et  deux  seulement  dans  sa  région  mé- 
diane. De  chaque  follicule  part  un  canalicule  excréteur, 
grêle,  cylindrique  et  généralement  fort  court,  qui  s'unit 
h  plusieurs  de  ses  congénères  pour  constituer  un  canal  de 
second  ordre.  Ces  divers  tubes,  en  se  concentrant,  finissent 
par  ne  former  que  le  canal  etTérent  de  la  grappe,  qui  sort  de 
la  partie  médiane  de  sa  face  supérieure.  La  grappe  thoraco- 
céphalique  est  de  beaucoup  laptus  volumineuse  el  forme,  à 
elle  seule,  les  2/5  du  volume  de  l'organe.  Elle  repose,  par 
sa  face  inférieure,  sur  les  connectifs  et  le  premier  ganglion 
tboracique,  et  émet  latéralement  deux  prolongements  glan- 
dulaires, interposés  entre  les  faisceaux  musculaires  moteurs 
des  appendices.  Sa  masse  tout  entière  comprend  plusieurs 
épaisseurs  de  follicules  ou  acini  sécréteurs.  La  face  supé- 
rieure de  celte  grappe  est  plane  dans  ses  deux  tiers  anté- 
rieurs, mais  présente  en  arrière  un  profond  sillon  qui  sem- 
ble la  diviser  en  deux  parties.  En  avant,  existe  un  léger 
rebord  recourbé,  s'atténuant  peu  à  peu  et  Unissant  par  dis- 


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APPABEIL   DIGESTIF   DES   ORTHOPTÈRES.  121 

paraître  sur  la  ligne  médiane.  La  face  aotérieure  est  arquée 
et  pourvue  d'un  léger  sillon  médian  ;  la  postérieure  est  peu 
étendue  et  rectangulaire. 

Les  faces  latérales  sont  légèrement  incurvées  vers  le  bas, 
s'appuient  sur  de  gros  faisceaux  musculaires  et  envoient,  de 
part  et  d'autre,  deux  prolongements  irréguliers  et  cunéi- 
formes interposés  entre  la  musculature  thoracique.  La  face 
inférieure  est  plane  ou  légèrement  bombée  suivant  la  ligne 
médiane  et  repose  sur  le  premier  ganglion  thoracique  et  les 
coDnectifs  nerveux.  En  arrière,  nous  avons  constaté  l'exis- 
tence d'une  étroite  mais  profonde  échancrure  séparant  un 
petit  massif  glandulaire  polygonal,  pourvu  latéralement  de 
deux  conduits  excréteurs  qui  vont  s'ouvrir  dans  le  canal 
eftérent  de  la  grappe  mésotboracique. 

Les  conduits  excréteurs  de  la  glande  sont  pairs  et  pren- 
nent naissance  un  peu  en  arrière  de  la  région  cépbalique.  ils 
proviennent  de  ia  fusion  d'un  nombre  variable  de  canaux, 
cinq  ordinairement,  dont  trois  proviennent  du  massif  mé- 
dian, et  les  deux  autres  des  grappes  appendiculaires  laté- 
rales et  postérieures  et  de  la  grappe  mésotboracique. 

Ces  conduits  cheminent  parallèlement  au-dessus  des  ré- 
servoirs glandulaires  et  sur  le  côté  externe  des  connectifs 
nerveux;  ils  passent  ensuite  au-dessoua  d'un  arc  cbitineux, 
aplati  dans  sa  partie  médiane,  mais  bifide  en  avant  et  pro- 
venant d'un  prolongement  issu  de  la  base  des  mandibules. 
De  là,  ces  conduits  s'engagent  même  au-dessous  des  gan- 
glions sous-œsophagiens,  pour  pénétrer  ensuite  dans  la  mus- 
culature du  menton  et  de  la  base  de  la  lèvre  inférieure. 
Arrivés  en  ce  point,  les  deux  conduits  se  rapprochent  et  vont 
s'ouvrir  à  la  face  inférieure  du  réservoir  commun.  C'est  de 
ce  dernier  que  partent  deux  longs  appendices  latéraux,  cy- 
lindriques et  tubuleux,  les  réservoirs  salivaires,  qui  passent 
au-dessous  des  canaux  effércnts  et  vont  se  terminer  en  cfectim 
dans  la  région  moyenne  du  prothorax.  L'orifice  des  glandes 
sdivaires  est  situé  à  la  base  du  labium,  vers  l'origine  des  lobes 
internes. 


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122  J,.  BOBOAS. 

Vappareii  digestif  {V.  PI.  IX,  fig.  1)  du  Decticus  verru- 
cworus  est  bien  développé  el  parcourt  l'axe  du  corps  de  l'in- 
secte en  ne  décrivant,  dans  sa  portion  médiane,  qu'une  seule 
circonvolution.  Les  difTércntes  parties  qui  le  composent  sont 
nettement  séparées  les  unes  des  autres  et  complètement  dif- 
férentes, tant  par  leur  forme  que  par  leur  structure.  Ce  qui 
caractérise  surloutcel  appareil,  ainsi  que  celui  des  P/atgcleis, 
c'est  la  forme  du  gésier,  celles  du  reclum  et  des  appendices 
intestinaux  et  surtout  le  mode  d'embouchure  des  tubes  de 
Malpiglii.  Ces  derniers,  en  effel,  au  lieu  de  s'ouvrir  séparé- 
mont  el  en  cercle  h  l'extrémité  aniérieure  de  l'inlesHn  ter- 
minal, sont  disposés  en  trois  groupes  séparés  par  de  larges 
inlervalles  libres.  Chaque  groupe  comprend  deux  lubercnles 
cylindro-coniques  1res  courts,  sortes  de  diverlicules  intes- 
tinaux au  sommet  desquels  viennent  déboucher  de  18  à 
25  lubes  urinaires  (V.  PI.  IX,  fig.  3).  Che/Aa  Plali/c/eis  ;fri- 
sea,  le  tube  digestif  décrit  deux  courbes  el  égale  environ  une 
fois  et  demie  la  longueur  du  corps  de  l'iusecle  (V.  PI.  Vlll, 
fig.  7). 

Le  pharynx  du  Decticus  verrucivorus  est  très  court  el  com- 
pris entre  les  bases  des  deux  mandibules.  Ses  parois  sont 
trt's  épaisses,  musculaires  et  plissées  intérieurement;  il  re- 
pose sur  une  lamelle  chitineuse,  au-dessous  de  laquelle  sont 
situés  les  canaux  efférenis  des  glandes  salivaires.  Le  pharynx 
des  Plat  i/clelt  el  celui  des  Loctixta  sont  également  très  courts, 
aplatis  Iransversalemenl.  à  parois  musculaires  épaisses  el  a 
face  interne  striée  d'avant  en  a^ri^re.  V (Psop/iar/e  est  égale- 
mmlcour)  ol  ne  forme  qu'un  Irait  d'union  enirele  pharynx 
cl  le  jahol,  avec  lequel  il  se  continue  directement. 

V,e  jahot  des  Dectiques  est  très  volumineux  et  constitue, 
quand  il  est  distendu  par  les  aliments,  une  poclic  ovoïde  ou 
piriforme  qui  remplit  presque  complètement  le  thorax.  Il 
est  situé  au-dessus  des  glandes  salivaires  et  limité  lulérale- 
ment  par  les  gros  faisceaux  musculaires  moteurs  des  appen- 
dices, ï"es  parois,  minces  et  transparentes,  sont  recouvertes 
d'une    double   couche  musculaire,  pouvant  facilement  se 


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APPAREIL   DIGESTIF    DES    OnTHOPTÈHES.  123 

diviser  et  comprenani  des  faisceaux  circulaires  et  des  fais- 
ceaux longitudinaux.  La  région  postérieure  do  l'organe  pré- 
scnic  six  rangées  de  dents  disposées  en  étoile  et  allant 
converger  à  l'orifice  du  gésier  (V.  PI.  VIII,  fig.  6).  C'est  là 
une  disposition  fréquente  chez  beaucoup  d'Ortlioptcros,  mais 
que  nous  n'avons  rencontrée  nulle  pari  aussi  accentuée  que 
chez  les  Declicus  et  quelques  autres  espaces  de  la  famille  des 
Locustidae.  Chaque  rangée  comprend  un  nombre  variable  de 
dénis,  de  4  à  6,  dont  les  dernières,  en  se  projetant  vers  l'axe 
de  l'orifice,  lui  donnent  l'apparence  d'une  étoile  à  six  bran- 
ches (V.  Pi.  IX,  fig.  8).  Les  donls  de  la  région  postérieuie 
du  jabot  on!  une  slruclure  tout  à  fait  caractéristique  :  elles 
sont  produites  par  la  coalescence  de  soies  chitineuses,  et 
leur  disposition  est  telle  qu'on  peut  suivre  tous  les  passages 
entre  les  dents  véritables  et  les  touffes  de  poils  plus  ou  moins 
compacles.  La  première  dent  de  chaque  rangée  n'est  consti- 
tuée que  par  une  simple  plaque  chilineuse,  de  couleur  jau- 
nâtre, portant  sur  ses  bords  de  fines  denliculalions(V.  pi.  IX, 
fig.  6).  Les  dénis  suivantes  ont  la  forme  de  lamelles  dressées 
obliquement,  à  face  concave  dirigée  en  arrière,  vers  l'orifice 
du  gésier,  et  présentant  l'apparence  de  petites  curettes.  Leur 
bord  libre  postérieur  est  muni  de  nombreuses  pointes  coni- 
ques acérées  et  irrégulièrement  espacées.  Les  dents  situées 
sur  le  rebord  de  l'orifice  postérieui'  du  jabot  ont  une  slruc- 
lure toute  différente  :  elles  sont  formées  de  deux  parties, 
d'une  partie  médiane  tamelleuse,  cornée,  à  bord  libre  den- 
ticnlé  et  de  deux  parties  latérales  comprenant  deux  plages 
sétigères,  constituées  par  des  touffes  de  soies  ou  poils 
chilineux.  Les  poils  de  la  région  médiane  sont  courts  et 
coniques,  tandis  que  les  plus  externes  sont  longs  et  k  extré- 
milé  effilée. 

Enfin,  des  deux  côtés  de  l'extrémité  postérieure  de  chaque 
rangée,  existent  deux  traînées  de  soies  cornées,  hyalines, 
courtes  et  transparentes. 

Le  jabot  de  la  Platyr.Ieh  gmea  est  volumineux,  ovoïde  ou 
piriforme,  à  parois  minces,  transparentes  et  pourvues  de 


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i24  L.  BORDAS. 

deux  couches  musculaires  facilement  dissociables  (Voyez 
FI.  VHI,  fig,  5).  A  l'intérieur,  existe  un  revôlemenl  chilineux 
assez  épais  et  présenlant,  de  distance  en  dislance,  de  pelltcs 
aspérités.  A  son  extrémité  postérieure  se  trouvent,  comme 
chez  tes  Decliques,  six  bourrelets  disposés  en  étoile  et  allant 
converger  à  l'orifice  terminal  de  l'organe.  Chaque  bourrelet 
porte  quatre  dents  chitineuscs  aplalies,  concaves  en  arrière 
et  plantées  obliquement.  Leur  bord  libre  est  profondément 
découpé  en  denlicules  acérées.  L'oritice  postérieur  est  muni 
do  six  bourrelets  recouverts  de  touffes  de  soies  chilineuses 
très  longues.  Ces  bourrelets  sétigères,  au  nombre  de  trois  oti 
quatre,  se  prolongent  dans  le  pédoncule  cylindrique  très 
court  qui  unit  le  gésier  A  l'extrémité  postérieure  du  jabot 
(V.  PI.  VIII,  fig.  o).  Le  jabot  de  la  Locmta  présente  des  plis- 
sements longitudinaux  externes  et  est  recouvert  intérieure- 
ment d'une  mince  membrane  chitineusc  dont  les  bourrelets 
postérieurs  denlifères  sont  plus  accentués  que  ceux  des  Dec- 
tiques. 

Le  gésier  des  Dectiques  présente  extérieurement  les  plus 
grandes  analogies  avec  celui  des  Gryllidîe,  bien  qu'il  en 
diffère  essentiellement  par  la  forme  des  dents  constituant 
son  armature  masticatrice  interne.  11  comprend  deux  par- 
lies  :  un  pédoncule  antérieur,  court  et  cylindrique  et  une 
masse  centrale  sphéroïdale,  formant  l'appareil  triluranl 
proprement  dit. 

Le  pédoncule  est  pourvu  d'épaisses  parois  musculaii'es 
doublées  intérieurement  de  six  bourrelets  cliitineux  longitu- 
dinaux, continuation  de  ceux  que  nous  venons  de  décrire  à 
la  face  postcro-inlorne  du  jabot.  Chaque  bourrelet,  limité 
latéralement  par  deux  larges  dépro.«sions,  porte  transversa- 
lement six  tubercules  recouverts  de  longues  soies  chili- 
neuses, de  couleur  jaune  paille,  à  base  élargie  et  à  extré- 
mité mince  et  filiforme  {V.  PI.  IX,  fig.  8).  Ces  soies  sonl 
parfois  groupées  en  une  masse  plus  ou  moins  compacte,  par- 
fois aussi  elles  sont  disposées  en  petites  toufTcs.  Elles  s'ar- 
rêtent brusquement  au  rebord  annulaire  qui  marque  l'origine 


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APPAREIL  DIGESTIF   DES   ORTHOPTÈRES.  125 

du  gésier  proprement  dit,  et  sont  alors  remplacées  par  de 
larges  dents  chitineuses  destinées  à  triturer  les  aliments  et 
disposées  en  six  séries  longitudinales,  faisant  directement 
suite  à  celles  du  pédoncule  antérieur. 

Le  gésier  proprement  dit  est  un  organe  ovoïde,  mesurant 
de  3  à  4  millimètres  de  longueur  sur  2  à  2"", 5  de  large.  Ses 
parois  sont  très  épaisses,  entourées  latéralement  par  les  ap- 
pendices ou  caecums  intestinaux  et  revêtues,  à  l'intérieur, 
d'une  large  et  puissante  couche  chitineusc,  pourvue  de  dents 
très  nombreuses  disposées  de  façon  à  constituer  un  appareil 
masticateur  d'une  force  comparable  à  celle  de  l'organe  ho- 
mologue des  GryllidîE. 

Les  dents  sont  disposées  en  six  séries  ou  colonnes  longi- 
tudinales, séparées  les  unes  des  autres  par  autant  de  pro- 
fondes dépressions  dont  la  partie  inférieure  est  recouverte 
d'une  baguette  cliilineuse.  Chaque  colonne  masticatrice 
comprend  trois  rangées  de  dents  parallèles  :  une  rangée 
médiane  portant  des  dents  très  larges,  et  deux  rangées 
latérales  constituées  par  des  pyramides  chitineuses  beau- 
coup moins  fortes  que  les  précédentes.  Les  dents  de  la 
rangée  médiane  sont  au  nombre  de  seize  dont  les  treize  pre- 
micres  sont  complètement  ou  en  partie  chitineuses,  et  les 
trois  autres  constituées  par  de  faibles  bourrelets  recouverts 
de  touffes  de  soies  cornées.  Les  dents  médianes  ont  une 
forme  assez  simple,  comparativement  au  degré  de  compli- 
cation que  vont  nous  présenter  celles  des  GrylHdse  (V.  le  cha- 
pitre suivant).  Elles  comprennent  une  large  plaque  médiane 
et  deux  tubercules  latéraux  (V.  PI.  IX,  tîg.  7).  La  plaque  a 
une  forme  triangulaire,  à  sommet  pointu  et  à  bords  légère- 
ment denticulés.  Elle  est  recourbée  en  arrière  où  elle  forme 
une  concavité  peu  accusée  et  s'implante  obliquement  par 
rapport  aux  parois  du  gésier.  11  résulte  de  cette  disposition 
que  les  lames  médianes,  bien  que  séparées  l'une  de  l'autre 
par  un  espace  relativement  large,  se  recouvrent  en  partie  et 
paraissent  imbriquées.  Les  bords  latéraux  de  chaque  lamelle 
se  replient  presque  horizontalement  et  produisent  deux  lu- 


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126 

bercules  coniques  à  bord  supérieur  aminci  el  à  sommet 
tantôt  légèrement  émoussé,  tantôt  au  contraire  pointu.  La 
base  porte  un  épaississement  musculaire  dépassant  le  bord 
libre  externe  du  tubercule,  atteignant  Sx  peine  la  moitié  de  sa 
hauteur  et  recouvert,  sur  tout  son  pourtour,  d'une  loufrc  de 
soies  cornées.  Cet  épaississement  musculaire,  qui  commence 
h  faire  son  apparition  chez  les  Locustids,  atteint  son  maxi- 
mum de  développement  chez  les  Gryllidse,  où  il  existe  à  l'étal 
de  gros  tubercule  pyramidal,  à  sommet  tronqué,  compris 
entre  les  deux  tubercules  latéraux  de  la  dent  médiane.  Les 
trois  dernières  dents  postérieures  ne  sont  plus  représentées 
que  par  des  plages  sétigères  disposées  transversalement.  Les 
dents  latérales,  beaucoup  moins  importantes  pour  la  masti- 
cation que  celles  que  nous  venons  de  décrire,  sont  séparées 
de  CCS  dernières  par  un  sillon  longitudinal  très  étroit.  Elles 
sont  disposées  en  ligne  droite,  d'avant  en  arrière,  et  sont  en 
même  nombre  que  celles  du  milieu.  KItes  afTectent  la  forme 
de  petites  éminences  prismatiques  à  base  élargie  el  recou- 
vertes, sur  leur  pourtour,  d'une  touffe  de  soies  cornées,  sim- 
ples, très  courtes  el  de  couleur  jaune  pâle  {V.  PI.  IX,  fig.  7). 
Cette  hase  est  surmontée  d'un  gros  tubercule  chitineux,  de 
forme  très  variable,  présentant  plusieurs  denticulcs.  Le 
tubercule  affecte  souvent  la  forme  d'une  pyramide  triangu- 
laire pourvue  d'une  pointe  à  son  sommet  et  d'un  petit  bour- 
relet à  chacun  des  angles  de  sa  base;  d'autres  fois,  au  con- 
traire, il  affecte  l'apparence  soil  d'un  cône  régulier,  soil  celle 
d'un  prisme  quadrangulaire,  à  tubercules  peu  nombreux  et 
disséminés  à  sa  surface.  Enfin,  les  dents  les  plus  rappro- 
chées de  l'orifice  intestinal  ne  sont  plus  constituées  que  par 
de  petites  éminences  quadrangulaires  hérissées  de  poils  chi- 
tineux. Les  cinq  autres  colonnes  masticatrices  du  gé.iier 
alTectent  une  structure  identique. 

Chaque  colonne  dentifère  se  prolonge  postérieurement  par 
un  petit  appendice  cordiformo  cl  lamellcux,  et  l'ensemble 
des  six  appendices  forme,  à  l'orifice  antérieur  intestinal,  une 
valvule  étoilée  à  six  branches. 


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APPAREIL  DIGESTIF    DES    ORTHOPTÈRES.  127 

Le  gésier  du  Plattjcleis  présente  à  peu  près  ta  même  con- 
rormalioninlcrneque  celle  du  Dcctique:  seules  la  forme  de  ses 
donls  médianes  et  celle  des  dents lalérales  sont  un  peudilTé- 
rcntes  (V.  PI.  IX,  fig.  4  et  9).  Les  dents  de  la  région  moyenne 
de  chaque  colonne  masticatrice  présentent  un  tubercule 
triangulaire  et  deux  latéraux,  beaucoup  plus  petits  que  le 
|)rcmier  et  à  sommet  émoussé.  Le  tubercule  médian  est  trian- 
gulaire, aplati,  légèrement  convexe  en  arrière  el  muni  laté- 
ralement de  nombreuses  denticules  à  sommet  tronqué 
(V.  PI.  IX,  fig.  4).  Cette  partie  de  la  dent  forme  une  sorte  de 
palette  allongée,  recouvrant,  saus  s'y  appliquer,  la  région  si- 
milaire de  la  dent  suivante.  Los  dents  lalérales  sont,  eu 
égard  au  volume  du  corps  de  l'insecte,  beaucoup  plus  volu- 
mineuses que  celles  du  Dcctique.  Elles  atTectent  la  forme  de 
gros  tubercules  pyramidaux,  à  sommet  irrégulicr  et  tronqué. 
La  base  est  élargie,  musculaire  et  recouverte  de  longues 
soies  cornées,  tandis  que  le  sommet  est  chitineux  et  de  cou- 
leur jaune  foncé  {V.  PI.  IX,  fig.  9). 

Le  gésier  des  Locustes  est  un  organe  ovoïde  et  pourvu, 
en  avant,  d'un  pédoncule  très  court,  dont  l'oriiice  antérieur 
présente  la  forme  d'une  étoile  à  six  branches,  très  caracté- 
ristique chez  les  Locuslidœ.  11  est  presque  entièrement  en- 
veloppé par  de  volumineux  caicuras  intestinaux  el  revêlu 
intérieurement  d'une  puissante  armature  masticatrice  chili- 
neuse.  Cette  dernière,  disposée  comme  chez  les  Uecticuâ,  ne 
comprend,  sur  chaque  colonne  longitudinale,  que  dix  dents, 
suivies  postérieurement  d'un  petit  nombre  de  plages  deuli- 
fères  placées  transversalement. 

Les  appendices  ou  aecum-t  intestinaux  sont  au  nombre  de 
deux,  comme  chez  les  Gryllidœ.  Ce  sont  deux  larges  poches, 
légèrement  arquées  et  entourant  la  moitié  des  parois  laté- 
rales du  gésier.  Elles  sont  situées  h  l'extrémité  d'un  même 
diamètre  et  disposées,  chez  le  Declicm  verni/ivonix,  dans 
un  plan  sensiblement  vertical.  Leur  extrémité  libre,  termi- 
née en  caecum,  est  légèrement  boursouilée,  arrondie  et  re- 
couverte  par  des  faisceaux   de  tubes  de   Malpighi  qui  y 


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128  li.    BORBAM. 

adhèrent  pour  la  plupart  et  paraissent  dépendre  direcle- 
menl  de  cet  organe.  Celte  disposition,  qui  se  rencontre  chez 
un  certain  nombre  d'Orthoptères,  avait  induit  en  erreur 
Marcel  de  Serres.  Ce  zoologiste,  en  étudiant  le  Grillon,  pen- 
sait que  les  loutTes  de  tubes  dont  nous  venons  de  parler 
s'ouvraient  directement  au  sommet  des  cxcums  intestinaux 
el,  comme  il  leur  attribuait  une  fonction  hépatique,  il  les 
désignait  sous  le  nom  de  vaisseaux  biUaiies  supérieurs.  Le 
côté  des  appendices  intestinaux,  en  rapport  avec  le  gésier,  est 
légèrement  concave  et  leur  cavité  est  divisée  en  cinq  ou  six 
compartiments  par  quatre  ou  cinq  lamelles  musculaires  qui, 
partant  de  lu  face  interne,  vont  flotter  librement  du  côté 
opposé  (V.  PI.  IX,ng.  10). 

Cette  disposition  très  caractéristique  se  retrouve,  avec  des 
variantes  plus  ou  moins  nombreuses,  chez  les  Locustiihe  et 
les  Gryllidœ. 

Vintestin  moyen  est  un  lube  large  à  son  origine  et  cylin- 
drique dans  le  reste  de  son  parcours.  Ses  parois  sont  minces, 
transparentes  et  pourvues  de  deux  couches  musculaires 
comprenant  des  muscles  longitudinaux  et  des  muscles  cir- 
culaires ;  leur  face  interne,  ainsi  que  l'externe,  est  lisse; 
mais  cette  dernière  est  recouverte,  soit  par  les  tubes  de 
Malpîghi,soitparde  nombreuses  ramifications  trachéennes. 
L'organe  est  entouré,  suivant  les  genres,  par  les  ovaires  ou 
les  appendices  des  organes  reproducteurs  m&les.  11  décrit, 
avant  de  se  fusionner  ft  l'intestin  postérieur,  une  demi-circon- 
volulion  dirigée  de  droite  <i  gauche.  A  son  exlrcmité  termi- 
nale existe  un  orifice  irn'-gtilier,  muni  d'un  écran  valvulaire 
à  six  bourrelets  provenant  des  terminaisons  des  replis  mus- 
culaires qui  parcourent  l'intestin  postérieur.  L'intestin 
moyen  des  Platydeîs  est  droit  el  directement  appliqué  contre 
la  face  inférieure  de  l'abdomen.  Ses  appendices  latéraux  an- 
térieurs sont  volumineux  et  enveloppent  la  presque  totalité 
dos  parois  latérales  du  gosier.  Ils  sont  disposés  dans  un  plan 
veitical  et  présonlent  une  série  de  lamelles  qui,  parlant  de  la 
face  en  rapport  avec  le  gésier,  divisent  la  cavité  interne  en 


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APPAREIL   DIGE9TII'    DES    ORTHOPTÈRES.  itQ 

plusieurs  loges  incomplètes,  communiquant  entre  elles.  Leur 
structure  est  à  peu  près  identique  à  celle  de  l'intestin  moyens 
Les  cmcums  intestinaux  des  ]..ocusta  sont  relativement  volu- 
mineux et  coifTés  à  leur  sommet  d'tme  touffe  de  tubes  de 
Malpighî  qui  y  adhèrent  parfois  très  étroitement,  grâce  aa 
concours  de  nombreux  filaments  trachéens.  Leur  cavité 
interne  est  divisée  en  plusieurs  compartiments  incomplets 
par  cinq  ou  six  lames  musculaires  qui  émanent  de  la  face 
en  contact  avec  le  gésier. 

V intestin poslérifur  des  Dectiques  est  un  organe  à  peu  près 
régulièrement  cylindrique  et  à  diamètre  inférieur  à  celui  de 
la  portion  précédente.  C'est  à  son  origine  que  viennent  dé  - 
boucher  les  tubes  de  Malpighi.  Ces  glandes  sont  constituées 
par  des  tubes  allongés,  flexueux,  filiformes  et  de  couleur 
d'un  blanc  mat;  elles  forment  plusieurs  faisceaux  dont  les 
uns,  dirigés  en  avant,  recouvrent  comme  d'un  réseau  l'in- 
testin moyen,  les  appendices  intestinaux  et  le  gésier,  tandiâ 
que  les  autres  s'avancent  en  arrière,  au-dessus  des  organes 
génitaux.  Certains  tubes  du  faisceau  antérieur  vont  même 
adhérer,  au  moyen  de  hlaments  trachéens,  au  sommet  des 
caecums  et  semblent,  de  cette  façon,  être  une  dépendance  de 
ces  derniers  organes.  Le  mode  d'embouchure  des  tubes  de 
Malpighi  présente  une  disposition  intermédiaire  entre  celle 
que  nous  offrent  certains  Orthoptères  et  les  Gryllidae.  Chez 
la  plupart  des  Orthoptères,  en  etîel,  les  tuhes  de  Malpighi 
sont  groupés  en  faisceaux  s'ouvrant  séparément,  suivant  une 
ligne  circulaire,  à  l'origine  de  l'intestin,  tandis  que  chez  les 
Gryllides,  les  mêmes  organes,  réunis  en  un  faisceau  unique, 
vont  déboucher  séparément  dans  l'extrémité  élargie  d'un 
conduit  efTérent  unique  qui  joue  te  rôle  d'welêre.  Or,  chez 
les  LocusTiD^e,  et  en  particulier  chez  le  Der/icus  veirucivo- 
rui,  les  organes  urinaires,  réunis  en  six  groupes  ou  faisceaux 
formés  chacun  de  20  à  2S  tubes  blanchâtres  et  filiformes,  vont 
déboucher  au  sommet  arrondi  de  petits  diverticules  cylin- 
driques provenant  d'évaginations  de  l'extrémité  antérieure  de 
l'intestin  terminal  (V.  PI.  IX,  fig.  3).  Ces  diverticules  s'ou- 

ATO.    se.    SAT.    ZOUL.  T,    9 


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130 

vrent  par  de  petits  orifices  irréguliers  ou  légèrement  ovoïdes, 
dans  des  dépressions  situées  sous  la  valvule  séparant  les 
deux  portions  intestinales.  Les  six  tubercules  sont  réunis 
par  paires,  et  deux  tubercules  formant  un  f^oupe  sont  rap- 
prochés l'un  de  l'autre,  tandis  qu'ils  sont  séparés  du  groupe 
voisin  par  un  plus  large  espace. 

Chez  le  Decticus  verrucivorus,  chaque  paire  de  diverticules 
est  placée  à  peu  près  à  égale  distance  sur  le  pourtour  de 
Torigiae  de  l'intestin  terminal,  tandis  que  chez  le  Decticm 
albifrons,  les  tubercules  sont  situés  en  des  points  &  peu  près 
équidislants.  Le  reste  de  l'intestin  terminal,  dont  la  longueur 
est  h  peu  près  égale  à  celle  de  l'intestin  moyen,  décrit  une 
circonvolution  à  direction  inverse  de  celle  du  premier  et  se 
dilate,  à  sa  partie  terminale,  pour  constituer  le  rectum.  Ses 
parois  sont  épaisses,  pourvues  de  deux  couches  musculaires 
et  leur  face  interne  parcourue,  d'avant  eu  arrière,  par  six 
longues  bandes  musculaires,  sinueuses  et  plissées  transver- 
salement :  elles  se  prolongent  jusqu'au  rectum  et  y  consti- 
tuent un  large  et  épais  bourrelet  valvulaire  à  six  côtés.  Le 
rectum  est  allongé,  ovoïde  et  parcouru  longiludinalement  par 
six  bandelettes  glandulaires  que  nous  avons  rencoDlrées 
chez  tous  les  Orthoptères  et  décrites,  chez  les  Hyménoptères, 
sous  le  nom  de  glandes  rectales  (1)  (V.  PI.  IX,  fig.  5). 

L'appareil  digestif  du  Decticus  albifrons  (Fabr.),  que  nous 
avons  également  étudié,  présente  une  disposition  analomique 
analogue  à  celle  de  l'espèce  précédente. 

L'intestin  postérieur  des  Platycleîs  a  un  diamètre  infé- 
rieur à  celui  de  l'intestin  moyen  et  porte,  à  son  origine,  six 
tubercules  arrondis,  régulièrement  disposés  chez  la  plupart 
des  espèces,  mais  sensiblement  équidislants  chez  les  Platy- 
rleis  grisea  et  PI.  sepium  (V.  PI.  VIII,  fig.  7).  Au  sommet  de 
chaque  tubercule  viennent  déboucher  de  8  à  15  tubes  de 
Malpighi.  Celle  disposition  est  un  peu  différente  de  celle 
que  nous  ont  présentée   les  Decliques,  chez  lesquels  les 

;i)  V.  Appareil  glandulaire  des  Byménoptiies  ^tn  Ann.  des  Se.  natar., 
Zool.,7'série,t.  XIX,  189i). 


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APPAREIL   DEGESTIK    DES    ORTHOPTÈRES.  I31 

tubercules,  groupés  au  nombre  de  deux,  ont  une  tendance 
à  se  fusionner.  Celle  fusion  est,  du  reste,  un  fait  accompli 
rhez  les  Gryllacris.  Le  reste  du  tube,  entouré  par  les 
organes  génitaux,  décrit  deux  courbes  disposées  en  sens 
inverse,  puis  se  dilate  pour  former  un  rectum,  conformé 
comme  celui  des  Decliques. 

L'intestin  terminal  des  Locustes  présente  à  son  origine 
six  tubercules  ou  bourrelets,  au  sommet  desquels  viennent 
déboucher  de  15  à  20  tubes  de  Malpighi,  longs,  (lexueux  et 
de  couleur  d'un  blanc  mat.  Cesorganes  forment,  de  la  sorte, 
six  faisceaux  étroitement  enchevêtrés  entre  eux.  D'après 
Marcel  de  Serres,  on  rencontre,  chez  les  Locustides  et  d'au- 
tres insectes  voisins,  deux  catégories  de  vaisseaux  de  Mal- 
pigbi,  dont  l'une  déboucherait  dans  Vestomac  chylifîque,  au 
sommet  des  cscums  intestinaux,  et  l'autre,  en  arrière,  dans 
le  tube  digestif.  C'est  Ramdohr  qui  a  décrit  le  mode  d'inser- 
tion en  cercle  des  organes  de  Malpighi,  à  l'origine  du  rectum 
(intestin  terminal).  Ces  deux  interprétations  sont  également 
erronées.  La  suite  de  l'intestin  postérieur  décrit  deux  circon- 
volutions, l'une  transversale  et  l'autre  verticale  et  présente, 
à  l'intérieur,  six  bandelettes  ou  épaissi ssements  musculaires 
longitudinaux,  produisant  à  leur  extrémité  six  bourrelets 
valvulaircs  placés  à  l'origine  du  rectum.  Ce  dernier  organe 
est  semblable,  de  tout  point,  à  celui  des  Dectiques. 

7"  Tribu  des  Gryllacrin.e.  —  (V.  PI.  IX,  tig.  H  et  12  ; 
PI.  X,  fig.  1,  3,  6,  7  et  8). 

Les  deux  espèces,  appartenant  à  la  tribu  des  Gryllacrin.£, 
soumises  à  notre  étude  sont  exotiques.  La  première,  Gryl- 
larris  auran/iflca  (Brunn.),  provenait  des  Nouvelles-Hébrides 
et  la  deuxième,  VEremus  spinulosus  (Brunn.  )  était  originaire 
de  la  Tasmanie. 

Tous  les  Gryllacrides  sont  caractérisés  par  un  tube  diges- 
tif relativement  court,  atteignant  à  peine  une  fois  et  demie 
la  longueur  du  corps  de  l'animal,  et  par  la  localisation  des 
lubesde  Malpighi  en  un  très  petit  nombre  de  faisceaux, 
s'ouvrant  au  sommet  de  petits  tubercules  cylindro-coniques. 


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132  L. 

qu'on  peut  considérer  comme  leâ  homologues  du  conduil 
excréteur  impair,  souvent  très  long,  des  vaisseaux  uri- 
naires  des  GryllidiB. 

'L'appareil  digestif  des  Gryllacris  aiiranttaca  nous  offre, 
au  point  de  vue  anatomique,  un  intérêt  de  premier  ordre, 
puisqu'il  nous  permet  d'établir  un  terme  de  passage  entre 
les  Locustides  et  les  Gryllides.  Cet  organe,  par  sa  confor- 
mation générale,  est  analogue  à  celui  de  la  plupart  des 
espèces  de  la  tribu  des  Decticinx  ;  mais  la  forme  externe  du- 
gésier,  avec  son  prolongement  cylindrique  antérieur  et 
surtout  le  mode  d'Insertion  des  tubes  de  Malpighi,  nous 
autorisent  à  affirmer  la  parenté  de  ces  insectes  avec  les 
divers  Gryllus. 

Le  pharynx  est  légèrement  aplati,  à  parois  épaisses  el 
maintenu  sur  les  côtés  de  la  tète  par  de  nombreux  faisceaux 
musculaires.  Sa  face  interne  est  parcourue  par  4  à  6  replis 
longitudinaux  (V.  PI.  X,  Hg.  I). 

L'œsophage  de  la  Gryllacris  afîecle  la  forme  d'un  tube 
cylindrique  dont  la  face  inférieure  et  interne  présente  un 
épaississement  musculaire  pourvu  d'une  di/aine  de  bourre- 
lets transverses,  sépari^s  par  des  replis  parallèles. 

Le  jabot,  par  sa  forme  et  sa  structure  interne,  est  nelle- 
menl  un  organe  de  Gryllidœ.  Il  est  ovoïde,  allongé  et  renflé 
à  sa  partie  postérieure.  Ses  parois  externes  sont  lisses,  mais 
les  internes  sont  parcourues  longiludinalement  par  de  nom- 
breux bourrelets  rectilignes,  séparés  par  de  larges  mais  peu 
profondes  dépressions.  Ces  bourrelets  sont  surtout  abondants 
vers  la  face  inférieure.  L'onHce  postérieur  du  jabot  est 
excentrique  par  rapport  à  l'organe  et  rejeté  sur  l'un  des 
côtés.  Celte  disposition  rappelle  exactement  celle  que  nous 
présentent  tes  Gryllus  et  les  Nemobius.  L'oriflce  est  limité 
par  six  bourrelets  jouant  le  rôle  de  valvules  et  pourvus  eux* 
mêmes  de  trois  replis  séparés  par  deux  sillons.  Les  bourre- 
lets, plus  développés  que  ceux  des  Gryllides,  se  continuent, 
comme  cbez  ces  derniers,  dans  le  pédoncule  qui  relie  le 
jabot  au  gésier  (V.  PI.  X,  fig.  I). 


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APPAREIL   DIGESTIF    DES    ORTHOPTÈRES.  133 

Le  pharynx  et  Vœsophage  des  Eremus  sont  à  peu  près 
semblables  à  ceux  des  Gryllaci-is.  Le  jabol,  au  contraire, 
esl  très  volumineux  relativement  au  resle  de  l'appareil 
digestif  et  occupe  le  presque  totalité  du  thorax.  Ses  parois 
sont  épaisses  et  pourvues  d'une  forte  musculature  dont  la 
couche  annulaire  interne  est  la  plus  puissante.  A  sa  face 
postérieure,  existent  six  faisceaux  constitués  chacun  par 
trois  replis,  dont  le  médian  est  pourvu  de  fines  denticula- 
tions.  Ces  six  faisceaux  vont  converger  &  l'orifice  antérieur 
du  gésier  qui  esl  légèrement  déjeté  sur  le  c6té. 

Le  gésier  de  la  Gryllacris  aurantiaca  rappelle,  par  sa 
forme  extérieure,  celui  des  Gryllus.  C'est  un  organe  ovoïde, 
pourvu  en  avant  d'un  col  cylindrique  à  parois  épaisses  et 
munies  intérieurement  de  six  bandelettes  musculaires  sé- 
parées par  autant  d'étroites  dépressions  parallèles.  Chaque 
bandelette,  amincie  à  son  extrémité  autérieure,  joue  le  rôle 
de  valvule  et  présente  trois  bourrelets  longitudinaux  séparés 
par  deux  sillons  parallèles.  Les  deux  bourrelets  latéraux 
sont  larges  et  à  surface  supérieure  arrondie  ;  le  bourrelet 
médian  est  au  contraire  mince,  plus  haut  que  les  précédents 
el  présente,  tout  le  long  de  son  bord  libre,  une  série  de  dé- 
coupures simulant,  soit  des  franges,  soit  des  dents  de  scie. 
Vers  l'extrémité  postérieure  du  col,  c'est-à-dire  à  peu  de  dis- 
tance de  la  portion  arrondie  de  l'organe,  les  bourrelets  laté- 
raux s'effacent  et  disparaissent  peu  à  peu,  tandis  que  le  mé- 
dian s'élargit  cl  sesdenticulalions  deviennent  plus  accentuées 
el  plus  puissantes  jusqu'au  bourrelet  valvulaire  qui  limite 
la  cavité  du  gésier  proprement  dit  (V.  PI.  X,  fig.  3  et  8). 

Ces  denticulations  terminales  sont  recouvertes  d'une  mince 
couche  cornée  et  portent  &  leur  sommet  une  toufTe  de  soies 
chilineuses,  à  base  élargie  el  à  sommet  aminci  et  filiforme 
(V.  PI.  X,  fig.  8).  La  paroi  interne  du  gésier  esl  recouverte 
d'une  armature  chitineuse  beaucoup  moins  puissante  que 
c«lle  des  Gryllidse  el  disposée  en  six  colonnes,  séparées  les 
unes  des  autres  par  des  dépressions  parallèles  au  fond  des- 
quelles est  placée  une  baguette  chitineuse.  Chaque  colonne 


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134 

comprend  trois  rangées  de  dents,  en  contenant  chacune  de 
douze  à  quatorze  (V.  PI.  X,  Bg.  6).  Les  dents  médianes,  à 
racine  très  courte,  portent  trois  tubercules,  un  médian  et 
deux  laléraux  (V.  PI.  X,  fîg.  7).  Le  tubercule  médian  est 
large,  triangulaire,  lamelleux,  aplati,  légèrement  incliné  en 
avant  et  muni  latéralement  de  nombreuses  denliculalions 
semblables  à  celles  d'une  scie.  Les  tubercules  latéraux, 
beaucoup  plus  couris  que  le  médian,  ont  leur  pointe  supé- 
rieure mousse  et  prolongée  en  avant  parallèlement  à  l'axe 
de  la  rangée  moyenne.  Ce  qui  distingue,  et  c'est  là  un  point 
important  à  signaler,  chaque  colonne  masticatrice  des 
Gryllacris  de  celle  des  Gryllid*,  c'est  l'absence  de  lubercule 
muacuteux  conique  ou  dent  accessoire  comprise  entre  les 
deux  prolongements  latéraux  des  dents  de  la  rangée  mé- 
diane. Les  dents  latérales  (V.  PI.  IX,  ftg.  ii)  sont  en  même 
nombre  que  les  médianes  et  séparées  de  ces  dernières  par 
une  étroite  mais  profonde  dépression  longitudinale.  Elles 
afTectenl  une  forme  conique  ou  légèrement  pyramidale,  à 
sommet  mousse,  arrondi  et  pourvu,  sur  sa  face  supérieure, 
d'une  légère  dépression  circulaire,  entourée  d'un  rebord 
saillant,  lui  donnant,  vue  d'en  haut,  la  forme  d'une  petite 
cupule.  L'extrémité  supérieure  est  cbitineuse,  tandis  que  la 
base  est  musculaire  et  recouverte  d'une  mince  pellicule 
cornée.  Le  tout  est  hérissé  de  soies  chitineuses,  générale- 
ment très  courtes.  Chaque  colonne  se  termine,  comme  chez 
les  Gryllotalpa,  par  un  petit  appendice  lamelleux.  Les  six 
appendices,  par  leur  confluence,  forment  une  valvule  co- 
nique, empêchant  la  marche  rétrograde  des  aliments  de 
l'intestin  vers  le  gésier. 

Les  appendices  inlestinaiix  sont  volumineux  et,  en  général, 
de  dimensions  égales.  Ils  sont  aplatis  dans  le  sens  vertical, 
légèrement  recourbés,  enveloppent  presque  complètement 
les  parois  du  gésier  et  vont  s'ouvrir  k  la  partie  antérieure 
dilatée  de  l'intestin  moyen.  Un  certain  nombre  de  cloisons 
internes  les  divisent  en  plusieurs  compartiments  incom- 
plets fV.  PI.  X,  fig.  I). 


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APPAHEIL    DIGRSTIF    DBS    ORTHOPTËRKS.  13S 

Le  géxier  de  VEremus  spmuloxus  difTëre  complètement,  par 
sa  forme,  de  celui  des  Gryllacris.  C'est  un  orgaoe  ovoïde  et 
pourvu  en  avant  d'un  court  pédoncule  cylindrique  recourbé. 
Ses  parois,  bien  qu'assez  épaisses,  ne  sont  recouvertes  que 
d'une  armature  chitlneuse  beaucoup  moins  puissante  que 
celle  des  autres  Gryllacris.  On  y  constate  l'existence  de  six 
colonnes  longitudinales,  séparées  par  des  dépressions  peu 
profondes,  renfermant  une  tigelle  rectangulaire  cornée. 
Chaque  colonne  porte  trois  rangées  de  dents.  Les  rangées 
latérales  comprennent  chacune  huit  dénis,  sortes  de  tuber- 
cules prismatiques,  à  base  élargie  et  recouverte  de  longues 
soies,  et  à  sommet  chKineux  émoussé.  Les  dents  médianes, 
au  nombre  de  dix  à  douze,  sont  constituées  par  des  tuber- 
cules triangulaires  recouverts  d'une  lamelle  cornée.  Elles 
portent  deux  tubercules  latéraux  et  un  tubercule  médian  h 
pointe  mousse. 

Les  appendices  intestinaux  (V.  PI.  IX,  fig.  1 1),  moins 
volumineux  que  ceux  des  Gryllacris,  ont  la  forme  de  deux 
petits  sacs  presque  cylindriques,  légèrement  recourbés  et 
entourant  le  gésier.  Ils  présentent  intérieurement  deux  replis 
divisant  la  cavité  centrale  en  trois  compartiments  communi- 
quant extérieurement  entre  eux  (V.  PI.  iX,  fig.  11). 

L'intestin  moyen  des  Gryllacrii,  beaucoup  plus  court  que 
celui  des  Cryllid»*,  est  dépourvu  de  papilles  coniques  in- 
ternes. Les  parois  externes  sont  lisses  et  les  internes  pré- 
sentent seules  de  légères  striations  irrégiilières.  Enfin,  une 
valvule  postérieure  le  sépare  de  l'intestin  terminal.  Les 
tubes  de  Malpigki,  qui  sont  au  nombre  de  80  à  100,  for- 
ment quelquefois  deux  touffes  s'ouvranl  au  sommet  de  deux 
bourrelets  arqués  qui  entourent  en  partie  l'origine  de  l'intestin 
postérieur.  Dans  la  plupart  des  cas  cependant,  ces  organes 
débouchent  au  sommet  d'un  tubercule  hémisphérique  unique 
fV.  PI.  X,  fig.  \).  Ce  tubercule,  qui  n'esl qu'une  simple évagina- 
lion  intestinale,  nous  conduit  immédiatement  au  canal  commun. 
ou  uretère  que  ton  constate  chez  les  Gryllidie.  11  suffit,  en 
effet,  de  supposer  que  l'évagination  conique  des  Gryllacris 


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136  !<■   miRDAS. 

s'allonge  progressivement  jusqu'à  arriver  h  la  formatioa  du 
canal  impair  des  Grytlotalpa.  L'intestin  moyen  des  Eremus 
est  droit  et  très  court.  Vintett'tn  terminal  est  également  rec- 
tiligne  et  reçoit,  à  son  origine,  tes  tubes  de  Malpighi,  dis- 
posés en  quatre  ou  cinq  groupes,  attanl  déboucher  au  som- 
met de  petits  tubercules,  produits  par  des  évaginatious  en 
doigt  de  gant  de  l'iotestiD.  Cette  disposition  es!  un  peu  dif- 
férenle  de  celle  que  nous  offrent  les  Gryllacris.  qui  ne  pos- 
sèdent généralement  qu'un  faisceau  unique  de  tubes  urinaires. 
La  surface  externe  de  l'organe  est  lisse,  tandis  que  l'iDlerne 
présente  de  nombreuses  strialions  (Gryllacris).  L'intestin  se 
termine  par  une  valvule  irrégulière  due  à  la  juxtaposition 
de  plusieurs  bourrelets. 

Le  rectum  est  très  volumineux,  allongé,  fusiforme  (Grylla- 
cris, Eremus)  et  parcouru  longitudinatement  par  six  ban- 
delettes ovoïdes,  sortes  de  glandes  rectales,  analogues  h 
celles  des  Hyménoptères.  Son  extrémité  postérieure  se  pro- 
longe par  un  court  pédicule  cylindrique,  légèrement  recourbé 
et'  allant  s'ouvrir  au  dehors  par  l'orifice  anal  (Eremus). 

HISTOLOGIE  DE    L'APPAREIL    DIGESTIF 
DES  LOCUSTID^. 

(V.  PL  VII,  tig.  9;  PI.  VIII,  fig.  6  et  8  ;  PI.  IX,  fig.  3,  10 
elll;  PL  X,  fig.  5,  Oetll). 

L'œsophage  et  le  jabol  présentent,  chez  les  Locustid^,  à 
peu  près  la  même  structure  histologique. 

Le  jabot  est  un  volumineux  organe  à  parois  minces, 
pourvu  intérieurement  de  nombreux  plissements  longitudi- 
naux. Une  membrane  chitineuse^  transparente  et  égale  en 
épaisseur  èi  la  moitié  de  la  paroi,  recouvre  toute  sa  surface 
interne.  Elle  porte  de  fines  denticulations  coniques,  à  pointe 
recourbée  en  arrière,  abondantes  surtout  au  sommet  des 
bourrelets.  Au-dessous  de  cette  membrane,  existe  la  couche 
des  cellules  chitinogènes.  Ces  dernières,  à  contours  peu 
apparents,  sont  les  unes  aplaties  et  les  autres  cubiques. 


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APPAREIL  DIQESTIF   DES   ORTHOPTÈRES.  137 

Elles  renfermeot  uo  gros  noyau  piurioucléolé  et  ud  proto- 
plasme sombre  et  granuleux.  Vient  ensuite  la  couche  mw- 
culaire  circulaire  ne  renrermant  que  deux  assises  de  muscles. 
Les  muscles  longitudinaux,  extérieurs  aux  précédents,  ne 
comprennent  qu'un  très  petit  nombre  de  faisceaux.  Enfin, 
le  tout  est  recouvert  par  une  très  mince  hinique  péritonéale 
(V.  PI.  Vlll,  fig.  6). 

Le  gésier  des  Locustid^,  de  forme  ovoïde,  est  remar- 
quable par  l'épaisseur  de  ses  parois  et  la  puissance  de  son 
armature  chitineuse  interne.  Une  coupe  transversale  faite 
dans  la  région  médiane  de  l'organe,  chez  le  Décrus  albi- 
frons,  présenle  à  considérer,  en  allant  de  l'extérieur  à  l'in- 
térieur (V.  PI.  VU,  fig.  9): 

1'  Une  tunique  ou  membrane  péritonéale  externe,  très 
mince; 

2*  L'ne  couche  musculaire,  formée  par  une  série  de  fais- 
ceaux disposés  longitudinalement  et  placés  à  peu  de  distance 
les  uns  des  autres; 

3*  Des  faisceaux  musculaires  annulaires,  comprenant  6 
ou  7  assises  disposées  parallèlement  les  unes  au-dessous 
des  autres  el  constituant,  de  la  sorte,  l'enveloppe  la  plus 
puissante  et  la  plus  épaisse  de  toutes  celles  qui  entourent 
le  gésier.  Chaque  assise  est  très  nettement  visible  sur  les 
coupeset  porte,  de  distance  en  distance,  de  nombreux  noyaux 
ovalaires.  Un  certain  nombre  de  ces  faisceaux  se  prolon- 
gent jusque  dans  les  dents  médianes  ; 

4*  L'assise  des  cellules  chilinogènes.  Celles-ci  sont  cubi- 
ques ou  aplaties  dans  tes  dépressions  comprises  enb'e  les 
colonnes  dentifères,  mais  deviennent  coniques  ou  cylin- 
driques au-dessous  des  dents  el  des  denticules.  Les  noyaux 
sont  volumineux,  sphériques,  granuleux  et  appliqués  contre 
la  face  interne  ; 

5*  La  couche  chitineuse  interne,  épaisse,  transparente, 
irrégulière  et  deoticulée  au  sommet  des  grosses  dents  mé> 
dianes.  Sur  les  dents  latérales,  elle  se  prolonge  en  longues 
soies  cornées  dirigées  en  arrière.  Elle  augmente  considé- 


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138 

rublemeot  d'épaisseur  sur  les  côtés  et  au  sommet  des  deals 
médianes.  Dans  ces  régions,  elle  prend  une  cotoralion  jau- 
nâlre  et  émel  des  denlelures  puissantes  et  à  pointe  acérée. 
Sur  les  lamelles  chitineuses  situées  au  Tond  des  dépres- 
sions comprises  entre  deux  bandelettes  masticatrices,  elle 
s'épaissit  et  présente  de  légères  sinuosités. 

Les  appendices  ou  oEcvms  intesùnaux  {V.  PI.  VIII,  fig.  8 
et  PI.  IX,  fig.  10)  des  Locistid^  aPTectent  la  forme  de 
larges  expansions  saccirormcs  insérées  à  l'origine  de  l'in- 
testin moyen  et  entourant  les  bords  latéraux  du  gésier. 
Leurs  parois  sont  minces  et  d'apparence  bluuchâlre  et  leur 
face  interne  est  des  plus  irrégulières.  Extérieurement,  on 
aperçoit  une  série  de  côtes  longitudinales  très  sinueuses. 
De  la  face  interne  de  la  paroi  en  contact  avec  le  gésier, 
parlent  une  série  de  replis,  eu  nombre  variable  suivant 
les  espèces  (5  chez  le  Derticus  veirucivorus),  plus  ou  moins 
allongés,  sinueux  et  divisant  la  cavité  interne  en  un  cer- 
tain nombre  de  loges  ou  cbarobres  incomplètes  communi- 
quant toutes  entre  elles  par  leur  côté  externe  (V,  PI.  IX, 
fig.  10).  L'épilhélium  de  ces  replis,  ainsi  que  celui  du  reste 
de  l'organe,  est.  de  tout  point,  identique  à  celui  de  l'intes- 
tin moyen.  Aussi,  nous  basant  sur  l'identité  de  structure 
épithéliale  et  sur  la  présence  de  semblables  replis,  consi- 
dérons-nous les  appendices  latéraux  des  Orthoptères  comme 
de  simples  diveiiiculex  f/landulaires  de  finteslin  moyen.  Gra- 
ber  et  Plateau,  s'appuyanl  sur  des  considérations  d'un  tout 
autre  ordre,  les  regardent,  au  contraire,  comme  des  organes 
sécrétoires  à  grande  surface,  produisant  un  liquide  par- 
ticulier jouant  probablement  un  certain  rôle  dans  la  diges- 
tion intestinale. 

Au  point  de  vue  histologique,  ces  appendices  compren- 
nent, de  dehors  en  dedans  : 

r  Une  tunique  péritonéale  ou  enveloppe  externe,  très 
mince; 

t"  Une  couche,  également  fort  mince,  constituée  par  une 
série  de  faisceaux  musculaires  longitudinaux  ; 


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APPAREIL   DIGESTIF    DES    ORTHOPTÈRES.  139 

3*  Une  membrane  formée  par  une  ou  deux  assises  seule- 
ment de  muscles  circulaires; 

4'  Une  couche  basilaire  très  ténue,  servant  de  support 
à  l'épithéliuia  glandulaire  cilié  (V.  PI.  VIII,  (ig.  8).  Ce  dernier 
présente,  sur  chacun  des  prolongements  internes  ou  bourre- 
lets longitudinaux,  une  série  de  petits  replis  séparés  par  des 
dépressions  peu  apparentes,  au  fond  desquelles  existent  plu- 
sieurs assises  cellulaires  superposées.  Partout  ailleurs,  l'épi- 
thélinm  ne  comprend,  en  général,  qu'une  couche  unique  de 
longues  cellules  cylindriques,  légèrement  élargies  à  leur 
extrémité  libre,  renflées  vers  leur  milieu  el  amincies  à  leur 
base.  Leur  sommet  est  recouverl  par  une  couche  rectan- 
gulaire de  cils  courts  et  serrés,  affectant,  grftce  à  leur  dis- 
position régulière  et  symétrique,  la  forme  d'un  pinceau  ou 
d'une  brosse.  Un  examen  rapide  pourrait  faire  confondre 
facilement  le  revêtement  cilié  avec  un  plateau  strié;  mais 
l'observation  des  cellules  isolées  fait,  de  suite,  rejeter  l'idée 
d'un  plateau.  Si  l'on  avait,  en  effet,  affaire  à  ce  dernier, 
chaque  cellule,  en  se  séparant  de  ses  voisines,  entraînerait 
une  partie  du  revêtement  chitineux  général.  Tandis  que, 
dans  t'épithéllum  des  ciecums  intestinaux,  rien  de  pareil  i 
chaque  cellule  détachée  accidentellement  de  l'assise  em- 
porte son  revêtement  cilié  propre,  à  limites  latérales  très 
nettes.  Le  noyau  cellulaire  est  spbérique,  volumineux  et 
contient  plusieurs  nucléoles,  dont  l'un  dépasse  de  beaucoup 
en  volume  ses  congénères  (V.  PI.  X,  fig.  11).  Le  proto- 
plasme est  finement  granuleux  autour  du  noyau  et  réticulé 
dans  le  reste  de  la  cellule.  On  ne  constate,  en  général, 
qu'une  assise  cellulaire  unique.  Pourtant,  on  observe  par- 
fois, surtout  dans  les  dépressions  comprises  entre  les  replis 
secondaires,  deux  et  quelquefois  même  trois  couches  de 
cellules.  Ces  dernières,  à  différents  stades  de  leur  évolu- 
tion, servent  h  remplacer  tes  cellules  externes  au  fur  et  à 
mesure  de  leur  disparition.  Ces  cellules  externes,  qui 
m'ont  semblé  nettement  sécrétantes,  s'ouvrent  à  un  mo- 
ment donné,  versent  leur  contenu  dans  la  cavité  du  ciecum 


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f40  II.    ■•RDAfl. 

et  sont  remplacées  par  les  cellules  de  l'assise  soiiï-jaceole 
(V.  Pi.  IX,  fig.  10  et  PL  X,  fig.  11). 

L'inlestin  moyen  a  uoe  structure  caraclérisée  par  l'épais- 
seur de  ses  parois  musculaires  et  la  présence  de  bourrelets 
épithéliaux  internes.  L'organe  tout  entier  est  enveloppé 
par  une  membrane  ou  tunique  périlonéale.  Au-dessous  de 
cette  dernière,  se  trouvent  disposés  en  contact  une  série 
de  faisceaux  musculaires  longitudinaux,  constituant  une 
assise  continue.  Viennent  ensuite  les  muscles  circulaires 
rangés  suivant  plusieurs  couches  el  envoyant  des  prolon- 
gements dans  l'axe  des  replis  épithéliaux  internes.  Ces  der- 
niers sont  constitués  par  de  nombreuses  cellules  cylindri- 
ques entre  les  replis  et  légèrement  coniques  à  leur  sommet. 
Au  fond  des  bourrelets,  existent  plusieurs  assises  cellulaires 
dont  les  inférieures  servent  à  régénérer  les  plus  externes. 
La  surface  libre  des  cellules  est  recouverte  d'une  assise 
ciliée.  Enfin,  séparée  de  t'épithélium  par  un  espace  plus 
ou  moins  lar^e  et  irrégulier,  existe  la  coupe  de  la  mem- 
brane périirophique,  signalée  par  Schneider  chez  certains 
Arthropodes.  La  section  de  celle  membrane  est  sinueuse 
elplissée(V.  PI.  X,  fig.9). 

L'intestin  terminal  est  surtout  caraclérisé  par  ses  six 
replis  longitudinaux  internes  et  par  la  régularité  de  son 
épithélium.  Ce  dernier  est  constitué  par  une  assise  unique 
de  cellules  rectangulaires  à  gros  noyau  sphérique  pluri- 
nucléolé.  Le  protoplasme,  très  clair  dans  la  zone  péri- 
nucléaire,  présente  une  série  de  stnations  très  irrégulières 
vers  te  bord  externe  de  la  cellule.  L'épilhélium  est  recou- 
vert d'une  épaisse  membrane  chilineuse.  transparente,  à 
bords  parallèles  el  parfois  sinueux.  A  l'exlérieur,  vienl  une 
couche  musculaire  annulaire  très  mince,  enveloppée  elle- 
même  par  la  couche  musculaire  longitudinale.  Cette  der- 
nière ne  comprend  qu'un  pelit  nombre  de  faisceaux  grou- 
pés en  face  des  dépressions  comprises  entre  les  bourrelets 
internes.  Eurtn,  le  tout  est  recouvert  par  la  membrane  péri- 
lonéale externe,  très  mince.  On  rencontre  parfois  de  nom- 


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APPAREIL   DIGESTIF   DES    UnTHOPTËBES.  141 

breux  tubes  trachéens  entre  les  bourrelets  et  les  parois 
externes  (V.  PI.  X,  fig.  5). 

RECTUM  ET  GLANDES  RECTALES 

{V.  PI.  IX,  fig.  5). 

Le  rectum  du  Decticus  verrucivorm,  de  forme  ovale,  porte 
six  longs  bourrelets  fusiforoies,  très  apparents  extérieure- 
ment, que  nous  avons  désignés  sous  le  nom  de  glandes 
reclaies.  Ces  organes  sont  constants  chez  tous  les  Orthoptères 
et  présentent,  dans  les  diverses  Tamilles  de  cet  ordre,  à  peu 
près  ta  même  disposition,  sauf  chez  les  Forficulidœ,  où  ils 
afTectenl  une  forme  sphérique,  sont  placés  suivant  deux  ran~ 
gées  circulaires  et  alternent  d'une  rangée  à  l'autre.  Ils  sont 
équidistants  et  occupent,  en  général,  toute  la  longueur  du 
rectum.  Chez  les  Truxalis,  ils  sont  remarquables  par  leur 
longueur  considérable,  f^es  glandes  rectales  sont  caractéri- 
sées par  l'énorme  développement  de  l'assise  épilhéliale  for- 
mée par  de  grosses  cellules  rectangulaires,  à  volumineux 
noyau  central  plurinucléolé.  Leur  protoplasme  est  peu  gra- 
nuleux et  présente  une  apparence  réticulée  ;  parfois,  autour 
du  Doyau,  existe  une  auréole  blanchâtre.  Sur  une  coupe 
transversale,  ces  glandes  se  présentent  généralement  sous 
une  forme  conique  (Dectkinx)  ou  légèrement  arrondie  [For- 
(ieulidx).  Entre  l'assise  épilhéhale  et  la  couche  musculaire 
externe,  existe  un  espace  triangulaire  ou  demi- circulaire 
contenant  de  nombreuses  ramifications  trachéennes  et  quel- 
ques fins  filets  nerveux.  Les  cellules  sont  recouvertes  par 
une  membrane  chilineuse,  généralement  unie  et  à  faces 
parallèles  (V.  PI.  IX.  fig.  5). 

Ces  organes,  dont  la  signification  morphologique  et  sur- 
tout les  fonctions  sont  encore  énigmatiques,  ont  été  aper- 
çus et  décrits  pour  la  première  fois,  chez  l'Abeille,  par 
J.  Svammerdan  (1).   Suckow   (2)  les  a  désignés,  chez  la 

(l)fli6eI(fcrWarur.,Taf.  XVIII,  ng.  I. 
(2)  fl«iuintrcr's  Zeitschrift,  Bd.  III. 


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142  L.   ■•HDAIl. 

Vespa  crabro.  sous  le  nom  de  gonflemenls  calleux.  Brandt 
el  Ratzeburg  (1),  Burmeisler  (2),  etc....  n'en  parlent  que 
d'une  façon  accidentelle.  Léon  DuFour  (3)  cile  ces  organes 
chez  les  Hyménoptères,  les  Orthoptères,  etc.,  et  les  dési- 
gne sous  les  noms  de  boutons  charnus  et  de  bandes  muscu- 
laires. Treviranus  (4)  etNewport{5)  les  appellent  iesprotu- 
héranres  glandulaires.  Le  premier  avait  constaté  leur  présence 
chez  les  Papillons. 

Les  divers  auteurs  que  nous  venons  de  citer  n'avaient 
décrit  les  bourrelets  du  rectum  que  d'une  façon  fortuite  el 
tout  à  fait  accessoire  ;  mais  Leuckarl  (6)  reprend  plus  com- 
plètement celte  étude,  constate  la  présence  des  replis  rec- 
taux chez  la  plupart  des  Insectes,  les  considère  comme  de 
nature  glandulaire  et  les  désigne  sous  le  nom  de  if landes 
re''l(tlex. 

Leydig  (7)  est  le  premier  zoologiste  qui  se  soit  occupé  de 
l'étude  histologique  des  papilles  rectales  des  Insectes,  en 
prenant  comme  type  la  Mmra  vom'ttaria.  Continuant  ses 
recherches  sur  le  même  sujet,  il  a  étudié,  dans  la  suite, 
les  replis  du  rectum  chez  beaucoup  d'autres  Hexapodes.  Cet 
auteur  attribue  h  ces  replis  ou  bourrelets  une  fonction  res- 
piratoire ;  puis,  frappé  par  certains  rapports  de  structure 
histologique,  il  les  compare  aux  replis  épîthéliaux  [bran- 
vhiex  trachéennes)  des  larves  de  Libellules. 

Weismann  (8),  dans  son  étude  sur  le  développement  de 
la  Muxcti  voniitoriti  et  de  la  Sairophaga  rarnaria,  se  pro- 
nonce contre  la  nature  glandulaire  des  replis  du  rectum  de 
la  plupart  des  Insectes,  sans  cependant  faire  la  moindre 
hypothèse  sur  leurs  fonctions. 

1 1  j  ïuùlog.  medic,  Hd.  11,  von  iler  llonigbiene. 
.-2|  Handbueh,  Hd.  I. 

(3)  Rccherehes  analomiquen  sur  les  Orthoptères,  présentées  à  rAcadémie  des 
sciences  le  ;i  mars  IS34. 
{+)  Verm.  SchrifUn,  lld.  11. 
^J)  Cyclop.,  Vol.  II.  p.  170. 
[Gj  Lehrhttch  der  Zoùtomie. 
(7)  LekrbiKh  der  Histologie,  S.  3:n 
(»;  Eulivickhing  der  Dipterm. 


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APPAREIL   DIGESTIF   DES   ORTHOPTËRES.  t  i3 

Gegenbaur  (t)  considère  les  glandes  rectales  comme  des 
rudiments,  des  vesliges  de  branchies  trachéennes.  Il  pense 
que  les  bourrelets  rectaux  respiratoires  des  larves  de  Libel- 
lules et  les  bourrelets  non  fonctionnels  des  Insectes  terres- 
Ires,  sont  les  derniers  vestiges,  les  formes  atrophiques  des 
branchies  trachéennes,  qui  étaient  les  seuls  organes  primi- 
tifs de  la  respiralion  des  Insectes.  Pourtant,  si  la  théorie 
de  Gegenbaur  était  exacte,  si  les  glandes  rectales  n'étaient 
4]ue  des  rudiments  de  trachées  branchiales,  on  devrait  trou- 
ver ces  organes  beaucoup  plus  répandus  chez  les  larves  que 
chez  les  Insectes  parfaits. 

(^rl  Chun  (2),  dans  sa  très  intéressante  étude  sur  les 
glandes  rectales  des  Insectes,  constate  que  les  très  nom- 
breuses ramifications  trachéennes  qu'on  rencontre  autour 
des  bourrelets  rectaux  ne  peuvent  servir  à  étayer  une  théo- 
rie sur  la  respiralion  du  rectum,  attendu  qu'on  observe, 
autour  des  conduits  ovariens  et  de  certains  cxcums  intes- 
tinaux, d'aussi  nombreux  tubes  respiratoires.  Au  con- 
traire, dit-il,  la  présence  de  ramificalions  trachéennes  et 
de  filets  nerveux  semble  indiquer  une  plus  grande  acti- 
vité sécrétrice.  Pour  cet  auteur,  les  bourrelets  du  rectum 
sont  des  glandes  unicellulaires  groupées,  intermédiaires, 
par  leur  forme,  entre  les  vraies  glandes  et  tes  surfaces  glan- 
dulaires planes.  Pour  notre  part,  l'élude  histologique  que 
nous  avons  faite  de  ces  organes  sur  de  nombreux  types 
d'Orthoptères  (For/îcula,  Mecosthetvs,  Stenobothrus,  Decti- 
rus,  Gryllus,  Gryllolalpa,  etc.),  nous  fait  ranger  de  son  avis 
et  accepter  son  hypothèse. 

Les  glandes  rectales  du  Dec/kiis  verntcivonis,  vues  en 
coupe  transversale,  présentent  une  forme  triangulaire  et 
comprennent  une  assise  de  grosses  cellules  rectangulaires, 
il  noyau  centra!  sphérique  ou  légèrement  allongé  et  conte- 
nant de  nombreux  nucléoles  très  apparents  (V.  PI.  IX,  fîg.  ■">). 

(1)  Vergl,  Anatomîe. 

(2)  Veber  den  Bau,  die  Etitiricklung  uud  physiol.  Bedeunlung  der  Reclal- 
driiten  f-ei  dm  Ineekten  ;  in  Abhand.  Senckenb.  Nalurfor,  liesell.  10, 1870. 


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144 

Ces  noyaux  sont  géoéralemenl  entourés  d'une  auréole  blan- 
châtre. Le  protoplasme  cellulaire  présente,  vers  le  bord  ex-- 
tcrne  de  chaque  cellule,  une  structure  réticulée,  et  forme, 
en  avant,  une  série  de  striations  irrégulières  et  arbores- 
centes, laissant  entre  elles  des  espaces  vides.  L'assise  cellu- 
laire est  recouverte  par  une  membrane  ou  intima  chitineuse, 
généralement  mince,  peu  sinueuse  et  à  Faces  parallèles.  On 
compte  en  moyenne,  sur  une  section  transversale,  de  40  à 
50  cellules  entrant  dans  la  constitution  d'une  glande  rectale 
Dans  les  aillons  compris  entre  deux  bourrelets,  la  hauteur 
des  cellules  diminue  brusquement,  et  ces  dernières  consti- 
tuent alors  l'assise  chitinogène.  Dans  l'espace  angulaire 
limité,  des  deux  c<Més,  par  les  cellules  des  glandes  rectales, 
on  constate,  au  milieu  du  tissu  conjonclif,  un  réseau  très 
compact  de  filaments  trachéens  de  différents  diamètres, 
dont  les  dernières  ramifications  pénètrent  même  jusqu'à  la 
base  des  cellules.  ËnBn,  l'ensemble  de  l'organe  est  enveloppé 
par  une  couche  de  fibres  musculaires  circulaires  très  minces 
et,  à  l'exiérieur,  par  des  muscles  longitudinaux,  localisés 
surtout  en  face  des  sillons  interglandulaires. 

En  résumé,  le  rectum  présente  à  considérer,  en  allant  de 
l'intérieur  à  l'extérieur  :  1*  une  membrane  ou  intima  chiti- 
neuse ;  V  une  assise  cellulaire  ;  3°  du  tissu  conjonclif  et  des 
faisceaux  trachéens  :  4*  des  muscles  circulaires,  et  5*  des 
faisceaux  musculaires  longitudinaux  et  une  membrane  ou 
tunique  péritonéale  externe  très  mince. 

RÉSUMÉ.  —  Vappareii  digestif  des  Locustid^e  est  sur- 
tout caractérisé  par  ses  nombreuses  circonvolutions,  sa  lon- 
gueur, l'énorme  développement  du  jabot  et  la  forme  toute 
particulière  qu'atîectent  les  csecums  intestinaux,  qui  sont 
pairs  et  donnent,  h  la  région  médiane  de  l'organe,  uoe 
apparence  cordiforme. 

hes  giandes  salivaires  sont,  chez  toutes  les  espèces,  très 
volumineuses,  mais  acquièrent  surtout  leur  maximum  de 
développement  chez  les  Declicina?.  Biles  sont  paires  et  cons- 
tituées par  une  série  de  grappes  localisées  dans  tes  deux 


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APPAREIL   DIGESTIF   DES   ORTHOPTÈRES.  145 

premiers  segments  Ihoraciques,  de  part  el  d'autre  du  jabot. 
Chaque  grappe  comprend  un  grand  nombre  d'acini  glandu- 
laires sphériques,  recouverts  intérieurement  par  une  couche 
de  cellules  sécrétrices  limitant  une  cavité  centrale  qui  se  con- 
tinue par  le  lumen  du  canalicule  excréteur.  Chaque  grappe 
so  prolonge  par  un  canal  excréteur  qui  monte  parallèlement 
à  l'œsophage  el  va  se  fusionner  à  son  congénère  pour  cons- 
tituer un  conduit  efTérenl,  large  el  court,  allant  s'ouvrir  en 
avant  de  la  bouche,  vers  la  base  de  la  lèvre  inrérieure. 
Aux  glandes  salivaires  sont  adjoints  deux  réservoirs  sali- 
vaires,  sortes  de  sacs  plus  ou  moins  volumineux  qu'on 
trouve  chez  toutes  les  espèces. 

Le  jabot  et  Vœsopkage  afTeclenl  la  même  forme  et  pré- 
sentent la  même  structure  dans  toutes  les  tribus  de  la  fa- 
mille des  Locustids.  Ce  sont  deux  organes  tubuleux,  courts, 
unissant  le  pharynx  au  jabot. 

Le  jabot  est  remarquable  par  son  énorme  développement. 
C'est  un  organe  sacciforme,  volumineux,  remplissant  la 
plus  grande  partie  de  la  cavité  (boracique.  Ses  parois  ex- 
ternes  sont  minces,  tantôt  lisses  et  tantôt  plissées  suivant 
son  état  de  réplélion  ou  de  vacuité.  Elles  sont  recouvertes 
intérieurement  par  une  membrane  chilineuse  présentant  une 
série  de  plis  longitudinaux  et  portant  de  petites  denticules 
coniques  à  sommet  dirigé  en  arrière.  L'orifice  terminal  est 
généralement  situé  au  milieu  de  la  face  postérieure  et  n'est 
légèrement  excentrique  que  chez  quelques  Gryllacrinae.  Le 
jabot  est  uni  au  gésier  par  un  pédoncule  plus  ou  moins 
long  suivant  les  espèces.  Il  est  très  court  chez  la  Salomona. 

ht  gésier  est  un  organe  dont  la  forme  et  surtout  la  struc- 
ture interne  sont  très  variables  chez  les  Lociistidee.  Il  est 
rudimenlaire  chez  les  Pseudophyllinœ  et  les  Ephippigerinw, 
où  il  affecte  la  forme  d'une  masse  presque  cyUndrique, 
pourvue  d'un  pédoncule  antérieur  ta  rattachant  au  jabot  et 
enveloppée  de  toutes  parts  par  de  volumineux  csecums  intes- 
tinaux. Le  pédoncule  est  pourvu  intérieurement  de  six 
bourrelets  longitudinaux  venant  du  jabot  et   portant  de 

ASN.    8C.    ^AT.    ZOOL,  V,    10 


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146 

petits  tubercules  crochus  et  cornés,  simulant  des  dents.  L'ar- 
mature chitincuse  inleroe  du  gésier  est  composée  de  six 
baudeletlcs  parallèles  portant  chacune  trois  rangées  longi- 
ludinalos  de  plaquettes  ou  denticules  chitineuses.  Chez  tes 
Ephippigerinœ,  les  plaquettes  cornées  sont  remplacées  par 
de  véritables  dents.  Le  gésier  des  Mecopodinïe  occupe  une 
position  intermédiaire  entre  celui  des  Ephippigers  et  celui 
des  Dectiques.  Son  armature  chiiineuse  interne  comprend 
six  colonnes  dentifères  portant  chacune  trois  séries  de 
dents.  Mais,  c'est  surtout  chez  les  Lorustinx,  tes  Conocepha- 
linse  et  les  Gryllacrinx  que  le  gésier  atteint  son  maximum 
de  développement  et  de  complexité.  Le  pédoncule  antérieur 
du  gésier  du  Dectinis  est  doublé  intérieurement  de  ^ïx 
bourrelets  chitineux,  continuation  de  ceux  de  la  face  posté- 
rieure du  jabot,  portant  chacun  six  tubercules  recouverts  de 
nombreuses  soiea  sur  leur  pourtour.  Les  parois  de  la  région 
médiane  de  l'organe  sont  très  épaisses  et  portent  intérieure- 
ment de  puissantes  dents  chitineuses  disposées  suivant  six 
séries  ou  colonnes  longitudinales,  séparées  les  unes  des 
autres  par  autant  de  profondes  dépressions.  Les  dents  de  la 
région  médiane  de  chaque  colonne  sont  triangulaires  et  den- 
ticulées  sur  leur  bord  ;  celles  des  deux  rangées  -latérales 
sont  tronconiques  et  pourvues  de  nombreuses  soies  basi- 
laires. 

Les  appendices  intestinaux,  qu'on  peut  considérer  comme 
des  diverticules  latéraux  de  l'extrémité  antérieure  de  l'in- 
testin moyen,  sont  des  organes  pairs,  saccirormes.  légère- 
ment recourbés,  dirigés  en  avant  et  entourant  les  parois 
latérales  du  gésier.  Leur  morphologie  externe  présente  peu 
de  variétés  chez  les  Locuslidx.  Pourtant,  ces  organes  sont 
caractérisés,  chez  les  Cleandrus  et  les  Platyphyllum,  par  la 
présence  de  deux  prolongements  postérieurs  qui  manquent 
complètement  chez  les  autres  espèces  de  la  famille,  sauf 
cependant  chez  la  Salomona,  ofi  l'on  constate  l'existence 
de  deux  petites  évaginalions  hémisphériques  à  l'extrémité 
postérieure  des  deux  appendices  normaux.  Les  appendices 


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APPAREIL  DIGESTIF   DES    ORTHOPTÈRES.  147 

■Dieslinaux  des  PseuaophyUinx  affectent  la  forme  d'une  main 
dont  les  doigts  seraient  soudés  entre  eux.  Chacun  d'eux  est 
parcouru,  d'avant  en  arrière,  par  six  ou  sept  sillons  séparés 
par  des  bourrelets  parallèles.  Chaque  sillon  correspond  à 
une  cloison  interne.  Il  résulte,  de  ce  cloisonnement,  que  la 
cavité  de  chaque  '  appendice  est  partagée  en  sept  ou  huit 
loges  tubuleuses.  Cette  disposition  si  singulière  permet  de 
rattacher  les  Orthoptères  à  cxcums  multiples,  comme  les' 
Acridiens,  les  Blatlides,  etc.,  aux  Orthoptères  à  caecums 
pairs,  tels  que  les  Decticinae,  les  Gryllidae,  etc.  Chez  toutes 
les  autres  Locustidae,  les  appendices  ne  présentent  qu'une 
cavité  unique  partagée  par  des  cloisons  internes  plus  ou 
moins  développées. 

L'inteslin  moyen  et  \'inle'<iin  terminal  ne  présentent  aucun 
caractère  bien  saillant.  Ce  sont  des  tubes  cylindriques,  à 
parois  internes  plissées,  portant  des  bourrelets  épithéliaux 
disposés  longiludinalement  et  pourvus  de  circonvolutions 
plus  ou  moins  nombreuses  suivant  les  espèces. 

Lea  tubes  de  Malpigki  sont  très  nombreux  chez  tous  les 
Locustidiens.  On  en  compte  ordinairement  de  100  à  130. 
(^  sont  des  organes  allongés,  cylindriques,  filiformes  et 
disposés  en  plusieurs  faisceaux  recouvrant  une  partie  des 
organes  internes  abdominaux.  Chez  certaines  espèces  (Dec- 
liques.  Locustes,  Conocephalus,  elc),  ils  forment  deux 
touffes  fixées  au  sommet  des  appendices  intestinaux.  Ils  vont 
déboucher  à  l'origine  de  l'intestin  terminal  par  l'intermé- 
diaire de  six  tubercules  coniques,  plus  ou  moins  courts  sui- 
vant les  espèces.  Les  Grt/ltacnruE  n'ont  qu'un  ou  deux  tu- 
bercules, et  ce  caractère  permet  de  rattacher  les  Locustidae 
aux  Gryllidae. 

Le  rectum  est  un  organe  ovoïde,  à  parois  épaisses  et  pour- 
vues intérieurement  de  six  bourrelets  longitudinaux  fusi- 
formes,  dus  à  desépaississementsde  l'épithélium  et  compa- 
rables, par  là  même,  aux  glandes  rectales  des  Hyménoptères. 


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L.  II*BDAS. 


CHAPITRE  VU 


APPAREIL   Dir.esTIF    DES    ORTHOPTÈRES    DE   LA    FAMILLE 
DES   GRYLLID,E. 

iV.  Pi.  X,  fig.  10,  12  et  !3;  PI.  XI,  fig.  1  à  12  et  PI.  XII.) 

Marcel  de  Serres  (I)  et  Léon  Dufour  (2)  ont  étudié,  d'une 
façon  très  sommaire,  l'appareil  digestif  des  Gryllus  rant- 
pestris.  Mais  leur  desiTiplion,  fort  incomplète,  présente 
quelques  erreurs.  Plus  récemment,  une  très  bonne  étude 
unatomique  du  Grillon  des  champs  a  été  faite  par  Berlese  (3). 

Dans  notre  élude  d'ensemble,  nous  nous  sommes  surtout 
attaché  h.  montrer  les  rapports  que  l'organe  de  la  digestion 
présente  avec  celui  des  autres  Orthoptères. 

Nous  avons  divisé  notre  chapitre  sur  la  famille  des 
Ghyllid^  en  trois  parties  et  étudié  successivement  tes  cinq 
espèces  suivantes  :  Gryllus  rampestris  [hs\r.),  Gryllus  do- 
mestkus  (Latr.),  JSemobiuii  sylveslrLi  (Fahr.),  Brachytrypes  ou 
Brac/iylrypus  membranaceus  (Urury)  et  Gryllotalpa  vulgarix 
(Latr.). 

Première  partie.  —  Gryllus  eampeulris  (Latr.),  Grylliix 
domeslicus  (Latr.),  Nenwbius  sylvextris  (Fabr.).  —  (V.  PI.  X, 
(ig.  2,  10  et  13;  PI.  XI,  fig.  2,  4,  6,  7,  (Cet  11.) 

L'appareil  digestif  du  Gryllus  rampeslrù  et  celui  du 
Gr.  domeslicus  présentent,  au  point  de  vue  morphologique, 
des  caractères  à  part  et  fort  différents  de  ceux  du  Brachy- 
trypes et  de  la  Gryllotalpa.  Ces  différences  portent  princi- 
palement sur  la  forme  du  jahol,  la  structure  du  gésier  et 
colle  des  intestins  moyen  et  terminal.  Les  Nemobius,  très 
voisins  des  Gryllus,  possèdent  un  appareil  digestif  qui  pré- 

(1)  Obtervationt  $ttr  tes  mages  des  dkersn  parties  du  lube  inteslinal  des 
Insettet,  in  Ann.  du  Muséum,  1813. 

(Sj  Conptes  rendus  de  l'Académie  des  sciences,  1834. 

(3)  Otstnaùoni  sulUs  analomia  dtscrittiva  del  Gri/llus  campeilrh,  in  Atti 
Soc.  Ven-Trent.  Padoïa.  Vol.  VII.  fuse.  II. 


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APPAREIL    DIGESTIF    DES    OltTHOPTÈRËS.  149 

sente,  avec  celui  de  ces  derniers,  les  plus  grandes  analogies. 

Les  gfandes salivaires  du  Grt/llus  campestns{\ .  PI.  XI,  fig.2) 
sonl  bien  développées  et  s'étendent, de  la  régionoccipilale  delà 
lêlejusqu'au  milieu  du  métalhora\.  KUa*  sonl  construites  sur 
le  typegénéral  des  glandfïs  salivaires  des  autres  Gryllidx,  mais 
elles  en  difTêrent  cependant  par  la  forme  et  la  disposition 
des  réservoirs  salivaires.  L'organe  comprend  deux  grappes 
volumineuses,  formant  deux  massifs  principaux,  localisées 
aux  régions  médianes  du  protliorax  et  du  mésolhorax.  Les 
deux  grappes  sont  symétriques  par  rapport  h  l'axe  du  corps 
et  reposent  directement  sur  la  paroi  inférieure  thoracique, 
au-dessus  du  système  nerveux.  La  partie  postérieure  de 
chaque  glande  est  massive,  épaisse,  amincie  sur  ses  bords 
et  émet  deux  prolongements  glandulaires,  l'un  sur  les  pa- 
rois latérales  du  jabot  et  l'autre  jusque  dans  le  tiers  anté- 
rieur du  métalhorax.  Les  acini  terminaux  consistent  en  une 
masse  ovoïde,  creuse  à  l'intérieur  et  tapissée,  sur  ses  parois 
latérales,  par  une  couche  unique  de  cellules  sécrétantes 
cylindriques.  De  chaque  acinus  part  un  canalicnle  excréteur 
très  court.  C'est  de  la  réunion  de  tous  les  canalicules  que 
résultent  les  deux  conduits  efTérents  de  la  glande.  Ces  con- 
duits vont  déboucher  dans  les  réservoirs  salivaires.  Ces  der- 
niers sont  pairs  et  affectent  la  forme  de  deux  sacs  volumineux 
très  allongés.  Leurs  parois  externes  sont  lisses,  mais  pré- 
seolent  parfois  une  série  de  boursouflures,  donnant  ainsi  k 
l'organe  une  apparence  irrégulière.  A  l'intérieur  existent 
des  anneaux  chitineux  spirales,  analogues  à  ceux  des  con- 
duits trachéens.  Les  deux  réservoirs  vont  déboucher  dans 
un  conduit  unique  fort  court,  s'ouvrant  à  la  base  de  la  lèvre 
inférieure,  en  avant  de  l'orifice  buccal  (V.  PI.  XI,  fig.  t). 

Le  pharynx  du  Gryllus  campestris  et  celui  du  Gr.  domes- 
tivus  sont  des  organes  lubuleux,  à  parois  plissées,  entière- 
ment logés  dans  la  région  cépbalique.  Ils  commencent  à  la 
bouche,  cavité  ovale  limitée  en  haut  par  le  labre  et  latérale- 
ment par  les  mandibules  et  les  mâchoires,  et  se  continuent 
jusqu'à  l'œsophage.  Leur  face  inférieure  repose  directement 


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I.SO  L.    BOBDAS. 

sur  une  lamelle  chitioetise,  concave  supérieurement  el  ti- 
rant son  origine  de  la  région  postérieure  céphaliquc.  Leurs 
parois  sont  très  épaisses  et  servent  d'insertion  à  de  nooi- 
breux  faisceaux  musculaires  qui  vont  se  fixer,  soit  aux  parois 
latérales,  soit  aux  parois  postérieures  céphaliquea.  C'est  à 
la  face  supérieure  que  les  muscles  sont  le  plus  nombreux. 
La  face  interne  est  parcourue  par  des  bourrelets  longitudi- 
naux,  séparés  par  des  sillons  parallèles.  Le  pharynx  des 
Nemobim  est  beaucoup  plus  court  que  crlui  des  Grytlus.  Il 
est  logé  dans  les  deux  liers  antérieurs  de  la  région  cépha- 
lique  e(  rattaché  aux  parois  latérales  par  de  nombreux 
faisceaux  musculaires. 

Chez  les  Gryllus,  Yœsophage  fait  direclement  suite  au 
pharynx  sans  ligne  de  démarcation  bien  nette.  Il  est  entière- 
ment localisé  dans  le  prothorax.  Ses  parois  externes,  comme 
celles  du  pharynx,  sont  lisses  et  recouvertes  par  de  nom- 
breuses ramifications  trachéennes,  tandis  que  tes  internes 
présentent  de  légers  plissements.  L'œsophage  du  Nemobim 
xi/lvestris  est  long,  cylindrique,  sinueux  et  s'étend  jusqu'à  la 
partie  antérieure  du  mésothorax.  Il  se  dilate  ensuite  peu  k 
peu  et  se  continue  avec  le  jabot,  presque  sans  ligne  de  dé- 
marcation (V.  PI.  X,fig.  2}. 

Le  jabot  du  Grillon  des  champs  est  un  organe  volumineux, 
piriforme,  occupant  la  presque  totalité  de  la  région  médiane 
des  deux  derniers  segments  Ihoraciques.  L'organe  est  légè- 
rement asymétrique  et  présente  latéralement  un  cul-de-sac 
ou  boursouflure  plus  ou  moins  prononcée.  Pareille  disposi- 
tion n'existe  ni  chez  la  Gryllotalpa,  ni  chez  la  plupart  des 
autres  Gryllides,  \e  Brachytrypes  membranaceus^^9.T ^.\^xn^\t. 
Chez  lu  Gryllotalpa,  on  observe  une  panse,  de  forme  ovoïde 
ou  hémisphérique,  paraissant  comme  suspendue  aux  parois 
de  l'œsophage.  Chez  la  plupart  des  autres  GryUidx,  l'organe 
est  symétrique  par  rapport  à  l'axe  du  corps  de  l'insecte,  et 
l'orifice  terminal  est  situé  au  centre  de  la  face  postérieure. 
Le  jabot  est  placé  au-dessus  du  système  nerveux  et  repose 
sur  le  faisceau  médian  des  glandes  salivaires,  tandis  que  ses 


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AI'PAREIL    DIGESTFP    DBS    ORTHUPTËRES.  151 

pM'ois  latérales  sont  recouvertes  par  les  gros  muscles  tho- 
raciques,  moteurs  des  ailes  et  des  pattes.  Dans  l'état  de  ré- 
piétion  de  l'organe,  la  bosselure  latérale  est  bien  accusée  et 
l'oQ  peut  facilement  reconnatire  que  le  pédicule  qui  l'unit 
au  gésier  se  détache  d'un  point  excentrique  de  sa  face  posté- 
rieure. Les  parois  externes  du  jabot  sont  à  peu  près  lisses 
et  sillonnées  par  d'innombrables  rameaux  trachéens,  tandis 
que  les  internes  sont  parcourues  par  de  nombreux  replis. 
Ces  derniers,  étroits  et  peu  accusés  dans  la  région  anté- 
rieure, vont  s'élargissant  peu  à  peu  et  convergent  de  façon  à 
ne  former  qu'un  petit  nombre  de  plissements  allant  aboutir 
à  l'orifice  postérieur.  Ce  dernier  communique,  non  pas 
directement  avec  le  gésier,  mais  avec  un  pédoncule  cylin- 
drique, légèrement  recourbé  et  long  de  5  à  7  millimètres. 
Ce  pédoncule  peut  donc  être  considéré  comme  un  prolonge- 
ment antérieur  du  gésier.  Les  parois  du  pédoncule  soni 
épaisses,  musculaires  et  lisses  extérieurement.  A  l'intérieur, 
elles  présentent  une  série  de  replis  longitudipaux,  irrégu- 
liers et  portant,  disposées  transversalement,  des  touffes  de 
poils  chilineux.  Ces  derniers,  vus  à  un  fort  grossissement 
microscopique,  affectent  l'apparence  de  denticules  aplaties. 
On  compte,  sur  chaque  repli  longitudinal,  de  six  à  huit 
touffes  semblables  et  chaque  toulîe  présente  trois  régions, 
une  médiane  et  deux  latérales,  où  les  soies  sont  plus  spé- 
cialement concentrées.  Dans  la  partie  médiane,  elles  sont 
disposées  suivant  un  espace  triangulaire,  et  sur  les  côtés 
très  irrégulièrement.  Les  soies  chitineuses  sont  générale- 
ment courtes,  amincies  au  sommet  et  dirigées  vers  le  jabot. 
Parfois,  dans  la  touffe  médiane,  un  certain  nombre  de  soies 
se  soudent  entre  elles  et  constituent,  de  la  sorte,  une  lan- 
guette aplatie,  échancrée  vers  sa  base  et  denticulée  latérale- 
ment (V.  PI.  XI,  fig.  10).  Ces  plages  transversales  sétigères 
s'élargissent  à  mesure  qu'on  se  rapproche  du  gésier  et  dis- 
paraissent totalement  vers  le  bourrelet  terminal  qui  limite 
la  portion  antérieure  de  ce  dernier  organe.  Cet  orifice  est 
étroit,  irrégulier  et  bordé  par  six  bandelettes  coniques  pro- 


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duites  par  les  extrémités  teriniDales  des  replis  que  nous 
venons  de  décrire.  Ce  pédoncule,  par  sa  slruclure  et  la  pré- 
sence de  replis  longitudinaux,  doit  élre  considéré  comme 
une  dépendance,  non  pas  du  jabot,  mais  du  gésier. 

Le  jabot  du  Grt/llus  domesticus  aflecte  à  peu  près  tes 
mêmes  dispositions  que  celui  du  Gr.  campesim.  L'organe 
est  volumineux,  piriforme,  allongé  et  occupe  la  presque  to- 
talité des  deux  derniers  segments  Ihoraciques.  Ses  parois 
externes  sont  lisses  et  recouvertes  dorsalement  et  latérale- 
ment par  quelques  grappes  des  glandes  salivaires.  La  face 
interne  présente  une  série  de  plis  longitudinaux  qui  vont  en 
s'accenluant  de  plus  en  plus  dans  la  région  postérieure. 
Chez  le  Nemobius  sybesiris  (t),  le  jabot,  quand  il  est  com- 
plèlement  distendu  par  les  matières  alimentaires,  s'étend 
jusquedans  les  deux  premiers  segments  abdominaux.  Comme 
chez  l'espèce  précédente,  on  rencontre  à  l'intérieur  de  l'or- 
gane une  série  de  plissements  longitudinaux  qui  vont  con- 
verger vers  t'pritice  postérieur,  déjeté  sur  le  côté.  Un  peu 
avant  cet  orifice,  les  divers  replis  se  fusionnent  pour  former 
Eînalemenl  six  bourrelets,  pourvus  de  deux  ou  trois  petites 
pointes  chitineuses  qu'on  peut  considérer  comme  les  pre- 
miers degrés  de  l'armature  masticatrice  si  puissante  du 
gésier.  L'orifice,  grâce  à  cette  disposition,  est  pourvu  d'une 
valvule  étoilée  à  six  branches. 

Le  gésier  des  Gryllus  catnpestris  présente,  quant  k  ses 
dispositions  générales,  à  peu  près  les  mêmes  caractères 
que  celui  de  la  Gryllolalpa  ou  du  Brachylrypus.  Il  afîeete 
une  forme  ovoïde  ou  légèrement'sphérique  et  est  enveloppé, 
à  sa  base  et  sur  ses  côtés,  par  les  deux  larges  appendices 
intestinaux.  Ses  parois  sont  musculaires  et  très  épaisses  ;  sa 
face  externe  est  lisse,  mais  parcourue  par  de  nombreux 
faisceaux  trachéens  ;  sur  l'interne  repose  une  puissante 
armature  cbitineuse,  dont  l'ensemble  rappelle  celle  du  Bra- 
chylrypus, avec  cette  différence  que  les  dents  médianes  sont 

[0  Pour  rensemble  de  l'appareil  digestif  du  Kemùbius  sylveslris,  V.  H.  X, 
0({.  2. 


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APPAREIL   DIGESTIF   DES    ORTHOPTÈRES.  153 

un  peu  moins  volumineuses  et  un  peu  moins  inclinées  en 
arrière.  Celte  puissante  armature  exerce  une  action  tritu- 
rante sur  les  aliments  et  agit,  h  la  façon  d'une  râpe,  pour 
les  broyer  et  les  pulvériser.  On  conslate,  comme  chez  les 
autres  Gryllidfp,  l'existence  de  six  colonnes,  séparées  les 
unes  des  autres  par  des  ligellf  s  ou  baguettes  chitineuses,  loca- 
lisées au  fond  de  gouttières  longitudinales  profondes.  Chaque 
colonne  comprend  trois  rangées  de  dents  (V.  PI.  XI,  fig.  7).Le5 
dents  médianes  sont  formées  de  deux  parties  :  d'une  racine, 
généralement  courte,  bifide  et  implantée  presque  perpendi- 
culairement aux  parois  du  gésier  et  d'une  tige  munie  de 
cinq  pointes,  dont  une  médiane  et  quatre  disposées  latérale- 
ment. La  pointe  médiane  est  triangulaire  et  chitineuse  vers 
son  extrémité  terminale  oti  elle  porte,  de  chaque  côté,  de 
trois  à  cinq  denticules  pointues  et  acérées.  Elle  est  légère- 
ment recourbée  en  arrière,  c'est-à-dire  dans  le  sens  de  la 
progression  des  aliments.  Des  deux  paires  de  pointes  laté- 
rales, l'antérieure  (celle  tournée  vers  l'intestin)  est  oblique 
et  terminée,  à  son  extrémité,  par  une  lame  chitineuse  et 
acérée  ;  elle  se  prolonge  jusqu'à  la  racine,  dont  elle  cons- 
titue l'une  des  branches.  La  pointe  latérale  postérieure  est 
formée,  au  contraire,  par  une  lame  courbe  qui  va  se  fixer  à 
la  face  postérieure  de  la  dent  (celle  dirigée  vers  la  bouche), 
el  se  termine,  à  son  extrémité  libre,  par  une  lame  chitineuse 
et  acérée.  De  plus,  elle  se  continue  jusqu'à  la  racine  dont 
elle  forme  une  des  branches.  La  pointe  latérale  posté- 
rieure, au  contraire,  est  constituée  par  une  lamelle  courbe, 
allant  se  lîxer  à  la  face  postérieure  de  la  dent  (celle  tournée 
vers  ta  bouche)  et  se  termine,  à  son  extrémité,  par  une  la- 
melle à  bord  libre  recourbé  et  portant  des  denliculalions 
très  pointues.  Entre  les  deux  extrémités  existe,  dressée  per- 
pendiculairement à  la  paroi  du  gésier,  une  masse  musculaire, 
à  bord  libre  courbe  et  chitineux,  jouant  le  rôle  de  dent 
accessoire  ou  de  support,  et  portant  de  nombreuses  soies 
cornées  sur  son  bord  tourné  vers  l'intestin.  Quant  aux  dents 
latérales  (V.  PI.  X,  (ig.  13),  elles  affectent  la  forme  de  luber- 


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134  L.   IMmOA». 

cules  coniques  et  chiUneux  à  leur  sommet  où  exisle  uoe 
pointe  légèrement  recourbée.  En  résumé,  nous  voyons  que 
l'appareil  masticateur  des  Grt/Uits  est  très  compliqué  et 
caractérisé  par  la  présence  de  six  colonnex  longitudinales  den- 
///■^rw  très  puissantes  (V.  PI.  XI,  fig.  7). 

Le  gésier  n'est  relié  à  l'intestin  moyen  que  par  le  prolon- 
gement de  ses  parois  musculaires  externes.  Quant  à  l'orifice 
postérieur,  il  est  muni  de  six  lobes  arrondis,  blancs  et  mus- 
culeux,  séparés  par  des  sillons  ou  gouttières  et  Taisant  suite 
aux  colonnes  masticatrices. 

Le  gésier  du  Gryllus  domesliais  est  à  peu  près  semblable 
au  précédent,  avec  cette  difTérence  que  la  dent  médiane 
porte  des  tubercules  latéraux  munis  de  lamelles  beaucoup 
plus  fortes  que  chez  le  Gr.  rampexin.\ .  Il  en  est  de  même  de 
la  pointe  médiane,  qui  est  beaucoup  plus  large  à  son  som- 
met et  munie  de  denticulalions  latérales. 

Chez  le  Nemobius,  le  gésier  est  muni  d'un  court  et  étroit 
pédoncule  antérieur  séparé  du  jabot  par  un  repli  circulaire 
externe  peu  profond,  correspondant  à  une  valvule  interne 
munie  de  six  replisdus  aux  prolongements  des  bandelettes 
du  col{V.Pl.X,fig.2).  La  face  interne  de  ce  dernier  présente 
six  longsbourrelelsmusculaires.dépourvusde  plages  sétigéres 
transversales,  contrairement  à  ce  qui  a  lieu  chez  le  Gryllus 
campestris.  Chaque  bourrelet  présente  une  série  de  striations 
transverses,  divisant  la  colonne  musculaire  en  un  nombre  de 
prismes  ou  denlicules  coniques,  variant  de  huit  à  dix,  dont 
la  surface  est  recouverte  d'une  mince  lamelle  chitineuse.  Les 
colonnes  dentifères  du  gésier  sont  analogues  à  celles  des 
Gryllus  ;  pourtant,  les  pointes  médianes  des  dents  centrales 
sont  plus  larges  et  munies  d'un  plus  grand  nombre  de  tu- 
bercules que  celles  de  l'espèce  précédente. 

Vinleslin  mot/en  des  Grylhix  (ventricule  chyliliquc  de  Du- 
four)  est  bien  développé  et  décrit  dans  l'abdomen  deux 
demi-circonvolutions,  dirigées  en  sens  contraire  et  afTeclant 
la  forme  d'un  S.  On  peut  le  diviser  en  deu.\  régions  nette- 
ment distinctes  par  leur  conformation  analomique  et  leur 


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APPAREIL   DtGESTlK    DE5i    OBTHOPTÈRES.  155 

structure  :  une  région  antérieure  en  rapport  avecle  gésier  et 
une  région  postérieure  communiquant  avec  l'inleslin  termi- 
nal. L'intestin  moyen  émet,  à  son  origine,  deux  volumineux 
appendices  latéraux,  sous  forme  de  poclies  allongées  eu  doigts 
de  gant,  terminés  en  cœcums  à  leur  extrémité  libre  (V.  PI.  XI, 
Tig.  11).  Leur  surface  externe  est  lisse,  mais  parcourue  par 
de  nombreux  faisceaux  trachéens.  De  la  face  interne  se  dé- 
tachent des  replis  latéraux  falciformes,  divisant  la  cavilé 
centrale  en  compartiments  incomplets.  Ces  appendices 
ipoches  ventriculaires  de  Durour)vont  s'ouvrir  dans  un  ves- 
tibule situéà  l'origine  de  l'intestin  moyen  et  limité,  en  arrière, 
par  une  valvule  courbe  marquant  le  point  où  vient  s'attacher 
la  portion  cylindrique  de  l'intestin  moyen (V.  PI.  XI,  fig.  11). 
Les  deux  cscums  intestinaux  qui  entourent  le  gésier  ne  sont 
nullement  comparables,  ainsi  que  le  prétend  L.  Dufour,  aux 
diverses  pièces  de  l'estomac  multiple  des  Ruminants,  au 
feuillet  et  à  la  caillette  entre  autres.  Il  n'y  a  nulle  compa- 
raison à  établir  entre  les  organes  de  certains  Mammifères  et 
ceux  des  Insectes,  et  les  deux  appendices  en  question  ne  sont 
que  dettx  dwerticules  latéraux  de  Pinteslin  moyen.  La  pre- 
mière partie  de  l'intestin,  d'une  longueur  de  9  à  tl  milli- 
mètres, présente,  dans  sa  structure  et  sa  configuration,  des 
caractères  qui  la  différencienl  nettement  de  la  portion  termi- 
nale. Ses  parois  sont  lisses  et  ne  portent,  tant  à  l'inté- 
rieur qu'à  l'extérieur,  ni  papilles  ni  plissements.  Elle  atîecte 
une  forme  cylindrique,  et  ses  dimensions  varient  suivant  son 
état  de  vacuité  ou  de  réplélion.  De  nombreux  tubes  tra- 
chéens vont  se  ramilier  à  sa  surface  et  la  maintiennent,  de 
la  sorte,  dans  une  position  fixe.  Enfin,  à  son  extrémité  ter- 
minale existe  un  léger  bourrelet  qui  la  sépare  de  la  seconde 
portion  de  l'intestin. 

La  deuxième  partie  de  Yinlestîn  moyen  présente,  par  sa 
forme  et  surtout  par  sa  structure,  des  caractères  que  nous 
n'avons  encore  rencontrés  chez  aucune  autre  espèce  d'Or- 
fhoptère.  Ses  parois  sont  beaucoup  plus  épaisses  que  celles 
de  la  portion  précédente  ;  elles  affectent  une  configuration 


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IbO  L.    BORDAS. 

irréguliëre  et  boursouflée  et  ofTrent  une  organisation  toute 
différente.  La  membrane  interne  présente,  sur  les  deux  cin- 
quièmes environ  de  sa  surface,  une  série  de  plis  tantôt  obli- 
ques et  tantôt  perpendiculaires  à  l'axe  longitudinal  de  l'or- 
gane. Sur  les  Irois  autres  cinquièmes,  elle  est  recouverte 
d'une  série  de  papilles  cylindriques,  à  sommet  émoussé  el 
disposées  d'une  façon  irrégulière  (V.  PI.  XI,  lig.  4).  Ces  pa~ 
pilles,  au  nombre  de  60  à  80,  affectent  quelque  ressem- 
blance avec  les  villosilés  de  l'intestin  des  Mammifères  el 
doivent  jouer  un  grand  rôle  dans  l'accomplissement  des 
fonctions  digestives.  Ëiies  sont  nettement  séparées  les  unes 
des  autres,  disposées  irrégulièrement,  peuvent  facllemenl  se 
détacher  de  la  membrane  adjacente  et  reposent,  par  leur  base 
élargie,  sur  la  paroi  interne  de  l'organe,  dans  de  petites  dé- 
pressions peu  profondes,  semblables  à  des  alvéoles.  Ces 
papilles  disparaissent  complètement  vers  la  portion  terminale 
de  l'intestin  moyen,  lequel  porte  en  ce  point  un  léger  bour- 
relet circulaire  marquant  sa  séparation  avec  l'intestin  ter- 
minal. Ce  bourrelet  présente  six  replis  longiludinaux,  jouant 
le  rôle  de  valvule,  et  séparés  par  un  nombre  égal  de  sillons 
parallèles. 

Les  cscums  intestinaux  des  Gr.  domesticus  sont  aplatis  et 
légèrement  concaves  sur  leur  face  interne.  La  seconde  par- 
lie  de  Vintestin  moyen  présente  une  série  de  boursouflures 
ressemblant  à  celles  du  gros  intestin  des  Vertébrés.  Les  pa- 
rois internes  sont  recouvertes  de  nombreuses  villosités  ana- 
logues &  celles  des  Gr.  campestris,  avec  cette  différence 
qu'elles  sont  moins  nombreuses  et  disséminées  sur  la  moitié 
seulement  de  la  face  interne.  Chez  le  Nemobius,  les  appen- 
dices intestinaux  sont  recourbés  en  arc  et  entourent  en  partie 
le  gésier.  La  cavité  interne  est  très  irrégulière  et  présente 
une  série  de  replis  longitudinaux  la  divisant  en  un  certain 
nombre  de  petits  compartiments  incomplets  (V.  PI.  X, 
(ig.  JO).  Ces  plissements  flexueux,  au  nombre  de  4  à  6,  se 
dressent  perpendiculairement  à  la  face  interne  de  chaque 
appendice,  se  dirigent  extérieurement  el  rappellent  assez 


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APPAREIL    DIGESTIF    DES    ORTHOPTÈRES.  157 

bien,  quand  ils  sont  légèremenl  comprimés,  l'apparence  des 
divers  feuillets  d'un  livre.  Vinteslin  moyen  comprend  deux 
portions  très  nettes  ;  une  antérieure,  lisse  et  cylindrique,  en 
rapport  avec  les  appendices  intestinaux,  et  une  postérieure, 
recourbée  en  demi-cercle.  Les  deux  parties  sont  séparées 
par  un  repli  circulaire  correspondant  à  une  valvule  annu- 
laire interne  (V.  PI.  X,  Hg.  â).  La  seconde  partie  de  l'organe 
est  pourvue  de  nombreuses  boursouflures  et  de  plissements 
disposés  perpendiculairement  à  l'axe.  Sa  paroi  interne  est 
garnie,  sur  la  moitié  environ  de  sa  surlace,  d'une  série  de 
villosilés  ou  papilles  en  doigts  de  ganl,  analogues  à  celles 
que  nous  allons  décrire  chez  les  Gryllolalpa. 

Les  tubes  de  Malpigki  de  tous  les  Cryllidee  vont  déboucher 
dans  un  canal  collecteur  commun  (V.  PI.  XI,  Ptg.  6).  Cette 
disposition  est  générale  dans  cette  famille,  et  nulle  part,  chez 
les  autres  Insectes,  ces  organes  n'affecleni  un  mode  d'em- 
bouchure aussi  net  et  aussi  caractéristique. 

Chez  les  Gryllus  campestris,  les  organes  urinaircs  sont  très 
nombreux  (100  à  \iO)  et  mesurent  chacun  de  9  à  12  milli- 
mètres de  longueur.  Ils  sont  cylindriques,  fl^-xueux  et  termi- 
nés, h  leur  extrémité  libre,  par  une  pointe  effilée,  h  sommet 
arrondi.  Leur  cavité  centrale  renferme  un  contenu  jaunfttre 
el  granuleux,  au  milieu  duquel  on  peu!  facilement  trouver 
en  abondance  des  cristaux  prismatiques  durate  de  chaux, 
tl'ttrate  de  soude  et  d'aride  urique.  Ces  lubfs  vont  s'ouvrir  dans 
un  réservoir  commun  assez  volumineux  qu'on  peut  compa- 
rer au  bassinet  de  l'appareil  rénal  des  Vertébrés  (V.  PI.  XI, 
fig.  6).  Le  réservoir  collecteur  est  à  parois  minces,  transpa- 
rentes et  &  contours  très  nets. 

Il  porte,  en  outre,  des  diverlicules  latéraux  qui  ne  laissent 
pas  de  présenter  quelque  analogie  avec  les  calices  de  l'appa- 
reil urinaire  des  animaux  supérieurs.  De  ce  réservoir  com- 
mun part  un  conduit  eiïérent  unique,  à  parois  musculaires, 
qu'on  peut  homologuer  à  l'uretère  des  Vertébrés.  Ce  con- 
duit, après  un  trajet  flexueux  de  12  à  1&  millimèlrcs,  va 
déboucher  à  l'extrémité  postérieure  de  l'inleslin  moyen, 


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158  li.  BORDAS. 

entre  ce  deraier  et  rintesUn  terminal.  L'excrétion  de  l'urine 
doit  être  intenu,  car  l'organe  forme,  dans  son  ensemble. 
une  énorme  touffe  de  tubes  qui  remplit  une  partie  de  la  ré- 
gion moyenne  de  Tabdomen  et  couvre  de  ses  filaments  la 
plus  grande  portion  de  l'intestin  moyen  et  du  gésier.  Quand 
l'organe  tout  entier  est  étalé  au  milieu  de  l'eau,  il  présente 
l'aspect  d'une  large  houppe  llabelli forme.  Les  organes  uri- 
naires  du  Gr.  domesticus  et  du  Nemoèias  /ti/lvextris  présentent 
à  peu  près  les  mêmes  caractères. 

Vinlestin  postérieur  est  relativement  court  [Gryltm)  et  dé- 
passe à  peine  le  tiers  de  la  longueur  de  l'inlestin  moyen,  il 
décrit  une  demi -circonvolution  et  porte,  sur  sa  face  interne. 
une  série  de  plissements  longitudinaux  très  irréguliers. 
L'organe  se  renfle  à  son  extrémité  postérieure  pour  consti- 
tuer une  poche  ovale,  le  rerium,  présentant  six  longues  co- 
lonnes, dues  à  un  énorme  épaississement  épithélial.  Au  centrt- 
de  ces  colonnes  existe  un  vasie  réseau  trachéen,  indiquant 
que  dans  celte  partie  de  l'appareil  digeslif  les  fonctions  res- 
piratoires doivent  élre  particulièrement  intenses.  L'intestin 
terminal  du  Nemnbkis  n'offre  rien  de  particulier. 

Deuxième  partie.  —  Brachytrypes  ou  Brapbylrypits  mem- 
branaf.eus  (Drury).  (V.  PI.  X,  lig.  12;  PI.  XI,  fig.  1,  3,  5,  8 
et  ii.) 

Va/ifMfeil  digestif  du  Brarhytrypu.s  inembranaceus  (1)  se 
rapproche,  par  bo|i  nombre  de  caraclères,  de  celui  de  la 
Gryllotnlpa.  Il  en  diffère  pourtant  par  l'atrophie  de  l'œso- 
phage, l'énorme  volume  du  jabot,  la  réduction  des  appen- 
<lices  intestinaux  et  surtout  par  la  longueur  et  les  circonvo- 
lutions de  l'intestin  moyen. 

Le  pharynx  est  court,  cylindrique  et  repose,  par  sa  face 
inférieure,  sur  une  lamelle  chitineuse,  concave  vers  le  haut, 
dirigée  en  avant  et  dépendant  de  la  région  postérieure  de 
la  tête.  Les  parois  de  l'organe  sont  épaisses  et  présentent 
intérieurement  une  série  de  six  à  huit  plis  longitudinaux, 

(1)  Pour  l'ensemble  de  l'appareil  ditjestif  du  ftrachytnjpus  membranaceus, 
V.  PI.  XI,  flg.  I. 


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APPAREIL   DIGESTIF    DES   ORTHOPTÈRES.  159 

séparés  par  des  bourrelets  parallèles  (V.  PI.  XI,  fig.  3).  Les 
faces  latérales  et  dorsales  du  pharynx  reçoivent  l'insertion 
d'un  grand  nombre  de  faisceaux  musculaires,  allant  se  Hxer 
sur  les  parois  postérieures  de  la  tèle. 

En  pénétrant  dans  le  premier  segment  thoracique,  l'or- 
gane change  brusquement  de  forme  et  de  calibre  :  ses  replis 
longitudinaux  internes  s'arrêtent  brusquement  et  produisent 
un  bourrelet  circulaire  auquel  fait  suite  Yœsophage.  Ce  der- 
nier est  1res  court  et  constitue  une  sorte  d'isthme  fort  étroit, 
unissant  le  pharynx  au  jabot. 

Lejaèoi  des  Brachytrypwi  est  très  volumineux  et  constitue 
un  organe  allongé,  cylindrique  à  son  origine,  puis  dilaté 
dans  la  suile  et  afîectant  alors  la  forme  d'un  tronc  de  cône. 
Il  commence  dans  le  quart  antérieur  du  prothorax  et  s'étend 
jusqu'au  premier  segment  abdominal.  Situé  dans  l'axe  du 
thorax,  au-dessus  du  système  nerveux,  il  est  recouvert,  à  sa 
face  supérieure,  par  une  épaisse  couche  de  lissu  adipeux  et 
des  fibrilles  musculaires.  Au  contact  des  parois  latérales,  sont 
de  gros  faisceaux  de  muscles  destinés  à  mouvoir  des  ailes 
puissantes  et  des  pattes  de  dimensions  énormes  (la  der- 
nière surtout).  Les  parois  du  jabot  sont  minces,  transpa- 
rentes, très  élastiques  et  constituées  par  deux  couches  mus- 
culaires dont  l'interne  est  la  plus  épaisse.  Ses  parois  sont 
lisses  extérieurement  et  recouvertes  â  l'intérieur  par  une 
membrane  chitineuse  pourvue  de  stries  longitudinales.  La 
portion  terminale  du  jabot  se  rétrécit  brusquement  et  s'unit 
au  gésier  par  un  étroit  pédoncule  qu'on  peut  considérer 
comme  une  dépendance  de  ce  dernier. 

Le  gésier,  qui  est  situé  dans  l'axe  des  deux  premiers  seg- 
ments abdominaux,  présente  de  grandes  analogies  avec 
celui  de  la  Gryllotalpa.  Il  est  légèrement  incliné  sur  le 
plan  de  symétrie  du  corps  de  l'insecte  et  affecte  une  forme 
ovoïde  1res  régulière.  En  avant,  il  se  continue  par  un  court 
appendice  tubuleux  qui  le  rattache  au  jabot.  Le  pédicule 
antérieur  est  muni,  à  son  origine,  d'un  oritice  étoile  à  six 
branches  séparées  par  autant  de  valves  qui,  en  s'appliquant 


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160  1^.  HomoAS. 

l'une  contre  l'aulre,  t'erment  hermétiquement  l'oriBce.  Des 
muscles  latéraux  efTectuent  le  redressement  des  valves  pour 
permettre  le  passage  des  aliments  du  jabot  dans  le  gésier. 
A  partir  de  rorilice,  on  voit  apparaître  six  bandelettes  longi- 
tudinales, striées  transversalement  et  affectant  de  la  sorte 
l'apparence  d'une  scie.  Ces  bandelettes  acquièrent  dans  le 
gésier  proprement  dit  une  structure  très  compliquée.  La 
partie  centrale  de  l'organe  mérite  de  nous  arrêter  un  ins- 
tant, tant  à  cause  de  son  importance  que  de  sa  complication 
anatomique.  Sa  forme  est  celle  d'un  ellipsoïde,  à  grand  axe 
dirigé  d'avanl  en  arrière,  dont  la  paroi  interne  est  recou- 
verte d'une  armature  chilineuse  très  compliquée,  et  que 
nous  n'avons  trouvée  nulle  part  chez,  les  autres  Orthoptères, 
sauf  chez  la  Courtilière,  aussi  complète  et  aussi  propre  à 
efTectuer  la  trituration  des  ahmenis.  En  outre,  la  dispo- 
sition symétrique  des  faisceaux  masticateurs  par  rapport  à 
l'axe  de  l'organe,  la  façon  élégante  dont  ils  sont  découpés, 
les  fines  dentelures  latérales  qu'ils  présentent,  en  font  un  des 
appareils  les  plus  curieux  et  les  plus  intéressants  à  étu- 
dier. 

A  la  suite  du  court  pédoncule  antérieur  qui  fixe  le  gésier 
au  jabot,  on  observe  une  brusque  dilatation  circulaire  sur- 
montée par  le  rebord  que  produit  le  pédoncule  (V.  PI.  XI, 
fig.  \).  On  arrive  alors  dans  la  cavité  centrale,  irrégulière  à 
l'état  normal,  mais  dolioliforme  quand  elle  est  débarrassée 
de  son  armature  cliifineuse.  Cette  dernière  comprend  six 
longues  séries  longitudinales  de  dents  étroitement  imbri- 
quées entre  elles.  Chaque  série  est  séparée  de  sa  voisine  par 
une  mince  lamelle  chilineuse  parcourant  l'oi-gane  dans  toute 
sa  longueur.  Comme  toutes  les  séries  de  dents  sont  iden- 
tiques, nous  allons  borner  notre  étude  à  la  description  de 
l'une  d'elles. 

Chaque  groupe  ou  série  longitudinale,  de  forme  triangu- 
laire, allongée,  élargie  antérieurement  et  rétrécie  en  arrière, 
est  formée  par  un  grand  nombre  de  dents  juxtaposées  entre 
elles.  On  distingue  deux  sortes  de  dents  disposées  en  trois 


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APPAREIL   DIGESTIF'    DES    ORTHOPTÈRES.  161 

rangi^es  longitudinales  et  parallèles  :  une  rangée  médiane,  la 
plus  large  et  de  beaucoup  la  plus  importante,  et  deux  ran- 
gées latérales,  dont  les  faces  internes  sont  en  partie  recou- 
vertes par  la  série  médiane  et  comprennent  des  dents  de 
même  forme. 

Les  dents  de  la  file  médiane  sont  larges,  fortes,  résis- 
tantes,  chitineuses,  légèrement  inclinées  et  à  pointe  dirigée 
en  arrière,  c'est-à-dire  vers  l'orifice  intestinal  (V.  PI.  XI, 
fig.  5,  8  et  12).  Elles  commencent  immédiatement  en  ar- 
rière du  rebord  qui  fait  suite  au  pédoncule  et  s'étendent 
jusqu'à  l'extrémité  postérieure  réirécie  du  gésier.  Le  nom- 
bre des  dents  médianes  que  renferme  chacune  des  séries 
longitudinales  varie  de  seize  à  dix-huit.  Chaque  dent,  à  ra- 
cine double  et  à  pointe  tricuspide,  est  profondément  enfon- 
cée dans  un  treillis  alvéolaire  reposant  sur  la  couche 
musculaire  externe.  La  racine  a  uue  direction  presque 
horizontale  et  présente  deux  prolongements  chitineux  laté- 
raux, obliquement  implantés  dans  les  parois  du  gésier  et 
réunis  entre  eux  par  de  nombreux  faisceaux  musculaires. 
Chaque  racine  est  recouverte  par  la  suivante  et  présente, 
de  la  sorte,  un  remarquable  degré  de  solidité.  La  cou- 
ronne ou  parlie  libre  de  la  dent  chitineuse  est  inclinée  à 
angle  obtus  sur  la  racine  et  comprend  trois  pointes,  une 
médiane  et  deux  latérales.  La  pointe  médiane,  tout  entière 
de  nature  chitineuse,  est  dure,  résistante,  de  forme  trian- 
gulaire et  porte,  sur  ses  bords  latéraux,  une  série  de  3 
a  6  dcnticutations  disposées  comme  les  dents  d'une  scie. 
Celte  partie  médiane  est  légèrement  recourbée  en  arrière, 
c'est-à-dire  vers  l'orifice  intestinal  et  recouvre  en  parlie, 
sans  toutefois  s'appliquer  sur  elle,  la  portion  correspon- 
dante de  la  dent  suivante.  Chaque  rangée  ou  série  médiane 
se  prolonge  par  un  appendice  musculaire,  cunéiforme, 
aminci  et  terminé  en  pointe  libre  h  son  extrémité  posté- 
rieure. Son  bord  anlérïi'ur,  irrégulier  et  presque  tranchant, 
s'avance  jusque  vers  l'oritice  commun  au  gésier  et  à  l'in- 
testin. L'ensemble  des  six  appendices  cornéo-lamelleux  con- 

ANK.    se    NAT.   ZOOL.  T,    11 


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162  L.  B^nDAB. 

stitue  une  valvule  conique  qui  pénètre  dans  l'axe  de  l'exlré- 
mité  antérieure  de  l'inlestin  moyen. 

Quant  aux  appendices  latéraux  des  dents  centrales,  ils 
sont  au  nombre  de  deux,  Tua  situé  en  arrière  et  l'autre  en 
avant  de  la  pointe  médiane  antérieure  que  nous  venons  de 
décrire.  Le  tubercule  chitineux  postérieur  est  de  beaucoup 
le  plus  puissant;  il  a  la  forme  d'une  lame  d'abord  aplatie 
et  appliquée  contre  la  face  dorsale  ou  externe  de  la  racine 
de  la  dent  ;  mais,  arrivé  sur  le  bord  externe  de  celle  der- 
nière, il  se  dilate,  se  recourbe  en  forme  de  demi-cornet  et 
émet  deux  pointes  acérées  et  séparées  l'une  de  l'autre  par 
une  échancrure  demi-circulaire.  Le  tubercule  ou  appen- 
dice antérieur  est  beaucoup  moins  volumineux  que  le  pré- 
cédent. Il  se  compose  uniquement  d'une  lamelle  chitineusc 
aplatie  obliquement  et  détachée  du  bord  latéral  de  la  racine 
de  la  denl  à  peu  près  vers  l'origine  de  la  pointe  médiane. 
Son  bord  antérieur  est  tranchant  et  se  termine  en  pointe 
dirigée  vers  un  tubercule  de  la  lamelle  postérieure. 

Le  bord  libre  des  deux  appendices  latéraux  que  nous 
venons  de  décrire  enveloppe  un  tubercule  conique,  recou- 
vert à  son  sommet  par  une  membrane  chilineuse,  mais 
fflusculeux  vers  sa  région  centrale  et  Hxé  aux  parois  laté- 
rales du  gésier.  Ce  tubercule  peut  être  considéré  comme 
une  denl  accessoire,  jouant  un  certain  râle  dans  l'acte  de 
la  mastication,  attendu  que  son  extrémité  libre  se  termine 
en  pointe  et  porte  une  série  de  soies  courtes  et  raides, 
disposées  en  cercle  autour  du  sommet.  Parfois  le  cercle 
est  incomplet,  et  la  louiïe  des  soies  chilineuses  est  simple- 
ment disposée  en  arc.  Un  sillon  longitudinal  profond  sé- 
pare la  rangée  des  dents  médianes  des  dents  latérales.  Ce 
sillon  est  purement  virtuel  quand  le  gésier  est  à  l'état  de 
repos,  attendu  qu'il  est  alors  recouvert  par  la  rangée 
médiane. 

Les  dents  des  séries  latérales  (V.  PI.  X,  fig.  12),  recou- 
vertes sur  leur  face  interne  par  celles  de  la  colonne  cen- 
trale, affectent  la  forme  d'un  tronc  de  prisme  triangulaire, 


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APPAREIL   DIGESTIF    DES   ORTHOPTÈRES.  463 

reposant,  par  sa  base  élargie,  sur  la  paroi  înlcrno  du 
gi!'sicr.  Elles  présenlent  à  considérer  deux  faces,  l'une  in- 
terne el  l'aulre  externe.  Cette  dernière  est  oblique,  lisse, 
régulière  et  dirigée  vers  la  lamelle  longitudinale  chitincuse 
qui  sépare  chaque  série  de  denticulations.  Une  mince  mem- 
brane cornée  et  triangulaire  la  recouvre  en  partie.  La  face 
interne,  moins  oblique  que  la  précédente,  a  une  direction 
presque  peipendiculaire;  elle  est  légèrement  concave  et 
irréguliëre  vers  sa  base.  Le  sommet  de  la  dent  porte  deux 
pointes,  dont  l'une  large,  aplatie  d'avant  en  arrière,  si- 
nueuse, est  recouverte  d'une  couche  de  chitine.  La  seconde 
pointe,  beaucoup  plus  petite  que  la  première,  est  mousse 
el  porte  de  petits  appendices  courts,  ressemblant  à  des  bâ- 
tonnets cornés.  Les  cinq  autres  colonnes  dentifères  de  l'ar- 
mature interne  du  gésier  sont  morphologiquement  identiques 
à  celle  que  nous  venons  de  décrire. 

L'oriBce  compris  entre  l'intestin  moyen  et  le  gésier  est 
irrégulier,  étoile  et  fermé,  à  l'état  de  repos,  par  le  rappro- 
chement des  six  valvules  formées  par  les  appendices  lamel- 
leux  dont  nous  avons  déjà  parlé  et  qui  ne  sont  que  la 
continuation  de  la  rangée  médiane  de  chaque  colonne  lon- 
gitudinale. 

Après  le  gésier  vient  une  sorte  de  vestibule  intestinal, 
court  et  cyhndrique,  sur  les  faces  latérales  duquel  s'ou- 
vrent deux  appendices  inleslinau.r,  assez  semblables  k  ceux 
des  Grylloialpa,  mais  en  différant  cependant  par  leur  vo~ 
lume,  leur  hauteur  moins  considérable  et  leur  forme  légè- 
rement aplatie.  Ces  appendices  ou  cxcums  se  terminent, 
à  leur  extrémité  supérieure,  par  une  pointe  mousse.  Us 
sont  légèrement  recourbés  en  arc  et  embrassent  la  pres- 
que totalité  du  gésier,  sauf  sa  partie  antérieure.  Leur  face 
interne  est  légèrement  concave  et  l'externe  présente  une 
convexité  très  apparente.  De  plus,  on  constate,  vers  l'extré- 
mité inférieure  de  l'appendice  droit,  la  présence  de  deux 
diverlicules  hémisphériques  très  courts.  Ces  évaginations 
latérales,  généralement  paires,  sont  tout  h  fait  constantes  : 


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164 

je  les  ai  toujours  rencontrées  chez  plusieurs  échantillons 
soumis  à  mon  examen.  Partout,  elles  m'ont  apparu  sous  la 
Torme  de  deux  petites  proéminences  cylindro-coniques,  1res 
courtes,  de  structure  analogue  à  celle  de  l'appendice  dont 
elles  dépendent.  Dans  quelques  cas,  les  deux  appendices 
cscaux  sont  pourvus  chacun  d'un  petit  diverticule  posté- 
rieur (V.  Pi.  XI,  fig.  I).  Un  peu  au-dessous  des  orifices  des 
deux  cœcums  intestinaux,  on  constate  la  présence  d'une  val- 
vule circulaire,  peu  apparente,  produite  par  un  repli  interne 
de  la  paroi  intestinale. 

Le  reste  de  l'intestin  Faisant  suite  au  gésier  est  égal,  quand 
il  est  complètement  développé,  à  une  fois  et  quart  la  lon- 
gueur totale  du  corps  de  l'insecte. 

L'intestin  mot/en  du  Brachylrypiis  est  un  tube  cylindri- 
que, présentant,  de  distance  en  distance,  de  nombreuses 
boursouflures.  Il  décrit  trois  circonvolutions  et  reçoit,  à 
son  extrémité  postérieure,  le  canal  excréteur  impair  des 
tubes  de  Malpighi.  Les  organes  urinaires  sont  composés 
de  100  à  120  filaments  très  ténus,  enchevêtrés  entre  eux, 
mais  pouvant  facilement  s'étaler  en  un  faisceau  élargi  et 
montrer  ainsi  leur  mode  d'embouchure.  Ils  vont  s'ouvrir, 
en  effet,  dans  un  réservoir  commun  situé  h  l'exlrémilé 
antérieure  d'un  conduit  collecteur  unique.  Ce  dernier  est 
cylindrique  et  allongé;  il  mesure,  chez  certaines  espèces, 
jusqu'à  i  centimètre  ou  1",50  de  longueur  et  va  s'ouvrir, 
après  un  trajet  flexueux,  vers  l'extrémité  postérieure  de 
l'intestin  moyen. 

Vinlestin  terminal  est  &  peu  près  égal  au  quart  de  la 
longueur  du  précédent.  Il  affecte  une  forme  cylindrique  et 
est  parcouru  transversalement  par  une  série  de  stries  cir- 
culaires séparées  par  des  bourrelets  parallèles.  Le  tube  se 
renfle,  k  son  extrémité  terminale,  et  forme  un  organe  ovoïde, 
constituant  le  rectum.  Ce  dernier  se  termine  par  un  prolon- 
gement tubuleux  très  court,  s'ouvrant  à  l'orifice  anal  situé 
au-dessus  du  pore  génital. 


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APPAREIL   DIGRST[P   DES   ORTHOPTÈRES.  165 

Troisième  partie.  —  Gryltotalpa  milgaris  (Latr.)  (V. 
PI.  XI.  fig.  9,  el  PI.  XII  tout  onlière). 

Vappareil  digestif  de  la  Gryllotalpa  vulgaris  a  été  suc- 
cessivement décrit  par  Marcel  de  Serres  (1813)  et  Léon 
Dufour  (1834);  et,  si  nous  reprenons  aujourd'hui  cftle 
élude,  c'est  afin  :  1°  de  faire  un  rapprochement  entre  l'ap- 
pareil de  cet  Insecte  et  celui  des  autres  Gryllidx  ;  t°  d'ajou- 
ter de  nombreux  el  de  nouveaux  délails  anatomiques  com- 
plémentaires, et  3°  de  décrire  sa  structure  hislologique. 
Dans  la  description  qui  va  suivre,  nous  serons  très  bref  et 
nous  nous  contenterons  de  mettre  en  relief  les  faits  nou- 
veaux, tout  en  faisant  les  rapprochements  nécessaires  pour 
montrer  l'unité  du  plan  de  composition  du  tube  digestif  chez 
toutes  les  Gryllidse. 

Les  glandes  salivaires  de  la  Gryllotalpa  sont  uniquement 
localisées  dans  le  thorax  el  composées  de  deux  paires  de 
grappps.  Elles  comprennent,  en  outre,  deux  longs  conduits 
excréteurs  et  deux  réservoirs  salivaires  situés,  d'une  part, 
entre  les  deux  conduits  efférents,  et  de  l'autre,  entre  les 
grappes  sécrétrices.  Quant  aux  massifs  glandulaires,  ils  sont 
situés,  le  postérieur,  dans  la  région  médiane  du  métatho- 
rax,  et  l'antérieur,  dans  le  mésothorax  el  le  quart  posté- 
rieur du  proUiorax. 

Les  grappes  métal horaciques  sont  de  beaucoup  les  plus 
volumineuses  du  système  et  séparées  l'une  de  l'autre  par 
l'œsophage  cl  la  partie  antérieure  du  jabot.  Leur  forme 
est  légèrement  ovale,  à  grand  axe  antéro-postérieur  et  à 
face  interne  régulière  et  concave.  La  glande  est  composée 
d'une  série  de  canalicules  el  d'acini  sphériques  ou  ovoïdes, 
pourvus  de  deux  enveloppes  supportant  l'épithélium  sécré- 
teur. Ce  dernier  limite  une  cavité  centrale  qui  se  continue 
avec  la  lumière  interne  des  canalicules  efTéreDls.  Les  grap- 
pes mésothoraciques  ont  un  volume  à  peine  égal  à  la  moi- 
tié de  celui  des  précédentes.  Elles  sont  lanlôl  allongées, 
tantôt  rectangulaires  ou  réniformes  et  aplaties  verticale- 
ment. Les  réservoirs  salivaires  ont  la  forme  de  deux  sacs 


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166  L.  BOKDAS. 

allongés,  peu  sinueux,  plissés  et  aplalis  à  l'élal  de  vacuité, 
mais  régulièremenl  cylindriques  et  terminés  par  une  pointe 
conique  à  l'état  de  réplétion.  Leurs  parois  sont  transpa- 
rentes et  présentent  h  peu  près  la  même  structure  que  celle 
des  conduits  excréteurs.  Ces  derniers  sont  cylindriques, 
très  longs,  flexiieux  et  parfois  plissés  transversalement. 
Ils  cheminent  parallèlement  à  l'œsophage,  au-dessus  d»'s 
conoeclifs  nerveux.  Arrivés  dans  la  région  antérieure 
céphalique,  ils  passent  au-dessous  des  ganglions  sous-œso- 
phagiens, convergent  l'un  vers  l'autre  et  se  fusionnent  en 
un  conduit  unique  aplati,  très  court,  qui  s'ouvre  en  avant 
de  la  bouche,  à  la  base  et  un  peu  en  arrière  de  la  lèvre 
inférieure. 

Le  pharynx  (1)  est  court,  aplati,  à  parois  épaisses  et  à 
face  interne  munie  de  plissements  longitudinaux.  Il  est  rat- 
taché aux  parois  thoraciques  par  de  nombreux  faisceaux 
musculaires. 

h'cEsophage  présente  la  forme  d'un  tube  droit,  cylindrique, 
plus  ou  moins  plissé  extérieurement  suivant  son  étal  de  va- 
cuité ou  de  réplétion,  et  traversant  le  thorax  au-dessus  de  la 
chaîne  nerveuse.  Sa  portion  médiane  est  recouverte,  en  par- 
tie, par  les  grappes  salivaires  et  par  là  même  se  trouve  en 
contact,  sur  une  portion  de  son  étendue,  avec  les  deux  réser- 
voirs glandulaires.  Clie/  la  plupart  des  Gryllid%,  nous  avons 
constaté  l'existence  d'un  «nsoplinge  généralement  court  et  se 
continuant,  sans  ligne  de  démarcation  bien  nette,  avec  le  ja- 
bot. Or,  l'inverse  a  lieu  chez  la  Gryllolalpa  et,  contrairement 
à  l'opinion  de  Dufour,  la  séparation  entre  le  jabot  et  l'œso- 
phage est  des  plus  nettes,  el  l'orifice  antérieur  du  premier 
organe  est  muni  d'une  valvule  1res  apparenic.  L'extrémilé 
postérieure  de  l'œsophage  se  rétrécit  peu  h.  peu  et  porte 
intérieurement  une  série  de  plissements  longitudinaux,  pen- 
dant qu'à  l'extrémité  postérieure  existe  un  rebord  annulaire 
marquant  sa  ligne  de  séparation  avec  le  jabot.  Au  repli  cir- 

(i)  Pour  l'ensemble  de  l'appareil  digestif  de  la  Gryllolalpa  vu(gari%. 
V.  PI.  XII,  fig.  1. 


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APPAREIL   DIGESTIF   DBS   ORTHOPTÈRES.  167 

culaire  correspond  intérieiirement  un  bourrelet  annulaire 
irrégulier,  portant  des  bosselures  jouant  le  rôle  de  valvules. 
Ces  dernières  peuvent  être  considérées  comme  l'extrémité 
postérieure  des  plissements  loDgitudinaux  du  jabot.  De  cet 
anneau  valvulatre  partent,  en  rayonnant  de  l'orifice  comme 
d'un  centre,  un  certain  nombre  de  replis  qui  ne  tardent  pas 
&  disparaître  sur  les  parois  internes  du  jabot  (V.  Pi.  XII, 
fig.3). 

Le  jabot  affecte  la  forme  d'une  grande  poche  ovoïde,  pla- 
cée sur  le  côté  de  l'œsophage,  puisque  ce  dernier  vient  se 
fixer  à  l'une  de  ses  extrémités.  Ses  parois  sont  minces,  lisses 
extérieurement  et  transparentes.  Son  orifice  postérieur  est 
situé  à  peu  de  distance  de  l'orifice  œsophagien  et  du  même 
côté  que  ce  dernier.  Il  occupe,  une  profonde  dépression  de  la 
face  latéro-inférieure  du  jabot.  Le  rebord  inférieur  de  la 
dépression  est  surélevé,  irrégulier,  cratériforme  et  constitue 
un  bourrelet,  disposé  en  arc,  dont  les  branches  vont  s'alté- 
nuant  pour  disparaître  complètement  vers  la  face  supérieure 
de  la  dépression  (V.  PI.  XII,  fig.  1  et  3).  Des  bords  de  ce 
bourrelet  partent  une  ?érie  de  replis  irréguliers  qui  s'amin- 
cissent et  se  divisent  peu  à  peu  pour  former,  vers  la  face  in- 
férieure de  l'organe,  une  série  de  stries  très  fines,  disposées 
en  faisceau.  Le  reste  de  la  paroi  interne  du  jabot  est  égale- 
ment parcouru  par  de  légères  striations  transversales.  En 
résumé,  ce  qui  caractérise  le  jabot  de  la  Gryllotalpa  et  le  dis- 
tingue de  celui  des  autres  Oryllidœ,  c'est  sa  position  excen- 
trique par  rapport  à  l'axe  du  tube  digestif  et  le  mode  d'in- 
sertion latérale  de  l'œsophage  et  du  col  ou  pédoncule 
antérieur  du  gésier. 

Comme  chez  toutes  les  Gryllid^,  le  gésier  constitue,  chez 
la  Grylloial/ta,  une  des  pièces  les  plus  importantes  de  l'ap- 
pareil digestif.  Il  affecte  une  forme  ovoïde  ou  légèrement 
spbéroldale,  à  parois  musculaires  très  épaisses.  Un  col  ou 
pédoncule  antérieur  le  rattache  au  jabot.  Ce  col,  lubuteux  et 
cylindrique,  est  muni  de  six  bandelettes  longitudinales  très 
apparentes  h  l'origine,  près  de  l'orifice  postérieur  du  jabot, 


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168  li.  BomDAii. 

Elles  vont  peu  à  peu  en  diminuant  pour  s'élever  de  nouveau 
&  mesure  qu'on  se  rapproche  du  gésier.  Sur  leur  parcours, 
on  observe,  de  distance  en  dislance,  de  légers  renflemeols 
coniques,  portant  à  leur  surface  de  nombreuses  pointes 
chitineuses  et  acérées,  sortes  de  piquants  à  extrémilé 
dirigée  en  arrière.  Ces  reoflements,  vus  à  un  Taible  grossis- 
sement microscopique,  simulent  une  production  dentaire. 
Les  bourrelets  musculaires  longitudinaux  et  irréguliers  de- 
viennent, h  partir  du  milieu  du  col,  de  plus  en  plus  appa- 
rents et  portent,  vers  leur  partie  terminale,  de  trois  à  cinq 
petits  tubercules  hémisphériques,  chitineux  à  leur  sommet, 
qu'on  peut  considérer  comme  le  premier  terme  de  l'appareil 
masticateur  (V.  PI.  XK,  fig.  2).  Enfin,  le  pédoncule  se  ter- 
mine par  un  rebord  circulaire  portant  six  petits  bourrelets 
bruns  et  chitineux,  constituant,  de  la  sorte,  une  valvule  an- 
nulaire, à  la  suite  de  laquelle  se  trouve  la  cavité  du  gésier  pro- 
prement dit.  Les  parois  externes  de  ce  dernier  sont  lisses. 
Mais,  ce  qui  fait  surtout  du  gésier  un  organe  de  première 
importance,  c'est  son  armature  masticatrice  interne. 

Cette  armature  est  composée  d'une  série  de  dents  chiti- 
neuses mobiles  et  disposées,  comme  chez  les  autres  Gryl- 
lidie,  en  six  colonnes  longitudinales,  séparées  par  de  pro- 
fonds sillons,  au  fond  desquels  existe  une  lamelle  cornée, 
formée  de  deux  pièces  soudées  entre  elles.  Chaque  colonne 
masticatrice  (I)  comprend  trois  rangées  de  dents,  une  mé- 
diane el  deux  latérales,  séparées  par  deux  dépressions  pa- 
rallèles très  apparentes  quand  on  exerce  sur  l'organe  une 
traction  transversale.  L'armature  tout  entière,  par  sa  dispo- 
sition, le  nombre,  la  forme  et  la  puissance  de  ses  dents,  doit 
constituer  un  organe  de  première  importance  pour  la  mas- 
tication (V.  PI.  XII,  (ig.  2). 

Les  dents  de  la  rangée  médiane  sont  bien  plus  fortes  et 
différemment  conformées  que  celles  des  autres  Gryllidœ. 

(1)  Pour  avoir  une  idée  exacte  de  la  structure  d'une  des  six  colonnes 
longitudinales  de  l'armature  cbitineuse  interne  du  gésier  de  la  (i>T/llo{al}>a 
luli/arit,  V.  PI.  XII,  flg.  2. 


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APPAREIL   DIGESTIF    DES    ORTHOPTÈRES.  169 

Biles  possèdent  une  racine  double,  dirigée  obliquement  par 
rapport  aux  parois  de  l'organe  et  trois  tubercules  (V.  PI.  XII, 
fig.  6  et  7).  Le  tubercule  médian  a  la  Forme  d'une  palette  fi 
bord  tranchant  dirigé  en  arrière,  à  surface  supérieure  rec- 
tangulaire, légèrement  concave  et  portant  latéralement  deux 
cornes  denticuiées  à  leur  sommet.  Vue  par  sa  face  supé- 
rieure, la  partie  centrale  de  la  dent  médiane  présente  i'as- 
pecl  de  ce  petit  oulil  tranchant,  à  deux  poignées,  dont  se 
servent  les  charrons  et  tes  tonneliers  pour  polir  le  bois  et 
qu'ils  désignent  sous  le  nom  de  plane.  Le  tubercule  médian 
correspond  bien  à  la  lame  tranchante,  tandis  que  tes  tuber- 
cules latéraux  de  la  dent  sont  assez  exactement  représentés 
par  les  deux  poignées  de  l'instrument  (V.  PI.  XII,  lig.  7). 

La  forme  des  dénis  médianes  est  si  caractéristique  et  si  cons- 
tante chez  chaque  individu  que  leur  examen  attentif  peut  per- 
mettre au  zoologiste  de  déterminer  avec  exactitude  Cesphe  de 
Gryllidœ  à  laquelle  il  a  affaire.  Ce  moyen  de  diagnostic  est 
aussi  sur  que  celui  tiré  des  caractères  de  la  morphologie  externe. 
En  etTel,  tandis  que  chez  toutes  les  autres  espèces  que  nous 
avons  étudiées,  Gryllus,  Nemobius,  Brachytrypus,  etc.,  le 
tubercule  médian  est  triangulaire,  acuminé,  denliculé  laté- 
ralement et  recourbé  en  arrière,  chez  la  Gryllotalpa,  il  est 
rectangulaire,  tranchant,  recourbé  en  arrière  et  muni,  de 
part  et  d'autre,  de  deux  tubercules  &  bords  dentelés.  Celte 
simple  considération  nous  montre  toute  l'importance,  au 
point  de  vue  de  la  classification,  du  gésier  et  de  sa  puis* 
sanle  armature  chitineuse  interne. 

Les  dents  médianes  de  chacune  des  six  colonnes  étant 
toutes  semblables,  il  va  nous  suffire  de  décrire  l'une  d'elles 
et  d'appliquer  à  l'ensemble  les  résultats  de  notre  étude.  Dans 
la  description  qui  va  suivre,  nous  allons  parler  successive- 
ment du  tubercule  médian,  des  tubercules  latéraux  et  des 
denticules  adhérant  à  ces  derniers. 

Le  tubercule  médian  présente  une  forme  rectangulaire 
terminée  par  deux  appendices  latéraux.  Sa  face  supérieure 
est  concave  de  droite  à  gauche  et  d'avant  en  arrière,  pré- 


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170  11.   BORDAS. 

sentant,  delà  sorte,  nne  dépression  en  forme  de  selle.  Son 
bord  antérieur  est  tranchant,  arqué  et  recourbé  en  arrière, 
vers  l'oriOce  postérieur  du  gésier  (V.  l'I.  XII,  fig.  2,  (i  et  7). 
La  face  inférieure  est,  conime  la  supérieure,  légèrement 
creuse,  à  concavité  dirigée  vers  le  bas.  De  chaque  côté  et  en 
avant  existent  deux  appendices,  prolongements  du  bord  an- 
térieur, portant  à  leur  sommet  trois  ou  quatre  fines  denticu- 
lations.  De  chaque  côté  du  tubercule  médian  existe  un  second 
tubercule  ou  appendice  latéral,  recourbé  en  arc,  pourvu 
d'un  mince  pédicule  à  sa  base,  mais  large  à  son  sommet  et 
denticulé  tout  le  long  de  son  bord  terminal  libre,  de  forme 
triangulaire.  L'espace  limité  par  le  rebord  triangulaire  et 
excavé  porte,  de  même,  de  nombreux  petits  tubercules 
arrondis  ou  légèrement  acuminés  à  leur  sommet.  Enfin, 
de  chaque  côté  de  la  dent  médiane  et  faisant  corps  avec 
elle,  existe  une  dent  accessoire,  à  base  musculaire  et  à 
sommet  compris  entre  le  tubercule  latéral  cbitineux  dont 
nous  venons  de  parler  et  les  pointes  latérales  de  la  lame 
médiane.  Le  sommet,  légèrement  émoussé,  présente  en  son 
milieu  une  faible  dépression  oblique,  bordée  par  un  bourre- 
let arrondi.  Ce  dernier,  disposé  en  forme  de  fer  à  cheval, 
légèrement  surélevé,  est  recouvert,  sur  tout  sou  pourtour,  de 
nombreuses  soies  chitineuses.  Le  nombre  des  dents  médianes 
varie  de  quinze  à  dix-sept;  il  est  liabituellement  de  seize. 

Les  dentx  latérales  (V.  PI.  XI,  fig.  9)  sont  en  même  nombre 
(15-17)  que  les  dents  médianes.  Elles  affectent  la  forme  de 
tubercules  pyramidaux,  à  sommet  émoussé  et  recouvert  de 
fines  soies  chitineuseS'.  La  face  externe  de  chacune  d'elles, 
inclinée  obliquement  par  rapport  aux  parois  du  gésier, 
est  presque  plane  et  se  termine  par  une  sorte  de  tuber- 
cule de  forme  spbérique,  portant  des  soies  sur  tout  son 
pourtour.  La  face  interne  est  légèrement  oblique  par  rapport 
aux  parois  du  gésier  et  présente,  vers  son  sommet,  une  lé- 
gère excavation  bordée  de  soies  chitineuses.  Elle  porte,  vers 
sa  partie  médiane,  une  lamelle  chitineuse  disposée  en  forme 
de  Y.  Quant  à  la  portion  terminale,  elle  est  légèrement 


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APPAREIL    DIGESTIF    DES    ORTHOPTÈRES.  171 

■  arrondie  ou  munie  d'une  pointe  mousse  dirigée  vers  l'orifice 
inli'slinal;  de  plus,  on  constale  encore  la  présence,  d'une 
dé)iression  Iriangulaiie  peu  profonde  donnant,  au  premier 
abord,  l'apparence  d'une  double  dent. 

La  profonde  dépression  comprise  entre  deux  colonnes  de 
l'ftrmalure  loge,  dans  sa  profondeur,  une  longue  baguette 
chilineuse,  ovoïde  à  ses  deux  bouls,  rectangulaire  dans  sa 
partie  médiane  et  munie  latéralement  de  deux  liges  jaunâtres 
dues  h  des  épaississemenls  cliilineu\  séparés  par  un  espace 
beaucoup  plus  clair,  faisant  paraître  la  lamelle  comme  for- 
mée par  deux  lames  cliitineuses  accolées  par  leur  face 
interne.  La  cavité  centrale  de  cette  lige  est  remplie  par  un 
faisceau  musculaire  longitudinal.  En  enlevant  la  tige,  on  par- 
vient à  laisser  en  place  le  filet  musculaire  et  on  a  alors  une 
sorte  de  demi-cylindre  creux  à  l'intérieur. 

La  presque  totalité  des  colonnes  dentifères  que  nous  venons 
de  décrire  se  prolongent,  dans  l'axe  de  la  partie  antérieure 
de  l'intestin  moyen,  sous  forme  de  languettes.  On  constate, 
chez  la  Grylloialpa,  la  présence  de  quatre  languettes  plissées. 
blanclies,  transparentes,  cornéo-membraneuses,  amincies  à 
leur  extrémité  libre  et  formant,  par  leur  accolement,  une 
valvule  conique  très  caractéristique.  Chaque  languette  pré- 
sente, dans  sa  partie  médiane,  une  sorte  de  bourrelet  longi- 
tudinal qui  va  s'alténuanl  peu  à  peu  vers  son  sommet.  Ces 
appendices  foliacés,  prolongements  des  rangées  médianes  de 
quatre  colonnes  de  l'armature,  par  leur  juxtaposition,  fer- 
ment hermétiquement  l'orifice  postérieur  du  gésier  et  em- 
pêchent la  marche  rétrograde  des  aliments  contenus  dans 
l'intestin  moyen.  Dans  la  plupart  des  cas,  deux  des  colonnes 
du  gésier,  dont  la  situation  est  quelconque  parmi  leurs  con- 
génères, ne  se  prolongent  pas  par  des  languettes  valvulaires 
et  se  terminent  simplement  par  des  appendices  foliacés 
ovoïdes,  très  courts. 

Les  a/ipCH'/ires  intestinaux  affectent  &  peu  près  les  mêmes 
formes  que  dans  les  espèces  précédentes.  Ce  sont  deux  grosses 
poches  paires,  latérales,  oblongues,  légèrement  conrnv<'s,  à 


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i72 

surfaces  antérieure  et  postérieure  plissées  et  enveloppant 
laléralement  la  plus  grande  partie  des  parois  du  gésier.  Ils 
sont  parcourus  extérieurement  par  de  nombreux  faisceaux 
trachéens.  Leur  cavité  interne  présente,  comme  chez  les  Bra- 
cki/trt/pus,  «ne  série  de  cloisons  incomplètes,  Irrégulières, 
sinueuses,  parlant  de  la  face  en  contact  avec  le  gésier  et 
divisant  l'organe  en  un  certain  nombre  de  compartiments 
communiquant  entre  eux  du  côté  externe.  Les  doux  appen- 
dices vont  s'ouvrir  à  la  partie  antérieure  de  l'intestin  moyen 
par  deux  orifices  ellipliques,  situés  de  chaque  côlé  de  la  val- 
vule conique  formée  par  la  confluence  des  quatre  languelles 
dues  aux  prolongements  intestinaux  des  colonnes  mastica- 
trices du  gésier. 

L'intestin  moyen  des  Gryllotalpa  est  bien  différent,  par  sa 
forme  et  sa  siructure,  de  celui  des  aulres  Gryllidœ.  Cet  or- 
gane comprend  doux  parties  hien  dislinctespar  leurs  dimen- 
sions et  surtout  leur  conformalion  interne.  (I  commence  au 
gésier  et  se  termine,  après  avoir  décrit  deux  circonvolutions, 
par  un  bourrelet  irrégulier,  jouant  le  rôle  de  valvule.  Un  peu 
au-dessous  de  cette  derni&re  vient  s'ouvrir  le  canal  effércnt 
impair  des  tubes  de  Malpighi.  La  première  portion  est  très 
courte  et  n'a  environ  que  le  quart  de  la  longueur  que  pré- 
sente la  seconde.  Elle  débute  par  une  portion  élargie,  tron- 
conique,  à  base  soudée  au  gésier,  et  loge  dans  son  axe  les 
prolongements  foliacés  et  valvulaires  de  ce  dernier  orgaue. 
Le  reste  de  cette  première  partie  est  cylindrique,  lisse  exté- 
rieurement et  recouvert,  en  grande  partie,  par  les  premiers 
tours  de  spire  de  la  seconde  partie  de  l'intestin.  Les  parois 
internes  présenlont  une  série  de  plissements  longitudinaux, 
dus  à  des  bandelettes  muscuio-épithéliales  au  nombre  de 
six  à  huit,  étendus  du  gésier  à  un  boiirrclel  irrégulier  et  pré- 
sentant, de  distance  en  distance,  de  petits  tubercules  mus- 
culeux,  correspondant  à  une  dépression  annulaire  externe 
très  apparente.  Les  aliments  ne  font  que  traverser  celle  pre- 
mière portion  du  tube  digestif  et  séjournent  bien  plus  long- 
temps dans  la  seconde. 


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APPAREIL    DIGESTIF    DES   ORTHOPTÈRES.  173 

Vers  l'origine  de  l'ialestin  moyen  viennent  déboucher  les 
quatre  canaux  excréteurs  de  deux  paires  de  pelits  massifs 
glandulaires,  signalés  pour  la  première  fois  par  L.  Dufour 
((834)  et  comparés  par  ce  dernier  auteur  à  l'organe  splé- 
nique.  Nous  n'avons  rencontré  ces  glandes  chez  aucun  autre 
Orthoplëre.  Elles  sont  constituées  par  une  série  de  petits 
tubes  cylindriques,  de  couleur  d'un  blanc  mat  et  présentant 
toute  l'apparence,  au  point  de  vue  histologique,  des  tubes 
de  Malpighi.  Les  grosses  cellules  qui  tapissent  leurs  parois 
internes  ont,  en  efTel,  les  plus  grandes  ressemblances  avec 
celles  des  organes  urinaires.  Chaque  tube  se  ramifie  dichoto- 
miquement  en  donnant  latéralement  de  courts  rameaux 
cylindriques.  Ces  derniers  produisent  encore  de  nouvelles 
divisions  terminées  par  un  sommet  arrondi.  Toutes  ces  ra- 
miOcatioDS  présentent  très  exactement  l'apparence  d'un  petit 
arbuscule  rameux,  dont  les  diverses  branches,  en  se  concen- 
trant, finissent  par  ne  plus  former  que  quatre  tubes  effé- 
rents,  une  paire  dorsale  et  une  paire  ventrale,  qui  vont  s'ou- 
vrir un  peu  au-dessous  de  l'origine  de  l'intestin  moyen,  en 
face  de  la  région  médiane  de  la  valvule  postérieure  du  gésier. 
Les  foDCtions  de  ces  organes  sont  encore  fort  problématiques, 
mais,  vu  leur  position  et  leur  structure,  on  peut  admettre 
qu'ils  sécrètent  certains  sucs  agissant  sur  la  digestion. 
Cependant  quelques  auteurs,  frappés  de  leur  ressemblance 
avec  les  tubes  de  Malpighi,  leur  attribuent  une  fonction  pro- 
bablement excrétrice.  En  présence  de  telles  incertitudes  sur 
les  fonctions  de  ces  glandes,  et  pour  rendre  hommage  au 
célèbre  entomologiste  qui  les  a  décrites  le  premier,  nous  les 
désignerons  sous  le  nom  de  Glandes  de  Dufour. 

La  seconde  portion  de  l'intestin  moyen  a  un  diamètre  su- 
périeur à  celui  de  la  première  et  affecte  la  forme  d'un  sac 
à  parois  externes  généralement  boursouflées  et  pourvues  de 
plusieurs  séries  de  petits  tubercules  arrondis,  disposés  sui- 
vant des  bandes  longitudinales  srparécs  les  unes  des  autres 
par  des  lames  musculaires  plus  ou  moins  apparentes.  La 
paroi  interne  est  des  plus  irrégulières  et  présente  de  oom- 


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tli  t..    ft*ltDAS. 

breux  plissements  longitudinaux  et  transversaux.  A  la  partie 
antérieure,  suivant  une  zone  annulaire  presque  compIMe, 
existe  nue  surface  couverte  de  papilles  courtes,  coniques  et 
terminées  par  une  poinle  arrondie  (V.  PI.  XII,  fig.  4).  Ces 
petits  organes  tubuleux,  à  fonctions  sans  doute  absorbantes, 
sont  de  même  nature  et  présentent  absolument  la  même 
structure  que  ceux  que  nous  avons  di^crils  avec  détail  cbez 
les  divers  Grelins.  La  seule  différence  qui  existe  dans  les 
deux  genres,  c'est  que,  chez  les  Gryl/us,  ils  sont  plus  nom- 
breux et  deux  fois  plus  volumineux  que  chez  la  Gryllotalpa. 
Du  mamelon  supérieur  partent  deux,  quelquefois  trois  ban- 
deleltes  longitudinales,  de  forme  rectangulaire,  recouvertes 
par  ces  mêmes  papilles.  Vers  le  tiers  postérieur,  apparaissent 
de  nouvelles  zones  papillaires  (de  4à5]  formées,  soitdirecte- 
ment,  soit  par  simple  division  des  premières.  Elles  vont  en 
se  rétrécissant  peu  à  peu  et  se  terminent  en  pointe  &  une 
valvule  irrégutière  et  plissée,  marquant  la  lin  de  l'intestin 
moyen  {V.  PI.  XII,  fig.  4). 

Les  Uibes  de  Malpighi  (V.  PI.  XII,  fig.  \  et  5)  affectent  une 
disposition  semblable  à  celle  que  nous  avons  décrite  chez 
les  autres  Gryllidaî.  Ce  sont  des  filaments  tubuleux,  longs, 
cylindriques,  flexueux,  au  nombre  de  100  à  120,  allant 
déboucher  dans  un  réservoir  collecteur  commun,  duquel  part 
un  conduit  efférent  impair,  l'uretère,  qui  va  s'ouvrir  un  peu 
au-dessous  de  la  limite  de  séparation  de  l'intestin  moyen  et 
de  l'intestin  terminal.  C'est  Leydîg  qui  le  premier  a  constaté, 
cbez  la  Gryllotalpa,  l'existence  de  deux  sortes  de  tubes  de 
Malpighi,  les  uns  jaunes,  extrêmement  nombreux,  et  les  au- 
tres blancs,  1res  rares.  Ces  derniers  doivent  en  grande  partie 
leur  coloration  blancbâlre  à  une  multitude  de  concrétions 
prismatiques  et  ovoïdes,  formées  par  de  l'acide  urique. 

Le  mode  d'cmboucbure  de  l'uretère  des  tubes  de  Malpighi 
est  tout  à  fait  caractéristique  cl  bien  différenl  de  ce  que  l'on 
observe  chez  les  autres  cspôccs.  Au  lieu  de  se  ii\cr  simple- 
ment à  la  paroi  intestinale,  le  tube  se  prolonge  h  l'intérieur, 
pour  se  terminer  par  une  papille  ou  tubercule  tronconique, 


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APPAREIL   DIGESTIF   DES   ORTHOPTÈRES.  175 

parfois  doliolirorme.  Ce  tubercule,  1res  court,  est  percé  à 
son  sommet  d'un  orifice  irrégulier  et  étoile,  limité  par 
quatre  valves  disposées  en  croix.  Ces  valves  sont  en  contact 
par  leurs  parois  et  terminées,  à  leur  extrémité  libre,  par  une 
pointe  mousse  et  recourbée  (V.  PI.  XII,  fig.  5}. 

h'inleslin  postérieur  succède  à  l'intestin  moyen,  presque 
sans  ligne  de  démarcation  externe  :  seul  un  bourrelet  val- 
vulaire  intérieur  marque  la  séparation  des  deux  portions  de 
l'organe.  Le  tube  débute  par  une  portion  étroite  qui  s'élargit 
peu  h  peu  et  décrit  de  nombreuses  sinuosités.  Sa  surface 
externe  est  boursouflée  et  couverte  de  granulations  coniques 
ou  hémisphériques  plus  ou  moins  apparentes  et  disposées 
par  paires  le  long  de  trois  à  cinq  bandelettes.  Ces  dernières 
sont  placées  longitudinalement  et  séparées  par  des  lamelles 
musculaires  parallèles.  La  surface  interne  est  plissée  et  des 
plus  irrégulières.  A  l'origine,  on  constate  l'existence  de  cinq 
à  sept  lamelles  musculaires  qui  vont  en  s'élargissant  pro- 
gressivement et  prennent  peu  à  peu  des  caractères  particu- 
liers :  tes  unes  sont  lisses  et  les  autres  paraissent  perforées 
d'une  série  de  petits  pertuis  irréguliers.  Ces  pertuis  con- 
duisent dans  des  infandibuta  ou  cavités  microscopiques,  les- 
quelles correspondent  aux  tubercules  dont  nous  venons  de 
parler  à  propos  de  la  surface  exleroe.  Après  un  léger  rétré- 
cissement, apparaît  un  organe  ovoïde,  volumineux,  plissé, 
le  rectum,  présentant  extérieurement  une  série  de  rubans 
épilhélio-musculaires  longitudinaux,  correspondant  à  des 
replis  inlernes  (glandes  rerta'es).  Entre  chacun  des  rubans 
musculaires  existe  un  bourrelet  nntéro-postérieur  portant, 
transversalement  disposés,  des  tubercules  groupés,  soit  par 
paires,  soit  d'une  façon  irrégulière.  Ces  derniers  corres- 
pondent à  des  dépressions  de  la  face  interne  ouvertes  dans 
la  cavité  du  rectum.  La  paroi  intérieure  est  très  irrégulière 
et  présente  une  série  de  replis  ou  bandelettes  longitudi- 
nales {glandes  rectales),  i  bonis  plissés  liiiusversalcuient  et 
franges,  divisant  l'organe  en  un  certain  nombre  de  comparti- 
ments qui  communiquent  entre  eux  dans  la  région  centrale. 


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176 

En  RÉSUMÉ,  ce  qui  caractérise  Vappareil  digestif  de  la 
Gryllotalpa,  c'est  la  forme  toute  parliculièrfi  du  jabot,  dont 
les  deux  orifices  sont  situés  à  l'une  de  ses  extrémités  et  la 
puissante  armature  masticatrice  dont  est  pourvu  le  gésier. 
De  plus,  l'intestin  moyen  porte,  à  son  origine,  deux  paires 
de  toulîes  glandulaires,  les  glandes  de  Du  four.  Il  présente, 
en  outre,  intérieurement,  une  série  de  papilles  ou  villosilés, 
très  courtes  et  analogues  à  celles  des  Gryllus.  Enfin,  l'in- 
testin terminal  est  pourvu  extérieurement  d'une  série  de 
petits  tubercules,  coniques  ou  sphériques,  disposés  suivant 
plusieurs  bandelettes  et  correspondant  à  des  dépressions  in- 
ternes. Le  rectum  est  assez  volumineux,  ovoïde,  et  porte  à 
sa  surface  des  tubercules  ou  papilles  externes  disposées  par 
paires  le  long  d'un  certain  nombre  de  lamelles  longitudi- 
nales et  séparées  par  des  bandelettes  ou  épaîssissemenls 
épithéliaux  internes  fusiformes  {glandes  rectales). 

ÉTUDE    HISTOLOGIQUE    DE    L'APPAREIL    DIGESTIP 

DES   GRYLLID^. 

(V.  P!.  XII,  fig.  8,  9,  10  et  11.) 

L'étude  histologique  de  l'appareil  digestif  des  Orthoptères 
ayant  été  faîte  avec  détail  au  sujet  des  Locustidœ  et  des 
Acridiidœ,  nous  serons  très  bref  pour  les  Gryllides  et  ne 
ferons  que  signaler  les  différences  que  ces  insectes  présen- 
tent avec  ceux  des  familles  précédentes. 

Vœsophage  et  \e  jabot  des  Gryllus  domeslicus  et  des  Gryl- 
lotatpa  vulgaris  ont  une  structure  &  peu  près  identique. 
Pourtant,  les  parois  du  premier  sont  beaucoup  plus  minces 
que  celles  du  second.  Chez  les  deux,  on  constate  la  présence 
d'un  nombre  variable  de  replis  longiludinaux,  séparés  par 
des  dépressions  parallèles. 

Sur  une  coupe  transversale  perpendiculaire  à  l'axe  de 
l'organe,  on  trouve,  en  allant  de  dehors  en  dedans  (V.  Pi.  XII, 
fig.  10)  : 


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APPAREIL   DIGESTIF   DES   ORTHOPTÈRES.  177 

r  Quelques  rares  Hbres  musculaires  disséminées  et  ne 
formanl  pas  une  membrane  continue. 

2"  Une  couche  constituée  par  des  fibres  musculaires  annu- 
laires. Cette  couche,  très  mince  à  l'œsophage,  est  beaucoup 
plus  épaisse  au  jabot.  Les  faisceaux  externes  sont  légère- 
ment obliques,  tandis  que  les  internes,  en  rapport  avec  les 
cellules  chitinogèoes,  sont  nettement  circulaires. 

3*  Une  assise  de  petites  cellules  cubiques,  à  noyau  central 
sphérique,  contenant  un  petit  nombre  de  nucléoles  (S-8}  et 
constituant  les  cellules  génératrices  [couche  chitinogène)  de 
la  membrane  chitineuse  interne. 

4*  Enfin,  (oui  à  fait  à  l'intérieur  de  l'organe,  existe  une 
membrane  chitineuse,  sur  laquelle  sont  implantées  de  nom- 
breuses soies  cornées.  Cette  structure  est  peu  dilîérente, 
comme  on  le  voit,  de  celle  que  nous  ont  présentée  les  organes 
similaires  des  Forficulidae,  des  .\cridiidse  et  des  Locusfidx. 

Le  gésier,  Vintest'm,  le  rectum  et  les  glandes  rectales  des 
Gryu.id.£  ne  présentant  aucune  particularité  intéressante 
et  offrant  à  peu  près  les  mêmes  caractères  que  chez  les  Lo- 
custidip,  nous  nous  abstiendrons  de  les  décrire,  et  n'étudie- 
rons que  les  glandes  arborescentes  ou  glandes  de  Dufour  el 
l'uretère  ou  canal  excréteur  impair  des  tubes  de  Malpighi. 

1'  Glandes  arborescentes  (V.  PI.  XII,  fig.  8  et  9).  La  struc- 
lure  de  ces  glandes  est  fort  simple  et  présente  les  plus 
grandes  analogies  avec  celle  des  tubes  de  Malpighi.  Sur  une 
coupe  transversale,  on  trouve  successivement,  en  allant  de 
dehors  en  dedans,  une  membrane  basilaire,  ou  membrane 
enveloppante  externe,  très  mince.  Sur  cette  dernière  repose 
une  assise  épithéliale  comprenant  de  6  à  10  grosses  cellules 
renfermant  chacune  un  volumineux  noyau  plurinucléolé. 
Le  protoplasme  cellulaire  est  granuleux.  Enfin,  répilhélium 
glandulaire  limite  un  lumen  central,  étroit  et  irrégulier. 

Le  canal  excréteur  des  glandes  de  Dufour  (glandes  arbo- 
rescentes) est  cylindrique  et  a  ses  parois  externes  lisses. 
Mais  à  l'intérieur,  il  présente  une  série  de  replis,  déformes 
et  de  dimensions  très  variables.  On  comple  ordinairement 

ANK.    se,    NAT.    ZOOL.  V,    12 


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178  Ki.   BORDAM. 

de  dix  à  quinze  de  ces  replis.  Les  parois  du  canal  sont  assez 
minces  et  comprennent  exlérjeureinent  quelques  faisceaux 
de  muscles  longitudinaux  et  une  assise  très  nette,  maïs  fort 
étroite  de  muscles  circulaires.  Sur  l'assise  musculaire  repose 
la  couche  épilhéliale.  Cette  dernière  ne  comprend  qu'une 
seule  épaisseur  de  grosses  cellules  cubiques  ou  rectangu- 
laires, à  noyaux  sphériques,  très  réguliers  et  occupant  géné- 
ralement le  centre  des  cellules.  Le  protoplasme  cellulaire 
est  strié,  localisé  surtout  en  avant  des  noyaux  et  présente 
de  larges  vacuoles.  Le  tout  est  recouvert  par  une  épaisse 
membrane  chitineuse  supportant  de  nombreuses  soies  cor- 
nées. La  présence  d'un  revêtement  chilineux  nous  fait  sup- 
poser que  les  glandes  arborescentes  doivent  être  des  dépen- 
dances de  l'extrémité  postérieure  du  gésier. 

2°  Canal  excréteur  des  tubts  de  Malpighi  (V.  PL  XII, 
tig.  11).  Le  canal  excréteur  (uretère)  des  tubes  de  Malpiglii 
est  un  tube  cylindrique,  comme  celui  des  glandes  de  Dufour. 
Il  est  surtout  caractérisé  par  l'épaisseur  considérable  de  ses 
parois  et  par  ta  présence  de  replis  épithéliaux  internes.  On 
compte  six  replis  principaux,  de  forme  triangulaire,  dans 
l'axe  desquels  pénètrent  de  fins  prolongements  musculaires. 
L'assise  épithéliale  est  constituée  par  des  cellules  rectangu- 
laires à  parois  latérales  peu  apparentes.  Au  centre  de  chaque 
cellule  existe  un  gros  noyau  sphérique,  pourvu  de  nombreux 
nucléoles.  Le  protoplasme, finement  strié,  est  surtout  localisé 
vers  la  face  interne  de  la  cellule,  tandis  que  du  côlé  externe 
existe  une  large  vacuole.  Le  tout  est  recouvert  par  une 
membrane  chitineuse,  analogue  à  celle  que  l'on  constate 
dans  l'intestin  terminal.  L'existence  de  cette  membrane  re- 
couvrante est  une  nouvelle  preuve  que  les  tubes  de  Malpighi 
ne  sont  que  des  dïverlicules,  minces  et  lubuleux,  de  l'inleslin 
postérieur. 

RÉSUMÉ.  —  Les  glandes  salivaires  sont  très  développées 
chez  les  Gbylud^.  Elles  s'étendent  de  la  région  occipitale 
de  la  tête  jusqu'au  tiers  antérieur  du  mélalliorax  [Gryllus^ 
Nemobins).  L'organe  tout  entier  comprend  deux  grappes  vo- 


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APPAREIL    DIGESTIF    DES    ORTHOPTÈRES.  179 

lumineuses,  pourvues  de  deux  canaux  efTéreats  se  fusionnant 
pour  constituer  un  conduit  collecteur  commun  impair.  11 
existe  deux  réservoirs  salivairesfGry/Zuj,  Grj^tlotalpa,e\.c.)^ 
affectant  la  forme  de  deux  sacs  volumineux,  très  allongés  et 
étendus  jusqu'au  deuxième  segment  thoracique. 

L'ensemble  du  tube  digestif  est  caractérisé  par  un  volu- 
mineux jabot  à  orifice  postérieur  généralement  excentrique 
{Gryllus,  Nemobius,  Grylloialpa),  «n  puissant  gésier,  un  io- 
teslin  sinueux  et  un  canal  urinaire  efférent  impair. 

Le  pharynx  el  Vœsophage,  identiques  de  formes,  chez 
foules  les  espèces,  sont,  le  premier  légèrement  aplati  trans* 
versalement,  el  le  second  cylindrique  et  uniquement  localisé 
dans  le  prolhorax. 

hejaàol  est,  chez  toutes  tes  espèces,  volumineux,  piriforme 
et  occupe  la  presque  totalité  de  la  région  médiane  des 
deux  derniers  segments  tfaoraciques.  L'organe  est  légère- 
ment asymétrique  el  présente  latéralement  un  cul-de-sac  ou 
boursouflure  plus  ou  moins  prononcée  {Gryllm).  Chez  le 
Brachytrypus,  le  jabot,  très  volumineux,  est  à  peu  près  ré- 
gulièrement conique.  Celui  de  la  Grylloialpa  affecte  la  forme 
d'une  grande  poche  ovoïde,  placée  en  dehors  de  l'cesophage 
el  à  grand  axe  transversal.  Ses  parois  sont  minces,  transpa- 
rentes el  lisses  extérieurement.  Son  orifice  postérieur  est 
silué  &  peu  de  distance  de  l'ouverture  œsophagienne,  tou- 
jours vers  la  même  extrémité  du  jabot  et  au  fond  d'une 
dépression  de  la  face  inférieure  de  ce  dernier  organe.  Le 
jabot  est  uni  au  sommet  antérieur  du  gésier  par  un  pédon- 
cule large  et  court  {Nemoèius,  Brachytrypus)  ou  bien  allongé, 
cylindrique  et  recourbé  [Gri^//(M,  Grylloialpa,  etc.). 

Le  gésier  de  presque  toutes  les  Gryllidie  alTecte  une  forme 
ovoïde  ou  légèrement  sphérique  el  est  enveloppé,  à  sa  base 
et  sur  ses  côtés,  par  les  deux  appendices  intestinaux.  Ses 
parois  sont  très  épaisses  et  musculaires.  Sa  face  externe  est 
lisse,  mais  parcourue  par  de  nombreux  faisceaux  trachéens  ; 
sur  l'interne  repose  une  puissante  armature  chitioeuse,  donl 
les  traits  généraux  se  retrouvent  chez  toutes  les  GrylUdœ. 


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180  li-  BOBDAa. 

Cette  puissante  armature,  sorte  d'appareil  trituraot,  est 
composée  de  six  coloones  deolifëres,  séparées  les  unes  des 
autres  par  des  tigelles  ou  baguettes  chitioeuses,  placées  au 
fond-  de  sillons  longitudinaux  profonds.  Chaque  colonne 
comprend  trois  rangées  de  dents.  Les  dents  médianes  sont 
variables  suivant  chaque  espèce.  Leurs  formes  sont  si  tran- 
chées qu'elles  pourraient,  tout  aussi  bien  que  la  morphologie 
externe,  servir  à  caraotériser  et  à  différencier  les  divers 
genres.  Elles  sont  triangulaires  et  à  bords  denliculés  chez 
les  Brackylrypus,  rectangulaires,  tranchantes  et  en  forme  de 
plane  chez  les  Gryllotalpa.  Chez  ces  dernières,  le  gésier  se 
prolonge,  dans  l'axe  de  la  partie  antérieure  de  l'intestio 
moyen,  par  une  valvule  conique  formée  par  ta  confluence 
de  quatre  lamelles  foliacées. 

L'intestin  moyen  des  Nemoèius  comprend  deux  parties 
très  nettes  :  une  antérieure,  lisse  et  cylindrique,  en  rapport 
avec  les  appendices  intestinaux  et  une  postérieure,  re- 
courbée en  demi-cercle.  Les  deux  portions  sont  séparées 
par  un  repli  circulaire  correspondant  à  une  valvule  interne. 
La  dernière  partie  présente  de  nombreux  replis  et  porte  à 
l'intérieur,  sur  la  moitié  environ  de  sa  surface,  une  série 
de  villosités  ou  papilles  en  forme  de  doigt  de  gant.  Parfois 
ces  villosités,  au  nombre  de  60  è  80,  sont  disposées,  à  l'iu- 
térieurde  l'intestin,  d'une  façon  irrégulière  (6ry//w).  1>hez 
la  Gryllotalpa,  on  constate  l'existence  de  tubercules  internes, 
cylindriques,  h  sommet  arrondi,  disposés  suivant  des 
bandes  longitudinales  séparées  les  unes  des  autres  par  des 
lame»  musculaires  plus  ou  moins  apparentes.  Ces  tubercules 
intestinaux  sont  deux  fois  moins  volumineux  que  ceux  des 
Gryllus  et  des  Nemoèius. 

Les  appendices  ou  csecums  intestinaux  afTeclentla  forme  de 
sacs  volumineux,  légèrement  recourbés  et  pourvus  d'un 
petit  nombre  de  replis  inlernes  (2-3)  très  courts  et  sinueux. 
Leur  surface  externe  est  lisse  et  recouverte  par  des  tubes 
de  Malpighi  et  de  nombreux  faisceaux  trachéens.  Ces  or- 
ganes vont  s'ouvrir  dans  un  vestibule  situé  à  l'origine  de 


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APPAREIL    DIOESTIF    DES    ORTHOPTËRES.  181 

l'JDtestio  moyen  el  limité,  en  arrière,  par  une  valvule 
courbe,  marquant  le  point  où  l'intestin  devient  uDiformé- 
ment  cylindrique  [Gryllus). 

Les  tubes  de  Malpighi  sont  très  nombreux  :  on  en  compte 
généralement  de  100  à  120  [Gryllus,  Nemobius.  Brachy- 
trypus,  Gryltotalfia),  etc.  Ce  sont  des  organes  cylindriques, 
flexueuxetà  pointe  arrondie  ou  légëremeol  elTilée.  Ils  vont 
s'ouvrir  à  l'extrémité  dilatée  d'un  conduit  efTérent  unique 
el  tubuleux  débouchant  dans  Yintestin  terminal.  Ce  dernier, 
beaucoup  plus  court  que  le  précédent,  porte  une  série  de 
plissements  longitudinaux  très  irréguliers.  H  se  rétrécit  tout 
d'abord,  puis  se  dilate  ensuite  pour  constituer  le  rectum, 
organe  ovoïde  el  portant  six  bourrelets  longitudinaux  fusi- 
formes,  constituant  des  glandes  analogues  aux  glandes  rec- 
tales des  Hyménoptères. 

CONCLUSIONS. 

Nous  allons,  dans  ces  conclusions  générales,  résumer 
l'ensemble  de  nos  recherches  sur  V Appareil  digestif  des  Or- 
thoptères el  essayer  à' élabHr  uneclassificationdeces  Insectes 
basée  sur  les  mocU/ications  éprouvées,  dans  les  diverses 
familles,  par  l'organe  de  la  digestion. 

Glandes  salivaires.  —  Les  glandes  salivatres  sont,  en 
général,  bien  développées  chez  tous  les  Orthoptères.  EUes 
sont  constituées  par  une  série  de  grappes,  formées  chacune 
de  nombreux  acini  glandulaires  munis  de  canalicules  excré- 
teurs. Des  réservoirs  salivaires  existent  chez  la  plupart  des 
espèces. 

Les  glande/s  salivaires  des  Forficulidœ  sont  rudimentaires. 
Par  contre,  celles  des  Pkasmidœ  sont  bien  développées  et 
occupent,  avec  le  jabot,  la  presque  totalité  des  segments 
thoraciques.  Celles  de  V Acanlhoderus  sont  paires  et  disposées 
symétriquement  par  rapport  au  jabot.  Les  réservoirs  sali- 
vaires vont  déboucher  dans  les  canaux  efférents.  Ces  derniers, 
au  nombre  de  deux,  s'ouvrent,  sans  se  fusionner,  en  avant 


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183  Ij-  bobdas. 

de  l'orifice  buccal.  —  On  trouve  chez  certaines  Maniidie 
(Hierodula  bioculata)  uo  appareil  salivaire  très  volumineux, 
comprenant  deux  grappes  glandulaires,  deux  canaux  excré- 
teurs et  deux  réservoirs  salivaires  tubuleux,  plissés  et  irrégu- 
liers- Les  Blatlidœ  possèdent  des  glandes  salivaires  très 
volumineuses  munies  de  deux  réservoirs.  Celles  des  Péripta- 
nêtes  sont  situées  dans  le  thorax  et  forment  trois  faisceaux 
principaux  entourant  parfois  complètement  une  portion  de 
l'œsophage  et  l'extrémité  antérieure  du  jabot.  —  he»  Acri- 
diens, contrairement  à  ce  que  nous  ont  présenté  ta  plupart 
des  familles  précédentes,  ont  un  appareil  salivaire  tout  à  fait 
rudimentaire.  Il  se  compose,  chez  les  Œdipoda  et]es  Sleno- 
boihrus,  de  deux  petites  grappes  symétriques  par  rapport  à 
l'axe  du  corps  de  l'Insecte  et  situées  au-dessous  du  jabot. 
Chaque  grappe  principale  émet  cinq  ou  six  grappes  secon- 
daires terminées  par  un  petit  nombre  d'acini.  C'est  surtout 
chez  les  Locuslidx  et  les  Gryllidse  que  les  glandes  salivaires 
acquièrent  leur  maximum  de  développement.  Elles  forment 
deux  volumineuses  grappes  localisées  dans  les  deux  pre- 
miers segments  thoraciques. 

Chaque  acinus  glandulaire  est  pourvu  d'une  enveloppe 
externe^  d'une  membrane  basilaire  très  mince  et  d'une  assise 
épilhéliale  formée  par  de  grosses  cellules  entourant  une  cavité 
centrale  spfaérique.  De  chaque  acinus  part  un  canalicule 
excréteur  très  court  et  pourvu  intérieurement  d'un  revêtement 
chitineux  spirale,  analogue  à  celui  des  trachées. 

Pharynx.  —  Le  pharynx  présente  à  peu  près  la  même 
forme  cheztousles  Orthoptères.  C'est  un  organe  court,  cyhn- 
drique  ou  légèrement  aplati  horizontalement.  Ses  parois, 
plus  ou  moins  épaisses  suivant  les  familles,  sont  muscu- 
laires et  plissées  inlérieurement. 

(EsopHAGE.  —  L'œsophage  est  un  tube  à  peu  près  cylin- 
drique unissant  le  pharynx  au  jabot.  Il  est  généralement 
situé  dans  le  premier  ou  les  deux  premiers  segments  thora- 
ciques et  est,  chez  la  plupart  des  espèces,  enveloppé  par  les 
glandes  salivaires.  Ses  parois  internes  sont,  en  général,  plis- 


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APPABBIL   DIGESTIF   DES   ORTHOPTÈBBS.  183 

séeft  longitudioalement.  L'œsophage  de  la  Gryllotalpa  est 
très  altoDgé. 

Jabot.  —  Le  jabot  des  Forficulidœ  est  un  organe  relative- 
ment volumineux,  conique  ou  fusiforme,  très  extensible  et 
occupant  la  presque  totalité  du  thorax  et  les  deux  premiers 
segments  abdominaux. Celui  des  Phasmidx  est  presque  tubu- 
leux,  parfois  oblong  ou  fusiforme  et  comprend  deux  parties 
très  diflërenles  par  leur  apparence  externe  et  surtout  par 
leur  structure  intérieure  [Acanthoderus). 

Les  Acridtidx  possèdent  un  jabot  volumineux,  fusiforme 
et  occupant  la  presque  totalité  du  thorax.  Ses  paroisinlernes 
sont  parcourues  par  des  bandelettes  sinueuses,  hérissées  de 
petites  dents  ou  pointes  chittneuses.  Sa  portion  terminale,  de 
forme  conique,  peut  être  considérée  comme  l'homologue  du 
gésier  des  autres  Orthoptères.  Enfin,  chez  les  Gryllotalpa, 
le  jabot  affecte  la  forme  d'une  grande  poche  ovoïde,  placée 
sur  lecôté  de  l'œsophage,  à  parois  extensibles,  minces,  trans- 
parentes et  lisses  extérieurement. 

Gésier.  —  Le  ffésier  existe  chez  tous  les  Orthoptères  :  il 
n'est  atrophié  et  rudimenlaire  que  chez  les  PhasmJdes  et  les 
Acridiens.  Partout  ailleurs,  il  affecte  la  forme  d'un  organe 
ovoïde,  compris  entre  le  jabot  et  l'intestin  moyen  et  pourvu 
intérieurement  d'une  armature  chittneuse,  plus  ou  moins 
puissante  suivant  les  familles.  Les  dents  qui  composent  Tar- 
mature  interne,  disposées  suivant  six  rangées  longitudinales, 
sont  généralement  fortes,  puissantes,  crochues,  à  pointe 
dirigée  en  arrière  et  pourvues  de  plusieurs  tubercules  (Blat- 
tidse,  Locustidse,  Gryllidse,  etc.).  Chez  les  Acridiidx,  l'extré- 
mité postérieure  du  jabot,  de  forme  conique,  pourvue  de  six 
lamelles  chitineuses  brunâtres,  triangulaires,  h  bords  arron- 
dis, peut  être  considérée  comme  l'homologue  du  gésier  des 
autres  Orthoptères. 

Au  point  de  vue  physiologique,  le  gésier  des  Orthoptères 
a  deux  fonctions.  Il  sert:  i*«  broyer  et  à  triturer  les  matières 
alimentaires  incompièlement  divisées  par  les  mandibules  et  les 
mâchoires,  et  2°  à  emoêcher,  par  son  extrémité  postérieure 


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184  I..  BOBIkAS. 

rauaie  de  valvules  de  diverses  formes,  la  marche  rétrograde 
du  bol  alimentaire  de  finieslin  vers  le  jabot.  Telle  n'est  pour- 
tant point  l'opinion  de  Plateau.  D'après  ce  savant  entomolo- 
giste, le  gésier  des  Orthoptères,  pas  plus  que  celui  des 
Coléoptères  carnassiers,  n'est  un  appareil  Irituraleur  auxi- 
liaire des  pièces  buccales  (V.  Hecherches  sur  les  phénomènes 
de  la  digestion  des  Insectes,  p.  74,  1874).  La  forme  du  gésier, 
sa  structure,  la  puissante  armature  chitïneuse  qui  recouvre 
sa  race  interne  (V.  les  chapitres  relatifs  aux  Mantidai,  Lo- 
custidœ  et  Gryllidœ)  et  surtout  nos  observation»  physiolo- 
giques nous  ont  conduit  à  des  conclusions  tout  opposées. 
Le  GËsiER  sert  à  régler  le  passage  des  aliments  du  jabot  dans 
l'intestin  et  à  empêcher  leur  marche  rétrograde  j)endant  les 
mouvements  intestinaux.  Mais,  sa  fonction  principale  consiste 
surtout  à  compléter  l'action  mécanique  de  Fannature  buccale, 
à  broyer  et  à  triturer  les  substances  nutritives. 

Du  reste,  la  forme  et  la  puissance  de  l'armature  interne 
sont  en  rapport  presque  constant  avec  le  genre  de  vie  de 
l'animal.  D'autre  part,  la  structure  des  dénis,  leurs  nombreux 
tubercules  latéraux,  la  bouillie  végétale  et  les  débris  tri- 
turés qui  emplissent  les  interstices  séparant  chaque  dent  ou 
comblent  les  dépressions  longitudinales  situées  entre  les  ran- 
gées, et  surtout  la  nature  de  la  masse  alimentaire  intesti- 
nale, totalement  différente  de  celle  du  jabot,  sont  des  preuves 
irréfragables  de  l'action  triturante  et  masticatrice  que  le 
gésier  exerce  sur  les  aliments.  Le  gésier  est  donc  un  apjmretl 
masticateur  très  puissant,  destiné  à  compléter  Faction  des  man- 
dibules et  des  mâchoires.  D'autre  part,  ses  valvules,  en  s'ac- 
colant  et  ^'affrontant,  empêchent  le  retour  des  aliments  en 
arrière  pendantlescontractions intestinales.  Pour  le  prouver, 
il  suffît  d'exercer  une  pression  sur  l'intestin  moyen  à  l'état 
de  plénitude  :  on  constate  alors  que  tout  retour  des  aliments 
vers  le  jabot  est  impossible. 

Chez  les  Gryllidse,  le  gésier  est  uni  à  l'exlrémité  posté- 
rieure du  jabot  par  un  pédoncule  plus  ou  moins  long  [Gryl- 
lotalpa,  Gryllus,  Nemobius,  etc.}. 


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APPAREIL   DIGESTIF   DBS   ORTHOPTÈRES.  1H5 

Appendices  INTESTINAUX.  — Tous  les  Orthoplères,  sauf  les 
Forficulidœ  et  les  Phasmidx,  porlenl,  à  l'origine  de  l'intestin 
moyen,  desappendices  ou  cœcums  plus  ou  moins  volumineux, 
de  formes  très  variables  d'une  famille  à  l'autre  et  dont  le 
nombre  est  toujours  compris  entre  deux  et  huit.  La  présence 
ou  l'absence  de  ces  appendices  permet  de  diviser  les  Orthop- 
tères en  deux  sections  très  nettes,  comprenant  des  espèces 
dont  la  structure  des  organes  internes  correspond  &  des 
caractères  morphologiques  externes  différents.  Les  Mantidx 
et  les  Blatûdx  sonlpourvues  de  huii  appendices  intestinaux, 
longs,  flexueux,  cylindriques  et  insérés  à  l'origine  de  l'in- 
testin moyen.  Les  Acridiidx  n'en  possèdent  que  six,  munis 
chacun  d'un  petit  diverticule  conique,  à  pointe  dirigée  en 
arrière.  Chez  les  Locusiidas  et  les  Gryllidx,  les  cxcuma 
intestinaux  sont  pairs  et  affectent  la  forme  de  larges  sacs. 
Les  appendices  des  PseudophyUinœ  permettent  de  relier  les 
Acridiens  aux  Locustides. 

En  effet,  chez  le  Cleandrus,  les  appendices  intestinaux 
sont  disposés,  de  chaque  côté  du  gésier,  en  deux  groupes. 
Le  groupe  postérieur,  de  beaucoup  le  moins  important,  n'est 
formé  que  par  un  cscum  unique,  sinueux,  élargi  à  sa  base 
et  aminci  à  son  sommet.  Le  groupe  antérieur  est  large, 
aplati,  à  face  interne  concave  et  présente,  du  sommet  à  la 
base,  six  ou  sept  sillons  peu  profonds,  séparés  par  des  bour- 
relets parallèles.  Chaque  sillon  correspond  à  une  cloison 
interne  divisant  la  cavité  cxcale  en  une  série  de  logetles, 
nettement  séparées  les  unes  des  autres  et  s'ouvrant  directe- 
ment à  l'exlrémilé  antérieure  de  l'intestin  moyen.  — Cette 
disposition  permet  de  rattacher  très  facilementles  Orthoptères 
à  cœcums  multiples  aux  Orthoptères  à  caecums  pairs,  et  de 
passer  ainsi,  par  des  transitions  graduelles  et  insensibles, 
des  Mantidx,  Biattidx,  Acridiidie  aux  Locustidœ  et  aux 
Gryllidœ.  Ces  appendices  ont  été  considérés,  par  la  plupart 
des  Zoologistes,  comme  des  glandes  analogues  soit  au  foie, 
soit  au  pancréas.  Pour  Cuvier,  la  sécrétion  des  appendices 
intestinaux  est  analogue  au  suc  gastrique.  Elle  est  ou  biliaire 


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186  li.   BORDAS. 

OU  identique  au  suc  pancréalique  pour  Marcel  de  Serres  et 
Diiméril.  Newport,  Burtneister  et  Lacordaire  comparent  les 
divertkules  de  l'extrémité  aolérieure  de  l'inteslin  moyen  au 
pancréas  et  leur  sécrétion  au  suc  pancréalique,  tandis  que 
Latreille,  Dugès  et  J.  Mùller  les  considèrent  comme  les 
homologues  de  la  glande  hépatique.  D'après  nos  recherches 
et  nous  basant  sur  l'identité  de  structure  hislologique  de  ces 
organes  avec  l'intestin,  sur  leur  forme,  leur  disposition,  leur 
mode  d'insertion,  la  nature  de  leur  contenu,  etc.,  nous  les 
considérons  comme  de  simples  cœcums,  des  diverticu/es 
glandulaires  de  Vextrémité  antérieure  de  Cinlestin  moyen 
(V.  p.  138). 

Intestin  uoyen.  —  Vinleslin  moyen  est  un  organe  h  peu 
près  cylindrique  et  plus  ou  moins  long  suivant  les  diverses 
familles.  Chez  les  Forficulidse,  il  est  presque  droit  et  carac- 
térisé par  la  régularité  et  la  symétrie  de  son  épilhéltum  cilié. 
Celui  des  Pftasmidx  est  droit  et  comprend,  à  sa  partie 
antérieure,  une  épaisse  couche  musculaire  formée  par  des 
faisceaux  disposés  en  anneaux  très  apparents;  la  seconde 
partie  porte,  dans  sa  région  médiane,  une  série  Ab  glandules, 
à  base  conique,  prolongées  par  un  long  appendice  filiforme. 
Rectiiigne  chez  les  Mantidœ  (sauf  le  genre  Eremiaphila)  et 
les  Acridiidœ,  l'intestin  moyen  des  Blaitidae,  Locustidx  et 
GryiUdœ  est  un  tube  cylindrique,  plus  ou  moins  long,  & 
parois  internes  plissées  et  décrivant  une  ou  plusieurs  circon- 
volutions. Chez  les  Gryllm,  Nemobim,  Gryllotalpa,  etc., 
l'intestin  moyen  comprend  deux  régions  différentes  par  leur 
structure  et  présente,  à  la  face  interne  de  sa  seconde  partie, 
une  série  de  replis  irréguliers  et  de  nombreuses  papilles 
cylindriques,  h  sommet  émoussé,  assez  analogues  aux  villo- 
sites  intestinales.  De  plus,  chez  la  Gryllota/pa,  l'intestin 
moyen  porte,  h  son  origine,  deux  paires  de  toutfes  glandu- 
laires, les  glandes  de  Dufour  (V.  p.  (73). 

Intestin  postérieur.  —  L'intestin  postérieur  des  Acridiens 
est  rectiiigne,  étroit  et  court  ;  il  en  est  de  même  de  celui  des 
PAasmidas,  mais,  dans  cette  dernière  famille,  l'organe  pré- 


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APPAREIL    DIGESTIF    DBS    ORTHOPTÈRES.  187 

senle  six  longues  bandelettes  longitudinales.  Chez  les  autres 
Orthoptères,  l'intestin  terminal,  plus  ou  moins  allongé,  est 
généralement  sinueux.  Chez  les  Gryllotalpa^  la  surface 
externe  de  l'organe  est  boursouflée  et  couverte  de  granula- 
tions coniques  ou  hémisphériques,  plus  ou  moins  apparentes 
et  disposées  par  paires  le  long  de  trois  à  cinq  bandelettes. 
C'est  à  l'origine  de  l'intestin  terminal  que  viennent  débou- 
cher les  tubes  de  Malpighi. 

Tubes  de  halpigh[.  —  Les  tubes  ae  Malpighi  ou  organes 
urinaires  des  Orthoptères  présentent,  quant  à  leur  nombre 
et  leur  longueur,  une  grande  ressemblance  avec  ceux  des 
Hyménoptères,  mais  ils  en  diiîèrenl  essentiellement  par  leur 
disposition  et  leur  mode  d'embouchure.  Ce  sont,  en  général, 
de  petits  tubes  capillaires,  cylindriques,  flexueux,  disposés 
en  plusieurs  Faisceaux  allant  déboucher,  dans  la  plupart  des 
espèces,  au  sommet  de  six  petits  tubercules  coniques  prove- 
nant d'évaginations  de  l'extrémité  antérieure  de  l'intestin 
terminal.  Pourtant,  chez  les  ForficuHdœ,  les  Phasmidse  et  les 
Gryilidx,  le  rapport  de  ces  glandes  avec  l'intestin  est  tout 
à  l'ail  différent.  —  Au  point  de  vue  histologique,  ces  organes 
sont  constitués  par  une  tunique  périlonéale  externe  très 
mioce  et  par  un  épithélium  interne  reposant  sur  une  mem- 
brane basale  très  ténue.  L'épithélium,  comprenant  un  nombre 
de  cellules  excrétrices  variable  suivant  les  espèces,  entoure 
un  lumen  central  très  étroit.  —  Parmi  les  contenus  d'excré- 
tion de  ces  glandes,  nous  avons  trouvé  en  abondance:  de 
l'urale  de  soude  et  de  l'urate  de  chaux  chez  les  Gryllus;  de 
l'acide  unique  chez  la  Gryllotalpa,  sous  forme  de  concrétions 
irréguUères  sphériques  et  de  cristaux  prismatiques  ;  de 
l'urate  de  soude  et  de  l'acide  urique  chez  les  Blattes  et  les 
Périptanètes.  Grâce  aux  nombreux  types  que  nous  avons  eus 
à  notre  disposition,  il  nous  a  été  possible  de  suivre  tous  les 
termes  de  passage  entre  les  divers  modes  d'embouchure  des 
tubes  uriques.  —  Chez  les  ForficuHdœ,  les  tubes  de  Malpighi 
sont  peu  nombreux  (huit  à  dix  environ)  et  groupés  en  deux 
faisceaux.  Beaucoup  plus  abondants  chez  les  Phasmidx,  ces 


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188  !..   BOMDAS. 

organes  vonl  s'ouvrir  au  sommet  de  nombreux  lubercules 
coniques  très  courts,  disposés  en  cercle  à  l'origine  de  l'in- 
testin lennloal.  Les  Périplanètes  et  les  Blattes  possèdent  un 
grand  nombre  de  tubes  uniques  disposés  en  six  faisceaux.  Il 
en  est  de  même  cbez  les  Locuslidx.  Enfin,  par  les  Grytlacm 
qui  ne  possèdent,  en  général,  qu'un  seul  tubercule  collecleur 
au  sommet  duquel  viennent  déboucher  de  80  à  100  tubes  de 
Malpighi,  nous  passons  aux  GrylHdx.  Chez  ces  derniers,  les 
tubes  urinaires,  très  nombreux,  longs  et  flexueux,  vont 
déboucher  à  l'extrémité  élargie  d'un  canal  collecteur  unique 
(uretère) . 

Rectum.  —  Cet  organe,  bien  que  variable  dans  ses  formes 
suivant  les  espèces,  présente  néanmoins  des  différences  assez 
notables  d'une  famille  à  l'autre.  C'est  une  poche  ovoïde  ou 
fusiforme  séparée  de  la  portion  terminale  de  l'inleslin  posté- 
rieur, soit  parun  bourrelet  annulaire,  soit  par  six  puissantes 
Talvules  pyramidales  [Phibalosoma].  Le  rectum  des  GryHo- 
taf/ia  porte  à  sa  surface  des  tubercules  on  papilles  externes, 
disposées  par  paires  sur  un  certain  nombre  de  lamelles  lon- 
gitudinales. Lesglandes  rer/a/e^  sont  constituées,  chez  presque 
tous  les  Orthoptères,  par  six  bandelettes  fusiformes  et  dis- 
posées circulairement  à  égale  dislance  le  long  du  rectum. 
Celles  des  ForficuUdx  sont  ovales,  alternes  et  placées  sur 
deux  rangées  circulaires. 

Histologie  de  l'appareil  digestif.  —  Vœsophage  et  le 
jabot  présentent  à  peu  près  la  même  structure  hislologique. 
Ils  comprennent,  en  allant  de  l'intérieur  à  l'exlérieur  :  une 
membrane  chitmeuse^  transparente  et  portant  de  fines  denti- 
culations  coniques,  à  pointe  dirigée  en  arrière  ;  une  aisixe  de 
cellules  chitinogènes  ;  une  rouche  musculaire  circulaire,  très 
mince;  quelques  muscles  longitudinaux;  enfin,  le  tout  est 
recouvert  extérieurement  par  une  tunique  péritonéale  très 
ténue. 

Le  gésier  est  formé  par  une  série  de  membranes  qui  sont  : 
une  tunique  péritonéale  externe,  très  mince;  une  couche  mus~ 
culaire   longitudinale;  des  faisceaux  musculaires  annulaires. 


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APPAREIL   DIGESTIP    DES   ORTHOPTÈRES.  189 

comprenant  six  ou  sept  assises  disposées  parallèlement  les 
unes  au-dessous  des  autres;  l'assise  des  cellules  chitinogènes, 
et  enBn  la  couche  chitineuse  interne,  épaisse,  transparente, 
irrégulière,  et  constituant  lasubstance  des  dents  de  l'appareil 
masticateur. 

La  alruclnre  histologîque  des  cxcums  ou  appendices  intesti- 
naux est  des  plus  caractéristiques.  Ces  organes  comprennent, 
en  allant  de  l'extérieur  à  l'intérieur  :  une  tunique  ou  enve- 
loppe périlonéale  ;  une  très  mince  couche  musculaire  cons- 
tituée par  quelques  faisceaux  longitudinaux  ;  des  muscles 
circulaires,  et  enfin  une  couche  basilaire,  très  ténue,  servant 
de  support  à  ïépithélium  glandulaire  cilié.  La  présence  d'une 
assise  ciliée  revêtant  la  face  interne  de  l'intestin  moyen  et 
des  cœcums  des  Orthoptères  n'a  rien  qui  doive  nous  sur- 
prendre, puisque  Frenzel  (1)  a  également  observé,  sur  les 
cellules  de  l'intestin  moyen  des  Insectes,  des  cils  raides  et 
immobiles.  La  même  constatation  a  été  faite  par  Leydig  sur 
la  Chenille  de  la  Noctua  aceris.  D'autre  part,  nous  sommes 
arrivé  à  un  semblable  résultat  dans  notre  étude  sur  le  tube 
digestif  des  Hyménoptères  (2).  Vintesiin  moyen  présente  à 
peu  près  lamème  structure  histologique,  avec  celte  différence 
que  les  couches  musculaires  longitudinales  et  circulaires  sont 
beaucoup  plus  épaisses  que  dons  l'organe  précédent.  — 
Vintesiin  postérieur  est  surtout  caractérisé  par  ses  six  replis 
longitudinaux  internes  et  surtout  par  la  régularité  de  son 
épithélium.  Ce  dernier  est  constitué  par  une  assise  unique'de 
cellules  rectangulaires  à  gros  noyau  sphérique  plurinucléolé. 
Il  est  recouvert  d'une  épaisse  membrane  chitineuse,  transpa- 
rente, àhords  parallèles  et  parfois  sinueux.  Viennent  ensuite 
les  muscles  circulaires,  les  muscles  longitudinaux  et  la  mem- 
brane péritonéale.  —  Le  rectum  porte  une  série  d'épaîssis- 
sements  ou  boun'elets  longitudinaux  constituant  les  glandes 
rectales.  Ces  dernières  présentent,  en  coupe  transversale,  une 

(1)  Der  UiUeldarm  dei-  InsecUn  (Arcli.  fur  Mikros.  Anat.,  I88C). 

(2)  Appartil glandulaire  des  HymétiopUres  fAna.  des  Sciences  iiatur.  Zool., 
1894). 


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190  L.    KOKDAS. 

forme  Iriangulaire  et  coaiprenneni  une  assise  de  grosses 
cellules  reclangulaires,  à  noyau  ceulral  sphérique  ou  légère- 
meol  allongé  et  contenant  de  nombreux  nucléoles  très 
apparents.  Une  intima  chtlineuse  recouvre  cette  assise  épl- 
Ihé)iale(l). 

CLASSIFICATION  DES  ORTHOPTÈRES    D'APRÈS   LES 
CARACTÈRES  TIRÉS  DE  L'APPAREIL  DIGESTIF 

Les  Orthoptères,  d'après  la  conformation  de  leur  appareil 
digestif,  peuvent  être  divisés  en  deux  sous-ordres,  caractérisés 
principalement  par  la  présence  ou  l'absence  de  diverlicules 
intestinaux.  De  plus,  le  nombre  et  la  disposition  des  tubes 
de  Malptghi,  de  même  que  la  forme  et  la  structure  interne 
du  gésier,  permettent  de  subdiviser  chaque  sous-ordre  en  un 
certain  nombre  de  familles  nettement  séparées  les  unes  des 
autres,  mais  présentant  entre  elles  certains  rapports  ratta- 
chant une  famille  à  l'autre  et  servant  de  transition  entre 
chacune  d'elles. 

Aussi,  grâce  aux  nombreuses  variétés  déstructure  qu'affecte 
le  gésieret  aux  divers  degrés  de  complication  morphologique 
qu'offre  son  armature  masticatrice  interne,  grâce  surtout  à 
l'absence  ou  à  la  présence  de  aecums  ou  appendices  intestinaux, 
avons-nous  partagé  l'ordre  des  Orlhoptferes  en  deux  sous- 
ordres  :  les  ACOLOTAsiA  ou  Orthoptères  sans  appendices 
intestinaux,  et  les  colotasia,  comprenant  les  Orthopth-es  à 
appendices  intestinaux  plus  ou  moins  nombreux.  Cette  classifi- 
cation, basée  uniquement  sur  des  caractères  de  morphologie 
interne,  a,  en  oulre,  l'avantage  de  grouper  les  Orthoptères 
dans  un  ordre  à  peu  près  parallèle  à  celui  de  l'apparition 
de  ces  Insectes  dans  les  temps  géologiques. 

PREMIER  SOLS-ORDRE:    ACOLOTASIA. 

Les  Acolotasia  sont    des  Orthoptères    dont     l'appareil 

(I)  Pour  l'élude  hisloio^ique  de  l'Appareil  digestif  des  Orthoptères,  \oiT\Ëi 
p.  (2.  13,  14;  91,  92,9*;  136  à  Ub  et  176  à  180. 


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APPAREIL  DIGBSTIP   DK5   ORTHOPTÈRES.  191 

digestif,  pourvu  de  six  parties  très  nettes,  ne  présente  aucune 
trace  de  dicerticules  ou  appendices  à  textrémilé  antérieure  de 
l'intestin  mot/en.  GlaRdes  salivaires  assez  développées;  tubes 
de  Malpighi  plus  ou  moins  nombreux  et  déboucbaut  {Phas- 
miàx)  au  sommet  de  petits  tubercules  coniques;  gésier  rudi- 
mentaire. 

1"  Familie  :  Pbasmid^. —  Les,  F/iasmidx  sont  caractérisées 
par  un  tube  digestif  presque  droit,  sans  circonvolulion  et 
par  l'alrophie  du  gésier.  La  première  partie  de  l'inteslin 
moyen  est  recouverte  d'une  épaisse  couche  musculaire, 
dont  les  différents  faisceaux  son!  dirigés  transversalement, 
tandis  que  la  seconde  présente,  sur  son  pourtour,  de  nom- 
breuses glandules  à  base  élargie  el  conique  et  à  sommet 
filiforme.  Les  tubes  de  Malpighi  sont  nombreux,  disposés  en 
faisceaux  et  vont  s'ouvrir  au  sommet  de  tubercules  cylindre- 
coniques. 

V  Famille  :¥oRFicvLWM.  —  Ces  Insectes  ont  l'intestin 
légèrement  sinueux  à  sa  partie  terminale,  un  gésier  globu- 
leux et  des  tubes  de  Malpighi,  au  nombre  de  huit  à  dix, 
groupés  en  deux  faisceaux. 

DEUXIÈME    socs-ordre:    COLOTASIA. 

Orthoptères  dont  l'appareil  digestif,  long  et  sinueux, 
dépasse  généralement  une  fois  et  demie  la  longueur  du  corps 
de  l'insecte  el  dont  textrémité  antérieure  de  l'intestin  moyen 
est  pourvue  d'un  plus  ou  moins  gra/id  nombre  d'appendices 
tubideux,  clos  à  leur  extrémité  libre .  Ces  appendices  ou  diver- 
licules  sont  au  nombre  de  huit  chez  les  Mantidœ  el  les  Blat- 
lidx,  de  sir  chez  les  Acridiidie  el  de  deux  seulement  chez 
les  Locustidœ  el  les  Gryllidx. 

\"  Famille:  Blattid*.  —  Caractères  :  tube  digestif  long 
et  sinueux,  jabot  volumineux,  gésier  pourvu  d'une  armature 
masticatrice  très  puissante,  huit  appendices  intestinaux  el 
tubes  de  Malpighi  nombreux  et  groupés  en  six  faisceaux. 

2*  Famille:  Mantid.«.  —  Glandes  salivaires  volumineuses 
et   comprenant   plusieurs    grappes,   jabot    très  développé, 


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192  I..  BORDAtt. 

gésier  rudimentaire,  huit  appendices  ou  csecums  intestinaux. 

3°  Famille:  Acridiid^.  - —  Tube  digestif  droit,  dod 
sinueux;  glandes  salivaires  rudimentaires;  gésier  nul  ou 
atrophié;  intestin  moyea  plissé  longitudinalemeot  ;  tubes 
de  Malpighi  peu  nombreux  et  groupés  en  faisceaux;  six 
appendices  intestinaux,  coniques  et  pourvus  d'un  nombre  égal 
de  diverticules  postérieurs,  généralement  très  courts. 

4'  Famille:  Locustid^.  —  Caraclères:  tube  digestif  long 
et  sinueux;  jabot  très  développé;  gésier  volumineux  et 
pourvu  d'une  1res  puissante  armature  chilineuse  interne,  & 
dents  très  fortes  et  disposées  en  six  rangées;  deux  larges 
appendices  intestinaux  entourant  les  parois  latérales  du  gésier; 
tubes  de  Malpighi  nombreux,  longs  et  filiformes,  allant  s'ou- 
vrir au  sommet  de  petits  tubercules  cylindro-coniques. 

5'  Famille  :  Gkyllidm.  —  Caractères:  lube  digestif  long 
et  sinueux  ;  gésier  large  et  volumineux,  recouvert  intérieu- 
rement d'une  très  puissante  armature  chitineuse.  Les  tubes 
de  Malpighi,  groupés  en  un  large  faisceau,  vont  s'ouvrir  à 
l'extrémité  élargie  d'un  canal  afférent  cylindrique  jouant  le 
rôle  d'uretère.  Ces  Insectes,  comme  les  Locustides,  n'ont  que 
deux  appendices  intestinaux. 


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EXPLICATION  DES  PLANCHES 


PLANCHE  I 
Appareil  digestif  des  Forjlculidx  et  des  fhaimidx. 

Fig.  1.  — Tube  digestif  de  la  PorJlcuIanuricuiaria.MJ,  mandibules;  Ph,  pha- 
rynx; CE,  Œsophage;  Jubjabot;  G,  gésier;  I. m,  intestin  moyen,  et  [.p. in- 
testin postérieur  ;  T.  M,  tubes  de  Ualpighi,  peu  nombreux  et  groupés  en 
deuE  faisceaux  ;  R,  rectum;  g.  r,  glandes  rectales  et  A,  orifice  anal. 

Fig.  %.  —  Gésier  de  la  Porficuia  auricularia.  Dans  cette  Qgure,  on  a  représenté 
également  l'origine  de  l'intestin  moyen  et  la  portion  terminale  du  jabot. 
Ja,  portion  terminale  du  jabot;  p,  prolongements  des  six  languettes  du 
gésier  dans  le  jabot  ;  G,  gésier  de  forme  ovoïde  ;  1.  m,  intestin  moyen  ; 
p,  g,  prolongements  des  lamelles  du  gésier  dans  l'axe  de  l'intestin  moyen. 

Fig.  3.  —  Disposition  de  l'une  des  six  colonnettes  longitudinales  du  gésier. 
Cette  colonnette  ou  languette  est  détachée  et  vue  par  sa  face  înlerne  pour 
montrer  les  nombreux  piquants  situéi  enaet  b;a,  portion  supérieure  de 
la  languette  contenue  dans  le  jabot  ;  c,  région  médiane  de  la  languette; 
b,  eilrémité  inférieure  de  la  languette  placée  dans  l'axe  de  l'intestin 
moyen. 

Fig.  4.  —  Coupe  de  l'œsophage  de  la  Forficula  auricularia.  g.  m,  couche  muscu- 
laire formée  par  des  faisceaux  annulaires  peu  épais.  A  l'extérieur  existe 
quelques  rares  libres  longitudinales,  recouvertes  par  une  membrane  très 
mince  mp;  ce,  couche  épitbéliale  constituée  par  une  seule  assise  de 
cellules  cliilinogènes,  de  forme  cubique,  avec  un  gros  noyau  central  n; 
eh,  couche  chitineuse  mince,  recouvrant  l'épithéliuro.  Cette  couche  se 
détache  facilement  des  cellules  sous-jacentes  ;  0,  cavité  centrale  de 
l'œsophage;  R,  un  des  nombreux  replis  que  forme  la  couche  interne; 
mp,  membrane  péritonéale  très  mince. 

La  structure  du  jabot  est  identique  à  celle  de  l'atopkage,  avec  cette  diffé- 
rence toutefois  que  les  replis  sont  plus  nombreux,  plus  accentués  et  que 
la  couche  musculaire  enveloppante  est  plus  épaisse. 

Fig.  5.  —  Coupe  de  l'intestin  postérieur  de  Formula  aurieularia.  M,  mem- 
brane enveloppante  externe,  très  mince.  Ff,  Taisceaux  musculaires  longi- 
tudinaux, peu  nombreux;  ce,  couche  ëpilbéliale  présentant  six  replis 
longitudinaux  R,  tr^s  apparents  extérieurement  sous  forme  de  bande- 
lettes blanchâtres;  ck,  enveloppe  chitineuse  interne  recouvrant  la  mem- 
brane épitbéliale;  o,  cavité  centrale;  Fc,  couche  musculaire,  constituée 
par  des  faisceaux  annulaires. 

Fig.  6.  —  Coupe  transversale  d'une  glande  rectale  B  de  la  Forficula  auricu- 

ANI».    se.    NAT.    ZOOL.  V,  13 


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vu  L-   BORDAS. 

taria.  Le  rectum  présente  six  bourrelets  semblables.  D.R,  sillons  latéraux 
compris  entre  deux  glandes  rectales;  ce,  intima  ou  couche  chitineuse; 
ac,  matrice  de  l'inlima  chitineuse  ou  assise  chitino^ène;  E,  assise  épi* 
Ihéliale,  formée  par  de  grosses  cellules  rectangulaires,  à  noyau  central 
ovale  pourvu  de  nombreuses  granulations  nucléolaires.  Chaque  bourrelet 
ou  repli  glandulaire  renferme  environ  de  10  à  12  cellules  semblables.  Le 
protoplasme  cellulaire  pressente  de  nombreuses  stria  lions,  bien  accentuées 
surtout  vers  le  bord  interne;  Tr,  filaments  trachéens  vus  en  coupe; 
kg,  assise  génératrice  épithéliale  i  Te,  tissu  conjonctif  ;  cl,  faisceaux  mus- 
culaires longitudinaux  ;  cnic,  couche  musculaire  circulaire,  généralement 
très  mince. 

Fig.  7.  —  Ensemble  de  l'appareil  di^eal\(daPhilialosomapylhonius{V/eniv.). 
tid,  mandibules;  m,  faisceaux  musculaires  rattachant  le  pharynx  aux 
parois  latérales  céphaliques;  Œ,  cesophage:  ja,  jabol;  Im,,  portion  antë* 
rieure  de  l'intestin  moyen  avec  ses  gros  bourrelets  musculaires  annu- 
laires; Irn,,  deuxième  portion  de  l'intestin  moyen,  portant  un  certain 
nombre  de  gtandules  gl,  à  base  ovoïde  et  terminées  par  un  lllomenl 
grêle  et  flexueux;  Tm,  tubes  de  Malpighi,  groupés  en  plusieurs  (aisci'aux 
s'ouvrant  au  sommet  de  petits  tubercules  coniques  ;  Ip,  intestin  terminal; 
R,  rectum,  présentant  six  bourrelets  longitudinaux  a  correspondant  à  des 
replis  épithéliuux  internes  (glandes  rectaln)  ;  Ag,  armature  génitale. 

Fig.  8.  —  Bourrelet  valvulaire  llu,  de  l'extrémité  postérieure  Ip,  de  l'intestin 
terminal  de  Phibaloioma.  Ces  bourrelets,  de  forme  pyramidale,  sont  au 
nombre  de  six.  It,  bandelette  interne  du  rectum. 

Fig.  9.  —  Portion  terminale  de  l'intestin  moyen  Im'  de  Pktbalosoma,  avec 
ses  replis  longitudinaux  séparant  des  bourrelets  parallèles  R.  Tm,  tubes 
de  Ualpighi,  groupés  en  plusieurs  faisceaux  s'ouvrant  au  sommet  de 
petits  tubercules  coniques  a. 

Pig.  10.  —  Portion  terminale  de  l'abdomen  de  Phibalosoma  pyfAontuj; 
a  et  D,  deux  derniers  segments  abdominaux  ;  A,  armature  génitale. 

Fig.  M.  —  Orillce  antérieur  du  rectum  de  Plâbatosoma,  avec  ses  six  val- 
vules V,  limitant  un  orifice  étoile  0;  \'e,  enveloppe  musculaire  du  rétré- 
cissement postérieur  de  l'intestin  terminal. 

PLANCHE  11, 

Appareil  digestif  des  Forliculidin  [For/kula],  des  Phasmidtc  {Àcanlhoderut, 
Necroscia)  et  des  Mantida»  {Tenodera). 

Fig.  I.  —  Appareil  digestif  de  V AcantkoJcrus  spinosus.  MlI,  mandibules; 
H,  faisceaux  musculaires  rattacliatit  le  pharjnx  l'k  aux  parois  latérales 
céphaliques;  PA,  pharynx;  (£,  œsophage;  Its,  réservoirs  salfvaires  de 
forme  ovoïde;  Gs,  friandes  salivaires  avec  leurs  canaux  excréteurs  ce, 
Ja,  jabot;  Im,,  portion  antérieure  de  l'intestin  moyen;  lin,,  portion 
terminale  du  même  organe;  CI,  glandules  filiformes  dépendant  de  l'in- 
testin moyen;  Tm,  tubes  de  Ualpighi  groupés  en  nombreux  faisceaux; 
Ip,  intestin  postérieur  ou  terminal  ;  R,  rectum  et  glandes  rectales  Gr. 

Fig.  2. —  Appareil  digestif  de  la  Tenodern  Austmlasix.  CkI  ovgtne  eil  remar- 
quable par  l'énorme  développement  du  Jabot  qui  remplit  tout  le  thorax 
et  la  moitié  antérieure  de  l'abdomen  et  par  la  grande  réduction  des 
intestins  moyen  et  postérieur.  Ud,  mandibules  ;  Œ,  oesophage  ;  Rs,  réser- 
voirs salivaires;  Gs,  glandes  salivaires  et  canaux  excréteurs  ce;  la,  ta,, 


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EXPLICATION   DES   PLANCHES.  195 

portion  antérieure  et  portion  postérieure  Ja  jabut  ;  Qe,  Rosier  «tropliië  ; 
Ai,  appendices  intestinaux;  Im  et  Ip,  intestins  moyen  et  postérieur; 
Tm,  tubes  de  Haipighi;  R,  rectum;  Gr,  glandes  rectales;  Ag,  armure 
fïénitale. 

Pig.  3.  —  Structure  des  colonnes  cbilineuses,  arec  denticulations,  de  la 
partie  posléro-inteme  du  jabot  de  l'Acantkoderut  spinosus.  R,  bandelette 
eoraée  recouverte  de  dents  cbilineuses  d  et  limitée  par  une  dépression 
longitudinale  S. 

Fig.  i.  —  Portion  terminale  de  l'intestin  moyen  de  VAcanthoderus,  avec  ses 
bourrelets  transversaui.  gl.  glandules  à  base  conique  et  A  extrémité  fili- 
forme ;  Tm,  tubes  de  Ualpigbi  allant  s'ouvrir  au  sommet  de  petits  diver- 
licules  coniques. 

Ftg.S. — Section  transversale  du  gésier  et  de  la  partie  antérieure  de  l'intestin 
moyen  de  la  Forficula  auricularia.  M,  membrane  enveloppante  externe  ou 
tunique  péritonéale.  F',  libres  musculaires  longitudinales;  Fc,  couche 
musculaire  annulaire  ;  ce,  membrane  épitfaéliale  interne  de  la  portion 
antérieure  de  l'intestin  mojen,  L'épitbélium  esl  constitué  par  une  assise 
unique  de  hautes  cellules  cylindriques,  alignées  en  ordre  et  symétriqne- 
ment  dispo3é<;s.  Ces  cellules  sont  pourvues  de  gros  noyaux  cylindriques 
ou  ovales  présentant,  à  leur  intérieur,  de  nombreuses  granulations  nu- 
cléolaires;  elles  sont,  en  outre,  surmontées  d'un  plateau  chitineux  strié 
et  ciliK  A.  Gi,  épitbélium  interne,  appartenant  à  la  surface  externe  du 
gésier,  de  même  structure  >\ae  l'épilhéliiim  ce.  A,  revêtement  cilié  épi- 
tbélial;  B,  cavité  interne  de  l'intestin;  La,  replis  internes  (lamelles)  du 
gésier  avec  leurs  cellules  chitinogAnes,  leur  revêtement  corné  et  leurs 
denticulations  ;  Gn,  cavité  centrale  du  gésier. 

Fig.  6.  —  Replis  chitineux  île  la  face  interne  de  la  région  postérieure  du 
jaboi,  chez  la  Kecrusi^ia  treclUheus.  R,  larges  bandelettes  cornées  recou- 
vertes de  dents  cbilineuses  d,  disposées  régulièrement;  S,  dépression 
longitudinale  séparant  deux  bandelettes. 

Fig.  t.  —  L'ne  des  (ilandules  externes  de  l'intestin  moyen  de  ï'Acanthoderv», 
vue  4  un  fort  grossissement.  R,  réservoir,  de  forme  conique;  ca,  portion 
filiforme  de  la  glande, 

Fig.  8.  —  Caniiux  escréteurs  des  glandes  salivaires  de  VAcanthoderus; 
c,  canalicules  eicré leurs  ;  ce,  canaux  efférents,  s'accolant  en  E,  au  moment 
de  s'ouvrir  au  ilulioi'S. 

Fig.  9.  —  l'ne  portion  de  la  rtiembrant  chilineuse  Ich  qui  recouvre  t<>s  bour- 
relets situés  au-dessous  des  dents  du  gésier  de  la  Manlis  religiosa;  d,  dents 
on  soies  chitineuses,  à  sommet  simple  ou  bilide. 


Appareil  digestif  des  Mantidtp  {Uier.iiUtla,  Slagmaloptera,  Mantà, 
Ertmiaphila)  cl  des  Rlattidto  (Blaliera  otropus,  0(.  giganlea). 

Fig.    I.   —  Portion  terminale    de   l'appareil   digestif  de  Biabera  atropof. 

im,  intestin  moyen  ;  ip,  intestin  postérieur  ;  Tm,  tubes  de  Halpighi  groupés 

en  un  large  faisceau  j  R,  renflement  de  l'intestin  postérieur  on  terminai  ; 

H«,  rectum. 
Fig.  2.  —  Appareil  digestif  de  VHierodula  biocalala.  Cet  organe  présente  nn 

œsophage  très  allongé.   HJ,  mandibules;  PA,  pharynx;  flE,  œsophage; 

G*,  glandes  salivaires  ;  Rs,  réservoirs  et  ce,  canaux  excréteurs  ;  Jo,  jabot 


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106  L. 

très  vûtumineux  ;  Ge,  géaier  presque  atrophié  ;  At,  nppendic«s  intestïnanz, 
longsetflexueux;Im,  iatestÎD  moyen  ;Tfn,  tubes  de  Malpighi;  tp,  inlestio 
postérieur  ;  R,  rectum  et  glandes  reclales  Gr. 

Fîg.  3.  —  Appaxe'il  Aigeslit d'Eremiaphila  denticotlis.  tid,  mandibules;  PJi,  pb&- 
ryns  ;  Gs,  glandes  salitaires  avec  leurs  réservoirs  R  et  leurs  canaux  excré- 
teursc;  CE,  œsophage;  Ja,  jabol;  Ai,appeDdices  inteslinaux;  Im,  intestin 
mojren;  Ip,  intestin  postérieur;  Tm,  tubes  de  Malpighi;  H,  rectum  el 
glandes  reclales  Gr. 

Fig.  4.  —  Portion  interne  du  gésier  de  Blabej-a  atropoi,  montrant  les  repHs 
et  lesdentioules;Ja,  portion  inférieure  et  interne  du  jabot  avec  ses  replis; 
d,  denticules  du  gésier.  Ces  denticules  sont  les  derniers  vestiges  de  l'arma- 
ture chitineuse  si  développée  chez  les  Blattes.  Ge,  replis  du  gésier. 

Fig.  S.  —Mode  d'insertion  des  appendices  intestinaux  à  l'origine  de  l'iDlestin 
moytn  chmlti  Stagmalopterapredicatoria.  n,  nerf  sympathique  sus-intesti- 
nal, avec  ganglion  intestinal  gs  ;  Ja,  jabot  ;  Ai,  cajcums  inlestinaui  ;  Ap,  ren- 
flement du  gésier;  Im,  extrémité  anléro-iuteme  de  l'intestin  moyen,  pré- 
sentant une  série  de  dépressions  ea,  eu  sommet  desquelles  se  voient  les 
oriltces  o  des  cncums  intestinaux. 

Fig.  6.  —  Vue  interrte  du  gésier  de  la  Maitti$  religiosa.  Bo,  une  des  six  colonnes 
cornées  internes,  bombées,  avec  ses  bandeletUs  longiludinales  cbiti- 
neuses,  irréguliéres,  souvent  même  anastomosées  entre  elles  et  portant, 
&  leur  surface  libre,  de  nombreuses  soies  très  courtes;  S,  dépression  lon- 
gitudinale, peu  profonde,  comprise  entre  deux  colonnes  cornées;  d,  une 
des  dents  cbitineuses,  recourbées  en  arrière  et  situées  k  l'extrémii^  des 
dépressions  S;  B.  zone  séligére,  demi-circulaire,  liombée  et  hérissée  de 
soies  ou  poils  chitineux,  de  formes  et  de  dimensions  variables;  p,  pédi- 
cule cylindrique  qui  se  prolonge  dans  l'axe  de  l'intestin  moyen. 

Fig.  7.  —  Colonnes  chitineuses  B  du  gésier  de  la  Slagmatoptara  predica- 
toria  ;  B',  légers  bourrelets  cbitineux,  surmontant  les  colonnes  et  séparés 
par  des  dépressions;  d,  dent  chitineuse  ;  a,  zone  fusiforme  pitifère  portant 
des  soies  lantél  libres,  et  tantôt  soudées,  formant  alors  une  sorte  de 
denlicule;  S,  région  pilifère  située  à  l'extrémité  postéiieure  du  gésier. 

Fig.  8.  —  Une  des  six  colonnes  masticatrices  du  gésier  de  la  Btabera 
giganlea.  L'armature  masticatrice,  bien  développée  chez  les  Périplaaétes, 
est  à  peu  prés  atrophiée  chez  les  Blabera;  D,  dent  de  l'armature  an- 
dessous  de  laquelle  sont  de  légers  replis  c  disposés  longitudinalement. 

PLANCHE  IV. 

Appareil  digestif  des  Blattidœ  (Periptiinela,  BUtbera,  Bpilampra, 
Polywsteria,  etc..) 

Fig.  1.  -  Appareil  digestif  de  la  Polyiosteria  iimbata.  L'échantillon  soumis 
à  notre  examen  avait  les  dimensions  suivantes  :  longueur,  62  millim., 
et  largeur,  prise  au  2'  segment  abdominal,  22  millim.  Quant  au  tube 
digestif,  il  mesurait,  complètement  développé,  127  millim.  PA,  pharynx; 
QC,  œsophage  ;  Ja,  jabot  el  gésier  Ge  ;  At,  appendices  ou  uecums  intesti- 
naux au  nombre  de  huit.  La  figure  n'en  représente  que  six;  Im,  iotestie 
moyen,  fleiufuz  et  très  long;  Tm,  tubes  de  Malpighi  gronpés  en  si( 
faisceaux  autour  de  l'intestin;  Ip,  intestin  terminal  avec  un  renflement 
médian  R;  Re,  rectum  et  glandes  rectales  âr. 

fig,  2.  —  Ensemble  de  l'appareil  digestif  de  la  Blabtra  gigmUa.  Celte  espèce 


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EXPLICATION   DES   PLANCHES.  197 

avait  les  dimensions  suivantes  :  longueur,  61  naillim.,  et  largeur,  au 
4*segmen(abdominai,  25  millim.jPA,  pharynx;  CE,  œsophage;  Jn,  jabot; 
Gc,  gésier;  At,  appendices  inteslinaux;  Im,  intestin  moyen;  Ip,  intestin 
terminal  avec  les  tubes  de  Malpighi  Tm  groupés  suivant  une  plage  irré- 
guliire  ne  comprenant  que  les  deux  cinquièmes  environ  de  la  circonfé- 
rence intestinale  ;  Re,  renflement  de  l'inleslin  postérieur;  R,  rectum  et 
glandes  recinles  Gr. 

Fig.  3.  —  Clandes  salivaires  de  la  Periphnela  amerieana.  Gs,  massif  salivaîre 
formé  par  l'agglomération  de  plusieurs  grappes  ;  ea,  canaux  excréteurs 
des  acini  glandulaires;  a,  canaux  efTérents  et  réservoirs  salivaires  lU; 
ce,  canal  excréteur  commua,  formé  par  la  fusion  des  deux  réservoirs 
glandulaires  Rs  et  des  canaux  efférents  r. 

Fig.  4.  —  Jabot  et  gésier  de  la  Periptaneta  amerieana  ouverts  el  montrant  une 
partie  de  l'armature  masticatrice,  ia,  cavilé  interne  du  jabot,  avec  ses 
bourrelets  internes  R  séparés  par  de  nombreux  replis  longitudinaux; 
Ge,  gésier  ouvert  et  montrant  trois  colonnes  de  l'armature  masticatrice; 
p,  pédoncule  du  gésier  pénétrant  dans  l'aie  de  la  partie  antérieure  de 
l'intestin  moyen. 

Fig.  5.  —  Une  des  colonnes  masticatrices  du  gésier  de  la  Poljfzosteria  limbata. 
ia,  portion  interne  du  jabot  avec  ses  replis;  dd,  dents  du  gésier  disposées 
en  séries  longitudinales.  Le  gésier  est  composé  de  six  rangées  identiques 
h  celle  de  la  figure;  R,  replis  longitudinaux  de  l'appendice  qui  pénétre 
dans  l'axe  de  la  partie  antérieure  de  l'intestin  moyen. 

Fig.  6.  —  Une  des  six  colonnes  qui  constituent  l'armature  interne  du  gésier 
de  la  Pmplonela  ameiicana  (vue  de  profil),  ta,  extrémité  inférieure  du 
jabot;  D,  première  dent  chitineuse  très  forte  et  pourvue  de  plusieurs 
tubercules  coniques;  I,  dépression  cunéiforme  située  au-dessous  de  la 
première  dent;  D,,  deuxième  dent  de  la  colonne,  coiffée  d'une  mince 
couche  de  chitine;  I,,  deuxième  dépression  transversale;  D,„  repli  mus- 
culaire dentiforme,  recouvert  d'une  mince  couche  cornée  et  se  prolon- 
geant dans  le  pédoncule  postérieur  du  gésier;  d,  denticule  formée  par 
une  série  de  lamelles  chitineuses  soudées. 

Pig.  7.  —  Partie  anlérienre  de  l'intestin  de  la  Peripiaticta  amerieana.  OE,  œso- 
phage; Jd,  jabot;  Ge,  gésier;  Im,  extrémité  antérieure  de  l'intestin  moyen, 
avec  trois  appendices  intestinaux  At.  Les  trois  autres  ne  sont  pas  repré- 
sentés. 

Fig.  8.  —  Portion  terminale  du  segment  postérieur  abdominal  de  la  Poly- 
totUria  limbata. 

Fig.  6.  —  Face  interne  du  gésier  et  de  l'extrémité  inférieure  du  jabot  de 
l'Epffompni  j;riii:ifû.  ce',  colonnes  chitino-musculaires  du  gésier.  Cet  or- 
gane, atrophié  et  rudimentaire,  est  complètement  dépourvu  de  dents. 

PLANCHE  V. 
Appareil  digestif  des  BlatiiJx  et  des  Acridiidx. 

Fig,  1.  —  Ensemble  de  l'appareil  digestif  de  la  Pefiplantta  amerieana.  fh, 
pharynx ;0E,  œsophage ;ja,  jabot;  Ge, gésier;  Ai, appendices  intestinaux, 
an  nombre  de  huit.  La  figure  n'en  représente  que  sept.  Im,  intestin 
moyen;  Ip,  intestin  postérieur;  Tm,  tubes  de  Halpi|;hi  disposés  en  six 
faisceaux, «'ouvrant  au  sommet  de  six  tubercules  disposés  circulairement 
&  l'origine  de  l'intestin  terminal  ;  R,  rectum  avec  sii  épaississe  me  nia 


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J98  L.    BORDAS. 

loDgiludinaux  Gr,  analogues  aux  glandes  rectales  des  Uyménoplâies  ; 
A,  o['iflc«  anal. 

Vig.  2.  —  Face  iniprne  Je  la  portion  terminale  du  .jalmL  el  de  i'extrémité 
antérieure  <te  t'inteslin  moyen  chez  VCEdipoda  viiniiita.  ex,  caecum  intesti- 
nal antérieur,  avec  sou  appendice  postérieur  «t  ;  iii,  face  interne  du  jaliot 
avec  ses  replis  longitudinaux  et  ses  piquants  chitineux  ;  Im,  face  interne 
de  l'intestin  moyen  ;  a.  valvule  circulaire  s^parnnt  le  jabot  de  l'intestin 
moyen  l'o,  orilice  commun  du  ctecum  intestinal  el  de  sou  appendice  pof- 
teneur  ci  ;  V,  épaississement  chitineux  Iriantiukire.  représentant  le  der- 
nier vesti(;e  de  l'armature  masticatrice  du  ^vsier.  On  compte,  à  l'exlré- 
mité  du  jabot,  six  épaississemenls  semblahlcs,  disposés  circulairemeul. 

Fig.  3.  —  Ensemble  de  j'iippareil  digestif  de  l'Œdipodii  miniata.  Hd,  mau- 
dibules  ;  PA,  pharynx  ;  (J-:,  tesopbage  ;  la,  jabot  volumineux  et  de  forme 
ovoïde;  Gs,  glandes  salivaires  peu  dOveloppies  el  formées  par  un  petit 
nombre  de  grappes  à  acini  sphériques^  ci,  ciccums  ou  appendices  inlesti- 
naai,  au  nombre  de  six,  disposés  circulairement  autour  de  la  partie 
antérieure  de  l'intestin  moyen  et  enveloppant  l'exlrémité  postérieure  du 
jabot.  Ces  appendices  soni  pourvus  de  prolongements  i,  en  général  assez 
courts  ;  Tm,  tuhes  de  Malpighi  disposés  en  plusieurs  faisceaux,  insérés  à 
l'origine  de  l'intestin  postérieur  Ip  ;  Im,  intestin  moyen;  R,  rectum  avec 
les  glandes  rectales  lir.  Ag,  eitréniilé  postérieure  de  l'abdomen  avtc 
l'armature  génitale. 

Fig.  4.  —  Appareil  digestif  d'Epilampra  graeilii.  PA,  pliaryni  ;  Œ,  ibso- 
pbage  ;  Gs,  glandes  salivaires  ;  Jn,  jabot  ;  Ge,  gésier  presque  atrophié  ; 
Ip,  intestin  poslèrieur;  Tm,  tubes  de  Malpighi  disposés  en  trois  touffes 
[la  ligure  n'eu  représente  que  deux)  équidistantes,  s'ouvrant  au  sommet 
de  petits  tubercules  coniques  t  dus  à  des  évaginalions  latérales  de  la 
partie  antérieure  de  l'intestin  terminal.  R,  rectum  el  glandes  rectales  Gr  ; 
et,  CfBcnms  intestinaux,  au  nombre  de  huit  à  dix  chei  VEpiUtmpra. 

Fig.  G.  —  Paces  internes  du  jabot  Ja  et  du  gésier  G  de  la  PonestAùt  java- 
niea.  On  remarque  les  replis  longitudinaux  R  du  gésier  G  avec  les  petites 
deniiculations  d.  La  ligne  de  séparation  l  entre  le  jabot  et  le  gésier  est 
indiquée  par  un  faible  sillon  annulaire. 

Fig.  6.  —  A,  portion  d'un  bourrelet  circulaire  de  la  première  partie  du 
jabot  du  Patnphagus  eUphas,  avec  de  nombreuses  soies  chilineases.  B,  la- 
melle cbitineuse  reci>uverte  de  dents  d  et  située  à  la  panie  postérieure 
du  jabot  du  Piimphagus  eteplias.  Cette  partie  du  jabot  correspond  as 
gésier  des  autres  Orthoptères. 

Fig.  7.  —  Face  interne  de  la  partie  postérieure  du  jabot  de  l'CËdipoda 
emrulacens  et  de  l'OE.  miniata.  La  portion  terminale  L  est  l'homologue  do 
gésier  des  Gryllide,  des  Blallida-,  etc.  Ja,  face  interne  do  l'extrémité 
postérieure  du  jabot,  avec  ses  replis  longitudinaux  R  surmontés  de  peti- 
tes pointes  chitiueuses  coniques  P  :  L,  lamelles  chitineuses  disposées  en 
V,  à  bords  épais,  représentant  les  derniers  vestiges  de  l'armature  masti- 
catrice des  Locuslidu)  et  des  Gryllidœ.  Il  existe  six  lamelles  semblables, 
disposées  en  cercle  autour  de  l'extrémité  postérieure  du  jabot  ;  B,  bord 
postérieur  du  jabot,  formant  une  valvule  circulaire,  i  la  suite  de  laquelle 
commence  l'iniestiD  moyen. 

Fig.  8.  —  Coupe  transversale  d'un  cœcum  intestinal  d'CBdipoda  eirruteS' 
cent,  avec  ses  nombreux  replis  internes.  P,  paroi  externe  avec  ses  mus- 
elés circulaires  me  ;  E,  épilhélium  constitué  par  de  longues  cellule» 
cylindriques  ciliées,  h  gros  noyan  ovale. 


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BXPLtCATION   DES    PLANCHES.  199 

Kig.  9.  —  Un  des  sixbourrelets  chitineax  du  gésier  (extrémité  postérieure 
du  JNbot)  de  VCBdipoda  miniata.  Ce  bourrelet  B,  d'apparence  fongiforme, 
est  plus  aplati  que  ceux  des  Stenobotlirus  et  des  Mecoslhelus.  Son  pé- 
doncule est,  de  même,  plus  court.  Hn,  faisceaux  musculaires  circulaires. 
La  musculature  n'est  pas  entièrement  représentée  ;  M,  faisceaux  muscu- 
laires situés  dans  l'intérieur  du  bourrelet  B.  e,  assise  des  cellules  chiti- 
nogénes  ;  ce,  membrane  chitineuse  munie,  au  sommet  des  bourrelets 
longiludinaui,  de  nombreuses  et  tines  denticulalions. 

PLANCHE  VI. 
Appareil  digestif  des  Acridiidx  (Suite). 

Fig.  1.  —  Ensemble  de  l'appareil  iligeslif  du  Pireilncerus  (famille  des 
P/r);omorphinffl).  PA,  pbaiynx;  Œ,  œsophage;  Ja, jabot;  ci,  ciecunis 
intestinaux,  au  nombre  de  six,  pourvus  de  sirialions  longitudinales  et 
d'appendices  postérieurs  a;  Ttn,  tubes  de  Malpighi  groupés  en  plusieurs 
faisceaux;  IrR,  inlestin  moyen;  Ip,  intestin  postérieur,  avec  rectum  R  et 
glandes  rectales  Gr. 

Fip.  8.  —  Appareil  digestif  (sauf  le  jabot  et  l'œsophage]  de  la  nymphe 
d'^cn'ilium  peregrinum. 

ci,  ciccums  intestinaux  arec  leurs  prolongements  musculaires  filifor- 
mes a  les  rattachant  aux  parois  latérales  du  Jabot  ;  6,  appendices  posté- 
rieurs des  cœcums  intestinaux;  Im,  intestin  moyen;  Tm,  tubes  de 
Halpigbi,  très  nombreux  et  disposés  en  toulTes  s'ouvrant  au  sommet  de 
petits  tubercules  coniques  placés  à  l'orif^ine  de  l'intestin  terminal  ;  Ip.  in- 
testin postérieur  avec  le  rétrécissement  R  et  le  rectum  Re.  Autour  du 
rectum,  on  remarque  des  bandelettes  fusiformes  et  longitudinales,  consti- 
tuant les  glandes  rectales  Gr,  analot;ues,  comme  structure  histologique, 
&  celles  que  nous  avons  étudiées  chez  les  Hyménoptères. 

Fig,  3.  —  Porlion  médiane  de  l'appareil  digestif  do  Caloptenus  ilalicus. 
Iif),  intestin  moyen;  ci,  cscums  intestinaux,  au  nombre  de  sii,  avec 
leurs  appendices  postérieurs  cp  ;  Tm,  tubes  de  Malpigbi,  minces  et  fili- 
formes, disposés  en  six  toutîes  à  l'origine  de  l'intestin  terminal  Ip. 

Fig.  t.  —  Fnce  interne  du  jabot  de  l'Atridiiim  pertgrinum  adulte; S,  plage 
rectangulaire  de  la  face  ventrale,  limitée  de  chaque  c6(é  par  un  sillon 
surmonté  d'un  bourrelet.  Celte  plafje  est  sillonnée  par  des  replis  peu 
apparents;  P,  replis  transverses  de  la  moitié  antérieure  du  jabot;  B  et  6, 
bourrelets  longitudrnaux  de  la  région  postérieure  du  jabot.  Ces  bourre- 
let*, très  serrés,  sont  surmontés  de  denticules  chitineuses.  Ils  se  grou- 
pent peu  à  peu  en  six  faisceaux  allant  converger  entre  les  branches 
antérieures  d'une  denliculalion  L,  disposée  en  forme  de  Y.  Celte  portion 
terminale  du  Jabot  joue  le  râle  de  gésier. 

Fig.  3.  —  Paroi  interne  de  la  portion  terminale  du  jabot  (gésier}  du  Sténo- 
hothria  litieatus,  B,  bourrelets  longitudinaux  limitant  un  large  sillon 
ventral  s;  B,  bandelettes  circulaires  transversales,  parallèles  et  situées 
dans  des  plans  perpendiculaires  à  l'axe  du  corps  de  l'insecte;  RI,  bande- 
lettes longitudinales,  hérissées  de  petites  pointes  chitineuses.  Celte  por- 
tion du  jnbot  correspond  au  gésier  de  la  plupart  des  autres  Orthoptères. 

Fig.  B.  —  Mode  d'embouchure  des  cœcums  intestinaux  dans  l'intestin 
moyen,  chez  le  Pamphagus  elephas.  ca,  ciecum  intestinal  avec  son  appen- 
dice postérieur  a;  B,  portion  terminale  de  la  face  interne  du  jabot. 


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200  !..  BOBDA». 

ivconverte  d'une  membrane  chitineuse  pourvue  de  bourrelets  longitudi- 
naux denticulés  ;  Bo,  large  bourrelé!  terminal  du  jabot  pénétrant  dans 
l'aie  de  l'intestin  moyen  ;  o,  orillce  de  communication  des  «ecums  iotes- 
tinaux  en  et  a  avec  l'intestin  moyen  V. 

Fig.  7.  —  Face  interne  de  la  partie  postérieure  du  jabot  du  Pampkagus 
eZepAiM.  Cette  région  peut  être  considérée  comme  l'homologue  du  gésitr 
do  la  plupart  des  auEres  Orthoptères  ;  B,  bandelettes  longitudinales  por- 
tant sur  leur  crête  de  Dombreuses  petites  dents  chilineus^s;  L,  lamelle 
chitineuse  à  bords  épais,  correspondant  h  l'armature  masticatrice  du 
gésier  des  Blattid»,  des  Gryllidœ,  etc. 

Fig.  6.  —  Bourrelels  chitineui,  arec  dents  d,  de  la  face  posté ro- interne 
du  jabot  du  Stenobothna  lirteatus. 

Fig.  9.  —  Coupe  transversale  faite  au  tiers  postérieur  du  jabot  du  SUno- 
bothrai  tongkornis ;  R,  replis  chitîneux  internes;  Me,  membrane  envelop- 
pante eiterne  ;  FI,  libres  musculaires  looftitudinales  ;  Fa,  faisceaox 
annulaires  ou  circulaires  ;  ce,  assise  cellulaire  cbitinogène  ;  eh,  membrane 
enveloppante,  chitineuse  interne. 

Fig.  tO.  —  Coupe  d'une  portion  de  la  région  médîo-antérieuredu  jabot  'tu 
Mecotlhelus  grosiits.  Dans  la  ligure,  on  n'a  indiqué  que  quatre  replis  K, 
mais  le  nombre  de  ces  derniers  est  compris  entre  quarante  et  soixante. 
(Les  lettres  représentent  les  mêmes  parties  que  dans  la  figure  précé- 
dente.) 

PLANCHE  VII. 
Appareil  digestif  des  Acridiidx  et  des  Locusltdx. 

Fig.  I.  —  Appareil  digestif  du  Stenobollirus  Unealus.  PA,  pharynx  ;  (E,  Œso- 
phage; H,  faisceaux  musculaires  reliant  le  pharynx  aux  parois  latérales 
cépbaliques  ;  gs,  glandes  salivaires  avec  canaux  excréteurs  ce;  îa,  jabot; 
CI,  appendices  intestinaux  antérieurs  avec  leurs  prolongements  posté> 
rieurs  a  ;  Im,  inlestin  moyen  et  Ip,  intestin  terminal  avec  son  étrangle- 
ment Ha  ;  R,  reclum  avec  g'andes  rectales  Re. 

Fig.  2.  —  Ensemble  de  l'appareil  digestif  de  la  Truxatii  uoguiculata  (les 
lettres  sont  les  mêmes  que  dans  la  figure  précédente  et  désignent  les 
mêmes  parties).  Le  rectum  H  est  allongé  et  fusiforme  et  les  glandes  rec- 
tales lt«  affectent  la  forme  de  six  longues  bandelettes  longitudinales. 

Fig.  3.  —  Portion  médiane  du  tube  digestif  du  Mecoslhetus  gronut,  avec  la 
disposition  des  tubes  de  Malpighi  et  celle  des  caicums  intestinaux  ;  Jo, 
jabot  ;  Cl,  appendices  intpstinnux  avec  leurs  prolongements  postérieurs  a  ; 
Im,  inlestin  moyen  et  tubes  de  Malpighi  7m, 

Fig.  4.  —  Section  faite  h  l'extrémité  postérieure  du  jabot  (gésier)  chez  le 
Stenobolhrus  lineatus,  pour  montrer  le  mode  d'embouchure  des  cscums 
intestinaux.  (Figure  d'ensemble  et  demi-schématique.)  eg,  caviié  posté- 
rieure du  gésier  ;  F,  parois  et  bourrelets  longitudinaux  B  du  gésier;  ce, 
cavité  terminale  (emboacbure)  des  caecums  intestinaux;  c,,  caacums 
intestinaux  avec  leui-s  replis  internes  R. 

Fig.  S.  —  Coupe  du  gésier  (portion  postérieure  du  jabot)  un  peu  au-dessus 
de  l'insertion  des  caecums  intestinaui,  chez  le  Stenobolhrus  lineatus.  Les 
replis  internes  du  jabot  se  sont  modifiés  et  groupés  en  six  larges  bourre- 
lets claviformes  B,  dont  deux  sont  représentés  dans  la  figure.  Chaque 
bourrelet,  à  sommet  élargi,  porte  de  Unes  denticulations  et  est  relié  aux 


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EXPLICATION    DES   PLANCHES.  201 

paroJB  par  no  court  pédoncule.  Entre  deux  bourrelets  conitécDlifs  existent 
dem  ou  trois  petits  replis  secondaires  b.  B,  bourrelets  et  6,  replis  inler- 
médiaires  recouverts  d'une  membrane  chîlineuse  a  ;  ce,  assise  des  cellules 
chîliiiogënes  ;  Fc,  faisceaux  musculaires  circulaires. 

Fig.  6.  —  Cellules  de  l'épilhélium  des  cœcums  intestinaui  da  StenoboHirus 
longicomU.  b,  membrane  basale  ;  p,  protoplasme  granuleux  ;  n,  noyaux 
spbériques,  très  volumineui,  pourvus  de  nombreux  nucléoles  ;  c,  cils  très 
courts  et  très  nombreux,  recouvrant  la  face  stipérienre  des  cellules  et 
simulant  un  plateau  eu  tien  lai  re  strié.  Ces  cils,  en  forme  de  bâtonnets, 
très  serrés,  sont  emportés  par  la  cellule  quand  cette  dernière  se  détacbe. 

Fig.  7.  —  Gésier,  appendices  intestinaux  et  partie  anlérieure  de  l'intestin 
moyen  du  CUandrus  rex  (Brum). 

Jo,  extrémité  postérieure  du  jabot;  Ge,  gésier  avec  son  pédoncule  an* 
teneur  Pa;  Ai,  appendices  ou  ciccums  Intestinaux  du  Cteandrus.  Ces 
caecums,  très  caractéristiques,  comprennent,  de  chaque  cAté  du  gésier, 
deux  groupes  dont  l'inférieur  n'est  constitué  que  par  un  seul  organe  et 
l'antérieur  U  e^t  formé  par  l'accolement  de  sept  ou  huit  tubes.  Ce  der- 
nier massif  H  a  la  forme  d'une  main  dont  tous  les  doigts  seraient  soudés. 
11  est  enveloppé  par  une  membrane  commune  externe  et  la  cavité  centrale 
est  partagée  en  plusieurs  loges  par  des  cloisons  perpendiculaires  aux 
faces.  Ces  loges  internes,  correspondant  chacune  à  un  cœcum,  vont  s'ou- 
vrir séparément  à  la  partie  antérieure  de  l'Intestin  moyen.  Celte  disposi- 
tion, très  importante  et  très  instructive,  est  intermédiaire  entre  celle  que 
présentent  les  cœcums  intesiiiiaux  cbezies  Blatiids,  les  Mantid»,  etc.,  et 
celte  qu'ils  affectent  cbez  les  Locustidœ  et  les  Gryllidse.  Im,  intestin 
moven. 

Fig.  8. —  Dent  latérale  d'une  colonne  masticatrice  du  gésier  de  la  Salotnona 
ntigaeephnia  ;  ch,  sommet  chitineux  et  élargi  de  la  dent;  B, portion  basi- 
laire,  de  nature  musculaire. 

Fig.  9.  —  Coupe  transversale  du  gésier  [région  médiane)  du  Dwtieui  albi- 
fnnt.  Tp,  membrane  ou  tunique  péritonéale  enveloppante;  Hf, faisceaux 
musculaires  longttudinaui  ;  Hc,  couche  musculaire  circulaire  dont  cer- 
tains faisceaux  cr  pénètrent  même  jusque  dans  les  dents  médianes  Dm; 
ci,  assise  cellulaire  chitinogène;  ce,  membrane  chitineuse,  très  épaisse 
surtout  au  sommet  et  sur  les  cdtés  des  dents  médianes  Dm;  D(,  dents 
latérales  de  chaque  colonne  masticatrice,  dont  le  sommet  est  recouvert 
de  longs  poils  chitineux;  L,  languette  chilineuse  loneitudiiiale  située 
dans  les  profondes  dépressions  comprises  entre  les  colonnes  mastica- 
trices; Dm,  dents  médianes,  très  fortes,  de  la  région  centrale  de  chaque 
colonne  masticatrice.  Chacune  de  ces  dents,  recouverte  d'une  épaisse 
couche  chilineuse,  porte  de  nombreuses  deuticulatlons  t  son  sommet  et 
sur  ses  c4lés. 

Fig.  10.  —  Coupe  transversale  des  appendices  intestinaux  antérieurs  du 
Cleandna  rex,  montrant  les  diverses  cavités  ca  correspondant  à  chacun 
des  cncums  des  Hlattidie,  Mantidœ,  etc.  ;  cl,  cloisons  perpendiculaires 
aux  parois  de  l'organe  ;  d,  coupe  transversale  des  bourrelets  lungiludinaux 
des  cloisons. 

Fig.  t1.  —  Coupe  transversale  d'une  des  cavités  des  appendices  antérieurs 
du  Cleandnu  rex.  Eu,  membrane  recouvrante  externe  des  cœcums  intes- 
tinaux ;  ca,  cavité  ;  cl,  cloison  latérale  d'une  cavité  avec  la  coupe  des 
replis  longitudinaux  d. 

Fig.  12.  —  Une  des  colonnes  masticatrices  du  gésier  du  Cteandrta  rex. 


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ZUZ  I..  ■•■•«•. 

AA'  et  BB',  limites  latËrales  d'une  portion  de  colonne  ;  Dm,  dénis  médii- 
nes,  en  forme  de  lamelles  foliacées,  portant  des  soies  cbitineuseï  sur 
leur  bord  ;  dl,  dents  latérales,  de  forme  ovoïde. 

PLANCHE  VIII. 
I  Appareil  digettif  des  Loetulida:, 

Fig.  I.  —  Ensemble  de  l'appareil  digestif  d'une  Ephippiserinœ,  VEphlppi- 
gei-  bilUrimsis.  Tid,  mandibules  ;  pk,  pharynx  ;  Œ,  œsophage  très  court  ; 
Jii,  jabot  avfc  son  rétrécissement  antérieor  Ja';  Ce,  gésier,  organe  beau- 
coup plus  réduitque  celui  des  autres  Locustid»  et  dépourvu  d'un  pédon- 
cule antérieur.  11  s'insère  un  peu  eicentriquemenl  sur  la  face  postérieure 
du  jabot  ;  At,  coicums  intestinaux,  divisés  en  sept  ou  huit  chambres  par 
de  lar(;es  cloisons  internes  ;  Tm,  tubes  de  Malpighi  dont  les  extrémités 
antérieures  forment  deux  grosses  touffes  (  Dxées  au  sommet  des  coHiums 
intestinaux.  Ces  organes  sont  disposés  en  trois  ou  quatre  faisceaux 
facilement  séparables  et  allant  s'ouvrir  au  sommet  de  courts  diverli- 
Gules  cyltndro-coniques  Bo;  Fm, faisceau  postérieur;  lin, intestin  moyen; 
Ip,  inteslin  postérieur;  R,  rectum  et  glandes  rectales  Gr;  Ag,  armature 
génitale  avec  une  plaque  0,  recouvrant  l'orifice  nnal. 

Fig.  2.  —  Appareil  digestif  de  la  Salomona  megacephala.  0»,  glandes  sali- 
vaires  avec  canaux  excréteurs  re.  Les  autres  lettres  représentent  les 
mêmes  parties  que  dans  la  Qgure  1. 

Fig.  3.  —  Deux  rangées  transversales  de  dents  de  chaque  colonne  masti- 
catrice rudimenlaJre  du  gésier  de  l'EpAippi^erbiffn-iVnm.Ctinque  colonne 
est  pourvue  de  sept  rangées  semblables,  sanf  la  dernière  qui  est  un  peu 
atrophiée  ;  /,  lamelles  chilineuses  séparant  les  colonnes  masticatrices  ; 
D,  dents  médianes  et  d  dents  latérales  de  chaque  colonne. 

Fig.  4.  —  Appareil  digestif  du  Platyphytlum  niganUum.  Cet  appareil  est 
un  terme  de  passage  entre  celui  des  Acridiidte  et  celui  des  Locustidot. 
Les  glandes  salivaires  Gs,  sont  très  volumineuses, pourvues  de  canaux  ex* 
créteurs  cylindriques  ce  et  de  réservoirs  R.  Les  autres  lettres  de  la  ligure 
représentent  les  mêmes  parties  que  celles  de  la  ligure  1. 

Fig.  5.  —  Un  des  six  bourrelets  dentifâres  situés  à  l'extrémité  postérieure 
du  jabot  de  la  Plalijcieis  g}isea;  De,  dent  chittneuse  à  bords  crénelés  ;  H, 
replis  de  la  membrane  chitineuse  interne  du  jabot  ;  D,  tubercule  recou- 
vert de  nombreuses  soies  comités  et  situé  à  l'origine  du  pédoncule  anté- 
rieur du  gésier;  P,  double  bourrelet  chitine  ux  recouvert  desoies  cornées 
très  courtes. 

Fig.  6.  —  Coupe  transversale  du  jabot  (ri^gion  médiane)  du  Deetkus 
veirutivorus.  R,  replis  internes  que  forme  la  membrane  chitineuse  recou- 
vrante cr.  Cette  membrane  porte  de  nombreuses  petites  denticulations 
surtout  abondantes  et  bien  développées  au  sommet  des  bourrelets;  cg, 
assise  cellulaire  chilinogëne  formée  par  de  petites,  cellules  cubiques  & 
gros  noyaux;  cm,  couche  musculaire  circulaire.  La  musculature  longitu- 
dinale et  la  tunique  péritoiiéale  n'ont  pas  été  représentées. 

Fig.  T.  —  Insertion  des  tubes  de  Malpighi  chez  la  PlatyeUis  grisea  ;  Im,  in- 
testin moyen  ;  Iji,  intestin  postérieur  et  tubes  de  Mulpighi  Tm;  B,  bourre- 
lets provenant  de  diverticules  de  l'origine  de  l'intestin  postérieur  et  au 
sommet  desquels  viennent  s'ouvrir  de  nombreux  tubes  de  Malpighi.  Il 
existestxbourrelelssemblabtesautour  de  l'intestin  terminal  ou  postérieur. 


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EXPLICATION    DBS. PLANCHES.  203 

Fig.  8.  —  Deux  cellules  épilh^liales  ciliées  A  des  appendices  intestinaux 
de  Dcclicinie  {Declieus  trerrucruorus)  ;  b,  couche  basilaire  ;  n,  noyau  conte- 
naot  plusieurs  nucléoles',  c,  revêtement  cilié,  formé  par  une  assise  de 
cils  très  courts  et  très  serrés,  dont  l'eusemble  alTecle  l'apparence  d'an 
pinceau  ou  d'une  brosse  ;  ce,  cellule  interne  on  de  remplacement. 

PLANCHE  IX. 
Appareil  digestif  des  Locustidx  (Suite). 

Fig.  i.  —  Ensemble  de  l'appareil  digestif  du  Declieus  verrucivonis  ç^.  tid, 
mandibules  ;  PA,  pbarynx  ;  Œ,  lEsopbage  ;  M,  muscles;  la,  jabot;  Ge, 
gésier  avec  son  pé<lonciile  antérieur  p  ;  Ai,  caacums  ou  appendices  intes- 
tinaux ;  Im,  intestin  moyen  et  Ip,  intestin  postérieur  ou  terminal  ;  H,  rec- 
tum et  glandes  rectales  Gr;T»i,lubes  de  Malpighi.Cea  glandes  tubuleuses 
ionl  disposées  en  six  touffes  s'ouvrant  au  sommet  de  six  ctecums  très 
courts.  Ces  eiBCums  sont  disposés  par  paires  en  trois  groupes.  Dans  la 
ûgure,  on  n'a  représenté  que  deux  fai.<ceaux  séparés  par  un  intervalle 
libre. 

Fig.  3.  —  Appareil  digestif  d'une  Conocepbalinat  {Pseudorhynckus  mr'nor, 
Itedtenb.).  Les  lettres  représentent  les  mêmes  parties  que  dans  la  figure 
précédente.  Les  tubes  de  Malpigbi  Im  sont  groupés  en  six  toulfes  allant 
déboucher  chacune  au  sommet  d'un  tubercule  situé  à  l'ori^iine  de  l'intes- 
tin postérieur.  Dans  la  lljfure,  on  n'a  représenté  que  quatre  tubercules 
réunis  deux  à  deni.  Chez  tes  Conocéphalides,  ces  diverlicules  ou  bourre- 
lets de  l'intestin  postérieur  sont,  lantât  irrégulièrement  disposés,  tantAt, 
au  contraire,  ils  sont  réunis  par  paires. 

Fig.  3.  —  Insertion  des  tubes  de  Malpighi  Tm,  chez  le  Deiticus  vei-rucivo- 
rus;  (,  Inbercules  coniques  au  sommet  desquels  viennent  dûboucber  les 
tubes  de  Malpigbi. 

Fig.  4.  —  Dent  de  la  rangée  médiane  de  chaque  colonne  masticatrce  du 
gésier  de  Ptulydeis  grisea;  H,  racines  de  la  dent;  Tm,  tubercule  médian  à 
denticules  latérales  d  ;  a,  tubercule  latéral. 

Fig.  5,  —  Coupe  transversale  du  rectum  (glandes  rectales)  du  Dectictn 
Vfrruciiiorus.  Dans  la  tlgure,  on  n'a  représenté  qu'un  seul  bourrelet  B; 
l'oreaae  tout  enlieren  possède  six.  Ces  six  bourrelets,  allongés,  fusifor- 
mes,  à  section  triangulaire,  placés  à  égale  distance  les  uns  des  autres, 
constituent  les  glandei  rectales,  ce,  couche  ou  intima  cbilineuse;  E,  épi- 
tbélium  constitué  par  de  longues  cellules  cylindrique?,  à  gros  noyau 
central  multinucléolé  :  tcb,  tissu  conjonctif;  cb,  couche  génératrice  ;  Tr, 
conpe  de  tubes  trachéens  ;  cg,  coucbe  génératrice  de  ta  membrane  chiti- 
neuse  recouvrante  ce;  B,  une  des  glandes  rectales  qui,  en  coupe,  aiïecle 
une  forme  triangulaire;  It,  repli  compris  entre  deux  glandes  rectales; 
Fc,  coucbe  musculaire  circulaire  (interne)  ;  ¥1,  faisceaux  de  muscles  lon- 
gitudinaux (externes),  localisés  surtout  entre  chaque  glande  rectale,  en 
face  des  dépressions  R;  mp,  membrane  ou  tunique  péritonéale  recou- 
vrante externe,  très  mince. 
Fig.  6.  —  Une  des  six  rangées  de  dents  de  la  région  postérieure  du  jabot 
du  i^eclicus  verruciKorus  ;  UD,  dents  en  forme  de  curette,  à  bord  posté- 
rieur libre  et  crénelé  ;  R,  replis  transversaux  de  la  membrane  cbitineusa 
interne;  De,  dents  et  plages  sétigëres  situées  à  l'oridce  postérieur  du 
jabot  ;  Ba,  double  rangée  de  soies  chilineuses  minces  et  transparentes. 


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204  L.   BOBDA«. 

Fig.  7.  —  Dent  médiane,  Tue  verticalement  par  sa  face  posiérieure,  d'nae 
des  six  colonnes  longitudinales  masticatrices  qui  recouvrent  la  Tace  in- 
terne du  gésier,  chez  le  Declicmverrucivoms;  dm,  dent  médiane  avec  sa 
lame  moyenne  triangulaire  tm  et  ses  deux  tubercules  lal<>ranx  tU;  bl, 
bourrelet  latéral  sétigèro  situé  &  la  base  du  tubercule  dl;  te,  dont  laté- 
rale séparée  de  la  médiane  dm  par  un  sillon  longitudinal  ;  Do,  base  de  la 
dent  latérale  recouverte  de  longues  soies  cbilineuses  ;  a,  tubercule  cbili- 
neui  surmontant  la  dent  latérale. 

Fig.  8.  —  Une  des  six  colonnes  chitîneuses  qui  revêtent  la  face  interne  du 
pédoncule  antérieur  du  gésier  du  Ceettcus  albifrons.  d,  petit  tubercule 
chitineux  provenant  de  l'agglutination  d'un  certain  nombre  de  soies  ;  de, 
bourrelet  séligére  portant  a  sa  surrace  des  toufTes  de  soies  cornées  et 
filiformes. 

Fig.  9.  —  Face  externe  d'une  des  dents  latérales  de  chacune  des  six  colon- 
nes masticatrices  du  gésier  de  la  FlalycUU  gi-isea.  T,  tubercule  chitineux 
supérieur  ;  B,  base  de  la  dent  recouverte  par  de  nombreuses  soies  cor- 
nées très  longues. 

Fig.  10.  —  Coupe  transversale  de  la  région  médiane  d'un  des  caKums 
intestinaux  du  Declkus  lerrurivorus.  La  cavité  centrale  est  divisée  par 
cinq  longs  replis  irréguliers  L,  en  six  loges  ou  chambres  incomplètes  ec. 
L'épithëlium  glandulaire  n'a  été  représenté  que  sur  un  seul  repli  Le  ; 
pe,  parois  externes  du  cœcum  ;  pi,  parois  internes  légèrement  concaves. 
L'épîthélium  interne  Le  est  cylindrique  et  cilié. 

Fig.  a.  —  Coupe  transversale  d'un  cœcum  intestinal  de  VEitmui  spinulo- 
sus  (BrOn).  In,  face  interne  ;  Ex,  face  externe  ;  cl,  cloison  provenant  d'un 
repli  de  la  membrane  interne  de  l'appendice  ;  E,  enveloppe  externe  com- 
mune. 

Fig.  12.  —  Une  des  dents  de  la  rangée  latérale  des  colonnes  masUcatrices 
do  gésier  de  la  Gïyllacris  auratitiaca.  B,  base  et  sommet  s  de  la  dent. 

PLAKCHD  X. 
Appareil  digtUif  des  Locuslidw  et  des  Gryllidx. 

Fig.  I.  —  Ensemble  de  l'appareil  digestif  de  la  Gryllacrit  awaiitiaea.  Ph, 
pharyni  ;  CE,  cesopbage  ;  ia,  jabot  ;  Ge,  gésier  avec  son  pédoncule  anté- 
rieur p  ;  Ap,  appendices  ou  ctecums  intestinaux  ;  Im,  intestin  moyen  ;  Ip, 
intestin  postérieur  ou  terminal;  Tm,  tubes  de  Halpigbi  généralement 
groupés  en  un  faisceau  unique  allant  déboucher  au  sommet  d'un  tuber- 
cule impair  ;  R.  rectum  et  glandes  rectales  Gr  ;  Ag,  armure  génitale. 

Fig.  2.  —  Ensemble  de  l'appareil  digestif  du  Hemobius  sylveitri».  Cet  organe 
présente  à  peu  prés  les  mêmes  caractères  que  celui  des  Gryllns,  les 
seules  dilTérences  portent  sur  les  formes  du  gésier  et  de  l'intestin  moyen. 
Md,  mandibules  ;  nr,  filet  nerveux  sympathique  avec  ganglion  P;  n,  pé- 
doncule antérieur  du  gésier  Ge;Iffl,  etlm,,  première  et  douiième  portion 
de  l'intestin  moyen;  Tm,  tubes  de  Halpighi  avec  leur  canal  excréteur 
impair  a. 

Fig.  3.  —  Deux  bourrelets  B6  contenus  dans  le  pédoncule  antérieur  p  du 
gésier  de  la  GryUitcTis  auranliaca.  Chaque  bourrelet  est  divisé  en  trois 
replis  secondaires  et  séparé  de  son  voisin  par  une  large  dépression  D; 
r,  replis  de  l'extrémité  postérieure  du  jabot. 

Fig.  4.  —  Dent  médiane  d'une  colonne  masticatrice  du  gésier  de  ItSahmona 


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EXPLICATION   DES  PLANCHES.  205 

megaeephnia;  p,  tubercule  médian,  acnaliné  et  légèrement  recourbé  en 
arrière  ;  dl,  dentîcale  latér&le  ;  Pm,  porlion  musculaire  de  la  racine. 

Fi^.  5.  —  Coupe  trans?ersale  d'une  portion  d'intestin  postérieur  du  Decti- 
cta  verrucitiorus.  Cet  organe  présente  six  bourrelets  disposés  longiludi- 
iinlement  ;  mais,  dans  la  figure  S,  on  n'a  représenté  qu'un  seul  de  ces 
bourrelels  avec  les  dépressions  latérales  DD  ;  mp,  membrane  ou  enveloppe 
péritonéaJe  ;  c',  Taisceaux  musculaires  longitudinaux  principalement 
concentrés  en  regard  des  dépressions  DD  ;  cm,  mince  couche  musculaire 
circulaire  ;  E,  assise  épithéliale  constituée  par  de  grosses  cellules  rectan- 
gulaires, régulières,  à  uojaux  sphériques  très  volumineux;  ec,  cuticule 
cbitineuse  interne. 

Fig.  9.  —  Portion  d'une  colonne  masticatrice  du  gésier  delà  Grv'facrùauran- 
tiaca,  avec  les  dents  lalérales,  les  dénis  médianes  et  les  sillons  séparant 
chaque  colonne.  L'armature  du  gésier  comprend  si*  colonnes  sembla- 
bles. D,  dent  médiane  avec  son  tubercule  médian  Im  6  bords  denticulés 
et  ses  tubercules  latéraux  al  ;  D',  dénis  latérales,  de  Forme  tronconique  ; 
dt,  dépression  latérale  séparant  chaque  bandelette  el  portant  une  lamelle 
cornée  t. 

Fig.  7.  —  Face  antérieure  d'une  dent  médiane  de  cbaque  colonne  masti- 
catrice du  gésier  de  \aGryllacris  auranfincu;  tm,  tubercule  médian  à  bords 
denticulés  d;  b,  base;  tl,  lubercule  latéral. 

Fig.  8.  —  Vue  latérale  des  dents  (V.  Pj.  X,  Og.  3),  situées  k  l'eitrémilé 
des  bourrelets  longitudinaux  BB  du  pédoncule  du  jabot  de  la  Gryllaimt 
«uranltaca  ;  d,  dent  vue  par  sa  face  latérale  eL  surmontée  d'une  toufTe  de 
soies  >. 

Fig.  9.  —  Coupe  transversale  d'une  portion  d'intestin  moyen  du  Deeticus 
Vfrnieivorus.  B,  bourrelets  nombreux  provenant  des  replis  de  l'épithélium 
interne  ;  Mp,  membrane  péritonéale  externe  ;  FI,  faisceaux  de  libres  lon- 
gitudinales ;  Etn,  faisceaux  musculaires  circulaires  disposés  en  plusieurs 
assises;  E,  membrane  épitbéliale  ciliée  reposant  sur  une  couche  de  cel- 
lules génératrices  basilaires.  Cette  membrane  présente  de  nombreux 
replis  au  centre  desquels  pénètrent  des  prolongements  musculaires  P  de 
l'assise  moyenne  ;  c,  assise  ciliée. 

Fig.  tO.  —  Replis  internes  R  des  appendices  intestinaux  Ai  du  Nemobius 
$ylotttris. 

Fig.  11.  —  Extrémité  libre  d'un  des  replis  qui  divisent  la  cavité  interne  des 
cacnras  intestinaux  en  un  certain  nombre  de  loges  incomplètes  {Deetieus 
nlbi/Wm*  (V.  Pt.  IX,  fig.  10].  FI,  prolongements  musculaires  des  parois 
avec  l'assise  basilaire;  R,  replis  êpitbéliaux  secondaires;  E,  épithélium 
cylindrique  cilié  c,  constitué  par  des  cellules  cylindriques  disposées  par- 
fois en  deux  assises.  Chaque  cellule  porte,  sur  son  bord  libre,  un  faisceau 
de  cils  courts  c  ayant  l'apparence  d'une  brosse. 

Fig.  13-  —  DenI  de  lu  rangée  latérale  d'une  colonne  masticatrice  du  gésier 
de  SrocAyfrypui  memhranaeeus  (face  interne).  B,  base  de  la  dent  fixée  aux 
parob  du  gésier;  Fm,  faisceaux  musculaires  de  la  racine:  P,  une  des 
pointes,  large,  aplatie  el  crénelée  de  la  denl;  p,  petite  pointe,  mousse  et 
recouverte  de  bâtonnets  chitineux  c. 

Fig.  13.  —  Face  externe  d'une  dent  latérale  de  colonne  masticatrice  du 
gésier  du  Qrj/Uus  campestris  ;  pc,  porlion  cbitineuse,  conique  et  recour- 
bée ;  ba,  base. 


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PLANCHE  XI. 
Appareil  digestif  des  Grytlida. 

Fig.  1.  —  Appareil  dÎRealif  du  Brackylrypus  membranaceus.  PA,  pharjnx; 
CE,  (Bsophoge;  ta,  jabot;  Ge,  gésier  avec  son  pédoncule  antérieur  p; 
Im,  inlestin  moyen;  Ip,  intestin  terminât  ;  It,  rectum  et  glandes  rectales 
Gr;  Tm,  tubes  de  Halpïghi  groupés  en  un  faisceau  unique;  ce,  canal 
excréteur  commun  on  uretère  ;  et,  appendices  intesLineuz. 
Fig,  2.  —  Glandes  salivaires  du  Gryllus  campeitris.  p,  palpes;  Gs,  glandes 
salivaires  disposées  en  grappes  ;  c,  canaux  elTérents;  Rs,  réservoirs  sali- 
vaires :  a,  conduits  excréteurs  pairs  ;  A,  conduit  impair. 
Fig.  3.  —  Face  interne  du  pharynx  du  Brachytrypus.  PA,  pharynx  avecaes 

replis  internes  R  ;  OE,  face  supéro-interne  de  l'œsophage. 
Fig.  4.  —  Villosités  de  ta  seconde  partie  de  l'intestin  moyen  du  GryUut 
campestris.  tib,  membrane  sur  laquelle  reposent  les  papilles  internes  ; 
p,   papilles   cylinclro-cooiques.  Ces  papilles,  au  nombre  de  soixante  à 
quatre- vingt,  irréculièrement  disposées,  sont  cylindriques  vers  leur  base, 
amincies  ou  renllées  vers  leur  sommet  et  présentent  certaines  analogies 
avec  les  villosités  intestinales  du  tube  digestif  des  Hammirères. 
Fig.  S.  —  Face  posiérieure  de  dent  médiane  d'une  des  colonnes  mastica- 
trices du  gésier  du  Brackylri/pus  mtmhraniKeat.  m,  faisceau  musculaire 
servant  fi  fixer  la  dent  ;  Vm,  points  médiane  de  la  dent  ;   PI,  tubercules 
latéraux. 
Fig.  6.  —  Mode  d'embouchure  des  (ubes  de  Malpighi  chez  le  Gryllus  cam- 
peslris.  Ce«  tubes,  au  nombre  de  cent  à  cent  vingt,  sont  longs,  cylindri- 
ques et  flexueux.  Ils  vont  déboucher  dans  un  large  réservoir  collecteur 
R,  comparable  au  bassinet  de  l'appareil  uHnaire  des  Verlébr<^s.  Ce  réser- 
voir présente  parfois  des  diverticules  latéraux  et  se  continue  par  un  con- 
duit elTérent  unique  ce  (ureMre),  débouchant  dans  l'intestin. 
Fig.  7.    -  Portion  de  colonne  longitudinale  de  l'armature  masticatrice  du 
gésier  chez   le  Gryllus  campestris.  L,   ligelles  ou  baguettes  chitineuses 
situées  au  fond  de  sillons  longitudinaux  et  séparant  les  colonnes  masti- 
catrices; Dm,  dent  médiane  d'une  colonne  masticatrice  vue  par  sa  Tace 
supérieure  ;  tm,  pointe  médiane  de  la  dent  médiane  Dm  pourvue  de  trois 
k  cinq  dentlcules  pointues  et  acérées  ;  (/,  pointes  latérales  de  la  dent  mé- 
diane, constituées  par  deux  luinelles  chitineuses  courbes  et  crénelées  & 
leur  extrémité  ;  d,  tubercule  musculaire  ironconique,  à  sommet  recou- 
vert de  soies  cornées,  compris  entre  les  deux  pointes  latérales  de  la  dent 
médiane;  dl,  dents  latérales  k  pointe  émoussée. 
Fig.  8.  —  Dent  (vue  de  cdtë)  de  ta  rangée  médiane  d'une  colonne  mastica- 
trice du  gésier  du  Brachytrypus  membranaceus.  Il,  base;  Pm,  tubercule 
médian;  PI,  tubercule  latéral. 
Fig.  0.  —  Dents  latérales  de  chaque  colonne  du  gésier  chez  la  Gj'yUoUitpa 
vulgaris.  Ces  dents,  au  nombre  de  quinze  h  dix-sept  environ,  alTectent  la 
forme  de  petits  tubercules  arrondis  ou  pyramidaux,  recouverts  de  soies  c; 
a,  sommet  de  la  dent  avec  la  base  H. 
Fig.  10.  —  Une  des  colonnes  transverses  des  bourrelets  longitudinaux  de  la 
faceinterne  du  gésier  (Gr^l/us  campestris).  Ces  colonnes  portent  des  toufles 
de  poils  chitineux  disposés  en  séries  longitudinales  a  et  transversales  b. 
Fig.  11,  —  Cavité  interne  des  appendices  intestinaux  du  Grgllus  camptsti-it 


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EXPLICATION    DES   PLANCHES.  207 

avec  les  replis  interaes  II  ;  Ge,  gésier  ;  V,  valvule  courbe  située  à  l'origine 
de  l'intestin  moyen  Im. 
Fig.  12.  —  Dent  médiane  (fikce  antérieure)  d'une  colonne  masticatrice  du 
gésier  du  Brachj/lrypm  membranaccus.  Pm,  tubercule  médian,  à  bords 
latéraux  denliculés;  PI,  tubercule  latéral;  d,  denticnle  cornéo-rau sca- 
laire située  de  chaque  côté  des  pointes  latérales,  à  toinmet  a  recouvert 
par  une  mince  membrane  clillineuse  portant  de  nombreuses  soies 
cornées. 

PLANCHE  Xll. 
Appareil  digestif  des  Gryltidx. 

Fig.  I-  —  Ensemble  de  l'appareil  digestif  (moins  le  pharynx  et  l*cesophage) 
de  la  Gryllotalpa  vulgaris.  Œ,  partie  inférieure  de  l'cesophage  allant  dé- 
boucher sur  le  cfllé  externe  du  jabot  Ga  ;  Ga,  jabot,  en  forme  de  grosse 
pocbe  ovoïde,  à  parois  lisses  et  placé  en  dehors  de  l'axe  du  tube  digestif; 
oa,  orifice  Œsophagien  du  Jabot  entouré  d'un  anneau  valvulaire,  duquel 
partent,  en  rayonnant,  un  certain  nombre  de  replis  qui  ne  tardent  pas  à 
s'eiïacer  peu  à  peu  ;  op,  orilice  postérieur  du  jabot  placii  au  fond  d'une 
prolonde  dépression  de  la  paroi  intérieure  de  l'organe  ;  Ge,  gésier,  en- 
touré par  de  volumineux  appendices  intestinaux  Ai  ;  gar,  glandes  arbo- 
rescentes (2  paires)  situées  en  arrière  du  gésier;  Im,  portion  antérieure 
et  lm„  portion  postérieure  de  l'intestin  moyen  ;  Ip,  înleslin  terminal  ;  R, 
rectum  et  glandes  rectales;  Ttn,  lubes  de  Ualpighi,  groupés  en  un  large 
faisceau,  s'ouvrant  à  l'eilrémité  élargie  d'un  uretère  ou  canal  excréteur 

Fig.  2.  —  Une  des  six  colonnes  dentifères  (masticatrices)  qui  recouvrent  la 
face  interne  du  gésier  de  la  Gryllotalpa  vulgaHs.  Les  colonnes  de  l'arma- 
ture interne  du  gésier  des  autres  Gryllid»)  et  des  Locusiidm  présentent 
une  disposition  générale  à  peu  près  semblable.  Chaque  colonne  comprend 
trois  rangées  longitudinales  de  dents:  une  rangée  médiane  (m  et  deux 
rangées  latérales  dl  séparées  par  deux  dépressions  parallèles  dp,  très 
apparentes  quand  on  exerce  sur  l'organe  une  traction  transversale;  tm, 
dents  de  la  rangée  médiane,  très  puissantes,  comprenant  trois  tubercules. 
Le  tubercule  médian  (m,  rectangulaire,  a  la  forme  d'une  palette  ou  d'une 
plane,  ù  bord  tranchant  dirigé  en  arrière  ;  II,  tubercule  latéral  des 
dents  médianes,  recourbé  en  arc,  à  bord  terminal  triangulaire,  eicavé  et 
denticulé;  du,  denticule,  à  base  musculaire,  comprise  de  chaque  ce  té 
des  tubercules  latéraux  des  dents  médianes;  dl,  dents  latérales,  à  som- 
met émoussé  et  recouvert  de  flnes  suies  chitineuses;  dp,  dépressions 
comprises  entre  les  dents  médianes  et  les  dents  latérales  ;  le,  tiges  chiti- 
neuses  remplissant  le  fond  des  dépressions  comprises  entre  deux  colon- 
nes dentifères  ou  masticatrices  ;  pa,  parois  internes  du  pédoncule  anté- 
rieur du  gésier  portant  de  petits  tubercules  chilineux  d. 
Fig.  3.  —  Portion  interne  du  jabot  de  la  Gryllotalpa  vulgaris,  montrant  ses 
deux  orifices  situés  sur  le  cdté  ;  CE,  extrémité  inférieure  de  l'œsophage; 
oa,  orîOce  œsophagien  du  jabot.  Ur  cet  orilice  partent,  en  rayonnant,  un 
certain  nombre  de  replis  ;  op,  orilice  postérieur  correspondant  au  pédon- 
cule du  gésier.  Les  deux  orifices  sont  situés  à  peu  de  distance  l'un  de 
l'autre.  K,  nombreux  replis  de  la  lace  interne  du  jaboL  Ces  replis  sont 
surtout  localisés  au  voisinage  des  oriflces. 


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208 

Fig,  4.  —  Face  interne  de  l'eilrémité  postérieure  de  l'inieslin  moyen  et  de 
l'origine  de  l'intestin  postérieur  ou  terminal  de  la  Grsllotalpa  vuigarit. 
Im,  face  interne  de  l'intestin  moyen  ;  Ip,  face  interne  de  l'origine  de  l'in- 
testin terminal  ;  S6,  bandelettes  longitudinales  recouvertes  de  nombreuses 
papilles;  Si,  dépressions  séparant  les  bourrelets  à  papilles;  Ce,  canal 
eiïérent  impair  (uretère)  des  tubes  de  Halpighi. 

Fig.  5.  —  Embouchure  du  canal  excréteur  impair  b  des  tubes  de  Halpighi. 
Ce  canal  se  prolonge  dans  l'intérieur  de  l'intestin  terminal  Ira,  sous 
forme  de  tubercule  ou  papille  tronconique  à  quatre  Talves.  0,  oriflca  du 
canal  limité  par  quatre  valves. 

F'm-  0.  —  Dent  médiane  d'une  des  colonnes  de  l'armature  du  gésier  de  la 
Gryllotalpa  {voe  du  cdté  Je  l'intestin  moyen).  Tm,  tubercule  médian  de  la 
dent,  avec  deux  cornes  latérales  dentîculées  6  ;  al,  tubercules  ou  appen- 
dices latéraux  ;  R,  racine  de  la  dent  ;  M,  faisceaux  musculaires  ;  B,  den- 
ticule  latérale  accessoire  comprise  entre  les  tubercules  latéraux  b  et  ai. 

Fig.  7.  —  Dent  de  la  rangée  médiane  d'une  des  colonnes  masticatrices  de 
l'armature  interne  du  gésier  de  la  Grytlotalpa  vulgarU  (vue  par  sa  face 
supérieure);  Im,  tubercule  médian  en  forme  de  palette  ou  de  plane; 
11,  tubercule  latéral  à  extrémité  triangulaire  ;  A.denticule  ou  dent  acces- 
soire 4  pourtour  recouvert  de  soies  chilineuses. 

Fig.  S.  —  Coupe  transversale  d'une  des  branches  des  glandes  arborescentes 
(glandes  de  Dufour)  de  la  Gryllotalpa  vuigarit  ;  mb,  membrane  basilaire  ; 
n,  gros  noyau  cellulaire  plurinucléolé  ;  c,  cellules  de  l'épithélium  glan- 
dulaire; a,  cavité  centrale. 

Fig.  0.  —  Coupe  transversale  du  canal  excréteur  des  glandes  arborescentes 
ou  de  Dufour  de  la  Gryllotalpa.  R,  replis  êpittaéliaui  internes.  Ou  compte 
de  dix  à  quinze  de  ces  replis;  Ml,  faisceaux  musculaires  longitudinaux, 
peu  nombreux  et  ne  formant  qu'une  assise  très  mince  ;  Me,  musclfs  cir- 
culaires ;  E,  épithélium  formé  par  des  cellules  cubiques  à  gros  noyaux  ; 
ce,  membrane  chitineuse  recouvrante. 

Fig.  10. —  Coupe  transversale  d'une  portion  de  jabot  du  Gi-yllus  domeUicut; 
cm,  couche  musculaire  annulaire;  ce,  assise  cbitinogène  formée  par  de 
petites  cellules  cubiques;  me,  membrane  chitineuse  interne  recouverte 
de  nombreuses  soies  cornées. 

Fig.  41.  —  Coupe  transversale  du  canal  efférent  impair  des  tubes  de  UaU 
pighi  {Gryllotalpa  vulgaris]  ;  Me,  couche  musculaire  très  épaisse,  envoyant 
des  prolongements  p  dans  l'axe  des  replis  RR  ;  E,  assise  épilhéliale  cons- 
tituée par  des  cellules  à  gros  noyaux  et  recouverte  d'une  mince  couche 
chitineuse  ce.  Ou  compte  six  replis  R. 


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ANNELIDES   POLYCHETES 

DES  COTES   DE  FRANCE  (MANCHE  ET  OCÉAN) 
Par  m.  le  Baron  de  SAIKT-JOSEPU 


INTRODUCTION. 

Pour  faire  suite  à  mon  mémoire  sur  les  Annélides  Poly- 
chfetes  des  côtes  de  Dioard  (1),  j'ai  réuni,  pendant  plusieurs 
excursions  sur  les  côtes  de  France  (Manche  et  Océan), 
quelques  matériaux  auxquels  il  est  possible  que  j'en 
ajoute  d'aulres  plus  tard.  Les  séjours  que  j'ai  faits  dans 
chacun  des  endroits  que  j'ai  visités  n'ont  pas  élé  d'assez 
longue  durée  pour  me  permellre  d'en  donner  une  faune 
détaillée.  Mon  but  est  de  compléter  mes  descriptions  de 
quelques  espèces  déjà  trouvées  à  Dinard  antérieurement, 
de  décrire  toutes  celles  que  je  n'y  avais  pas  rencontrées,  et 
d'étendre  davantage  les  rapprochements  que  j'avais  faits 
entre  ta  faune  des  mers  Françaises  et  celle  d'autres  mers. 

Mes  recherches  ont  porté  sur  les  côtes  de  Villerville, 
Saint-Vaast-la-Hougue,  Concarneau,  du  Croisic,  d'Arca- 
choQ  et  Saint- Jean-de-Luz.  N'ayant  passé  que  quelques 
heures  à  Saint-Pol-de-Léon  (Penpoull),  Brignogan,  Porsal, 
le  Conquet  et  Saint-Guénolé,  avec  des  marées  peu  favo- 

())  Voir  1"  partie,  Ann.  des  m.  nat.,  T""  série,  t.  I,  1887,  p.  127  à  2"0.  et 
pi.  Vil  à  XII.  —  2-'  partie,  IWd.,  l.  V,  1888,  p.  141  à  338,  et  pi.  VI  à  XIII. 
—  3—  partie,  Ibid.,  t.  XVII  en  entier,  J804,  p.  1  i  3'J!>.  et  pi.  I  à  XIII.  — 
4»  partie,  Ibid.,  t.  X\,  1895,  p.  I8S  à  272,  et  pi.  XI  à  XIII. 

ANN,  se.  NAT.  ZOOL.  V,  14 


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210 


DE  aAINT-JOIIEVfl. 


rables,  je  n'ai  eu  qu'un  aperçu  absolument  insurfisanl  de 
ces  localités. 

Les  Annétides  polychètes  dont  il  sera  question  ont  été 
trouvés  par  moi  et  examinés,  à  peu  d'exceptions  près,  vi- 
vants, sauf  ceux  de  Villers  dont  M.  Adrien  Dollfus  a  bien 
voulu  me  donner  à  déterminer  une  collection  qu'il  en  avait 
rapportée. 

Avant  de  commencer  la  description  des  espèces,  je  vais 
en  établir  la  liste  pour  chacun  des  points  d'où  elles  pro- 
viennent (1). 

VILLERVILLE. 

La  côle  très  vaseuse  est  pauvre  en  AnnéUdes;  on  y 
récolterait  surtout  des  Hydroides  et  des  Bryozoaires  le  plus 
souvent  fixés  aux  Algues  et  aux  tubes  de  Chxtopierus  vario- 
pedatus  Ren.  rejetés  par  la  mer;  ils  sont  aussi  attachés  aux 
pieux  des  parcs  à  moules  [Tubularia  indivisa  L.  eu  grand 
nombre).  De  véritables  champs  de  Lanice  conckUega  Pall. 
s'étendent  entre  Villerville  et  Trouville. 


Syllis  (Typoij/UU)  variegata  Gr. 

—    graeilit  Gr. 
AphrodiU  acuUata  L. 
Lapidonotua  aqnunatnt  L. 
Nyckia  cirrota  Pall. 
Slhenelaii  Idanœ  Elatbkp. 
HsantliM  Fenisri  N.  S. 
Rersti  pelagica  L. 

Enneraii  longiBilma  JohoBt.  (jeune). 
Plalynei-tit  Uumerilii  And.  et  Edw. 
FliylUidoce  pulchtlla  Mgr. 
Eulalia  otn'dit  Mflll. 
Glycera  convoltUa  Ket. 

(I]  Les  noms  de  ces  es|>èceB  déjà  examinées  dans  les  Aanélidet  polgchêln 
des  côtes  de  Dinard  Bont  imprimés  en  caractères  ilaliquti  lorsque  je  n'ajoute 
rien  &  leur  description. 

Les  noms  des  espèces  de  Dinard  dont  je  complète  l'élude,  et  ceux  des 
espèces  étrangères  à  Dinard  dont  je  parle  ici  pour  la  première  fois,  sont 
imprimés  en  caractères  gras. 

Tous  les  Annûlidcs  énumérès  dans  les  listes  qui  vont  suivra  sont  donc 
décrits,  soit  dans  tes  Annrlides  polychètes  dn  côtes  de  Dinard,  suit  dans  le 
Mémoire  acluel. 


Potydora  eiliata  Jotiost.  (et  embryon  i 

la  pècbc  pélagique). 
Embryon  de  Serine  (pèche  pélagique). 
Chxtoplerui    variopedatut   Rea.   (tuliei 

très  nombreux  rejetéa  tur  tacAte.  vidc^ 

on  ne  coDlenant  que   des   anioiaui 

morts  on  mutités). 
SaMUtria  apinuiosa  Leuck. 
Lanice  conchilega  Pall. 
Sabelta  pavonina  Sav.  (petits  inbes  lîi^ 

sur  des  tube»  de  Chmloplerm). 
Serpula  vertaicularit  L. 


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ANNÉUDES    P0LYCHËTB5    DES    COTES    DE    FRANCE. 


Stftli*(rgpo$jfllit)  aUtrnoMtota  St-Jos. 

—  —        variegala  Gr. 
Lcpidonotnt  npianuitiu  L. 

JVj^Aia  nrrota  l'aU. 

Htrmotfaoe  impar  Johnil. 
Lagiica  «itsmiBU  Gr. 
l'olynoe  tcoloptndrina  Sav. 
Sigalion  aquamatum  D.  Ch. 
Neantha*  Perrieri  N.  S. 
Heraii  palagica  L. 

—  diTenicolor  O.-F.  Hûll. 
Eimaraif  longitiimn  Jobnet.  (Jeune). 
Psrineraia  cultrilera  Gr.  (rorme  liétéro- 

uériiJieuae  femelle). 
Flatynertù  Dumeritn  Aud.  et  Edw. 
PbjUodoM  gromlandica  08nt 


Eutaiia  viridii  O.-P.  MUll. 
Sephlyi  Hombergii  Aud.  et  Edw. 

—  etsea  Fabr. 

—  cirroaa  Ehl. 
Glycera  tvnvolula  Kef. 
Iferina  cimtnliu  D.  Ch. 
ChiFlopleruîvariopaialiaRtu.  (don 

tube  rejeté  par  la  mer,  mutilé). 
Sabtllaria  spinuloia  Leuck. 
Lagia  Kor«ni  .Mgr. 
Lanice  eonchilega  Pall. 
Nicolea  vemitlula  Mont. 
ThtUpai  Kloita  QTg. 
Datyeluine  bombyx  Dalyell. 
Serpula  vermicularù  L. 
Pomalocero$  Irigueltr  L. 


SAINT-VAAST-LA-HOUGUE. 

Grflce  à  l'accueil  aimable  el  cordial  de  M.  le  professeur 
Perrier,  directeur  du  laboratoire  maritime  du  Muséum,  et 
de  M.  Malard,  le  sous-directeur,  j'ai  employé  de  la  ma- 
DiÈre  la  plus  intéressante  les  di\  jours  que  j'ai  passés  à 
Saint-Vaast  à  la  fin  d'août  1894. 

Les  plages  de  sable  du  Fort  de  la  Hougue  et  de  l'Ile  de 
Tatihou  ()),  les  parcs  à  huîtres  du  Rhtin,  la  vase  de  l'exiré- 
mité  de  la  jetée  à  Sainl-Vaast  sont  très  riches  en  Annélides, 
plus  que  les  rochers  de  la  pointe  Dranguet  et  de  la  pointe 
de  Saire  qui,  comme  ceux  du  S.  et  de  l'E.  de  Tatihou,  ont 
rinconvénient  d'être  par  trop  surchargés  de  fucus. 

Les  dragages  au  Petit  et  au  Grand  Nord  et  à  l'Est  (10  à 
3o  mètres  de  profondeur),  sont  d'une  richesse  exception- 
oetle  noD  seulement  en  Annélides,  presque  tous  semblables 
à  ceux  des  dragages  de  Dinard,  mais  en  animaux  de  toute 
sorte  :  Échinodermes,  Némertiens,  Nudibranches,  etc. 
Dans  la  direction  des  lies  Saint-Marcouf,  la  drague  ramène 

(t)  Outre  de  nombreux  Annélides,  on  trouve,  dan^  les  Fables  de  l'Ile  de 
Tatihou,  la  Convotuta  Schutnii  0.  Sclim.,  l'Eçkiurus  Pallasii  Ouérin  et 
VOphiocitiiia  Ivngobrachiata  Mont. 


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212  DE  SAINT-40SEVH. 

une  quantité  de   Chxtopterus  variopedatvs  plutôt  de  petite 
taille. 

Les  Annélides  si  abondants  de  Saint-Vaast  ont  été  l'ob- 
jet de  nombreux  travaux  [Keferstein  (1),  Claparède  (2), 
Quatrerages  (3),  Grube  (4)].  Depuis  la  Tondatiou  du  labora- 
toire marilime,  M.  Maiard,  M.  Fauvel  (5),  M.  Gravier  (6) 
s'en  sont  également  occupés  et  M.  Fauvel  (7)  en  a  donne 
une  liste  i\  laquelle  je  renvoie  pour  l'énumération  complète 
des  Annélides  connus  jusqu'à  présent  à  Saint-Vaast.  M.  Ma- 
lard  (8)  pour  les  Poissons  et  leurs  parasites,  MM.  Clievreux 
et  Bouvier  (9)  pour  les  Ampliipodes,  ont  aussi  publié  un  cata- 
logue raisonné.  Il  serait  bien  à.  désirer  qu'on  complél&t  cet 
inventaire  zoologique  et  que  pour  servir  aux  progrès  de  la 
zoogéographie,  tous  les  laboratoires  du  monde  entier  ea 
fissent  autant. 

Syliù  [Tijpotgltit]  alleniaetoia  St-Jo».  I  Sylli*  {Tj/potyllà)  varieifaUi  Gr.   {idem  . 
(dragages).  —  —        Krotinii  EU.  (Poinle 

—  —  proliféra  Kr.  {idem).  \     de  Saire). 

(1)  Kererslein,Untersi(cAun[;en  ûbarniedere  Seethiere  [Zeits.  fûrwUs.Zool., 
L  XII,  1862,  145  p.  et  II  pi.). 

(2)  Claparède,  Beob.  ûbar  Anat.  und  Enlwtekl.  viirbellostr  Thiere  an  der 
KUitevon  Normandie  angestetll.  Leipzig,  in-fol.,  1863. 

(3)  Quatrerages,  Hist.  nat.  des  Annet.,  2  vol.  in-8,  1865,  patsim. 

(4)  Grube,  Milth.  iiber  Sl-Vaast-la-Uougue  und  teine  Meeres-heionders  ieùw 
Anneliden  Fauna  {Abluind.  der  Schhi.  GeielU.,  1868-1860,  p.  91-128,  el 
1  Pl-). 

(5)  Fauve],  Sur  la  prisenee  de  l'AmphicleU  Gunneri  Sara  sur  let  côtet  de  la 
Manche  {Bull.  Soc.  Linn.  de  Normandie,  i"'  série,  l.  IX,  1895). —  Confributiotu 
d  Citudc  des  AntphartUeiu  français  [Uém.  Soc.  nat.  des  se.  na(.  ri  malh.  de 
Cherbourg,  t.  XXIX,  1895).  —  Sur  tes  différences  anal,  des  genres  ATnphartte 
et  AmjAicteis  (Bull.  Soc.  Linn.  de  Normandie,  l.  X,  1896].—  Influence  de  l'hi- 
ver 4894-95  sur  la  Faune  marine  (Comptes  rendus  Acad.  des  sr.,  9  sept.  1895). 

—  Homologie  des  segments  antirieurs  des  Ampharéliens  {Vnd.,  2  nov.  1896!. 

—  Recherches  sur  les  Amphartiliens  (Butl.  scT  de  la  France  et  de  la  Belgique, 
t.  XXX,  1891,  213  p.  et  11  pl.). 

<6)  Gravier,  Recherches  sur  les  Phyltodociens  (Bull.  se.  de  ta  FrtMOtet  dt  la 
Belgique,  t.  XXIX,  1897.  p.  293  à  389,  elpl.  XVI-XXIII). 

(7)  Fauvel,  Catalogue  des  Annil.  polyeh.de  St-Vaast-la-Bou{iue  [Butl.  See. 
Linn.  de  Normandie,  t.  IX,  1895,  p.  I2l-lt6). 

(6)  Maiard,  Catalogue  des  Poissons  des  côtes  de  la  Manche  {Bull,  de  la  Soc. 
phil.,  9"' strie,  l.  11.  1890). 

(9)  Chevreux  el  Bouvier,  les  Amphipodei  de  Sl-\'aatt-la  Hnugue,  t-  liât* 
{Ann.  des  se.  nat.,  7"=  série,  t.  XV,  I89a,  p.  lOw-l  M,  el  pl.  U,tig.  1-12). 


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ANNÉUDES   POLYCHÈTES   DES   COTES   DE  FRANCE. 


213 


OdùntoniUi*  gibba   Clpd.  {dragages  et 

Pointn  Je  Sairo). 
Odontoii/llù  clenasluma  C\pi.  (dragages'. 
Plerolyllil  iptclabili*  Johnst.  {i</em). 
Tri/panoiyUa  Krohnii  Clpd.  (cominiiai- 

qu£c  par  H.  Adrien  Dolltus;. 
Trypanotyll'u  exiiaca  Clpd.  (dragages), 
ûnàbea  c'atala  ClpJ.  (l'ointe  de  Sairc'. 
Aulolglut  pictus  Ebl.  (dragngei). 

—  omalui  Mar.  et  Bobr.  (idtmi. 

—  •nacrophthaliiiaMBteui.{ideiit). 

—  EhbttBji*  St-Jos.  {idem). 
Aphrodite  uculeala  L.  {idem}. 
BaraoUia*  impar  Johnst.  (commuDi- 

qute  par  M.  Adrien  Dolirus). 
Banaotiioa  caitanea  Hclot.  (dragages, 

«iirle5>'a/(ingiupiii7>ur(iuO.-F.Mrill.) 
Barmotboe  longiietii  c,r.  (dragages). 
Lagitca   eitranata    Gr.    (dragages    et 

Pointe  Uranguet). 
Poti/noe  ic'ilopendrina  Sav.  (dragages). 
Phelae  ignophlfia/miea  Clpd.  [idem). 
Slgalion  «tnamatam  D.  Cb.  (Ile  de  Ta- 

tibon  et  fort  de  ta  Hougue). 
Marphyia  tanguinea  Mont.  (Le  Clieval). 
Lyndite  Ninella  Aud.  et  Edw.  (dragages). 
LÔmbriconereù  Latreilll  Aud.  et  Edw. 

<plagi;e  de  sable  au  N.-E.  du  labora- 

Paracliia  mutubilà  SI- Jos.  (dragages). 
Ltplonmit  Vaillanli  St-Jos.  (Fort  de  la 

Hoiigoe). 
K«raia  tncaU  Sav.  (dragages). 

—      irrorata  et  sa   forme  hétéronë- 

rJidieDQe  uiùlc  (Le  Chuval). 
Bnnareii  longitiima  Jolmst.  (Jetie  de 

St-Vaast  et  forme  Jeune  au  fort  de  la 

Hougue)- 
PlatyntreU  Dumtrilii  Aud.  et  Edw.  (dra- 

Phyllodoce  lamiaoïa  Sav.  (dragages). 

—  mucoia  CErst.  (communiquée 
par  U.  Malurd). 

Btdatia  viridit  Q.-V.  MQIL  (dragages). 

—  punttifrra  Gr.  (idem). 

—  putilta  OËTSt.  [idem). 
Plerocirrut  "lacrocerot  Gr.  [idtm). 
£tanu  foliota  Qfg.  (fort  de  la  Hougae  et 

plage*  de  sable  au  N.-E.   du  labora- 
toire). 


Kefei-Utinia  cirrala  Kef.  (dragages). 
Nepktyi  lloinbergii  Aud.  et  Edw.  (jcicc 

de  St-Vaast). 
Narine  cirratntna  D.  Ch.  (dans  le  saliJe 

au  N.-E.  du  laboratoire]. 
Nerine  foliota  Aud.  et  Edw.  (jetée  de  Sl- 

Vaast). 
:Ve''ine    [Scoltlepi»?)    Girardi    Qfg.    (Le 

ChcTal). 
Spiophanea  Bombyx  Clpd.  (tort  de  la 

Huugue). 
Miigttona  papillicornii  Vr.  Mail. 
Aricia  MSlIeri  Rathke  (fort  de  la  Uongue 

et  plages  de  sable  au  N.-E.  du  labora- 

Si'IeTneheiltu  minulut  Gr.  (dragages). 
Travliia  Forbesii  Johnst.  (Ile  de  Tatihou) 

communiquée  par  M.  Fauvel. 
SotomoMtvs  laltriceus  Sers   (fort  de  la 

Hougue  1  Jetée  de  St-Vaaat  ;  plaines  au 

N.-E.  du  laboratoire). 
Clymene   lumbrieoidn  Qfg.   (plages  au 

N.-E.  du  laboratoire). 
Leiockant  cli/peala  St-Jos.  {idem). 
Pttatoproclui  terricola  Qfg.  (1)  (Le  Che- 


.riopedalue  Ren.  (draga- 


fal). 
Chalopteru 

ges). 

Ftabelligera  affinis  Sara  {idem). 
Stylarioldei  plnmoia   O.-F.  Mdll.  (Le 

Cbeval  et  dragages). 
AmpMtriU  Edma-êi  Qfg.  (plage  un  peu 

vaseuse  au  S--0.  du  laboratoire). 
Amphilrite  graciUe  Gr.  ILe  Cheval). 
Folymnia  Nnidensit  D.  Ch.  (Pointe  Dran- 

guel). 
Nieolea  venmlula  Mont.  (Pointe  Dran- 

guet;  Points  de  Saire;  dragages). 
Thekpus selosui  Qfg.  (dragages). 
Polyàma kamalodet  CEpd.  (idem). 
Brancliiomma  tfaicuteaunt  Mont.  (Pointe 

Dranguet  el  dragages). 
PotamUla   renifoi-mH   O.-P.    Mûll,    (Le 

Cbeval). 
Dasychone  Hombyx  Dalyell  [le  Cheval  et 

dragages). 
Myxieota  Uinardtntit  St.-Jos.  (dragages], 
Jatmineira  elegatu  St-Jas.  [idem). 
Serpula  verinicularit  L.  [idem). 
PomaloctTos  triqueter  L.  (idem}. 


(1)  La  Clj/ment  spatutata  Gr.  est  probablement  ideolique  au  P.  terricola, 
mai*  Gnibe  a  établi  son  espèce  d'après  une  partie  postérieure  insuflisante 
pour  une  détermination  exacte.  Il  a  admis  lui-même  la  dénomination  de 
UuaLrefagea. 


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DINARD. 

3  espèces  trouvées  depuis  la  publicalion  de  mon  mé- 
moire sur  les  Annélides  de  Dinard,  ce  qui  en  porlc  le 
nombre  à  210  que  j'y  aurai  rencontrées. 

Hirmothoa    impar    far.    Fagmiltcherî  i  PbjUodoce  ptpuloia  N.  S.  (Plage  de) 

Micb.  (St-Luoalre).  Boioa]. 

Lnmbriconerais  coccinea  Ren. (dragages).  I 

SAINT-POL-l)E-LÉON  (Penpoutl}. 

La  plage  de  Peapoull,  où  je  n'ai  pas^é  que  quelques 
heures  en  juillet  1895,  me  parait  devoir  être  riche  eu 
Annélides  comme  l'a  indiqué  M.  le  professeur  de  Lacaze- 
Duthiers  (\).  C'est  là  qu'il  a  signalé  pour  la  première  fois  la 
présence  de  la  Myxicola  infundibulum  Ren.  qui  ne  me 
semble  pas  avoir  été  rencontrée  jusqu'ici  sur  un  aulre 
point  des  côtes  de  France  (Manche  et  Océan). 

La  partie  de  la  plage  que  j'ai  parcourue  s'élend  de  Pen- 
poull  à  rile  Blanche.  C'est  auprès  de  l'tlot  qui  précède  l'tle 
Blanche  que  j'ai  trouvé  les  Myxicoles. 


Slhenetai!  Id unie  Rathke. 
Marpbyta  Bellii  Aud.  et  Edw 
Perinertit  cuUrifera  Gr. 
TUtphtys  cteea  Fabr. 
Glyctra  convoluta  Kef. 
Noiomaâtui  laltriceus  Sara. 


Clyniene  lumbrkoidei  Qfg. 
Leiochone  clypeata  St-Joa. 
Pelaloproclaa  lerricola  Qfg. 
Sabella  paoonina  Sav. 
Hysicola  inhudlbnlum  Heu. 


Brignogan.  Pobsal.  Le  Conouet.  Saint-Guénolé. 

Dans  ces  localités,  que  je  n'ai  fait  que  traverser,  les  ro- 
chers et  les  plages  sont  battus  par  une  mer  eu  général  si 
violente  que  les  animaux  ne  peuvent  guère  s'y  développer. 

;i)De  LacBze-Uuthiers,  i4  propos  de  la  station  desChéloplires  et  des  Myxi- 
coles  sur  (a  plage  de  Roseoff  et  de  St-Pol-deLfon  {Archiret  de  ZooL  erpér.. 
l.  I,  i8"2,  p.  «m.  —  Laboratoire  de  Zool.  expér.  (kimple  rendu  i^Arch.  dt 
ZooL  expèr.,  t.  VI,  1871,  p.  333). 


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ANNÉLIDES   POLVCHÈTES    DES    COTES   DE  FRANCE.  2tS 

BRIGNOGAN. 

Eulalia  niridù  O.-F.  Mail.  (Beg  u  Scaf  1  Audouinia  lenlaeulola  Mont.  {ibid.). 
«  port  de  PoDtuiTol).  |  Terebella  lapidana  (Kehier)  L.  (ibid.). 

PORSAL. 

(Sroou-Bras  et  Smod-Bihn.) 
Ptrintrtit  cutlrifera  Gr. 

LB  CONQUET. 

Mnrphyta  tanguinta  Mont,  (rsdei.  i  Rarafl  trroraU  Mgr.  (ibid.). 

MacloTia  gigantM  Gr.  (ibi<l.).  \ 


SAÏNT-GUÉNOLÉ. 


Balotydna  gelalinosa  Sers  (Bochen  ta 
S.  du  port  et  pingw  au-desioua  de 
.Votre-Uame  de  ta  Joie). 

Lagiaca  eztantuta  Gr.  (ibiit.). 

Stiitmiaii  Idunm  Rathke  (iUd.). 


Perintrtii  cvltriftra  Gr.  (ilid.). 
Gtycera  giganlea  Ofg.  (ibid.). 
Audouinia  lenlacutata  Uont.  (iliid.). 
Terebtlla  tapidaria  (Rtehler)  L.  (ii.td.). 


CONCARNEAU. 

Goncarneau,  où  j'ai  séjourné  peodanl  trois  semaines  en 
août  1892,  est  un  des  points  les  plus  intéressants  de  nos 
eûtes  de  l'Océan  (1)  et  il  le  serait  encore  bien  davantage  si 
le  laboratoire  maritime  disposait  d'un  bateau  à  vapeur  pour 
des  excursions  et  des  dragages  aux  lies  de  Glenan.  Je  recom- 
manderai pour  la  reclierche  des  Annélides,  la  bette  plage 
du  cap  Goz  où  il  y  a  aussi  de  nombreux  Sipnnndus  nudiis  L. , 
des  Synajila  rn/nere/if  O.-F.  Mull.,  des  Synapta  digUala 
Mont-,  des  Synapta  digitata  var.  Thorapsoni-Herapalh,  et 
des  Erhinocavdïum  cordalum  Gray,  l'anse  de  Porzou  et  sur- 
tout la  pointe  de  la  Jument  au-dessous  de  Pendruck,  d'où 
j'ai  rapporté  une  partie  antérieure  de  Ptychodera  Sarniensis 
}\oAï\.  (Balanoghxsm  Salmoneus  {î\M'A)(\Won  n'avait  encore 

(1)  Voir  De  Guerne  el  Barrois,  Faune  littorale  de  Concameau  [Revm  irnen- 
tilU/ue,  3"  série,  t.  J,  1881 ,  p.  25-27). 


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216  DE  «AINT-44MBPH. 

rencontrée  qu'à  l'tle  du  Loch  et  à  l'Ile  de  Herm.  Les  sables 
de  la  côte  depuis  la  pointe  de  Benodet  jusqu^à  Beg-Meil 
el  ceux  qui  sont  à  l'E.  de  la  pointe  de  Trévignon  (1),  soni  au 
contraire  entièrement  stériles,  comme  il  n'arrive  que  Irop 
souveul  sur  nos  côtes  de  l'Océan  et  comme  je  l'ai  constaté  à 
l'E.  du  Morbihan  dans  l'anse  de  Succinio  el  dans  beaucoup 
d'autres  endroits;  on  n"y  trouve  même  pas  VArenicola  ma- 
rina L.  quej'ai  vue  partout  sauf  dans  ces  sables  si  peu  favo- 
rables à  la  vie  des  animaux  et  desplanles.  J'ai  Tait  plusieurs 
bons  dragages  dans  l'anse  de  la  Forest  par  3  à  10  mètres  de 
profondeur  et  il  n'est  pas  douteux  qu'il  y  en  aurait  de  bien 
meilleurs  à  faire  à  l'Ile  aux  Moutons  el  aux  lies  de  Glenan. 
La  pèche  pélagique  (2)  est  abondante,  en  Péridiniens  sur- 
tout, dès  qu'on  sort  du  port. 

Si  les  travaux  zoologiques  sont  nombreux  sur  la  faune 
de  Concarneau  (3),  l'élude  des  Annélidcs  Polycliètes  y  a  élé 
presque  complfelemenl  négligée  el  je  ne  vois  guère  sur 
ce  sujet  que  les  descriptions  données  par  M.  Giard,  de 
VOpkiodromus  Hermanni  Giard  (4),  commensal  du  Btdano- 
glossus  Salmoneus,  de  la  Lœnilla  castanea  Me  Int.,  com- 
mensale du  Spalangus  purpureus  O.-F.  Mûll.,  comme  jo  l'ai 
trouvée  h  Saint-Vaast  (5),  de  VHermadion  Echini  (îiard  (6), 


(1)  Je  n'en  ai  rapporté  que  des  Pollicipes  comucopia  Cm.,  rejetés  par  la 
mer  el  venant  probHblement  dea  Iles  de  Glenan. 

(2)  Biétrix,  Rapport  sur  ta  pfcke  pélagique  jitJuiant  l'été  de  i888.  Annexe  A 
du  Happort  de  M.  Georges  Pouchel  sur  le  laboratoire  de  Cortcameau  en  1888 
(Journal  d'anal,  et  de  physiol.,  1.  XXV,  18S8,  p.  399-409). 

(3)  Sans  parler  de  Cfux  de  Coste,  de  Georges  Pouchel  sur  les  Péridi- 
niens, de  Itobin  et  Fabre-Domergue  sur  les  Infusoires,  on  peut  citer 
entre  autres  ;  Barrais,  Catalogue  des  Crustacés  Podnptithalmaircs  et  Echinn- 
dermes  recueillis  A  Concarneau  en  i880.  Lille,  <88â,  in'S  (avec  une  carte  utile 
pour  les  dragages],  —  Bonnier,  Catalogue  des  Crustacés  Ualacoslracé»  de  Con- 
carneau {Bull.  se.  du  Nord  de  la  France  et  de  la  Belt/ique,  iO"'  série,  1887, 
p.  199-262  et  296-35G).  —  Giard  et  Bonnier,  Contributions  d  l'étude  des  Bopy- 
riens,  in-*,  1881. 

(4)  Sur  la  f^une  profonde  de  Cuncarneau  (Astoe.  franc,  pour  iavanc.  des  c. 
La  Rochelle,  1882,  p.  526  et  571].  —  Bull,  tcient.  du  départ.  duNord,  1886, 
n°2|. 

(5)  Sur  quelques  Polynoidiens  (/6«J.,  n»  1 ,  p.  3}. 
{6)Ibid.,  n°l,  p.  e. 


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ANNÉUDES  POLTCHÈTES  DES  COTES  DE  FRANCE.    217 

commensal  de  VErMnus  Melo  Lmck.  et  de  VEchimis 
esrulenlus  Dub.  el  Kor.  De  plus  M.  Giard  mentionne  simple- 
ment la  présence  des  Polyophthalmus  {\)  à  Concarneau  et 
MM .  de  Guerne  el  Bonnier  celle  de  la  Pectinaria  Belgica  Pall. 
Je  n'ai  retrouvé  aucune  de  ces  espèces. 


SyllU    {Typotyllii]   proliféra   Kr.   (dn 

Sytiii  {TypoigUa)  KroKnii  Ehl.  (irlem). 
FiooOBjIliB pnltigara  Kr.  [idtm). 
Odontotgtlit  gibba  Ctpd.  (idem). 
Tr]/pano$ytlU  rmliaea  l:lpd.  {idtm). 
SptimriaylIU  Ayifiù  Ctpd.  (i'Iem). 
làpidonotni  iquanatuf  L.  {idem). 
LapidODotus  claTa  Mont,  (poiute  de  la 

Juuieat). 
Balosydtvi  gelalinosa  Sari  (poiote  dâ  la 

Jument  el  dragages). 
Nychia  cirrota  Pall.  (dragages). 
Barmnlhoe  cmtiaca  Sl-Joa.  [idem). 
Hannothoe  picta  Sl-Joe,   (pointe  de  la 

Jumeot). 
Barmolkot  $pinifera  Ehl.  lidem). 
Lagiica  azUnuta  Gr.  iidem). 
Polgnoe  indéterminée.  La've  (pSche  pé- 
lagique). 
Pholoe  tynopktlialmica  Clpd.  (dragages). 
Evnice  vltUU  0.  Ch.  {idtm). 
Marphyta  ia»gaineai,aase  AeTrkiigaoa). 
Lytidict  Ninetla  Aud.  et  Edw.  (aaae  de 

Ponou  ;  pointe  de  la  Jument). 
tnsiliriooiiaraia  Latreilli  Aud.  et  Edw. 

(poiule  de  la  Jumeut). 
tltmatonertii  unicornis  Gr.  {idem  et  dra- 

gagee). 
■aolovia  giganl«a  Gr.  (pointe  de  la  Ju- 
ment). 
Peiinenli  cnltrilara  Gr.  (cap  Coi;  aaae 

de  TrtvignooK 
Flalyntrtii    Dumertlii    Aud.     el    Edw. 

Forme  bétéronâréîdteiiue  mile  (pointe 

de  la  Jument  t;l  dragBgea|. 
Phyllodoce  tplendens  SUJoa.  (poiole  de 

la  Jument). 
Pbyttodoct  rubiginota  St-Jos.  (dragagea). 
HutaUa  viridh  O.-F.  Mail,  (pololo  de  la 

Jumeni). 
BulaUapiait/aCEm.  (dragages). 

—       pallida  Clpd.  {i'Iem). 
EnlaUa  qudrilinaata  N.  S.  {idem). 
Eutalia   ptmetifera   Gr.    (poiole    de   la 

Jument). 


Plerocirrus  macrocerai  Gr.  (dragagea). 
Podarke  pallida  Clpd.  {idem). 
Ophiodromui  fleiuoaaa  D.  Cb.  (cap  Coi). 
Nepfilys  liombergii  Aud.  et  Edw.  (anse 

de  Ponou  ;  cap  Coi). 
Glycrra  coamiula  Ket.  (acae  de  Trévi- 

gnon;  cap  Coz). 
Audouinia  tmlaculata  Mont,  (cap  Coi). 
Saococirrus  papillocarcaa  Bohr.  Larve 

(pEche  pélagique). 
Neriae  {ScoMeiih?)  Girardi  Qtg.  [pointe 

de  la  Jumeut>. 
Serine.  Larve  (pEcbe  pélagique). 
Hagelona  papilUcorni*  Fr.  MQU.  Larve 

{idem). 
Aricin  Lalreilli  Aud.  et  Edw.  (cap  Coz). 
Plabellign-a  affinii  Sars  (dragagea). 
Solomaaliu  latrrieeu»  Sars  iidfnt). 
Dasybranchua  eadacua  Or.  (pointe  de  la 

Jumeot). 
Artnicola  marina   L.  (anse  de  Ponou  ; 

anse  de  Tréiiguon). 
Clymene  lumbrieoide»  Qtg.  (pointe  de  la 

Jument]. 
Clymene  Oinledii  Clpd.  (anse  de  Porzou). 
Leiachone  elypeala  Sl-Jos.  [auae  de  Por- 

zou;  anae  de   Keraos;  pointe  de  la 

Jument). 
Jobnttonia  cljmonoldM  Qtg.  (cap  Coi  ; 

puiute  de  la  Jumeut). 
Pelaloproclu!    Itrricola    Qfg.    (anse   de 

Ponou  ;  poiote  de  la  Jument). 
Owania  Inailormia  D.  Cti.  |ause  de  Ker- 

lOBj  cap  Co:). 
Amphitrile  grucili»  Gr.  (anse  de  Ponou; 

pointe  de  la  Jument;  ani<e  de  Trévi- 

gnon). 
Terebelta    lapidaria    (Kiebler)    L.    (cap 

Coi). 
Polymnia  Neatdeiui»  D.  Cb.  (poiote  de  la 

Jument  ei  dragages). 
Lanice   conMUga   Pall.   (pointe   de    la 

Jument). 
NicoUa  i-enuiluta  Mont,  (dragagaa). 
Polyeirras  hamatodes  Clpd.  (pointe  de  la 

Jument). 


(i)  Comptes  rendus  de  l'Acad.  des  se.,  t.  XCI,  1680. 


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DF.  «AINT-40SBPH. 


LE  CROISIC. 


Les  endroits  qui  me  paraissent  les  meilleurs  pour  la  ré- 
colte des  Annélides  qui  y  abondent,  sont,  dans  le  port, 
le  banc  du  port  Ciguel,  puis  l'estacade' el  le  côté  de  la  jetée 
qui  y  fait  suite,  Pen-Bron,  quelques  parties  du  Grand-Trait 
et,  dans  les  environs,  la  plage  de  sable  du  Banc  des  Chiens 
au  Pouliguen  (1)  et  le  plateau  du  Four.  Port-Val,  hi'O.  de 
la  chapelle  de  Saint-Gousian,  m'a  paru  en  septembre  1895 
appauvri  depuis  le  mois  d'aoflt  1880,  où  j'y  étais  allé 
pour  la  première  fois.  Les  marais  salants  avec  leur  faune 
si  considérable  de  Protozoaires,  de  Turbellariés,  de  Néma- 
loïdes  libres  et  de  petits  Crustacés  sont  un  des  points  qu'il 
convient  le  plus  d'explorer  au  Croisic  ;  mais  les  Annélides 
y  sont  rares,  comme  ils  le  sont  aussi  dans  les  dragages  qui 
au  contraire  procurent  de  nombreux  Amphîpodes  et  Iso- 
podes  (2). 


OdontotyUit  gibba  Clpd.  (Pen-Bron). 
OdonlosyUia  cUnotloma  Clpd.  [idem). 
Aphrodite  aeultala  L.  (B&dc  desChipDi). 
LepîdODOtQI  diTS  Moût,  (plateau   du 

LepidODOtna  iqaainati»  L.  {idem). 
Halotydna  getalinoia  Sors    (Port-Val; 

Pea-Bron). 
Nj/cltia  cirrosa  Pall.  [cslacade,  daos  une 

galerie  creusée  par  une  Ampkilriie 

EdwarH  Qfg.). 
Hannottaoo  Impar  JohusI.  (dragage  à 

Peu-Brou). 
LagiRoa  exttnnata  ilr.  (ptateaa  du  Four). 
Slgalion  sqnainatuiii  I).  i:h,  (Badc  des 

Eunicf  llarattii  Aud.  el  Edw.  (Port- Val; 

plateau  du  Four). 
Uarphyia  langainea  Mont,  (estacade). 


Marphyia  Bellii   Aud.   et  Edw.   (Pori- 

LnmbricoDArais  LitnlUi  (Port-Val  ; 
estacade;  Peu-BroD). 

LnmbrioonereU  impatitni  Opd.  (Pea- 
Bron). 

L'jsidice  Ninetia  Aud.  et  Edw.  (Port-Val; 
plateau  du  Four). 

Nemalonereit  unteonti*  Gr.  (Port- Val  ; 
estacade). 

NaraÎB  pelagica  L.  [estacade;  plateau  du 
Four). 

Ner«ii  diTwsicolor  O.-F.  Mail.  (Grand- 
Trait;  marais  salants). 

NBroisfacataSav..  dans  une  coquille  de 
Buecinurrt  undntum  L.  (dragage  daus 
la  haie). 

Nareii  irrorata  Mgr.  (estacade)- 

Periii«r«i>  coltrUera    Gr.    (Pen-Bron: 


(1)  Jousset  de  Bellesmc,  Carie  zoologique  et  Faune  de  la  bait  du  Pouligutn 
{Assoc.  franc,  pour/'auonc.  des  se,  l*  Rochelle,  1882.  p.  563). 

[i]  Chevreux,  Cruslaiéfi  Amphipodes  et  hopodes  des  environs  du  Croisie 
{Assoc,  franc,  pour  favanc.  des  se.,  Itouen,  1883,  p.  517,  et  Blois,  1884, 
p.  312). 


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ANNÉLIDES    POLYCHÈTES    DES    COTES    DE   FRANCE. 


Banc  de*  Chienat  plateau  du  Four). 

Flalynereia  Dumeritii  Aud.  et  Rdw.  For- 
me DéréidleDas  dam  un  tube  de  Spi- 
rographii  Spallanianii.  Forme  hétéro- 
Dé  réidienoe  mâle  (Pen-Bron). 

Phyllodoet  iaminoau  Sav.  (Port-Val  ; 
estacodei  Pen-BroD). 

nijUadoce  tp.  (plateau  du  Four). 

Phsl'o^oct  ipltndau  St-io».  (eslacade). 

Eulalia  viridit  O.-F.  Milll.  (Port- Val; 
plateau  du  Four). 

erroné  incita  Sl-Jos.  (Pen-Bron) 

Ktfmsleinia  ei'Tata  Ket.  (Porl-VHl ;  Pcu- 
Bron). 

Magaiia  ptrarmata  Har.  et  Bobr.  (Pun- 
BroD). 

yepMyt  Hombergii  Aud.  et  Edw.  (Banc 
dea  Cbient). 

Sepfili/*  cirroia  Ebl.  [idtm). 

Blyctn  alba  Rathke  {idtm]. 

Glyctra  cnnvolula  Kcf.  (Pen-Broii). 

Oljceri  HfliBill  N.  S.  (eatacade;  Pcu- 
Bron). 

Aiidotiinia  lenlacvlala  itonl.  (Port-Laiii; 
Port-Val;  eitncode;  Pen-Bron). 

Epbasia  graciUs  Ratbke  (plateau  du 
Four) . 

Dait«c«ceri>  concharum  GEi^t.  (Pco- 
Broo). 

AHcia  lAititiUi  Aud.  et  Edw.  <Banc  de» 

Ancia  HflUeri  Ratbke  (Grand- Trait). 

l'oii/itora  ciliala  Johnst.  (produisant  n 
maladie  dea  bultrea  dant  les  parcs  de 
SisMble  enlre  le   Grand  et  le  Petit. 
Trait). 

Nrrine  foliota  Aud.  et  Edw.  (estacodo). 


Aonidta  {Herinr)  oxyecpliala  Sars  (1) 
(Peu-Brou). 

Serine  {Scoleltpit?)  iJira,-di  Qfg.  (Port- 
Val). 

FlaMligera  affiais  Sarg  (Pen-Bron). 

Ophtlla  bioorni*  Sav.  nec  D.  Ch.,  née 
cent.,  nec  Cosmov.  (Banc  de  Port- 
Ciguet). 

Opbalia  ovglecta  Aimé  Scbn.  (Banc  des 

Traviiia  Forbetii  Jobnst.  {idem). 

Notomastui  laterkrui  Sars  (Porl-LaîD; 
ealacadc;  Pen-Bron). 

Arenicola  marina  L.  (Pen-Bron). 

Clymenr  lumbricoidn  Qfg.  (eiUcade). 

Petatoproelu»  terricola  Qlg.  (Pen-Bron). 

Owenia  huiformii  D.  Ch,  (Port-Lain; 
estacarte). 

Ampbitrit*  Johnitonl  Mgr.  (estacadp). 

Amphitvile  Edwarat  Qfg.  [idtm). 

Amphitrile  aracilii  Gr.  (Port-Val). 

Tertbella  lapidnria  (Kiebler)  L.  (Port- 
Val;  Pen-Bron). 

Polymnia  nebulosa  .Uoot.  née  Johnsl. 
(Pen-Bron). 

Poli/mnia  Setidenût  D.  Cb,  (Pen-Bron) . 

Saôetia  Pavonina  Sav.  (dragage  au  Nord 
de  la  Bas^e-naatouillet.  par  13  mètres 
de  tond). 

Spirograpbj*  SpalImuDii  Vit.  (Pen- 
Bron;  dragage  h  l'Ik  Uumet). 

Serpula  vermicularii  L.  (dragages  i  la 
BoBBC-llergo,  à  la  Basse-Ruelle  et  i  la 
Basie-Castouillet]. 

Pomatocerot  IriqueUr  L.  (Pen-Bron). 

Dltrupa  arietina  O.-K.  MUII,  (dragage  au 

,     S.-0.  de  Belle-lsle). 


ARCACHON. 

La  meilleure  parlic  de  la  côte  du  bassia  s'étend  de 
l'établi ssemeol  des  Bains  d'Eyrac  jnsqu'un  peu  au  delà 
du  grand  hôtel;  de  là  jusqu'à  Moullau  la  côle  devient  très 
pauvre.  Auprès  d'Eyrac,  le  Trincat  de  Gentil  est  riche  en 
Amphitrile  Edwarsi  et  en' traversant  le  bassin,  on  trouve 
entre  le  cap  Ferrel  et  l'embarcadère  des  bateaux  à  vapeur,  le 


(1)  A  cause  du  pelil  nombre  de  s< 
dans  le  genre  Aoni'ki  Clpd.  nfc  Lei 
nidiem  <lei  cùta  de  lu  Manche  [Bull,  i 
1896,  p.  242). 


i  branchies,  cette  espèce  de  Sars  renlre 
,  comme  le  pense  M,  Mesnil,  tes  Spin- 
.  de  hi  France  et  de  la  Belgique,  t.  XXIX, 


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220 


DB  SAINT'JOMEI'B. 


long  des  parcs  àhultres,  de  belles  Ûw^ïfl/raiVea/Jo/i/anaD.Ch. 
et  des  Cerianthus  membranaceus  Haime,  plus  gros  que  ceux 
de  ia  plage  d'Eyrac.  Presque  partout  les  bords  du  bassin  sont 
vaseux  et  pauvres  comme  le  fond,  mais  je  sui»  loiu  de 
les  avoir  tous  parcourus,  n'élant  resté  que  six  jours  à  Arca- 
clion  il  la  fin  de  septembre  (893.  Les  dragages  de  la  C"  des 
bateaux  de  pèche  à  vapeur  faits  au  large,  souvent  à  des 
profondeurs  de  80  à  100  mètres,  seraient  une  précieuse  res- 
source. Je  n'ai  pu  m'en  procurer  qu'un  seul. 


^yltit  (Typosytlii)  proliféra  Rr.  (liragago 

<iii  Inrge]. 
H;aliDaciB  tiU)icoU  O.-K.  Miill.  [i'itm). 
Diopatra  Hoapolitana  U.  i:))-  (cap  Kerret; 

plage  d'Arcaclioii). 
Marphyia  mnguinea  Mont.   (Trincal  de 

tientll). 
Harflia  Incita  Sht.  {dragui^e  ou  large  de 

(:oi'douaD.comniuui<|utcparM.  Adrien 

DolUufll. 
PtiinarsU  cultrilera    Gr.  (Triucat  de 

(îeDiil;  pla^c  d'Eyrac). 
Plalyntrtia  Duiiierilii  Aud,  et  Edw.  {plage 

d'Arcachon). 
Phyllodoca  braneo-viridii  N.  S.  (plage 

d'Arcacbooj. 
Eiilalia  Biridis  0.-¥.  MUII.  (plage  â'Ey- 


.c). 
Neplilyi  llom'iergii  Aud.  et  Ed' 

d'Arcacbon). 
Glycera  eonvoluta  Kef.  (Triacat  de 


(plai 


Aricia  fœlidu  Clpd.  (plage  d'Eyrac]. 
Leioclione  clyptata  Sl-Jos.  [idem). 
Arrnieola  miifina  L.  (partout). 
Lagia  Koreni  Mgr.  (plagea  d'Eyrac  et 

d'Arcacboul- 
Sabeilaria  ^pinulota  Leuck.  (dragage  au 

large). 
Saitltana  alveolata  L.  (dragage  devant 

Amphilrile    tdaarti    Qtg.   (Triacat   de 

GcnUI). 
TerebtUa  lapidaria  (Rœbler]    L.  (plage 

d'Eyraci. 
Lanice  conchilega  Pall.  {idem). 
Tlielapus  ciacinnatus  Fabr.  (dragage  au 

large). 
Datychont  tombyi  Dalyelt  [idem), 
tierpula  verinicutarit  L.  (idem). 
Bydroides  Norvegica  Guna.  (idem). 
.liera    piailla    St-Jos.   (dragage    devant 

l'Aquariuai). 
Pomalocero»  triqueler  L.  {idem). 


Dans  son  mémoire  sur  la  faune  d'Arcachou,  Lafonl  (I) 
donne  une  liste  d'Ann<5lides  où  je  relbve  quelques  espèces 
que  je  n'ai  pas  trouvées  :  Nereis  fallax  Qfg.,  Chœlopteru.'i 
Valenc'miï  Qfg.,  Arenicola  eraudala  Jobnst.,  Serpula  oclo- 
coslalaQfg.,  Serpula  Monfagui  Qfg.,  Vermilia  humilis  Qfg., 
Vermilia  pmUla  Qfg.  Je  ne  fais  que  citer  sans  garantir 
l'exactitude  des  déterminations. 

(1)  Sole  •pour  servir  à  la  faune  de  lu  Gironde,  conlenaul  la  liste  dei  animaux 
marmi  dont  la  priscnce  a  été  cimstatée  à  Arcachon  en  4867  et  1868  (Actes  de 
la  Soc.  linn.  de  Bordeaux,  l.  XXVI.  lbG8,  el  l.  XXVIII,  1870). 


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ANNËUDES   POLYCHÈTBS   DBS    COTES   DE   KRAMCE.  221 

SAINT-JEAN-DE-LUZ. 

PendaDt  trois  séjours  de  huit  jours  chacun  que  j'ai  faits 
à  Saint- Jean-de-Luz  en  mars  1892,  avril  et  septembre  1897, 
j'ai  parcouru  avec  grand  intérêt  les  roches  calcaires  en- 
tre Biarritz  et  Hendaye.  Les  grandes  plages  di;  sables  sont 
rares  sur  la  côte  et  quand  il  y  en  a,  comme  k  Biarritz,  dans 
la  baie  de  Saiut-Jean-de-Luz,  aux  bains  d'Hendaye  et  sur 
la  rive  Espagnole  de  la  Bidassoa,  le  sable  y  est  stérile. 

J'indiquerai  comme  endroits  favorables  à  la  récolte  des 
Annélides,  les  roches  de  la  Goureppe  près  de  Biarritz, 
les  rochers  de  Guéthary,  mais  encore  plus  ceux  en 
dedans  de  la  pointe  de  Sainte-Barbe  dans  la  baie  de 
Saint-Jean-de-Luz  et  ceux  au  N.  de  la  pointe  de  Sainte- 
Anne,  au-dessous  d'Abbadia.  Dans  le  port  de  Socoa.j'ai 
trouvé  des  Viopalra  Neapolilana.  A  Bemardy,  au-dessous 
de  la  croix  d'Archiloa,  les  roches  calcaires  sont  pavées  de 
Strogylocentriis  Uvidas  Lmck.  qui  les  perforent,  d'Aj/era- 
ca/iMiort  ^/aciWû  O.-F.  Mull.  et  d'Holol/iiiria  lubuiosa  Gm.; 
les  Annélides  qui  s'y  rencontraient  en  abondance  en  1892 
y  avaient  presque  disparu  en  1897.  On  a  fait  la  même  re- 
marque pour  Guéthary.  Il  faut  peut-être  attribuer  ce  chan- 
gement aux  grosses  mers  qui  n'ont  cessé  de  balayer,  du 
mois  d'août  1896  au  mois  de  septembre  1897,  cette  côte 
très  exposée. 


SjfUt»   [Typoiyllis)   proliféra    Kr.    (Ste- 

%l(u  graeilii  Gr.  {idm), 
Otionlotalli»  clenotloma  CApà.{idem). 
AuMylia  piclui  Eht.  {idem). 
Tryfianoiyllii  Krohnii  Clpd.  (Goélhary). 
Lspidonota*  cUva  Mont.  (Ste-Bsrbe). 
HatatydMa    gelalinota   Sars   (Reiiiardjr, 

Reodaye). 
Hamothoe  plcta  St-Joi.  (Remardj,  Ste- 

LagUca  tatanvata  Gr.  (Remarily,  Sle- 

barbe). 
Slhtnfiait  filiitur  Rathke(Ste -Barbe,  Sle- 


Euphrotync  foliota  Aud.  el  Edw.  (Sle- 

Diopatra  Neapolitana  D.  Cb.  (port  de 

SÔcoa). 
EoDico  Kinbergi  Ehl.  Forme  Jeune  et 

adulte  (Ste-Anne,  Ste- Barbe,  BîarriU). 
Ennice   torqaata   Qfg.    (liiiétbary,   Be- 
rnard;, Stu-Barbe,  Ste-Aune). 
Lnmbriconarai*    coccinea    Reu.    (Ste- 

Barbe). 
LumbricDDaraii  impaUoDi  Clpd.  (rochrg 

rniru  Guf'thary  et  Saiut-JeaD-de-Luz, 

Ste- Barbe). 
Lymdice  Siavlla  Aud.  et  Ëdw.  (Sto-Bar- 

be). 


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222 


BE  SAniT-JOSEPH. 


HadoTia  0gautM  Gr.  (Guétbarj,  Re- 

raardy,  Sle-Barbe,  Ste-Anae). 
NtreÎB  pflUgica  L.  (Guélhar}'). 
ll«reU  irrorau  Mgr.  iSle-Barbe). 
Perinaraii  oliT«lra  Horst  (roches  entre 

Gut'thar;  et  St-Jeau-de-Luz,  Ste-Barbe, 

Ste-ÀDDe). 
Fflriasreia  loogipaaN-  S.  (GiiÉtbary,  âle- 

Barbe,  Ste-Aone!. 
Perinaraia  caltrifara  Gr-FormesbëtÉro- 

n^rèidicnnes   mile  et    Temellc  (Gué- 

thary,  Remardy,  Ste-Aniie). 
Flalynereis    Dunerilii    Aud.    et    Edw. 

(Guéthiry). 
PAyllodoce  taminota  Sav.  (9U-Barbe\ 
Fh'jllodoce  splendeni  ât-Joe.  (Stc-Ann(^'<. 
PbYUodocabimacnlaUN.  S.(St(r-Barbe). 
Euialia   viridis  O.-F.   MUll.   (Guélhary, 

Ste-Anae). 
Euialia  pnnctilara  Gr.  [Ste-Aonc). 
Euialia  puailla  Œrit.  (Ste-Anne). 
Pterocirrut  maeroceros  Gr.  (Ste-Bafbp). 
Hesiona  pantherina   RImo   [Guétbary, 

Bemardy,  Ste-Barbe). 
Audouinia  tmiaculata  Mont.  (Gufthary, 

Rfuardy,  Stu-Barbe,  Ste-Aone). 
Aricia  lavigata  Gr.  (Sle-Anoe^. 
Aricia  Cuvieri  Aud.  et  Edw. (Ste-Barbe). 


Quatrerages,  datiR  son  Histoire  naturelle  des  Annelés 
(passim),  décrit  des  espèces  qui  ne  sont  pas  énumérées 
dans  ma  liste  et  qui  appartiennent  à  Guélhary  :  Polynoe 
iœvis  Aud.  et  Edw.,  Lepidonotus  brevicornis  Qfg.,  Eunke 
heleroc/iœtaQîg.,LinnàriconereiscOfitorlaQ(g.,Liim6ncoiiereiii 
Vauro  Qfg.,  Cirr/ùnereis  DlainviUu  Qfg.,  PkyUodoce  Kln- 
bergii  Qfg.,  Phyllodoce  Ratlikei  Qfg.,  Phyllodoce  brevire- 
mis  Qfg.,  CAietopterux  Sarsu  Boeck,  Spirorbis  lievis  Q(g.,Ver- 
mU'ui  pimlla  Qfg.,  Vermiiia  prodilrir  Qfg.  Comme  pour 
Arcaclion,  je  ne  fais  que  citer  saus  garantir  la  détermination. 


FlabaUigara  Claparedil  N.  S.  (Remardy). 

PolTOpbttaalmna  pictna  Du].  (Gnéthary). 

Duybrancliiu  cadncui  Gr.  (Remardy, 
Sle-Barbe,  Sle-AnoeJ. 

Aranîcola  brancbialis  Aud.  et  Edw. 
(Sle-Barbe;. 

Clymene  lumbi-icoidei  Qtg.  [Rocbea  entre 
Guélhary  et  St-Jcau-de-LuiiReiuardy). 

Johuitonia  djBWDoidu  Qtg.  (Sle- 
Barbe). 

Pelahproelia  terricola  Qfg.  {ûltm). 

Leiochone  etyptala  St-Jo3.  {idem). 

Sabellaria  alveolaU  L.  iRocbes  cnlre 
Guélhary  cl  SI.Jeao-de-Lui;  Remar- 
dy). 

Amphitrile  gracHis  Gr.  (Ste-Barbe). 

TerebeUa  lapidaria  (Kaehler)  L.  [Ste- 
Barbe,  Sle-Anne). 

Foli/mnia  nebuloia  Mont,  rue  Jobnal. 
[Remardy,  Ste-Anoe). 

Fifta  cretaoaaGr.  (Remardy,  Ste-Barbe, 
Ste-Aaue]. 

Polamilla  i-eniformU  G. -F.  MOU.  (Ste- 
Barbe). 

Safmacina  Dyileri  HuzI.  (Ste-Anne). 

Pomaloctroi  triqueter  L.  (Bemardy, 
HeDdaye). 


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ANNÉLIDES    POLYCHÈfES  DBS  COTES   DE   FRANCE.  223 

VAIIII.I.E  DBS  SVLUDIBfllS  Gr. 

Genre  PIONOSYLLIS  Mgr.  Laog.  char,  entend. 

PiONOSVLUS  PUUiGERA  Krobn  (I). 

Stludu  puluoeh  Claparède,  Glanur€S  zool.  parmi  Ua  Aanél.   de  Porl-Vendrti, 

18G4,  p.  81,  el  pi.  VI,  flg.  G.  —  Annél.  du  golfe  de  Niipfej, 

ISBg,  p.  309. 
—  —  Viguier,  Éludée  aur  lei  animaui:  infirieur»  de  la  baie  d'Alger 

[Arch.  de  lûot.  expér.,  S°»  «ér.,  t.  II,  1B84,  p.  99,  et  pi.  V, 

flg.  bl-U). 
PtoiioiTLLiB  PULUOBHA  Robin,  Oburv.  nir  quelques  Annél.  de  l'étang  de  Tkau 

[Bull.  Soe.  phil.,  7-«  êér.,  1.  VII,  ISSS,  p.  3!). 

PI.  XIII,  flg.  I. 

Deux  exemplaires  dans  un  dragage  à  la  baie  de  la  Forest, 
à  Concarneau. 

Le  corps  incolore  a  2"°',50  de  long  sur  0'",32  de  large, 
rames  comprises  sans  les  soies.  La  tête  ronde  a  2  palpes 
massirs  trfes  divergents,  une  longue  antenne  médiane  et 
4  gros  yeux  avec  cristallins  dirigés  en  avant,  précédés  de 
2  taches  oculiformes.  Tous  les  appendices  du  corps  sont 
inarticulés  et  hérissés  de  poils  tactiles.  Le  i"  cirre  dorsal 
est  plus  long  que  les  cirres  tentaculaires  et  il  y  a  alternance 
de  longueur  enire  les  cirres  dorsaux  suivants.  La  trompe 
courte  a  une  petite  dent  placée  tout  à  fait  en  avant.  Le  pro- 
ventricule  qui  ta  suit  avec  ses  rangées  transversales  de 
points  gris  occupe  les  segments  sétigères  3  el  4  ;  il  a  des 
mouvements  de  contraction  et  d'expansion.  Le  ventricule  et 
ses  glandes  latérales  sont  très  petits.  La  figure  50  de 
M.  Viguier,  qui  représente  la  partie  antérieure  de  l'animal, 

(1}  Krobn,  Ueber  Syllis  pulligera  eine  neue  Art  (Archiv  fûrNaturg.,  (852, 
p.  Kl,  et  pi.  X).  —  Pour  ne  pas  allonger  démesurément  la  bibliographie, 
il  ne  nera  ritli  dans  ce  mémoire,  &  chaque  espèce,  (jue  les  travaux  ijui  ont 
un  inlérêl  descriptif  ou  anatomique  el  il  ne  sera  pas  fait  menlion  de  ceux 
où  l'espèce  est  simplement  nommée  ou  catatogaée. 


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iîi  DK  «AlNT-d(MBPH. 

est  exacte.  Il  en  est  de  même  de  sa  Bgure  53  pour  les  soies 
à  article  unidenté  et  l'acicule  de  forme  particulière;  mais 
aux  soies  h  article  unidenté  il  s'en  mêle  d'autres  à  article 
bidenté  qu'on  ne  voit  bien  qu'avec  les  plus  forts  grossisse- 
ments. Je  ne  trouve  la  soie  simple  qu'aux  5  derniers  seg- 
ments. 

L'un  de  ces  exemplaires  a  23  segments  sétîgëres  avec 

2  gros  œufs,  à  chacun  des  segments  8-16,  renfermés  dans 
l'intérieur  du  corps. 

L'autre  a  21  segments  sétigères  et  porte  24  embryons  qui 
me  paraissent  couchés  sur  le  venlre  deux  par  deux  à  ta  partie 
dorsale  de  chaque  pied  de  la  mère  à  partir  du  7"  segment 
sétîgère.  Ils  sont  beaucoup  moins  bien  fixés  que  les  embryons 
des  Ëxogonés  et  se  détachent  trop  facilement  pour  que  je 
puisse  être  absolument  certain  de  la  position  exacte  qu'ils 
occupent  sur  le  pied.  Ils  ont  0"", 25  de  longsurO™", 08  de  large, 

3  antennes  dont  la  médiane  plus  longue  fO'°'°,07)  que  les  deux 
latérales  (0"",0ji),  4  pelils  yeux  rangés  sur  une  seule  ligne, 
un  )"  segment  achète  avec  2  paires  de  cirres  tentaculaires 
dont  une  rudimenlairc,  3  segmenis  séligères  dont  le  1"  et 
le  3"'  ont  seuls  un  cirre  dorsal  long  de  ©■■,05  qui  manque 
au  2"'  segment,  puis  vient  un  4""  segment  achète  avec  un 
rudiment  de  cirres  dorsaux  et  le  î»"'  l'I  dernier  avec  2  cirres 
terminaux  longs  de  0°'°'.0â.  A  chacun  des  segmenis  sélîgèrej 
il  y  a  une  et  rarement  deux  soies  h  article  unidenté  à  laquelle 
il  se  joint  quelquefois  une  soie  simple.  Il  ne  se  dessine  au- 
cune trace  du  canal  digestif  {fig.  IJ.  Vus  de  côté,  les  em- 
bryons ont  bien  la  forme  indiquée  par  Claparède  {/or.  rit., 
pi.  VI,  fig.  6  £).  Aucun  de  ces  deux  exemplaires  n'a  de  soies 
natatoires. 

Cette  espèce  a  un  mode  de  reproduction  bien  différent  des 
autres  Pionosyliis  connues  et  se  rapproche  sous  ce  rapport 
des  Ëxogonés. 

Méditerranée,  étang  i\f  Thau  ;  mer  Noire  (Bobrclzky  d'a- 
près Cziernawski},  Pas  de  Calais  (M.  tîiard). 


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ANNÉLIDES    POLYCUËTES    DES   COTES    DE   PttAHCE. 


TBiniJ   DES  POLVNOIXA  Gr. 


Genre  LEPIDONOTUS  Leach,  s.  sir.  Kbg. 
Lepidonotus  clava  HoDt.  (1). 


trniu  Gr.  Gnibe,  Zur  Anal,  und  Physiol.  der  Kiemen- 
Kûraitr.  KooigBborg,  1838,  ÎD-t,  p.  60.  —  Aclinien, 
Erhinodermtn  und  Wiirmer  dtt  Adriat.  und  Miliel' 
meerei.  KOiii«»berg,  IMO,  iii-1,  p.  87. 

Gr.  Grube,  Uesclir.  neuer  oder  wenig  beliniinl.  Annel. 
[Archiv  fUi-  Naturg.,  IHGO,  p.  71  et  pi.  III,  fig.  1).  - 
liie  ijuet  Lussin  und  iliit  Meert*  fauna.  Breslau,  ISGi, 
in-8,  p.  Tl. 

Valciicienoe».  QiiatrefageB,  fli«<.  nal.  des  Annel.,  t.  I, 
p.  S45. 

ModI, JohnatoD,  Catalogue of  Brilisk non parasil.  Wormi, 


a-S,  I86ù,  ] 


III. 


—  —  .Malujgreii,  Ann.  palycA.,  p.  lîO. 

—  —  VoD  Jlarenieller,  Zur  Kennl.  drr  Adriat.  Annel.  Il"'  bei- 

Irag  (Sihb.  de,- K.  Akad.der  iciM.  :u  IV'ien.  l.  LXXII, 
ISTi,  S.  A.  p.  1). 

—  —  Bournc,   On  certain  pointe  in  Ihe  Anat.  of  l'olynçina 

{Trans.  of  Ihe  Un».  Soc,  î—  série,  l.  II.  iii-4,  l«8:|, 
p.  3lH,etpl.  XXXIV.  Qg.  I-G,pl.  XXXV.  flg.  S,  II,  13, 
el  i>L  XXXVI,  Gg.  le-lSi  :î). 

—  —  var.  I.an(r,  Langerliant,  l>ie  Wurmfauna   non  Madeira 

II"--  beilrag  {Zeits.  far  viiee.  lool..  t.  XXXIII,   ISl'J, 
p.  213,  Btp[.  XIV,  Cg.  î). 
PuLTuoc      GmtiAriA  Clpd.  Cloparède,  SuppI,  aiu:  Annél.  du  golfe  de  Naples, 

p.  0  et  pi.  I,  Qg.  2. 

—  —  JourdiD,   ^Iriiclure   det   ttytret   de  quelques  Polt/noe.' 

[Zcol.  anx.,  U  Vlll,  1S8S.  p.  1Î8  et  Dg.  I-Î).  —  Struc- 
ture hisloioi/ique  dei  légu"-ente  el  appendices  temilift 
de  i'Hermione  hgilrij:  et  de  la  Potynoe  Gruhiana  {Ar- 
chiretde  iool.  exfér.,  3""  eérie,  l.  V,  1887,  p.  II&-130, 
et  pi.  IV,  Ûg.  M,  1?,  IG.  17). 
Lï'iiKj^OTus  WAHLBKnai  Kbg.  Ktnberg.  Eageniet  Reta.  Zoologi :  Annulala,p,  1! 
el  pi.  IV,  lig.  i.  Stockbolm,  IBJG.  iu-4. 

—  —  Ml-  liilosh,  lieport   on  Ihe  Annel.  l'oiycfi,   cotlecled  by 

II.  M.  S.  Vh'ilienger  (Heporta,  etc.,  t.  XII,  1885,  p.  m 
et  pi.  XI,  ng.  I  :  pi.  XVUI,  fig.  8;  pi.  X  .V,  %  I^IG). 

—  —  Voyage  île  la  géoliille  Metita  sur  les  côtes  occiilentales 

lie  l'ucéau   .Ulautique.  Annél.  polgch.,  par  Malaquiu. 

(I )  Aphroiiite  clava.  Monlagu,  Dffaiption  of  seiertil  marine  animais  found 
on //le  .SouiA  coast  of  Ùcvunshire  {Trans.  of  the Linn.  Soe.,L  IX,  IS08,p.  108, 
et  [il.  VII,  lig.  3). 

(2f  Bonnes  fiifures  de  l'animal  entier. 

is».  6C.   .\AT.   ZOOL.  V,   15 


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226  DE  IKAINT-40aEPH. 

{Revue  biol.  du  Nord  de  la  France,  t.  V[,   1893-9*, 

p.  411-118). 
TPoi-Tnoi  THOCniKOraoHjt  Schmarila.   Scbmarda,  Neur  airbell.  Ihiere  beoè.   und 
gesammelt  atif  einer  rtise  uni  dît  trde,   elc.  Leipiig. 
IB6I,  iD-fol.  p.  151  et  pi.  XXXVr,  fig.  310. 

PI.  Xlll,  fig.  2  8. 

Trouvé  sous  les  pierres  à  Concarneau  à  la  pointe  de  la 
Jument,  à  Sainl-Jean-de-Luz  près  de  Sainte-Barbe,  el  au 
Croisic  au  plateau  du  Four. 

Le  corps  plat,  presque  partout  de  même  largeur,  est 
long  de  27  à  30  millimètres  sur  8  millimètres  de  large,  soies 
comprises,  et  compte  en  tout  27  segments  dont  25  sétigèrcs. 
Le  ventre  est  pâle,  te  dos  coloré  en  brun,  eoUèrement  aux 
segments  antérieurs  el  seulement  par  places  aux  suivants. 
Les  élytres  sont  pigmentés  çà  et  là  de  rose,  de  brun,  verl 
ou  violât  foncés,  avec  une  grosse  lâche  blanche  au-dessus 
de  l'élytrophore.  Les  parties  pigmentées  se  composent  de 
cellules  roses,  brunes,  violettes,  polygonales,  à  noyau  central 
incolore.  La  I"  paire  est  plus  claire  que  les  autres;  il  en 
est  de  même  des  deux  tiers  antérieurs  de  la  2'*  paire. 

La  tête  bilobée  a  4  yeux  dont  les  2  antérieurs  placés 
latéralement  assez  en  avant,  et  les  2  postérieurs  tout  k  fait 
en  arrière,  recouverts  quelquefois  par  un  repli  du  segment 
suivant.  Chacun  des  lobes  se  prolonge  pour  former,  comme 
d'ordinaire  dans  le  genre  Lepidonotus,  la  base  des  antennes 
latérales  longues  de  0"°',90  et  enserrer  la  base  de  l'antenne 
médiane  longue  de  ("«SO;  les  3  bases  se  terminent  au 
même  niveau.  Les  2  palpes  épais,  triangulaires,  plus  longs 
(â'^ilO)  que  l'antenne  médiane,  sont  garnis  de  5  rangées 
longitudinales  parallèles  de  papilles  longues  de  0"'°,05,  ter- 
minées chacune  par  un  poil  tactile.  Je  donne  la  longueur  la 
plus  ordinaire  pour  les  palpes,  mais  ces  organes  sont  tel- 
lement contractiles  que  quelquefois  ils  sont  plus  courts  que 
l'antenne  médiane. 

Les  cirres  tenlaculaires  placés  par  paire  de  chaque  côté 
du  1"  segment,  l'un  derrière  l'autre,  ont  chacun  leur  base 


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ANNÉLIDES    POLTCHËTES   DES   COTES   DE    FRANCE.  227 

sortant  d'un  (ronc  commun  ;  de  la  base  du  cîrre  tentaculaire 
dorsal,  un  peu  plus  court  que  le  ventral  et  de  même  (aille 
que  l'antenne  médiane,  émerge  un  aciculc  accompagné  de  4 
ou  5  soies  de  même  forme  que  tes  dorsales  les  plus  courtes 
du  segment  suivant. 

Quant  aux  cirres  ventraux  du  2"'  segment  {cirres  buc- 
caux), ils  ont  1"',44  de  long.  Les  palpes  incolores  s'amin- 
cissent à  l'exirémitéet  Bnissenl  en  pointe  assez  Bne,  mais 
moins  6ne  que  celle  des  autres  appendices  de  la  tête.  Ceux-ci, 
comme  les  cirres  tentaculaires  et  les  cirres  buccaux,  soûl 
terminés  par  une  massue  surmontée  d'une  pointe  Bne  et 
entourés  d'un  anneau  de  pigment  brun  au-dessus  de  leur 
base  et  au-dessous  de  la  massue. 

Les  12  paires  d'élytres  sont  réparties  sur  les  seg- 
ments 2,  4,  5,  7...  23.  Aux  autres  segments  il  y  a  un  cirre 
dorsal  glabre  long  de  l",70,  de  même  forme  et  de  même 
coloration  que  les  cirres  tentaculaires,  précédé  sur  le  dos 
d'un  tubercule  dorsal  peu  distinct.  Les  pieds  sont  très  épais 

(fie-  S)- 

La  rame  supérieure  est  un  petit  mamelon  rond  d'où  sortent 
un  gros  acicule  brun  et  un  faisceau  d'environ  24  soies  dor- 
sales,  presque  toujours  recouvertes  d'algues  et  de  vase,  dis- 
posées en  rangées  superposées;  les  soies  supérieures  du 
faisceau  sont  près  de  moitié  plus  courtes  que  les  inférieures 
qui,  longues  de  0"°',25  sur  0"'',027  de  large,  un  peu  recour- 
bées en  arrière  et  se  terminant  en  pointe  obtuse,  sont  gar- 
nies jusqu'en  liant  d'une  cenlaine  de  rangées  transversales 
de  dentelures  (fig.  3).  La  rame  inférieure  massive  et  presque 
rectangulaire  contient  aussi  un  gros  acicule  brun  qui  fait 
un  peu  saillie  au  dehors.  Les  soies  ventrales  droites, 
jaunes  et  robustes,  au  nombre  de  18,  dont  6  entre  l'acicule 
et  la  rame  dorsale,  et  12  de  l'autre  côté  de  l'acicule,  sont 
près  de  (rois  fois  plus  grosses  que  les  soies  dorsales  et  deux 
fois  plus  longues.  Elles  se  terminent  par  une  forte  pointe 
recourbée,  creusée  d'une  goutlière  en  dessous,  et  sont  gar- 
nies de  7  à  10  plaques  de  denlicules  superposées,  précédées 


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228  DB  S«INT-J*SEPH. 

en  avant  par  4  ou  5  grosses  épines  (I).  Au  f*  segment,  par 
exception,  elles  ont  à  peu  près  la  forme  des  soies  dorsales; 
il  en  est  de  même  au  3"°  segment,  mais  les  rangées  trans- 
versales de  dentelures  y  sont  beaucoup  moins  nombreuses; 
c'est  au  4°"  segment  qu'elles  ont  leur  forme  définllive.  Le 
cirre  ventral  glabre,  incolore,  ou  teinté  d'un  brun  diffus, 
long  de  O'^'.ÔS,  se  termine  brusquement  en  une  pointe 
efBlée  non  précédée  d'une  massue.  Les  papilles  ventrales 
(papilles  néphridiennes  de  Bourne),  cylindriques,  longues 
deO"",27  sur  O"',  15  de  large,  qu'on  rencontre  à  l'avant- 
dernier  segment,  sont  faciles  à  reconnaître,  étant  souvent 
colorées  en  brun  ou  en  vert  sombre  ;  leur  orifice  est  qua- 
drilobé. 

Les  plis  de  t'orîfïce  anal  comniencent  à  se  dessiner  au 
dos  du  dernier  segment  sétigfereell'anus  s'ouvre  au  dos  du 
segment  anal  qui  est  très  étroit  et  se  termine  par  1  cirres 
anaux  glabres,  longs  de  l'"°,38,  dont  la  petite  pointe  effilée 
est  précédée  d'une  grosse  massue  (2).  Les  2  cirres  dorsaux 
du  segment  pcécédent  sont  rabattus  vers  le  bas,  de  sorte 
qu'il  semble  y  avoir  4  cirres  anaux.  Les  3  derniers  segments 
sétigëres  et  le  segment  anal  sont  nus. 

I-esélytres  assez  caduques,  à  bords  unis,  suborbiculaires 
ou  ovales,  sauf  à  la  1'"  paire,  recouvrent  le  dos  aux  t'"  seg- 
ments, puis  s'écartent  un  peu  et,  vers  le  milieu  du  corps, 
laissent  une  petite  partie  du  dos  à  découvert,  pour  se  re- 
joindre et  se  recouvrir  aux  derniers  segments;  mais  il  n'y 
a  pas  de  règle  fixe  et  quelquefois  ils  recouvrent  le  dos  par- 
tout, tout  en  étant  moins  imbriqués  que  chez  le  Lepidonolus 
sqttamatiis.  Tout  dépend  du  degré  de  contraction  de  l'animal. 
Les  élyfres  de  la  1"  paire  orbiculaires  et  plus  petits  que 
les  autres  {1"'°,90  de  diamètre)  sont  couverts  de  protubé- 
rances cliilineuses  jaunes  de  tailles  différentes,  depuis  0", 02 
de  haut  sur  û"",016  de  large  jusqu'à  0''",18  de  haut  sur 

(I)  Voir  Bourne.  toc.  cit..  pi.  XXXV,  Rg.  13. 

(2|  Voir,  pour  cette  dernière  portion  du  corps,  Mac  latosh.loe.  cit.,  pi.  \l, 

ni;.  1. 


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ANNÉLIDES    POLYCHÈTES   DES    COTES   DE    FHAMCE.  229 

Û'^iH  de  large  (tig.  4).  Les  protubérances  les  plus  petites 
sont  rangées  fout  autour  des  bords  de  l'élyfre  qu'elles  dé- 
passent un  peu,  comme  une  très  petite  frange,  du  côté  qui 
est  tourné  vers  la  partie  extérieure  du  corps  ;  les  plus  grosses 
se  trouvent  au  centre  et  à  la  partie  la  plus  rapprochée  de  la 
ligne  médiane  dorsale.  Toutes  sont  recouvertes  de  petites 
écailles,  derrière  chacune  desquelles  sort  une  épine  cliiti- 
Dcuse,  longue  de  O^'iOIS,  dont  la  base  est  cachée  par  l'é- 
caille  (fig.  5).  11  se  mêle  à  ces  protubérances,  du  côté  externe 
surtout,  de  petites  papilles  (O'^.OIG  de  haut)  incolores  et 
transparentes  en  forme  de  calice(fig.  6),  dont  quelques-unes 
(fig.  7}  sont  surmontées  d'un  prolongement  légèrement  bi- 
lobé;  on  y  distingue  nettement  le  filet  nerveux  décrit  par 
M.  Jourdan.  Cette  fibre  existe  aussi  dans  les  protubérances 
chilineuses  où  on  la  découvre  par  transparence  lorsqu'elles 
sont  inclinées  sur  le  côté.  Les  mêmes  dispositions  se  retrou- 
vent aux  élytres  plus  grands  (S'^.OO  sur  1"",90)  et  ovales 
de  la  t"  paire.  Quant  aux  élytres  suivants,  ils  ofTrent  quel- 
ques cliangemenls  :  aucune  protubérance  ne  dépasse  le  bord 
qui  est  complètement  lisse,  et  les  plus  grosses  me  parais- 
sent devenir  des  verrues  convexes  en  forme  de  verre  de 
montre  dont  la  circonférence  seule  est  cliilineuse;  elles 
sont  composées  de  grosses  cellules,  comme  l'avait  remarqué 
Kinberg  (fig.  8).  Mac  Inlosb  donne  une  figure  exacle  faible- 
ment grossie  de  ces  élytres  (1). 

La  trompe  descend  jusqu'au  12°"  segment  sétigère. 
Elle  est  couronnée  de  16  papilles  en  cône  obtus  longues 
de  0"°',42  et  renferme  2  paires  de  mâchoires  de  Polynoïde 
d'un  brun  assez  clair  n'oflranl  rien  de  remarquable. 

Grube  a  décrit  le  L.  clava  sous  le  nom  de  Polyiioe  sqiia- 
mata  el  de  Polynoe  clypeata  ;  j'ai  pu  m'assurer  dans  la  col- 
lection du  Muséum  que  la  Polynoe  dorsalis  de  Marseille  doit 
aussi  lui  être  assimilée.  Langerhans  en  a  trouvé  à  Madère 
des  exemplaires  dont  il  a  fait  une  variété,  parce  qu'ils  n'ont 

(1)  IM.  cit.,  pi.  XV1[I,  Og.  6. 


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230  DE  SAINT-dOSEPH. 

de  rangées  de  papilles  aux  palpes  qu'&  la  moitié  supérieure. 
La  Polynoe  sqiiamala  sensu  Gr.,  le  Lepuhnotus  Wahl- 
bergi  (  I  )  el  la  Polynoe  Grubiana  dont  les  palpes  sont  partout 
couverts  de  papilles  devraient  être  aussi  une  autre  variété. 
Nous  avons  vu  plus  haut  que  les  palpes  en  se  contractant 
diminuent  beaucoup  de  longueur.  Il  en  est  de  même  pour 
leurs  papilles,  surlout  dans  l'alcool,  ce  qui  en  rend  la  déler- 
mioation  souvent  difficile  (2).  Il  me  paraîtrait  donc  peut-être 
préférable  de  ne  pas  y  attacher  une  grande  imporlance  et  de 
s'en  tenir  à  une  seule  espèce.  Sinon  on  devra  distinguer  le 
L.  clava  avec  5  rangées  de  papilles  aux  palpes,  le  L.  clara 
var.  Lang.,  avec  papilles  à  la  moitié  supérieure  des  palpes 
seulement,  le  L.  clava  var.  Gr.  [Polynoe  squamata  sensu  Gr.. 
Lepidonotus  Wahlbergt,  Polynoe  Grubiuna),  avec  de  nom- 
breuses papilles  sur  toute  leur  bauteur,  et  enfin  le  L.  clava 
v'ir.  Kbg.,  avec  palpes  lisses,  en  admettant  que  Mac  Inlosb 
ait  inexactement  reclifié  Kinberg. 

La  description  de  la  Lepidonote  semilecla  Stimps.  (3)  est  si 
incomplète  que  je  n'ose  pas,  comme  le  voudrait  von  Maren- 
zeller  (4),  l'assimiler  au  Lepidonotus  Wahlbergi,  avec  lequel 
au  contraire  on  pourrait  peut-être  identifier  la  Polynoe  Tro- 
chiscopAora  trouvée  aussi  au  Cap. 

Mancbe,  Atlantique,  Méditerranée,  Mer  des  Indes. 

Lepidonotus  souamatus  L.  (5). 
PI.  Xm.fig.  9-13. 

Commun  sous  les  pierres  tout  le  long  des  côtes,  au  Havro, 

(1)  Mac  Intosh  a  observé  les  papilles  des  palpes  qui  avaient  sans  doute 
échappé  à  Kinberg. 

(2)  Voir  plus  loin,  p.  23T,  à  propos  de  la  Lagisca  extatuata. 

(3)  Slimpaon,  Description  of  some  of  the  netr  invertebrates  ftom  tke  Chintse 
and  Japonese  seas  (Procced.  Acad.  itat.  se.  of  Pliiladelphia,  t.  VII,  IBâO.  m-8, 
p.  393). 

(4)  Polyehaeîen  der  Angra  Peqitena  Bucht  (Zool.  Jahrb.  ablh,  fur  System., 
t.  m,  p.  3). 

(5)  Voir  Annél.  polych.  des  eôte$  de  Dinard,  2""  partie  (Ann.  des  se.  nal,, 
-—  série,  t.  V,  1888,  p.  t5l). 


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ANNÉLIDES  POLVOHÈTES   DES    COTES   DE    FRANCE.  231 

à  Villerville,  à  Villers,  à  Luc-sur-Mer,  à  Saint-Vaast,  à  Con- 
carneau,  au  Croisic. 

Les  élylres  ((ig.  9)  bruns,  larges  de  4  millimètres  environ 
sur  2"*,40  de  haut,  presque  toujours  couverts  de  vase  et 
de  petites  algueg  incolores,  sont  bordés  du  côté  externe 
d'une  frange  de  papilles  minces  et  longues  (0'°'°,60).  Ces 
papilles  sont  suivies  de  tubercules  chitineux  jaunes  en  cône 
arrondi  [lig.  10),  hautsdeO'°°',t,  revêtus  de  petites  écailles  im- 
briquées ;  en  se  rapprochant  du  centre,  ces  tubercules  gros- 
sissent et  s'aplatissent,  n'ayant  plus  que  0'",063  de  haut  et 
prenant  la  Forme  de  grosses  verrues  brunes  (fig.  tl)  garnies 
de  rangées  concentriques  d'écaillés  légèrement  découpées  au 
bord  supérieur  et  larges  de  Q-^iOOTS  (fig.  12).  La  partie  de 
l'élylre  la  plus  rapprochée  de  la  ligne  médiane  dorsale,  de- 
venue plus  claire,  est  parsemée  de  mamelons  porifères  inco- 
lores (fig.  13).  Enfin,  sur  toute  la  surface  de  l'élytre,  mais 
principalement  du  côté  externe,  il  y  a  des  papilles  en  calice 
de  mêmes  formes,  mais  peut-être  un  peu  plus  grosses  que 
celles  qiii  ont  été  figurées  pour  le  Lepidonotus  clava  (voir 
pi.  I,  fig.  6  et  7). 

Les  élylres  de  la  1"  paire,  orbiculaires,  d'un  diamètre  de 
2"',40,  ont  les  papilles  des  franges  moins  longues  (0",084) 
et  les  petites  papilles  en  calice  plus  abondantes. 

Genre  HARMOTIIOE  Kbg.  Mgr.  s.  ext. 

Habhotude  imcad  var.  Pagemstecheri  Mich.  (1). 
PI.  XIEl,  rig.  (4-20. 

S),  comme  il  est  probable,  on  attache  à  l'avenir,  dans  la 
classification  des  Polynoïdes,  plus  d'importance  à  la  forme, 

—  r.'est  à  tort  que  j'y  indique  la  Polynoe  squamata,  décrite  par  Grube, 
riimme  étant  le  véritable  L.  squamatus.  Il  a  été  dit  plus  haut  que  c'était  le 
Li'pi'Ionotuti  clava. 

(I)  Uichoelsen,  Die  Polychteten  fauna  der  Deutsehen  Meere  {Wiss.  Unleri. 
ffiT  Komm.  sur  Wiis.  uni.  der  Deutsehen  Meere  inKiel  und  <fer  biol.  anslall  auf 
IlelgolanJ,  t.  II,  heft  I.  19%,  in-ful.,  p.  7,  et  pi.  I,  (ig.  t). 


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232  DB  SAI 

non  seulement  des  i^lylros  mêmes,  mais  surtout  de  leur^ 
excroissances,  il  sera  difficile  de  donnera  VH.  iitipar  JoIiDsI. 
nne  place  bien  déterminéo.  Chez  celte  espèce,  dans  tous  les 
cas,  tous  les  élytres  sont  parsemés  di^  mamelons  ronds  trans- 
parents d'où  sortent  de  petits  tubercules  incolores  qui,  vus 
de  côlé,  ont  la  forme  d  epinos  creuses  et  molles.  Ces  tuber- 
cules plus  gros  au  centre  et  près  du  bord  externe  (llg.  14) 
sont  beaucoup  plus  petits  au  bord  antérieur  (fig.  15).  .Mais 
cbez  le  même  individu,  tantôt  il  n'y  a  que  des  tubercules  do 
cette  sorte  à  quelques  élytres,  tantôt  à  d'autres  élylres  il  s'y 
joint  Sais  protubérances  nues,  d'un  brun  foncé,  les  unes 
rondes,  les  autres  cylindriques,  hautes  de  O""",!.  Dans  les 
deux  cas,  le  bord  externe  de  l'élytre  est  frangé  de  papilles  très 
courtes  {0'°",08).  C'est  la  forme  que  j'ai  trouvée  à  l'tle  de 
Koclieforl  près  des  Ehbiens  (1). 

Chez  d'autres  exemplaires,  au  contraire,  les  élytres  sont 
garnis,  au  bord  externe  et  sur  une  partie  du  bord  posté- 
rieur, d'une  frange  de  papilles  atteignant  jusqu'à  0'°'',âl, 
dont  on  retrouve  quelques-unes  très  transparentes  et  moitié 
plus  courtes,  sur  toute  la  surface  de  l'élytre,  et  au  bord  pos- 
térieur il  y  a  de  grosses  protubérances  toutes  nues,  au  nombre 
de  4  à  6,  les  unes  sphériques  sur  un  court  pédoncule,  les 
autres  en  massue  dont  une  est  plus  importante  que  les  autres. 
C'est  la  forme  que  j'ai  rencontri'e  h  Grosse-lloche  près  de 
Saint-Jacul(2).En(iniIyaune3"''  forme  que  j'ai  observée  sur 
un  exemplaire  incom|)lct  de  Saint-Lunuire  et  que  semblent 
aussi  avoir  décrite  Mainquin  cl  llornell.  La  frange  des  pa- 
pilles et  les  protubérances  sont  les  mêmes  que  dans  la  forme 
précédente,  mais  les  s|)lières  (fig.  Ifi)  et  les  massues  (lig.  I7i 
sont  couvertes,  à  leur  exirémité  antérieure  seulement,  d'é- 
pines les  unes  simples,  les  autres  sortant  au  nombre  de  i 
(fig.  IH),  3  ou  i  (fig.  19)  d'une  base  commune.  La  plus  grosse 
massue  flig.  20)  dont  il  a  été  question  à  propos  de  la  forme 

(1)  Annéi.  poiyçh.  ifes  câtes  de  Dînant,  *■•  partie  (.4nii.  des  sviences  nat  , 
7""  série,  t.  XX,  p.  202,  et  pi.  XI,  Kg.  19). 
(2)H.Hi.,%.  20. 


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AN.NÉLIDES    POLYCHÈTES   DES    COTES   DE   FRANCE.  233 

précédente  est  seule  nue;  elle  mesure  0"°',63  de  haut  sur 
0""°.:I0  de  large  au  sommet.  Les  autres  massues  ont  0*"°,33 
de  linnl  sur  O^'ilô  de  large  et  les  sphères  ont  un  diamètre 
detr-.àa. 

Celle  forme  des  élytres  me  parait  être  celle  de  VH.  impar 
var.  Pagcnslcchei'i,  et  comme  je  ne  vois  pas  de  différences 
notables  pour  les  aulres  raraclëres  indiqués  par  Micliaelsen, 
je  rapporle  cet  exemplaire  de  Sainl-Lunaire  à  la  variété  qu'il 
a  établie. 

Manche.  Mer  du  Nord. 

Uarmotuob  picta  St-Jos.  (1). 

Je  trouve  sous  les  pierres  à  Saint-Jean-de-Luz,  dans  les  ro- 
chers de  llcmardy,  et  près  de  Hendaye,  à  la  poinle  de  Sainte- 
Anne,  cette  espèce  que  je  n'avais  rencontrée  à  Dinard  que 
dans  les  tubes  de  Lanice  conchilega. 

Ces  beaux  Polynoïdes  sonl  plus  grands  que  ceux  de  Di- 
nard, mesurant  33  millimètres  de  long  sur  7  millimètres  de 
large,  soies  comprises.  Ils  ont  37  segments  sétigères  au  lieu 
de  36. 

La  1"  paire  d'élylres  orbiculaire  a  2  millimètres  de  dia- 
mètre; les  élylres  suivants  sont  moins  réniformes  que  dans 
les  exemplaires  de  Dinard  et  vers  la  fin  du  corps  deviennent 
presque  ovales  (4°"°, 20  sur  3"'", 24).  La  dernière  paire  placée 
sur  le  32"°°  segment  recouvre  le  33*"  et  le  34''  et  laisse 
à  nu  les  35"'  à  37°".  A  ce  dernier  fait  suite  un  segment 
anal  étroit  avec  2  ctrres  anaux  longs  de  2  millimètres.  Les 
cirres  dorsaux,  précédés  d'un  gros  tubercule  dorsal,  ont 
2  millimèlres  de  long  et  finissent  au  même  niveau  que  les 
soies  ventrales.  La  rame  dorsale  qui  contient  un  gros  aciculc 
brun  est  peu  accusée  el  il  on  sort  seulement  1  à  4  soies 
dorsales  1res  courtes,  tandis  que  les  exemplaires  de  Dinard 

1 1)  Voir  Annil.  polgch.  des  côtes  de  Dinard,  S"*  partie  [Ann.  des  se.  nal., 
-"«éric,  t.  V,  1888,  p.  172,  et  pi.  VIII,  fig.4447)et4-par[ie  [lùiU.  l.  XX, 
189:;,  p.  203). 


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234  DE  SAlnjT-tlOWEPH. 

en  ont  jusqu'à  H)  beaucoup  plus  longues.  Les  cirres  veulraux 
ont  0°"°,i8  (le  long. 

Un  exemplaire  que  je  ramasse  à  CoDcarneau  à  la  Poiule 
de  la  Jument  est  de  même  taille  que  celui  de  Saint-Jean-de- 
Luz.  La  trompe  a  une  couronne  de  18  papilles  eo  cône 
obtus  hautes  de  0"'",30  sur  0"°',092  de  large;  je  vois  sortir 
des  œufs  gris  (0""',084  de  diamètre)  des  papilles  ventrales. 

HaRMOTBOE   LONGISETIS  Gr.  (1). 

LsMiLLA  OLABRA  M^.  Maloigren.  Nurd.  hafs  Annul.,  p.  73  et  pi.  IX,  Hg.  &. 

—  Annut.  l'olychsla,  p.  136. 
Hahmotboi  MALiGiiini  Ra;  Link.  Ray  Lankester,  On  tome  nno  British  Anntlidt 

{Trans.  Linman  Soc.,  t.  XXV,  1800,  in-*,  p.  31S,  et  pi.  Ll, 

lig.  Il,3â,  ÎS). 
PoLTNOE  LONGiSETis       Mc  Inloïh,  On  Ihe  struelurt  of  Ihe  Brilis/i  Ni-mfrteatu  and 

tome  nttn  Brit.  Atinet,  {Tram.  Edinb.  Soc.,  t.  XKV,  ISC9, 

in-f,  p.  WS,  et  pi.  XV,  Gg.  3  et  3'}. 
IlAKaaTHOE  OLABBA        Bideiikap,  UndersSgclaer  over  Annut.  Polych.  omkring  Itar^ 

dangei-fjordeni  udioh   aomrneren   1S9S.  KrliliaDiii,  IKM. 

iil-3,  p.  5. 

PI.  xiit,  lig.ai. 

Un  exemplaire  jeune  de  15  millimèlres  de  long  sur  3'", 60 
de  large,  pieds  compris  sans  les  soies,  avec  36  segmenis, 
trouvé  dans  un  dragage  à  Saint-Vaast. 

Le  corps  aplati  diminue  insensiblement  de  largeur  d'a- 
vant en  arrière.  II  y  a  sur  chaque  segment  du  côté  dorsal 
une  barre  brune  transversale  assez  foncée  qui  se  prolonge  sur 
les  2  élytrophores  aux  segmenis  élytrigères.  Le  ventre  est 
d'un  blanc  argenté.  Les  élytres  imbriqués,  recouvrant  tout 
le  dos,  ont  le  bord  interne  le  plus  rapproché  de  la  ligne 
médiane  dorsale,  coloré  en  brun  jaunâtre  clair. 

La  tète,  colorée  en  brun  foncé,  consiste  en  2  lobes  juxta- 
posés, échancrés  en  avant,  séparés  l'un  de  l'autre  par  un 
sillon  étroit,  portant  chacun  une  pitire  d'yeux  dont  les  anté- 
rieurs, de  mftme  taille  que  les  postérieurs,  sont  latéraux 
(fig.  21).  L'antenne  médiane  a  1°"°,82  de  long,  les  deux  laté- 

(1)  Polyitoe  longiselif.  Crubc,  Borbr.  nciirr  odir  wenig  lekattnt.  Amul. 
{Areh.  fin-  naturg.,  1B63.  t.  1,  p.  37,  cl  pi.  IV,  lig.  )), 


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ANNÉLIDES   POLYCHÈTES    DES    COTES   DE   FRANCE.  235 

raies  0"", 48,  les  deux  palpes  ]'°'',68,  les  deuv  cirres  tenta- 
culaires  tes  plus  longs  de  chaque  paire  du  ]"  segment 
("".ii.  Tous  ces  appendices  sont  effilés,  sans  renflement, 
et  ont  des  papilles  courtes  (C^.Oîe),  peu  nombreuses  ;  les 
palpes  sont  garnis  de  très  petits  mamelons  ayant  chacun  un 
poil  tactile.  Les  trois  antennes,  y  compris  leur  base,  sont  d'un 
brun  foncé,  les  palpes  et  les  tentacules  incolores. 

Il  y  a  1 9  paires  d'élylres  très  caduques,  distribuées  comme 
h  l'ordinaire.  Sauf  les  élytres  de  la  I"  paire  qui  sont  orbi- 
culaires  et  plus  pctils,  les  autres  sont  réniformes  (3  milli- 
mètres sur  1"",80)  ou  subréniformes,  et  unis  au  bord  à  part 
quelques  très  rares  papilles  de  0°"°,026  de  long  au  bord 
externe.  Ils  sont  parlout  couverts  de  petits  tubercules  inco- 
lores, cylindriques. 

Lesdeuxcirres  tentaculaires  de  chaque  côté,  quoique  ayant 
chacun  leur  base,  ont  un  Ironc  commun  ;  de  la  base  du  cirre 
tcntaculaire  dorsal  sortent  un  acîcule  et  quatre  très  petites 
soies,  diminutif  des  soies  dorsales  des  segments  suivants. 

La  rame  supérieure  des  pieds  porte  un  éventail  de  soies 
dorsales  presque  complètement  droites,  terminées  en  pointe 
obtuse,  couvertes  de  nombreuses  rangées  transversales  de 
denlicules  superposées,  comme  les  figure  Malmgren  pour  le 
Lxniila  glabra  (loc.  cit.,  fig.  5  D').  Les  cirres  dorsaux  des 
pieds  sans  élytres  ont  l'°'°,80  ^^  ''^ngi  ^o"'  incolores  et 
munis  de  quelques  papilles  de  0°'°',026  de  long.  La  rame  in- 
férieure se  termine  par  un  long  prolongement  digitiforme  ; 
les  soies  ventrales,  très  nombreuses,  minces,  bidentées, 
exactement  figurées  par  Mac  Intosh  (1),  trois  fois  moins  larges 
et  un  tiers  plus  longues  que  les  dorsales,  sont  garnies  de 
plus  de  iO  rangées  transversales  de  denlicules  et  termi- 
nées par  une  longue  dent  fine  légèrement  recourbée,  au-des- 
sous de  laquelle  se  dresse  une  épine  droite  ;  elles  atteignent 
l^iTOde  long,  ce  qui  équivaut  à  la  largeur  du  corps,  rames 
non  comprises.  Toutes  ces  soies  ventrales  et  dorsales  sont 

(l)Loc.  cit.,iig.  3. 


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236  OE  «AIST-JOSEPH. 

pAIes  et  brillantes.  Les  cirres  vt^nlraux,  iocolores,  subtiles, 
avec  quelques  rares  papilles,  ont  0"'°',60  de  long,  sauf  ceux 
du  !"■  segment  stHigère  (cirres  buccaux)  qui  sont  d'un  tiers 
plus  longs.  Les  papilles  vcnlralcs  1res  petites  manquonl  aux 
quatre  derniers  segments  el  me  paraissent  commencer  au  8°". 
Le  corps  se  termine  par  un  segment  anal  achète  avec  2  cir- 
res anaux,  incolores,  à  petites  papilles,  longs  de  â°"*,60. 

Ce  Polyuoïde  me  paraît  répondre  à  peu  près  exactement 
à  la  Polynoe  longisetis  et  à  la  Lœnilla glabra,  saurqnelcs  an- 
gles antérieurs  de  la  lële  sont  moins  accusés.  Mais  ils  ne  le 
sont  pas  davantage  cIiezi'//a/7HO//(oe  Malmgrem  que  je  crois, 
comme  Mac  Intosh  et  Giard,  identique  à  la  P.  longiselix.  Ma- 
laquin  (  I  )  a  constaté  de  même  chez  la  Nychia  cin-osa  que  la 
tèlc  pouvait  être  plus  ou  moins  arrondie.  Je  ne  pense  pas 
pouvoir  assimiler  la  P.  longisetis  à  la  Polynoe  lœvigata  Clpd., 
i'i  rexemplo de  Mac  In  tosli  et  de  Giard,  ni,  comme  le  voudraient 
ces  deux  auteurs,  lui  donner  le  nom  de  Lœnilla  xelosissima 
Sav.,  dont  Savigay  n'a  vu  ni  les  cirres,  ni  les  élytros  et  qui 
csl  trop  imparfaitement  connue. 

L'/y.  longiselix  aurait  donc,  comme  la  Nychia  ciirosa.  la 
tête  tantôt  arrondie  en  avant,  tantôt  avec  deux  petits  pro- 
longements antérieurs  el  vivrait  aussi  comme  la  N.  rirrosa, 
soit  dans  les  lubes  de  ChéloptÈres,  soit  en  liberté. 

Mers  du  Nord.  Manclie  (tie  de  Herm).  Méditerranée. 

HaRMOTUOE  CASTAMIA   Hc   Int.  (2). 

Giard,  Sur  quelques  Polynoiiliens  (Bull,  acient.  du  déparle- 
ment du  Xoi-d,  î"»  lérie,  9"'  anuée,  I8H6,  p.  3  i  0,  av«: 
figures). 

Hsrïey  Gibaon,  Notes  on  joHie  of  Ihe  Votychrla  eolttcted  b^ 
Ihe  L.  M.  B.  V.  [The  fii;l  rt/ioit  upait  llie  f-iuna  of  U- 
cerpool  Ba-j  by  Ihe  Mrrmbers  "f  tlie  lii-n-poiil  Mmine  Bioluiti/ 
commiltre,  LuuJod,  IHSC,  )u-8,  p.  »lj,  et  pi.  VU;. 

Je  la  trouve  dans  les  dragages  à  Sainl-VaasI  sur  les  S/m- 

'l)  Malaquîn,  Les  Annél.  polych.  des  côtes  du  Boulouniiis  {Revue  Viol,  du 
A<m/  lie  la  Fiance,  t.  I[,  I8B8-30.  Tirage  à  pari,  p.  17,  ci  pi.  VI,  lig.  3). 

(3)  Siutmgrtnia  canlanea.  Mac  luloab.  On  llritùh  AnnetiiU  iTram.  Zool.  Soc. 
Lmdvn,  i.  IX,  )«T0,  p.  376,  et  pi.  LXVU,  lig.  lU-IB). 


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ANNÉUDES    POLYCHhTES   DES   COTEb    ÛE   FRANCE.  237 

tangin  piirpureusO.  F.  Mull.,  comme  Mac  IntoshelM.  Giard. 
Je  n'ai  rien  h  changer  h  la  descripUon  de  M.  Giard  qui  est 
1res  exacte.  Un  pelit  exemplaire  do  7  millimètres  de  long 
a  32  segmenta  sétigères  et  15  paires  d'élyhes  ;  le  ventre  est 
d'un  brun  Foncé  surtout  aux  14  premiers  segments  el  ledo3 
est  partout  d'un  brun  clair. 
Mers  du  Nord.  Atlantique. 


Genre  LAGISC.\  Mgr. 

LaGISCA   eXTEMUATA   Gr.  (1). 
LiPiDONorrs  Litcnu  Qtg.  Quairerage»,  iliil.  nal.  dfs  Annel.,  t.  1,  p.  ^ôS. 

Depuis  1888,  j'ai  trouvé  à  Dinard  un  exemplaire  do 
40  millimclrcs  de  long  avec  43  segmeols  sétigères,  le  plus 
grand  que  j'aie  encore  rencontré.  J'ai  trouvé  aussi  à  Sainl- 
Vaasl,  à  Saint-Guénolé,  au  Croisic  et  à  Sainl-Jean-de-Luz 
des  exemplaires  de  20  à  30  millimètres  de  long. 

Voici  quelquesdélailsàajouter  àceuxquej'ai  déjà  donnés 
sur  cette  espèce. 

Le  corps  à  son  extrémité  Inférieure  est  presque  cinq  fois 
moins  large  qu'à  la  partie  antérieure.  Le  1"  segment  invi- 
sible du  côté  dorsal  a  de  chaque  côté  une  paire  de  cirres 
tentaculaires  superposés  ayant  chacun  sa  base  propre  ;  de  la 
base  du  cii-re  tentaculaire  dorsal,  entre  ce  cirre  et  le  palpe, 
sort  un  acicule  avec  2  soies  semblables  aux  soies  dorsales  les 
plus  courtes  des  segments  suivants. 

Les  petits  mamelons  des  palpes  sont  quelquefois  à  peine 
visibles,  peut-être  même  absents.  Les  trois  antennes  et  les 
4cirres  tentaculaires  ont  des  papilles  très  courtes  (U°'",029)  ; 
celles  des  cirres  dorsaux  ont  0°°',0i2  et  celles  assez  rares  des 
cirres  anaux  0°"°,025.  Le  cirre  ventral  du  2°"  segment,  deux 

(1)  Voir  Annil.  polycft.  des  côtes  de  Dinard,  2"'  partie  [Aitn.  des  se.  nat, 
1"  série,  t.  V,  1888,  p.  180,  etpl.VlK,  flg.  52-5i). 


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238  UB  SAINT-JOSEPH. 

foispluslong  que  les  suivants,  mesure  0'"',90.  La  papille  vcd- 
Irale  qui  apparaît  au  3"'  segment  manque  aux  deux  derniers. 
Les  soies  ventrales  dépassent  les  dorsales  de  O'^fSS. 

Les  élytres  recouvrent  les  soies  dorsales  à  peine  jusqu'à 
la  moitié  de  leur  longueur.  La  1"  paire  est  orbiculaire.  La 
dernière  paire  est  toujours  au  3â°"  segment  et  tous  les  seg- 
ments suivants  sont  nus.  La  trompe  est  couronnée  de  18  pa- 
pilles et  non  de  17.  Comme  Langerhans,  je  suis  disposé  à 
croire  que  la  Lagisca  rarispina  Mgr.  et  la  L.  propinqua  Mgr. 
ne  sont  que  des  variétés  de  la  L.  extcnuata.  Quant  au  Lepi- 
donolus  Leachii  Qfg.  et  au  Lepv/onoliis  dumefostis  Qfg.,  j'ai 
pu  les  identifier,  d'aprbs  les  exemplaires  du  Muséum,  avec  la 
Lagisca  exlenuala. 

Manclie.  Atlantique.  Méditerranée. 


TBIBtJ  DES  alClALIONI.'VA  Gr. 


Genre  PHOLOE  Johnsl. 

PUOLOF.  SYNOPBTBAUllGA    Clpd.    tior.    DlNAHDENSIS  (1). 

Commune  dans  les  dragages  de  la  baie  de  la  Forest.  Ayant 
en  général  3" ,80  et  12  segments.  La  hampe  des  soies  à 
long  article  cilié  et  à  court  article  non  cilié  est  garnie  comme 
citez  les  Polynoïdes  avant  son  extrémité  antérieure  de  3  ou  4 
rangées  de  denlicules  semblables  à  celles  qu'indique  von  ,Ma- 
renzeller  cliez  la  Pholoe  ilorsipapiltala  von  Marenz.  (2),  mais 
moins  nombreuses. 

())  Voir  les  Annd.  polych.  des  côtes  de  Dinard,  2""  partie  (^nn.  des  si:,  nul., 
I"  sérii!,  l.  V,  1888,  p.  (80). 

(2)  Btr,  der  comm.  fiir  Etforseh.  der  Œst.  Uittelm.  VI,  Zool.  Eryebn.  Il, 
PotychxlendeiiGrund(:a{Denkick.derK.  Akad.der  Wisi.iu  WieR,t-LX,  IS93, 
pi.  1,  «g.  ao  b). 


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ANNÉLIDES    POLYCHÈTES    DES   COTES    DE   KRA.NCE. 


Genre  SIGALION  Aud.  el  Edw.  Kbg.  j.  str.  nec  Ehl,  nec  Mgr. 

SlGALION  SQUAMATUM    D.    Ch.  (1). 

StOALiON  MATaiLDS  Aud.  et  Edn.  AudouÎD  et  MilDC-Edwardi,  Recherchet  pour 
>ei-vir  à  l'hUt.  nal.  du  littoral  de  ta  France,  t.  H.  1831,  p.  lOS, 
«tpl.  Il,  ùg.  1-10. 

—  —  Quatrefagea,  Hiit.  nat.  dei  ânnet.,  l.  I,  186S,  p.  ÎBO. 

—  —  Grube,   Btmerk.   ùber  die   familie    der  Aphrodileen.  (Iruppe 

Bermûmea  und  Sigalionina  {Ja/ireib.  der  Schlei.  gettUe.  fOr 
IBT4.  Brcïlau,  tSIS,  p.  12). 

PI.  Xlll.  Mg.  22-29. 

Trouvé  dans  le  sable  au  Pouliguen,  à  SaioUVaast  (tle  de 
Tatihou  el  près  du  fort  de  la  Hougue),  à  Villers  (M.  Adrien 
DoIKus). 

J'aurais  quelques  additions  et  modifications  à  faire  à  ma 
précédente  descriptioa. 

Les  4  yeux  ont  chacun  0"',Û25  de  diamètre  et  les  an- 
tennes 0'"',12  de  long.  Les  2  palpes  paraissent  bien  placés 
entre  le  t"  el  le  V  pied,  mais  en  réalité  ils  naissent  à  la 
partie  inférieure  de  la  tête  du  côté  ventral  et  la  \"  paire  de 
pieds  vient  s'intercaler  entre  leur  base  et  la  tète.  L'entrée 
de  la  trompe  est  couronnée  de  10  à  12  papilles  de  cha- 
que côté. 

Les  soies  de  la  rame  dorsale,  simples,  toutes  de  même 
forme,  nombreuses  (80  à  \  00)  el  plus  ou  moins  recourbées  en 
arrière^  sont  réparties  en  deux  faisceaux  peu  distincts.  Elles 
sont  couvertes  de  rangées  transversales  serrées  de  denti- 
cules  (fig.  22)  et  se  terminent  par  une  petite  fourche  très 
fine  dont  une  des  branches  est  un  peu  plus  courte  que  l'autre 
(lig.  23).  Celles  qui  appartiennent  au  faisceau  supérieur  ont 
l"°',20  de  long  sur  C'.OOOS  de  large  non  loin  de  la  base  et 
seulemeni  0"",0023  au  sommet  ;  celles  du  faisceau  inférieur 

(i)  Voir  Annil.  potyck.  des  côtes  de  Dinard,  4»«  partie  {Ann.  des  «e.  nat., 
T—  série,  t.  XX,  1805,  p.  203;  pi.  XI,  fig.  21-24,  el  pi.  XIE,  fig.  27).  Une 
Taule  d'impression  m'y  fait  dire  que  le  S.  squamatum  a  18  segments;  c'est 
180  qu'il  faut  lire. 


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240  DB  «AIIVT-40«BPH. 

sont  d'un  liers  plus  courtes  et  plus  de  moitié   plus  rioes. 

Les  soies  de  la  rame  ventrale  forment  2  faisceaux  trèsnels. 

Le  faisceau  supérieur  comprend  à  partir  du  haut  et  dans 
l'ordre  suivant  :  1°  i  ou  5  soies  simples  terminées  en  pointe 
unie  et  garnies  de  rangées  de  denticules  en  spirale  faisant 
saillie  des  deux  côlés;unpeu  avant  la  pointe,  les  denticules 
devenus  plus  petits  sont  disposés  en  rangées  parallèles 
transversales  el  non  plus  en  spirale  el  ne  dépassent  le  bord 
que  d'un  seul  côté  (fig.  24).  Ces  soies  sont  les  plus  courtes 
de  tout  le  pied,  ne  mesurant  que  0'"°,42  de  long  ;  2°  2  ou 
3  soies  composées  dont  la  hampe  est  garnie  de  1 0  à  1 2  ran- 
gées transversales  de  denticules  assez  saillants  au-dessous  de 
l'article  terminal  long  de  O^^iSS,  qui  est  divisé  en  articula- 
lions  indiquées  non  par  des  séparations  Iransversales,  mais 
par  des  renflements  el  des  amincissements  du  bord  qui  simu- 
lent des  cassures  (fig.  25).  Ici  comme  dans  les  autres  soies 
à  article  articulé  dont  il  nous  reste  à  parler,  les  1"*  articu- 
lations sont  plus  longues  que  les  autres,  et  la  dernière  se 
termine  par  une  dent  recourbée  au-dessous  de  laquelle  se 
dresse  une  épine  droile  (voir  plus  loin  pour  cette  disposi- 
lion  la  figure  29)  ;  3'  4  ou  5  soies  composées  h  article  aiii- 
cuté  dont  la  liampe  se  termine  au-dessous  de  l'article  par  un 
renflement  garni  de  8  à  Orangées  parallèles  Iransversales  de 
denticules  exirfimement  fins  (fig,  26)  ;  4°  9  à  10  soies  com- 
posées à  article  articulé  dont  la  hampe  est  lisse  parloul 
(flg.  27). 

Le  faisceau  inférieur  commence  par  2  soies  composées 
dont  l'article  est  une  grosse  serpe  {0°'°,10  de  haut  sur 
0°"",O22  de  large)  avec  épine  sous-jacenle  (fig.  28)  ;  la  serpe 
s'allonge  (0"',33)  aux  4  ou  5  soies  suivantes,  puis  !os  soies 
de  la  forme  n*  4  du  faisceau  supérieur  reparaissent  avec  des 
articles  deux  fois  plus  longs;  ces  articles  deviennent  même 
trois  fois  plus  longs  aux  soies  les  plus  rapprochées  du  ventre 
qui,  très  nombreuses,  moitié  moins  fortes,  molles  et  inco- 
lores, ont  une  apparence  d'algues  filamenleuses.  La  dent  re- 
courbée et  la  petite  épine  sous-jacente  de  l'extrémité  de 


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ANNÉUDES   POLYCHËTES   DES    COTES   DE   FEIANCE.         241 

toutes  les  soies  du  faisceau  inférieur  ont  progressivement 
diminué  de  taille  et  sont  devenues  excessivement  fines  aux 
soies  les  plus  ventrales  [Og.  29). 

Chez  les  2  exemplaires  du  Sigalion  Mathildm  qui  font  partie 
de  la  collection  du  Muséum,  j'ai  pu  reconnaître  le  cirre 
dorsal  des  pieds  et  toutes  les  formes  de  soies  qui  viennent 
d'être  décrites  en  détail.  Il  oe  me  semble  donc  plus  y  avoir 
de  raison  pour  eu  faire  une  espèce  distincte  du  S.  squama- 
lum.  Reste  la  question  des  yeux.  Audouin  et  Milne  Edwards 
n'en  ont  pas  trouvé,  Grube  en  a  observé  2  ;  quant  à  moi,  il 
m'a  été  impossible  de  rien  distinguer,  la  partie  antérieure 
des  2  exemplaires  étant  en  très  mauvais  état.  Dans  tous 
les  cas,  il  n'y  aurait  pas  là  matière  à  faire  2  espèces  dif- 
férentes. 

Dragué  dans  l'expédition  du  Porcupine  sur  les  côtes  d'Al- 
gérie par  12  à  93  mètres  de  profondeur. 

VAHILLK  DBS  EUNICICNII  (Kniu  Gr.)- 
VMIBU  DEM  LABIBOfiWATHA  Ehl.  s.  ttr.  Gr. 

Genre  HYALINOECIA  Mgr. 

HVAUMCECIA   TUBICOLA   0.    P.  MUll.  (t). 

UmiFniB         TuaicoLA  Eblers,  Die  BortlenuOrmer,  p.  39T,  et  pi.  XI[,  flg.  31-14,  et 
pi.  XIII,  flg   I-U  (î). 

—  —        Quatre[age«,  Hùl.  nat.  dei  Annti.,  t.  I,  p.  3&I. 

—  —        Scbmiedberg.   Veber   die   ehemitche   luiamnteniritung   dtr 

WobnrShren  von  O.  tubicola  {Ititth.  aua  der  Zool.  ttal.  zu 
Neaptl,  t.  Ul,  p.  3T3,  ISS}]. 
HTJLtMOUUit        —        Gmbe,  Pamilit  Eanicea  {Jafirtêb.der  ScMet. gtulU.  fur  1877. 
Breilau,  1S7g,  p.  91). 

—  '-        LaogerbaDi,    Die    Wurmfama    non   Madeira   Ih"  Btilrag 

[Ztili.  flir  WUt.  Zool.,  t.  XXXIU,  I87B,  p.  191,  et  pi.  XV, 
flg-  2B). 

—  —        PruTol,  SysUme  nerveux  de»  Annil.  polyeh.  {Areh.  de  toot, 

expérim.,  !■»  «iric,  L  m,  18S&,  p.  356,  et  pi.  XUI,  Bg.  1-&). 

(1)  IVereit  lubicota  0.  F.  M  ùll  u  r,  Zooi.  Danica,  ilBè.l.  I.  P-  IS.etpl.XVllI, 
(ig.  1-6. 

(2)  A  consulter  pour  la  bibliographie  et  y  ajouter  les  ouvrages  ri- 
dessous. 

AMN.  se.   NAT.  ZOOL.  V,  16 


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m  DE  «Ainrr-JiMiEPtf. 

HiALiNoaA  TOBicoL*  Hc  lototb,  Report  on  Iht  Annel.  polyeA.  cotUcled  by  B.  U.  S 
Challenger  {Reporta,  etc.,  t.  XII,  p.  SU). 

PI.  XIU,  flg.  30. 


Sur  trois  H.  tubkola,  à  peu  près  de  même  taille,  prove- 
nant de  dragages  au  large  d'Arcachon,  et  conservés  dans 
l'alcool,  j'en  examine  un  de  95  millimètres  de  long  sur 
2  millimèlres  de  large  dont  le  corps  rosé,  à  reflets  irisés, 
rond  en  avant,  plus  aplati  en  arrière,  compte  130  segments. 

Les  tubes  transparents  de  la  grosseur  d'une  plume  d'oie, 
dont  Schmiedberg  a  étudié  la  composition  chimique,  ont 
13  centimètres  de  long  (I). 

Je  note  seulement  quelques  points,  1'^.  tubîcola  ayant 
déjà  été  décrite  en  détail. 

L'antenne  ta  plus  longue  atteint  le  10"  segment.  Les 
2  petites  antennes  frontales  ne  sont  pas  des  antennes  mais 
des  palpes  comme  l'ont  établi  Claparède  et  Pruvot.  Le 
cirre  ventral  qui  est  assez  fort  aux  5  premiers  segments, 
n'est  plus  qu'un  mamelon  aux  4  suivants  et  disparaît  ensuite. 
La  l^branchie  se  montre  au  25"  segment  sétigèreet  per- 
siste jusqu'au  3"*  avant-dernier,  consistant  en  une  simple 
lanière  qui  atteint  sa  plus  grande  taille  (3  millimètres)  au 
commencement  du  dernier  tiers  du  corps.  Les  2  cirres 
anaux  filiformes  ont  1  centimètre  de  long.  On  retrouve  les 
soies  limbées  et  pcclinées  figurées  par  Ehlers  et  les  5  ou  6 
acicules  très  fins  de  la  base  du  cirre  dorsal.  Les  gros  aci- 
cules  encapuchonnés  qu'il  représente  {loc.  cit.,  fig.  9)  ne  sont 
pas  des  acicules,  mais  des  soies  aciculaires  qui  font  saillie 
hors  du  corps  autant  que  les  autres  soies.  Il  yen  a  en  général 
I  ou  2  en  voie  de  développement  dans  l'intérieur  du  pied 
qui  n'ont  pas  encore  de  capuchon.  Les  véritables  acicules  se 
terminent  en  pointe  fine  dont  l'extrémité  seule  émerge  au 
dehors.  La  mftchoire  supérieure  est  telle  que  la  représente 
Ehlers  ;  mais  la  mâchoire  inférieure  est  de  forme  un  peu 

(I)  D'après  Pruvol,  ranimai,  comme  une  larve  de  Phrygaoe,  traîne  son 
tube  après  lui. 


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ANNÉLIDES  POLTCaÈTÉS   DES  COTES  DE  FRANCE.        243 

difTérente  avec  i  ailerons  antérieurs  blaocs  plus  pointus 
(Hg.  30). 

Plusieurs  exemplaires  venant  de  Naples,  longs  de  50  milli- 
-mëtres,  sont  semblables  à  ceux  d'Ârcachon;  mais  un  autre 
plus  petit,  de  30  millimètres  a,  comme  Langerhans  l'a  déjà 
signalé  chez  des  exemplaires  de  petite  taille,  des  soies 
pseudo-articulées  au  1"  segmeut  et  des  soies  en  serpe  com- 
posée à  capuchoD  aux  8  derniers.  Il  semblerait  que  ces 
2  formes  de  soies  dont  Ëblers  ne  fait  pas  mention  ne  se 
rencontrent  que  chez  les  jeunes. 

Mers  du  Nord,  Manche,  Atlantique,  Méditerranée,  Mers 
du  Japon  {Ckailenger).  Draguée  dans  l'expédition  de  la  Pola 
h  390  mètres  et  dans  celle  du  Challenger  à  1033  mètres  de 
profondeur. 

Gbnrk  DIOPATRA  Aud.  et  Edw.  $.  sir. 

Malgré  l'opinion  de  Quatrefages,  Ehlers  et  Von  Marenzel- 
1er  (I  ),  qui  rangent  dans  le  genre  Dtopatra  tous  les  Onuphi- 
des  k  cirres  tenlaculaires,  je  crois,  comme  Kinberg,  Malm- 
gren,  Claparède  et  Langerhans,  qu'il  faut  distinguer  les 
espèces  à  cirres  tentaculuircs  avec  les  branchies  en  spirale 
si  caractéristiques  (genre  Diopaira  Aud.  et  Edw.  s.  str.)  et 
celles  avec  branchies  pectinées  oucirriformes(genre  Onuphis 
Aud.  et  Edw.,  Kbg.),  les  espèces  sans  cirres  tentaculaîres 
formant  le  genre  Hyalinœcia  Mgr. 

DioPATRA  Neapoutaha  D.  Gh.  (2). 

DioPATBA  GOPiKA  D.  Ch.  Don  Bogc.  Délie  Cbiaje,  Memorie  tu  gli  anmaii  laïai 
BtrUbn  dtl  rtgno  di  Napoli,  t.  11,  liU,  p.  391,'  413,  et 
pi.  XVII,  flg.  B-I6,  et  pi.  XXVni  bu,  flg.  1-7,  fide  Eiùen. 

—  —  Audouiu  et  Miloe  Edwarda,  Rrchercha  pour  ttnir  A  CMtl, 

nat.  da  tiUoral  de  la  France,  t  II,  lS3i,  p.  1&1. 

_  OAUrcA  Qfg.  Quatretages,  Bûl.  tuU.  des  Annel.,  t.  I,  p.  338,  et 
pi.  XVll,  flg.   1-3.  —  Noiti  sur  quelques  fl-" ' 


\\\  Spitibergische  Anneliden  [Archiv  fur  Ifaturg.,  1889,  t.  !,  p.  129). 
[i)  DelleCaûaje,  i>«cri2.  enotomia,  elc.,184i,t.  Ill,p.  U7,  ut  t.  V,  p.  104; 
pi.  XCVII,  lig.  9-12,  et  pi.  ai,  tig.  1-1,  fide  Ëhlers. 


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m  DE  KAimrJOSEPH. 

tibrét  du  basiin  tFArcaehon  {Àitoe.  française  pour  Cavan 
cernent  du  teience»,  I»  aesnon.  Borduui,  1811,  p.  651). 
DioPÀTH*  NlAPOUTAflA  Ehler»,  Die  Borslenmdrmer,  p.  ISS,  Bt  pi.  X[l,  flg.  6-30. 

—  —  a&parédt,  Armel,  du  golfe  de  NaiOet,  p.  113,  et  pi.  VI,  0^.4. 

-~  Suppl.  aux  Annil.  de  Naplet,  p.  16. 

—  —  GTatie,FamilieEu3iicea{Ja/ireib.deTSchlei.geteUt.fDrlVn. 

Bredau,  1B7B,  p.  86). 

—  —  Cori,  délier  anomalien  drr  segmentirung  bei  Annel.  und 

dertn  bedeutung  fur  die  Théorie  der  SIetamerit  (Zeitt. 
fur   Wui.   Zool,,  t.   UV,  1S93,  p.  &T3,  516,  et  pi.  .\XV, 
flg.  10-11). 
T    —  Bairi         Gr.  Grube,  Aelinien,  Behinod.  und  WBrmer  dei  AdriatitcktK 

und  Miltetmeert.  KOoigaberg,  1840,  in-t,  p.  80  et  fkg.  lU. 

PI.  XIII,  flg.  31-33,  et  pi.  XIV,  fig.  34-39. 


Trouvée  daos  le  bassin  d'Arcachon  ealre  le  phare  et  le 
cap  Ferret  et  sur  la  plage  d'Arcachon,  et  aussi  dans  le  port 
de  Socoa,  près  de  Saiol-Jeao-de-Luz.  Habitant  un  tube  long 
de  1  mètre  environ  qui  s'enfonce  perpendiculairenientdansle 
sable  demi-vaseux  ;  l'entrée  ronde,  d'un  diamètre  de  1  cen- 
timètre, dépassant  le  sol  de  1  ou  12  centimètres  au  plus  est 
obliquement  inclinée,  de  sorte  que  l'animal  en  sortant  se 
trouve  au  niveau  du  sable  sur  lequel  il  se  met  h.  ramper. 
L'intérieur  du  tube  lisse  consiste  en  une  couche  de  mucus 
solidifiée  recouverte  à  l'extérieur  de  sable  et  de  vase  hérissés 
de  débris  de  coquilles  et  de  zostères.  La  1"  portion  du  tube 
(10  à  it  centimètres)  est  coriace  et  très  épaisse,  puis  les 
parois  deviennent  progressivement  plus  minces  pour  finir 
par  être  diaphanes  h  l'extrémité  inférieure. 

LaD.  Neapolilana  nage  en  décrivant  une  hélice.  Il  est 
extrêmement  difficile  de  l'obtenir  entière.  A  la  moindre 
alerte,  elle  s'enfonce  jusqu'en  bas  du  tube  qui  est  noyé  dans 
l'eau  et  qu'on  ne  peut  atteindre.  Un  coup  de  bêche  donné 
aussi  rapidement  que  possible  pour  lui  couper  la  retraite 
permet  quelquefois  seulement  de  s'emparer  d'un  fragment 
en  général  assez  court  de  la  portion  antérieure  du  corps. 
En  versant  du  sel  dans  le  tube,  le  marin  attaché  à  la  station 
zoologique  d'Arcachon  a  pu  cependant  prendre  sur  la  plage 
d'Arcachon  quelques  exemplaires  entiers,  en  plusieurs  mor- 
ceaux, de  hO  centimètres  de  long  sur  1  centimètre  de  large  et 


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ANNËLIDBS  POLYCHËTES  DBS  COTES  DE  FRANCE.    24o 

280  segments,  l'animal  sortantalors  en  grande  partie  du  tube. 
Les  exemplaires  du  cap  Ferret,  à  ea  juger  par  la  grosseur 
du  tube,  doivent  être  de  taille  plus  considérable,  mais  je  n'ai 
jamais  pu  en  prendre  que  des  parties  antérieures  dont  la 
plus  longue  avait  28  centimètres  et  135  segments.  A  Socoa 
oft  le  .sable  n'est  pas  envahi  par  l'eau  comme  h  Arcachon, 
ce  qui  permet  de  creuser  tout  autour  du  tube,  j'ai  eu 
2  exemplaires  bien  entiers  et  intacts  loogs  chacun  de 
28  centimètres,  l'un  de  250  et  l'autre  de  269  segments. 

Le  corps  très  fragile  est  rond  en  avant  pendant  les  6  seg- 
ments qui  renferment  le  pharynx  en  baril  ;  puis  il  devient 
plat  comme  celui  d'une  Marphysa  sanguinea.  Aux  5  ou  6 
l"'segments,ile3t  plus  étroit  qu'aux  suivants  et  atteint  toute 
sa  largeur  vers  le  30"  segment,  puis  après  les  segments 
branchifères  il  diminue  progressivement  de  largeur  jusqu'à 
l'extrémité  inférieure  qui  n'a  plus-que  3  à  4  millimètres.  H 
est  recouvert  d'une  cuticule  transparente  se  détachant  faci- 
lement quand  l'animal  dépérît  et  s'irisant  de  superbes  reflets 
bleus  ou  verts  (I}.  Couverte  de  stries  se  coupant  à  angle  droit 
et  percée  de  nombreux  pores  très  fins,  elle  se  dissout  dans 
la  potasse.  Au-dessous  de  la  cuticule,  l'hypoderme  est  coloré 
en  brun  diffus  assez  foncé  dans  les  six  à  sept  1"  segments, 
puis  la  coloration  s'éclaircit  et  aux  segments  8-29  apparaît 
une  courte  raie  transversale  d'un  brun  foncé  au  milieu  du 
dos.  Partout  le  dos  et  les  pieds  sont  pointillés  de  blanc. 
L'extrémité  inférieure  du  corps  est  d'un  jaune  p&le  sur 
lequel  vient  trancher  au  segment  anal  un  vaisseau  rouge 
qui  entoure  l'anus.  Le  ventre  est  incolore,  sauf  quelquefois 
aux  six  à  sept  1"  segments  qui  sont  d'un  brun  diffus  plus 
clair  qu'au  dos;  le  pointillé  blanc  y  est  assez  distinct,  et 
l'irisation  moins  brillante  que  du  côté  dorsal.  Les  exemplai- 
res de  Socoa  sont  d'une  couleur  verte  beaucoup  plus  intense 
que  ceux  d'Arcachon  et  qui  s'étend  jusqu'à  l'extrémité  infé- 
rieure du  corps. 

(t)  Voir  Ift  figura  de  Qafttrefages(toc.  cil.,flg.  1),  qui  est  à  conaolter  aussi 
pour  la  tAte. 


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246  DE  lUINV-JOSKPII. 

La  têle  a  sur  te  I"  plan  du  côté  dorsal  3  longues  antennes, 
sur  le  2"  plan  2  antennes  moins  longues  {I),  sur  le  3"*  plan 
2  palpes  frontaux  beaucoup  plus  courts  placés  au-dessus 
des  2  gros  palpes  qui  dominent  la  bouche.  Les  3  longues 
antennes  h  peu  près  de  même  taille  (13  millimètres  en 
tout)  ont  une  large  base  à  1 3  anneaux  bruns  dont  le  supé- 
rieur plus  baut  que  les  autres  ;  souvent  la  couleur  brune  des 
anneaux  n'est  bien  accusée  que  du  côté  qui  regarde  le  ven- 
tre. La  portion  plus  mince  des  aniennes  qui  en  sort  est  légè- 
rement colorée  en  brun  par  des  raies  brunes  longitudinales 
interrompues  et  sa  cuticule  est  couverte  de  rangées  de  gros 
pores  en  forme  de  stigmates  ellipsoïdaux  bien  décrits  et 
figurés  par  Claparëde  (2).  Sur  les  coupes  transversales 
(Og.  31),  on  voit  que  d'un  nerf  central  parlent  des  nerfs 
disposés  en  rayon,  se  terminant  par  une  houppe  de  fila- 
ments très  fins  qui  s'épanouissent  au-dessous  des  stigmates 
sans  sortir  au  dehors.  Dans  la  base  annelée  il  n'y  a  que  le 
nerf  central  et  les  stigmates  manquent. 

Les  deux  antennes  suivantes  un  peu  plus  claires  ont  le 
même  nombre  d'anneaux  à  la  base  et  seulement  8  millimètres 
de  long.  Quant  aux  2  palpes  frontaux,  très  rapprochés  l'un 
de  l'autre  et  divergents,  ils  n'ont  que  2  millimètres  de  long 
et  sont  d'un  brun  uniforme  avec  extrémité  blanche  sans  base 
annelée.  Les  deux  gros  palpes  bruns  ou  incolores  placés  au- 
dessous  des  palpes  frontaux  et  dominant  la  bouche  ont  la 
forme  d'un  sein  de  femme  et  le  petit  bouton  blanc  qui  les 
termine  peut  se  rabattre  sur  la  bouche  comme  les  2  palpes 
frontaux,  qui  s'intercalent  alors  entre  les  2  boutons  pour 
faire  entrer  la  nourriture.  Entre  la  base  de  la  grande  antenne 
médiane  et  de  chacune  des  aniennes  latérales  du  1"  plan,  on 
aperçoit  de  chaque  côté  un  disque  convexe  au-dessous 
duquel  les  cellules  épithéliales  sont  souvent  colorées  en  brun. 

(I)  Un  exemplaire  de  Socoa  s  6  antennes;  l'antenne  surnuméraire  de 
même  taille  que  les  grandes  du  premier  plan  est  placée  &  droite  entre 
celles-ci  et  les  antennes  moins  longues  du  deuxième  plan. 

i2)  Loc.àt.,  fig.  4u 


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ANNÉLIDES   POLTCHÈTBS   DES   COTES  DE   FRANCE.         247 

Il  est  entouré  presque  complètement  par  une  petite  fosse 
garnie  de  cils  vibratiles,  indiquée,  comme  il  arrive  souvent 
chez  les  Polychfeles  pour  les  organes  de  la  nuque  {Nereis 
cultrifera,  Hesione  Pantherma,  Maldaniem,  etc.),  par  une 
dépression  de  la  cuticule  et  semblant  creusée  entre  deux 
bords  brillants.  Quairefages,  Ehlers  et  Grube  considèrent 
ces  disques  comme  des  yeux.  Claparède  n'y  trouvant  pas  de 
cristallin  plus  que  moi  est  d'un  avis  contraire.  Spengel  (1) 
et  Andrews  (2)  les  regardent  avec  raison  comme  des  organes 
de  la  nuque.  Ici  ils  sont  placés  comme  chez  les  Lumbri- 
conereis,  à  la  partie  occipitale  dorsale  de  la  tète. 

Le  segment  buccal  achète  entourant  la  tète  comme  un 
bourrelet  du  côté  dorsal,  forme  une  grosse  lèvre  inférieure 
à  6  ou  8  gros  plis  longitudinaux  du  c6té  veniral.  Sur  le  bord 
antérieur  du  segment  au-dessous  de  la  base  des  2  longues  an- 
tennes latérales,  et  de  même  longueur  que  cette  base  (2°™, 64 
à  3  millimètres)  naissent  2  cirres  tenlaculaires  entièrement 
bruns  ou  légèrement  colorés  en  brun  h.  leur  extrémité.  Chez 
un  exemplaire,  le  cirre  tentaculaire  de  gauche  est  bifurqué. 

Le  f"  segment  sétigère  qui  fait  suite  a  un  cirre  dorsal 
massif,  un  cirre  ventral  et,  entre  les  deux,  un  prolonge- 
ment du  pied  en  forme  de  cirre  {cirre  terminal).  Le  pied 
est  tourné  vers  la  tête.  Les  soies  sortent  entre  une  lèvre 
supérieure,  languette  basse  et  arrondie  plus  rapprochée  de 
la  tête,  et  le  cirre  terminal  qui  peut  êlre  interprété  comme 
étant  une  lèvre  inférieure  élevée  et  pointue.  La  cuticule  du 
cirre  dorsal  est  percée  de  pores  assez  semblables  aux  stig- 
mates des  antennes,  au-dessous  de  chacun  desquels  il  y  a 
un  peloton  de  petits  boyaux  contournés  qui  y  débouchent 
probablement.  Les  3  segments  suivants  sont  semblables.  Le 
cirre  dorsal  du  3°°  segment  a  2  millimètres  de  long,  le  pro- 
longement du  pied  1  miUimètre  et  le  cirre  ventral   ("jSO 

(1)  Spengel,  Oligofinathus  Bonelli»  {Mitth.  aus  der  Zoot.  stat.  lu  Neapel, 
t.  III,  1831,  p.  33,  et  pi.  IV,  fig.  48  et  49). 

(2)  Andrews,  On  tht  «y»  of  Polychifiota  Annelids  {Jotirn.  6f  Morphohgy, 
U  VU,  1892,  p.  184). 


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248  DE  «auvt-josefh. 

(fîg.  32).  A  ces  quatre  1'"  segmenls  séligères,  les  pieds  placés 
presque  sous  le  ventre  se  rapprochenl  de  la  ligne  médiane 
ventrale  et  semblent  devoir  servir  &  l'animal  à  grimper  dans 
son  tube,  et  surtout  à  ramper  sur  le  sol  quand  il  sort  du 
tube.  Us  ne  deviennent  latéraux  qu'au  5"  segment,  où  appa- 
raît la  1"  paire  de  branchies.  Mais  plus  souvent  (7  fois  sur 
12  par  exemple)  la  1"  paire  de  branchies  commence  dès  le 
4"  segment  sétigère  où  le  cirre  ventral  conserve  cependant 
sa  forme  ordinaire. 

Les  branchies  non  ciliées,  encore  un  peu  petites  au 
1"  segment  branchifère,  atteignent  déjà  au  segment  suivant 
presque  toute  leur  taille  (6  millimètres  de  haut  non  compris 
la  base)  qu'elles  conservent  jusqu'au  25'"-27"'  segment. 
Leur  base  à  11  ou  12  petits  anneaux  moins  marqués  que 
ceux  de  la  base  des  antennes  est  haute  de  1",5  à  2  milli- 
mètres sur  0",84  de  large,  légèrement  brune  et  irisée. 
Au-dessus  de  la  base  s'enroule  autour  du  tronc  branchial  une 
raie  verte  en  spirale  senestre  ascendante  décrivant  17  tours 
de  spire  (il  y  en  a  déjà  12  au  2"  segment  branchifère), 
le  long  de  laquelle  se  rangent  les  filaments  branchiaux, 
s'élevant  jusqu'au  nombre  de  140  à  150,  longs  de  1"",64  et 
dont  les  derniers  couronnent  le  sommet  du  tronc  branchial 
d'une  houppe  terminale.  Tous  ces  filaments  ont  2  raies  vertes 
longitudinales.  Un  gros  vaisseau  (artère]  s'élève  eo  spirale 
jusqu'au  haut  du  tronc  branchial  et  en  redescend  comme 
veine  par  une  spirale  en  sens  inverse.  Il  distribue  dans  chaque 
filament  un  vaisseau  qui  s'y  recourbe  et  redescend  dans  la 
veine  et  dont  les  2  anses  sont  reliées  par  des  anses  transver- 
sales. La  raie  verte  en  spirale  du  tronc  branchial  dont  nous 
avons  parlé  est  placée  au-dessus  du  vaisseau  ascendant. 
une  raie  verte  plus  mince  au-dessus  du  vaisseau  descendant 
et  les  deux  raies  vertes  des  filaments  au-dessus  du  vaisseau 
en  anse;  mais  ces  raies  ne  masquent  pas  la  coloration  rouge 
donnée  par  te  sang.  Chez  quelques  individus  cependant,  les 
raies  vertes  sont  beaucoup  plus  importantes  que  chez  les 
autres,  ce  qui  coïncide  avec  une  coloration  verte  plus  accen- 


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ANNËLIDES    POLTCHËTES   DES    COTBS   DE   FRANCE.  249 

luée  du  reste  du  corps  rappelant  par  ses  admirables  reflets 
ceux  des  plumes  de  certains  Trochilidés.  Rien  ne  peut 
rendre  l'élégance  de  ces  branchies  si  caractéristiques  en 
panaches  plumeux  se  dressant  de  chaque  côté  du  dos  de  la 
D.  Neapolitana,  et  il  me  semble  difHcile  de  confondre  dans 
un  même  genre  tes  animaux  qui  en  sont  ornés  et  ceux  qui 
n'ont  que  des  branchies  peclinées  ou  cirriFormes,  si  simples 
et  si  ternes  à  côlé  des  autres.  Elles  persistent  jusqu'aux 
60"'-66"'  segments,  allant  en  diminuant  progressivement  du 
27"  au  48'*,  décroissant  alors  rapidement,  n'ayant  plus  que 
3,  2  ou  1  spire,  puis  une  seule  branche  et  enfin  finissant  par 
n'élre  qu'un  simple  filament.  Quelquefois  on  en  observe  de 
derniers  vestiges  jusqu'au  80"  segment. 

Au  5"*  segment  apparaît,  sous  le  ventre,  faisant  suite  au 
pied,  un  bourrelet  blanc  transversal  qui  ne  se  prolonge  pas 
jusqu'à  la  ligne  médiane  ventrale  et  qui  va  en  décroissant 
progressivement  de  longueur  aux  derniers  segments  bran- 
chifères  pour  disparaître  ensuite.  Le  cirre  ventral  qui  jus- 
que-là était  très  développé  ne  mesure  plus  que  0"°,42  de 
long  sur  0",24  de  large.  Il  continue  ainsi  jusqu'au  tS^'-lO"' 
segment  sétigère,  puis  il  prend  la  forme  d'un  bourrelet 
aplati  adhérent  au  corps  et  à  partir  du  22'*-25"'  segment  il 
n'y  en  a  plus  de  trace.  Entre  le  cirre  dorsal  et  le  prolonge- 
ment du  pied,  à  la  base  du  prolongement  du  pied  et  à  la 
base  du  cirre  ventral,  il  y  a  dans  l'intérieur  du  corps  3  amas 
de  grosses  cellules  glandulaires  probablement  muqueuses 
dont  je  ne  découvre  pas  les  pores  de  sortie,  remplies  de 
tubes  transparents  (1). 

Après  les  segments  à  branchies  normales,  c'est-à-dire  vers 
le  49"  segment,  le  cirre  dorsal  ayant  atteint  jusqu'à  3'°",5 
delong,  qui,  jusque-là,  semblait  sortir  de  la  base  de  la  bran- 
chie  et  qui  avait  encore  2"",5  au  30''  segment,  diminue  de 
laille  tout  en  devenant  plus  important,  car  maintenant  c'est 
la  braochie  qui  semble  sortir  de  la  b^se  du  cirre  et  celui-ci 

(1)  Ehlersen  représente  de  semblables  pour  rOnupAts(HyaJtncecùi)(ubtcafa 
O.  F.  Mùllcr  (Die  BorUmwûrmer,  pi.  XIII,  fig.  4}. 


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250  DB  SAIKT^OSBPH. 

est  appelé  à  la  remplacer.  Comme  dans  un  Hlament  bran- 
chial, il  y  péDëlre  un  vaisseau  recourbé  dont  les  anses  sont 
reliées  par  des  anses  transversales  et  le  cirre  est  rougi  par  le 
sang  qui  le  parcourt.  A  partir  du  dernier  segment  brancbi- 
fère  jusqu'à  la  fin  du  corps,  tes  pieds  simpiiliés  sont  tous 
semblables,  ayant  un  cirre  dorsal  respiratoire  et  un  pro- 
longement (cirre  terminal)  riche  en  vaisseaux.  Le  cirre  dor- 
sal devient  de  plus  en  plus  court  (1")  et  de  plus  en  plus 
mince  vers  l'extrémité  inférieure  du  corps.  L'anus  à  bords 
légèrement  festonnés  est  dorsal  et  le  segment  anal  achète  se 
termine  par  2  cirrea  dorsaux  longs  de  3°",72  à  4",60  et 
2  cirres  ventraux  plus  courts  (0'°",80}  (fig.  33). 

Pour  compléter  la  description  des  pieds,  il  reste  h  parler 
des  soies  et  des  acicules  et  de  leur  répartition.  Au  l"pied 
il  y  a  des  acicules  fins,  droits  et  incolores  à  la  base  du  cirre 
dorsal,  ce  qui  indique  bien  un  rudiment  de  rame  dorsale. 
D'autres  acicules  d'un  jaune  d'or  mat,  plus  gros  et  à  pointe 
fine  recourbée  en  arrière  existent  à  la  base  du  prolonge- 
ment du  pied  (fig.  34).  Entre  le  cirre  dorsal  et  le  prolon- 
gement du  pied  sortent  du  corps  2  à  4  soies  plates  d'un 
jaune  clair  à  peine  limbées  finissant  en  pointe  fine  recourbée 
en  arrière  (fig.  32),  puis,  entre  le  prolongement  du  pied  et 
le  cirre  ventral,  des  soies  pseudo-articulées  à  lame  dissec- 
trice  dont  une  ou  deux  sont  quelquefois  bidentées  (fig.  35). 
Vues  dans  une  certaine  position,  elles  ont  l'apparence  de  la 
figure  4  B  de  Claparède,  mais  il  ne  me  semble  pas  qu'il 
s'agisse  de  soies  de  forme  différente,  comme  il  le  pense. 
Les  soies  sont  réparties  de  même  aux  segments  2,  3  et  4;  à. 
ce  dernier  il  y  a  environ  15  acicules  fins  à  la  base  du  cirre 
dorsal,  4  gros  h  la  base  du  cirre  terminal,  9  à  10  soies 
pseudo-articulées  et  4  soies  limbées.  Au  5"°°  segment  (i"  bran- 
chifère)  les  soies  pseudo-articulées  disparaissent  pour  ne 
plus  reparaître  et  il  ne  reste  que  des  soies  limbées;  deve- 
nues plus  foncées,  munies  de  2  limbes  assez  larges,  elles  sont 
couvertes  de  petites  fibres  chilineuses  débordant  comme  des 
denticules  de  chaque  côté  des  limbes,  lorsqu'on  regarde  la 


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ANNÉLIDES   POLYCHÈTES   DES  COTES  DE  FRANCE.        251 

soie  de  face,  distribuées  d'abord  en  rangées  transversales 
régulières,  puis  ensuite  plus  inégalement  réparties  (1).  Lors- 
que  les  branchies  comraencenl  au  i""  segment,  les  soies 
pseudo-articulées,  qui  ne  semblent  p^s  coexister  avec  les 
brancliies,  y  disparaissent. 

Au  6"'  segment  (quelquefois  môme  dès  le  4°"')  il  se  montre 
(levant  les  soiei^  limbées,  entre  le  cirre  dorsal  et  le  prolon- 
gement du  pied,  2  ou  3  soles  en  forme  de  fourchette  plate 
à  6  dents  terminées  en  pointe  filiforme  courte.  Elles  per- 
sistent jusqu'à  la  lin  du  corps,  augmentant  progressivement 
de  nombre  (8  à  11}  pour  décroître  ensuite  jusqu'à  2  et  1, 
le  nombre  des  dents  suivant  la  même  marche,  s'élevant  jus- 
qu'à 12,  mais  ne  descendant  pas  au-dessous  de  6.  Ces  soies 
sont  incolores,  tandis  que  les  autres  sont  d'un  jaune  doré 
et  leur  tige  est  trois  fois  plus  mince. 

Au  IQ^'-âS"'  segment,  il  se  joint  aux  soies  limbées  et  en 
fourchette,  2  soies  aciculaires  très  grosses  en  croc  bifurqué 
d'un  jaune  foncé,  à  lame  dissectrice,  et  dont  la  large  base 
est  couverte  de  stries  (fig.  37).  Elles  sortent  du  pied,  l'extré- 
mité dirigée  vers  le  bas  du  corps  en  faisant  un  angle  droit 
avec  les  autres  soies.  Elles  persistent  jusqu'à  l'avanl-dernier 
segment  et  souvent  il  y  en  a  3,  mais  alors  1  ou  2  restent 
noyées  dans  le  pied. 

Vers  le  40''  segment,  les  soies  limbées  sont  d'un  jaune 
plus  foncé.  Les  acicules  droits  et  fins  qui  jusque-là  restaient 
à  la  base  du  cirre  dorsal  y  pénètrent  au  nombre  de  4  à  6  et 
s'y  enfoncent  jusqu'aux  deux  tiers  de  sa  longueur.  Au 
80"*  segment,  on  compte  4  de  ces  acicules,  6  gros  acicules 
à  pointe  fine  recourbée  en  arrière,  15  soies  limbées  dispo- 
sées en  2  faisceaux  superposés,  5  à  6  soies  en  fourchette 
devant  le  faisceau  supérieur,  et  enfin  3  grosses  soies  acicu- 
laires ventrales  en  croc  bifurqué.  Aux  derniers  segments  du 
corps,  ces  soies  et  acicules  sont  les  mêmes,  mais  de  moindre 
laille  et  en  très  petit  nombre. 

(1)  Voir  Clapu-ède,  Içe.  cit.,  fig.  4c. 


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252  DE  MAINT^OSEPH. 

Le  pharynx  long  de  5  millimètres  contient  les  mftchoires 
qui  sortent  de  la  bouche  mais  ne  sont  pas  projetées  au  loin 
comme  lorsqu'il  s'agit  d'une  trompe.  La  mâchoire  inférieure 
est  formée  de  2  lamelles  chilineuses  parallèles  très  minces. 
longues  de  3  millimètres,  se  rapprochant  l'une  de  l'autre  en 
avant,  s'élargissant  à  partir  de  leur  point  de  contact  et  se 
terminant  chacune  par  2  dents  blanches  (fig.  38).  Elle  reste 
en  place  pendant  que  la  mâchoire  supérieure  est  projetée 
hors  de  la  bouche.  Le  système  maxillaire  supérieur  se  com- 
pose :  1'  d'un  support  long  de  1  millimètre,  consistant  en 
2  petites  plaques  noires  juxtaposées,  arrondies  partout,  sauf 
à  leurs  points  de  contact  entre  elles  et  avec  la  I"  paire  de 
mâchoires  (1);  2'  d'une  i"  paire  de  mâchoires  en  forme  de 
grossepincc  noire  longue  de2millimèlres;  3*  d'une  2"°  paire 
ayant  1 0  dents  à  droite  et  8  à  gauche  ;  4'  d'une  pièce  impaire 
gauche  à  7  dents  ;  5"  d'une  3"°  paire  de  mâchoires  blanches 
en  dessus  et  noires  en  dessous  ayant  10  dents  à  droite  et  7  h 
gauche  ;  le  tissu  où  elle  est  fixée  est  coloré  en  noir  au-dessus 
et  semble  former  un  capuchon  noir;  6°  d'une  4''  paire  con- 
sistant en  une  petite  écaille  noire  placée  à  l'extérieur  des 
2  pièces  de  la  S""'  paire,  ayant  h  sa  partie  supérieure  une  dent 
recourbée  en  avant  comme  une  griffe.  Chez  un  autre  exem- 
plaire il  ya  8  dents  à  droite  et  7  à  gauche  à  la  2"°'  paire, 
8  dents  à  la  pièce  surnuméraire,  8  dents  ii  chacune  des 
pièces  de  la  3"°  paire.  Le  nombre  des  dents  de  chaque 
pièce  est  variable  selon  les  individus. 

Le  pharynx  est  placé  du  côté  ventral  au-dessous  de  l'œso- 
phage avec  lequel  il  communique  et  qui  a  4  gros  replis 
longitudinaux  intérieurs.  Dans  le  7"'  segment,  à  l'œsophage 
snccéde l'estomac  avec  15,  puis  plus  loin  avec 24  à  28  replis; 
il  s'ouvre  dans  l'intestin  au  24°"'-27"°  segment.  Jusque-là  le 
canal  digestif  à  parois  épaisses  est  jaune.  L'intestin  monili- 
forme,   à  parois  minces,   étranglé  à  chaque  dissépiment, 

(1  )  Ehlers  les  représente  avec  Irois  petits  dentirules  i  la  pu-lie  inférieure. 
Sauf  ce  détail,  la  figure  Hoc.  cit.,  lig.  i9)  qu'il  donne  de  la  m&choire  supé- 
rieure esl  exacle,  el  je  ne  pourrais  que  la  reproduire. 


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AKNÉLIDES   POLYCHÈTËS   DES    COTES   DE   FRANCE.         253 

est  tapissé  de  bandes  longitudinales  de  glandes  d'un  brun 
foncé.  II  est  en  général  rempli  de  débris  de  zoslères,  à'uiva 
iatissima  el  de  fucus  souvent  recouverts  de  bryozoaires. 

La  chaîne  nerveuse  ventrale  plus  large  que  haute  {O-'jâO 
sur  0°",20),  reposant  sur  les  muscles  circulaires  est  traversée 
dans  sa  partie  inférieure  par  une  grosse  fibre  lubulaire 
de  O'",04  de  diamètre. 

Outre  les  cellules  glandulaires  des  pieds  dont  il  a  été 
parlé  plus  haut,  il  y  a  dans  l'intérieur  du  corps  &  la  base  de 
chaque  pied,  à  partir  du  3"'  ou  4"°  segment,  un  amas  de 
glandes  en  forme  de  massue  d'abord  légèrement  rosées, 
puis  ensuite  d'un  blanc  crayeux,  renfermant  des  cellules 
rondes,  incolores,  à  noyau,  d'un  diamètre  deC^.OÎ  à  0"°,0i 
qui  me  paraissent  être  des  ovules  à  divers  degrés  de  dévelop- 
pement. Ces  glandes  sont  indiquées  à  l'extérieur  du  corps 
par  le  bourrelet  blanc  qui  fait  suite  à  chaque  pied  du  côté 
ventral  à  partir  du  4*°°  segment.  Ce  sont  probablement  des 
glandes  génitales.  Je  ne  trouve  d'œufs  chez  le  D.  Neapolitana 
qu'en  septembre.  D'un  diamètre  de  O'^^IS,  gris,  peu  nom- 
breux, isolés,  ils  ne  sont  pas  accompagnés  des  cordons  de 
cellules  vertes  qu'Andrews  observe  chez  la  Diopatra  cuprsea 
Bosc  et  la  D.  magna  Andr.  (I). 

Les  organes  segmentaires  longs  de  l'"°,50  à  {'"(TO  qui 
commencent  vers  le  iO"'-t2'"'  segment  sont  colorés  en  vert 
(lig.  39).  Ils  ont  un  pavillon  vibratile  large  de  0°"°,21,  placé 
sur  la  partie  antérieure  de  chaque  dissépiment  et  viennent, 
après  l'avoir  traversé,  déboucher  à  la  base  du  pied  du  seg- 
ment suivant  par  un  canal  dirigé  obliquement. 

Chez  un  exemplaire,  le  pied  gauche  du  3°"  segment  séti- 
gfere  répond  aux  2""  el  4°"  pieds  de  droite  et  de  ce  côté  le 
segment  est  biannelé.  Cori  avait  déjà  signalé  un  cas  sem- 
blable. Chez  un  autre  exemplaire,  te  3°"  pied  de  gauche 
répond  à  3  pieds  plus  petits  de  droite  et  le  segment  plus  large 
de  ce  côté  a  un  anneau  pour  chacun  des  3  pieds.  Au  segment 

(1  )  Andrews,  Repnduelive  organs  of  Diopatra  {Journ.  of  Morphology,  t  V, 
1691,  Boston,  p.  113-134,  el  pi.  VII  et  Vlll). 


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254  BB  SAlMT^ASBPtf. 

suivanl  la  branchie  normale  de  gaucbe  répond  à  une  bran- 
cbie  de  droite  beaucoup  moins  grande  qui  semble  régénérée 
et  de  chaque  côté  de  laquelle  il  y  a  un  petit  cirre  dorsal  et 
un  très  petit  pied.  Il  est  probable  que  la  partie  droite  de  ces 
3"'  et  4''  segments  a  été  détruite  et  se  régénère. 

Pour  3  exemplaires  de  D.  Neapolilana  venant  de  Naples, 
dont  le  plus  long  a  1 0  centimètres  et  1 78  segments,  je  trouve 
la  i"  paire  de  branchies,  chez  i  au  i"  segment  séligère  el 
chez  l'antre  au  5"*.  Sauf  la  dimension  du  corps,  ils  sont 
absolument  semblables  aux  animaux  d'Arcaclion,  et  on  peut 
leur  appliquer  la  description  donnée  ci-dessus.  Je  ne  suis 
pas  d'accord  avec  Claparède  qui  trouve  aux  animaux  de 
Naples  des  soies  pseudo-arliculées  àplusieurs  segments  après 
le  4'°*  et  qui  ne  voit  de  soies  en  fourchette  qu'à  partir  de  la 
partie  moyenne  du  corps,  ni  avec  Elilers  qui  ne  parle  pas  de 
soies  pseudo-articulées  et  qui  n'observe  pas  de  soies  mais 
seulement  des  acicules  au  1"  segment  après  le  segment 
buccal.  Tout  cela  peut  tenir  à  ce  que  ces  soies  pseudo-articu- 
lées sont  souvent  brisées,  et  surtout  à  ce  qu'elles  sont 
presque  toujours  rétractées  dans  l'intérieur  du  pied.  Les 
animaux  de  Naples  doivent  atteindre  la  même  taille  que 
ceux  d'Arcachon,  puisque  Délie  Chiaje  en  cite  comme  ayant 
un  pied  et  demi  et  Cori  comme  ayant  35  centimètres. 

Méditerranée. 


Genre  EUNICE  Cuv.  {incl.  ERIPHYLE  Kbg). 

EUNICE  KiNBERGI  Ehl. 


Eunici  KuiBUOi  Ebl.  (1)  lEriphy/e  Captnsii  Kbg.)  (t). 

NmKis    oiuARTEA      I).  Ch.  Délie  Chiaje,  Memorie  $alla  iloria  t  notomia,  tic,  t.  il, 

IKîâ,  p.  389  et  «M,  et  pi.  XXVII,  Ùg.  1-g. 
Euxici         —  I>.  Ch.  Uclle  Chiaje,  lletcrii.  t  nolomia  digli  animali  ineerte- 

(i)  Ehlcrs,  Die  Bor^tcnwUnner,  p.  300. 

(2)  K'tnberg,  AnnulatanovalOfvers.  af  K.vetmsk.  Akad.  F^>rh.,^S6^,p.M^). 
—  Fregallen  Eugmm  Rtsa.  'loolasi.  AnnuUtta,  pi.  XV,  ilg.  16b-g. 


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ANNËUDES   POLTCUËTES  DES   COTES  DE   FRANCE.         25S 

brati,  elc,  I8U,  1.  111.  p.  93,  t  V,  p.  100,  et  pi.  XCVIl, 
Qg.  1-à,  7,  14,  IS,  et  pi.  CXLll,  fig.  M>,  13. 
Eorao  RoDMCEi       Qtg.  Quatrerageg,  Hitl.  nal.  ilea  Anntl.,  t.  I,  p.  309  et  pi.  X, 
lig.  1-t  (I). 

—  —  Grube,  Bemtrk.  ilber  Annel.  dtt  Parûtr  Muséum*  {Arehie  fUr 

Nalui-g.,  1870,  p.  398).  —  Familit  Eunicta  {Jakresb. derSchla. 
SetclU.  fur  1877.  Brcslau,  1878,  p.  98). 

—  —  Pruvot  et  IlacovîtzB.  Matériaux  pour  ta  faune  de»  Annél.  de 

Banyult  {Archiva  de  tool.  expérim.,  i"'  e£rie,  t.  Itl,  I89S, 
p.  407  et  pi.  XVr,  Sg.  38-47). 

—  >ÀiiHt       Qfg.  Ilisl.  nat.  des  Anntl.,  t.  1,  p.  330. 

—  —  Ehlera,  Die  BontenwSrmer.  p.  310  el  pi.  XV,  &g.  30-34. 

—  VAUDissuiA  tir.  Grube,  Rrsuilale  einer  révision  der  Euniceen  {Jahreib.  der 

Schlea.  geselU.  far  1868.  Breslau,  1867,  p.  67). 
EaiFHYU  Capkusu    Kbg.  Von  HareDzeller,  Polt/chselen  der  Angra  Pegutna-Bucht 
{Zool.  Jahrb.  Abiheil.  fur  tystem,  I.  tll,  1888,  p.  7,  el  pL  1, 
fig.  3). 

Fous  JBURB. 

EuNtu   WBFOHii     Gr.  Grube,  ResuUaU  einer  revitUm  der  Euniceen  {Jahrab.  der 
Schles.  gesetis.  fur  1866.  Breslaa,  1867,  p.  68). 

—  UNDOlAT*  Clpd.  Claparède,  Annél.  du  golfe  de  Naple»,  p.  134,  et  pi.  Vil, 

flg.  I  (I).  —  Si^ipl.  aux  Annél.  du  golfe  de  Naplet,  p.  36. 

PI.  XIV,  fig.  40-44. 

Partageant  l'opinion  d'EhIers,  de  Pruvot  el  Racovitza,  et  non 
celle  de  Grube  el  de  Von  Marenzeller,  je  ne  pense  pas  que  le 
genre  Eriphijle  établi  par  Kïnberg  pour  les  Eunices  ayant 
4  lobes  à  la  lête  doive  élre  maintenu.  Les  %  lobes  supérieurs 
qui  sont  très  apparents  chez  les  Eunke  géantes  {E.  Kinèergi, 
E.  Apkroditois  Pall.)  à  cause  de  leur  grande  taille  existent 
aussi  plus  ou  moins  nets  chez  les  autres  Eunke  de  moindres 
dimensions  [E.  torquata  Qfg-,  E.  purpurea  Gr.,  E.  vUtata 
D.  Ch.,  E.  Harassii  Aud.  et  Edw.,  etc.).  II  en  résulte  que 
VEriphyle  Capensis^h^.  1864,  considérée  avec  raison,  selon 
moi,  par  Von  Marenzeller  comme  identique  à  VEunice 
Roussm  Qfg.,  devient  VEunke  Capensis;  mais  comme  ce 
nom  avait  déjà  été  employé  par  Schmarda  en  1861,  il  faut 
adopter  celui  A' Eunke  Kinbergi  que  pour  ce  motif  Ehlers  lui 
donna  plus  tard. 

(1)  Lu  flgure  l  coloriée  donne  une  idée  assez  exacte  de  r&nimal  vivant, 
dont  la  couleur  marron  est  un  peu  moins  foncée. 

12)  Claparède  lionne  une  bonnetière  de  la  partie  antérieure  de  l'animal 
et  de  sa  coloration. 


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256  DE  SAUvr-JAtiEPa. 

VE.  Kinbergi  est,  avec  1'^.  Aphrodilois,  le  plus  grand 
Aonélide  Folychèle  connu. 

Trouvée  en  avril  1897,  sur  !a  côle  enlre  SainL-Jean-de- 
Luz  et  les  bains  d'Hendaye,  à  400  mètres  environ  au  nord  de 
la  Pointe  de  Sainte-Anne,  au-dessous  d'un  poste  de  doua- 
niers que  domine  le  château  d'Abbadia. 

Elle  se  tient  dans  les  grosses  pierres  entre  les  interstices 
desquelles  elle  se  fraie  un  passage  qu'elle  revêt  d'une  mince 
pellicule  transparente.  Sur  les  2  exemplaires  que  j'ai  ren- 
contrés montrant  leur  lèle  au  dehors,  c'est  avec  la  plus 
grande  diflicnlté  qu'en  faisant  briser  les  pierres  à  coups  de 
pioche  par  les  deux  marins  qui  m'accompagnaient,  j'ai  pu 
me  procurer  une  partie  antérieure  longue  de  iO  centimètres 
sur  2  centimètres  de  large,  avec  le?  pieds,  comptant  145  seg- 
ments. La  partie  postérieure  s'enfonçant  sous  un  gros 
rocher,  il  me  fut  impossible  de  m'en  emparer. 

A  en  juger  d'après  la  description  donnée  par  Pruvot  et 
Racovitza  de  l'exemplaire  entier  de  3", 32  dont  M.  de  La- 
caze-Dulhiers  avait  signalé  précédemment  la  capture  à 
Banyuls,  mon  exemplaire  devait  atteindre  à  peu  près  la 
mfime  taille. 

Chez  l'animal  vivant,  qui  s'enroule  comme  un  ressort  de 
montre,  la  teinte  générale,  du  côté  dorsal  qui  est  arrondi,  eât 
d'un  brun  marron  très  chaud,  comme  le  dit  Quatrefages, 
avec  reflets  irisés.  La  partie  antérieure  de  chaque  segment 
est  d'un  brun  marron  foncé  légèrement  rougeâtre  et  parsemé 
de  taches  blanches,  et  la  partie  postérieure  moins  hante  et 
moins  foncée  est  azurée.  Le  6°"  segment  seul  tout  entier 
azuré  tranche  sur  les  autres  par  une  teinte  plus  claire  et 
forme  collier  du  côté  dorsal  seulement.  La  tête  plus  claire 
que  le  reste  du  corps  est  aussi  tout  entière  azurée  avec  des 
reflels  superbes.  Les  5  antennes  sont  d'un  marron  foncé 
avec  5  anneaux  blancs  et  les  2  cirres  tentaculaires  de  même 
couleur  avec  3  anneaux  blancs.  Les  cirres  dorsaux  sont  d'un 
brun  uniforme  peu  foncé,  sauf  aux  deux  1"*  segments  sélî- 
gères  où  ils  sonibruns  avec  2  anneaux  blancs;  les  cirres  ven- 


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ANNÉLIOES    POLYCIIÈTES   DES    COTES    DE    FRANCE.  257 

treux  sont  blnncs.  Les  branchies  très  rouges  (devenant  grises 
dans  l'alcool),  sonlrecourbées  en  arrière  en  forme  de  crosse. 
Du  c6Lé  ventral  qui  est  presque  plat,  la  coloration  est  d'un 
brun  marron  uni  beaucoup  plus  clair  que  du  côlé  dorsal  et 
l'irisallon  est  générale. 

Les  six  1"*  segments  ont  près  d'un  quart  de  largeur  de 
moins  que  les  suivants.  La  télé,  dont  la  partie  postérieure 
est  cacbée  par  le  bord  antérieur  du  l""  segment,  a  5  an- 
tennes inarticulées,  sans  hase  distincte,  disposées  en  demi- 
luue.  L'antenne  impaire  est  un  peu  moins  longue  que  les 
deux  moyennes  comme  Kinborg  l'a  figurée  et  comme  l'ont 
observé  aussi  Pruvof  et  Racovilza.  Les  2  externes  ont  i  milli- 
mètre de  moins  que  les  moyennes  qui  ont  9  millimètres  de 
long.  Les  2  yeux  petits  et  noirs  à  reflet  métallique  sont 
placés  de  chaque  côté  entre  l'antenne  moyenne  et  l'externe. 

Le  bord  antérieur  de  la  léte  a  4  lobes  dont  2  plus  petits, 
piriformes  'palpes  frontaux  do  Pruvot  et  Racovilza),  séparés 
par  un  sillon  et  superposés  aux  deux  autres  (palpes  labiaux 
de  Pruvot  et  Racovitza)  qui,  beaucoup  plus  gros,  sont  rabat- 
tus sur  la  bouche  et  servent  de  lèvres  supérieures.  Ils  sont 
séparéâ  par  un  sillon  profond  sur  lequel  débordent  les  2  lobes 
supérieurs  qu'on  peut  alors  apercevoir  même  en  regardant 
la  tête  en  dessous. 

Le  I  "  segment  achète  et  nu  (segment  buccal)  est  aussi  haut 
(9  m illi mètres)  que  les  quatre  suivants.  Du  côté  ventral,  à 
son  bord  antérieur  qui  forme  lèvre  inférieure,  s'ouvre  la  bou- 
che aussi  large  que  le  segment.  I)  est  parcouru  par  14  gros 
plislongiludinaux  qui  s'élendentde  la  bouche  presque  jus- 
qu'à la  limite  du  2°"  segment  lui  permettant  de  se  dilater 
pour  livrer  passage  aux  mâchoires. 

Le  2"'  segment  achète,  beaucoup  plus  bas  que  tous  les  au- 
tres, bien  noilement  marqué  sur  le  dos  i^t  sous  le  veni  re,  est 
interrompu  sur  les  côtés.  Il  porte  du  côté  dorsal  2  cirres 
tenlaculaires  inarticulés  et  subulés,  sans  base  distincte. 
longs  de  6  millimètres,  moins  hauls  par  conséquent  que  le 
I"  segment. 

AJIN.   ST..    NAT.    ZOOL.  T,   17 


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2S8  I 

Les  segments  suivants  ont  tous  des  pieds  qui  se  compo- 
sent : 

1"  D'un  cirre  dorsal  inarticulé  long  de  5  à  6  millimètres 
dans  les  segments  antérieurs  et  de  4"'*, 50  seulement  vers  le 
130"*.  La  base  légèrement  renflée  n'est  en  rien  séparée  du 
reste  du  cirre  qui  diminue  progressivement  d'épaisseur  et 
finit  en  pointe  subulée.  Ces  cirres  ont  à  leur  base  8  à  10  aci- 
cules  minces,  jaunes  et  flexibles,  qui  s'y  enfoncenl,  et  un 
amas  pigmentaire  Toncé,  qui  n'est  pas  apparent  au  dehors. 
Partout  sauf  aux  trois  i  '"  segments  branchirères,  ils  sont  plus 
courts  que  tes  branchies  ; 

2*  D'un  mameloD  sétigère  qui,  excepté  au  1"  segment  oij 
il  est  à  peine  indiqué,  est  rond  et  creux,  à  bords  saillants 
entourant  S  faisceaux  de  soies  accompagnés  de  2  ou  le  plus 
souvent  3  gros  acicules  noirs  juxtaposés  qui  émergent  plus 
ou  moins  hors  du  pied.  Les  soies  du  faisceau  dorsal  sont 
de  deux  formes.  Les  plus  dorsales  sont  plus  minces  et  plus 
courtes  que  les  autres,  incolores,  transparentes,  en  forme 
de  ciseau  à  bord  antérieur  large  de  O^^-O?,  découpé  en 
8-12  lanières  dont  l'extrémité  s'enroule  pour  former  un 
filament  long  de  0°"°,0I6;  la  dernière  lanière  d'un  seul  côté 
est  plate,  beaucoup  plus  forle  et  plus  longue  (O^jO?  en 
tout)  que  les  autres,  et  sans  filament  terminal  enroulé  (t). 
Les  autres  soles  dorsales  plus  longues,  jaunes,  en  forme 
de  cimeterre  ont  un  liogbe  assez  indistinct  couvert  de  plis 
obliques  très  fins  simulant  des  dents  à  leur  bord  convexe. 
Les  soies  du  faisceau  ventral  sont  d'une  seule  sorte  :  com- 
posées avec  un  article  en  serpe  bifide  dont  te  croc  supérieur 
est  moins  fort  que  le  croc  sous-jacent  et  qui  est  recouvert 
d'un  capuchon  à  stries  fines  obliques  (fig.  40].  A  partir 
du  85"  segment,  au-dessous  de  ce  faisceau  ventral,  formant 
un  angle  aigu  avec  lui,  émergeant  hors  du  pied,  et  dirigée 
vers  l'extrémité  inférieure  du  corps,  apparaît  une  grosse 
soie  aciculaire  noire  terminée  par  un  double  croc  dont  le 

(I  )  Voir  PruTot  et  ttacovitia,  loe.  cit.,  fig,  42.  Ces  deax  auteurs  figareat 
les  soies  do  ceUe  sorte  chei  VE.  Kinbergi. 


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ANNÉLIDES  POLYCHÈTBS  DES  COTES  DE  FRANCE.    259 

poslérieur  est  moins  accusé  que  l'antérieur.  En  général,  il  y 
en  a  une  2"  un  peu  plus  petite,  plus  jeune,  légèrement 
jaune  en  avant  et  chez  laquelle  le  croc  antérieur  est  entouré 
d'un  capuchon  mince  et  transparent  à  fines  stries  longitu- 
dinales (fig.  41); 

3°  D'un  cirre  ventral  qui  a  la  forme  d'une  languette  mas- 
sive, sans  article,  bien  détachée  du  corps,  aux  trois  1'"  seg- 
ments séligères.  Aux  segments  suivants,  il  a  une  base  en 
forme  de  coussin  épais  et  oblong  appliqué  contre  le  corps, 
long  de  2", 5,  dans  l'intérieur  duquel  on  voit  par  transpa- 
rence un  amas  pigmenlaire  composé,  comme  celui  de  la 
base  des  acicules  des  cirres  dorsaux,  de  granules  jaunes 
foncésdeO'"',003  de  diamètre,  et  il  se  termine  par  un  petit  ar- 
licleencône  obtuslongde  0°"°,72à  i  millimètre  et  seul  libre. 

Les  pieds  antérieurs  ne  sont  pas  plus  rapprochés  du  ven- 
tre que  les  autres,  contrairement  à  ce  qui  existe  chez  la 
Dhpatra  Neapolitana  et  en  général  chez  les  Eunice  [E.  tor- 
qttata,  Harassu,  vittata,  Siciliensis,  etc.). 

Les  branchies  peclinées,  toujours  en  mouvcmeni,  appa- 
raissent au  13"' segment  {11""  sétigère)  à  droile  et  à  gau- 
che, ayantdéjà  14  à  16  Olaments  branchiaux  massifs  sans 
cils  vibrati les,  mais  auparavant  il  y  a  à  droile  au  11"  seg- 
ment seulement  un  très  petit  rudiment  de  branchie  sans 
Blâment  qu'on  retrouve  à  gauche  au  11""  et  au  12"'.  Les  fila- 
menUbranchiauxsonl  au  nombre  de  32  ou33  au  30"'  segment, 
puis  ils  s'élèvent  jusqu'à  39  ou  40  et  retombent  h  32  au 
I43"'  segment.  Au  136"*  segment,  la  branchie  a  8  millimè- 
tres de  haut  sur  i  millimètre  de  large  à  la  base,  et  les  fila- 
ments les  plus  développés  ont  2", 20  de  long  sur  0"",27  de 
large  ;  ils  diminuent  de  longueur  à  la  partie  supérieure  de  la 
branchie.  Lorsque  l'animal  a  été  mis  dans  l'alcool,  il  se  pro- 
duit à  la  base  de  chaque  filament  un  amas  de  sang  coagulé 
qui  a  l'apparence  d'un  point  noir.  La  base  du  cirre  dorsal 
rO",78  de  large)  semble  sorlir  de  la  base  de  la  branchie  qui 
est  plus  rapprochée  du  dos. 

La  mâchoire  inférieure  consiste  en  2  piècesnoires, chitineu- 


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260  DB  SAlNT-JOSBPn. 

ses,aIIongée?,  longues  de  13  millimètres.d'abord  juxtaposées, 
puis  divergentes  et  se  terminant  en  arrière  en  pointe  amin- 
cie. L'extrémité  antérieure  de  chacune  est  couronnée  d'une 
plaque  elliptique  calcaire,  blanche,  non  dentelée  au  bord, 
1res  apparente  sur  la  face  la  plus  rapprochée  du  venire 
(fig.  42)  et  moins  sur  l'autre  face  (fîg.  43),  où  chaque  pièce 
est  parcourue  par  un  repli  diagonal  saillant  et  couverte 
de  raies  formant  des  cônes  emboîtés  qui  indiquent  les 
accroissements  successifs. 

A  la  mâchoire  supérieure,  le  support  a  3°"°,oO  de  haut 
et  Iapince(r'  paire  de  mAchoires)  11  millimètres.  Sa  hase 
présente  2  creux  h  droite  et  I  à  gauche.  La  2"°  paire  de 
mftchoires  (dent  d'Ehlers},  a  6  dents  obtuses  à  droite  et  à 
gauche  dont  les  3  supérieures  sont  blanches  à  leur  extrémilë. 
La  pièce  impaire  de  gauche  (fig.  44,  a)  qui  est  au  même 
niveau  que  la  mâchoire  de  droite  de  la  3"'  paire  a  8  dénis. 
La  3"°  paire  de  mâchoires  dont  la  surface  externe  est  io- 
crusti'iede  calcaire  blanc  (I)  a  8  dents  à  droite  et  4  à  gauche; 
la  mâchoire  de  gauche  est  soudée  à  la  face  externe  de  la 
pièce  impaire.  Au-dessus  de  cette  3"'  paire,  le  tissu  très 
résistant,  dans  lequel  le  système  maxillaire  est  Hxé,  est 
coloré  en  noir  suivant  un  cône  pointu  dont  la  base  part 
de  la  mâchoire.  Le  1"  paragnathe  de  chaque  côlé,  trian- 
gulaire, se  termine  par  une  seule  dent  pointue,  rabattue  en 
avant  comme  une  grilfe.  Le  2"°  pai'agnuthe  de  chaque  côté 
est  une  petite  plaque  dont  un  des  boi'ds  est  comme  festonné 
de  rudiments  de  7  à  8  denticules  obtus  ((ig.  44). 

L'espèce  de  Saint-Jean-de-Luz  esl  la  même  que  celle  de 
Banyuls  et  d'après  les  descri|)tions  et  les  figures  de  Kin- 
berg  et  de  Von  .Marenzeller,  doit  être  aussi  la  même  que 
VEunke  Kinhergi  [Eriphyle  Capensis),  sauf  que  chez  celle-ci, 
d'après  Vo»  Marenzeller,  les  2  crocs  de  la  soie  aciculaire 
sont  peut-être  plus  netlement  accusés. 

(I)  Les  aulre»  pièces  de  la  mâchoire  supérieure  légèrement  incrustées  d« 
calraire  ne  sonl  pas  d'un  noir  foncé,  mais  pluldt  de  la  couleur  de  l'ar- 
doise. 


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ANNÈLIDES    POLYCHÈTES   DES   COTES   DE    FRANCE.         261 

En  coroparanl  VE.  KinbergihXE.  aphroditois  Pall. {1  ),  de  la 
mer  des  Indes,  de  la  merde  Chine,  de  l'océan  Pacifique  et  de 
la  Marliiiique,  Von  iMaronzeller  (/oc,  ck.)  observe  que  chez 
celte  dernière  les  soies  en  ciseau  laciuié  sont  moins  larges 
et  n'ont  pas  une  lanitie  1res  longue  d'un  seul  côté,  que  les 
soies  ventrales  ont  à  l'article  en  serpe  la  dent  terminale  plus 
forlo  que  l'inférieure,  que  le  cirre  ventral  est  moins  large 
et  finit  en  pointe  moins  distincte,  que  tantôt  il  y  a  ou  il  n'y 
a  pas  de  soie  aciculaire,  ce  qu'il  remarque  aussi  chez 
\'E.  Kinbergi,  que  le  numéro  du  segment  où  commencent 
les  branchies  el  que  le  nombre  des  filaments  branchiaux 
De  sont  pas  des  caractères  stables  dans  les  2  espèces. 

Voici  ce  que  je  relève  chez  4  exemplaires  incomplets 
à'E.  aphroditois  du  Muséum  dont  l'un  classé  comme 
E.  Boussœi\%naa\  de  la  Martinique,  long  de  70  centimètres 
sur  22  millimètres  de  large,  et  les  3  autres  dénommés 
E.  giganlea,  le  f"  long  de  24  ceiilimèlres  sur  2  centi- 
mètres de  large,  venant  de  Poulo  Condor,  donné  par 
M.  Harmanden  1877,  le  2°"  de  la  Nouvelle-Calédonie,  1868, 
long  de  I°',60  sur  12  millimètres  de  hirge,  le  3"°  de  Cocliin- 
chine  donné  par  M.  German  en  18t)8,  long  de  l°',30  sur 
2  centimètres  de  large. 

Ces  4  exemplaires  ont  les  caractères  communs  suivants 
qui  les  disUnguent  de  VE.  Kinbergi  : 

1°  Les  soies  composées  ont  la  dent  supérieure  de  la  serpe 
plus  grosse  que  la  dent  sous-jacenIe{2); 

2°  Lf.s  soies  en  ciseau  lacinié  sont  moins  larges  à  la  partie 
antérieure  (O^-iOi  et  0°"°,0a  au  lieu  de  Q'"^,(il)  et  ont  des 
lanières  plus   nombreuses  [16  à  18),   moins  hautes,  avec 

(1)  Sereû  aphroditoif.  Pallas,  Marina  varia  nova  et  rariori  (Xovii  acta  Aead. 
PeUopoL,  1.  Il,  1788.  in-4,  p.  239,  et  pi.  V,  fig.  (-7).—  Leorftce  giganlea  Sav. 
Savigny.  StjsUme  des  Aniiâl.,  p.  49.  —  Euiikegiijanleii.  Milne  Edwards,  Jl^l^ne 
animal  iltuilr.,  pi.  X  ;  Grube,  Bemerk.  itber  Anncl.  des  ParisiT  MuMums  lAr- 
rhiv.  fur  Natvrg.,  1870,  p.  207);  Uualrcfages,  Hist.  nat.  des  Annel.,  t.  I, 
p.  311,  —  Eunire  aphroditois.  Ehlers,  Die  borftenwvrmer,  p.  306,  et  pi.  XV, 
tàg.  23-29-,  Me  [ntosh.  Challenger,  pic,  p.  382;  pi.  XXVIII,  fig.  16-17,  et 
pi.  XX*,  lig.  8-10. 

(2)  Voir  Von  Marenieller,  toc.  cil.,  iig.  *a. 


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ZOZ  DE  SAINT-JeSBPH. 

niameats  moins  longs.  La  lanière  plus  longue  d'un  côté 
manque  ; 

3'  Pas  de  soie  acîculaire  ; 

4°  Les  antennes  sont  plus  longues  (jusqu'à  21  millimfetres 
cliez  l'exemplaire  de  la  Cochinchine,  le  seul  où  l'anleone 
médiane  soit  un  peu  plus  courte  que  les  â  moyennes)  ; 

0°  Les  cirres  lentaculaires  sont  plu<i  courts  (4  millimèlres 
pour  l'exemplaire  de  ta  Cochinchine  ); 

6'  Les  cirres  dorsaux  sont  un  peu  moins  longs  ; 

7°  Le  cirre  ventral  est  moins  épais  et  moins  massif  el  se 
termine  par  un  article  épaté,  très  indistinct,  qui  fait  suile 
à  la  base  sans  étranglement  ; 

8'  Les  branchies  commencent  à  un  segment  plus  rappro- 
ché de  la  tête,  au  8°"  segment  {6"*  sétigère)  et  même 
au  7"°  chez  l'exemplaire  de  la  Cochinchine,  ayant  tout  de 
suile  42  filaments  chez  celui-ci.  Celui  de  Poulo  Condor  en 
a  50  au  29-  pied  ; 

9°  Je  ne  puis  distinguer  de  collier  à  un  des  segments  an- 
térieurs, peut-être  à  cause  du  mauvais  état  de  conserva- 
tion des  animaux;  mais  aucun  auteur  n'en  a  signalé  non 
plus  chez  d'autres  exemplaires  d'E.aphrodiiois. 

Tantôt  la  séparation  entre  le  1"  et  le  2"'  segment  n'exis- 
tant que  du  côté  dorsal  est  interrompue  du  côté  ventral 
(La  Martinique),  tantôt  elle  Tait  le  tour  du  corps  (Nouvelle- 
Calédonie). 

Atlantique  (Le  Cap,  Angra  Peqnena,  La  Martinique, 
Saint-Jean-de-Luz).  Méditerranée  (Trieste,  Naples,  Mar- 
seille) (1). 

L'Etinice  purptirea  avait  d'abord  (2)  été  assimilée  par 
Grube  à  son  Eunice  ciolacfa  de  Punta  Arenas  (3)  ;  elle  est 
la  même  que  \'E.  cingulala  comme  Claparède  l'a  reconnu 
lui-même.  En  réalité  c'est  VE.  Kinbergi  à  l'état  jeune. 

(1)  Remy  Sainl-Loup,  Sur  U  folyodoniet  maxillosus  {Comptes  rendus,  etc., 
l.CDi.,  t8H9,  p.  412). 

(2)  Crube,  Ausflug  naeh  Triest  und  dem  Quarnero.  Berlin,  1801,  p.frO. 

(3)  Crube,  Annul.  Ctrsttdiana  {Viden^k.  Meddels.  Copenhague,  1857, 
p.  55). 


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ANNÉLIDES  POLYCHÈTES  DES  COTES  DE  FBANCB.    263 

J'en  trouve  sur  le  sable  sous  les  pierres  3  exemplaires  : 

I  aux  rochers  de  la  Goureppe  et  2  à  Sainle-Barbe  dont  un 
incoroplel  auquel  manque  la  partie  postérieure  du  corps. 
Les  2  exemplaires  complets  ont  l'un  150  millimètres  de  long 
et  177  segments  el  l'autre  175  millimètres  et  168  segments. 
La  largeurest  de  4  millimèires  aux  7  1"*  segments,  puis  de 
5  millimètres  el  de  3*°", 5  seulement  à  l'extrémité  inférieure. 

Le  corps,  arrondi  du  côté  dorsal  et  plat  du  côté  ventral, 
est  d'un  beau  violet  foncé  sur  chaque  face,  aans  aucune 
irisation.  Le  6"*  segment  seul  est  tout  entier  blanc  du  côté 
dorsal  seulement.  Les  antennes  et  cirres  tentaculaires  sont 
violets  avec  3  anneaux  blancs  pour  les  1"*,  un  anneau  blanc 
et  l'extrémilé  blanche  pour  les  seconds.  Les  cirres  dorsaux 
sont  violets  avec  pointe  terminale  subulée  d'un  blanc  jau- 
nâtre, les  cirres  veniraux  blancs  avec  traces  de  violet,  les 
branchies  entièrement  violettes,  et  toujours  en  mouvement, 
recourbées  en  crosse  en  arrière.  L'animal  nage  en  hélice. 

II  sécrète  des  mucosités,  s'enroule  comme  un  ressort  de 
montre  et  devient  alors  très  cassant. 

Le  bord  antérieur  de  la  tête  a  4  lobes,  dont  les  2  supé- 
rieurs bien  apparents  et  les  2  inférieurs  blancs  et  massifs 
séparés  par  un  profond  sillon.  A  la  partie  postérieure,  les 
5  antennes  inarticulées,  sans  base,  sont  disposées  en  demi- 
lune,  la  médiane  de  6  millimètres  de  long  dépassant  à 
peine  les  2  moyennes  qui  sont  deux  fois  plus  longues  que 
les  externes.  Les  2  yeux  sont  placés  de  chaque  côté  entre 
l'anlenne  moyenne  et  l'antenne  externe. 

Le  1"  segment  (segment  buccal)  achète  et  nu,  est  aussi 
haut  que  les  4  suivants  (2"°,75)  ;  son  bord  antérieur  re- 
couvre le  bord  postérieur  de  la  tête.  Le  2°"  segment  achète, 
plus  bas  que  tous  les  autres,  est  interrompu  sur  les  côtésdu 
corps  seulement.  De  son  bord  postérieur,  du  côté  dorsal 
s'élèvent  2  cirres  tentaculaires  inarticulés  sans  base,  longs 
de  l'"",7o,  moins  hauts  donc  que  le  1"  segmenl. 

Les  segments  suivants  ont  tous  des  pieds  qui  se  com- 
posent : 


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1°  D'un  cirre  dorsal  inarticulé,  subulé,  dont  la  base  indis- 
tincte et  un  peu  renflée  est  commune  avec  celle  de  la  bran- 
chie  aux  segments  branchifères.  Ces  cirres  out  h  leur  base 
5  ou  6  acicules  jaunes,  minces  et  flexibles  qui  s'y  enfon- 
cent, et  un  amas  de  granules  pigmenlaires  d'un  brun 
foncé  ; 

f  D'un  mamelon  sétigëre  aplati  à  i  lèvres,  l'antérieure 
plus  basse  que  la  postérieure,  entre  lesquelles  sortent  les 
%  faisceaux  de  soies  accompagnés  de  2  ou  3  acicules  noirs 
juxtaposés  émergeant  hors  du  pied.  Les  soies  sont  absolu- 
ment semblables,  sauf  la  taille,  à  celles  de  VEunice  Kin- 
bergi  adulte,  et  je  ne  puis  que  renvoyer  à  la  description  et 
aux  figures  que  j'en  ai  données.  Les  soies  dorsales  en  ciseau 
à  bord  antérieur  lacinié  large  de  0"°'.027  ont  8  à  10  la- 
nières outre  la  longue  lanière  d'un  seulcôté.  Au  1"  segment 
sétigère,  le  mamelon  séligère  est  à  peine  indiqué  et  les  soies 
sont  beaucoup  plus  petites.  Les  soies  aciculaires,  en  général 
au  nombre  de  2,  commencent  au  Sô"'  segment  séligère  ; 

3'  D'un  cirre  ventral  à  base  épaisse  appliquée  contre  le 
corps  se  terminant  par  un  petit  article  en  cône  obtus  long 
de  0°',30.  Ces  cirres  ont  la  forme  de  languette  bien  déta- 
chée du  corps  el  sans  article  aux  trois  1*"  segments  sé- 
ligères  seulement.  Les  pieds  des  trois  1"*  segments  sé- 
tigères  ne  sont  pas  plus  rapprochés  du  ventre  que  les 
suivants. 

Aux  segments  8,  9,  10,  11,  un  petit  Hlet,  rudiment  de 
brancbie,  sort  de  ta  base  du  cirre  dorsal.  Mais  les  brau- 
cliies  pectinées  n'apparaissent  qu'au  12"  segment  (1) 
ayant  déjà  13  filaments  non  ciliés,  dont  les  plus  longs  attei- 
gnent 0"",36;Ia  branchie  elle-même  a  I"",80  de  long  et 
le  cirre  dorsal  2°"°,40.  Au  30"°  segment  jusqu'au  46"',  la 
branchie  a  19  filaments  et  devient  un  peu  plus  longue  que 
le  cirre  dorsal  qui  a  2*"°, 60.  Au  66"°  segment,  elle  a  3  milU- 

(I)  Chez  un  des  e.iemplaires,  les  branchies  peclinées  n'apparaissent  qa'ku 
I3**  segment;  rhezun  autre,  il  y  a  au  lt°"  segment  15  lllaments  i  la 
branchie  de  droite  et  sculeineni  3  à  celle  de  gauche. 


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ANNÉLIDES   P01.YCI1ËTB.S    DES    COTES   OE    FRANCE.         26o 

mètres  de  long  avec  20  filaments  dont  les  plus  longs  de 
0"",84  et  le  cirre  dorsal  a  2"", 50.  Au  88"°  segment,  elle  n'a 
plus  que  2"",50  et  le  cirre  dorsal  1"",80. 

Le  Dombre  des  filaments  branchiaux  va  en  diminuant 
peu  à  peu;  il  se  réduil  à  2  et  enfin  il  ne  resie  plus  qu'un 
seul  petit  filet  aux  19  segments  qui  précèdent  les  6  h 
7  derniers  où  ce  filet  lui-même  disparaît.  Le  corps  se  ter- 
mine par  un  segment  anal  avec  anus  dorsal  très  large 
et  2  cirres  anaux  ventraux,  longs  de  4"°',5,  violets,  à  pointe 
blanche. 

Les  2  pièces  de  la  mâchoire  inférieure  longues  de  4  milti- 
mètres,  semblables  comme  forme  à  celles  de  VE.  Kinbergi, 
se  terminent  en  avant  par  une  pièce  calcaire  blanche,  sans 
dents,  non  arrondie,  mais  droite  du  côté  externe  d'où  elle 
va  en  s'abaissant  jusqu'au  côlé  interne.  Quant  à  la  mâciioire 
supérieure,  tout  y  est  semblable,  sauf  la  dimension,  à  ce  qui  a 
été  dit  et  figuré  pour  \'E.  Kinbergi  ;  seulement  le  2°"  para- 
gnathe  légèrement  teinté  en  jaune  est  presque  incolore. 

I2elle  description  de  X'E.purpurea  concorde  complète- 
ment (1)  avec  celle  que  je  donne  de  \E.  Kinbergi,  à  part  la 
taille.  Déplus  cette  Eunice  n'aété  renconlrée  jusqu'à  présent 
que  sur  des  points  où  vil  VE.  Kinbergi  (â).  J'élais  donc  très 
disposé  &  y  voir  l'état  jeune  de  cette  dernière.  La  différence 
de  coloration  seule  m'arrêtait  et  encore  le  microscope  per- 
meltail-il  de  reconnaître  sous  le  violet  un  subsiratum  marron. 

Un  4"  exemplaire  d'£.  fiurpurea,  plus  grand  que  les  pré- 
cédents, que  j'ai  trouvé  en  septembre  1897,  exactement  au 
même  endroit  que  l'exemplaire  d'E.  Kinbergi  du  mois 
d'avril,  a  levé  tous  mes  doutes. 

Cet  exemplaire  de  250  segments  environ,  long  de  200  millî- 
mèlres,  a  6  millimètres  de  large  sans  les  pieds,  excepté  aux 

(I)  Je  n'ai  p&s  vu  la  fin  du  corps  de  IX  Kinbergi,  mais  Pnivot  et  Raco- 
vilza  ont  conslaté  sur  leur  exemplaire  complet  que  les  branchies  allaient 
jusqu'aux  derniers  segment»,  ce  que  j'ai  observé  aussi,  comme  on  l'a  vu, 
chez  VE.  purpuren. 

(2j  Adriatique  (Porlore),  Méditerranée  ^Naples),  Atlantique  (Saint-Jcan- 
de-Luz). 


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266  DE  •AINT-JOSEPn. 

6  r"  segmenis  où  il  n'a  que  4  millimètres.  La  parlie  anté- 
rieure, sauf  le  collier  blanc  dorsal  du  6""  segment,  est  vio- 
lette jusqu'au  8°"  segment  ;  puis  la  coloration  du  dos  devient 
semblable  à  celle  de  1'.^.  Kinbergi  adulte  :  marron  avec 
taches  blanches.  La  couleur  violette  reprend  vers  le  90"*  seg- 
ment pour  persister  jusqu'à  la  fin  du  corps.  Il  semble  donc 
que  la  teinte  violette  superficielle  et  provisoire  tend  k  dispa- 
raître peu  à  peu  avec  l'âge.  Les  branchies  sont  violettes, 
mais  deviennent  grises  dans  l'alcool.  Le  ventre  est  violet  avec 
une  raie  blanche  transversale  reliant  les  pieds  de  chaque 
segment. 

Il  y  a  seulement  un  petit  filet  branchial  aux  segmenis 
7,  8,  9, 10  et  les  branchies  pectinées  commencent  au  il"*  ; 
elles  atteignent  leur  plus  grande  taille  vers  le  49"' segment 
où  elles  ont  3"", 60  de  long  et  30  &  32  filaments  dont  les 
plus  développés  ont  1  millimètre.  Les  soies  aciculaires  pa- 
raissent au  37"'  segment.  Les  cirres  anaux  ventraux  violets 
ont  8  millimètres  de  long.  L'intestin  est  rempli  de  fucus. 
Pour  tout  le  reste  la  description  des  3  autres  exemplaires 
est  applicable  à  celui-ci . 

EuNtCB  TOHOUATA  Qfg.  nec  Ptuv.  el  Racov.  (1). 
PI.  XIV.  (ig.  45-54. 

J'en  trouve  en  avril  1897,  sous  les  pierres,  à  Guethary, 
dans  la  baie  de  Saint-Jean  de  Luz  près  de  Sainte-Barbe,  el 
au  N.  de  la  pointe  de  Sainte-Anne,  de  nombreux  exemplaires 
en  général  à  peu  près  de  même  laillc,  de  16  &  20  centimètres 
de  long  sur  6  &  7  millimèlres  de  large  en  avant  sans  les 
pieds  et  comptant  de  177  à  180  segmenis. 

Un  exemplaire  femelle  avec  des  œufs  verts  de  0"",2I  de 
diamètre  a  25  centimètres  de  long;  un  autre,  mftle,  conte- 
nant des  plaques  de  cellules  spermatogènes  hautes  de  0"°',21 

(1)  QufttrerAges,  Hkt.  nat,  des  Anntl.,  t.  I,  I8C5,  p.  312. 


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AN.NËLIDES    POLVCHÈTES    DBS   COTES    DE   FRANCE.         267 

sur  0"',14  de  large  a  27  cenlimèlres  de  long  el  185  seg- 
ments. Enfin,  le  plus  long  que  j'aie  rencontré  a  35  centi- 
mèlres  de  long  et  200  segmeats. 

Le  corps  rond  du  côté  dorsal  el  plat  du  côté  ventral 
s'amincit  progressivement  jusqu'à  l'extrémité  postérieure  où 
il  u'a  plus  que  2  millimètres  de  large.  Il  est  coloré  eo  rouge 
brun  foncé  métallique  avec  un  large  collier  blanc  qui  occupe 
toujours  la  moilié  postérieure  du  G"  segmeat  (4°"  sétigère) 
el  qui  fait  le  tour  du  corps.  Les  segments  suivants  ont  une 
tache  blanclie  h  peu  près  ronde  de  chaque  côlé  près  du 
cirre  dorsal  et,  à  partir  du  57"*  environ,  une  raie  blanche 
mince  relie  ces  2  taches,  s'élargissant  en  un  petit  écusson 
blanc  sur  la  ligne  médiane  dorsale.  Partout  la  peau  est  cou- 
verte de  points  blancs  de  C^jOl  26  de  diamètre.  La  léte  est  un 
peu  plus  claire  que  le  corps  avec  une  tache  blanche  au  bas 
du  sillon  qui  sépare  les  2  lobes  supérieurs.  Les  antennes, 
les  cirres  lentaculaires,  dorsaux,  etauaux,  tous  moniliformes 
ou  articulés,  sont  blancs  avec  aoneau  d'un  rouge  brun  à  la 
séparation  de  chaque  article  ;  les  cirres  ventraux  sont  blancs. 
Le  vende  de  l'animal  est  d'un  brun  clair  uniforme  avec  une 
ligne  blanche  très  mince,  transversale,  au  bas  de  chaque 
segment. 

La  léte  (Hg.  45^  a  4  lobes  dont  les  2  supérieurs  plus  petits, 
arrondis  en  avant,  moins  saillants  que  chez  VEunice  Kin- 
èergi,  séparés  l'un  de  l'autre  par  un  sillon  qui  a  le  tiers  de 
la, hauteur  de  la  léte  et  soudés  aux  2  lobes  inférieurs  qui  les 
débordent  de  côlé  el  en  dessous.  Ceux-ci  sont  beaucoup 
plus  gros,  de  couleur  blanche  du  côté  ventral  et  divisés  par 
un  long  et  profond  sillon  qui  descend  jusqu'à  la  bouche. 
Sur  la  partie  postérieure  de  la  télé  el  disposées  en  demi-lune 
s'élèvent  5  antennes  à  base  à  peine  indiquée,  très  monili- 
formes, dont  la  médiane  entourée  de  blanc  à  sa  base,  à 
17-24  articles,  altoignant  au  plus  7  millimètres  de  long, 
recouvre  les  cinq  1"*  segments  lorsqu'elle  est  rabattue  sur  le 
dos.  Il  y  a  un  œil  noir  assez  gros  de  chaque  côté  entre  l'an- 
tenne moyenne  et  l'antenne  externe  qui  sont  moins  longues 


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±98  I 

que  l'antenne  médiane.  Le  bord  postérieur  de  la  tète  est 
caché  presque  toujours  sous  la  partie  antérieure  du  segment 
buccal  dont  le  bord  blanc  rabattu  entre  le  dos  de  l'animal 
et  la  léte  est  rarement  visible  (i). 

Le  segment  buccal  entièrement  nu  est  aussi  haut  que 
les  3  suivants  et,  du  côté  ventral,  à  son  bord  antérieur 
indistinctement  festonné,  s'ouvre  la  bouche  aussi  large  que 
laléle.  Le  2"'  segment  apode  et  achète,  moitié  moins  haut 
que  les  suivants,  porte  de  chaque  côté  un  cirre  tentaculaire 
dorsal  sans  base,  ayant  au  plus  11  articles  un  peu  moins 
moniliformes  que  ceux  des  antennes,  dépassant  légèrement 
en  hauteur  le  segment  buccal  et  atteignant  i  millimètres  de 
long  au  plus. 

Tous  les  autres  segments,  sauf  l'anal,  ont  des  pieds  qui 
se  composent  : 

1*  D'un  cirre  dorsal  sans  base  apparente  ayant  au  plus 
3  millimètres  de  long  et?  articles  allongés  non  moniliformes. 
Le  nombre  de  ces  articles  est  très  irrégulier;  il  y  en  a  5, 
6  ou  7  RU  cirre  dorsal  du  1"  pied.  Ils  diminuent  progressi- 
vement de  taille  dans  les  deux  derniers  tiers  du  corps, 
n'ayant  plus  que  2  articles  etO°'",48  de  long  à  l'avant-dcrnicr 
segment.  Plusieurs  acicules  jaunfs,  minces,  indiquant  les 
vestiges  d'une  rame  dorsale,  et  ne  faisant  pus  suiltie  hors  du 
corps,  pt'-nèlrent  dans  !a  base  très  indistincte  du  cirre  dorsal 
où  ils  se  recourbent.  Ils  sortent  d'un  amas  pigmenlaire  de 
granules  bruns  qui  n'est  pas  apparent  au  dehors; 

2°  D'un  mamelon  séligère  rond  et  creux  d'où  émergent 
2  faisceaux  de  soies  accompagnés  de  2  gros  acicules  subulés 
jaunes  et  renrermés  dans  le  corps  au  I"  segment  seulement, 
noirs  et  sortant  du  corps  à  tous  les  autres;  il  y  a  3  de  ces 
acicules  aux  segments  médians  et  1  seul  à  la  lin  du  corps 
où  il  devient  rudimenlaire  au  dernier  segment.  Les  soies  du 
faisceau  supérieur  sont  des  soies  simples  de  deux  sortes  :  les 

il)  Voir  pour  les  organes  de  la  nuque  :  Jourdan,  Étudix  hittlohyiques  sur 
ilfuj'  espèces  ilu  otnre  Euiiicc  (  \nH.  'les  se.  iint.,  7"'  série,  t.  II.  4887,  p.  378. 
et  flg.  iO  et  26). 


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A>Î(ÉLIDES   POLTCHÈTES  DES  COTES  DE  FRANCE.        269 

unes  se  trouvant  à  lous  les  segments  sans  exception,  en 
forme  de  cimeterre,  non  limbées,  plissi^es  sur  leur  bord 
convexe  et  couvertes  de  petits  poils  cliilineux  (fig.  i6)  ;  les 
autres,  ne  manquant  qu'au  dernier  segment,  placées  devant 
les  précédentes,  beaucoup  plus  courtes,  transparentes  et 
incolores,  en  forme  de  ciseau  dont  le  bord  antérieur  large 
de  0'"',027  est  découpé  en  lanières  se  terminant  par  un 
mince  filament.  D'un  seul  côté  la  dernière  lanière  est  beau- 
coup plus  longue  et  plus  forte  que  les  autres  (fig.  i7).  Chez 
l'E.  lorquala,  les  lanières  ne  me  paraissent  pas  s'enrouler  à 
l'extrémité  comme  chez.  \'E.  Kinàergi,  et  la  soie  vue  bien  de 
face  et  &  plat  a  tout  à  fait  l'apparence  figurée  par  Von  Maren- 
zeller  pour  \'E:Ftoriilana  Pourt.  fl).  Le  nombre  des  lanières 
qui  est  de  9  aux  segments  antérieurs  va  en  augmentant  sans 
qu'il  y  en  ait  plus  de  14  et  à  la  fin  du  corps  il  n'en  reste 
que  7  ou  8.  Au  1"  segment  séligère  il  n'y  a  qu'une  seule  de 
ces  soles,  puis  leur  nombre  s'élève  jusqu'à  5  ou  6  au  milieu 
du  corps  et  il  n'en  subsiste  que  2  à  l'avant-dernier  segment. 
Les  soies  du  faisceau  inférieur  sont  composées  et  foules 
d'une  seule  sorte  avec  une  serpe  bifide  recouverte  d'un  capu- 
chon  diaphane  à  stries  fines  obliques;  le  croc  terminal  de  la 
serpe  est  moins  fort  que  le  croc  sous-jacent  (fig,  48).  Au- 
dessous  de  ce  faisceau  inférieur,  formant  un  angle  droit  avec 
lui  et  dirigée  vers  l'extrémité  inférieure  du  corps,  apparaît 
au  34"',  36"',  37"' ou  38""  segmentpersistant  jusqu'à  1  avant- 
dernier  et  sortant  du  corps,  une  grosse  soie  noire  aciculaire, 
bifide,  sans  capuchon  (fig.  49)  (2); 

3"  D'un  cirre  ventral  qui  a  la  forme  d'une  languette  mas- 
sive (fig.  50)  aux  segments  3-7  {cinq  l'"  sétigères),  s'étran- 
glanl  au  boni  aux  36  à  40  segments  suivants,  ayant  alors  une 
grosse  base  arrondie  et  un  petit  article  terminal  (lig.  51). 

(1)  Ber.  der  Cwnm.  fiir  Erfonrh.  der  (Est.  UiUdm.  VI,  Zool.  Eryebn.  II. 
Polych.  dei  Grundes  {Denks.  der  K.  Akad.  der  Wiss.  tu  Wien,  t.  LX,  4893,  et 
pl.n,pg.  S  Aci!(d). 

(2)  D'après  Pruvot  et  Racovilza  lous  les  auteurs  auraient  considéré  à  tort 
celte  soie  romme  un  acicule.  Voir  cependant  entre  autres  Claparède,  et 
déjk  j'aTtis  employé  le  terme  de  soie  aciculaire. 


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270  DB  SAIKT-aoSEPO. 

puis  reprenant  à  partir  de  là  sa  première  forme,  mais  beau- 
coup moins  massive  et  s'amincissant  de  plus  en  plus  à 
mesure  qu'elle  se  rapproche  de  la  fin  du  corps  [fig.  o2).  Cette 
disposition  qui  existe  aussi  chez  YEtmke  Harassii  parait 
assez  générale  chez  les  Eunice.  Les  3  ou  4  pieds  antérieurs 
sont  plus  rapprochés  du  ventre  que  les  suivants  et  les  cirres 
ventraux  qui  y  sont  plus  forts  semblent  devoir  aider  à  la 
progression.  Nous  avons  vu  qu'il  en  était  ainsi  et  d'une  ma- 
nière plus  accusée  chez  la  Diopalra  Neapolitana.  Les  cirres 
dorsaux  y  sont  aussi  longs  qu'aux  segments  suivants,  avec 
les  soies  moins  fortes  et  moins  nombreuses,  et  au  I"  segment 
sétigère  le  mamelon  sétigère  est  à  peine  indiqué. 

Les  branchies  apparaissent  invariablement  au  5"  segment 
{3"'  sétigère)  à  la  base  des  cirres  dorsaux.  Elles  ont  tout  de 
suite  de  3  à  6  filaments  à  cils  vibratiles  très  fins  et  atteignent 
leur  plus  grand  développement  du  7"  au  37°"  à  40°"  seg- 
ment (une  seule  fois  jusqu'au  32°")  ayant  d'abord  dans  cette 
région  10,  puis  13  et  rarement  14  et  de  nouveau  10  fila- 
ments et  y  dépassant  alors  seulement  un  peu  les  cirres  dor- 
saux qui  ailleurs  sont  plus  longs  qu'elles.  A  partir  de  là  le 
nombre  des  filaments  décroît,  celte  diminution  paraissant 
coinciiler  à  peu  près  avec  l'apparition  de  la  soie  aciculaire 
ventrale.  Dans  les  8  à  10  derniers  segments  branciiifères,  il 
n'y  a  plus  que  2,  puis  un  seul  filament.  Les  3  ou  4  derniers 
segments  du  corps  seuls  manquent  de  branchies. 

Le  corps  se  termine  par  un  segment  anal  apode  et  achète, 
avec  anus  dorsal  plissé  et  2  cirres  ventraux  de  3"', 60  au 
plus  avec  6  à  tO  arlicles  peut-être  moins  longs  qu'aux  cirres 
dorsaux. 

La  mâchoire  inférieure  (fig.  53)  consiste  en  2  pièces  noires 
cliitineuses  allongées,  divergentes  h  leur  partie  postérieure 
qui  finit  en  pointe  et  juxtaposées  à  leur  partie  antérieure 
plus  large  à  laquelle  est  soudée  une  lame  calcaire  blanche 
plus  ou  moins  dentelée.  A  la  mâcboire  supérieure  (fig.  54)  le 
support  esl  3  fois  moins  long  que  la  pince  très  noire  l'I  "  paire 
de  mâchoires);  la  2"  paire  (dent  d'EhIers)  a  5  ou  6  dents 


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ANNÉLIDES    POLYCHfcTES    DES   COTES    DE   FRANCE.  271 

à  droite  el  6  à  gauche  ;  la  pièce  impaire  a  5  ou  C  dents;  la 
3"°  paire  qui  est,  comoae  à  l'ordinaire,  coiffée  d'une  sorte  de 
capuchon  de  tissu  noir  a  8  ou  10  dents  k  droite  et  8  ou  9 
(ou  6)  à  gauche.  En  résumé,  le  nombre  des  dents  de  la  2°", 
de  la  3"°'  paire  et  de  la  pièce  impaire  est  irrégulier  comme 
il  arrive  très  souvent  chez  les  Eunke.  Le  f  *'  paragnalhe  de 
chaque  côlé  est  triangulaire  avec  une  dent  en  forme  de  griffe 
rabattue  en  avant  et  le  2"  en  demi-lune  ou  triangulaire. 

Un  exemplaire  dont  les  12  derniers  segments  sont  régé- 
nérés a  déjà  le  segment  anal  de  la  l'orme  normale  avec  ses 
2  cirres  de  la  longueur  ordinaire,  mais  aux  f  I  segments 
qui  le  précèdent,  les  3  qui  sont  le  plus  rapprochés  de  la  t6(e 
ont  seuls  un  rudiment  de  cirre  dorsal,  I  acicule  et  quelques 
soies  en  voie  de  développement  dans  l'intérieur  du  corps  et 
les  autres  n'ont  encore  ni  appendices,  ni  soies. 

Comme  Von  Marenzeller  (I),  mais  pour  d'autres  raisons, 
je  pense  que  YEunice  lorquata  Qfg.  de  Saint- Jean- de-Luz, 
bien  évidemment  distincte  de  VE.  Harassu  Aud.  et  Edw.  de 
la  Manche,  de  l'Océan  et  de  la  Méditerranée,  n'est  pas  la 
même  que  YE.  Clapared'ù  Qfg.  de  la  Méditerranée.  Elle 
serait  intermédiaire  entre  ces  2  espèces,  mais  plus  voisine 
de  YE.  Claparedii. 

Elle  diffère  de  YE.  Harassu  par  ses  mouvements  moins 
violents,  par  sa  coloration  (2),  par  ses  appendices  monili- 
formes  ou  nettement  articulés,  par  la  couleur  des  acicules 
et  de  la  soie  aciculaire  qui  sont  noirs  et  non  jaunes,  par  la 
forme  de  la  soie  aciculaire  qui  manque  de  capuchon,  par  la 
longueur  des  cirres  dorsaux  qui  sont  presque  aussi  longs  que 
les  branchies  les  plus  développées,  tandis  que  chez  YE. 
Harassii  ils  le  sont  près  de  moitié  moins.  Eniio,  les  4  lobes 
céphaliques  sont  plus  accusés,  le  1"  segment  branchifère 
est  toujours  le  5""  et  non  pas  tantôt  le  5"°,  tantôt  le  6"',  le 

(1)  Zur  Kennl.  der  Adriat.  Armel.  (SUtb.  der  K.  Aknd.  der  Wûj.  su  Wten, 
in-8,  S.A.,  ISTi.p.  57). 

(2)  Voir  pour  Ift  coloration  de  i'£.  llarassii  {Annét.  poiych.  des  côtti  de 
Diaard,  S"  psrtie,  Ann.  det  se.  nui.,  7"*  térie,  I.  V,  4888,  p.  498). 


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372  DE  SA! 

nombre  des  tilaments  de  la  {"  paire  des  branchies  est  plus 
élevé  [de  3  à  6  au  lieu  d'un  seul)  et  le  plus  grand  développe- 
menl  des  brancliies  commence  au  7"  segmeni  et  non  au  1 4". 

Elle  diffère  de  VE.  Claparedii  {!)  par  les  caractères  sui- 
vants :  1"  elle  a  une  large  bande  blanche  à  un  seul  segment 
aniérieur,  tandis  que  VE.  Claparedii  peui  en  avoir  I,  2  ou  3  ; 
f  elle  a  au  moins  3  et  au  plus  6  Hlaments  à  la  T'  paire  de 
branchies  et  non  pas  seulement  1  ou  2  ;  3"  tes  branchies 
persistent  jusqu'au  3"  ou  4"*  avant-dernier  segment  au  lieu 
de  s'arrêler  au  25  à  '30"'  avant-dernier;  V  elle  n'a  que 
2  cirres  anaux  et  non  4;  3°  la  soie  en  ciseau  pectine  n'a  de 
long  filament  que  d'un  seul  côté  du  peigne  et  non  pas  des 
deux  côlés  comme  YE.  Clapnredii.  Par  ces  trois  derniers 
caractères,  YE.  lorguata  se  rapproche  de  YE.  HaraxsU. 

VE.  torquata  se  rattache  à  YE.  Kinbergi  par  ses  2  lobes 
supérieurs  céphaliques  nettement  marqués,  parla  forme  de 
ses  soies  et  par  la  présence  d'un  collier  blanc  au  6"*  segment. 

Atlantique  (Saint-Jean-de-Luz). 

EusrCE  VITTATA  D.  Ch.  (2). 


(!)  L'£.  Claparedii  a  été  décrile  sous  le  nom  de  d'E.  Harasf.i\  pv  Grube 
(Zur  Anat.  <Ur  Kientenibùrmer.  Konigsberg,  (838,  in-t,  p.  35,  e1  pi.  Il,  Hf.  i, 
4,  6,  8.  0)  ;  par  Claparède.  Gianures,  laotomiquei  parmi  Ui  .\nnfl.  Je  Port- 
Vendres  llUém.  de  la  Soe.  dt  phijs.  et  d'hist.  nat.  dt  tienne,  l.  XVII,  p.  5"8. 
et  pi.  II,  tig.  S);  par  Ehlei-s,  Die  Borstenwùrmer,  p.  312,  el  pi.  XIII, 
lig.  15-21  ;  pt.  \[V  en  entier;  pi.  \V,  flg.  1-3  et  sous  le  nom  de  fi.  torqiiala 
par  Pruvot  el  Itacovilza,  Faune  des  Aimél.  de  Banyuh  {Arch.  de  lool.  exper., 
3-  série,  t.  III,  4895,  p.  389  ;  pi.  XVH,  fig.  63-67,  et  pi.  XVIH,  fig.  70-75). 
Ces  deux  auteurs  s' en  sont  rapportés  à  lîrube  qui  a  examiné  superflctelle- 
menl  l'exemplaire  type  d'E.  torquata  de  Quatrefages  [Bemerk.  iiber  Annel. 
des  Pariser  Muséums,  Arch.  fur  Naturg.,  IS'ÎO.  p.  39:i)et  qui  a  décrit  sous  le 
nom  d'E.  toTfi«ata,  lUiilh.  iibrr  St-Mal'y  und  Hosroff  {Abhnndl.  dn  tiehtes.  Gf- 
tetU.  inm-iH'i,  p.  m)  VE.  Clapar,dii  de  la  Méditerranée.  En  touN  cas.  iden- 
tifiant sou  E.  torquula  à  Ja  Leudlce  tEuniee)  fasriuta  Hisso,  Grube  aurait  dû 
maintenir  ce  nom  qui  était  antérieur,  comme  t'a  remarqué  avec  raison 
Ehlers,  Zur  Kemit.  der  Ostafrikanhchen  Bonteniviirmer  {Nachr.  von  der  K. 
GeselU.  der  Wissens.  su  Gôttingen,  1897,  p.  168), 

(2)  Nereis  viitata.  Délie  Chiaje,  Memorie  tugli  animait  itma  vert.,  IV, 
p.  iVS.etpl.  LXIV,  fig.  12-13. 


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AHHËLIDES  POLYCHËTES  DES  COTES  DE  FRANCE.        273 

Euiiu  viTTATA  Claparidc,  Annél.  lia  golfe  de  Napla,  p.  133,  et  pi.  VI,  flg.  8.  — 
Supfl.  aux  Annét,  du  golfe  de  Napit>,  p.  3i. 

—  —        Harîoii  et  Uobrcliky,  Élude  det  Annél.  du  golfe  de  MarieilU  (Jna. 

de»  te.  aat.,  6"  série,  t.  Il,  IS7&,  p.  II]. 

—  —        LsogerhBDe,  Die  Wurmfavna  von  MadHra,  W"  Ueilrag  {Zeils.  fur 

WUi.  Zool.,  t.  XXXHl,  1811),  p.  393). 

—  —        Mac  Intosh,  Heport  on  the  Annel.  polycA.  eolleele  I  tiy  H.  M.  S. 

.  Challenger  .  {ReporU,  etc.,  Zooloqy,  t.  XII,  p,  ns;  pi.  XXXIX, 
6ft.  18,  etpl.  XXI  A,  Sg.  ID-II). 

—  UMMA    Ebl.  Ehlen,  Vie  ttorsUntetirmer,  p.  3fS,  et  pi.  XV,  fig.  IS-IZ 

PI.  XIV,  fig.  53-59. 

Trois  exemplaires  incomplets  et  deux  complets  recueillis 
h  Concarneau  dans  les  dragages  à  la  Baie  de  la  Forest  par 
5  à  6  mètres  de  fond. 

Les  2  exemplaires  complets  ont  :  l'un  9  centimètres  de  long 
sur  4  millimètres  de  large  en  avant  avec  les  pieds  et 
1 1  î  segments,  l'autre  7  cenlimëlres  de  long  et  123  segments. 

Le  corps  rond  en  dessus  et  plat  en  dessous,  aminci  en 
avant  et  en  arrière,  a  sa  plus  grande  largeur  (4"'*  avec  les 
pieds)  vers  te  30*°°  segment.  Chaque  segment  a  du  côté  dorsal 
une  raie  transversale  antérieure  rouge  et  2  bandes  rosées 
plus  larges  postérieures.  Le  côté  ventral  est  d'un  blanc 
nacré  sauf  au  premier  tiers  qui  est  brunâtre. 

La  partie  antérieure  de  la  tête  auneéchancrure  et  2  lobes 
supérieurs  peu  marqués;  les  2  lobes  inférieurs  épais  sont 
séparés  l'un  de  l'antre  du  côté  ventral  par  un  sillon  profond. 
Les  o  antennes  h  base  très  courte  sont  très  indistinctement 
articulées  ;  la  médiane  lorsqu'elle  est  rabattue  sur  le  dos, 
atteint  le  6*"  segment  dont  elle  recouvre  la  moitié.  Elle  a 
4  millimètres  de  long;  les  2  antennes  moyennes  sont  pres- 
que de  même  taille  et  les  2  externes  plus  de  moitié  plus 
courtes.  Les  yeux  sont  placés  de  chaque  côté  entre  les  bases 
de  l'antenne  moyenne  et  de  l'externe. 

Le  segment  buccal  nu  est  aussi  haut  que  les  2  segments 
suivants.  Le  2°"  segment  apode  et  achète,  de  même  dimen- 
sion que  le  3°",  porte  une  paire  de  cirres  tentaculaires 
longs  de  l'"',50,  un  peu  plus  hauts  que  le  segment  buccal, 
sans  base  et  vaguement  articulés. 

ANN.   se.  HAT.  lOOL.  V,  18 


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â74  DB  SAINT-JOKEPH. 

Les  segments  suivants  ont  des  pieds  avec  cirre  dorsal, 
mamelon  séligère,  et  cirre  ventral.  Les  cirres  dorsaux  longs 
def^t^O  sont  lisses  sauT  à  quelques  segments  antérieurs, 
où  ils  ont  des  articles  à  peine  indiqu£>s;  3  à'iacicules  minces 
jaunes  sont  renTermésdans  leur  base  qui  n'est  pas  apparente 
au  dehors.  Les  soies  simples  de  deux  sortes  du  faisceau 
supérieur  sont  de  même  forme  que  chez  VEtmire  torçuala. 
Les  soies  en  ciseau  qui  ont  échappé  à  Claparède  et  dont  le 
bord  antérieur  large  de  O'^iOlS  est  découpé  en  7  lanières, 
n'ayant  que  d'un  seul  côté  une  lanière  plus  longue,  se 
retrouvent  à  tous  les  segments  jusqu'à  l'avant-dernier;  it  y 
en  a  d'abord  une  seule,  puis  4  à  5  et  de  nouveau  une  à  la 
fin  du  corps.  Les  soies  composées  du  faisceau  inférieur  à 
serpe  bidentée  {fig.  55)  ont  un  capuchon  pointu  dont  le  bord 
opposé  au  dos  de  la  serpe  est  plissé.  A  partir  des  3  ou 

4  avant-derniers  segments  branchifères jusqu'à  l'avant-der- 
nier segment  du  corps,  il  y  a  2  ou  3  grosses  soies  aciculaires 
ventrales  jaunes  tridentées  à  capuchon  arrondi  (fig.  56),  sor- 
tant du  corps  comme  les  2  ou  3  acicules  jaunes  à  pointe 
légèrement  courbe  (fig.  57)  qui  accompagnent  les  faisceaux 
de  soies.  Le  cirre  ventral,  qui  est  une  grosse  languette  aux 

5  à  6  1"*  pieds,  prend  la  forme  d'une  sphère  surmontée  d'un 
petit  article  aux  32  segments  suivants  et  redevient  ensuite 
une  languette,  mais  beaucoup  plus  mince  qu'aux  segments 
antérieurs. 

Les  branchies  ciliées,  plus  longues  que  les  cirres  dorsaux, 
mesurent  2  millimètres  de  long,  commencent  au  5"'  segment 
(3""  sétigère)  ayant  à  ce  segmnnt  i  à  3  filaments  et  attei- 
gnant leur  plus  grand  développement  (jusqu'à  1  i  filaments) 
du  12"'  au  36"'.  Elles  cessent  brusquement  au  iO"  k  49"' 
et  ont  encore  4  filaments  au  dernier  segment  branchifère. 

Le  corps  se  termine  par  un  segment  anal  avec  anus  dor- 
sal, s'ouvranl  entre  2  papilles  comme  le  ligure  Claparède(l) 
et  4  cirres  anaux  ventraux  inarticulés  doiit  les  2  les  plus 

(l)Loc,  cit.,iig.  3  e. 


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ANNËLIDES    POLYUHÈTES   DES    COTES   DE   FRANCE.  275 

rapprochés   du  ventre   n'ool  que   0"",27   de   long  et  les 

2  autres! ",80. 

La  mâchoire  inrérJeure  (lîg.  58)  se  compose  de  2  pièces 
atlongées,  juxtaposées,  longues  de  2  millimètres,  s'élargis- 
sant  en  ailerons  dans  la  partie  antérieure  qui  a  2  ou  plu- 
sieurs dents.  Bile  est  en  chitine  d'un  jaune  très  clair  et 
presque  partout  incrustée  de  calcaire  sauf  sur  un  petit  espace 
qui  précède  la  partie  antérieure  élargie. 

La  mâchoire  supérieure  (fig.  59)  comprend  :  1"  un  support 
composé  de  2  larges  plaques  arrondies  en  bas  deux  fois 
moins  hautes  que  la  pince;  2*  la  1"  paire  de  mâchoires 
f  pince};  3'  la?"'  paire  (dent  d'Ehlers)qui  a  10  dents  à  droite 
et  9  à  gauche;  i°  la  pièce  impaire  gauche  à  9  dénis;  5"  la 
3"  paire  de  mâchoires  surmontée  d'un  capuchon  de  (issu  noir 
avec  13  dents  à  droite  et  10  à  gauche;  6°  un  seul  paragnalhe 
de  cliaque  côté,  triangulaire,  avec  une  seule  dent  rabattue 
en  avant  comme  une  grifTe.  Toute  cetle  mâchoire  est  en 
chitine  d'un  jaune  plus  foncé  que  le  labre,  et  presque  par- 
tout aussi  incrustée  de  calcaire.  Les  2  plaques  du  support 
ne  sont  foncées  que  le  long  de  leur  point  de  contact  entre 
elles  et  avec  la  pince;  les  2  pièces  de  la  pince  ne  sont  fon- 
céesqu'à  leur  bord  Interne.  Aux  autres  paires  de  mâchoires,  les 
dents  seules  le  sont  et  encore  leur  extrémité  est-elle  blanche. 

Des  exemplaires  de  Naples  que  j'examine  sont  plus  petits 
que  ceux  de  Concarneau,  ayant  35  milHmètres  de  long  sur 

3  millimètres  de  large  dans  l'alcool  et  9i  à  96  segments. 
Les  branchies  cessent  au  30"'  f»  33"'  segment  et  la  1"  paire 
a  déjà  6  filaments. 

Je  ne  retrouve  pas  plus  sur  ces  exemplaires,  que  sur  ceux 
de  Concarneau,  ni  les  2  petits  yeux  frontaux  signalés  par 
Langei'hans,  ni  tes  yeux  de  la  base  des  derniers  pieds  dont 
parle  Claparëde. 

VE.  viflala  ne  me  parait  pas  devoir  être  confondue, 
comme  le  voudraient  (trube(1]  et  Marion  et  Bobretzky  (2), 

.1)  Bemerk.  uber  Annel.desFariser Museums[Arehiv  fur  Nattirg.,iH~0,p.29'i]. 
2)  Loc.  cit. 


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2(6  DB  SAiivr-jMitrtt. 

divec  VEuniceruhrocinctaEhl.qai  est  la  même  que  VE.  Bissai 
Val.  Qfg.  d'après  Grube.  Celte  espèce  d'Elilers  ne  manque 
de  branchies  qu'aux  derniers  segments  ;  le  nombre  des  fila- 
ments branchiaux  y  est  moindre;  la  soie  acicuiaire  est 
bifide  et  non  Irifide  et  les  soies  composées  n'ont  pas  un 
capuchon  aussi  pointu  que  VE.  vittata  en  dessus  de  la 
serpe. 

J'ai  constaté  ces  diiTérents  caractères  chez  un  des  3  exem- 
plaires de  VE.  Hissoi  du  Muséum. 

Méditerranée,  Atlantique,  Détroit  de  ^9s%{ChaUenger],k 
69  mètres  de  profondeur. 


VBIBU  DKS  LUHBBICVNBBHDEA  Schmarda. 

(seruu  Gr.). 

Genre  LUMBRICONEREISBIv.,Gr.m-.(mc/.Zyyo/oA(MGr.). 

LUHBBicoKERets  Latrbilu  Aud.  et  Edw,{l]. 

LuaMicofliNus  LiinKU-Lii  Quatretagea,  UUf.  nal.  <Ui  Annel.,  i.  I,  p.  164. 

—  —  Grube,   Bemerk.    ùber    Annel.    dt*   Panter   Mu-tumi 

{Ai-chivfar  Nalurg..  (870,  p.  301). 

—  —  HarioD,  Étude  dtt  AnMl.  du  golfe  de  MarttilU  (AitH. 

det  te.  nal.,  6»  R^rie,  t.  Il,  p.  IS). 

—  Nahpokib  Cr.  Grube,  ÀcUnien,  Echinodermen  und   Wtlrmer  de* 

Adriat.  und MiUelmeerei,  KOnlgiberg, iD-4,  IStO. p. 79. 
—  —  Ehlert,  Uit  BoTttenvi&rmrr,  p.  SKO:  pi.  XVI,  Bg.  33-30, 

«t  pi.  XVtl,  Sg.  1-1. 

—  —         ÎCIapwède,  Annél.  du  golfe  de  Naplei,  p.  147,  et  pi.  IX, 

fig.  3. 

—  —  Grutie,  FamilU  Eunieea  t"  Ahth.  [Jaliretb.  der  Sehlet. 

Geietlt.  fUr  1818.  Breilau,  1879,  p.  90). 

—  Enwjinsi    Clpil.  Claparède,  Beob.  ûber  Anal.,  ele.,   1881,  iD-fol., 

p.  SB.  Bt  pi.  XIV,  flg.  H-W. 
Ztooloiui  —         Claparède,  Glanuit»  toot.  parmi  ht  Annit.  de  Port* 

Vetidrel,  p.  lit. 
LuvenicoNraiti     nnauis     Ke(.  Kefenteîn,  Unlen.  ûber  niedere  Stelhitre  {Zril4. 

far  IV'iM.  Zool.,  t.  XII,  I8U1,  p.  101,  et  pi.  IX,  flg.  l-fl). 

—  —  Ehlen,  Uie  Borileimiarmer,  p.  aOI,  et  pi.  XVII,  flg.  11-14. 

—  —         Grube,  Familie  Eanicta,  vide  lupra,  p.  91. 

(1)  Litmbrineris  LatreilU.  Audouin  et  Milne  Edwards,  Recherches  pour  wr> 
vir  à  rttUtoire  naturelle  du  littoral  de  ta  Frante,  t.  Il,  p,  168,  et  pi.  III  ■, 
«g.  13-15. 


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AMNÉLIDES    POLTCHÈTES   DES   COTES   DE   FBANCE.         277 

Ll'HBRiCMiRiu  TUoim  Saiot-Josepb,  Ui  Anaél.  polj/ch.  dei  dlet  de  Dinard, 
i"'  partie  (^nn.  dei  ac.  nai-,  ^^*  térie,  t.  V,  p.  !ll, 
et  pi.  VI[I,  flg.  Gl-et). 

PI.  XV,  fig.  60-61. 

Grube  ayant  rencontré  un  LombriDérien  qui  ne  difTérail 
de  la  Lumhriconereis  Lalreilli  que  par  la  présence  de  soies 
composées  non  signalées  par  .\udouin  et  Milne  Edwards  en 
fil  la  L.  Nardonis.  Depuis  lors,  il  observa  ces  soies  aux  seg- 
menls  antérieurs  chez  l'exemplaire  du  Muséum  de  la  L.  La- 
freilli;  il  n'y  avait  donc  plus  lieu  de  mainlenir  la  L.  Nar- 
donis  (I).  De  mdaie  Keferstein  ne  trouvant  que  des  soies 
simples  à  un  Lombrinérien  semblable  h  la  L.  Nardonis  qui 
a  en  outre  des  soies  composées,  en  Bt  la  L.  tingens  et  Cla- 
parêde  n'y  conslatanl  que  des  soies  composées,  en  fil  la 
L.  Edwarsi.  Mois  Claparède  n'avail  examiné  que  les  soies  des 
segmentsanlérieursetKeferslein  celles  des  segments  suivanls. 
En  rectifiant  cette  double  erreur,  il  ne  resterait  comme  dir- 
férence  entre  la  L.  Nardonis  et  la  L.  tingens  que  tes  dente- 
lures plus  ou  moins  variables  des  pièces  calcaires  anté- 
rieures du  labre  chez  la  L.  tingens.  Ces  dentelures  pouvant 
résulter  d'accidents  ou  d'usure,  il  n'y  a  pas  là  de  caractère 
spécifique  bien  accusé.  Il  ne  !>emble  donc  pas  qu'il  y  ail  lieu 
de  distinguer  la  L.  tingens  de  la  L.  Nardonis,  ni  celle  der- 
nière de  la  L.  Lalreilli  qui  demeure  l'espèce  type.  Sur 
l'exemplaire  unique  du  Muséum  examiné  par  Grube,  je 
Irouve  42  segments  avec  soies  limbées  dont  les  20  antérieurs 
ayant  en  outre  des  soies  composées  et  les  22  suivanls  des 
soies  simples  à  crochet.  Toutes  ces  soies  et  les  mâchoires 
sont  semblables  à  celles  qui  ont  été  décrites  depuis  lors 
pour  la  L.  Nardonis  et  la  Z..  tingens. 

J'en  ramasse  au  Croisic  près  de  l'estacade  et  &  Pen-bron 

(I)  Les  rourtes  notices  consacrées  par  Grube  i  la  L.  NurdonU  et  à  I& 
L.  Latreilli  en  I8TS,  el  qui  sont  en  cootradictiou  avec  ce  qu  il  en  av&il  dit 
en  18T0,  doivent  avoir  été  rédigées  avant  cette  dernière  date  et  n'avoir  pas 
été  corn((ées  depuis. 


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278  uc  s.4i»T-40SEPn. 

2  exemplaires  de  couleur  rose  doni  l'un  de  251  segments  et 
15  centimèlres  de  long  sur  3  millimètres  de  large  sans  les 
pieds  ayant  les  54  I*"  segments  avec  soles  limbées  accompa- 
gnées aux  3o  segments  antérieurs  de  soies  composées  à  lon- 
gue serpe  terminée  par  4  dentlcules  et  eniourt^e  d'une  valve 
comme  la  partie  antérieure  de  la  hampe  (fig.  60).  Les  29  seg- 
ments suivants  ont  avec  les  soios  limbées,  des  soies  simples  à 
crochet  (fig.  61),  qui  persistent  seules  à  partir  du  55''  seg- 
ment jusqu'à  la  fin  du  corps.  L'autre  exemplaire  de  262  seg- 
ments a  des  soies  limbées  seulement  aux  31  1*"  segments 
dont  21  avec  soies  composées  et  1 0  avec  soies  à  crochet. 

Près  deConcarneau  à  la  Pointe  de  la  Jument,  je  trouve 
sous  les  pierres  2  exemplaires  d'un  brun  rose  avec  reflets 
métalliques.  L'un  a  14  centimètres  de  long  sur  2"', 5  de 
large  sans  les  pieds  et  235  segments  dont  les  48  1'"  avec 
soies  limbées  accompagnées  pendant  les  24  antérieurs  de 
soies  composées  et  pendant  les  2i  suivants  de  soies  simples 
k  crochet  qui  persistent  ensuite  seules. 

L'autre  exemplaire,  incomplet,  à  tête  un  peu  plus  ronde, 
long  de  9  centimètres  dans  l'alcool  sur  3  millimètres  de 
large  sans  les  pieds,  n'ayant  conservé  que  150  segments,  a 
des  soies  limbées  aux  121  1'"  segmenis  dont  les  25  anté- 
rieurs avec  soies  composées  el  les  suivants  avec  des  soies 
simples  à  crochet. 

Ces  4  exemplaires  du  Croisic  et  de  Concarneau,  même  le 
dernier  qui  a  un  nnmhro  si  considérable  de  segments  avec 
soies  limbées,  sont  tout  à  fait  semblables  entre  eux  au 
point  de  vue  de  la  forme  des  soies  et  des  mâchoires. 

Je  trouve  aussi  la  L.  Latreilli  à  Saint -Vaast  dans  les 
plages  de  sable  de  l'ile  de  Tatihou  au  N.-Ë.  du  laboratoire. 

Manche.  Atlantique.  Méditerranée.  Draguée  dans  le  golfe 
de  Gascogne  à  400  mèircs  de  profondeur  par  le  Caudan. 


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AN.NÉI.roES    POLYCHÈTES    DES    COTES    DE   FRANCE. 


LUHBRICONEBEIS   COCCINEA    RCD.   (1). 

J'en  recolle  à  SaiaUJean-de-Luz  sous  une  pierre  près  de 
Sainte-Barbe  un  seul  exemplaire  incomplet  de  168  segments 
long  de  75  millimètres  sur  {""jS  de  large,  rcconnaissable  à 
sa  tète  globuleuse  et  à  la  serpe  courle  et  massive  des  soies 
composées.  Les  38  I*"  segments  sétigères  ont  des  soies  lim- 
bées  accompagnées  jusqu'au  SI"  inclusivemeni  de  soies 
composées,  puis  du  21""  au  38°"  de  soies  simples  à  crochet 
qui  persistent  seules  après  que  les  soies  limbées  ont  disparu. 

Les  dragages,  à  Dinard,  m'en  procurent  4  exemplaires 
tous  jeunes  et  de  petite  taille.  L'un  d'eux  a  15  millimètres  de 
long  et  88  segments  sur  lesquels  les  31  1"'  sétigères  avec 
soles  limbées  accompagnées  aux  13  antérieurs  de  soies 
composées  et  aux  18  suivants  de  soies  simples  à  crochet 
qu'on  retrouve  seules  ensuite  jusqu'à  la  Bn  du  corps.  D'au- 
tres provenant  aussi  de  dragages  ont  de  3  à  7  centimètres 
de  long.  L'un  d'eux  long  de  65  millimètres,  comptant 
141  segments  en  tout,  a  les  39  1"*  segments  sétigères  avec 
soies  limbées  accompagnées  aux  32  antérieurs  de  soies 
composées  et  aux  27  suivants  de  soies  simples  en  croc. 

Manche.  Atlantique.  Méditerranée. 

LUHBRICONEREIS   IMPATIENS   Clpd.    (2). 

Llibbicus  thacilis    D.  Cil.  nec  O.-P.  HUller.  Délie  Chiaje,  Mtm.  tulla  tloria 

e  nolomia.elc,  I.  U,  p.  1!S. 
LumfiiNKiius  —       Délie  Chiaje,  Deterisione  t  notomia,  etc.,  i.  III,  p.  S3, 

et  l.  V,  p.  97,  pi.  m,  Bg.  g-M. 
?Lnll■Hlco^KllBls  brivicifh  Ehl.  Die  Bortleaw&rmer,  p.  3gS. 

—  IMPATIENS  PruTot,  Hecheixhtt  lur  le  tystime  nemtux  dei  Attnil. 

lArchives  de  tool.   expêrim.,  1885,  S»*  (èrie,  t.   tll, 

p.  S79;  pi.  XI,  Qg.  S,  et  pi.  XIV,  flg.  1-3). 

PI.  XV,  Qg.  62-08. 

(1)  Voir,  pour  la  description  et  la  synonymie,  Pnivot  et  Racovitza,  Faune 
det  Annél.  de  Btmyuls  (Arch.  de  tool.  expirim.,  3"*  série,  t.  111,  p.  314,  el 
pi.  XVI,  «g.  21-37). 

(2)  aaparède.  Annil.  du  golfe  de  Naples,  p.  145,  el  pi.  IX,  Dg.  2.  —  Stip- 
pli'mtnt  aux  Annél.  de  JVaptes,  p.  24,  et  pi.  V,  fig.  4. 


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280  I 

Au  Croisic  dans  le  sable  vaseux,  sur  la  côle  de  Pen-Bron. 

Quoique  l'exemplaire  que  je  recueille  soit  incomplet  et 
que  la  partie  postérieure  manque,  il  mesure  50  centimètres 
de  long  el  compte  664  segments. 

Le  corps  rond,  à  peu  près  partout  de  même  largeur 
(S^jS),  est  de  couleur  rose  pâle.  La  cuticule  est  couverte  de 
très  petits  pores  qui  semblent  fermés  par  un  clapet  fendu 
en  4  parties  égales  el  faisant  légèrement  saillie  au-dessus 
du  pore  (fig.  62). 

Lalèfecylindro-conique  sans  yeux,  haute  de  l"",5(fig.  631, 
porte  à  sa  partie  postérieure  du  côté  dorsal  de  chaque  côté 
de  la  ligne  médiane  une  petite  fossette  ronde  vibratile 
(organe  de  la  nuque),  cachée  le  plus  souvent  par  le  bord 
antérieur  du  1"  segment.  Elle  est  suivie  de  2  segment» 
achètes  dont  le  1"  plus  haut  que  le  t".  Du  côté  ventral  le 
1"  segment  est  interrompu  et  le  â"' pousse  jusqu'à  l'entrée  de 
la  bouche  un  prolougement  qui  a  4  sillons  longitudinaux  (  I  ); 
il  émerge  de  la.  bouche  deux  grosses  papilles  arrondies 
{Mundpolster  d'EhIers). 

Les  pieds,  partout  semblables,  mais  plus  pefits  dans  la 
partie  antérieure  du  corps,  consistent  en  un  petit  mamelon 
séligère  avec  cirre  dorsal  rudimcnlaire  el  processus  digi- 
tiforme  ventral  contenant  un  riche  réseau  vasculaire; 
4  ou  5  acicules  fins  recourbés  entrent  dans  la  base  des  clrres 
dorsaux.  Aux  75  à  83  V  segments,  il  y  a  des  soies  à  large 
limbe  placées  au-dessus  de  soies  simples  coudées  entourées 
d'une  longue  lame  dissecirîce  striée  à  partir  du  coude  jus- 
qu'à l'extrémité  antérieure  qui  se  termine  par  un  large  cro- 
chet dont  le  bord  incliné  est  garni  de  3  fi  4  denlicules  (tig.  64). 
Ces  soies  à  partir  du  45°"  segment  environ  sont  remplacées 
par  des  soies  simples  à  crochet  de  forme  différente  dont  le 
sommet  à  peu  près  rectiligne  et  hérissé  de  4  à  5  petites 
dénis  pointues  est  entouré  de  3  valves  plus  rondes,  plus  lar- 
ges el  un  tiers  moins  longues  que  celles  de  la  forme  précé- 

(1)  Ehlers  figure  une  disposition  semblable  cliez  le  I..  qradlà  Ehl.  {Bort' 
ttnwûrmer,  pi.  XVI],  lig.  8). 


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ANNÉLItlES    POLVCHËTES    DES   COTES   DE   FRANCE.         281 

dente  (fig.  65).  Lorsque  les  soies  limbées  odI  disparu,  elles 
pcrsislenl  saules  jusqu'à  la  fin  du  corps.  Parlout  le  faisceau 
de  soies  esl  accompagné  de  2,  3  ou  4  acicules  jaunes,  poin- 
tus, légèrement  bruns  à  leur  extrémité  et  ne  faisant  pas  sail- 
lie hors  du  corps. 

Le  labre,  long  de  1"",82.  est  en  forme  de  corset 
ilig.  C6)  (I).  Légèrement  concave  du  côté  qui  est  enfoui  dans 
le  (issu  musculaire  de  la  trompe,  il  esl  un  peu  convexe  en 
dessus  et  formé  de  deux  moitiés  semblables,  ce  qu'on  ne 
reconnaît  qu'à  une  mince  ligne  de  soudure  qui  les  unil. 
S'élargissanl  en  avant  et  se  terminant  un  peu  en  fer  achevai, 
il  esl  couvert  de  stries  parallèles  noirâtres,  disposées  en  demi- 
cercle,  puis  il  se  réi  récit  au  milieu  pour  se  terminer  en  arrière 
par  deux  pointes  courtes  obtuses  que  sépare  une  échancrure. 
Des  coucbes  chilioeuses  superposées,  en  forme  d'écaillés 
oblongues,  partent  de  l'échancrure  inférieure  se  dirigeant 
la  pointe  tournée  vers  le  haut  jusqu'auprès  du  fer  à  cheval, 
auquel  sont  soudées  2  plaques  calcaires  blanches  antérieures 
unies  ou  le  plus  souvent  dentelées. 

Le  système  maxillaire  supérieur  (fig.  67)  se  compose 
d'un  support  et  de  4  pièces.  Le  support  allongé,  à  deux  ren- 
flements successifs,  et  se  terminant  dans  le  8"  segment  par 
une  pointe  presque  filiforme  est  beaucoup  plus  long  que 
celui  que  figure  Claparède  (Su/tpl.  pi.  V.  Og.  4).  Ce  support 
me  semble  être  ime  transition  entre  la  forme  courte  ordi- 
naire du  genre  Ijnnbriconereis  et  la  forme  filiforme  du  genre 
Arabella.  Les  autres  pièces  de  la  mâchoire  sont  bien  celles 
propres  au  genre  Lumbriconereis.  La  pince  assez  étroite 
contient  la  pièce  dentaire  qui  a  5  denlicules  à  droite  et  4  à 
gauche.  La  plaque  ou  3"  paire  qui  est  au-dessus  est  bidentée 
et  enfin  la  4"'  paire  en  plaque  est  unidentée.  Toutes  ces 

(I)  Horst,  Oie  Ai.neliden  gesammelt  uâknnd  des  Fahrien  der  j  Wilkm  Ba- 
rtnli  »  in  1878-79  [Siederi.  Archiv  fur  Zool.  Supplementarband,  l,  liv,  I, 
lig.  3  b),  Rftire  un  labre  à  peu  près  semblable  pour  la  Lumbriconereix  fragi- 
lia  MùW.  —  Voir  aussi  le  labre  rte  la  L.  Sarsi  Kbg.  (Etiijrnies  Sesa.  pi.  XIX, 
tig.  38  e)  et  celui  de  l'Àrabella  dubia  Hansen,  Recherches  sur  tes  AmM.  liu 
Britil(Mém.  cowonn^s  AcaJ.  de  Sclgi^ie,  t-  Xl.tV,  1881,  in-t,  pi.  Il,  lig.  18}. 


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iSi  DE  aAiwr-'osepn. 

pièces  sonl  très  noires,  mais  l'exlrémîté  de  In  pince  et  des 
denticules  des  autres  mâchoires  est  blanche  comme  Ciapa- 
rèdel'a  déjà  remarqué.  La  base  des  %"',  3"°  el  ^'"  paires  est 
formée  de  tissu  râpeux. 

A  Guéthary  et  à  Sainl-Jean-de-Luz  près  de  Saiote- 
Barbe,  je  trouve  plusieurs  L.  impatiens  de  couleur  rose 
dont  5  bien  entières.  La  phis  longue  a  25  centimètres  de 
long  sur  3  millimètres  de  large  sans  les  pieds  el  4  milli- 
mètres avec  les  pieds  et  compte  345  segments.  A»  238"'  il  y 
a  2  pieds  à  gauche  oix  te  segment  est  dédoublé  et  1  pied 
à  droite.  Une  autre  a  18  centimètres  de  long  sur  3  millimè- 
tres de  large  tout  compris  et  358  segments.  Le  corps  de 
celle-ci  finit  par  un  segment  anal  de  0°"*,30  de  haut  avec  un 
anus  terminal  s'ouvrant  entre  4  cirres  dont  t  ventraux  et 
2  dorsaux  de  0'°",30  de  long  (fig.  68j. 

Dans  un  de  ces  exemplaires  je  trouve  une  grégarine  grise 
monocystidée  avec  noyau  central  et  2  bandes  claires  trans- 
versales à  la  partie  aalérieure.  Elle  a  0'",4â  de  long  sur 
0°",062  de  large. 

Je  dois  à  l'obligeance  de  M.  Pierre  Fauvel  un  exemplaire 
venant  de  Saînt-Vaast,  long  de  34  cenlimëlres  dans  l'alcool 
et  comptant  535  segments  dont  tes  derniers  régénérés. 

J'ai  aussi  un  exemplaire  de  Naples  mesurant  31  centimè- 
tres, avec  la  Hn  du  corps  régénérée.  Il  est  en  tout  sembla- 
ble à  ceux  du  Croisic,  de  Saint-Jean-de-Luz  et  de  Saint-Vaast  : 
la  télé,  les  soies,  le  labre  sont  les  mêmes  el  le  support  du 
système  maxillaire  supérieur  est  relativement  aussi  long. 

Manche,  Atlantique,  Méditerranée. 

Genre  ARABELLA  Gr.  char,  entend. 
Sous-CENBB  M.^CLOVIA  Gp. 
Haclovia  gigantea  Gr.  (1). 
Dans  la  baie  de  Saint- Jean-de-Luz,  je  trouve  plusieurs 

(1)  Voir  Annét.  polj/ch,  dai  côtti  de  Dinard,  2"*  partie  (Ann.  de*  te.  aal.. 


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An.VËLlDES   POLVCHËTES    DES   COTES    DE   FIIAN'CE.         283 

M.  gigantea  de  280  segments  environ  longues  de  17  centi- 
inèlres  sur  2  millimèlres  de  large,  pieds  compris,  se  rappro- 
chant donc  par  le  peu  de  largeur  ducorps  de  YArabella  genini- 
lata  lelle  que  la  décrit  Grube  (1  ).  Mais  elles  en  diffèrent  par 
le  cirre  dorsal  qui  est  peu  développé  et  par  le  système  maxil- 
laire qui  a  3  supports  et  la  1"  paire  de  mâchoires  en  forme 
de  pinces,  tandis  que  chez  l'A.  geniculata  d'aprfesMarion(â), 
il  n'y  a  que  2  supports  et  une  )"  paire  de  mâchoires  en 
forme  de  plaque  dentelée  et  non  de  pinces.  D'un  autre  côté, 
chez  quelques  exemplaires  de  M.  gigantea  de  grande  taille 
recueillis  par  moi  dans  le  sable  à  Dinard,  à  Sainl-Jean-de- 
Luz  et  au  Conquet,  le  cirre  dorsal  plus  développé  dans  les 
segments  antérieurs  que  celui  que  j'ai  décrit  pour  un  gros 
exemplaire  do  Dinard,  a  la  forme  de  bonnet  phrygien  que 
lui  atlribue  CIaparède(3),  chez  YArabella  geniculata.  Il  faut 
en  conclure  que  ces  deux  espèces  dont  la  tète  a  4  yeux  en 
rangée  transversale  est  semblable  sont  très  voisines. 


FAMILLE  DBS  LYCOMIDIE.'VS  Gr.   (.VÉBÉIUlENflt  Qfg. 
Mgr.  nec  Kbg.\ 

La  classification  des  Lycoridiens  est  difficile  à  établir 
d'après  les  différences  qui  existent  dans  le  plus  ou  moins 
grand  développement  de  la  languette  dorsale  des  pieds  (4) 
ou  le  nombre  des  languetles  de  la  rame  dorsale  ou  ta  posi- 
tion plus  ou  moins  terminale  occupi5e  par  le  cirre  dorsal  au- 
dessus  de  la  languette  supérieure  de  la  rame  dorsale.  Il  y  a  là 
des  caractères  souvent  bien  incertains  sur  lesquels  il  est 

"■'  série,  t.  V,  p.  230),  el  4"'  partie  (Ann.  des  se.  nat„  7°"  série,  t.  XX, 
p.  209). 

(t)  Pamilie  Eunicea.  2''  Abtheilung  {Jahreib.  der  Schles.  Gesells.  fur  1878. 
Bresiftu,  1879,  p.  10-2). 

(â)  Anntl.  du  golfe  de  Marseille  [Ann.  des  se.  nat.,  ù"'  série,  t.  Il,  18~!i, 
p.  ir>,  el  pi.  I,  rig.  3). 

(3)  Jfoloàrrus  geniculatus  [Annél.  du  golfe  de  Naitles,  p.  149,  el  pi.  VI, 
Hg.  8). 

{*)  Voir  pluMbasp.  291. 


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284  DE  SAIMV-JOHBPIfl. 

presque  impossible  de  s'entendre,  qui  varienl  jusque  dans 
le  même  individu  et  se  modifîeut  au  moment  de  la  matu- 
rité où  les  cirres  dorsaux  et  ventraux  eux-mêmes  peuvent 
subir  des  changements.  It  me  parait  donc  préférable,  dans 
l'élal  actuel,  pour  la  Bxatioa  des  genres,  de  s'en  tenir  à  ta 
classification  de  Kinberg  (1)  au  moyen  des  paragnalhes, 
selon  qu'ils  sont  absents  ou  présents,  et  dans  ce  dernier  cas 
selon  leur  nature,  leur  forme  el  l'existence  de  tous  leurs 
gi'oupes  ou  de  quelques-uns  seulement.  Le  nombre  el  quel- 
quefois  la  taille  des  paragnalhes  composant  chaque  groupe 
son)  variables.  Ils  n'occupent  pas  non  plus  toujours  une  place 
identique  dans  chaque  groupe  comme  on  peut  en  voir  un 
exemple  chez  VEunereis  iongissima  (PI.  XVI,  fig.  94-96).  Mais 
il  y  a  une  grande  stabiUlé  dans  le  nombre  des  groupes.  Leur 
présence  ou  leur  absence  dans  la  même  espèce  sont  suffisam- 
ment constants  et  il  n'y  a  guère  d'cxceplion  à  faire  que  pour 
le  groupe  maxillaire  médian  dorsal  (1),  qui  existe  ou  manque 
chez  des  individiisdelamèmeespèce,  surtout  lorsque  celle-ci 
manque  déjà  du  groupe  basilaire  médian  dorsal  {V}. 

Les  différences  dans  la  forme  des  rames  et  de  leurs 
appendices,  dans  la  forme  des  soies  surtout  lorsqu'il 
s'agit  de  soies  particulières  (Voy.  plus  loin  Nereis 
diversirolor,  Nereis  pelag'ica,  Eunereis  longissima),  dans 
la  longueur  des  cirres  lentaculaires,  des  antennes,  et 
des  palpes  serviront  de  caractères  spécifiques.  En  ce  qui 
concerne  les  appendices  des  pieds,  je  ne  ferai  d'exception, 
au  point  de  vue  générique,  que  pour  les  branchies  dendriti- 
quos,  ce  qui  ne  peut  donner  lieu  ft  aucune  confusion. 

Voici  donc  comment  je  classerais,  pour  le  momeni,  les 
genres  de  la  famille  des  Lycoridiens  en  supprimant  les 
familles  de  Kinberg  et  en  ne  donnant  que  la  valeur  de  sous- 
genres  à  plusieurs  de  ses  genres  et  à  ceux  de  Malmgren. 

(I)  Kinberg,  Annulala  nma  {Ofveniql  af  K.  vcl.  .ikad,  Fùrh.,  Stock* 
bolm  1865.  p.  167). 


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ANNÉLIDES    FOLYCHÈTES    DES   COTES    DE    FRAKCE.  285 

A.  Branchies  dendri tiques  à  quelques  segments  aotérieura. 

Pas  de  paragaathes.  Dendrooereis  Peters. 

B.  Pas  de  branchies  dendriliques. 

i.  Pas  de  paragnathes. 

a.  Pieds  uniramés  :  Lycastis  (Sav.)  Aud,  et  Edw. 

b.  Pieds  biramés  : 

a,  Segment  buccal  avec  pieds  et  soies  :  MicronereU  Clpd. 
^.  Segment   buccal  apode  et  achète  :  Leptonereîs  Kbg. 
{incl.  Nicon  Kbg.,  Ntcomedes  Kbg.). 

2.  Rien  que  des  paragnathes  mous  :  Ceratocephala  Mgr. 

3.  Rien  que  des  paragnathes  calleux  :  Tylonynchas  Gr. 
4-  Paragnathes  mous  et  cornés  :  Leoniiates  Kbg. 

5.  Paragnathes  cornés  séparés  et  coniques  :  Nerels  <■  tli\  L. 

Cuv.  {Lycoris  Sav.). 

a.  Tous  les  groupes  de  paragnathes  au  complet  :  S.  G.  Naan* 
thés  Kbg.  [ind.  Alilta  Kbg.  Mgr.,  Heditte  Mgr.,  p.  p.)  char, 
emend. 

b.  Le  groupe  V  ou  les  groupes  V  et  VI  manquent  :  S.  G.  Ne- 
reis  t.  tir.  Kbg.  {incl.  Masligonereis  (Schmard'a)  Kbg., 
Thoosa  Kbg.,  A'em/epas  (Blv.)  ïcniu  Kbg.,  A'erei/e^aï  (Blv.) 
lensu  Johnst.  Hgr.,nec  ÛCrst-,  necQrg.,  rier  Kbg.,  p.p.,  A'e- 
rcM  M^r.,  Bediate  Mgr.  p.  p.,  Praxithea  Mgr.}. 

0.  Les  groupes  I,  II,  V  manquent  : 
S.  G.  drronereis  Kbg. 

d.  Les  groupes  V,  VI,  VII,  VIII  manquent  : 

S.  G.  Ceratonereis  Kbg. 

e.  Tous  les  groupes,  sauf  VI,  manquent  : 

S.  G.  Eunareis  Mgr.  char.  mut. 

6.  Paragnathes  cornés  coniques  et  transversaux  séparés  : 

a.  Tous  les  groupes  au  complet  : 

PerinereisKbg.  [incl.  NaumachiusKitg.,  Lipepkile  Mgr., 
Hedyle  Mgr.,  Hedisie  Mgr.  p.  p.,  Slfalonice  Mgi-.,  Nerei- 
lepas  (BIv.)  sensu  Johnst.,  Mgr.,  nec  Œrst-,  nec  Qfg.,  née 
Kbg.p  p.). 

b.  Lu  groupe  V  manque  : 

S.  G.  Arête  Kbg. 

7.  Paragnathes   cornés   de  trois  formes  :   coniques,  transver- 

saux et  pec  Uni  formes. 
Tous  les  groupes  au  complet  : 
Fseudonereis  Kbg.  (incl.  Paranereis  Kbg.). 

8.  Paragnathes  cornés  très  petits,  trës  serrés,  rangés  en  lignes 

pectinées  : 


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28R  DE  SAINT-JOSEPH. 

a.  Le  groupe  I  manque  : 

Piaenoe  Kbg. 

b.  Les  groupes  1,  II,  V  manquent  (et  quelquefois  VI,  VII, 

VIII)  : 

S.  G.  Platynereia  Kbg.  (ind.  Leonlis  K^T.,lphinereit 
Mgr). 

Je  n'ai  pas  faîl  figurer  dans  ce  lableau  les  genres  Nossis 
Kbg.,  Typhtonereis  Haiis.  Norske  NorJb.  exped.,  Phyllone- 
reis  Hans.  Brésil,  trop  Jncomplëlement  connus,  ni  le 
genre  Heieronereis  OErsI.  Kbg.  Mgr.  qu'il  faut  entièrement 
supprimer,  cbaque  forme  Hétéronéréidiennc  devant  être 
ramenée  dans  le  genre  auquel  appartient  sa  forme  Néréi- 
dienne,  ce  qui  sera  facile,  comme  le  remarque  justement 
Ilorst,  avec  la  classification  par  les  paragnalhes. 

Les  genres  Hedyle  Mgr.  et  Naumachiiis  Kbg.  avaient  été 
établis  pour  des  formes  (Iéléronéréidie;ines  appartenant  au 
genre  Peiinereii  et  le  genre  Ip/iinereis  Mgr.  pour  une 
forme  Uétéronéréidienne  du  sous-genre  Platynereis.  J'ai  dû 
modifier  la  diagnose  du  sous-genre  Eunereis  faite  par  Malm- 
gren  pour  la  forme  Hétéronéréidienne  de  VEuneretx  long'ts- 
sima  Jobnst. 

Le  genre  Perhiereis  a  la  priorité  sur  le  genre  Lipephiie 
Mgr.  et  le  genre  Platynereia  sur  le  genre  Leonlis  Mgr. 

Quant  aux  genres  Prcuithen,  Masliyonereis,  Hediste,  Xerei- 
/cpas,  Thoosa,  Alilla,  Sh'alonice  qui  étaient  fondés  le  f'sur 
(les  différences  peu  importantes  dans  la  forme  des  rames  et 
sur  la  longueur  des  cirres  tentaculaires,  le  f  sur  la  posi- 
tion terminale  du  eirre  dorsal,  le  3""  sur  la  présence  de 
;t  languettes  à  la  rame  dorsale  et  les  4  autres  sur  le  déve- 
loppement plus  ou  moins  grand  de  la  partie  supérieure  de  la 
rame  dorsale  et  de  la  languette  dorsale  supérieure,  je  Icis 
ai  versés  dans  les  genres  ou  sous-genres  que  leur  attribuent 
leurs  paragnalhes. 

De  nolnl)reu^  Lycuridiens  sont  trop  imparfailcinent  décrits 
pour  être  dislt'iluiés  avec  certitude  dans  les  genres  et  sou^- 
genrcs  tels  qu'ils  sont  établis  ci-dessus.   Mais  même  pour 


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AIS.NÉLIUES   POLVCHÈTES   DBS    COTES   DE    FRANCE.         287 

ceux  qui  semblent  suflîsamincnl  éludiés,  it  y  en  a  pluiïieurs 
qui  y  trouveraient  difficilement  place. 

Ce  sonl  par  exemple  la  Nereis  artiarlata  Ehl.  Florida, 
contre-partie  des  Ceratonereis  qui  a  une  ceinture  de  para- 
gnathes  en  cône  oblns  h  peine  colorés  à  la  partie  basilaire 
dorsale  el  ventrale  et  en  manque  à  la  partie  maxillaire; 
la  Nereit  citlveri  Websl.  New-Jersey,  plus  rapprochée  du 
genre  Tylorrynchus  que  d'un  autre  genre,  ayant  des  touffes 
do  papilles  sur  le  bord  de  la  région  maxillaire  dorsale  el 
ventrale  et  5  mamelons  calleux  à  la  région  basilaire  ventrale. 
Il  \  aurail  encore  :  la  Nereis  tridentata  Webst.  New-Jersey, 
qui  a  en  tout  3  paragnathes  cornés  à  la  partie  basilaire  ven- 
trale (Vil  et  VIll)  ;  la  N.  debiiis  Gr.  OErst.  qui  n'a  que  les 
2  groupes  latéraux  de  la  partie  maxillaire  dorsale  (11)  ;  la 
iV.  Ehlerxiana  Gr.  Semper.,  à  laquelle  manquenl  les  groupes  1, 
V,  VI  ;  ]a.jy. /lavipes  Ehl.  qui  n'a  ni  le  groupe  IIÏ  ni  le  groupe 
V;  la  iV./p/»/M  Websl.  elBenedict,  Provincetown,  qui  manque 
des  groupes  1  et  VI;  enfinlaiV.î^no/aQfg.  qui  est  très  voisine 
de  la  N.  arlkulata  et  n'a  pas  de  paragnathes  à  la  partie 
maxillaire,  mais  seulement  les  groupes  de  la  partie  basilaire 
au  complet.  Ces  6  espèces  appartiennent  toutes  au  genre 
Mereis  et  il  faudrait  soit  ea  faire  de  nouveaux  sous-genres  de 
ce  genre,  soit  les  verser  dans  des  sous-genres  dV^jà  existants 
en  en  modiGant  la  diagnose  comme  Kinberg  l'a  fait  pour  le 
sous-genre  Platynerein  dont  les  espèces  manquent  en  général 
des  groupes  1,  11,  V,  el  qu'il  n'a  pas  voulu  scinder  en  deux 
pour  quelques  autres  espèces  non  décrites  auxquelles  man- 
quent en  plus  les  groupes  V(,  VII,  VIll  (1  ). 

Les  copépodes  parasites  de  Lycoridiens  sont  peu  nom- 
breux.Ce  sont  :  i*  l&Ncreirola  ovala  Kef.  (2),  dont  Keferstein 
n'a  vu  que  la  femelle  et  dont  M.  Inlosh  (3)  a  probablement 

(r  [l  faudrait  peut-Olre  encore  élargir  ce  sous-genre  pour  la  Plalynereis 
Afafurensis  Me  Int.  «  Challenger  "  qui  manque  des  groupes  I,  II,  III.  V. 

i;3) Keferstein,  Vber einm  neucn  Sckmaroticrkrebse  [Nerekola  ovata  Kef.)  von 
eintr  Anntnde\leitt.(ùrWm.looL,\..  XII,  1862, p. 461. et  pi.  XLII,  flg.  1-4). 

i'3j  Hc  Inlosh,  fiole  on  a  Cmstacean  parasite  of  Sefcis  cultrifrra  {Quart, 
mirros.  Joutn.,  janvier  1810.  p.  35,  et  pi.  V). 


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288  I 

rencontré  aussi  le  mftle  ;  2°  la  Nereidicola  bipartita  <îr. 
(femelle  seulement)  {\).  Ces  deux  espèces  n'ont  été  observées 
que  chez  la  Perinereû  cK/^rf/fra  à  la  base  des  pieds.  Je  ne 
les  y  ai  jamais  trouvées. 


Genre  NEREISCuv. 

Socs-GBSBE  NEANTHES  Kbg.  {/ne/.  ALITTA  Kbg.  Mgr.,  HEDISTE 
Mgr.  p.p.)  char,  emend. 

Paragnalhes  cornés,  coniques,  séparéâ  dont  tous  \es 
groupes  sont  au  complet. 

NbAMTRER   PERBtEni   N.   S. 

PI.  XV,  fig.  m-ii. 

Plusieurs  exemplaires  retirés  du  sable  vaseux  {i  Viller- 
ville  et  un  exemplaire  incomplet  en  mauvais  étal  venant  de 
Villers. 

Le  corps  composé  de  124  segments,  long  de  II  centimètres 
sur  9  millimètres  de  large  en  avant,  rames  comprises,  va 
en  diminuant  progressivement  de  largeur  et  en  s'aplatissant 
en  arrière. 

La  télé,  les  palpes  et  la  partie  antérieure  du  corps  jus- 
qu'au 40"'  segment  environ  sont,  comme  chez  la  N  trei 
paraiielogramma  Clpd.  (i)  [N.  faha  Q(g.),  colorés  en  brun 
verdàtre  bronzé  parsemé  de  points  blancs  asser.  indistincts. 

La  partie  postérieure  est,  sur  les  côtés,  simplement  colorée 
en  rouge  par  le  sang  qui  afflue  surtout  dans  les  languettes 
supérieures  des  pieds. 

La  tête  (lig.  69)  qui  s'amincit  en  avant,  devenant  un  peu 
rectangulaire,  a  î  longs  palpes  ovoïdes  qui  dominent  les 

(1)  Grube,  Mi((A.  iibei-  St-Vaast-la-Houyue  und  sHnc  Mcerti.besondtrs  teint 
Anntl.  fauna  (Abhand.  der  Schlet.  Goeth.,  1868-60,  p.  123,  el  pi.  Il,  fig.  S!. 

(2)  Annit.  du  golfe  de  Naples,  pi.  X,  iïg.  i. 


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ANNËLIDES    POLYCHÈTES  DES   COTES   DE    FRANCE.  389 

2  peliles  antennes  Trontales.  Les  4  yeux  disposés  en  trapèze 
sont  de  dimension  moyenne. 

Comme  cliez  ies  autres  Lycoridîens,  les  8  cirres  tentacu- 
laires  sont  rt^partis  en  deux  paires  de  chaque  côté  de  la 
tète,  la  paire  antérieure  plus  courte  sur  un  pli  antérieur  du 
segment  buccal  qu'on  peut  regarder  comme  un  petit  seg- 
ment fusionné  et  la  paire  postérieure  plus  longue  sur  le 
segment  buccal  achète  proprement  dit  qui  est  à  peine  plus 
haul  que  les  suivants.  A  la  paire  postérieure  des  cirres  ten- 
laculaires,  il  y  en  a  un  plus  long  que  l'autre  (S""),  attei- 
gnant, rabattu  sur  le  dos,  le?"*  segment  séU gère. 

La  rame  dorsale  des  2  1"'  segments  séligères  a  une  seule 
languette  plus  longue  que  le  cirre  dorsal  et  manque  d'aci- 
cule  et  de  soies.  A  la  rame  ventrale,  il  y  a  un  acicule  noir  et 
i  faisceaux  de  soies  composés  chacun  de  soies  en  arêle 
homogomphe  et  en  serpe  hétérogomphe  sortant  entre 
t  lèvres  pointues  aussi  longues  que  la  languette  ventrale  qui 
est  suivie  d'un  cirre  ventral  plus  court  qu'elle. 

Les  pieds  suivants  (fig.  70)  ont  un  cirre  dorsal  dépassant 
à  peine  la  languette  supérieure  de  la  rame  dorsale  qui  est 
suivie  d'une  languette  beaucoup  plus  petite  au-dessous  de 
laquelle  sort  un  faisceau  de  soies  en  arête  homogomphe  (1), 
accompagné  d'un  acicule  noir  (il  y  en  a  quelquefois  2  dans 
les  segments  antérieurs),  et  enfin  d'une  languette  inférieure 
presque  aussi  grosse  que  la  supérieure.  Ces  3  languettes  de 
la  rame  supérieure  sont  triangulaires.  La  rame  inférieure, 
qui  fait  suite.a  2  faisceaux  de  soies  :  les  supérieures,  eu 
arête  homogomphe  avec  2  ou  3  soies  (fîg.  71)  en  serpe  hété- 
rogomphe mince  et  allongée,  qui  me  paraissent  manquer  aux 
segments  antérieurs;  les  inférieures,  en  arête  hétérogomphe 
et  en  serpe  hélérogompbe.  Ces  2  faisceaux  sortent  entre  une 
lèvre  supérieure  obtuse  et  une  lèvre  inférieure  plus  pointue, 

(l|  Celle  languette  qu'on  retrouve  chez  plusieurs  espèces  de  Lycoridiens, 
pour  lesquels  Matmgren  voulut  élabltr  te  genre  Hediale,  me  parait  être 
plutôt  une  lèvre  triangulaire  comme  celle  de  la  rame  ventrale.  Elle  est 
plar^c  juste  au-dessous  d'une  lèvre  beaucoup  plus  courte  à  bords  arrondis, 
et  les  soies  sortent  entre  les  deui. 

ANN.   se.   NAT.    ZOOL.  V,    19 


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290  DB  HAinii^osEpa. 

un  peu  moins  haute,  et  sont  accompagnés  d'un  acicule  noir 
(il  y  en  a  quelquefois  2  ou  3  dans  les  segments  antérieurs). 
La  languette  ventrale,  plus  cylindrique  que  la  languette 
supérieure  dorsale,  mais  se  terminant  aussi  en  pointe,  est 
suivie  d'un  cirre  ventral  moins  long  qu'elle. 

Cette  disposition  persiste  jusqu'au  SB""  segment  environ. 
Alors  la  partie  dorsale  de  la  rame  supérieure  et  la  languetle 
supérieure  commencent  à  prendre  un  développement  qui  ne 
fait  que  s'accentuer  peu  à  peu.  Le  cirre  dorsal  est  comme 
poussé  en  avant  et  dépasse  davantage  la  languetle  (fig.  73). 
Le  tout  Terme  une  haute  languette  fmissant  en  pointe  et  par- 
courue par  2  gros  vaisseaux,  l'un  dans  la  partie  dorsale  de 
la  rame  et  l'autre  dans  la  languette  proprement  dite.  Ils  se 
réunissent  au-dessous  du  cirre  dorsal,  communiquent  ensem- 
ble par  des  anses  transversales  et  alimentent  tout  le  long  de 
leur  trajet  un  réseau  capillaire  très  riche  qui  sert  à  la  res- 
piration. Vers  le  lOO"'  segment  et  jusqu'à  la  fin  du  corps,  le 
cirre  dorsal  est  poussé  presque  jusqu'à  l'extrémité  de  la  lan- 
guette (fig.  73),  sans  être  cependant  tout  à  fait  terminal.  A 
mesure  que  la  languetle  supérieure  dorsale  se  développe 
ainsi,  la  2''  languette  (lèvre)  décroît  et  diminue  peu  à  peu 
d'importance  et  disparaît.  Itien  ne  change  à  la  S^'languelie 
dorsale  ni  à  la  languette  ventrale,  mais  elles  sont  parcourues 
par  un  plus  grand  nombre  de  vaisseaux  recourbés  en  anse. 
La  lèvre  supérieure  de  la  rame  ventrale  depuis  le  40"'  seg- 
ment est  devenue  plus  pointue  et  est  légèrement  dépassée 
pas  la  lèvre  inférieure,  ce  qui  ne  fait  que  s'accentuer  plus 
ioin.  Les  languettes  supérieures  dorsales  larges  et  plates  se 
recouvrent  les  unes  les  autres  à  la  lin  du  corps  comme  des 
cirres  dorsaux  de  Phyllodociens. 

Le  segment  anal,  aussi  long  que  lesS  segmenis  anleanaux. 
-se  termine  par  uu  anus  dorsal  et  :f  cirres  anaux  longs  de 
3  millimètres.  Chez  un  exemplaire,  Il  y  a  du  côté  dorsal,  de 
chaque  côté  de  l'anus,  4  fiUiments  minces  de  l**".')  de  long 
(lîg.  74)  qui  ne  ressemblent  en  rien  aux  cxcums  plus 
épais  et  moins  longs  qui  entourent  l'anus  dans  la   forme 


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ANNÉLIDES    POLTCBËTES  DES   COTES   DE   FRANCE.         291 

béléronéréidjeane  mftie  de    la   plupart    des    Lycor:diens. 

Les  mftchojres  d'un  jaune  ambré  ont  4  à  5  deats  à  la 
partie  basilaire  dorsale  (fig.  75)de  la  trompe  exlroversée,  les 
i  groupes  laléraux  de  paragnalhes  (VI)  sont  composés  de 
C  à  7  paragnathes  entourant  un  paragnathe  central  ;  le 
groupe  médian  (V)  est  de  2  ou  3.  A  la  partie  maxillaire  dor- 
sale, il  yen  a  2  groupes  latéraux  (II)  de  iù  en  rangée  obli- 
que et  un  médian  (I)  de  3  superposés.  A  la  partie  basilaire 
ventrale  (fig.  77)  les  groupes  VII  et  VIII  fusionnés  forment 
une  triple  ceinture  à  rangs  peu  serrés.  Ala  partie  maxillaire  , 
ventrale,  les  2  groupes  latéraux  (IV)  se  composent  chacun 
de  23  à  2i  paragnalhes  en  rangées  obliques  cl  le  groupe 
médian  (III)  de  20  h  30  disposés  en  rectangle.  Tous  ces  para- 
gnathes sont  coniques,  noirs  et  bien  séparés  les  uns  des 
autres;  les  plus  gros  ont  0'"°,096  de  haut  (fig.  77).  Aucun  des 
exemplaires  n'a  d'éléments  sexuels  et  je  ne  trouve  pas  la 
forme  bétéronéréidienne.  Les  muscles  longitudinaux  ven- 
traux se  composent  de  3  faisceaux  comme  chez  VEunereis 
longissima  (voir  pi.  IV,  fig,  97). 

L'espèce  qui  vient  d'être  décrite  fait  partie  du  groupe  de 
Lycoridiens  établi  par  Qualrefages  et  Ehlers,  chez  lesquels 
la  partie  supérieure  de  la  rame  dorsale  et  la  languette  supé- 
rieure plus  ou  moins  fusionnées  ensemble  se  développent  en 
une  large  palette  aplatie.  Mais  faut-il  maintenir  ce  groupe 
pour  lequel  on  a  créé  les  genres  Alitta,  Thoosa,  Mastigo- 
nereis,  Nereiiepas,  Stratonicel  Nous  avons  déjà  dit  plus 
baul  pourquoi  nous  ne  le  pensions  pas.  Notre  espèce  sérail 
à  la  fois  une  Hediste  Mgr.  puisqu'elle  a  3  languettes  à  la 
rame  supérieure  et  une  Stralonice  Mgr.  puisqu'elle  a  une 
languette  supérieure  dorsale  qui  devient  peu  à  peu  foliacée. 
Il  en  serait  de  même  de  la  Nereis  Marionii  Aud.  et  Edw.,  de 
la  iV.  caudata  D.  Ch.,  de  la  N.  succinea  Leuck.,  de  la  N.  ia- 
mellosa  Ehl.,  de  la  JV.  oxypodn  Von  Marenz.  (I).  Mais  le 
genre  Hedhtene  doit  pas  être  conservé,  ni  le  genre  Slr/ito- 

(1)  La  Hareis  putsatoria  Aud.  el  Ëdw.  qui  est  une  Htanlhes  est  sussi  une 
Utdisle,  mois  n'a  pas  de  languette  dorsale  foliacée. 


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292  1 

nice,  pas  plus  que  les  autres  du  grand  groupe  dont  uous 
avons  parlé.  Alors  chacune  des  espèces  faisant  partie  de  ce 
groupe  serait  versée  dans  le  genre  que  lui  assigneraient  la 
forme  et  la  répartition  de  ses  paragnatlies.  Pour  ne  parler 
que  des  plus  connues,  la  N.  Marionii,  la  N.  Stimjaoni  Gr. 
IS'ovare,  la  N.  matropus  Clpd.,  la  iV.  ferox  Hans.,  la  iV.  me- 
lanocephala  Me.  Int.  «Challenger  »,  laiV.  Oliveirx  Honi,  qui 
ont  des  paragnathes  allongés  transversaux  à  la  partie  basi- 
laire  dorsale  de  la  trompe,  appartiendraient  au  genre  Péri' 
nereis  Kbg.  ;  la  N.  fucata  Sav.,  la  N.  vexiilosa  Gr.,  chez 
lesquelles  manque  le  groupe  médian  basilaire  dorsal  (V), 
rentreraient  dans  le  sous-genre  Nereis  s.  sir.  Kbg.  Quant  à 
notre  espèce,  comme  la  JV.  caudata,  la  JV.  virens  Sars,  la 
JV.  succinea,  la  N.  lameUosa,  la  N.  Brandti  Mgr.,  la  JV.  lim- 
bata  Ehl.,  la  N.  Verriliii  Gr.  Seœper.,  la  N.  oxypoda,  qui 
ont  aussi  tous  leurs  groupes  de  paragnathes  coniques  au 
complet,  elle  serait  versée  avec  ces  espèces  dans  le  sous- 
genre  Neanthes  Kbg.  {incl.  Alitia  Kbg.  Mgr.)  tel  que  je  l'ai 
modifié  en  ne  tenant  compte  ni  de  la  forme  et  de  la  distri- 
bution des  soies,  ni  du  changement  de  la  forme  des  pieds, 
qui  seraient  des  caractères  spécifiques. 

La  Neanthes  Perrierî  dilfère  de  la  Neanthes  virens,  de  la 
N.  Brandti  et  la  N.  oxypoda  qui  ont  de  grosses  languettes 
supérieuresdépassant  beaucoup  te  cirre  dorsal  et  des  soies  en 
arftte  seulement,  de  la  Neanthes  limhataqai  a  les  cirres  dor- 
saux plus  courts,  du  moins  d'après  Ehlers,  et  des  dents  plus 
nombreuses  &  la  mftchoire,  de  la  Neant/ws  caudata  qui  a 
des  soies  en  serpe  mêlées  partout  dans  les  2  rames  aux  soies 
en  arête,  et  des  paragnathes  disposés  d'une  manière  diffé- 
rente, à  la  partie  basilaire  dorsale  et  ventrale,  de  la  Neanthes 
Verriliii  qui  n'a  que  des  soies  en  arête  boniogomphe,  de  la 
Neanthes  succinea  qui  a  des  cirres  teolaculaires  plus  courts, 
des  dents  plus  nombreuses  à  la  mâchoire,  ot  moins  de  seg- 
ments, de  la  Neanthes  lamellosa  qui,  outre  les  mêmes  diffé 
rences,  a  des  soies  en  serpe  mêlées  aux  soies  en  arête  à  la 
rame  supérieure  des  segments  poslêrieurs. 


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ANNÉLIDES  POLYCHÈTES  DES  COTES  DE  FRANCE.    293 


Sotis-GBNRB  NEREIS  S.  sir.  Kbg.  {incl.  MASTIGONEREIS  (Schmarda) 
Kbg.,  THOOSA  Kbg.,  NBHEILEPAS  (BW.)  sernu  Kbg.,  NEREU 
LEPAS  (BIt.)  seiwu  Johnst.  Mgr.,  nec  CErsL,  nec  Qfg.,  nec  Kbg. 
p.  p.,  NEREIS  Mgr.,  HEDISTE  Mgr.  p.  p.,  PRAXITHEA  Mgr.). 

NeHEIS   PELAGICA    L.   (I). 

.NiDEiS  rnaahA  Ehl.  Langertians,  Die  Wurmfaima  von  lladeim  (Ztilt.  fur  WUt. 
Zool.,  Il»'  Dcilrag,  t.  MXIII.  ISiS,  p.  nh,  et  pi.  XV,  fl^.  3(). 
—         —        Si-Joseph,  Annit.  potych.  des  c6Ua  de  Dinard,  ï"*  ptriie  {Ann, 
da  K.  nat.,  I—  série,  t.  V,  1888,  p.  Î6G,  et  pl.  XI.  flg.  I3Î). 
*  —         —        Eblera,  Dit  BorsIenvÛTiner,  p.  557,  et  pl.  XXIil,  Ùg.  I. 

Dans  la  descriptioo  que  j'ai  donnée  de  la  N.  pelagka^ 
d'après  des  matériaux  tout  à  Tait  iosulïisants  et  que  je  ne 
fais  que  compléter  ici,  j'ai  omis  d'Indiquer  un  caractère 
importanl.  J'ai  pu  le  constater  depuis  sur  de  nombreux 
exemplaires  que  j'ai  trouvés  à  Villervlile  et  au  Croisic,  sur 
d'autres  que  M.  Adrien  Dollfus  m'a  rapportés  de  Villerset 
du  Havre  dans  l'alcool,  que 'M.  Matard  m'a  envoyés  de 
Sainl-Vaasl  elenfin  sur  les  exemplaires  du  Groenland  faisant 
partie  de  la  collection  du  Muséum,  dont  celui  de  Steenslrup 
qui  a  20  centimètres  de  long  sur  i  cenlimètre  de  large.  A 
partir  du  23"'  à  25"'  segment,  il  se  montre  à  la  rame  dor- 
sale une  soie  homogomphe  dont  l'article  terminal  est  une 
dent  obtuse  d'un  jaune  Foncé  que  j'ai  déjà  figurée  vue  de 
face  (2)  et  qui,  examinée  de  côté,  paraît  moins  épaisse  et 
montre  4  ou  5  cils  qu'on  n'aperçoit  qu'avec  de  forts  gros- 
sissements. Une  2°"*  soie  semblable  vient  se  joindre  à  la  i" 
dès  le  2o"°  à  27"°°  segmeni,  puis  il  y  en  a  3  ou  4  en  tout  et 
on  en  observe  jusqu'à  5  chez  les  exemplaires  du  Groenland. 
A  côté  de  ces  soies,  il  en  persiste  encore  quelques-unes  en 
arête  homogomphe  dans  les  4  segments  qui  suivent  celui  où 
elles  ont  apparu,  puis  elles  restent  seules  jusqu'à  la  fm  du 
corps. 

(1)  Voir  Annél.  polyeh.  des  côtes  de  Dinard,  i"'  partie  (Ann.  des  se.  nat. 
7—  série,  (.  XX,  1895,  p.  221.  et  pl.  XIII.  (ig.  WJ. 

(2)  Lût.  cit.,  2<"  partie,  ISUi,  pl.  XI,  fig.  132. 


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294  nv.  SAiNT-4osepn. 

Les  animaux  du  Croisic  provenant  du  sable  soil  de  l'Esta- 
cade,  soit'du  Plateau  du  Four,  sont  colorés  en  rouge  brun 
diffus  peu  accentué  et  ont  en  général  60  k  80  millimètres 
de  long  sur  4  à  5  millimètres  de  large,  rames  comprises.  Tous 
ont,  comme  ceux  de  Saint- Vaasl,  2  paragnathes  superposés 
au  groupe  médian  (I)  de  la  partie  maxillaire  dorsale  de  la 
(rompe.  Sur  ceux  de  Villers  et  du  Havre,  longs  de  30  à 
75  miliimëlres  sur  3  à  5  millimètres  de  large,  rames 
comprises,  le  nombre  en  est  de  1,  2  ou  3  et  quelquefois, 
mais  rarement,  le  groupe  manque,  ce  qui  arrive  plutôt  chez 
les  jeunes. 

Les  autres  paragnathes  sont  ainsi  distribués  à  la  trompe  : 
Partie  basilalre  dorsale  :  4  à  8  de  chaque  côté  (VI);  le 
groupe  V  manque.  Maxillaire  dorsale  :  8  à  12  de  chaque 
côté  en  rangées  obliques  (H).  Partie  basilRire  ventrale  :  B  k 
9  gros  paragnathes  en  1"  ligne  formant  ceintura  suivis  d'un 
pavé  irrégulier  de  très  petits  atteignant  quelquefois  jus- 
qu'au nombre  de  200  ou  250"  (VII  et  VIII).  Maxillaire  ven- 
trale :  15  à  24  de  chaque  côté  en  rangées  obliques  (IV)  et 
groupe  médian  (III)  de  16  à  20  en  rangées  transversales 
superposées  formant  rectangle. 

Les  cirres  tentaculaires  les  plus  longs  recouvrent  les 
4  1°"  segments.  Dans  le  dernier  tiers  du  corps,  la  rame 
ventrale  devient  moins  saillante  que  la  rame  dorsale  ;  le  cirre 
dorsal  (^"iSO  de  loug)  et  le  cirre  ventral  (0"",65  de  long), 
ce  dernier  dépassant  légèrement  la  rame  ventrale,  sont 
plus  longs  que  dans  la  partie  antérieure  du  corps,  mais 
moins  que  je  ne  Fai  indiqué  pour  l'exemplaire  unique 
de  1895  où  cette  proportion  était  exceptionnellement  plus 
grande. 

Maintenant  que  la  présence  des  soies  particulières  à  arti- 
cle en  forme  de  dent  massive  est  constatée  chez  la  N.  pela- 
yka,  il  est  certain  qu'elle  ne  diffère  pas  des  jeunes  Nereit 
jtrorera  que  Langerhans  et  moi  avions  décrites  et  qu'il  y  a 
concordance  sur  tous  les  points.  Quant  k  la  Nereis  proféra 
d'Ehlers,  chez  laqucllt^  il  avait  observé  pour  la  1"  fois  cette 


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ANNÉLIDES    POLYCHËTES    DBS    COTES    DE    FRAItCE.  l^OS 

soie  parlir.ulière  encore  inconnue  chez  la  N.  pelagica,  il  est 
assez  probable  que  c'est  une  iV.  pelagica  de  grande  taille, 
(juoiqu'il  y  ait  quelques  différences  :  les  palpes  semblent 
plus  courts,  les  cirres  tenlaculaires  plus  longs,  les  soies  en 
serpe  hélérogomphe  plus  longues  dans  les  segments  anté- 
rieurs; le  groupe  médian  dorsal  (Ij  manque;  mais  il  a  été 
dit  plus  haut  qu'il  en  était  quelquefois  de  même  chez  la 
iV.  pelagica  et  Langerhans  le  remarque  aussi  chez  les 
jeunes. 

A  rénumération  que  j'ai  donnée  des  mers  habitées  par  la 
N.  pelagica  W  Faut  ajouter  la  mer  du  Japon  et  le  détroit  de 
Davis. 

NeHBIS   DIVEHSICOLOIl  O.-F.   Mull.  {!). 

Nrhem  DiVERStcoLon  ifa\Scbii\tze,UeberdieEnlV!icMungvonArenicolapiicalorum 
nelitt  Bemerk.  Uberdie  Enltc.  atidcrer  Kiemenwarmtr.  Halle 
in-4,  ISS6,  p.  3. 

—  —  Qualrerag«s,  Hi»l.  nat.  de»  Anntl.,  t.  I,  p.  308. 

—  —  Voii  Marenzeller,  Zur  Kennl.  der  Adriat.  Annel.  {SiUh.  der 

k.  Akad.  der  Wiis.  lu  Wien,  t.  LX1X,  1871.  p.  60.  S.-A., 
et  pi.  V[[,  fig.  3).  —  Sadjapanische  Annel.  IDenii.  der  k. 
Akad.  dei-  WU>.  zu  Wien,  l.  XL).  1879,  p.  1*.  S.-A.). 

—  —  Levinaen,  S'/sl.   qeogr.   Overiigt  ovtr  de  Nordifka  Annul. 

..  Vi'Ieiat.  MeddeU.  fur  IgNI.  CopenliBKue,  I8S3,  p.  236). 

—  —  Schriider,  AnaloiHiscii-/iislolo/ii'che  Untersvchang  von  Herrit 

diversicolor.  Hathciiow.  1886,  ID-S. 

—  —  Mcndthal,  Vninnucliuifi'-rt  liher die  Moltutlien  ui\d  Annetiden 

det  frist-hen  llaffi  :  IV,  aher  die  CetchUeliUvei-haUnisse 
der  N.   dxversicolor .  KOnIgsberg,  1889,  in-4,  p.    8,  et  pi. 
fin.  LX. 
HmiiïTe  —  Molmureti,  Ann.  potych.,  p.  165,  et  pi.  V,  Br-  Ï8. 

—  —  Malaquio,  tes  Anail.  jinli/i-h.  dts  cilei  du  Houlortnain  IHeviie 

biol.  du  Nord  de  la  France,  t.  Il,  1889-90.  Tirage  à  part, 
p.  ai). 
_  _  Giard,   l.r  Inboraloirf  de   Wirnereiix.  Rerherrlies  faunique». 

(Bull,  acifnt.  de  la  France  et  de  lu  Belgique,  t.  XXII,  IS90, 
p.  37i). 


Trouvée  au  Croisic  dans  le  sable  non  loin  des  marais 
salants  dans  ie  Grand  Trait.  Lt;  corps  est  coloré  en  vert 

[I)  Die  buntf  Xereidt,  O.-F,  Millier,  Von  Wiirmem  d«  srtssen  uni*  nitlûgen 
Wanscrs.  ('Atpenhefae,  1771.  in-4,  p,  IC4,  pI  pi.  VI.  —  Voir  la  hibliographie 
dans  Ehlers,  bit  Horstenwiirmer,  p.  oj4,  et  y  ajouter  le»  ouvrages  indiqués 
ci-dessous. 


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296  DE  «AMT-JrOSEPH. 

sale  UD  peu  mélangé  de  brun.  Quelquefois  il  y  a  1  raie 
brune  longitudinale  peu  accusée  de  chaque  côlé  de  la 
ligne  médiane  dorsale.  Un  exemplaire  femelle  avec  des 
œufs  a  5  cenlimèlres  de  long  et  95  segments  séligères. 
M.  le  professeur  Henneguy  a  bien  voulu  m'en  remelire 
plusieurs  qu'il  a  ramassés  dans  les  marais  salanls  (1  )  et 
qui  sont  colorés  en  brun  rouge  difTus  aves  1  bandes  lon- 
gitudinales plus  foncées. 

J'examine  aussi  2  exemplaires  dans  l'alcool  :  l'un  de 
89  segments  séligères  venant  de  Sainl-Vaast,  communi- 
qué par  M.  Malard,  mesurant  8  centimètres  de  long  sur 
6  millimètres  de  large  en  avant,  avec  la  plus  longue  paire 
de  tentacules  atteignant  le  T°  segment  sétigère  et  des  rirres 
anaux  de  2",^  de  long,  femelle  mûre  contenant  des  œufs 
de  0",14  de  diamètre;  l'autre  de  112  segments  séligères, 
communiqué  par  M.  Adrien  Dollfus,  venant  de  Vilters, 
de  tO  centimètres  de  long  sur  6'",5  en  avant,  avec  le  plus 
long  tentacule  atteignant  le  5°"  segment  sétigëre  et  des  cirres 
anaux  de  3",60  de  long. 

La  tête,  teintée  par  2  bandes  longitudinales  parallèles 
d'un  rouge  brun,  plus  large  que  haute  avec  les  â  anlenncs 
plus  courtes  que  les  palpes  et  4  yeux  disposés  en  trapèze, 
est  exactement  figurée  par  Ehlers  {/or  cit.,  pi.  XXII,  fig.  5). 
Le  segment  buccal  est  une  fois  et  demie  plus  haut  que  1e<; 
suivants.  Les  m&choires  ont  8  dents  dont  les  deux  plus 
basses  sont  encastrées  dans  une  lame  chilineuse. 

Ces  exemplaires  ont  les  groupes  de  paragnalhes  dis- 
posés comme  les  figure  blhlers  (2).  A  la  partie  ïasilaire  dor- 
sale les  2  groupes  latéraux  (VI)  se  composent  de  0  para- 
gnalhes à  gauche  et  de  5  à  droite  chez  l'exemplaire  de 
Villers,  de  5  à  gauche  et  de  2  adroite  chez  celui  de  Sainl- 
Vaast  et  de  4  àgauche  et  3  à  droile  chez  un  de  ceux  du  Croisic; 
à  tous  le  groupe  médian  (Y)  manque.  A  la  partie  maxil- 

(1)  La  N.  diversieotoT  s'accommode  donc  bien  &ux  différenU  degrés  de 
MUure  de  l'eau. 

(2)  Loc.  at.,  pi.  XXII,  «g.  6. 


wGoo^le 


ANNËLIDES  POLYCHÈTES  DES  COTES  DE  FRANCE.    297 

taire  dorsale,  il  y  a  aux  i  groupes  latéraux  (II),  6  pa- 
ragnathes  en  rangée  oblique  de  chaque  côté  et  2  paragna- 
thes  isolés  superposés  au  groupe  médian  (I)  (Villers),  11  à 
gauche  et  7  à  droite  en  carré  et  1  seul  paragnathe  médian 
(Sninl-Vaast),  10  &  gauche  et  9  à  droite  eu  rangées  obliques 
et  1  ou  2  médians  (Le  Croisic).  A  la  partie  basilaire  ventrale, 
les  groupes  VII  et  VIII  fusionnés  forment  une  double  ou 
triple  ceinture  de  petils  paragnathes  précédée  de  quelques 
paragnalhes  plus  gros  isolés.  Il  y  en  a  15  gros  de  i"  rang  et 
25  petits  de  2*°°  rang  (Le  Croisic).  A  la  partie  maxillaire 
ventrale  les  2  groupes  latéraux  (IV)  se  composent  de 
16  paragnathes  à  gaucbe  et  14  à  droite  en  rangées  obli- 
ques et  le  groupe  médiaa  (III),  de  30  disposés  en  rectangle 
sur  plusieurs  rangées  (Villers).  de  17  paragnatbes  de 
chaque  côté  et  de  13  médians  (Saint-VaasI),  de  17  à  gauche, 
19  à  droite  et  24  médians  (Le  Croisic).  La  disposition  des 
paragnathes  est  presque  entièrement  semblable  à  celle  de  la 
Nereis  pelagica  L.,  maïs  chez  cette  dernière,  les  para- 
gnathes des  groupes  VII  et  VIII  sont  sensiblement  plus 
nombreux. 

Chaque  pied  (sauf  le  1"  et  le  2"°  qui  n'ont  à  la  rame  dor- 
sale qu'une  seule  languelle  sans  soies  ni  acicule)  a  3  lan- 
guettes h  la  rame  dorsale,  la  2°'  languette  (lèvre  supérieure) 
étant  plus  nette  à  la  partie  antérieure  du  corps  qu'à  la 
fin  où  elle  diminue  beaucoup.  En  dessous  d'elle  il  y  a 
une  lèvre  inférieure  arrondie  au  bord,  mince  et  très  peu 
proéminente,  qui  livre  passage  à  une  partie  du  faisceau  de 
soies  en  arête  homogomphe  ;  le  reste  du  faisceau  sort  entre 
celle  lèvre  mince  et  une  2"  lèvri;  (médiane)  semhlable(fig.  78). 
A  la  rame  ventrale  la  lèvre  inférieure,  oîi  il  y  a  3  acicules, 
est  proéminente  et  cache  une  partie  de  la  lèvre  supérieure. 
Je  la  représente  vue  sur  ses  deux  faces  (fig.  78  el  79), 
mais  à  la  fin  du  corps,  elle  s'arrondit  el  les  2  lèvres  sont  de 
même  taille.  La  languette  de  la  rame  ventrale  est  partout 
moins  longue  que  les  dorsales. 

Malmgren  avait  établi  pour  cette  espèce  le  genre  Hedisle  à 


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298  DE  f«AINT-40SePH. 

cause  des  3  languettes  dorsales,  mais  nous  avons  vu  que  ce 
caractère  assez  Tréqueut  chez  les  Lycoridiens  ne  suffifiail  pas 
pour  créer  un  genre  à  part.  La  iV.  dwerxicolor  chez  laquelle 
manque  le  groupe  de  paragnathes  médian  basilalre  dorsal  (V) 
rentre  bien  dans  le  sous-genre  Nereis  s.  sir.  Kbg. 

Ce  qui  distingue  surtout  cette  espèce,  c'est  que  les 
cirres  dorsaux  et  ventraux  de  très  petite  taille  sont  de 
beaucoup  dépassés  par  les  languettes  auprès  desquelles 
ils  sont  placés,  et  que,  comme  l'a  remarqué  Von  iMaronzeller 
[Sadjapanische  Annel.,^.  H),  !e  faisceau  supérieur  de  la  rame 
inférieure  renferme  de  grosses  soies  particulières  un  peu 
jaunes.  Je  ne  les  observe  que  dans  la  dernière  moitié  du 
corps  (vers  le  45"'  pied  chez  les  exemplaires  du  Croisic). 
Ces  soies  vues  de  côlé  {(ig.  80)  semblent  être  simples;  en  les 
examinant  en  dessous  (lig.  81]  on  s'aperqoit  que  ce  sont  des 
soies  homogomphes  dont  l'article  terminal  est  une  dent  mas- 
sive lisse  ou  très  indistinctement  ciliée,  rappelant  les  soies 
de  la  rame  supérieure  de  la  Nereis  pelagka,  mais  &  pointe 
plus  allongée.  Voici  comment  sont  réparties  les  diverses 
sortes  de  soies:  A  la  rame  supérieure,  soies  en  arête homo- 
gomphe  ;  au  faisceau  supérieur  de  la  rame  inférieure,  soies 
en  arête  bomogompho  et  en  serpe  hélérogomphe;  ces  der- 
nières, dont  la  serpe  est  plus  courte  que  celle  des  soies  de 
même  forme  du  faisceau  inférieur,  font  place  dans  la  der- 
nière moitié  du  corps  aux  soies  parlicnlières  décrites  plus 
haut;  il  n'y  en  a  d'abord  qu'une  mêlée  aux  soies  en  serpe 
liétérogoraphe,  puis  2  et  enlin  3  ;  au  faisceau  inférieur  de 
la  rame  inférieure,  soies  en  arête  hélérogomphe  et  en 
serpe  hélérogomphe,  ces  dernières  assez  nombreuses, 
sauf  à  la  lin  du  corps,  et  à  serpe  mince  et  incolore. 

Dans  la  saison  o\\  j'examine  la  N.  d'wersicolor,  elle  ne 
contient  pas  d'éléments  sexuels.  Je  ne  puis  donc  vérifier  si 
elle  est  hermaphrodite  comme  le  dit  Mendthal. 

Mers  du  Nord.  I*as  de  Calais.  Manche.  Méditerranée. 
Mers  du  Japon. 


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ANNÉLIDES   POLTCHÈTES  DES  COTES  DE   FRANCE.        299 

NeBEIS  IRHORATA  Mgr.  (l). 
PI.  XVI,  ng.  82. 

Trouvée  dans  la  rade  du  Conquet,  au  Croisic  dans  le 
sable  enlre  l'extréroité  de  l'cslacade  et  la  jeîtîe,  et  à  Sainl- 
Jean-de-Luz. 

A  la  rame  dorsale  des  pieds  dans  la  partie  antérieure  du 
corps,  il  y  a  3  languettes  dont  la  2"',  moins  nette  que  chez 
la  yereii  diversirolor,  est  presque  fusionnée  avec  la  3"°  qui 
paraît  alors  bilobée  (fig.  82)elau-dessous  d'elle  il  existe  une 
liîvre  basse  et  arrondie  qui  livre  passage  au  faisceau  de  soies 
en  arête  homogomphe  et  ne  se  prolonge  pas  sous  la 
3"'  languette.  Dans  la  partie  médiane  du  corps,  la  2°'°  lan- 
guette devient  plus  courte  que  la  S™*,  puis  peu  à  peu  elle 
(inît  par  disparaître  comme  l'indique  ma  figure  131  [loc. 
cil.).  A  lîi  rame  ventrale,  les  soies  sortent  enlre  2  lèvres  de 
méine  dimension,  l'inférieure  moins  arrondie  en  avant  que 
la  supérieure. 

J'observe  5  dénis  aux  mjlchoires  d'un  exemplaire  du  Con- 
quet et  10  ficelles  d'un  exemplaire  du  Croisic.  Le  l"a  unpa- 
ragnatbe  médian  (I)  à  la  partie  maxillaire  dorsale  ;  le  2"°  en 
manque.  Voici  quelle  est  la  répartition  et  le  nombre  des 
paragnaUies  chez  un  individu  du  Croisic  :  Partie  basi- 
laire  dorsale  :  10  de  chaque  côté  (VI),  le  groupe  médian  (V) 
manque.  Partie  maxillaire  dorsale  :  9  à  gauche  et  7  i\ 
droite  en  rangées  obliques  (II)  ;  le  groupe  médian  (I)  man- 
que. Partie  basilairc  ventrale  :  11  paragnnlltes  plus  gros 
en  1"  ligne  formant  ceinture  et  38  à  40  plus  pctils  en 
2"'  ligne  (VII  et  VIII).  Partie  maxillaire  ventrale  :  20  à 
gauche  et  à  droite  en  rangées  obliques  (IV);  21  disposés  en 
r*!Clanglcau  milieu  (III).  L'exemplaire  de  Saint-Jean-de-Luz 

(i)  Voir  PraxUhea  irrornta  dans  :  Annél.  polijch.  rfes  côten  de  Dinaril, 
2"  partie  {Ann.  des  se.  nat.,1— série,  L  V,  t»8H.  p.  203,  et  pi.  XI,  fi|î.  Kll) 
el  4*'  partie  [Ihvl.,  t.  .\\,  1895,  p.  2IS  ;  pi.  Ml,  Tig.  33-36,  et  pi.  Mil. 
lig.  37-39). 


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n'a  pas  non  plus  de  paragnalhe  médian  (I)  à  la  partie  maxil- 
laire dorsale. 


Nereis  fucata  Sav.  (I).     - 

Nerbis  FircATA    AuiloiiJD  et  Milne  Edward»,  Reditrcht*  pour  itretr  à  Chitt. 

nal.  du  littoral  de  la  Fronce,  t.  Il,  1834,  p.  I»8. 

—  —        Quatreta<;es,  Hitt.  nal.  dn  Anntl.,  t.  I,  I86&,  p.  StT. 

—  —        Ehlcn,  Die  Baritenwanner.  p.  5)6,  et  pi.  XXI.  flg.  «1-4*. 

—  —        Grube,  Miltk.   aber  Sl-Vaasl-la-Houifiie  und  irine  Meertt. 

besonders  seine  Annelîdrnfuuna  (Abh,  der  Schlet.  iietetU. 
far  ISe8-69,  p.  lUetnC). 

—  —        Levinseo,  Overaigt  over  de  \ord.  Annul.  {Videnak.  Meddel». 

far  18Bt.  Copenhague,  1883.  p.  Ki). 

—  —        Wiren,  Om  en  hot  eremilkrûfloT  Ufoande  Annelid  {Bihang 

un  k.  Sven,.  Vtl.  Akad.  Handl..  t.  XIV.  Stockholm,  ISSU. 
AtJ.  IV,  D"  5,  p.  l-n,  et  pi.  I  à  lll|. 

—  —        p  i!iQi[Li>A  Wir.  Wiren, /oc.  «i(. 

—  BiLiNEATA  JohiiBl.  JohnstOD,  JUijce/toiwo  zoologica  (Ann.  ofSal.  hitt., 

t.  III,  1839,  p.  195,  et  pi.  VI.  fig.  4). 
NtfiEn.iiPAS      FUCATA  JoliD&t.  JobostoD,  Colalogue  of  Orit.  non  paraiH.  Wornu, 
18^9,  p.  lis.  et  pi.  XV,  ùg.  4. 

—  —        Malingrcn,  Annul.  iiolych.,  p.  IG9,  et  pi.  IV,  flg,  1B. 

—  —        MalaquiD.  Quelques  commemauz  du  Bernard  l'Hermileifietite 

biot.  du  Nord  de  It  France,  t.  Il,  1888-90.  Tirage  i  part, 
p.  !).  —  Les  Annél.  polyeh.  de»  ciilet  du  BoulonnaiM  (Ibid., 
Th'fljje  à.  part,  p.  30). 

—  -        Honipll.  ll.;.ort  on  the  Poli/c/:  unnel.  of  Hie  l.  M.   B.  C. 

.lisirict  i3"'  vol.  of  Rei>ort$  upon  Ihe  Faurta  of  Litxrpool 
Bui/.  Uverpool,  I89Î,  p.  I4S). 
—        Couptn,  Vn  ver  commensal  du  Bernai-d  l'Ermite  [La  Salure, 
J"  Bemeatrc  1895,  p.  Î9). 

PI.  XVI,  Hg.  83-87. 

Je  ne  reiiconl repas  celle  jolie  espèce  en  liberlé,  mais  seii- 
k'tnenlen  compagnie  du  Pagiinis  Benihardus  L.  dans  des 
coquilles  de  Buccinum  undaluin  L.,  à  Arcachon,  à  Saint- 
VuasU'lauCroisic.  Wiren  lui  Irouvanl  dans  ce  cas  la  culicule 
beaucoup  plus  mince  el  les  muscles  longitudinaux  1res  pen 
développés  au  moins  dans  le  dernier  tiers  du  corps,  pense 
qu'étant  ninsî  adaptée  ti  celle  vie  casanière,  elle  ne  prend 
pas  la  forme  Hélérouéréidienne,  difTérant  par  là  de  l'espèce 
libre,  el  il  lui  donne  le  nom  de  Nereis  fucata  p  ingvilina. 

Le  corps  est  bordé  de  chaque  côté,  à  la  partie  dorsale, 


(1)  Lycoris  fucata.  Savigny,  Système  des  Annéliiies,  p.  31. 


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ANNËUOES  POLTCQÈTES  DES  COTES  DE  FRANCE.         301 

d'une  large  bande  lougitudinale  d'un  brun  demi-roncé  et 
le  milieu  du  dos  esl  occupé  par  une  bande  blanche  sur 
laquelle  le  vaisseau  dorsal  se  détache  en  rouge.  Celle  bande 
se  prolonge  sur  la  tète  qui  est  brune,  sauf  les  palpes  qui 
sont  blancs.  Les  pieds  aussi  sont  blancs,  mais  les  languettes 
des  2  rames  légèrement  foncées.  Chez  un  exemplaire  du 
Croisic  qui  est  une  Temelle  longue  de  17  cenlimèlres  sur 
10  millimètres  de  large,  rames  comprises,  dans  la  partie  la 
plus  large,  avec  104  segments  en  tout,  la  coloration  dis- 
paraît dans  les  deux  derniers  tiers  du  corps  qui  est  bourré 
d'ceufs  gris.  Un  exemplaire  de  Saint-Vaast  sans  éléments 
sexuels,  la  conserve,  au  contraire,  jusqu'à  l'extrémilé  du 
corps  qui  a  115  segments  et  12  cenlimèlres  de  long  sur 
i",5  de  large,  rames  comprises.  C'est  ce  dernier  que  je 
vais  décrire. 

La  lête,  exactement  figurée  par  Wiren  (1)  avec  4  yeux 
disposés  en  carré,  est  aussi  large  k  la  base  que  haute.  Les 
antennes  et  les  palpes  sont  de  même  longueur  (1",5).  Le 
segment  buccal  est  deux  fois  aussi  haut  que  les  suivants.  La 
paire  de  cirres  tentaculaires  la  plus  longue  atteint  le  5"°  seg- 
ment sétigëre. 

Le  i"  et  le  2°"'  sétigères  ont  k  la  rame  supérieure  qui 
manque  d'acicule  et  de  soies,  une  seule  languette  arrondie 
au  bout,  deux  fois  moins  longue  que  le  cirre  dorsal.  A  la 
rame  ventrale,  entre  les  2  lèvres,  l'une  supérieure  arrondie, 
Paulre  inférieure  triangulaire  et  plus  proémineole,  sorteni, 
accompagnés  d'un  acicule  noir,  2  faisceaux  de  soies,  le 
supérieur  composé  de  soies  en  arête  homogomphe  et  en 
serpe  courte  et  massive  hétérogomphe,  et  l'inférieur  de 
soies  en  arête  homogomphe  et  en  serpe  longue  et  amincie 
hétérogomphe,  puis  vient  la  languette  ventrale  cylindrique  et 
le  cirre  ventral  un  peu  moins  long  qu'elle  (fig.  83). 

Les  pieds  suivants  ont  à  la  rame  dorsale  un  cirre  dorsal 
plus  long  que  lu  languette  supérieure  qui  devient  plus  triangu - 

(1)  Loc.  cit.,  pi.  1,  flg.  2. 


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302  DE  SAII 

laire  vers  le  milieu  du  corps  et  qui  est  suivie  de  la  languette 
inférieure  beaucoup  plus  petite  et  se  rapprochant  de  la 
forme  cylindrique.  Un  faisceau  de  soies  en  arête  homo- 
gomphe  accompagné  d'un  acicule  noir  sort  entre  les  deux. 
A  la  rame  ventrale  où  on  retrouve  aussi  un  acicule,  les 
2  lèvres  de  même  forme  qu'aux  i  V"  segments  laissent 
passer  un  faisceau  de  soies  supérieures  en  arête  homo- 
gompbe  avec  2  ou  3  soies  en  serpe  hélérugomphe  courte, 
et  un  faisceau  inférieur  de  soies  en  serpe  hélérogomplie 
mince  et  allongée  dans  la  partie  antérieure  du  corps  et  plus 
courte  ensulle;  elles  sont  précédées  de  quelques  soies  peu 
nombreuses  en  arête  hélérogomplie.  La  languette  ventrale 
cylindrique  est  suivie  du  cirre  ventral  d'abord  plus  court  et 
ensuite  plus  long  qu'elle. 

Dans  les  deux  derniers  tiers  du  corps  surtout,  la  parlie 
dorsale  de  ta  rame  supérieure  se  développe  peu  à  peu  en 
hauteur,  dominant  de  plus  en  plus  le  cirre  dorsal,  et  la  lan- 
guette supérieure  augmente  de  volume.  C'est  ce  qui  a  amené 
Johnston  à  créer  le  genre  Nereilepas  pour  la  iV.  fucata.  U 
a  été  dit  plus  haut  pourquoi  ce  genre  me  paraissait  inutile. 

Le  segment  anal  plus  étroit  que  les  autres,  apode  el  achète, 
avec  anus  central,  a  2  cirres  ventraux  longs  de  %  milli- 
mètres. 

Les  mâchoires  ont  chacune  14  à  16  dents.  A  la  partie 
basilaire  dorsale  de  la  trompe  extroversée,  les  paragnathes 
des  2  groupes  latéraux  (VI)  sont  au  nombre  de  4.  Le  groupe 
du  milieu  (V)  manque.  A  la  partie  maxillaire  dorsale,  il  y  a 
8  paragnathes  à  chacun  des  2  groupes  laléraux  (11)  et  4  très 
petits  au  groupe  médian  (I)  (chez  un  exemplaire  d'Arcachon 
de  65  miUimèlres  et  94  segments,  il  n'y  en  a  qu'un  seul).  A  la 
partie  basilaire  ventrale,  les  groupes  VII  et  Vlll  fusionnés 
forment  une  ceinture  de  7  paragnathes  plus  gros  suivis  chacun 
de  4  à  8  beaucoup  plus  petits.  A  la  partie  maxillaire  ven- 
trale, les  2  groupes  latéraux  (IV)  se  composent  chacun  de 
12  paragnathes  en  rangée  oblique  et  le  groupe  médian  (III) 
de  5  plus  petits. 


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A.VNÉLIDES    POLYCHÈTES   DES   COTES   DE   FHANCE.  303 

L'exemplaire  femelle  du  Croisic  a  les  yeux  plus  gros  et, 
surlout  à  partir  du  âO""  segmeot  environ,  la  partie  supé- 
rieure de  la  rame  dorsale  gonflée  d'œufs  d'un  diamètre 
de  0'°,15  et  la  languette  supérieure  beaucoup  plus  dévelop- 
pée que  chez  les  animaux  sans  éléments  sexuels  ((ig.  8i).  A 
la  fia  du  corps,  le  cirre  dorsal  a  2  miilimèlres  de  long  et  le 
cirre  ventral  1  millimètre,  dépassant  la  languette  ventrale 
(fig.  85),  tandis  qu'aux  segments  antérieurs  c'est  l'inverse. 
Les  soies  ne  sont  pas  distribuées  comme  dans  l'autre 
exemplaire.  Dans  les  2  V"  tiers  du  corps,  il  n'y  a  pas 
de  soies  en  arête  hétérogomphe  au  faisceau  inférieur  de 
la  rame  ventrale,  mais  elles  apparaissent  dans  le  dernier 
tiers.  Au  contraire,  chez  un  exemplaire  femelle  mûr  dra- 
gué par  M.  Adrien  Dollfus  à  l'embouciiure  de  la  Gironde, 
ces  soies  existent  partout.  Wiren,  dont  la  description 
est  très  exacte,  ne  représente  que  des  soies  en  arête 
liomogomphe  et  en  serpe  hétérogomphe  et  ne  parle  pas 
de  soies  en  arête  hétérogomphe,  et  cependant  il  a  ob- 
servé des  animaux  sans  éléments  sexuels  et  â  l'état  de 
maturité.  Il  semble  donc  que  dans  cette  espèce  il  n'y  pas  de 
fixité  pour  la  forme  des  soies. 

Quant  aux  paragnalhes  de  la  trompe,  à  la  partie  basilaire 
dorsale,  les  t  groupes  latéraux  (VI)  en  ont  5  à  gauche  et 
4  à  droite  ;  le  groupe  médian  (V)  manque.  A  la  partie  maxil- 
laire dorsale,  il  y  a  5  paragnalhes  à  gauche  et  8  à  droite 
aux  2  groupes  latéraux  (11)  et  un  seul  au  groupe  médian  (1) 
(Hg.  86);  il  y  en  a  2  dans  l'exemplaire  de  Cordouan.  A  la 
partie  basilaire  ventrale,  la  ceinture  des  2  groupes  VII  et  VIII 
se  compose  de  8  gros  paragnathes  ;  au-dessous  de  chacun  de 
ceux  qui  occupent  les  2  extrémités,  il  n'y  a  rien,  mais  au- 
dessous  de  chacun  des  autres  il  y  a  à  partir  de  la  gauche  6, 
9,  13,  13  et  7  paragnathes  très  petits.  A  la  partie  maxillaire 
ventrale,  les  2  groupes  latéraux  (IV)  se  composent  de  8  pa- 
ragnathes à  gauche  et  7  à  droite  et  lo  groupe  médian  (III) 
d'un  seul  surmonté  d'un  très  petit  (fig.  87);  il  y  en  a  0  dans 
l'exemplaire  de  Cordouan.  On  voit  donc  que  pour  la  N.  fucata 


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304  OK  «AiMT-«eiKEPH. 

comme  pour  tant  d'autres,  si  le  nombre  des  groupes  che/  les 
■individus  de  la  même  espèce  esl  fixe,  celui  des  paragnathes 
ne  l'esl  pas. 

Tout  ce  qui  a  rapport  aux  moeurs  de  la  N.  fucata  a  été 
décrit  par  M.  Coupin  {loc.  cit.). 

iMers  du  Nord.  Manche.  Àllantique. 

SO":s-GENRE  EUNEREIS  Mgr.  char,  emend. 

Hien  que  les  deux  amas  latéraux  (VI)  de  paragnathes 
à  la  partie  basiiaire  dorsale  de  la  trompe  extroversée.  Tous 
les  autres  pai'agnathes  manquent. 

ElM^HEtS    LONGiSSlHA   Johost.    (1). 

Forme  NËBtioii?(?ni. 

NinuB  mou      Qfx.   Quatrprage<>,   Mémoire  sur   le  stjiltnie   nerveiti   det 

AnnU.  (Anii.  ties  te.  nat..  2<-,  g^ri?,  t.  XIV,  IBSO,  p.  33!t). 
—  liât.  mit.  rf™  AnneL,  l.  I,  1865,  p.  &1I. 

—  —        Grube,  Uilllt,  ùber  St-Vautt-la-liouiiue  und  seine  Ueertt, 

beaonders  seine  Annelidenfauna{Abh.derSclilei.GeselU,, 
1B6K-Ë0.  p.  100).  —  Die  Familie  der  Lycorideen  und  die 
Aufalelluiig  vonGruppen  l'n  der  <ialiang Streia  {Jahreëb. 
der  Sclilei.  Gesel/s.  fur  1873.  Breslnu,  ISIi,  p.  (19). 

—  KDUiTiccLATA  Qff.  Quatrefages,  Hitl.  nat.  riei  Annel.,  t.  I,  p.  &S8,  tt 

pi.  VII,  fig.  1-1. 
CBli«ToninElsLo.ioiaHiii,i  Maluquio.  Les  Annél.  polych.  det  etiUi  du  Boulonnait  {Re- 
vue biol.  du  N-rd  dt  la  France,  t.  Il,  18M.  Tirage  à  part, 
p.  ÎS). 

KohSE    HËTÉIinri£BÉrDlK^HE. 

HGTEKO.iEiir.is  FAEADOIA  OErst.  OËrsted,  GrOnl.  Annut.  doriibranchiata,  io-t,  I8tl, 

p.  n:,  el  flK.  hO.  fin,  6*.  66. 
EtMiHEis      LONGissiiiA    Mgr.  Msliiigreo,  .Voi'tf.   Hafi  Annul.,  p.    183.  —  Annul, 

Polycb.,  p.  ns,  et  pi.  VI,  Gg.  il. 

FOEHE  XlnflDIENNE  ET  Ill^TtHOIIËnÉlDlKIIIIE. 

Nereis  longissima    Johost.  Elili!»,  Die  Boritenifûrmer,  p.  &3S. 

—  —  Levinscn,  Overs.  airr  de  Noid.  Annul.  {Videnti.  Mtddeb. 

for  IHB3.  Lopenhague,  1883,  p.  !I33). 

PI.  XVI,  lig.  8H-t00,  et  pi.  XVII,  fig.  )0I. 

(0  Jitreis  Imyissima.  Jolniston,  MisceUmiea  zuologica  on  Ihe  Irhh  Anneltdi 
lAnn.  ofnal.  hiat.,  l.  V,  ISIO.  p.  I7K).  —  Heteronerfis  longiisima.  Calai,  of 
Hrit.  non  parasit.  Worms,  1865,  p.  16t.  Ces  deux  fonnes  sont  llétéro- 
nérÉi  (tiennes. 


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ANNÊLIDES    POLYCHËTES    DES    COTES    DE    FRANCE.  305 

L'Eunereis  longissima  se  tient  profoadément  eofoncée 
dans  la  vase  à  l'extrémilé  de  la  jetée  de  Sainl-Vaasl. 

Forme  Néréidienne.  —  La  taille  ordinaire  des  exemplaires 
qui  sont  mûrs  de  septembre  à  mars  est  de  17  à  20  centi- 
mètres sur  4  à  5  millimètres  de  large.  Il  y  en  a  de  beau- 
coup plus  graods  dont  je  n'ai  pu  obtenir  aucun  entier,  mais 
seulement  plusieurs  portions  antérieures  de  29  à  47  centi- 
mètres de  long  sur  8  à  9  millimètres  de  large,  rames  com- 
prises. Les  exemplaires  ordinaires  sont  de  couleur  rouge 
plus  ou  moins  claire  et  comptent  170  segments.  Quant  aux 
plus  grands,  ils  ont  une  belle  irisation  d'un  bleu  foncé  au 
milieu  du  dos;  leurs  segments  sont  beaucoup  plus  hauts 
puisqu'un  tronçon  de  47  centimètres  n'a  que  197  segments. 

C'est  un  exemplaire  entier  de  17  centimètres  que  je  dé- 
crirai. La  tête  (fig  88)  presque  carrée  à  la  base,  va  en  s'effi- 
lant  en  avant  et  porte  au  bord  frontal  2  petites  antennes. 
Les  i  palpes  épais  naissant  sous  la  tète  et,  terminés  par  un 
bouton  rétractile,  dépassent  les  antennes.  Les  4  yeux  disposés 
en  trapèze  sur  la  moitié  postérieure  de  la  léte  ont  un  dia- 
mètre de  Q-'ita;  les  4  paires  de  cirres  tentaculaîres  sont 
courtes;  la  plus  longue  paire  rabattue  sur  le  dos  n'atteint 
pas  le  3"'  segment.  Le  segment  buccal  nu  est  un  peu  moins 
large  et  plus  haut  que  le  1"  segment  sétigère. 

Tous  les  pieds  ont  la  même  forme  (fIg.  89),  sauf  les  2  T" 
qui  n'ont  qu'une  languette  et  ni  soies  ni  acicule  à  la  rame 
dorsale.  Le  cirre  dorsal  est  h  peu  près  de  la  longueur  de  la 
languette  supérieure  de  la  rame  dorsale  et  un  peu  moins  long 
que  la  languette  inférieure  de  cette  rame.  Entre  ces  2  lan- 
guettes allongées  et  pointues  une  petite  lèvre  donne  passage 
k  un  faisceau  de  soies  accompagnées  d'un  acicule  noir  ter- 
miné en  pointe  fine  légèrement  recourbée  en  crochet.  Ces 
soies,  au  nombre  de  5  à  10.  sont  en  arête  homogomphe  den- 
telée au  bord.  Il  s'y  joint  à  partir  du  65"'-70~*  segment  jus- 
qu'à la  lin  du  corps  1  ou  2  soies  bomogompbes  dont  l'article 
terminal  est  une  grosse  dent  d'un  jaune  foncé  qui,  vue  de 
côté,  présente  à  cheval  sur  un  de  ses  bords  8  à  10  petites 

km.  se.  HAT.   ZOOL.  V,  20 


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306  DE  SAINT-JO»EPH. 

écailles  (fig.  90)  qu'on  découvre  neltemeot  sur  la  dent  vue 
de  face  (fig.  91)  (I). 

La  rame  inférieure  a  :  1*  3  lèvres  superposées  ;  une  grande 
lèvre  arrondie  inférieure,  une  médiane  et  une  supérieure  plus 
pelites qui  la  dépassent  du  côté  dorsal.  EDlrelalëvreintérieure 
et  la  médiane  sort  un  faisceau  inférieur  de  soies  en  aréle 
homogomphe  au  nombre  de  20  environ  et  de  3  grosses  soies 
en  serpe  bélérogomphe  dont  l'article  terminal  court  et  den- 
telé au  bord  a  0'"',QSi  de  long.  Le  faisceau  supérieur  qui  sort 
entre  la  lèvre  supérieure  et  la  lèvre  inférieure  se  compose  de 
1 5  à  1 6  soies  en  arête  bétérogomphe  et  de  1  ou  3  soies  en  serpe 
bélérogomphe.  Toutes  ces  soies  en  serpe  bétérogomphe  me 
semblent  manquer  aux  derniers  segments;  l'article  terminal 
est  fragile  et  se  détache  facilement.  Le  double  faisceau  de 
soies  est  accompagné  d'un  acicule  noir;  2°  une  languette  ven- 
trale de  la  même  longueur  que  le  cirre  dorsal  et  plus  massive 
que  les  1  languettes  de  la  rame  dorsale  ;  3'  un  cirre  ventral  qui 
n'a  pas  tout  à  fait  les  2  tiers  de  la  longueur  de  la  languette. 

Dans  la  dernière  moitié  du  corps,  les  3  languettes  des 
pieds  sont  très  ricbemeni  vascularisées.  Le  segment  anal 
nu  a  un  anus  dorsal  festonné  au  bord  et  i  cirres  anaux 
ventraux  minces,  longs  de  4  à  5  millimètres. 

Les  mâcboires  (fig.  92)  ont  9  dents,  dont  les  o  le  plus 
rapprocbées  de  la  base  sont  noyées  daus  une  bande  chilineuse 
jaune.  La  trompe  extroversée  n'a  pas  d'autres  paragnathes 
que  ceux  des  2  amas  latéraux  de  la  partie  basilaire  dorsale 
(VI)  placés  sur  2  petits  mamelons  k  peine  saillants.  Je  ne  vois 
ces  2  amas  manquer  à  aucun  des  exemplaires  assez  nom- 
breux que  j'examine.  Les  paragnathes  qui  les  composent 
sont  de  petite  dimension  et  souvent  difliciles  à  découvrir. 
D'un  jaune  transparent,  ils  sont  à  peine  coniques,  mais 
plutôt  en  forme  de  petites  écailles  où  le  jaune  devient  sou- 
vent foncé  dans  la  partie  antérieure  (fig.  93).  Leur  nombre 
et  leur  position  sont   très  variables  dans   chaque  amas, 

(I)  Je  retrouve  cette  soie  particulière  chez  la  JV.  regia  de  la  collection  du 
HuBéum. 


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ANNËLIDES    POLTCHÈTES    DBS   COTES   DE   FRANCE.         307 

comme  on  pourra  s'en  convaincre  d'après  lesTigures  9ia-h, 
95  i-n  et  96.  L'âge  et  la  taille  de  l'animal  ne  semblent  avoir 
aucune  influence  ici  sur  ces  variations. 

Les  jeunes  exemplaires,  colorés  en  rose,  dont  j'en  trouve 
2  à  Sainl-Vaast  dans  le  sable  demi-vaseux  au-dessous  de  la 
plage  des  Bains  et  1  à  Villerville,  onl  9  centimètres  de  long 
sur  2°"*, 5  k  4  millimètres  de  large,  rames  comprises,  avec 
174  à  177  segments.  Ils  sont  semblables  aux  adultes,  sauf 
que  les  soies  en  serpe  homogomphe  caractéristiques  com- 
mencent au  37°",  42"°'  ou  50'°  segment  et  que  les  mâchoires 
ont  11  à  12  dents.  Les  paragnalhes  sont  disposés  de  même, 
mais  très  difîiciles  à  découvrir.  A  première  vue  on  croirait 
avoir  atTaire  à  une  espèce  du  genre  Nicon  Kbg.  sans  para- 
gnathes,  avec  dents  nombreuses  aux  ra&choires  et  pieds 
partout  semblables  à  languettes  triangulaires. 

VEunereis  longissima  ne  me  parait  pas  se  construire  de 
tube.  Aussi  les  grosses  glandes  des  pieds  [Spinndriisen)  sont- 
elles  peu  développées. 

L'intestin  est  d'un  vert  clair.  Au  mois  de  mars  les  femelles 
renferment  des  œufs  gris  de  0"'',084  de  diamètre  qui  attei- 
gnent 0"'°,t2  chez  les  gros  exemplaires.  Les  mâles  n'ont 
encore  que  quelques  plaques  de  cellules  spermatogèues. 

Les  muscles  longitudinaux  ventraux  ont  une  disposition 
qui  paraît  être  générale  chez  les  Lycoridiens.  Il  y  en  a  un 
faisceau  très  mince  au-dessus  ((îg.  97  a)  et  3  faisceaux  super- 
posés de  chaque  côté  de  la  chaîne  nerveuse  (Â).  Celui  de 
ces  3  faisceaux  j[]ui  est  le  plus  rapproché  de  la  paroi  ventrale 
du  corps  (Hg.  97  ff)  est  un  peu  plus  large  que  les  2  autres 
réunis  (ff)  qui,  recourbés  au-dessus  du  1"  et  moins  larges, 
ne  sont  séparés  l'un  de  l'autre  que  par  une  bande  très  mince 
{0",01 2}  de  tissu  conjonctif  (?).  Cette  bande  (e)  borde  la  base 
du  faisceau  inférieur  et  pénètre  entre  les  2  faisceaux  supé- 
rieurs après  s'être  réunie  à  une  bande  de  même  tissu  venant 
du  dos  et  bordant  la  couche  des  muscles  circulaires  {d).  Les 
muscles  obliques  (c)  allant  aux  pieds  sont  fixés  à  la  couche 
des  muscles  circulaires  au-dessous  de  la  chaîne  nerveuse. 


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308  DE  SAINT-JOSEPa. 

Forme  Hétéronéréidienne  mâle.  —  Un  exemplaire  de 
181  segmenis,  que  M.  Malarda  bien  voulu  m'envoyer  de 
Sainl-Vaasl,  Irouvé  en  mai  dans  la  vase,  comme  la  forme 
Néréidienne,  mesure  28  centimètres  de  long.  Il  se  compose 
de  2  régions  bien  distinctes  :  la  1"  de  39  segments,  y  com- 
pris le  segment  buccal,  longue  de  7  centimètres  sur  9  millî- 
mèlres  de  large,  la  â°"  de  14S  segments  dont  l'anal,  longue 
de  âl  centimètres  sur  11  millimètres  de  large,  chaque  rame 
ayant  1  millimètre  de  largeur  de  plus  que  dans  la  1"  région. 
Le  corps  s'y  amincissant  progressivement  et  finissant  par 
n'avoir  plus  que  3  millimètres  de  large  a  le  milieu  du  dos 
a/uré  avec  une  coloration  rose  de  chaque  côté.  Il  y  a  égale- 
ment une  bande  ventrale  azurée  h  celte  t*'  région  où  les 
pieds  sont  d'un  rouge  très  vif.  Œrsted  représente  exacte- 
ment l'animal  entier  (I). 

Première  région.  —  La  lêle  est  semblable  à  celle  de  la 
forme  .Nércidienne  avec  les  yeux  plus  gros  (O'^iSO  de  dia- 
mètre) mais  non  coalescents.  Les  appendices  de  la  lèle,  les 
cirres  lentaculaires,  le  segment  buccal  achète  plus  haut  que 
le  suivant,  les  2  1"'  segments  séligères  n'ayant  qu'une  lan- 
guette dorsale  et  pas  de  soies  à  la  rame  dorsale,  les  pieds  et 
les  soies  sont  les  mêmes  que  dans  la  forme  Néréidienne. 
Seulement  aux  \tV"  segments  sétigères  le  cirre  dorsal  gros 
et  cylindrique  se  termine  brusquement  par  une  pointe  tine, 
et  il  en  est  de  même  du  cirre  ventral;  au  32"  séligère. 
un  petit  lobe  réniforme  se  montre  au-dessus  du  cirre  dorsal 
et  se  retrouve  à  tous  les  derniers  segments  dtja  région. 

Seconde  région.  —  Au  iO'"  segment,  et  il  en  esl  ainsi  dans 
toute  cède  partie  du  corps,  les  pieds  sont  plus  aplatis  et 
moins  charnus  que  dans  la  1"  région  ;  au  \'i°"  apparaît  une 
lamelle  mince  foliacée  au-dessous  de  la  base  du  cirre  ventral; 
au  M~\  les  t  languettes  de  la  rame  dorsale  deviennent  lé- 
gèrement foliacées  et  le  grand  lobe  foliacé  de  la  rame  ven- 
trale commence  à  se  montrer;  au  48"',  les  pieds  hétéro- 

(H  Loc.  cit.,  iig.  SO. 


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AN.NÉLIDES    POLYCHÈTES    DES    COTBS    DE   FRANCE.        309 

iiL-rétdiens  sont  bien  formés  :  le  lobe  épais  et  rénifortne  placé 
au-dessus  du  cirrc  dorsal  esl  devenu  plus  grand,  le  cirre 
dorsal  a  5  ou  6  créoelures,  faiblement  marquées,  du  côté 
interne,  les  2  languettes  foliacées  de  la  rame  dorsale  et  le 
grand  lobe  foliacé  de  la  rame  ventrale  atteignent  leur  laille 
définitive,  puis  vient  la  languette  massive  de  la  rame  ventrale 
qui  n'a  pas  subi  de  changement,  et  le  cirre  ventral  entouré 
à  sa  base  par  un  lobe  supérieur  en  massue  el  une  lamelle 
foliacée  suborbiculaire  inférieure  (Hg.  101).  Aux  2  rames  il 
y  a  un  éventail  de  soies  natatoires  au  milieu  desquelles  per- 
sistent, h.  la  rame  inférieure,  2  ou  3  soies  en  arête  bomo- 
^'omplie  (!}.  Vers  le  70""  segment,  presque  jusqu'à  la  fin  du 
corps,  il  se  mêle  aux  soies  natatoires  de  la  rame  dorsale, 
1  ou  2  soies  en  serpe  homogomplie  comme  celle  qui  a  été 
décrite  pour  la  forme  IS'ëréidienne.  Peu  à  peu  les  soies  en 
arèle  bomogomphe  deviennent  plus  nombreuses  à  la  rame 
inférieure  ;  il  y  en  a  22  au  97°*°  segment,  et  juâqu'à  45  au 
iH".  Puis  le  nombre  en  diminue  (22  au  150"°  segment} el 
elles  disparaissent  aux  derniers  segments  où  il  n'y  a  plus  que 
des  soies  natatoires  aux  2  rames.  Le  corps  se  termine  par  un 
segment  anteanal  rudimentaire  et  par  un  segment  anal  nu 
avec  2  cirres  ventraux  longs  de  5  mitlimëlres  et  un  anus 
terminal  entouré  d'une  houppe  de  nombreux  caecums  cylin- 
driques (Bg.  98). 

Le  sang  alTlue  dans  les  vaisseaux  et  les  cscums  des  la- 
melles foliacées  des  2  rames  qu'il  colore  en  rouge. 

Les  dents  des  mâchoires  très  émoussées  sont  à  peine  dis- 
tinctes. Quant  aux  paragnathes,  ils  sont  disposés  comme 
dans  la  forme  Néréidienne  :  il  y  en  a  4  de  chaque  côlé. 

Les  spermatozoïdes  très  petits  (fig.  99)  remplissent  la 
cavité  du  corps  dans  la  2"°  région.  Ils  ont  en  avant  une 
petite  dent  semblable  à  celle  que  figure  Claparêde  pour  les 

(1)  Les  soies  iiftUtoires  dans  les  formes  hétéronéréidîennes,  quoiqu'il  y 
en  ait  aun  deux  rames,  ne  sufiîsent  pas  comme  chez  les  Syllidiens,  où  il  n'y 
en  a  môme  qu'i  une  rame  nouvellement  formée,  pour  assurer  la  locomo- 
lion  rapide  d'un  animal  beaucoup  plus  gros  qu'un  Sytlidieu.  Les  grands 
lobes  foliacés  des  pieds  viennent  s'y  joindre,  servant  de  nageoires. 


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310  DE  SAnW-JttSBPU. 

spermatozoïdes  de  la  forme  Héléronéréidienne  de  la  Pla- 
tynereis  Dumerilii  et  de  la  Per'merein  cullrifera. 

Comme  dans  ta  forme  Néréidienne,  il  y  a  aussi  3  fais- 
ceaux laléraux  de  muscles  longiludinaux  ventraux,  mais  ici 
les  2  faisceaux  supérieurs  sont  devenus  très  petits,  tandis 
que  les  muscles  obliques  allant  aux  pieds,  et  parlant  des 
2  côtés  de  la  chaîne  nerveuse  et  non  en  dessous,  ont  pris 
une  importance  considérable  en  rapport  avec  les  fonctions 
natatoires  de  l'animal  transformé  (fig.  100). 

Manche  (Saint-VaasI,  Saint-Malo  d'après  Grube,  Viller- 
ville)  (1).  Pas-de-Calais  (Boulogne).  Mers  du  Nord.  Dra> 
guée  à  2  304  mètres  de  profondeur  dans  l'expédition  du  Por- 
cupine  (Ehlers). 

Genre  PERINEREISKbg.  {incl.  NAUMACHIUS  Kbg..  LIPE- 
PHILE  Mgr.,  HEDYLE  Mgr.,  HEDISTE  Mgr.  ;/.  /,., 
STR.\TONICE  Mgr..  NEREILEPAS  (Blv.)  sensu  Johnst. 
Mgr.,  nec  OErst.,  nec  Qfg.,  nec  Kbg.  p.  p.). 

Dans  mon  travail  sur  les  .\nnélides  Polychètes  des  côtes 
de  Dinard,  j'avais  adopté  le  genre  Lipepkile  Mgr.  comme 
sous-genre  pour  les  espèces  n'ayant  qu'un  seul  paragnatlie 
linéaire  de  chaque  côté  de  la  partie  basilaire  dorsale  de  la 
trompe  extroversée,  mais  il  est  préférable  de  s'attacher  à  la 
forme  plutôt  qu'au  nombre  de  ces  paragnathes  et  de  faire 
rentrer  dans  le  sous-genre  Perinereis  Kbg.  toutes  les  espèces 
ayant  un  nombre  quelconque  de  paragnathes  de  cette  sorte. 

FeRIKEREIS  OUVKIRiE   HOFSt  (2), 

PI.Wll,  eg.  I0M06. 

Je  trouve  la  P.  Oliveirs  entre  les  feuillets  des  roches  cal- 
caires à  Saint- Jean-de-Luz  près  de  Sainte-Barbe  et  dans  les 

(1)  Heard«r  {TAe  Zoologist.t.  XXlll,  1863,  p.9R30)  cile  la  forme  liétéroné- 
réidienne  comme  apparaissant  par  millions  à  Plymouth  et  disparai  saint 
rapidemcnl,  poursuivie  et  dévorée  par  le  Gadus  Pollachiu»  L. 

(2)  Horst,  ContrS>utions  totoards  Ihe  Knowledge  of  ihe  Annelida polychxta. 
ni.  On  spteies  of  iïereif  belonging  lo  tht  iub-genus  Perinereis  (JVotet  from  Uu 
Leyden  Muséum,  t.  XI,  I88>,p.  I6i,  et  pi.  VII,  f^.  1-5). 


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ANNÉLIDES    POLYCBËTES   DES    COTES   DB   FRANCE.         311 

JI/tf/<9^^»'a«e(/arid/b''mM,  entre  Saiot-Jean-de-Luz  et  GuéLhary, 
et  à  la  pointe  de  Sainte-Anne,  près  d'Hendaye. 

Forme  Néréidienne.  —  Le  corps  coloré  en  vert  ou  en 
brun  verdâtre,  quelquefois  avec  2  raies  transversales  bru- 
nes à  chaque  segment  de  la  partie  antérieure,  a  9  ou 
10  centimètres  de  long  sur  4  millimètres  de  large  en  avant 
et  120  segments.  Quelques  exemplaires,  tout  en  ayant  le 
même  nombre  de  segments,  atteignent  une  plus  grande  (aille 
(14  cent,  de  long  sur  5  mill.  de  large  en  avant). 

La  tête  (fig.  102)  a  une  base  large  et  arrondie,  sur 
laquelle  sont  placés  les  4  yeux  disposés  en  carré  et  se  ler> 
mine  par  une  partie  rectangulaire  avec  2  courtes  antennes 
&  l'exlrémité  antérieure;  les  2  gros  palpes  dépassent  beau- 
coup les  anlennes.  La  paire  de  cirres  lentaculaires  la  plus 
longue  atteint  le  î"'  ou  3°"  segment  sétigère.  Le  segment 
buccal  n'est  pas  tout  à  fait  deux  fois  plus  haut  que  les 
suivants.  Le  1"  et  le  2"°  segment  sétigère  n'ont,  comme 
à  l'ordinaire,  qu'une  seule  languette  dorsale  et  manquent 
de  soies  et  d'acicule  à  la  rame  dorsale. 

Les  pieds  des  segments  suivants  sont  tels  que  les  figure 
Horst  (1),  avec  le  cirre  dorsal  un  peu  plus  court  que  la  lan- 
guette supérieure  dorsale  en  cône  obtus,  la  2'"  languette 
dorsale  un  peu  plus  arrondie  en  avant  que  la  supérieure, 
la  languette  ventrale  plus  cylindrique  et  le  cirre  ventral 
court  ;  souvent  cependant  le  cirre  dorsal  dépasse  la  lan- 
guette dorsale  supérieure.  La  rame  ventrale  a  3  lèvres 
superposées  :  une  inférieure  ronde,  large  et  peu  saillante, 
une  médiane  petite,  et  une  supérieure  plus  grosse  et  plus 
saillante  que  la  médiane.  Il  y  a  des  soies  en  arfile  homo- 
gomphe  seulement  k  la  rame  dorsale,  des  soies  en  arête 
homogomphe  et  2  ou  3  soies  en  serpe  bétérogomphe  au 
faisceau  supérieur  de  la  rame  ventrale  sortant  entre  la 
lèvre  inférieure  et  la  lèvre  médiane,  et  rien  que  des  soies 
en  serpe  bétérogomphe  au  faisceau  inférieur,  entre  la  lèvre 

(1)  Loc.  cit.,  fig.  I. 


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312  DE  sAi.vr-«««ePH. 

inférieuFe  et  la  lèvre  supérieure.  Vers  le  8"'  à  10"'  seg- 
menl,  apparaît  à  la  rame  dorsale  une  tacbe  brune  à  laquelle 
il  vient  s'en  joindre  peu  à  peu  plusieurs  autres  surtout  au 
bord  supérieur  de  la  rame.  Dans  les  deux  derniers  tiers  du 
corps,  la  partie  supérieure  de  la  rame  dorsale  (fig.  103) 
grossit  comme  chez  la  Nereis  fiicala  Sav.,  et  la  languette 
dorsale  supérieure  devient  plus  pointue.  Les  cirres  anaux 
ventraux  sont  longs  de  â  millimètres. 

Les  mâcboires  très  noires  ont  5  dénis.  A  la  parlie  basi- 
laîre  dorsale  de  la  trompe  exiroversée  (fig.  104),  les  2  grou- 
pes latéraux  (VI)  se  composent  de  paragnathes  transver- 
saux linéaires  un  peu  ébréchés  au  bord  inférieur  et  dont 
le  nombre,  comme  l'avait  déjà  indiqué  Horst,  est  très  varia- 
ble, ce  qui  me  paratl  assez  caractéristique  de  l'espèce. 
Tantôt  il  y  en  a  1  ou  2  de  chaque  côté,  tantôt  4  à  gauche, 
et  3  à  droite  ou  réciproquement,  tantôt  3  à  droite  et  2  à 
gauche  ou  7  à  gauche  et  5  à  droite.  Au-dessous  de  ces  para- 
gnathes transversaux,  se  trouve  1  paragnathe  isolé  médiau 
conique  (V).  A  la  partie  maxillaire  dorsale,  il  y  a  2  groupes 
latéraux  (II)  de  10  à  16  paragnathes  coniques  sur  3  rangées 
obliques  et  un  médian  (I)  de  2  ou  3  paragnathes  isolés  super- 
posés. Ala  partie  basilaire  ventrale  (fig.  105),  les  groupes  VII 
et  VIII  fusionnés  font  une  double  ceinture  d'environ  40 
à  46  paragnathes  en  tout,  tous  de  même  taille.  A  la  partie 
maxillaire,  les  2  groupes  latéraux  (IV)  se  composent  cha- 
cun de  38  à  46  petits  paragnathes  sur  5  à  9  rangées 
obliques,  et  le  groupe  médian  (III)  de  25  à  27  forme  un 
rectangle  flanqué  de  chaque  côté  de  3  ou  4  paragnathes  qui 
en  sont  isolés. 

Forme  Héléronéréidienne  femeUe.  —  Le  corps  de  I H  seg- 
ments séligères  a  10  centimètres  de  long  sur  6  millimètres 
de  large  dans  la  1"  région  et  7  millimètres  dans  la  2"'.  La 
tôle  a  de  chaque  côté  2  yeux  énormes  et  presque  coa- 
lescenls.  La  \'°  région,  qui  comprend  les  20  1*"  segments, 
est  parsemée  de  vert  ;  à  la  2"%  il  ne  reste  plus  qu'un  point 
noir  à  la  base  de  chaque  pied  et  tout  le  dos  est  rosé  comme 


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ANNÉLIDES   POLYCUËTES   DBS   COTES    DE   FRANCE.         313 

les  pieds.  Les  pieds  de  la  I"  région  sont  néréidiens,  sauf 
aux  6  1"*  segmenls  sétigères  où  le  cirre  dorsal  cylin- 
drique épais  se  lermiue  brusquement  en  poiale  1res  One, 
tout  comme  le  cirre  venlral.  La  2°"  région  commence 
au  21°"  segment  (20°"°  sétigère}  où  les  pieds  prennent  la 
Torme  héléronéréidienne,  exactement  figurée  par  Horst  (I). 
Les  35  à  39  derniers  segments  sétigères  et  le  segment 
anal  qu'on  pourrait  presque  regarder  comme  une  3"  ré- 
gion ont  la  forme  néréidienne.  Mais  il  faut  admettre 
plutôt  que  la  transformation  ne  s'y  est  pas  encore  pro- 
duite. Aux  derniers  segmenls,  le  cirre  dorsal  sortant  de 
la  partie  dorsale  renflée  de  la  rame  dépasse  la  languette 
supérieure  dorsale  de  0'"',i4.  Les  œufs  gris  ont  0",30 
de  diamètre. 

Forme  Hétéronéréidienne  mâle.  —  Horst  n'avait  pas  ren- 
contré cette  forme  qui  est  plus  petite  et  plus  mince  que 
ta  forme  hétéronéréidienne  femelle,  ayant  107  segments, 
6  centimètres  de  long  sur  4  millimètres  de  large  dans  la 
1  "  région,  5",o  dans  la  2*"  et  2°"", 5  à  la  fin  du  corps. 

Les  yeux  sont  devenus  énormes.  La  1"  région  est  restée 
verle,el  à  la  2"*  région  qui  est  rosée,  il  n'y  a  plus  que  des 
traînées  ou  un  seul  point  d'un  vert  sombre  à  la  base  de 
chaque  pied.  A  ta  1"  région  les  pieds  ont  la  forme  néréi- 
dienne, sauf  aux  6  1'"  qui  ont  im  cirre  dorsal  et  un  cirre 
ventral  particuliers  semblables  à  ceux  des  6  1"*  de  la  forme 
hétéronéréidienne  femelle.  Au  17°"  sétigère,  il  se  forme  un 
petit  lobe  arrondi  foliacé  au-dessus  du  cirre  dorsal,  qui  de- 
vient légèrement  crénelé  sur  le  bord  interne.  Au  20°"  séti- 
gère, où  commence  la  2"  région,  le  pied  hétéronéréidien 
prend  sa  forme  définitive  (fig.  106)  :  sauf  le  cirre  dorsal 
crénelé,  toutes  les  parties  sont  semblables  à  celles  de  la 
forme  hétéronéréidienne  femelle  et  elles  persistent,  quoique 
le  pied  devienne  beaucoup  plus  petit,  jusqu'au  segment 
aoleanal.    Lorsque    la    transformation    n'est    pas   encore 

(1)  Lot.  cit.,  fig.  3. 


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314  DB  ««IMT-JOSePH. 

complète,  il  n'y  a  de  soies  natatoires  à  aucun  des  seg- 
ments de  la  2"*  région  et  les  17  derniers  ont  la  forme 
oéréidienne. 

Le  segment  anal  est  précédé  d'un  anleanal  rudimentaire, 
et  l'anus  central  est  entouré  d'une  houppe  de  caecums 
moitié  moins  longs  (0",24)  que  ceux  que  j'ai  figurés 
pour  la  forme  hétéronéréidieune  mâle  de  la  P.  cuUrifera 
(Bg.  114).  Les  2  cirres  anaux  placés  du  côté  venlral  sous  la 
houppe  ont  1  "",60  de  long. 

Dans  les  deux  Ibrmes  hétéronéréidiennes  mâle  et  femelle, 
les  m&choires  et  les  piiragnathes  sont  semblables  à  ceux  de 
la  forme  néréidienoe.  Les  muscles  ont  un  axe  pointillé. 

Atlantique  [côtes  du  Portugal). 

Perikereis  longipes  N.  s. 

*  KiHfts  cnjtsBiPES    Qtft.   Quatrehges,  Hi$i.    nat.    iltt  Annel.,   t.    I,   p.    &50. 
—  —  Grube,  Bemtrk.  iibte  Annel.  da  Pariier  Muaeurm  (Archiv 

fur  Saturg.,  1870,  p.  300). 

PI.  XVII,  ng.  101-112. 

A  Guéthary  et  h  Sainle-Barbe  dans  la  baie  de  Saint-Jean- 
de-Luz,  sous  les  pierres  ;  à  la  pointe  de  Sainle-Aone  près 
d'Hendaye,  dans  les  Melobesia  agariciformis. 

Le  corps  d'un  verl  assez  foncé  uniforme  du  côté  dorsal 
est  blanc  du  côté  ventral.  Les  plus  petits  exemplaires  ont 
25  millimètres  de  long  sur  l'"*,75  de  large,  rames  compri- 
ses, les  plus  grands  déjà  mûrs,  contenant  des  éléments 
sexuels,  6  centimètres  de  long  sur  3", 5  à  4  millimètres  de 
large,  rames  comprises,  avec  96  à  100  segments. 

La  télé  se  rapproche  beaucoup  de  celle  que  figure  Clapa- 
rède  pour  la  Perinereis  macropux  Clp.  (1).  La  base  très  large, 
arrondie  sur  les  côtés,  avec  4  yeux  disposés  en  carré,  est  sur- 
montée d'une  partie  antérieure  allongée  et  plus  étroite  dont 
le  bord  frontal  porte  2  courtes  antennes  dominées  par  2  gros 
palpes  massifs  plus  de  deux  fois  plus  hauts  que  les  antennes. 

(1)  Suppl.  aux  Annél.  du  golfe  de  KapUt,  pi.  VUl,  Gg.  I  a. 


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ANNÉLIDES   fOLYCBÈTES    DBS   COTES   DE   FRANCE.         315 

Un  organe  Ducal  est  au-dessous  de  chacun  des  2  yeux 
inférieurs,  semblable  à  celui  de  la  P.  cullrifera  (voir  p.  317), 
confinant  à  )a  limile  antérieure  du  segment  buccal  achète. 

Ce  segment  deux  fois  plus  haut  que  les  suivants,  a  des 
cirrcs  tentaculaires  courts  dont  la  plus  longue  paire  dépasse 
les  palpes  de  0"™,%  et  rabattue  sur  le  dos,  recouvre  les 
3  ]"*  segments.  Aux  2  l°"  segments  sétigères,  la  rame 
supérieure  des  pieds,  comme  à  l'ordinaire,  n'a  qu'une  lan- 
guette dorsale  et  manque  de  soies  et  d'acicule. 

Aux  38  à  40  segments  suivants  (Ug.  107),  le  cirre  dorsal 
dépasse  légèrement  la  rame  supérieure  qui  a  2  languettes. 
La  rame  ventrale  a  3  lèvres  superposées  semblables  à  celles 
déjà  décrites  pour  la  Perinerm  Oliceirx;  elles  sont  suivies 
d'une  languette  ventrale  peu  imposante  et  d'un  cirre  ven- 
tral près  demoitié  plus  court  que  le  dorsal.  Du  40  au  42°"seg- 
ment  jusqu'au  60  ou  62",  la  rame  supérieure  parcourue 
par  un  vaisseau  recourbé  dont  les  2  branches  sont  reliées 
par  de  nombreuses  anses  transversales,  grossit  beaucoup  et 
pousse  en  avant  le  cirre  dorsal  et  la  languette  supérieure  dor- 
sale (lig.  108).  Du  60  au  62°"  segment  jusqu'à  la  fm  du  corps, 
les  segments  sont  moins  hauts  et  plus  serrés  et  le  corps 
diminue  progressivement  de  largeur  et  s'aplatit  ;  la  rame 
supérieure  toujours  [tarcourue  par  un  vaisseau  en  anse 
devient  beaucoup  plus  longue  et  plus  mince,  et  à  son  extré- 
mité antérieure  le  cirre  dorsal  presque  terminal  domine  la 
languette  dorsale  extrêmement  réduite  (fig.  109).  Dans  tout 
le  corps  c'est  la  rame  supérieure  et  la  languette  supérieure 
dorsale  qui  seules  ont  été  successivement  modifiées,  les 
autres  parties  du  pied  n'ayant  pas  varié. 

Partout  il  y  a  à  la  rame  dorsale  un  faisceau  de  soies  en 
arête  homogomphe,  et  à  la  rame  ventrale  un  faisceau  su- 
périeur de  soies  en  arête  homogomphe  et  de  soies  en  serpe 
hétérogomphe  très  courte,  et  un  faisceau  inférieur  de  soies 
en  serpe  hétérogomphe  seulement. 

Le  segment  anal  se  termine  par  2  cirres  ventraux  courts 
n'atteignant  que  0'"*,54  chez  les  gros  exemplaires. 


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316  1 

Les  i  mâchoires  ont  8  à  1 2  denU  dont  les  4  à  5  infi^rieures 
noyées  dans  une  lame  de  chitine  mince  et  transparente.  A  la 
partie  hasilaire  dorsale  de  la  trompe  extroversée  (lig.  (10), 
le  groupe  VI  est  représenlé  de  chaque  cMé  par-  un  gros 
paragnathe  transversal  (lig.  111),  le  groupe  médian  ^'  par 
un  gros  paragnathe  conique  relié  de  chaque  côté  au  paragaa' 
the  transversal  par  5  à  7  paragnalhes  coniques  moins  gros, 
au-dessous  desquels  sont  placés  de  très  nomhreux  paragna- 
tlies  extrêmement  petits.  A  la  parlie  maxillaire  dorsale,  il 
a  13  paragnalhes  à  gauche  et  10  à  droite  rangés  en  lignes 
obliques  parallèles,  ou  18  à  gauche  et  20  à  droite,  ou  13  de 
chaque  côté  aux  deux  groupes  latéraux(ll)  et  t  gros  paragna- 
lhes superposés  au  goupe  médian  (I). 

A  la  partie  hasilaire  ventrale  (lîg.  112),  la  ceinture  de 
paragnalhes  des  groupes  VII  et  VIII  forme  plusieurs  zigzags 
où  les  paragnalhes  du  1"  rang,  surtout  celui  du  sommet  de 
chaque  angle,  sont  plus  gros  que  les  très  fins  et  excessive- 
ment nombreux  paragnalhes  parsemés  en  dessous.  Ce  groupe 
s'élend  jusqu'aux  gros  paragnalhes  transversaux  delà  partie 
hasilaire  dorsale.  A  la  partie  maxillaire  ventrale,  les  i  grou- 
pes latéraux  (IV)  se  composent  de  40à  46  paragnalhes  envi- 
ron de  chaque  côté  répartis  sur  4  ù  5  rangées  obliques 
parallèles,  et  le  groupe  médian  (11)  de  25  à  â7  paragnalhes 
disposés  en  rectangle  sur  4  fi  5  rangées  transversales  parallè- 
les, ttanquées  de  chaque  côté  de  2  ou  3  paragnalhes  isolés 
superposés. 

Les  femelles  ont  des  œufs  gris  de  O^'.SO  de  diamètre  el 
les  mâles  sont  remplis  de  plaques  de  cellules  spermalogènes 
et  de  spermatozoïdes.  Je  ne  rencontre  pas  de  forme  hété- 
ronéréidienne. 

Celle  espèce  esl  voisine  de  la  P.  macropus  Clpd.  qui  lui 
ressemble  par  la  coloration,  la  forme  delatèle,  des  soies  et 
des  pieds  de  la  région  antérieure  et  postérieure.  Mais  elle 
en  diffère  par  la  taille  qui  est  plus  petite,  les  exemplaire» 
mûrs  n'ayant  que  100  segments  au  lieu  de  160  ;  les  pieds 
de  la  région  moyenne  dont  Claparëde  ne  parle  pas  ont  la 


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ANNËLIDES  POLYCHÈTES  DES  COTES  DE  FRANCE.    317 

rame  supérieure  plus  haute  et  plus  renllée;  enfin  les  paragna- 
Ihcs  du  groupe  V  el  ceux  des  groupes  VII  et  VIII  ne  ressem- 
blent en  rieD  à  ceux  que  représente  Claparède. 

La  trompe  de  la  P.  longipes  se  rapprocherait  plutôt  de 
celle  de  la  Perinereli  Marioini  Aud.  et  Edw.  sur  laquelle 
règne  toutefois  une  certuine  ob^curilé,  la  trompe  de  l'exem- 
plaire type  d'Audouin  et  Milne  Edwards  ayant  disparu.  Mais  la 
P.Marioniia  3  langueties  dorsales,  est  de  taille  plus  considé- 
rable et  les  rames  supérieures  y  forment  presque  sur  tout  le 
corps  de  larges  palettes  qui  ne  s'allongent  pas  comme  chez 
la  P.  longipes. 

Celle-ci  pourrait  plutôt  se  confondre  avec  la  Nereis  aas- 
xipes  Qfg.  que  j'ai  examinée  dans  la  collection  du  Muséum  et 
dont  Quatrefages  donne  une  description  exacte  (I).  Elle  a  la 
même  tête,  les  mêmes  mâchoires  à  8  dents,  les  soies  de  même 
forme  et  distribuées  de  même,  la  même  languette  dorsale  à 
ta  fin  du  corps,  moins  développée  toutefois  que  chez  la  P. 
/ongipeî.  Mais  je  n'ai  pu  vérifier  les  paragnathes  de  la  trompe 
qui,  d'après  Quatrefages,  snnt  en  petit  nombre,  et  d'après 
Grube  (2),  ressemblent  à  ceux  de  la  P.  Marionii. 

J'ai  examiné  aussi  dans  la  collection  du  Muséum  4  tubes 
renfermant  des  Nereia  miavcera  Qfg.  Celle  d'un  de  ces  tubes 
est  une  iV.  crassipes  et  celles  de  3  autres  (ubes,  dont  un 
venant  de  Guéthary,  sont  des  Nereis  pelagka.  Cette  espèce 
de  Quatrefages  me  semble  donc  devoir  disparaître. 

Perinereis  cultrifeeia  Gr.  (3). 
L'organe  de  la  nuque  est  indiqué  de  chaque  côté  de  la 
base  de  la  tête,  au-dessous  de  la  paire  d'yeux  inférieure,  par 

{t)  Hisl.  nal.  des  Annel,  t.  I,  p.  ^^iO. 

(21  Grube,  Btmerk.  liber  Atmel.  des  Pariser  Muséums  {Archiv  fur  Naturg., 
11)70,  p.  305).  —  JenepeDse  pas,  comme  le  voudrait  Grube,  que  la  .V.  cru.i- 
iipei  soit  la  P.  Marionii  jeune.  La  forme  de  la  rame  supérieure  colossale  de 
la  P.  iVnnonit  n'est  pas  la  même  <)ue  celle  de  la  iV.  erassipes,  qui  n'a  pas  les 
trois  languettes  dorsales  de  la  P.  Marionii,  comme  il  a  été  dit  plus  haut. 

13}  Voir  Lip^hile  cuUrifera  :  Les  Annél.  polyck.  dvi  côtes  de  Dinard, 
2"  partie  (^n>i.  des  ic.  nat..  7<°*  série,  l.  V,  ISSa,  p.  260, et  pi.  M,  Tig.  ISS- 
ISS)  et  4-'  partie  {Ibid.,  t.  XX,  1893,  p.  215). 


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DE  SAINV-^eXEPn. 


UDe  fossette  oblongue  gnrnie  de  cils  vibratiles  et  bordée  tout 
autour  par  un  repli  de  la  cuticule. 


FORHI    HÏTtoO.ltHËiriKIIXB. 


PI.  XVll,  lig.  1i3-iU.  etpl.  XVm,  fig.  HB-iiO. 

Sous  les  pierres  à  Sain(-Jean-de-Luz  près  de  Sainte-Barbe 
al  dans  les  Melobesia  agariàformia  à  la  pointe  de  Sainle-Anne 
prèsd'Hendaye,jetrouveau  mois  d'avril  1897  plusieurs  exem- 
plaires des  formes  hétéronéréidiennes  mâle  et  remclle  de  la 
/*.cu//ri/era,  auxquels  je  puis  en  joindre  un  de  laforme  hélé- 
ronéréidienne  femelle  rapporté  de  Villers  par  M.  Adrien 
Dollfus. 

Forme  Hétéronéréidienne  femelle.  —  Le  corps  composé 
de  96  segments  en  tout  est  long  de  8  centimètres  sur  6  mil- 
limètres de  large  dans  la  T*  région  el  7  millimètres  dans  la  t" 
qui  n'a  plus  que  3  millimètres  à  la  fm.  La  transition  se  fuit 
assez  insensiblement  entre  les  2  régions. 

Lalèle(2),oùles2ycux  de  chaquecôté  sont  devenus  énormes 
et  presque  coalescents,  est  d'un  vert  sombre  comme  les  3  ou 
^  segments  suivants.  Dans  le  reste  de  la  1  "  région,  il  n'ya  plus 
de  chaque  côté  des  segments  qu'une  raie  transversale  pres- 
que noire  devenant  de  plus  en  plus  mince;  à  la  2"'  région 
qui  est  rosée,  celte  raie  n'est  plus  qu'un  point  noir  à  la 
base  de  chaque  pied.  Le  plus  long  des  cirres  lenlaculaires 
rabattu  sur  le  dos  atteint  le  5"  segment  sétigère.  La  m&choire 
et  les  paragnatbes  de  la  trompe  sont  semblables  à  ceux  de 
la  forme  néréidienoe.  Les  œufs  gris  qui  remplissent  tout  te 
corps  ont  O^'iSO  de  diamètre. 

Le  segment  buccal  est  deux  fois  plus  haut  que  tes  autres. 
Les  19  segmenta  qui  le  suivent  ont  la  forme  néréidienne 
sauf  qu'aux  6  I'"  le  cirre  dorsal  cylindrique  est  pincé  brus- 

(1)  On  trouvera  ta  bibliographie  de  la  forme   kiiirmériiàitnne  i  la 
page  la  du  Mémoire  de  Olaparède. 
(â)  Voir  Claparède,  foc.  cil.,  lig.  I  d. 


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ANNÉLIDES   POLYCUÈTES   DES   COTES   DE   FRANCE.  319 

quement  avant  son  exlréraité  antérieure  pour  linir  en  pointe 
Hne  et  qu'il  en  est  de  même  au  cîrre  ventral  où  toutefois  la 
pointe  fine  terminale  est  beaucoup  plus  courte  qu'au  dorsal. 
Le  1"  el  le  2""  de  ces  segments  n'ont  qu'une  languette  dor- 
sale à  la  rame  supérieure  qui  manque  d'acicule  et  de  soies. 
Aux  ^O"'  et  21*°*  segments  séti gères,  un  petit  lobe  foliacé 
apparaît  au-dessus  du  cirre  dorsal  et  2  lobes  foliacés  entou- 
rent le  cirre  ventral.  Au  22"  sétigère,  la  forme  héléronérél- 
dieoneavec  les  soies  natatoires  est  complète  et  il  n'y  reste  plus 
comme  aux  suivants,  que  2  ou  3  soies  en  arête  homogompbe 
au  faisceau  inférieur  de  la  rame  ventrale  (fig.  115).  C'est  là 
que  commence  réellement  la  2°"  région.  La  forme  néréi- 
dienne  reparaît  aux  9  ou  10  segments  postérieurs,  qui 
sont  déjà  précédés  de  5  ou  6  segments  hétéronéréidiens 
sans  soies  natatoires.  Le  cirre  dorsal  mince  et  subuté  a 
0"-,60  de  long. 

Le  segment  anal  cylindrique  hautde  0'°'°,48,el  moins  large 
que  les  autres,  précédé  d'un  petit  segment  anleanal  sçligère 
rudimentaire,  a  de  chaque  côté  3  bourrelets  qui  sont  peut- 
être  des  ébauches  de  segments.  L'anus  terminal  est  fes- 
tonné au  bord  avec  2  cirres  anaux  longs  de  3"*, 60  qui  ont  à 
leur  base  une  tache  brune  (fig.  113). 

Forme  Hétéronéréidienne  mdle.  —  Le  corps  a  7  centimè- 
tres de  long  sur  6  millimètres  de  large  dans  la  1"  région  el 
8  millimètres  dans  la  2°";  d'où  il  résulte  que  les  2  régions 
sont  plus  tranchées  que  dans  la  forme  précédente,  avec  une 
coloration  semblable,  mais  un  peu  plus  foncée.  La  têle,  les 
cirres  tentaculaires,  les  paragnalhes  et  la  i"  région  sont  les 
mêmes,  seulement  les  cirres  dorsaux  des  6  1"*  segments 
séligères  ont  une  base  cylindrique  plus  massive  avant  la 
pointe  elfilée  (fig.  116). 

La  2°"  région  remplie  de  spermatozoïdes  commence  avec 
le  20'°*  segment  sétigère  où  les  pieds  ont  la  forme  hétéroné- 
réidienne qu'ils  conservent  jusqu'au  segment  anteanal.  Cette 
forme  est  toute  semblable  à  celle  de  la  figure  115,  avec 
cette  seule  diftérence  que  le  cirre  dorsal  est  crénelé  du  côté 


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320  I 

interne.  Le  segmenf  aual  deux  fois  moins  large  que  les  autres 
et  précédé  d'un  segment  anteanal  séligère  rudimentaire, 
est  hérissé  de  40  à  50  cïecums  cylindriques  longs  de  0''",48, 
Taisant  houppe  autour  de  l'anus  terminal  ;  i  cirres  anaux 
ventraux  longs  de  3°"°  ,60  sont  placés  au- dessous  de  la  houppe 
{fig.  114). 

FAMILLE  DES  rHVLLODOCIEKS  Gr. 

Genre  PHYLLODOCE  Sav. 
Pbvllodoce  PAPUiosA  N.  s. 

PI.  xvm,(iR.  HT-iai. 

Caractère  distinctif  :  rangées  longitudinales  de  papules 
d'un  rouge  brun  caractéristiques  à  la  partie  antérieure  de  la 
trompe   extroversée. 

Plusieurs  exemplaires  trouvés  à  Dinard  dans  le  sable  à  la 
plage  des  Bains. 

L'un  d'eux  incomplet  a  37  centimètres  de  long;  les  autres 
complets,  17  à  24  cenlimètres  sur  3  millimètres  de  large  en 
avant,  rames  comprises,  et4  millimètres  au  milieu  du  corps. 
Les  segments  sont  extrêmement  serrés  et  un  exemplaire  de 
24  centimètres  en  a  plus  de  700.  Le  corps  mince  et  plat  est 
de  couleur  pftie  avec  des  raies  transversales  très  Hues, 
brunes  ou  bleues  au  dos  de  chaque  segment  [fïg.  117).  La 
tête  cordiforme  échancrée  en  arrière  a  4  très  petites  anten- 
nes (fig.  1 18).  La  1"  paire  de  cirres  lentaculaires  est  placée 
nu-dessous  d'elle  sur  le  segment  buccal  invisible  du  côté 
dorsal  ;  la  2°*"  et  la  3"'  paire,  cette  dernière  qui  est  la  plus 
longue  (4'°°')  et  recouvre  les  18  segments  suivants,  sont 
placées  sur  le  2"  segment:  elles  ont  chacune  un  acicule 
dans  leur  base,  mais  je  ne  découvre  pas  de  soies  entre  les 
deux;  elles  sout  peut-être  tombées.  La  4*°'  paire  est  au 
3**  segment   accompagnée  d'un  rudiment  de  pied  avec  aci- 


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ANHÉUDES   POLYCBÈTES  DES  COTES   DE  FBANCE.        321 

culeet  soies  et  d'un  pelîlcirre  ventral.  Celle  répartition  des 
cirres lenlaculaires est  semblable  cbezlAPh.splendens^.S. 
où  elle  est  très  difficile  à  démêler.  Il  faut  rectifier  dans  ce 
sens  la  description  que  j'en  ai  donnée  (1).  Tous  les  seg- 
ments suivants  ont  des  cirres  dorsaux  foliacés,  obliquement 
cordiformes,  de  1  millimètre  de  diamètre  environ  en  avant 
devenant  deux  fois  plus  grands  dans  la  partie  médiane  du 
corps  où  ils  ont  une  bande  de  longs  cils  vibraliles.à  la  face 
ventrale  (fig.  119).  Ces  cils  disparaissent  aux  cirres  dorsaux 
de  l'extrémité  inférieure  du  corps  qui  deviennent  ovales 
(fig.  120).  Entre  les  2  mamelons  terminaux  du  pied  qui  con- 
tient un  acicule  sort  un  éventait  de  20  h  25  soies  composées, 
semblables  à  celles  de  beaucoup  de  Phyllodoces  avec  hampe 
garnie  à  son  extrémité  antérieure  de  petites  épines  et  article 
terminal  mince  finement  dentelé  long  de  O'^^SS. 

Les  cirres  ventraux  foliacés  sont  plus  ou  moins  lancéolés 
(fig.  12t).  Tout  le  canal  digestif  est  droit.  Les  cirres 
anaux  sont  lombes. 

La  trompe  (gaine  pharyngienne  de  M.  Gravier)  (2)  au  repos 
descend  jusqu'au  28°"  segment  et  l'estomac  (trompe  pharyn- 
gienne de  M.  Gravier)  qui  y  fait  suite  s'ouvre  dans  le  ven- 
tricule au  48"'.  Elle  se  divise  en  2  parties.  La  partie  anté- 
rieure, la  plus  rapprochée  de  la  bouche,  estcouverlede  petites 
papilles  rondes  distribuées  en  24  à  30  rangées  longitudinales 
qui  finissent  par  n'être  plus  qu'au  nombre  de  12  (6  de  cha- 
que côté)  ayant  chacune  3  ou  4  papilles  trois  fois  plus 
grosses  que  les  précédentes.  La  partie  postérieure  qui  suit 
immédialement  ces  grosses  papilles  a  6  rangées  longitudi- 
nales de  7  à  9  papules  se3siles>  oblongues,  espacées,  colo> 
rées  en  rouge  brun  et  renfermant  chacune  une  grande 
quantité  de  bâionnetsde  même  couleur,  longs  de  O^iOoG. 
L'estomac  dont  l'entrée  est  couronnée  de  16  papilles  est  un 

(1)  Annél.  potyeh.  des  côtes  de  Dinard,  S"*  partie  [Atm.  des  k.  nat., 
7»'  série,  l.  V,  1888,  p.  279). 

(2)  Voir  l'intéressant  mémoire  de  M.  Gravier,  Reekercket  sur  Us  Phylio- 
doctmi  (Butl.  Kient.  de  la  France  et  de  la  Belgique,  t.  XXIX,  1897,  p.  293  à 
38«,etpl.  XVIàXXIll). 

AMK.   se.    NAT.   ZOOL.  V,  SI 


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322  BC  «AMT-#OSEPB. 

long  tube  rond  à  muscles  circulaires  puissants,  lisse  à  l'ex- 
térieur et  dans  l'inlérieur  duquel  font  saillie  6  bourrelets 
longitudinaux  équidislants  rormés,  d'après  M.  Gravier,  de 
lissu  coQJonctir  recouvert  de  bautes  cellules  épithélialei. 
Lorsque  la  (rompe  est  exlroversée,  les  16  papilles  de  l'en- 
trée de  l'estomac  sont  projetées  en  avant,  l'estomac  est 
coifTé  par  la  partie  postérieure  de  la  trompe  avec  ses  papules, 
puis  par  sa  parlie  antérieure  qui  se  trouve  alors  la  deraière 
(Hg.  118). 

M.  Gravier  insiste  avec  raison  sur  la  présence  du  ventri- 
cule chez  les  Pbyllodociens  où  elle  avait  déjà  été  signalée 
par  Claparède  pour  son  Eulalia  pallida  et  son  AnattU 
lineata.  On  le  confond  souvent  facilement  avec  l'intestin, 
mais  c'est  à  sa  paroi  extérieure  que  sont  fixés  les  muscles 
protracteurs  et  rétracteurs  qui  font  saillir  ou  rentrer  la 
trompe  et  l'estomac  ;  de  plus,  il  est  uni,  tandis  que  l'intestin 
est  étranglé  à  chaque  dissépiment.  Chez  la  Ph.  papulosa,  I'id- 
térieur  en  est  tapissé  de  papilles  glanduleuses  plus  basses, 
plus  serrées  et  moins  colorées  en  jaune  bruu  que  celles  de 
l'intestin.  11  occupe  les  segments  48  à  62.  L'intestin  s'étend 
du  63"*  segment  au  segment  anal  où  il  déboucbe  par  un 
anus  dorsal. 

PhVLLODOCE   BRUKEOVIRIDIS  N.    S. 

PI.  xvur.ng.  122-123. 

Un  seul  exemplaire  trouvé  sur  la  plage  d'Arcacbon. 

Le  corps,  de  couleur  vert  brunâtre,  a  8  centimètres  de 
long  sur  2  millimètres  de  large,  cirres  compris,  et  compte 
188  segments  ;  il  se  termine  par  2  cirres  anaux  cylindriques 
longs  de  ï"",30. 

La  télé  à  4  antennes  est  arrondie  avec  une  échancrure  pos- 
térieure peu  marquée  (lîg.  122).  Le  segment  buccal  invisible 
du  côté  dorsal  porte  la  1"  paire  de  cirres  tenlaculaires  lon- 
gue de  (r",84  ;  au  2"*  segment  se  trouvent  la  2"  et  la 
3°"  paire,  entre  lesquelles  je  ne  vois  pae  de  soies,  la  2"  ayant 


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ANNÉUDES    POLYCHÈTES   IlES   COTES   DE   FRANCE.         323 

0",84  de  long  et  la  3"*  1"',30;  la  4"'  paire  accompagnée 
d'un  rudiment  de  pied  et  d'un  cirre  ventral  est  au  3"'  seg- 
ment. Les  cirres  dorsaux  en  ovale  allongé  terminés  en  pointe 
obtuse  remplis  de  granules  verts  et  bruns  (lîg.  123),  com- 
mençant au i"' segment,  mesurent  l"",12de  long  sur  0",65 
de  large  ;  à  partir  du  30"°  à  32"  segment,  ils  ont  une  bande  de 
cils  vibratiles  longitudinale  en  dessous.  Les  cirres  ventraux 
sont  semblables  aux  cirres  dorsaux,  mais  moitié  plus  petits. 

La  hampe  des  soiesest  garnie  de  petites  épines  et  l'article 
terminal  long  de  0",  1 3. 

La  trompe  au  repos  a  G  rangées  (3  de  chaque  côté)  longi- 
tudinales d'environ  30  petites  papilles  rondes.  L'estomac 
qui  y  fait  suite  dans  le  13"'  segment  est  couronné  de  16 
ou  17  papilles  rondes  plus  grosses  auxquelles  correspon- 
dent autant  de  bourrelets  longitudinaux,  les  uns  très  minces, 
les  autres  plus  épais.  Les  plus  minces  disparaissent  bientôt 
et  à  l'extrémité  inférieure  de  l'estomac  it  n'en  reste  plus 
que  6  gros.  Lorsque  la  trompe  est  extroversée  (Rg.  122),  la 
couronne  des  papilles  de  l'estomac  est  en  avant,  suivie  des 
6  rangées  longitudinales  de  petites  papilles  de  la  trompe. 
Le  ventricule  occupe  10  segments  du  28"°  au  37""  où  com- 
mence l'intestin  qui  est  tapissé  intérieurement  de  papilles 
plus  longues  et  plus  floconneuses  que  celles  du  ventricule. 

Chez  cette  espèce,  la  trompe  proprement  dite  est  courte 
et  n'a  qu'une  seule  région  à  rangées  de  papilles  à  laquelle 
l'estomac  fait  suite  immédiatement. 

PUYLLODOCE     Bl  MACULAT  A     N.     S. 

PI.  XVIH,lig.  123Aet  I23B. 

Cette  Phyllodoce,  queje  ramasse  à  Saint-Jean-de-Luz  près 
de  Sainte-Barbe,  a  12  centimètres  de  long  sur  2  millimètres 
-de  large  en  avant  sans  les  rames  et  3  millimètres  avec  les 
rames  et  259  segments. 

La  tète  est  jaune  avec  2  taches  noires  superposées  à  la 
partie  antérieure,   et  le  corps  d'un  brun  jaunâtre  a   de 


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beaux  reflets  azurés  dus  aux  raies  transversales  fines  du  dos 
de  chaque  segment;  le  venire  jaune  brun,  moins  brillant 
que  le  dos,  a  une  lâche  noire  à  la  base  de  chaque  pied.  Les 
cirres  tentaculaires  incolores  ont  de  courtes  raies  longitu- 
dinales noires  interrompues  et  les  cirres  dorsaux  des  traî- 
nées noirâtres  en  éventail,  ce  qui  donne  aux  deux  côtés 
de  l'animal  une  apparence  cendrée. 

La  tète  à  i  petites  antennes  renflées  est  fortement  échan- 
crée  en  arrière  avec  un  bouton  occipital  assez  indistinct 
(Bg.  123  A).  Les  4  paires  de  cirres  tentaculaires  sont  distri- 
buées comme  dans  l'espèce  précédente,  la  plus  longue  attei- 
gnant l-^iSe.  Les  cirres  dorsaux  ovales  à  pointe  moins 
obluse  que  chez  le  Ph.  bruneoviridis  ont  1",44  de  haut  sur 
0'°',84  de  large  (iig.  123  B),  les  cirres  ventraux  de  même 
forme  0'°'°,84  de  haut  sur  0°"°,36  de  large.  Les  2  cirres  anaux 
sont  cylindriques.  La  hampe  des  soies  garnie  de  petites 
épines  à  sou  renilemenl  antérieur  est  surmontée  d'un  article 
terminal  finement  dentelé  au  bord  de  0°"", 168  de  long. 

La  trompe  au  repos  a  8  rangées  longitudinales  (4  de  cha- 
que côté)  d'environ  tl  petites  papilles  plutôt  rectangulaires 
que  rondes.  L'estomac  qui  y  fait  suite  directement  du 
1 5°*°  segment  au  35*°°  est  couronné  de  16  (?)  papilles  rondes. 
Le  ventricule  presque  lisse  occupe  les  segments  36  à  44 
et  l'intestin  revêtu  intérieurement  de  rangées  transversales 
de  grosses  papilles  carrées  commence  au  45"*. 

Une  Phyllodoce  du  Plateau  du  Four  près  du  Croisic  dont 
je  n'ai  que  la  partie  antérieure  longue  deSOcenlimèlres  sur 
2°"°, 20  de  large  en  avant,  rames  comprises,  avec  297  seg- 
ments, se  rapproche  sous  bien  des  rapports  de  la  Ph.  bima- 
cutata.  Le  corps  mince  et  plat  a  2  raies  transversales  brunes 
superposées  au  dos  de  chaque  segment,  l'une  beaucoup  plus 
longue  que  l'autre.  La  tète  échancrée  en  arrière  n'a  pas  de 
bouton  occipital.  Les  cirres  tentaculaires  sont  répartis  comme 
chez  la  Ph.  bimaculata  \  les  cirres  dorsaux  sont  cordîformes, 
longs  de  2°"',40  sur  1",80  de  large.  Quant  à  la  trompe  au 
repos,  elle  est  semblable  à  celle  de  la  Ph.  bimaculata,  s'éten- 


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ANNÉLIDES    POLYCH&TES   DES    COTES   DE    FRANCE.         325 

dani  jusqu'au  14"  segment  avec  8  rangées  longitudinales  de 
20  à  22  papilles  assez  peu  dislioctes.  L'estomac  est  couronné 
de  12  papilles  et  s'étend  du  14"°  au  39°"  segment. 

Cliez  la  Pk.  bimaculata,  comme  chez  la  Ph.  ùruneoviridis 
el  chez  la  Phyllodoce  du  Croisic,  la  trompe  proprement  dile 
est  courte  et  n'a  qu'une  seule  région  à  rangées  de  papilles  k 
laijuelle  l'estomac  fait  suite  immédiatement. 

C'est  là  un  caractère  dont  il  faudra  tenir  compte  si  on 
arrive  à  classer  les  Ptiyllodoces  d'après  la  forme  de  la 
trompe  :  trompe  courte  à  une  seule  région  dont  les  papilles 
ne  sont  pas  séparées  de  l'entrée  de  reslomac  par  une  2"'  ré- 
gion nue,  ou  à  plis  rugueux,  ou  à  grosses  papules. 

.  Pyliodoce  Groenlandica  CËrsL  (1). 

PaYLLODOct  GnoENLAniiicA  OErst.  «Juatrefagea,  IIUI.  nal.  des  Annti.,  t.  U,  IBCG, 
p.  Ul. 

—  —  Malmgrea,   Nmd.   Hafi  Annul.,    186S,  p.   96.  —   Ann. 

poli/ch.,  1867,  p.  H3,  et  pi.  m,  fig.  9. 

—  —  G.  G.  Baira,  Bidrag  lit  itmdskab  om  Chriitianiafjordent 

fauna  [Ni/t.  Ma;/.,  t.  XIX,  1873,  p.  Î33). 

—  —  Tnuber,  Ann.  Danica.  Copenhague,  1879,  p.  87. 

—  —  Tbeel,  Annil.  de$>ner$dtlaSouvetU-ZembU{K.  Sventka 

Vêlent.  Akad.  Handlingar,  t  XVI,  □•  3,  1879,  p.  3(). 

—  —  Grube,  Millh.  Ubtr  die  Familie  der  Phyllodoeeen  und 

Hetioneen  {Jahrei.  der  SekUi.  GeielU.  fur  1879.  Brealaa, 
1880,  p.  JI4}. 

—  —  Wireo,  Chatopoder  fraa  Sibiriska  ithafttt  och  Beringstutf 

insantlode  under  Vega  expcd.  {Vega-Exped.  Vel.  Jakl- 
lag,t.  Il,  1883,  p.  MO). 

—  —  Michaelaeo.  Die  Polyc/istenfauna  der  Deuischen  Meere 

{WUt.  Vnten.  der  Komm.  der  Deuttchen  Meere  und  der 
biol.  Anilall  auf  Htigoland,  t.  Il,  Heft  I,  1896,  in-tol., 
p.  3Î). 

PI.  .YVII1,  lig.  124126. 

Cette  espèce  semble  être  assez  commune  &  Villers  où 
M.  Adrien  Dollfus  la  trouve  dans  le  sable. 

Le  corps  a  13  à  18  centimètres  de  long  dans  l'alcool  sur 
5  à  7  millimètres  de  large,  rames  comprises,  et332segments. 
Le  dos  de  chaque  segment  a  une  jolie  coloration  se  rappro- 

(1)  <Ented,  GrAiIandt  Annulata  (torsibrdTicAiafa.  Copenhague,  1843,  in-i, 
p.  192ettig.  19,  21,22,39-32. 


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326  DE  SAIKT-JOSEPB. 

chant  de  celle  de  la  Phyllodoce  papulosa  :  3  raies  transver- 
sales parallèles,  les  2  inférieures  plus  longues  d'un  brun  clair, 
la  supérieure  plus  courte  et  bleue  (fîg.  124j.  Tous  les  cirres 
parsemés  de  taches  foncées  étant  devenus  uniformément 
bruns  dans  l'alcool,  je  ne  puis  dire  quelle  en  est  la  couleur 
chez  l'animal  vivant. 

La  tête  cordiforme  un  peu  plus  large  que  haute  est  très 
échancrée  en  arrière  avec  un  bouton  occipital  placé  dans 
l'échancrure.  Les  cirres  tentaculaires  sont  répartis  comme 
chez  la  Phyllodoce  papulosa.  Von  Marenzeller  avait  déjà 
constaté  celle  répartition  che/  la  Ph.  Groenltmdica  (I).  La 
paire  la  plus  longue  recouvre  les  8  ou  9  V"  segments. 

Les piedsottlétéexactement représentés  parMalmgren.Les 
cirres  dorsaux  se  dressent  tout  droits  de  chaque  côté  danï^ 
la  partie  antérieure  du  corps  et  y  sont  plutôt  cordiformes. 
A  partir  du  30°"  segment,  devenus  plus  grands  et  subrec- 
tangnlaires,  ils  se  rabattent  sur  le  dos  ;  ils  sont  alors  garnis 
d'une  bande  de  cils  vibratiles  du  côté  ventral  (Bg.  t25);  à  la 
partie  postérieure  du  corps,  tout  en  restant  légèrement  sub- 
rectangulaires, ils  se  rapprochent  de  la  forme  de  ceux  des 
1'"  segments  (fig.  126).  Les  cirres  ventraux  me  paraissent 
être  partout  à  peu  près  semblables  et  se  terminent  en 
pointe  acuminée.  Entre  les  2  lobes  du  pied,  sort  un 
éventail  de  soies  au  nombre  de  '6'à  ii  60  dans  la  région 
médiane  et  de  25  environ  dans  la  région  postérieure. 
Ces  soies  sont  semblables  à  celles  de  la  Ph.  papulosa 
et  de  beaucoup  d'autres  Pbyllodoces.-  Les  cirres  anaux 
cylindriques  ont  i'"','iO  de  long. 

La  trompe  extroversée,  exactement  figurée  par  OErsled 
{lor.  cit.,  Hg.  21),  a  en  avant  les  17  papilles  qui  couronnent 
l'entrée  de  l'estomac.  Elles  sont  suivies  de  6  colonnes  longi- 
tudinales longues  de  l'^itO,  composées  de  6  à  7  grosses 
protubérances  rectangulaires  blanches  aplaties,  quelquefois 
partiellement  fendues  en  2  dans  le  sens  transversal,  comme 

(<  )  Die  folyehxten  tkr  A'em«r  Expeditùm  nach  OîUpiUbergen  {Zool.  Jahrh. 
Abih.  fur  Sytlem.,  l.  V(,  1893,  p.  WT). 


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ANNËLIDES    POLYCHËTES   DES    COTES    DE   FRAJ4CE.         327 

rindique  (£rsted,  empilées  les  unes  au-dessus  des  autres, 
ayant  0",^  de  large,  auxquelles  Tont  suite  ii  rangées 
loDgiludinales  parallèles  (6  de  chaque  côté)  composées 
chacune  de  12  à  15  petites  papilles  ovirormes  d'un  diamètre 
de  0",060.  Lorsque  la  trompe  est  au  repos,  elle  s'étend 
jusqu'au  12"°  segment  où  commence  l'estomac  qui  commu- 
nique avec  le  ventricule  au  37°"  ou  38"°  segment  ;  il  est  garni 
intérieurement  de  17  bourrelets  minces  longitudinaux  pa- 
rallèles. Ici  la  trompe  quoique  courte,  a  2  régions. 

Ces  exemplaires  de  Villers  sont  de  moindre  dimension, 
surtout  en  largeur,  que  certains  de  l'extrême  Nord  et  chez 
eux  la  coloration  du  dos  se  rapproche  de  celle  de  la  P/it/i- 
iodoce  macuiata  0.  F.  Miill.  ;  mais  cette  dernière  a  un  nom- 
bre moins  considérable  de  papilles  à  la  trompe,  les  cirres 
ventraux  arrondis  et  sa  taille  estmoinsconsidérable  dans  les 
mêmes  mers.  Aussi  je  ne  crois  pas  devoir  suivre  Tauber 
dans  son  assimilation  des  2  espèces. 

Océan  Glacial  arctique.  Mers  du  Nord.  Draguée  à 
225  mètres  de  profondeur  dans  l'Expédition  autrichienne  au 
Pôle  Nord  (1).  Détroit  de  Davis  (Expédition  du  Valorous). 

Genre  EULALIA  OErst. 

EULAUA    OUADBILIKEATA   N.   S. 
PI.  XVin,  iig.  127-130. 

Caractères  distinctifs  :  coloration  particuhêre  rappelant 
un  peu  celle  de  VAulolytus  pktus  Ehl.,  yeux  de  grosse  di- 
mension, articles  des  soies  très  courts. 

Cette  jolie  Eulalia  se  trouve  k  Concarneau  dans  les  dra- 
gages près  du  cap  Coz.  Un  exemplaire  de  17  millimètres  de 
long  a  129  segments,  un  autre  de  18  millimètres  en  a  96,  et 
uo  3"'mûrlongde22°'",20ena  t41. 

(!)  VonUurBJiteHeT,DieCœtenteraten,  Eehinodermen  tmd  Wûrmer  derK.  K. 
OEtter.  Vngar.  Sordpot-Exped.  [Dtnktch.  der  K.  Alad.  der  Vfiit.  tu  Wim, 
I.  XXXV,  in-*,  1877,  p.  .19  s.  a.). 


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328  DE  SAINT-JttSEPn. 

Le  corps  large  de  0",56  sans  les  cirres  a,  sur  le  dos, 
î  raies  longitudinales  violettes  et  k  chaque  segment  2  raies 
transversales  d'un  vert  jaunfiLre  coupant  les  autres  à  angle 
droit  ;  enfin  le  bord  des  segments  au-dessus  des  pieds  est 
coloré  en  violet  (fig.  127).  La  tête  arrondie  en  avant,  uussi 
largequeliaute,a  5  antennes  dont  iantérieures  et  I  impaire 
placée  un  peu  en  avant  des  2  yeux  qui  ont  un  diamètre 
de  O^.Oo  avec  un  cristallin  entouré  de  bâtonnets  piquetés 
de  brun  plus  foncé  à  la  base  qu'au  sommet  (fig.  128). 

Le  segment  buccal,  moins  large  quelessuivants,  porte  la 
i"  paire  de  cirres  lenlaculaires  longue  de  0"",3  ;  le  2''  seg- 
ment, la  2"'  et  la  3''  paire  dont  la  supérieure  ayant  0"",6  est 
moitié  moins  longue  que  l'inférieure;  entre  ces  2  paires,  un 
rudiment  de  pied  est  accompagné  de  quelques  petites  soies. 
Au  3"°  segment  la  4°"  paire,  aussi  longue  que  la  plus  longue 
delà  3"' paire,  est  accompagnée  de  soies  et  d'un  ci rre  ven- 
tral. Les  cirres  dorsaux  d'un  vert  jaunâtre,  foliacés  et  lan- 
céolés, qui  commencent  au  4*°*  segment,  sont  un  peu  plus 
forts  (0",18  de  haut)  au  milieu  du  corps  qu'à  ses  deux 
extrémités.  Le  cirre  ventral  ovale  n'a  que  0",06  de  haut. 
Les  soies  (fig.  129)  ont  un  article  très  court  (0'"°,028J,  courbe, 
à  stries  obliques  et  finement  pectine,  ce  qui  ne  se  voit  qu'en 
employant  les  plus  forts  grossissements.  Le  corps  se  termine 
par  un  segment  anal  achète  avec  2  gros  cirres  anaux  foliacés 
longs  de  0'"',25,  sans  appendice  impair  (fig.  130). 

La  trompe  longue- est  couverte  de  papilles  en  cône  obtus 
hautes  de  0"'',02  et  l'entrée  de  l'estomac,  qui  commence 
au  34"  segment  pour  se  recourber  en  anse,  est  couronnée 
de  14  papilles  plus  grosses  et  plus  arrondies.  Le  ventricule 
lui  fait  suite  au  48"'  segment. 

Chez  l'exemplaire  mùr  de  142  segments,  les  œufs  d'un 
diamètre  de  0"°',082  occupent  les  segments  68  k  125. 
Serrés  dans  le  corps,  ils  y  prennent  une  forme  polyédrique. 


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ANNËLIDBS    POLYCHÈTES    DES    COTES    DE   FRANCE. 


EuLALiA  Pu^CTIFeilA  Gr.  {{). 

Un  exemplaire  trouvé  près  d"Hendaye  à  la  poînle  de 
Saiute-AnDe. 

Long  de  35  millimètres  sur  2  millimètres  de  large  y  com- 
pris les  larges  cirres  cordiformes,  avec  83  segments  ;  la  fin 
du  corps  comprend  en  outre  6  petits  segments  régénérés. 
Ici  les  2  points  en  avant  de  la  tète  sont  bruns,  mais  ceux  du 
dos  des  segments  sont  d'un  vert  sombre  sur  fond  jaun&lre. 

FAMILLE  DES  nÉSIONICVS  Gr. 

Genre  HESIONE  Sav.  sensu  Gr.  (2)  {incl.  FALLAOIA  Qtg., 
TELAMONECIpd.). 

HeSIONE   PANTHBRtNA    RIsSO  (3). 

HuionE    PAmBEniNA  Audouia  el  Milue  Edwards,  Htcherchet  pour  itrvir  à  VhUI. 
nal.  du  litloial  de  la  France,  t.  U,  p.  tU,  et  pi.  V,  fig.  4. 
—  Rigae  animal,  pi.  XIV,  Rg.  t. 
--  —  Griibe,  DU  Intel  Lusiin  und  îhre  Uerretfauna.  Breslsu,  1864, 

p.  83, 

—  —  Mac  iDtoBb,  Report  on  Ihe  Aitnel.   Polych,  coUecled  by  H. 

M.  S.  «  Challenger  ■■  (fleporU,  etc.  Zoology,  t.  XII,  p.  t85  ; 
pi.  XXIX,  %.  1.  pi.  XXXIl,  llg.  6,  et  pi.  XV  A,  ûg.  lOj. 
_  —  Voyage  de  la  goélette  Uelila  sur  les  eûtes  occidentales  de 

l'océan  Atlantique.  Annilidei  potyehètes,  par  Malaquio 
(Revue  biol.  t/u  Nord  de  la  France,  I.  VI,  1893-81,  p.  tll- 
418). 

—  Fici'i.A        D.  Ch,  Délie  Cbiaje,  Deacrizione  e  nolomia,  etc.,  t.  lU,  p.  95, 

t.  V,  p.  \tn,  t.  VII,  pi.  CUl,  llg.  1,  el  pi.  CLV,  flg.  24. 

—  —  Eisig,  Ùeber  dat  Vorkommen  einei  ichwimntblatenâhnliehen 

Organs  bei  Annel.  (Mitlh.  avi  der  Zool.  Stal.  tu  Neapel, 
t.  Il,  1881,  p.3â7-!6B  et  298-300;  pi.  XII,  flg.  1-3,  el  pi.  XIU, 
eu  eolier). 

—  —  JourdsD,  Étude  tur  Us  épilhéliumi  teruilifs  de  quelque!  tiert 

anneUê  {Ann.  de»  >c.  nat,  7°»  sirie,  t.  Xltl,  1893,  p.  243. 
el  pi.  VI,  fig.  9). 

—  —  lioodrich.  On  fhe  nepkridia  of  Polychaeta.   Part   1.  On  He- 

tione.  Tyrrhena  and  Hephiys  [Quart,  mierotc.  Journal, 
a-  IS7,  STril  1897,:p.  185,  et  pi.  Vl-IX). 

(1)  V.  Annél.  polych.  du  c6tet  de  Dinard,  2'*°  partie  (Ann.  des  se.  nat., 
7"  série,  t.  V,  p.  289,  et  pi.  Xir.  Og.  153-157). 

(3)  Onibe,  Die  Pamilie  der  Heêioneen  {Jahreib.  der  Schte».  Geselb.  fur  1876. 
Breslau,  1880,  p.  221). 

(3)  Risso,  Hiit.  nat.  des  prindpaUt  produetvms  de  FEurape  méridionale, 
t.  IV,  1826,  p.  418. 


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KesionK  di  Saviout  Coita.  Co«t&,  Dttcripiion  de  qaelquei  Anntl.  ntnivelUi  du 
golfe  de  Napla  {Aan.  de*  se.  nat.,  V"  série,  t.  XVI,  IMI. 
p.  268,  etpl.  X[,  fig.  3). 

Fallacia   pa:(tiiehina  Quatrefagei,  Hiat.  nol.  du  Atmel-,  t.  Il,  p.  98. 

Tel*>diie  îicl'la  Clpd.  Claparède,  Annil,  du  golfe  de  Naplet.  p.  lil,  et 
pi.  XVIII,  Sg.  i. 

—  —  Grube,  «I  aufiTù. 

Kallacia         —  Mariou  el  BobreUlty,  Élude  det  Annél.  du  golfe  de  Martille, 

iAnn.  des  »c.  nat..  «■•  série,  t.  1!,  p.  <G,  el  pi.  XII,  Bg.  ÎS). 

HE5lu^E  Stiui»rupii  Qtg.  Qiiatrefages,  Hisl.  nal.  det  Annet.,  t.  Il,  p.  90,  el  pi.  IX, 
flg.  17. 

—  —  Fabre  Uomergiie,  Sur  un  orgnniime  parasite  de  CH.  Slren' 

alrupii  [Complet  rendus  de  la  Soe.  de  biol.,  I8V0,  p.  87). 

PI.  XIX,  fig.  I3M44. 

Assez  nombreux  exemplaires  trouvés  sous  les  pierres  dans 
la  baie  de  Saint-Jean-de-Luz,  près  de  Sainle-Barbe,  et  h  la 
plage  de  Remardy,  près  de  Saint- Jean-de-Luz,  au-dessous 
de  la  croix  d'Archiloa. 

Sauf  aux  2  derniers  segments  où  il  est  sensiblement 
atténué,  te  corps  long  de-5  à  7  cenlimfelres  est  à  peu  près 
partout  de  même  largeur  (6  à  7  millimètres  sans  les  pieds. 
H  i  13  millimfetres  avec  les  pieds  et  les  soies  au  9"°  seg- 
ment); le  segment  anteanal  n'a  que  3  mîllimèlres  de  large 
el  le  segment  anal  1  millimètre.  Le  côté  dorsal  d'un  brun 
rougeâlre  est  parcouru  par  8  fi  10  raies  longitudinales 
blanches  qui  sont 'coupées  à  angle  droit  par  de  nombreuses 
raies  blanches  transversales,  de  sorte  que  le  corps  paraît 
moucheté  de  brun  et  réticulé  de  blanc.  Grube  avait  déjà 
relevé  cette  apparence  réticulée.  Quatre  bandes  blanches 
transversales  assez  larges  relient  l'un  à  l'autre  les  pieds  des 
segments  2  à  5,  el  quelquefois  ceux  de  presque  tous  les 
autres.  Toutes  ces  raies  et  bandes  blanches  ne  sont  ni  par- 
faitement droites,  ni  parfaitement  unies  sur  leurs  bords. 
Knfin,  quelques  exemplaires  ont  une  grosse  tache  blanche 
au  milieu  du  dos  de  chaque  segment.  Souvent  la  cuti- 
cule a  des  reflets  irisés.  La  partie  médiane  dorsale  rendue 
très  convexe  par  la  trompe,  l'œsophage  et  l'intestin,  n'offre 
aucune  séparation  entre  les  segments  ;  cette  séparation  au 
contraire  est  profondément  indiquée  sur  un  gros  bourrelet 


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ANSÉUDES   POLYCIIÈTES   DES    COTES   DE   FRANCE.         331 

portant  les  pieds  de  chaque  côté  de  la  proéminence  dorsale'. 
Le  dos  parait  alors  partagé  en  3  parties  :  la  médiane  convexe 
et  lisse,  et  les  â  latérales  avec  tes  bourrelets  incisés  entre 
chaque  segment. 

Du  c61é  ventral,  le  corps  presque  aplati,  d'un  blanc  nacré, 
est  parcouru  par  3  bandes  longitudinales  :  les  2  latérales 
saillantes  produites  par  les  faisceaux  des  muscles  longitudi- 
naux ventraux,  et  la  médiane  plane  renfermée  entre  les  deux 
autres,  placée  au-dessous  de  la  chaîne  nerveuse  ventrale  et 
dont  la  cuticule  est  parsemée  d'tlols  de  gros  pores.  Ces  divi- 
sions longitudinales  du  côté  dorsal  et  du  côté  ventral  s'ac- 
centuent beaucoup  chez  les  animaux  conservés  dans  l'alcool. 

La  tête  un  peu  moins  brune  que  le  corps  est  écbancrée 
en  arrière  en  forme  de  cœur  comme  chez  certaines  espèces  de 
Phyllodoces  {lïg.  131).  Un  sillon  peu  profond  qui  va  de  celte 
échancrure  jusqu'au  bord  frontal  la  divise  en  2  parties  égales. 
Au-dessous  de  l'échancrure,  il  y  a  une  marque  triangulaire 
d'un  rouge  brun  (Bg.  133,^).  De  chaque  côté  du  fronlen  angle 
obtus  se  dresse  une  très  petite  antenne  incolore,  biarticulée, 
non  ciliée,  haute  de  0",31o  sur  0"", 09  de  large  (fig.  132). 
Les  4  yeux,  tous  avec  cristallin,  sont  disposés  en  trapèze,  les 
2antérieur3ayant0'°",30dediamètreetles  postérieurs  O",  la. 
L'organe  de  la  nuque  indiqué  par  un  sillon  ciUé  bordé  par 
2  replis  de  la  cuticule  s'étend  de  chaque  côté  de  la  tête  depuis 
l'échaucrure  occipitale  jusqu'à  la  base  de  l'antenne  (fig.  133, 
o,  a).  Sur  l'animal  vivant,  les  cils  du  sillon,  fins  et  courts,  ont 
un  mouvement  très  actif.  La  lèle  repose  en  entier  sur  le  dos 
du  segment  buccal  qui  la  dépasse  en  avant  et  qui  porte  de 
chaque  côté  4  paires  de  cirres  lentaculaires  (16  cirres  en 
tout).  Comme  l'ont  remarqué  Audouin  et  Milne  Edwards,  ils 
sont  disposés  en  3  rangées  obliques  superposées  :  3,  3,  2 
(fig.  134).  Ils  ont  une  base  anneléedans  laquelle  pénètrent 
i  à  5  acicules  jaunes  assez  fins,  et  ils  sont  composés  de  nom- 
breux articles  bien  figurés  par  Claparède  (1).  Le  plus  long 

(1)  Loe.  cit.,  pi.  XVm,  Hg.  i  H. 


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332  DE  «AIHT-JASEVII. 

de  ces  cirres  lenlaculaires  qui  esl  l'inférieur  de  la  2"'  ran- 
gée (Rg.  134,  a)  mesure  13  millimèlres  de  long  cl  atteint 
le  7°"  segment  séligère  cliez  les  exemplaires  de  5  centi- 
mèlres,  et  le  5*°*  chez  ceux  de  7  centimètres  qui  ont  leurs 
segments  plus  hauts;  les  moins  longs  ont  6  el  8  millimètres. 

Au  segment  buccal  apode  et  achète  font  suite  16  seg- 
ments sétigères  hauts  de  3"",«  du  9"°  au  H"°  segment  chez 
les  exemplaires  de  5  centimètres  et  de  4"",5,  chez  ceux  de 
7  centimètres.  Chacun  des  pieds  (Bg.  135)  se  compose  : 
l'  d"un  cirre  dorsal,  long  de  1  centimètre  dès  le  1"  seg- 
ment sétigère,  à  nombreux  articles  el  à  large  base  haute  de 
0'"^,  à  12  ou  13  annelures,  renfermant  3  ou  4  acicule» 
minces  d'un  jaune  pâle;  2*  d'un  gros  cylindre  creux  annelé, 
le  pied  proprement  dit,  d'où  sortent  les  soies  et  dont  l'entrée 
est  dominée,  du  côlé  dorsal,  par  une  papille  bilobée  (fîg.  1 35, 
a);  ce  cylindre  formant  angle  droit  avec  le  corps,  long  de 
i"',^  chez  les  animaux  de  5  centimètres,  et  de  2  millimètres 
chez  ceux  de  7  centimètres,est  moins  important  aux21'"8eg- 
ments,  et  surtout  au  I"  qu'aux  suivants;  3*  d'un  cirre  ven- 
tral très  vaguement  articulé,  sans  base,  long  de  i  millimè- 
tres h  2"",iO,  moins  etïilé  au  bout  que  le  cirre  dorsal. 

Les  soies  sont  toutes  d'une  seule  forme  :  composées  à 
serpe  bidentée  finement  plissée  au  bord;  une  petite  épine 
se  détachant  de  ta  serpe  se  dirige  à  rencontre  el  au-dessous 
de  la  dent  la  plus  basse  ((îg.  136).  La  serpe  est  jaune  et  la 
hampe  verdâtre.  Un  acicule  d'un  vert  très  sombre  dont  la 
poinleeslentouréed'une massue  légèrement  épineuse,  accom- 
pagne le  faisceau  des  soies  el  pénèlrejusqu'àla  base  de  la  pa- 
pille bilobée  dorsale  du  pied  sans  sortir  du  corps  (fig.  137). 

Après  les  16  segments  sétigères  vient  un  segment  ante- 
anal  apode  et  achète,  moitié  moins  haut  que  le  précédent 
et  moins  large,  n'ayant  qu'un  cirre  dorsal  et  un  ventral  de 
taille  ordinaire.  Le  segment  anal  qui  y  fait  suite  est  un  gros 
mamelon  cylindrique  avec  anus  terminal  entouré  de  6  petits 
lobes,  et  2  cirres  anaux  ventraux  articulés  à  courte  base 
longs  de  13  millimètres  (Bg.  138). 


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ANNËLIDES    POLVCQÈTES   DES    COTES   DE   FRANCE.         333 

La  bouche  a  7  ou  8  festons  du  côlé  ventral.  Toul  près 
d'elle,  à  l'entrée  du  pharynx  du  côté  dorsal,  il  y  a  une  grosse 
papille  en  Torme  de  mamelon  (Bg.  139,  b)  déjà  constatée  et 
figurée  par  Audouin  etMilne  Edwards  chez  V H .  pantherina. 
Le  pharynx  (ftg.  139,  a),  fîxé  par  des  mésentères  (c),  long  de 
5  millimètres,  à  parois  minces,  est  suivi  de  la  trompe  [d) 
proprement  dite  dont  les  parois  sont  au  contraire  très 
épaisses  et  inusculeuses  et  dont  l'entrée  lisse,  ronde  et  co- 
lorée en  orangé  s'ouvre  à  peu  près  au  milieu  du  1"  segment 
séligère.  Longue  de  5  millimètres,  s'étendant  jusqu'à  la  limite 
postérieure  du  i"  segment  sétigère,  elle  est  recouverte  à 
l'extérieur  par  une  gaine  de  muscles  longitudinaux  plats 
bien  détachés  les  uns  des  autres  et  fixés  seulement  à  leur 
partie  antérieure  au  pharynx  et  à  leur  partie  postérieure  à 
la  limite  inrérieure  de  la  trompe.  C'est  là  que  du  côté 
droit  et  du  côté  gauche,  viennent  sHnsércr  plusieurs  muscles 
plats  rétracteurs  puissants  [e],  deux  fois  plus  gros  que  ceux 
de  la  gaine  et  qui  sont  insérés  à  leur  autre  extrémité  dans 
les  parois  du  corps  au  5"°  segment  séligère. 

L'œsophage,  qui  est  fixé  de  loin  en  loin  à  l'enveloppe  du 
corps  par  des  mésentères  plus  fins  que  ces  muscles  rétrac- 
leurs,  est,  comme  la  trompe,  un  gros  tube  cylindrique  de 
4  millimètres  de  diamètre  (/*),  dans  l'intérieur  des  parois 
duquel  la  séparation  d'avec  la  trompe  est  indiquée  par  un 
sillon  circulaire  profond.  L'intérieur  du  tube  de  l'œsophage 
est  légèrement  bosselé  tandis  que  celui  de  la  trompe  est 
lisse.  .\  l'extérieur  il  n'est  pas  recouvert,  comme  la  trompe, 
d'une  gaine  de  muscles  flottants,  mais  il  est  entièrement 
lisse,  sauf  une  large  bande  musculaire  longitudinale  qui  fait 
saillie  sur  la  ligne  médiane  dorsale  et  ventrale  et  qui  se  pro- 
longe sur  la  trompe  {^).  L'œsophage  s'étend  jusqu'au  12"'  seg- 
ment séligère  oiï  il  communique  avec  le  ventricule  aplati  et 
extensible  (1)  qui  remonte  jusqu'au  10"'  segment  séligère. 
Là  commence  l'intestin  tapissé  de  glandes  brunes  qui  des- 

(1)  Voir  Eisig,  loc.  cit.,  pi.  T,  flg.  1  et  2. 


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334  BE  SAiNT-JMiepa. 

cend  jusqu'à  l'anus,  d'abord  large,  puis  plus  étroit  et  main- 
lenu  en  place  par  des  Irgamenls  mésentérlques. 

Lorsque  la  trompe  est  exlroversée,  elle  est  coiffée  pw  le 
pharynx  qui  recouvre  la  gaine  des  muscles  flollant!?  dont  il  a 
élé  question  plus  haut.  Alors  la  grosse  papille  dorsale  de 
l'entrée  du  pharynx  se  trouve  maintenant  tout  à  fait  on 
arrière  et  à  peu  de  distance  en  avant  de  la  tèle  ffig.  131). 
Il  en  résulte  que  lorsque  la  trompe  n'est  pas  enlièroment 
evtroversée,  la  papille  reste  cachée  dans  le  corps,  comme  je 
l'ai  observé  plusieurs  fois,  ce  qui  explique  pourquoi  taiilôton 
l'ii  décrite,  tantôt  on  n'en  a  pas  parlé.  La  trompe  proprement 
dite  est  seule  projetée  hors  de  la  bouche  el  l'œsophage  qui 
la  suit  ne  sort  pas  du  corps.  Le  ventricule,  qui  est  de  ta  lon- 
gueur de  la  trompe  extroversée  et  qui  remonte  le  long  de 
l'ursophage  lorsqu'elle  es l  au  repos,  est  maintenant  enlratné 
en  avant  et  permet  le  jeu  de  l'extroversion  sans  que  l'intesLin 
maintenu  en  place  par  les  mésentères  ait  &  y  remplir  aucun 
rôle.  Au  moment  de  Texlroversion,  tout  l'appareil  digestif 
est  en  ligne  droite. 

Dans  le  ventricule,  du  côté  ventral,  tout  près  de  son  poiat 
de  jonction  avec  l'œsophage,  viennent  déboucher  2  longs 
tubes  formés  par  une  membrane  assez  mince,  fixés  h  l'œso- 
phage par  de  courts  mésentères,  et  se  prolongeant  en  avant  jus- 
qu'au 6"*  segment  séligère  ofi  ils  finissent  chacun  en  un  cul- 
de-aac  qu'un  long  mésentère  attache  à  l'œsophage,  dans  la 
partie  antérieure  du  3"*  segment  sétigère,  un  peu  au-dessous 
de  la  gaine  de  muscles  de  la  trompe  (fig.  139,  h).  Ce  sont 
les  organes  découverts  par  Eisig  et  qu'il  compare  à  des  ves- 
sies natatoires  (t). 

Lorsqu'on  met  VH.  pantherina  hors  de  l'eau  peudant  une 
minute  à  peine,  elle  avale  de  l'air  que  je  vois  passer  par  la 
bouche,  l'œsophage  et  le  ventricule  dans  les  vessies  nata- 
toires, et  lorsqu'on  la  replace  dans  l'eau,  elle  surnage  comme 
un  bouchon  et  ne  peut  retomber  au  fond  qu'au  bout  de  fort 

|1)  Voir  Eisig,  toc.  cit.,  pi.  1,  fig.  I. 


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A1<INÉLIDES  POLTCBËTBS  DBS  COTES  DE  FRANCE.         335 

loDgtemps,  après  avoir  expulsé  par  la  bouche  et  aussi  un  peu 
par  l'anus  des  quanti  tés  de  grosses  bulles  d'air  qui  l'entourent 
comme  de  l'écume.  Les  vessies  natatoires,  très  distendues  et 
transparentes  lorsqu'elles  contiennent  de  l'air,  longues  de 
25  millimëtiessur  4  millimèlres  de  large,  pendent  flasques  et 
pitssées  quand  elles  sont  vides;  elles  sont  parsemées  de  cor- 
puscules d'un  vert  foncé. 

Les  Sconnectifs  œsophagiens,  qui  ont  chacun  un  gros  gan- 
glion dans  le  dernier  tiers  de  leur  parcours  du  cerveau  au 
1"  ganglion  de  la  chaîne  nerveuse  ventrale,  sont  colorés  en 
rouge  vif  comme  ce  ganglion.  Il  en  est  de  même  pour  le 
I"  ganglion  de  la  chaîne  nerveuse  placé  sur  la  limite  du  t" 
et  du  3"  segment  et  pour  le  ganglion  de  chacun  des  seg- 
ments suivants. 

Le  cordon  nerveux  ventral  double  renfermant  plusieurs 
fibres  nerveuses  colossales  est  placé,  comme  il  a  été  dit  plus 
haut,  au-dessus  de  la  partie  plane  médiane  ventrale  du  corps. 
Il  est  séparé  des  2  faisceaux  de  muscles  longitudinaux  ven- 
traux et  de  la  cuticule  épaisse  de  0",01 1  par  de  I  rfes  nom- 
breux boyaux  contournés  renfermant  des  corpuscules  bacil- 
laires (fig.  140).  Ces  boyaux  sont  disposés  en  5  groupes  : 
I  médian  composé  de  boyaux  courts  placés  entre  le  cordon 
nerveux  et  la  cuticule  et  %  latéraux  de  chaque  côté  du  cordon 
nerveux.  Chacun  de  ces  groupes  a  au-dessous  de  lui  un 
groupe  de' gros  pores  ovales  à  bords  plissés  bien  figurés  par 
Claparëde  (I  ).  La  plupart  des  boyaux,  mais  pas  tous,  débou- 
chent dans  un  pore  (fig.  141). 

La  circulation  du  sang  a  été  décrite  en  détail  parEisig.  Il 
a  décrit  aussi  les  glandes  génitales  hermaphrodites.  Ces 
glandes  (Hg.  1  i2)  entourent  les  nombreux  vaisseaux  en 
cscum  disposés  en  houppes  autour  de  la  base  des  pieds  de- 
puis le  6°" jusqu'au  16"°  segment  sétigère.  Formées  par  l'en- 
veloppe périlonéale  des  vaisseaux,  elles  conliennent  de  nom- 
breuses cellules  spermatogènes  très  petites  de  0",(i(H^  de 

(i)Loc.  ei(.,  pi.  XVm,  %.  4,  D. 


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336  BE  SAINT-JtOSEPH. 

diamètre  (flg.  143)  qui  entourenl  des  ovules  ronds,  incolores, 
de  O^'.Oie  h  0"°',050  de  diamètre  ou  des  œufs  mûrs,  violets 
(Hg.  1 44),  piriformes,  de  O",084  de  diamètre,  fixés  par  leur 
extrémité  pointue  ati  vaisseau  central.  Lorsqu'on  ouvre  l'ani- 
mal vivant,  ces  innombrables  peliles  bandelettes  violettes 
sont  du  plus  joli  eiTel. 

Je  trouve  sur  l'animal  vivant  les  organes  segmentaires, 
signalés  pour  ta  première  Tois  par  Goodrich,  à  tous  les  seg- 
ments, sauf  les  3  T",  et  placés  comme  il  l'indique.  L'organe 
cilié^  qui  peut  être  considéré  comme  un  pavillon  vibratile 
de  forme  particulière,  est  une  bandelette  incolore,  haute  de 
0"",2t,  à  cheval  sur  les  muscles  obliques  qui  se  dirigent  de 
ta  chaîne  nerveuse  ventrale  aux  parois  du  corps,  à  peu  près 
au  milieu  de  chaque  segment.  Du  côté  qui  enserre  les  mus- 
cles, elle  est  lisse  ;  de  l'autre  côté,  qui  est  tourné  vers  la  ca- 
vité du  corps,  elle  est  couverte  d'environ  80  plis  bien  figurés 
par  Goodrich  et  séparés  les  uns  des  autres  par  un  sillon 
large  de  O'^jOâ  garni  de  cils  vibraliles  très  fins.  Au-dessous 
des  muscles  obliques,  du  côté  le  plus  rapproché  des  parois 
du  corps,  l'organe  cilié  entoure  ToriBce  cilié  (O^.OS  de 
diamètre)  de  l'organe  segmenlaire.  Ce  dernier  assez  massif, 
de  couleur  grisâtre,  où  je  ne  parviens  pas  à  découvrir  les 
nombreuses  circonvolutions  figurées  par  Goodrich,  débouche 
par  un  assez  gros  pore  cilié  au-dessous  du  pied. 

VHesione  sicula,  d'après  des  exemplaires  venant  de 
Naples^  me  paraît  élre  absolument  la  même  que  l'espèce  de 
Sainl-Jean-de-Luz,  ayaut  aussi  une  papille  dorsale  à  l'en- 
trée du  pharynx  et  une  papille  bilobée  dorsale  à  chaque  pied. 
Il  en  est  de  même  de  VHesione  Steenstrupii,  comme  j'ai  pu  m'en 
assurer  sur  l'exemplaire  de  Quatrefages  cooservéau  Muséum. 

VHesione  retiadala  Von  Marenz.  (1)  en  est  bien  voisine. 

Malaquin  pense  que  VH.  Pantkenna  diflëre  de  VH.  sicula 
parce  qu'elle  est  de  plus  petite  taille  et  qu'elle  a  des  bandes 
dorsales  jaunes  transversales.  Mais  l'exemplaire  d'^.  Pan- 

(1)  Von  Marenzeller,  SdctjapatiiKhe  Annel.  I.  Beitrag  {Denkt-  <fcr  E.  Acad. 
dei  WiK.  tu  Wien,  t.  XLI,  1879,  in-4,  p.  21,  et  pi.  Ul,  Rg.  i  s.  *.}. 


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ANNÉLIDBS   POLYCHÈTES   DES    COTES   DE   FRANCE.         337 

thmina  d'Audouin  et  Mitne  Edwards  est  de  la  même  taille 
que  plusieurs  des  miens  et  je  retrouve  aussi  souvent  des 
bandes  transversales. 
Atlantique.  Méditerranée. 

Genre  PODARKE  Ehl. 

PODARBE  PALLIDA   Clpd.    (1). 

PonAHKB  TALLIDA  VoD  MareDzellcr,  Zur  Ktnni.  der  Adriai.  Annel.  I'"  Beilr.  {Siltb. 

der  k.  AkaJ.  der  Win.  lu  tfien,  in-S,  t.  LXIX,  1874,  p.  M  S.A.)- 

—  —        Pruïot  et  Racovitia,  Matériaux  pour  la  faune  des  Annél.  dt 

Banyult  {Ardiioea  de  lool.  exp&im.,  3""  série,  t.  III,   I8U5, 

p.  «3,  et  pi.  XVII],  fig.  T7-83). 

PI.  XlX.fig.  145. 

Un  seul  exemplaire  m&le  trouvé  dans  un  dragage  à  la  baie 
de  La  Forest  à  Concarneau.  par  5  à  6  mètres  de  fond  ;  inco- 
lore comme  l'exemplaire  mâle  de  Claparède,  long  de  3", 30 
sur  O^^.eO  de  large,  pieds  compris  sans  les  soies,  el  comp- 
lanl  en  tout  18  segments  dont  14  sétigëres. 

La  tète,  plus  large  (0"",27)que  haute  (O"", 15),  avec4yeux 
disposés  en  (rapè/e,  a  3  antennes  frontales  sans  base  dont 
la  médiane  plus  courte  (O^'iOT)  et  lisse  et  les  2  latérales  plus 
de  moitié  plus  longues  (O"",!?»)  et  articulées;  les  2  palpes, 
dont  la  base  assez  large  est  placée  sous  la  lèle,  sont  de  la 
même  longueur  que  les  antennes  latérales,  plus  externes 
qu'elles,  et  me  paraissent  vaguement  articulés.  Après  la  tête 
viennent  3  segments  apodes,  le  1"  et  le  V"  moins  hauts  que 
le  3"*  qui  est  de  la  taille  des  suivants,  ayant  chacun  2  paires 
de  cirres  lentaculaires  articulés  (12  cinesen  tout)  avec  base 
où  pénètre  un  acicule  incolore  très  tin  ;  le  plus  long  de  ces 
cirres  tcntaculaires,  qui  est  le  cirre  le  plus  dorsal  de  la 
3"'  paire,  a  (¥"',%  de  long.  Comme  chez  les  autres  l'odarke, 
ces  3  segments  étant  très  distincts,  les  cirres  lentaculaires 
ne  sont  pas  entassés  les  uns  sur  les  autres  ainsi  qu'il  arrive 

(l)Oa!ydronii(SpaHidiis.  (Claparède,  Glanures  Zool.  parmi  tes  Annél.  de Port- 
Vendres,  p.  61-62,  el  pi.  IV,  %.  1. 

AHN.    se.   NAT.   ZOOL.  V,   22 


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338  I 

si  souvent  cbez  les  Hésioniens.  Us  sont  suivis  de  14  segments 
sétigères  avec  cirre  dorsal  articulé  à  base  peu  élevée,  dont  le 
plus  long  esl  celui  du  1"  segment  (©"".S),  pied  conique  et 
cirre  ventral  lisse,  subulé,  sans  base,  long  de  O^'iOQ. 

Enlre  le  cirre  dorsal  et  le  mamelon  séligère,  et  ne  péné- 
trant pas  dans  la  base  du  cirre,  un  acicule  l!n  incolore,  dont 
la  pointe  esl  recourbée  vers  la  tête,  est  accompagné  d'une 
soie  unique  simple,  bifide,  avec  une  brancbe  plus  fine  et 
plus  courte  que  l'autre.  C'est  un  vestige  de  rame  dorsale.  Un 
gros  acicule  droit  et  pointu  pénètre  dans  le  mamelon  séti- 
gère  conique,  ne  faisant  pas  saillie  bors  du  corps  et  entouré 
d'un  éventail  de  12  à  22  soles  composées  dont  la  serpe  non 
bidentée,  de  longueur  très  inégale  fO^-jlS  à  0"-,091),  est 
finement  dentelée  au  bord.  Ces  acicules  et  ces  soies  sont 
exactement  figurés  par  Pruvoi  et  Racovifza. 

Le  corps  finit  par  un  segment  anal  apode  et  achè(e(fig.  i  45), 
deux  fois  plus  large  que  haut,  ayant  de  chaque  côté  un  petit 
mamelon  qui  est  peut-être  un  rudiment  de  pied,  et  terminé 
par  2  longs  {0'"°,52}  cirres  anaux  vaguement  articulés. 

La  trompe  proprement  dite,  que  je  ne  voispasextroversée, 
occupant  les  2  1"*  segments,  est  suivie  de  ra?sophage  mus- 
culeux  s' étendant  dans  les  5  suivants  et  l'intestin  commence 
au  8"'  segment. 

Les  pieds  des  5  derniers  segments  sétigères  sont  remplis 
de  cellules  spermatogènes  dont  les  plus  grosses  ont  0"",()1 35 
de  diamètre. 

Cette  Podarkc  qui,  d'après  Pruvot  et  Racovit/a,  a  une 
teinte  verdâlre,  du  moins  cbez  les  femelles,  esl  voisine  de  la 
P.  pîridescens  Ehl.  (t),  qui  esl  aussi  une  femelle,  surtout  si 
l'on  admet  comme  Marion  et  Bobrelzky  (2)  que  ta  P.  virides- 
ccns  a  quelquefois  une  rame  dorsale  rudimentaire  repré- 
sentée par  des  soies  simples  accompagnant  l'acicule  dorsal. 

Méditerranée. 

(1)  Die  BortUnwùrmer,  p.  194,  et  pi.  V[[l,  fig.  6-8. 

(2)  Étude  des  Annél.  du  gotfe  de  Marseille  (An»,  des  se.  not.,  6"'  série, 
t.  U,  p.  49). 


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ANNÉLIDES  t>OLTCHÈTES  t>ES   COTES  DE  FflANCE.        339 

Genre  OPHIODROMUS  Sars  {Stephania  Clpd.). 
Ophiodkoxus  plbsuosus  D.  Ch.  (1). 

J'en  trouve  un  exemplaire  &  Concarneau,  au  cap  Coz,dans 
une  galerie  creusée  par  une  Synapta  dans  le  sable  vaseux 
compact.  Il  a  35  millimètres  de  longsur  4  millimètres  de  large 
y  compris  les  pieds  sans  les  soies  dans  ta  partie  la  plus 
large  et  la  coloration  caractéristique  du  corps  avec  3  bandes 
blancbes  larges  occupant  tout  le  dos  aux  segments  séti- 
gères  6,  9  et  14. 

Mancbe.  Atlantique.  Méditerranée. 

FAMILLE  BES  «LVCÉKIENK  Gr. 

Genre  GLYCERA  Sav.  {Gr.  char,  entend.). 

GLycERA  Meswli  N.  s. 
PI.  XIX,  fig.  IM-148,etpl.  XX,  fig. '149-157. 

Deux  exemplaires  trouvés  au  Croisic  dans  le  sable  vaseux 
près  de  l'Eslacade  et  à  Pen-bron. 

Le  corps  de  même  couleur  que  celui  de  la  Glyceracort' 
volula  Kef.,  a  12  centimètres  de  long  dans  l'alcool  sur 
3"', 5  de  large  sans  les  pieds  et  5  millimètres  avec  les 
pieds  à  la  Bn  du  1"  tiers.  Il  va  en  s'amincissant  progressi- 
vement en  arrière  et  n'a  plus  à  la  fin  que  2", 5  de  large 
dont  O"",^  pour  le  corps  et  2  millimètres  pour  les  pieds, 
qui  sont  toujours  à  peu  près  aussi  longs,  tandis  que  le 
corps  devient  presque  filiforme.  Les  262  segments  sont 
biaimelés,  sauf  les  3  1"";  les  tO  antérieurs,  sont  très  bas  et 
très  serrés  et  ceux  de  l'extrémité  inférieure  du  corps  plus 
hauts  et  plus  espacés.  La  lêle,  conique,  pointue,  terminée 

(I)  Voir  Annél.  polyeh.  des  eâtts  de  Dinard,  2'*  parité  (Ann.  des  se.  nat., 
1"  série,  t.  V,  p.  326). 


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340  DE  SAUVr-dOWBPH. 

par  de  petites  antennes,  longue  de  i'"',iO  sur  0"~,60  «le 
large  à  la  base,  a  12  pseudo-segments  non  biannelés. 

Les  pieds,  portés  sur  un  pédicule,  sonlbiramés.  La  rame 
dorsale  {flg.  149,150,  151}  comprend  un  cirre  dorsal  court, 
massif  et  arrondi,  placé  très  en  arrière,  un  mamelon 
antérieur  triangulaire  et  un  mamelon  postérieur  de  même 
forme,  mais  à  base  plus  large  et  un  tiers  moins  long. 
Entre  les  2  mamelons  sort  un  faisceau  supérieur  et  un 
inférieur  de  soies  simples  finissant  en  pointe  fine,  légè- 
rement recourbée  en  avant,  très  finement  mouchetées,  et 
crénelées  au  bord  intérieur,  au  nombre  de  tl  à  13  en  (oui; 
un  acicule  droit  et  fragile  pénètre  dans  le  mamelon  an- 
térieur. 

La  rame  ventrale  comprend  un  mamelon  antérieuravcc  base 
plus  large  que  chez  celui  de  la  ramedorsale  (fig.  1 50,  i  51  ),  un 
mamelon  postérieur  près  de  moitié  plus  court  que  ce  ma- 
melon antérieur  et  un  groscirre  ventral  poliiciforme  aussi 
long  que  le  mamelon  postérieur  dans  la  partie  antérieure  du 
corps  (fig.  149} et  moins  long  dans  la  partie  médiane  (lig.  150, 
151).  Entre  les  deux  mamelons  sortent  un  faisceau  supé- 
rieur et  un  faisceau  inférieur  de  soies  composées  au  nombre 
de  14  à  17  en  tout,  avec  article  légèrement  recourbé  en 
avant,  finement  moucheté  et  crénelé  au  bord  (fig  140).  Lors- 
qu'on regarde  de  face  ce  bord  crénelé,  on  voit  qu'il  n'est 
pas  tranchant,  mais  qu'il  est  d'une  certaine  épaisseur,  qu'il 
est  crénelé  de  chaque  côté  et  que  les  crénelurcs  d'un  côté 
sont  reliées  à  celles  de  l'autre  par  une  rangée  tranversale 
d'épines  très  fines  (fî g.  147).  La  même  disposition  existe 
pour  les  soies  simples  de  la  rame  dorsale.  Les  2  branchos 
qui  terminent  la  hampe  sont  de  même  hauteur,  mais  la 
lamelle  chitineuse,  mince,  transparente,  à  stries  longitudi- 
nales fines  qui  les  relie  n'est  pas  rectiligne  comme  cliez  la 
Gli/cera  g'igantea  Qfg.  (1),  la  G.  convn/uia  Kef.  et  la  G.  alfia 
Itiillikc;  elle  est  taillée  en  biseau  (lig.  148).  l'n  ucicule  fin 

(Ij  Voir  Ai\nél.  jxilych.  dei  cûlet  de  Dinard,  3™°  parlïe  (Ann.  des  se.  nal., 
•7-«B«rie,t.  XVU,  pi.  Il,  «g.  22  a). 


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ANXËLIDES  POLYCRÈTES  DBS  COTES  DE  FRANCE.   341 

un  peu  recourbé  h  l'extrâmilé  pénètre  dfuis  le  mamelon 
antérieur. 

A  partir  du  20"'  segment  sétigère  environ  jusqu'aux  30 
it  35  avant-derniers  environ,  une  branchic  simple  non  bifur- 
quée  est  placée  à  la  face  antérieure  du  pied,  à  peu  près  à  la 
commissure  des  2  mamelons  antérieurs  (fî^.  ISI).EIle  a  la 
forme  d'un  sac  allongé  de  tissu  mince,  transparent,  se  plis- 
sant lorsqu'il  n'est  pas  distendu.  Elle  est  rélractile  et  l'orifice 
qui  lui  livre  passage  est  entouré  de  plis  (fig.  150).  Lors- 
qu'elle est  rentrée  dans  l'intérieur  du  corps,  les  pieds  sem- 
blent être  abranches.  Il  en  résulte  qu'il  est  difficile  de  dire 
exaclement  pendant  combien  de  segmenta  elle  existe,  el  il  est 
probable  que  quelques  Glycériens,  décrits  comme  n'ayant  pas 
de  branchies,  surtout  lorsqu'on  les  a  examinés  après  conser- 
vation dans  l'alcoot,  sont  des  animaux  dont  les  branchies 
rétractilessont  toutes  rentrées  dans  le  corps,  comme  je  l'ai 
observé  chez  quelques  Glacera  gigantea  mises  dans  l'alcool. 

A  la  région  postérieure  du  corps,  les  pieds  abranches 
sont  plus  amincis  et  paraissent  tridaclyles  (tig.  132).  Le 
mamelon  postérieur  de  la  rame  ventrale  est  plus  court  que 
dans  les  segments  précédents  et  te  cirre  ventral  est  aussi 
long  que  les  mamelons  antérieurs  des  t  rames. 

Par  exception  les  pieds  des  2  1'"  segments  séligères  n'ont 
pas  de  rame  dorsale  el  n'ont  qu'une  rame  ventrale  avec  des 
soies  composées. 

Le  corps  se  termine  par  un  segment  anal  achète  et 
apode  deux  fois  plus  haut  que  le  précédent,  avec  2  cirres 
anaux  minces  longs  de  0'°'°,84. 

La  bouche  s'ouvre  sous  les  4  1"*  segments  en  arrière  de 
la  léte.  La  partie  antérieure  de  la  trompe  (au  repos)  qui  y 
fait  suite  (fig.  153)  a  1  centimètre  de  long  sur  3"", 30  de 
large.  Sur  sa  paroi  extérieure  qui  est  lisse,  on  voit  par 
transparence  18  cordons  nerveux  longitudinaux  paral- 
lèles (fig.  153,  a.);  la  paroi  intérieure  (fig.  154,  a)  est  cou- 
verte de  très  nombreuses  papilles,  les  unes  en  cône  très  obtirs 
(fig.  155),  les  autres  pins   basses,  plus  larges  et  plus   ar- 


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342  I 

roDdies(fîg.  1 56). L'entrée  de  la  partie  postérieure  de  la  (rompe 
(fig.  154,  b)  est  armée  de  4  mâchoires  très  noires  (fig.  157), 
ayaat  chacune  un  arc-boutant,  disposées  en  croix  grecque, 
moins  recourbées  que  chez  la  Glycera  convoluta,  et  placées 
au-dessus  de  4  grosses  glandes  blanches  qui  font  saillie  à 
l'intérieur  et  surtout  à  l'extérieur  oîi  elles  sont  adhérentes 
aux  parois  {fig.  153,  i,  et  154,  i).  Celte  partie  postérieure  delà 
trompe,  longue  de  5  millimëtres,  débouche  par  un  sphincter 
dans  l'estomac  (fig.  1 53,  c,  1S4,  c)long  de  5  millimètres  comme 
chez  la  G.  convoluta  (1),  à  parois  épaisses,  lisses  à  l'exté- 
rieur et  garnies  intérieurement  d'environ  30  replis  trans- 
versaux parallèles,  d'un  tissu  grisâtre  rempli  de  granula- 
tions fines.  Il  communique  avec  l'intestin  (fig.  153,(/)  A  parois 
plus  minces,  garni  intérieurement  d'environ  12  replis  lon- 
gitudinaux parallèles  sur  lesquels  sont  rangés  des  crêtes  on 
des  papilles  irrégulières  remplies  de  granulations  grises 
(fig.  154,  rf). 

Lorsque  la  trompe  est  extroversée,  elle  a  la  forme  d'une 
massue  terminée  en  avant  par  les  4  mâchoires.  La  partie 
antérieure,  couverte  intérieurement  de  papilles  devient 
extérieure,  couvrant  comme  d'un  doigt  de  gant  (â)  la  por- 
tion postérieure  de  la  trompe  et  l'estomac,  qui  à  eux  deux 
sont  de  même  longueur  qu'elle,  et  l'intestin  se  Irouve  alors 
&  la  hauteur  de  l'entrée  de  la  bouche. 

Parmi  les  Glycériens  à  branchies  simples,  la  G.  Mesnili 
se  rapproche  surtout  de  la  G.  fallax  Qfg.,  qui  a  aussi 
une  branchie  simple  rétractile  à  la  face  antérieure  du  pied, 
mais  qui  est  si  imparfaitement  décrite  qu'il  est  impossible 
de  faire  une  comparaison  exacte.  La  G.  fuUkulosa  Ehl.  a 
également  une  branchie  simple  rétraclile,  mais  placée  sur 
le  bord  supérieur  de  la  rame  dorsale  ;  de  plus  ta  taille  (fe 
l'animal  est  beaucoup  plus  grande  et  le  mamelon  posté- 

(1)  C'est  pu  suite  d'une  erreur  d'impression  que  l'eslomac  de  1&  G.  con- 
voluta est  donné  dans  la  J*"  partie  de  mon  travail  sur  lea  Anntlides  de  Di- 
n&rd,  p.  29,  comme  ayant  ^  centimètres  de  long. 

(2)  Je  trouve  à  celte  partie  de  la  trompe  sur  un  des  2  exemplaires  <juel- 
i|ues  nématocysles  d'AclJnic. 


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ANNÉLIDES   POLVCHÈTBS  DES   COTES   DB  FRANCE.        343 

rieur  de  la  rame  dorsale  est  plus  court  el  plus  arrondi. 

Je  reçois  de  la  station  zoologique  de  Naples,  sous  le  nom 
de  Glycera  Siphonostoma  D.  Ch.,  un  Glycérien  conservé 
dans  l'alcool,  de  240  segmente,  long  de  17  centimètres  sur 
4  millimètres  de  large  sans  les  pieds  et  7  millimètres 
avec  les  pieds  dans  sa  partie  la  plus  large  (4  milli- 
mètres à  la  fin  du  corps  dont  i°°',5  pour  les  pieds},  qui  a 
aussi  une  branchie  sur  la  face  antérieure  des  pieds;  mais 
cette  branchie,  qui  existe  du  20"°'  segment  au  26"' à 
30"'  avant-dernier,  estbifurquée  (fig.  158).  Comme  elle  est 
rétractile,  quelquefois  il  n'y  en  a  pas  trace  ou  il  ne  sort  du 
corps  qu'une  des  2  branches  en  forme  de  sac  allongé.  Les 
mamelons  antérieurs,  surtout  celui  de  la  rame  dorsale, 
ont  une  large  base  el  finissent  en  pointe;  les  2  mamelons 
postérieurs  (Ijg.  159)  ont,  celui  de  la  rame  dorsale,  un  tiers 
de  longueur  de  moins  que  le  mamelon  antérieur  correspon- 
dant, celui  de  la  rame  ventrale  moitié  moins.  Le  cirre  ven- 
tral est  aussi  long  que  le  mamelon  postérieur  de  la  rame 
ventrale.  Les  soies  sont  entièrement  les  mêmes  que  chez  la 
G.  Mesnili. 

La  trompe  et  l'estomac  sont  semblables  à  ceux  de 
la  6.  Memili  comme  structure  intérieure  et  extérieure; 
seulement  ils  sont  deux  fois  plus  longs  et  l'entrée  de  la 
région  postérieure  de  la  trompe  avant  les  4  mâchoires  est 
couronnée  de  grosses  papilles  rondes.  Us  occupent  le  quart 
antérieur  du  corps  el  s'étendent  jusqu'au  52"*  segment  où 
commence  l'intestin. 

Celte  Glycera  n'est  pas  la  G.  siphonostoma  qui,  d'après 
Claparêde,  n'a  pas  de  branchies,  el  même  en  admettant  qu'on 
y  aitretrouvé  depuis  des  branchies  rétractilesquilui  auraient 
échappé,  la  slruclure  des  pieds  tels  qu'il  les  représente  (1) 
est  toule  difTérenle.  Celle  espèce  de  Naples,  à  branchies  bi- 
furquées  sur  la  face  antérieure  du  pied,  me  parait  se  rap- 
procher de    ta  Glycera  unkomis  Sav.  el  surtout  de  la  Giy- 

(1)  Amil.  du  golfe  de Naptts.pi.  Wl.tig.  2  el2  A, 


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344  DE  SAINT^OSEPH. 

cera  Meckelu  Aud.  et  Edw.  qui  a  les  2  branches  de  la 
braochie  disposées  comme  les  figurent  ces  auteurs  (1)  cl 
non  comme  les  figure  Grube  (2)  pour  ta  G.  Meckelii  ?  qui 
doit  être  une  autre  espèce. 

ÛLVCERA  ALBA  Rattike  (3). 

Gi.ycsn*  alia  OGrsted,  Annul.  Dan.  consp.,  IStS.p.  .13,  elfig,14,  10».  Ita,  MO. 

—  —    Grube,  fin  Aaspug  nack  Trial  unddem  (Juamero.  Berlin,  ISOI,  lo-S, 

p.  80  et  00. 

—  —    Qu&lrehges,  Hisl.  nal.  da  Annel..  t.  H,  p.  IRC. 

—  -    Malmgren,  Ann.  polych.,  p.  183,  et  pi.  XV,  Bg.  «1. 

—  —    Ehleri,  Dit  Boralmwûrmtr,  p.  660. 

—  —    Grubf,  IHt  Familie  der  Glycereen  (Jakmb.  dtr  ScIkUi.  GettlU.  far 

Ig69..Bre8lau,  1S70,  p.  »  et  8,  S.  A.). 

—  —    Willemues  Suhm,   Vtbei-  die  Annel.  der  FSrSr   Imeln  {Zeits.  fir 

wis».  zooi.,  t.  Win,  m%.  p.  US,  et  pt.  xvm,  ûg.  1-3). 

—  —    Arwidssoii,  Zur  Kennt.  der  Gallungen  Glgcera  urtd  Goniada {Bihang 

un   Stentka  Vet.  Àtad.  Handligar{\.  XXm,  afd.  IV, n"  6,  30  p. 
et  1  pi.). 

Deux  exemplaires  incomplets  dans  le  sable  au  Banc  des 
Chiens  près  le  Pouliguen. 

Le  corps  d'un  blanc  laiteux,  long  de  7  centimètres  sur 
2",5  de  large  (S^'.S  avec  les  pieds)  en  avant,  chez  l'exem- 
plaire le  plus  long,  diminue  progressivement  de  largeur,  mais 
n'est  pas  aussi  effilé  à  la  fin  que  chez  la  Glacera  Bouxii. 

Cet  exemplaire  a  1 42  segments,  dont  les  1 2  derniers  n'ont 
plus  de  branchies.  Si,  comme  le  dit  Ehlers,  les  12  der- 
niers segments  sont  abranches  chez  la  G.  alba,  il  est  à  pré- 
sumer que  l'individu  dont  il  est  question  ici  est  à  peu  prés 
complet  et  qu'il  ne  doit  guère  lui  manquer  de  segments. 

Ehlers  et  Grube  ont  déjà  remarqué  une  1res  grande  res- 
semblance, que  je  ne  puis  que  confirmer,  entre  la  Ghjcera 
convoluta  Kef.  et  la  G.  alba.  Je  renvoie  donc  pour  la  des- 
'Cription  de  la  G.  alba  à  celle  que  j'ni  donnée  de  la  G.  con' 
voluia  (4),  notant  seulement  ici  les  caractères  propres  à  la 

(1)  ReckerchetpovT  servir  à  rhist.  natw.  du  liUoraldela  France, ^\.\\,fi%.'S. 

(2)  Btickr.  neuer  oder  wenig  bekannt,  Atmet.  {Archiv  fur  Halurg.,  1855. 
pl.lV,ng.3). 

(3)  Beitr.  tw  Pauna  Narwegens  (ffotiii  acla  Aead.  L  ۥ  Mat.  curios.,  t.  XX, 
1840,  p.  173,  et  pi.  tX.fig.  9). 

{4)  Les  Annél.  polych.  des  càtes  de  Dinard,  i<"  partie  (.Inn.  deâ  se.  mI.. 
7"  série,  t.  XV|[,  p.  27,  et  pi.  U,  lig.  30-3fi). 


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ANNÉUDES   POLYCBÈTES  DES  COTES  DE  FRANCE.        345 

G.  alba  :  les  pieds  sont  semblables  à  ceux  de  la  G.  convoluta 
avec  le  mamelon  postérieur  inférieur  court  el  arrondi  ;  les 
3  autres  mamelons  sont  seulement  plus  triangulaires.  Malm- 
gren  {/oc.  cit.^  fig.  82,  D)  en  donne  une  figure  très  exacte  ;  les 
petits  boutons  qu'il  représente  entre  le  cirre  dorsal  et  la 
branchie  et  que  j'observe  aussi  quelquefois  chez  la  G.  con- 
voluta sont  probablement  des  renflements  de  la  base  de  la 
branchie  comme  le  pense  Quati-efagcs.  Les  branchies  qui 
commencent  au  14'"*  ou  lô"*  segment  sont  moins  longues 
que  chez  la  G.  convoluta;  elles  manquent  aux  12  derniers 
segments,  d'après  Ehlers,  comme  il  a  été  déjà  dît,  et,  chez  la 
G.  convoluta,  aux  6  derniers  seulement  ;  les  soies  sont  un  peu 
plus  Unes,  cl  du  reste  entièrement  semblables  à  celles  que 
j'ai  figurées  pour  la  Glyceragigantea  (1),  qui  sont  les  mêmes 
que  chez  la  G.  convoluta.  Les  papilles  de  la  trompe  sont 
plus  courtes  {0",042  au  lieu  de  0",071)  que  celles  de  la 
G.  convoluta  et  plus  larges,  et  il  s'y  mêle  Qà  el  là  quelques 
papilles  rondes  plus  grosses. 

D'après  Bidenkap  (2)  la  Glycera  alba  Sars  est  la  même 
que  la  G.  capitula  Œrsl . 

Mers  du  Nord.  Atlantique.  Méditerranée. 

FAIIILLE  DES  SPHABRODO BIDES  Mgr. 

Genre  EPHESIA  Rathke,  Lev.  rev. 
EPHEStA.  GRACius  Rathke  (3). 

Un  exemplaire  venant  du  Plateau  du  Four,  long  de  3  cen- 
timètres sur  1  millimètre  de  large  avec  94  segments  en  tout 
dont  chacun  a  3  raies  jaunes  transversales  dorsales  super- 
posées. 

(1)  AnTiél.  Polych.  des  cites  de  IHnard,  3"  partie  (Ann.  de$  Se.  luil., 
7"*  sËrie,  t.  XVII,  p.  24,  et  pi.  Il,  lig.  22). 

(2)  Syst.  ùvers.  over  Sorges  Aunui.  Polych.  {Chrislianta  vidensk.  Setsk 
Forhand.,  1694,  p.  77). 

(It)  Voir  Annél.  polych.  des  côtes  de  Dinard  ^"  paKIe  {Ann.  des  se,  nat., 
7"  série,  l.  XVII,  p.  38,  el  pl.  III,  lig.  51-541. 


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346  DE  «AEVT-JOSBPD. 

PAHIIXE  DES  CIBRATULIENS  V.  Carus. 

Genre  DODECACERIA  OErst.  Lang.  rev. 

DODECACEHIA  CONCBARUH  CErsl  (1). 

TniMLLA       oiTHEX     Oaly.  Dalyell.  Poweri  o/  llte  Creator,  etc.,  t.  Il,  p.  a»,  H 

pi.  XXVI.  fig.  10. 
DODsucMiit  concHARUa  JohnetOD,  Calai,  af  Brii.  non  parant.  Worvtt,  1865,  p.  VXt, 

et  ùg.  XXXVIII. 

—  —  Me  Intoeb.  On  Ihe  boring  o(  ctrtain  Annelids  lAnn.  ofnal. 

hiît.,  t»  e«rie,  1808,  1.  Il,  p.  38fl,  et  pi.  XX.  flg.  1-t). 

—  —         LaoKerbana,  Die  Wurmfauna  von  Madeira.  III  '"  Beitmg 

[ZeiU.  fur   Wm.  Zool.,  t.  XXXIV,  1880,  p.  96,  et  pi.  IV. 
flg.  8). 
->-  —         Cuuaingbam  et  Ramage,  Potych.  tfdent.   of  the  Firlh  af 

Forlh  {Trani.  R.  Soc.  of  Edinburgh,  1.  XXXIII,  1RS8. 
p.  G47,  et  pi.  XXXIX.  Ûg.  13). 

—  —         MoDticelli.  Sulla  fauna  di  Porto  Torrei  (Sardegna)  (Boi- 

Ml.  délia  Soe.  di  Salue,  in  Napoli,  I.  IX,  1B9&,  publié 
en  IMîHS,  p.  81-8^). 

—  —         HesDil  et  Ciuller;.  Sur  rexitlence de»  formet  éfiilogutu  chei 

Iti  Annélidea  dr  la  famille  des   Cirratulitnt   {Comptée 
rendut  de  VAcad.  des  se,  !8  lept.  rSW), 
?  HiTRnounxuB    atih    (jfg.  Quatrefa^es,  //ùJ.  tutl.  de»  Annel.,  t.  I,  p.  tSâ,  «t 
pi.  X,  &g.  13-n. 

—  sAxicOLA  Gr.  Grutie,  Betchr.  neuer  ader  wentij  bekannl.  Annel-  {Arthiv 

far  Nalurg.,  I35&,  p.  109,  et  pi.  Iv.Bg.  11).  —  Die  Familie 
der  Cirraluliden  (Jahreib.  der  Schles.  GeselU.  fur  I8;i. 
Breslau,  1873,  p.  7.  S.  A). 

—  —        MarioD  et  Bobretiky,  Étude  tur  te»  Annél,  du  golfe  dt 

MarteilU  {Anii.  det  ic,  nat.,  6"  ïérie,  t.  Il,  p.  97). 

PI.  X.X,  lig.  160-161. 

Un  seul  exemplaire  femelle  mûr  trouvé  dans  le  sable  va- 
seux à  Pen-bron,  examiné  après  plusieurs  années  de  conser- 
vation dans  l'alcool. 

Le  corps,  coloré  en  vert  Toncé  chez  l'animal  vivant,  est 
long  de  1  S"", 5  sur  i°'",2i>  de  large  dans  l'alcool,  avec  59  seg- 
ments en  tout. 

La  tète,  sans  yeux,  est  allongée  en  cône  très  obtus;  la 
bouche  s'ouvre  près  de  son  extrémité  antérieure  du  côté  ven- 
tral. Le  segment  buccal,  achète,  porte  2  gros  tentacules  lalé- 

(t)  (»:i>l(>.l,  .1".!.  Dui"--  •■oi'fprcluf,  iii-8.  I8i3,p.  44pt  (ig-9'J. 


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AKNËLIDES  POLVCHÈTES  DES  COTES  DE  FRANCE.    347 

raux  et  2  branchies  dorsales  moins  longues  et  plus  minces. 
Ces  dernières  existent  aussi  aux  4  segments  suivants.  Il  y  a 
donc  12  appendices  en  loul,  y  compris  les  cirres  tentacu- 
laires;  le  reste  du  corps  en  manque.  Les  6  segments  qui 
suivent  le  segment  buccal  ont  chacun  un  mametoo  dorsal 
et  un  ventral  avec  un  faisceau  de  soies  capillaires,  les  unes 
plus  minces  et  moins  longues  que  les  autres,  toutes  fine- 
ment dentelées  au  bord.  Aux  22  segments  suivants,  ces  soies 
sont  remplacées  par  des  crochets  qui,  au  20"  segment, 
sont  au  nombre  de  8  ou  9  au  mamelon  supérieur  et  de  5  ou  6 
au  mamelon  inférieur.  Ils  ont  une  petite  pointe  précédant 
le  croc  terminal  (fig.  160)  qui,  vu  de  face,  est  creusé  en 
forme  de  cuiller  (fig.  161).  Puis,  du  29°"  au  41'"  segment 
sétigëre,  les  soies  simples  reparaissent  au  mamelon  dorsal 
où  il  ne  reste  plus  qu'un  ou  2  crochets,  rien  n'étant  changé 
nux  crochets  du  mamelon  ventral;  enfin  les  16  derniers 
segments  sétigères  n'ont  plus  de  nouveau  que  des  croclielâ 
aux  2  mamelons. 

Le  corps  qui  s'élargit  aux  10  avant^derniers  segments,  se 
rétrécit  de  nouveau  aux  4  derniers  et  finit  par  un  segment 
anal  achète  avec  mamelon  bilobé  terminal  dans  lequel 
s'ouvre  l'anus. 

A  partir  du  11°"'  ou  12''  segment  séligère,  le  corps  esl 
rempli  d'œufs  ayant  0°'°',042  de  diamètre. 

MM.  Mesnil  et  Caullery  ont  observé  chez  des  exemplaires 
complètement  mûrs  de  la  D.  concharum  une  forme  épitoque 
caractérisée  surtout  par  la  modification  de  l'appareil  visuel  et 
musculaire,  et  par  l'apparition  de  soies  uatatoires(  1  ).  L'exem- 
plaire femelle  que  je  viens  de  décrire  et  l'exemplaire  femelle 
décrit  par  Langerhaus  n'offrent  pas  de  caractères  épitoques. 

D'après  .VIonlicclli,  la  D.  concharum  serait  hermaphrodil  e. 

(t)  J'avais  déjà  signalé  l 'apparition  de  ces  soius  chez  un  autre  Cirratulien, 
YHettToeirrm  caput  csoeis  St-Jos.,  lorsqu'il  conliunt  des  éléments  sexuels 
(Anni>(.  tfcii  raies  de  Dimrd,  G"*  partit',  p.  34).  MM.  Mesnil  et  Caullery  les 
retrouvent  également  chez  Vlleterocirrun  /îaio-tiriJi*  Sl-Jos.  Ces  observa- 
lionn  peruieltraiont  peut-être  d'établir  que  ces  formes  épitoques  sont  assez 
s  chei  les  Cirratuliens. 


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DE  flAlMT-^OaiEPH. 


Mers  du  Nord.  Manche.  AllanUque  (Madère,  Élals-Uois). 
Méditerranée. 


FAMILLE  »e!l  SACtWCIRHIEniS  Bobr. 

Genre  SACCOCTRRUS  Bobr. 

Saccocirrcs  papillocehcus  Bobr.  (f }. 

Succocmiits  l'^riLLOCBHCUS  HaHoD  el  BobreUky,  Elude  du  Annél.  du  golfe  île 
Marteille  (^nn.  det  jc.  tint.,  «°"  série,  t.  U,  187», 
p.  Gtl,  et  pi.  IX  elX,  ùg.  19). 

—  —  Laugerhsne,  Die  Wurmfauna  von  Madtira  (Zàtt.  far 

Wist.  Zûol..  t.  SXXIV,  1880,  p.  lOl.etpl.  IV,  «g.  n). 

—  —  CzierDavsky,  Mafeno/ia  ad  faunan  Ponltcam  compara- 

lam  (Bull,  de  la  Soc.  de*  Salur.  de   Motcou,   IHSI, 
p.  »5C|. 

PI,  XX,  flg.  162-163. 

lieux  fois,  à  la  pèche  pélagique,  je  trouve  à  Concarneau 
une  larve  télotroque  observée  pour  la  première  fois  par  .Milne 
Edwards  (2),  dans  le  délroil  de  Messine,  et  attribuée  par  lui 
à  un  Amphinooaien  de  la  Méditerranée. 

Claparède  et  Mecznikow  (3)  qui  l'ont  retrouvée  à  Naples 
et  dans  la  mer  Noire,  pensent  que  c'est  peut-être  une  larve 
de  Spionidien,  mais  n'appartenant  pas  au  genre  Spio. 

Le  corps,  massiTet  opaque,  est  long  deP'iâO  surO"",40de 
large  dans  la  partie  médiane  (fig.  162).  La  télé,  marbrée  do 
brun,  arrondie  en  avant,  avec  4  gros  yeux  disposés  en  tra- 
pèze, porte  de  chaque  côté  un  lobe  membraneux  incolore. 
A  la  limite  de  la  tète  et  du  segment  buccal  achète,  il  y  a 
une  couronne  de  longs  flagellum  au-dessous  de  laquelle 
s'ouvre  de  cliaque  côté  une  large  fossette  vibratile.  Le  seg- 
ment buccal  est  suivi  de  15  segments  sétigères  apodes, 

(1)  BobreUky,  S.  Papitlocercus.  Type  d'un  nouveau  genre  d'Annilide  (en 
langue  rus^e)  {Mémoires  de  ta  Société  desNalur.dt  Kiew,  t.  U,  <  87 1-72,  p.  311- 
250,  el  pi.  IV  el  V,  fide  Ciiern.). 

(2)  Voyage  en  Sicile.  Développement  des  Annélides,  l.  1,  1X49,  in-4,  p.  3H,  «t 
pi.  III.  (iR.  41. 

(3)  Beitr.  zuiKmnt.  der  Eniwick.  derChxlop.(Zeits.  fur  Wiss.Z»/.,  t.  Xl.\, 
1869,  p.  ("a,  et  pi.  XIII,  tig.  I). 


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ANNÉLEDES    POLYCBÈTES    DES    COTES    DE   FRANCE.         349 

vaguement  indiqaés,  colorés  en  brun  verdftlre  et  de  chacun 
desquels  sort  de  chaque  côté  un  faisceau  de  3  ou  4  soies  sim- 
ples d'une  seule  sorte  ayant  une  Torme  très  particulière 
(fig.  163),  s'élargissant  en  avant  avec  une  cannelure  latérale 
longitudinale  de  chaque  côté.  Elles  sont  plutôt  courtes.  Le 
segment  anal,  coloré  en  brun  foncé,  est  légèrement  bilobé.  Il 
est  précédé  d'un  bourrelet  avec  une  couronne  de  longs  flagel- 
lum  comme  ceux  de  la  base  de  la  tête. 

La  bouche  ventrale  est  bordée  de  2  longues  lèvres  longi- 
tudinales colorées  d'un  pigment  foncé  presque  noir. 

Ces  longues  lèvres,  les  2  lobes  membraneux  de  la  tèle  qui 
sont  les  rudiments  des  2  gros  cirres  tenlaculaires  de  l'adulte, 
les  fossettes  vibratiles  du  segment  buccal  et  surtout  la  forme 
1res  particulière  des  soies,  me  paraissent  indiquer  claire- 
ment, comme  c'est  aussi  l'avis  de  Bobreizky  (I)  que  cette 
larve  est  celle  du  Saccocirrus  papiUocercus. 

Méditerranée.  Mer  Noire.  Atlantique  (Madère). 

VAMILLB  DES  KPIONIDIBNS  Sars. 

Genre  NERINE  Johnst.  Mesn.  rev. 

Nerine  cirratulus  D.  Ch.  (2). 

NsntNB  cmnATULOs  Claparède,  Annil.  du  golft  de  Naplts,  p.  3ÎG,  et  pi.  XXIV, 
flg.  I.  —  Recherches  sur  la  structure  des  AnniUdet  séden- 
taires [Mém,  de  la  Soc.  de  phys.  et  d'hist.  tiat.  de  Genève, 
l.  XXII.  iD-i«,  1873  p.  IS.  24,  53,  64,  70.  71,  100,  lOÎ,  107, 
no,  et  pi.  XV). 

—  —  CuBnÎDgbdm  et  Ramage,  Polffch.  sedent.  of  the  FirCh  of 

Forfi  {Trans.  Bdinb.  Soc,  l.  XXXIII,  1888,  in-4,  p.  637, 
et  pi.  XXXVl,  ûg.  ■>). 

—  Lo  Bïanco,  Uli  Annei.  lubicoli  Irovati  nel  gotfo  di  Napolî 

{Atti  deW  Accad.  detU  icienie  di  Xapoli,  i"  strie,  t  V, 
iD-4,  1803,  p.  n). 

—  —  Mcsnil,  Étiidet  de  morphologie  externe  chei  tes  Annilides. 

l.  Les  Spionidiejts  des  côtes  de  la  Manche  {Bull,  scient. delà 
France  et  de  la  Belgique,  t.  XXIX,  1B!IS,  p.  1£3.et  pi.  IX 
CD  eotier). 

(1)  Marîon  et  Bobretzky,  Étude  des  Annit.  du  golfe  de  Marseille  {Ann.  des 
se.  nat.,  6-*  s'érie.l.  Il,  187.Ï,  p.  70). 

(2)  Lumbricus  eirratulus.  Dclle  Chiaje,  Ment,  su  gli  Anim.  senta  vertèbre, 
1.1V,  p.  196,  fide  Clpa. 


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3S0  De  MAiwr-JASEPB. 

NiMHB         A0ILI3  Verr.  Venill,   Interlthrùte   animali   of    Vineyard  Sound 

(U.  5.  co'nm.   of  fiihfries,  I,   WafhingloD,   1873,   p.  318 

etGUO). 
ScoLECOLiPi»  suutJiATA  Mull.    Michaelseo,    Die   PolychmUnffiuna     dei-    Dtulêchen 

Meere.  tic.  (IVûï.  Meeresunlert.  hrrauig.  von  iler  Kirnim. 

zur  Vidtrs.  der  Deulic/ien  Meere  in  KM  und  der  biol. 

Aiatalt  aitf  Hetgoland.  Ncue  Folge.  U  Band,  Hftt  I,  I89T, 

p.  «). 

PI.  XX,  fig.  16*. 

Je  la  trouve  en  asseï;  grand  nombre  à  l'Ile  de  Talihou  dans 
le  sable  découvert  à  toutes  les  marées,  au  aord  du  labo- 
ratoire. M.  Adrien  Dollfus  m'en  communique  2  exemplaires 
venant  de  Villers. 

Le  corps  légèrement  verdâtre,  composé  de  120  à  130  seg- 
ments, est  long  de  5  à  6  centimètres,  sur  2'"°,4  de  large  à 
la  partie  antérieure  et  postérieure,  et  4  millimètres  au  plus 
dans  la  région  moyenne. 

La  tête,  aussi  pointue  en  avant  qu'une  tète  de  Glycère,  se 
prolonge  en  arrière  par  une  carène  que  termine  un  tentacule 
occipital  aussi  pointu  que  la  tête  et  atteignant  la  limite  entre 
le  2"°  et  le  3°"  sétigères.  Les  4  yeux  sont  disposés  comme 
l'indiquent  Cunningham  et  Kamage,  2  de  chaque  côté  Tor- 
manl  une  sorte  de  demi-cercle.  Les  2  tentacules,  longs  de 
9  millimètres  et  recouvrant  les  24  1'"  segments  sétigères 
lorsqu'ils  sont  rabattus  sur  le  dos,  ce  qui  est  leur  position 
habituelle  au  repos,  sont  placés  sur  te  segment  buccal  apode 
et  achète. 

Le  2°"  segment  a  une  rame  supérieure  et  une  rame  infé- 
rieure sétigères  ayant  chacune  une  lamelle.  Au  3"'  segment 
{2"°'  sétigère),  il  s'y  joint,  à  la  rame  supérieure,  une  branchie 
dorsale  qui  persiste  à  tous  les  segments  jusqu'à  l'anleanal 
inclusivement  et  quelquefois  seulement  jusqu'au  3*"  ou 
4"*  avant-dernier.  Les  branchies  des  2  pieds,  colorées  en 
rouge  par  le  sang,  sont  couchées  sur  le  dos  (1).  Elles  sont 
garnies  d'une  rangée  de  cils  vibratiles  du  côté  qui   n'est 

(1)  Pour  le  vaisseau  unique  en  anse  de  la  branchie  et  le  glomérule  qui 
esti  la  base,  voir  Claparède,  loc.  ci(.,lig.  lA. 


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ANNÉLIDES  POLTCHËTES  DES   COTES  DE  FRANCE.        351 

pas  bordé  par  la  lamelle  postérieure  de  la  rame  supérieure 
et  ces  cils  forment  sur  le  dos  de  l'animal  une  ligne  qui  re- 
joint les  cils  de  l'autre  brancliie.  De  plus,  il  y  en  a  aussi  sur 
la  partie  externe  au-dessus  de  la  lamelle.  Des  deux  côtés  de 
la  branchie  ces  cils  s'arrêtent  avant  l'extrémité  supérieure. 
Tandis  que  pour  l'espèce  de  Naples,  la  lamelle  borde  la 
branchie  presque  jusqu'en  haut  (1),  ici  elle  n'arrive  pour  les 
branchies  antérieures  qu'à  0'°'°,60  de  l'extrémité  (chez  quel- 
ques exemplaires  cependant  jusqu'à  0'",30),  pour  les  bran- 
chies de  la  région  moyenne  à  0'°'°,8'4  et  pour  les  postérieures 
à  O^iiO.  Quant  à  la  lamelle  ventrale,  vers  le  36"'-40"'  seg- 
ment, elle  devient  moins  arrondie  et  plus  allongée  et  elle  est 
suivie  d'un  petit  mamelon  (cirre  ventral  de  Quatrefages)  haut 
de  0'°'°,â  que  M.  Mesnil  pense  encore  appartenir  à  la  lamelle 
dont  il  serait  la  partie  inFérieure,  séparée  de  la  partie  supé- 
rieure par  une  échancrure  où  sont  placées  les  soies. 

Dans  les  segments  antérieurs,  les  soies  des  2  rames  sont 
des  soies  très  faiblement  limbées  plus  ou  moins  recourbées, 
finement  mouchetées  (2),  terminées  brusquement  par  une 
pointe  très  mince.  II  y  en  a  40  à  45  à  la  rame  supérieure,  les 
unes  plus  courtes,  les  autres  plus  longues.  Plus  près  du  dos, 
il  y  en  a  4  longues  placées  en  avant  des  aulres.  La  rame  ven- 
trale a  un  nombre  un  peu  moindre  de  soies  un  peu  moins 
longues,  dont  les  2  ou  3  dernières  placées  en  arrière  des 
autres.  Vers  le  40°"-42"'  segment,  les  soies  antérieures  de 
la  rame  ventrale  sont  remplacées  presque  complètement  par 
5,  6,  7  puis  9  crochets  encapuchonnés  à  pointe  mousse 
accompagnée  d'un  denticnle  (tig.  164)  qui  disparaît  aux 
50  derniers  segments  environ,  comme  l'indique  M.  Mesnil. 
Bientôt  il  n'y  a  plus  que  3  ou  4  soies  antérieures,  et  les  2  soies 
inférieures  persistent.  A  partir  du  eO-'-OS"'  segment,  2,  3, 
puis  4  à  5  crochets  semblables  apparaissent  à  la  rame  dorsale 
remplaçant  les  soies  postérieures  jusqu'au  segment  anteanal  ; 

(1)  Voir  Claparède,  lor..  cil.,  fig.  I  A. 

{•i)  Toutes  ces  soies  ne  sont  plu^^  mouchetées  à  partir  du  42"*  segment 
environ. 


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352  DE  HAINT-JOMEPU. 

il  y  a  encore  3  soies  supérieures  et  quelques  soies  anté- 
rieures. 

Le  segment  anal  apode  et  achète  se  termine  du  côté  ven- 
tral par  un  disque  membraneux  mince,  légèrement  festonoé, 
qui  dépasse  l'anus  s'ouvrant  du  côté  dorsal. 

L'intestin  est  rempli  de  gros  morceaux  de  fucus  non 


Dans  un  seul  exemplaire  je  trouve  des  œufs  tels  que  les 
figurent  Claparède,  Cunningham  et  Ramage.  En  forme  de  dis- 
ques elliptiques,  mesurant  O"™,  17  sur  0'°'°,10,  ils  renferment 
un  vitellus  d'un  brun  clair,  et  leur  enveloppe  épaisse  est  cou- 
verte de  papilles  reliées  entre  elles  par  un  réseau  hexagonal. 

Manche.  Mer  du  Nord.  Méditerranée. 

Genre  SPIOPHANES  Gr. 

Malmgren  ayant  observé  des  crochets  ventraux  chez  la 
Spiophanes  Krôyeri  Gr.  espèce  type  du  genre,  et  ces  crochets 
ayant  aussi  été  constatés  chez  les  autres  espèces  :  la  Spio- 
phanes cirraia  Sars,  la  S.  Vernllii  Webst.  et  Benedict,  el  la 
S.  bombyx  Clpd.  ()),  on  ne  doit  pas  conserver  l'absence  de 
crochets  comme  un  des  caractères  du  genre  ;  mais  il  fau- 
drait faire  ressortir  que  l'absence  des  branchies  en  est  un. 
Claparède,  il  est  vrai,  indique  vaguement  des  branchies  & 
quelques  segments  delà  S.  bombyx.  Ni  M.  Mesnil,  ni  moi, 
n'en  avons  observé. 

Spiopiianes  bohbyi  Clpd.  {2}. 

SpiopHANBs  Ronen  Mesnil,  Éludti  de  morphologie  exitrnt  cket  ht  Annél.  I.  t^ 
S/iionidiem  des  Mes  de  la  Manche  {Bull,  trient,  de  la  Frantt 
el  de  la  Belgique,  t.  XXIX,  1896,  p.  ItO.  et  pi.  XV  en  entii^rl. 
—  11.  Èladet  complémenlav-ei  mr  UiSpionidieiu  (Wd .,  L  XXI, 
I89T.  p.  «0- 

(1)  H.  Mcsnil  a  vf^rsf  avec  raixoo,  selon  moi,  le  Spto  Bonhyx  Clpd.  dans 
le  ^enrc  SptOfjAarieii, 

(2)  Spio-bombyx.  Claparède,  Supv\.  amsAmUl.  du  golfe  de  SapUi.p,  131, 
etpl.  XII,  fig.2. 


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ANNËI.IDRS    POLYCHËTES   DES   COTES   DE    FRANCE.         353 

Spio  cnmaticornis  Giard,  Sur  un  curieux  phénomine  de  préféamdation  ehtt  un 
Spionide  {Complet  rendus  de  l'Acad.  dei  îc,  t.  XCMI,  ISSI, 
p.  600). 

PI.  XX,  flg.  165. 

Dans  le  sable  au-dessous  des  bains,  près  du  fort  de  la 
Hougue,  j'en  trouve,  dans  un  petit  lube  de  sable  flexible,  un 
seul  exemplaire  ÏDComplet  de  52  segments,  long  de  15  milli- 
mètres sur  t  millimètre  de  large,  que  je  ne  parviens  à  reti- 
rer du  tube  qu'en  assez  mauvais  étal. 

Le  corps  rouge,  légèrement  convexe  du  côlé  ventral,  esta 
peu  près  aplati  du  côté  dorsal  pendant  les  16  T"  segments  ; 
à  partir  de  là  le  dos  devient  un  peu  convexe  avec  un  pli 
transversal  reliant  tes  2  rames  dorsales  de  chaque  segment 
comme  Sars  le  figure  pour  la  Spiophanes  citrata  Sars  (1). 

La  léte  allongée,  qui  n'a  que  t  yeux,  se  prolonge  en  2  cor- 
nes latérales  longues  chacune  de  0",48  ;  elle  est  suivie  d'un 
segment  buccal  achète  d'où  les  2  tentacules  sont  tombés  et 
en  dessous  duquel  s'ouvre  la  bouche  livrant  passage  à  une 
trompe  cylindrique.  Aux  4  1°"  segments  sétigères,  le  corps 
est  un  peu  plus  étroit  et  semble  former  une  région  distincte; 
la  rame  dorsale,  sans  être  aussi  rapprochée  de  la  ligne  mé- 
diane dorsale  que  chez  les  autres  espèces  Aq  Spiophanes,  en 
est  cependant  plus  près  qu'aux  autres  segments.  A  ces  4  seg- 
ments comme  aux  10  suivants  il  y  a  un  faisceau  de  soies 
dorsales  capillaires  assez  nombreuses  (20  à  25),  faiblement 
limbées  et  non  mouchetées,  sortant  devant  une  lamelle  dor- 
sale se  terminant  en  pointe  cirriforme,  et  un  faisceau  de 
soies  ventrales  semblables  aux  dorsales  mais  mouchetées  à 
l'extrémilé,  comme  l'a  remarqué  M.  Mesnil,  sortant  devant 
une  lamelle  ventrale  qui  est  un  peu  plus  large  à  la  base  que 
la  dorsale  et  qui  prend  la  forme  d'un  large  disque  (2),  à 
partir  du  5°"  sétigère.  Les  soies  ventrales  du  1"  segment 
séligère  sont  accompagnées  d'une  grosse  soie  jaune  carac- 

(1)  Bidran  (il  Kumlskab  om  Chrtstianiafjordens  fauna.  Annelida  [Nyt  MO' 
gaànfor  Naltiriid..  t.  XIX,  1893.  Christiania,  pl.XVIIl,  fig.  S). 

(2)  Mesnil, 'nc.  cit., pi.  XV.tig.  l. 

ABH.   se.  NAT.   ZOOL.  V,   23 


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354  DE  SAINT-JASBPa. 

lérislique  (fig.  ï6o)  recourbée  en  un  croc  vigoureux,  signalée 
par  Claparède  ;  il  y  en  a  une  seule  d'un  côlé  ei  2  de  l'autre. 

Au  5"'  segment  sétigère  et  aux  9  suivants,  près  de  la  base 
du  pied,  une  grosse  glande  transparente  à  peu  près  ronde 
sécrète  un  écheveau  de  longs  filaments  soyeux,  flexibles,  sor- 
tant du  corps  en  forme  de  houppes  ou  de  flocons  ne  ressem- 
blant en  rien  aux  soies  capillaires  droites  et  très  fines  sécré- 
tées par  les  glandes  de  la  Polydora  piailla  N.  S.  (1)  ou  de  la 
Spiophanes  cirrata  (2).  Après  ces  segments  h  glandes  sérici- 
gènes,  c'est-à-dire  au  15""  sétigère  et  aux  suivants,  les  soies 
capillaires  Hmbées  de  la  rame  ventrale  sont  remplacées  par 
5  à  9  petits  crochets  bifides  encapuchonnés,  suivis  d'une 
forte  soie  ventrale  inférieure  arquée  vers  le  bas  et  finement 
mouchetée  à  l'extrémité.  M.  Mesnil  donne  des  figures  exacles 
de  cette  soie  et  des  crochets  {loc.  cit.,  fig.  20  et  21).  Je  ne 
trouve  nulle  part  de  branchies. 

Méditerranée. 


Genre  MAOELONA  Fr.  MûlI. 

Hagelona  papilucornis  Fr.  Hntl.  (3). 

Me  lutosh.  A  contributiùn  to  oar  knoicUdge  of  Annelida  : 
on  certain  j/oung  tiagea  of  Magelona  {Quart.  Micmtr, 
Journal,  Q°  Ml,  apHl  isnt,  p.  16,  el  pi.  VIII,  lift.  M). 

MU«  BDCbaDan,  On  a  blood-forming  organ  m  Ihe  larta  of 
Magftona  {Rep.  Mttl.  Brit.  Aisoc.  al  Ipiicich,  ItttSi. 

Beuhaui,  The  bliiod  of  Uagelona  (Qaarl.  Uicrotc.  Journal, 
a-  I&3.  miii  I89G). 

MeBDÏI,  Éludei  de  morphologie  externe  ehet  le$  Annil. 
I.  Let  Spionidieru  dei  cites  de  la  Hanche  iButl  te.  dt 
la  France  ri  de  la  Belgique,  t.  XXIX,  1896.  p.  ^^T,  et 
pi.X[V,  Qg.  27-3.1). 


La  larve  de  Magelona  papillicomis  que  je  trouve  une  fois 

(1)  .^nné^.  polych.  des  dtes  de Dinard,  3-'  partie  (Ann.  dessc.  luK.,  T*si- 
rie,  t.  XVU,  p.  6e.  et  pi.  HI,  fig.  74-77}. 

(2)  Sara,  loc.  cit.,  pi.  XVII.  tig.  9. 

(3)  Voir  AnnH.  polych.  des  cilles  (if  Dinard,  3<"  partie  (Ann.  det  se.  nat., 
7-"  série,  t.  XVU,  p.  83,  el  pi.  IV,  lig.  lUi),  el  ajouter  a  la  bibliogra|ihie  les 
ouvraf;et  ci-dessous. 


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ANNÉLIDES   POLTCHÈTES   DES   COTES   DE  FRANCE.        35S 

à  la  pêche  pélagique  à  Concarneâu  ressemble  complèteuieot 
à  la  larve  de  Prionospio  tennis  Verr.,  ta  plus  jeune  figurée  par 
Fewkes  (/oc.  ct7.,pl.l,  Hg.  1),  et  qui  n'est  autre  chose,  comme 
l'a  établi  avec  raison  M.  Giard,  qu'une  larve  de  Magelona. 
Mon  exemplaire  a  0",80  de  long  sur  0°'°',t2  de  large  dans 
la  partie  médiane  du  corps.  La  lêle,  ronde  et  grosse,  a 
3  yeux  dont  2  sur  les  côtés  et  1  au  milieu  un  peu  en  arrière. 
En  regard  des  yeux  est  implantée  une  paire  de  gros  tenta- 
cules longs  de  0*"',42,  garnis  en  dessous  de  nombreuses 
papilles  minces  ayant  C'jOS  de  long  (lig.  166).  La  tête  est 
suivie  d'un  segment  dans  l'intérieur  duquel  est  placé  un 
pharynx  inerme  et  qui  a  de  chaque  côté  un  faisceau  de  soies 
capillaires  unies  extrêmement  fines  et  très  longues  (0'",46). 
Après  un  espace  nu  et  non  segmenté  long  de  O'^jOâS,  qui 
fait  suite  au  1"' segment,  viennent  9  à  10  segments  peu  dis- 
tincts avec  des  soies  capillaires  moins  longues  que 
celles  du  1"  segment.  Le  corps  se  termine  brusque- 
ment par  3  ou  4  petits  segments  achètes  beaucoup  plus 
étroits  que  les  précédents.  Nulle  part  il  n'y  a  de  crochets 
ni  de  couronnes  de  cils  vibratiles,  et  le  corps,  à  peine  coloré 
en  brun  très  clair,  n'a  pas  de  taches  comme  celles  des  larves 
de  Claparëde. 

Je  trouve  dans  le  sable  lin  à  l'Ile  de  Tatihou  plusieurs 
exemplaires  adultes  deitf.  papttlicomis,  dont  2  complets. 

Le  corps  d'un  de  ces  exemplaires  complets,  couvert  de 
grains  de  sable  fin  agglulinés  mais  ne  formant  pas  tube,  a 
7  centimètres  de  long  sur  0°"°,60  de  large  dans  la  région 
antérieure  et  0",72  dans  la  2"°  région,  sauf  aux  derniers 
segmenis  où  il  n'a  plus  que  O^'^âS  ;  il  se  termine  par  un 
segment  anal  achète  avec  2  petits  appendices  aplatis,  longs 
de  0°'",21.  La  tête,  longue  de  1",20,  est  suivie  du  segment 
buccal  achète  avec  2  tentacules  qui  ont  9  millimètres  de  long 
et  atteignent  le  20"*  segment.  Les  segments  sont  au  nom- 
bre de  129  en  tout.  La  1"  région  est  plus  musculeuse,  plus 
aplatie,  un  peu  plus  étroite,  et  avec  des  segmenis  plus  hauts  que 
le  2"*.  Il  y  a  déjà  au  8"°*  segment,  ce  que  je  n'observe   pas 


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356  DE  MAlIvr-JOSUPIf. 

aux  autres  exemplaires,  quelques-unes  des  soies  parlicuHëres 
au 9"'  segnieot  où  elles sonten nombre  trèsconsidérable, plus 
de  100.  Ces  soies  du  8°'  segment  et  quelques-unes  des  soies 
les  plus  dorsales  du  9°'  ont  le  disque  moins  rond  et  la  pointe 
qui  le  surmonte  plus  longue  que  les  autres.  Aux  V"  seg- 
ments de  la  2"' région,  il  y  a  13  crochets  au  mamelon  dorsal 
et  10  au  venlral  ;  le  nombre  en  est  moitié  moindre  aux  2  ma- 
melons dans  le  dernier  tiers  du  corps.  M.  Mesnil  constate, 
comme  je  l'ai  vérifié,  que  la  dent  supérieure  des  crochets  est 
double  {toc.  cil.,  fig.  33).  L'bypoderme  est  bourré  de  glandes 
bacillipares  d'un  diamètre  moyen  de  0°"",03  décrites  et  figu- 
rées par  Me  Intosh. 

Le  second  exemplaire  complet,  plus  petit,  n'a  que  45  Riil- 
limètres  de  long  et  83  segments  en  tout. 

VAHICiCiB  DES  ARICIENS  Aud.  et  Edw.  (Sars,  Mgr.  rev.). 

Genre  ARICIA  Sav.  (Aud.  et  Edw.  rev.). 

Aricia  HUllbri  Rathke  (1). 

Fi.  Dan.  consp.,  p.  31,  Rg.  9,  100.  107.  109. 
dorsib.,p.m,Ûg.  113,  in,  lis,  fiileC.Tubt, 
Demerh.  ùber  Annel.  des  Panser  tiuatumi  {Archiv  lûr  Sa- 
turg.,  1870,  p.  317). 
Quatretagcs,  H<il.  nul.  des  Annti.,  t.  U,  p.  Igâ. 
CunniDghatD  et  Ramage,  The  Polyeli.  sedent.  of  Ihe  Firth  of 
Forth  {Trant.  of  the  fl.  Societu  of  Edinb-,  t.   XXXIIJ,  i.i-t. 
IS8B,  p.  6»,  et  pi.  XXXVIIE,  fig.  7). 
SaiDl-Joeeph.  Les  Annét.  polych.  des  cales  de  Dinard,  i"  pnrt. 
{Ann.  des  se.  nal.,  7'°*  série,  l.  XVII,  1891,  p.  91,  et  pi.  V, 
Cg.  II9-I10)  (!). 
Qtg.  Qualreragei,  Iliat.  nal.  des  Annét.,  t.  U,  p.  Mi. 
~-  —  Grube  {loc.  cit.  taprà,  p.  31C<). 

Ahicu        arctic*      HaDs. Haosen,  l'en  Norske  Nordhavs  expédition. Zoologi.  Anm- 
Itda.  Chrïstiauia,  \Wt,  in-fol.,  p.  34,  et  pi.  V,  Gg.  30-3C. 

PI.  XX,  fig.  167. 

Plusieurs  exemplaires,  trouvés  dans  le  sable  à  Saint-VaasI , 

(i)  fleilr.  zwFauna]:ioTUiegms{JiowiActaAca'l.L.C.nat.cur.,\.  XX, 1840, 
p.  ne,  elpl.  Vni,  fig.  n-lS).  Bonnes  n;;urps. 

(2)  Dans  la  bibliographie  que  j'y  ai  donnée,  il  faut  sllribuer  au  véritable 
Se.  armigtr  les  tnivaun  de  Mau  el  de  Levinsea  et  probablement  aussi  ceun 
de  SaTK  et  de  Theel. 


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ANNÉLIDES  POLTCHÈTES  DES  COTES  DE  FRANCE.   357 

près  du  fort  de  la  Hougue  et  dans  l'Ile  de  Tatihou,  et  un 
exemplaire  du  Grand-Trait,  au  Croisic,  me  permettent  de 
compléter  et  de  modifier  sur  quelques  points,  dont  un  très 
important,  la  description  que  j'ai  donnée  de  l'A.  Mûtîeri 
sous  le  nom  de  Scoloplos  armiger,  d'après  des  matériaux 
tout  &  fait  insurHsanIs. 

Dans  la  région  antérieure  il  y  a,  dès  le  \"  segment  séti- 
gèro,  à  la  rame  dorsale,  un  très  petit  cirre  devant  lequel 
s'élèvent  des  soies  annelées,  minces,  longues,  incolores, 
comme  celles  que  j'ai  déjà  décrites,  et  à  la  rame  ventrale  un 
1res  petit  cirre  ventral  devant  lequel  se  déploient  plusieurs 
rangées  de  soies.  Les  2  ou  3  rangées  supérieures,  composées 
de  longues  soies  semblables  àcelles  de  larame  dorsale,  sont 
suivies  de  ±  rangées  de  soies  courtes  aciculaires,  puis  de  1 
ou  t  rangées  de  soies  longues.  Cachées  entre  2  couches 
de  soies  longues,  les  soies  courtes  sont  souvent  difficiles  à 
découvrir.  Elles  sont  courbes  et  jaunes,  avec  12  à  13  rangées 
transversales  superposées  de  très  fins  denticules  au  bord 
convexe;  un  petit  bec  transparent  dépasse  un  peu  l'extré- 
mité de  la  soie  du  côté  concave  (fig.  167).  Cette  disposition 
existe  k  lous  les  segments  de  la  1"  région,  et  la  rame  ven- 
trale s'y  détache  très  nettement  sur  les  côtés  du  corps. 

S.  la  région  postérieure,  elle  est  ramenée  plus  près  du  dos 
et  alors  elle  est  reliée  au  ventre  par  un  bourrelet  incolore 
en  forme  de  demi-lune.  Les  soies  aciculaires  courbes  y  ont 
disparu,  et  il  ne  reste  plus  aux2  rames  que  les  longues  soies 
mÎDces  incolores  (1).  3  ou  4  acicules  minces,  subulés,  pénè- 
trent dans  la  base  du  cirre  dorsal.  Aux  6  premiers  segments 
de  la  région  postérieure,  et  disparaissant  ensuite,  il  y  a  au- 
dessous  de  la  rame  ventrale  à  2  protubérances,  et,  placé 
tout  contre,  un  très  petit  mamelon  baut  de  0'",6,  suivi  à 
0"',t3  de  dislance,  du  côté  ventral,  d'une  papille  conique 
haute  de  0'°'°,I2.  C'est  une  région  intermédiaire  comme  j'en 
ai  signalé  chez  d'autres  Ariciens. 

(I)  Voir  une  bonne  R^niredu  milieu  de  cette  région  dans  Cunningham  el 
Kainage  (hc.  cit.,  lig.  1  cf. 


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358  DR  MAnrr-JosEPB. 

Un  riche  réseau  vasculaire  parcourt  la  base  des  2  rames, 
et  le  sang  qui  pénètre  dans  les  branchies  est  1res  rouge. 
Celles-ci  commencent  au  lo"',  iG"',  17°"  ou  18"'  segment. 

La  trompe  extroversée  a  8  ou  1 0  gros  lobules  arrondis,  ce 
qui  doit  faire  penser,  comme  l'a  du  reste  indiqué'Sars  (I), 
que  le  genre  Anthosloma  Schmarda  et  peut-être  le  genre 
Tkeodisca  Fr.  MUlI.  doivent  être  supprimés.  Ces  lobules 
nombreux  delà  trompe  existent  probablement  chez  tous  les 
Anciens,  etClaparède  les  figure  chezl'AnWa/bî/if/aCIpd.  (2). 

Les  soies  courtes  delarameventraledela  partie  aniérieure 
du  corps  m'avaient  échappé  dans  mes  2  exemplaires  df 
Dinard,oiijeles  ai  retrouvées  depuis  comme  à  ceux  deSainl- 
Vaast  et  du  Crolsic.  Il  n'est  donc  plus  possible  de  leur 
donner  le  nom  de  Se.  nrmiger^  espèce  à  laquelle  on  n'attribue 
que  des  soies  longues  et  minces  de  même  sorte  à  toutes  les 
rames  du  corps  {Man,  Levinsen,  etc.},  ce  qui  est  bien  conforme 
à  la  diagnose  d'fflîrstedpour  le  genre  et  pour  l'espèce;  mais 
Grube  {loc.  cit.),  qui  avait  entre  les  mains  les  exemplaires 
originaux d'OErsted,  ydécouvritdes  soies  courtes  mêlées  aux 
soies  longues  de  la  rame  ventrale  de  la  région  antérieure. 
Il  en  résulte  que  le  Se.  armiger  d'OErsted  1843  est  YAriria 
Miilleri  décrite  par  Rathke  en  1840. 

L'espèce  qui  a  des  soies  longues  à  toutes  les  rames  du  corps 
existe  cependant,  et  comme  COrsted,  qui  croyait  la  connaître, 
lui  avait  donné  le  nom  de  Se.  armiger^  on  le  lui  maintînt,  l'ob- 
servation de  Grube  ayant  passé  inaperçue.  En  même  temps, 
par  une  vraie  contradiction,  on  l'identifia  presque  constam- 
ment (Quatrefages,  Malmgren,  Tauber,  Mau,  Cziernavski. 
Webster  et  Benedict,  Wiren,  Michaelsen),  avec  l'A.  Miitleri 
qui  se  trouve  aussi  dans  la  mer  du  Nord  et  l'océan  Glacial 
arctique.  Il  est  impossible  de  savoir  combien  de  fois  on  aura 
pris  des  A.  MvUeti  pour  des  Se.  armiger,  comme  il  m'est 
arrivé  à  moi-même  faute  d'avoir  su  trouver  les  soies  courtes 

(1)  Lidrag  til  Kmdsk.  om  Christ,  fauna  [JVyt  Hagazin  for  Sfaturv.,  t.  XIX, 
1873,  p.  2H). 

(2)  Annél.  du  golfe  de  Naplet,  pi.  XX,  liç.  2k. 


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ANNÉLIDES    POLYCHÈTES    DES   COTES   DE    FRANCE.         359 

de  la  ramevenirale  delà  régionaotérieure,  tant  les  2  espèces 
se  ressemblent,  h  pari  ce  caranlère  distlnctif. 

Tous  les  exemplaires  de  la  collection  du  Muséum  indiqués 
comme  étant  des  Se.  armiger  provenant  du  Groenland 
(Steenslrup),de  NorwègeoudeSainl-Vaast,  sont  des  A.  Mùl- 
leri.  Seuls,  les  exemplaires  de  l'expédilion  suédoise  de  Nor- 
denskiold  dans  la  mer  de  Kara,  en  1876,  otTerts  au  Muséum 
parLoven,  sontdevériiablcs 5c.arm^er.  Ils  ont  1&  à  22  milli- 
mètres de  loDg  sur  1  millimètre  à  1  °"°,5  de  large  et  1 40  seg- 
ments, des  soies  longues  el  minces  annelées  à  toutes  les  rames 
du  corps,  sans  aucune  soie  courte  ;  les  branchies  apparaissent 
au  tl"',  ta"'  ou  16°' segment,  et  la  2"' région  commence  en 
général  au  16"°.  La  trompe  extroversée  a  plusieurs  lobules 
arrondis. 

Il  est  donc  bien  constaté  qu'il  y  a  2  espèces  distinctes  qui 
ont  été  confondues  la  plupart  du  temps  sous  te  même  nom. 
Pour  l'une,  celui  ^''Aricia  Mùlleri,  exact  et  bien  donné,  doit 
Être  maintenu.  Pour  l'autre,  qui  se  trouverait  sans  nom 
puisque  le  Se.  armiger  d'OErsIed  est  VA.  Mùlleri,  je  propose 
do  s'en  référer  au  Lumhricus  armiger  Ô'O.  F.  Mtiller,  que  je 
supposerai  ne  pas  être  une  A.  Mùlleri,  quoiqu'on  n'en  ait  pas 
de  preuve,  et  de  lui  conserver,  sans  tenir  compte  d'OKrsted, 
le  nom  de  Se.  armiger.  Mais  il  faudrait  alors  rayer  de  la  dia- 
gnose  du  genre  Sco/o/ï/oj  CErst.  «  setœ  omnes  subulatœ  », 
comme  il  l'avait  presque  fait  lui-même  en  indiquant  des  soies 
courtes  aciculaires  aux  15  premiers  segments  chez  le  Scolo- 
plon  qtiadriruspida  Fabr.  {t}. 

Le  Scoloplos  elongatus,  que  j'examine  dans  la  collection 
du  Muséum,  est  une  A.  Mùlleri.  Il  en  est  de  même  de  l'A. 
aretica,  du  Se.  armiger  de  Cunntngham  et  Ramage,  de  celui 
de  Saint- Vaast,  et  probablement  aussi  de  celui  de  Hosco(T(2), 

(1}  Deox  Giemplaires  de  Scolnplos  quadricuf^pida  de  I&  collection  du  Mu~ 
séum  venanl  du  (Groenland  ont  la  télé  arrondie,  des  branchies  très  petites 
commençant  au  5°"  segment  séligiTR  et  laissant  le  dos  bien  k  découvert 
dans  )a  i  "  région,  des  soies  courtes,  jaunes,  aciculaires.  mâlOes  dans  les  1 1 
k  i-2  premiers  srgments  aux  soies  longues  et  minces  dt-  la  ranu:  ventrale. 

(â)  Crube,  MiUb.  Mer  St-Mnlo  mil  IVifcoff;  etc.  {Abkan'l.  der  Schles.  Ge- 
r.clls.,  Itt69-T3,  p.  109,  HS). 


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360  1 

Grube  ayant  dû  être  ioduit  en  erreur  par  ses  exemplaires 
d'OErsted.  Le  véritable  Se.  armiger  n'aurait  donc  pas  élé 
signalé  jusqu'ici  sur  les  côtes  de  France. 
Océan  Glacial  arctique.  Mer  du  Nord.  Manche.  Atlanlîque. 


Aricia  laevigata  Gr.  (1). 


H.  XXI,  fig.  168-175. 

Un  seul  exemplaire  trouvé  sous  des  pierres  près  de  ta 
pointe  Sainte-Anne,  au-dessous  d'Abbadia. 

Le  corps,  à  2  régions,  long  de  12  centimètres  sur  4  milli- 
mètres de  large  en  avani,  se  rétrécit  peu  à  peu  dans  le  der- 
nier tiers  du  corps  et  n'a  plus  que  2  millimètres  de  large  À 
la  fin.  D'un  blanc  jaunâtre,  il  est  légèrement  rosé  à  la  partie 
antérieure  et  se  compose  de  402  segments  très  bas.  II  est 
convexe  du  côlé  ventral  ;  du  côté  dorsal,  il  est  aplali  dans 
la  région  antérieure  et  légèrement  convexe  dans  la  région 
postérieure. 

La  1"  région  comprend  la  partie  antérieure  du  corps  jus- 
qu'au 29"'  segment  inclusivemenl.  Les  segments  y  sont  d'un 
tiers  plus  hauts  que  ceux  de  la  2°"  région. 

La  tête  (Hg.  168)  en  cône  très  obtus  est  suivie  du  sognicnt 
buccal  achète,  plus  large  qu'elle,  et  à  la  partie  antérieure 
duquel  s'ouvre  du  côlé  ventral  la  bouche  d'où  je  ne  vois  pas 
sortir  la  trompe. 

Le  1"  e(  le  2"  segments,  plus  larges  que  le  buccal,  ont 
un  cirre  dorsal  haut  de  O"",*!  et  un  cirre  ventral  plus  de 
moitié  plus  petit  (fig.  169).  Au  3°"  segment  et  aux  suivants 
de  la  1"  région,  la  base  du  cirre  venira!  s'élai^it  du  cùXi- 
ventral,  formant  une  sorte  de  pinnule  à  bords  lisses  devant 
laquelle  s'étalent  de  nombreuses  soies  presque  toutes  jaunes 

(1)  Grobe,  hetchr.  neuer  oder  teenig  bekannt.  Annel.  [Arch.  fiir  Satur-j., 
1855,  p.  412). 


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ANNËLIDES  POLYCHÈTES  DES   COTES  DE  FRANCE.        361 

doDt  Dous  parlerons  plus  loin,  ce  qui  donne  une  apparence 
parliculière  à  la  1"  région  lorsqu'on  regarde  l'animal  de 
côté  (fig.  170).  Les  branchies  apparaissent  au  6""  segment 
(o'"  séligëre)  tout  près  ducirre  dorsal,  laissant  le  dos  bien  à 
découvert.  Ce  ne  sont  d'abord  que  de  petites  lanières  hautes 
deO-'jâl,  tandis  que  lecirre  dorsal  a  O^'iOe.  Peu  à  peu  elles 
grandissent  (au  13°"  segment  elles  sont  légèrement  plus 
longues  que  le  cirre  dorsal),  leur  extrémité  devient  triangu- 
laire et,  sauf  .'i  cette  partie,  elles  sont  garnies  de  longs  cils 
vibratiles  du  côté  interne.  Elles  renferment  un  vaisseau  en 
anse  dont  les  S  branches  sont  reliées  par  de  nombreuses  anses 
transversales.  Le  cirre  dorsal  contient  aussi  un  vaisseau  en 
anse,  mais  sans  anses  transversales.  Le  sang  est  faiblement' 
coloré  en  rouge, 

La  2"°  région  comprend  tous  les  segments  à  partir  du  30"'. 
La  rame  inférieure  est  ramenée  plus  haut  sur  les  côtés  du 
corps  qui  sont  entièrement  lisses,  et  elle  n'a  plus  la  même 
forme  ni  la  même  apparence,  les  soies  jaunes  ayant  disparu. 
Lecirre  v<'ntral,liaul  en  tout  de  0""°,  27,  a  une  base  épatée  rap- 
pelant la  pinnulc,  mais  se  termine  en  cône  pointu.  Les  bran- 
chies ont  alors  1°'°',32  de  long  et,  deux  fois  ptushautes  que  le 
cirre  dorsal  (lig.  171),  elles  se  rejoignent  sur  le  dos,  qu'elles 
recouvrent  complèlemenl.  Diminuant  progressivement  de 
taille,  elles  disparaissent  aux  8  segments  anteanaux  où  le 
dos  reste  à  découvert  comme  aux  segments  antérieurs  delà 
1  "  région  et  où  les  2  rames  devenues  très  petites  sont  repous- 
sé<>s  sur  les  côtés  du  corps.  Dans  le  segment  anal  aussi  haut 
que  les  7  anteanaux  s'ouvre  un  anus  terminal  festonné  au 
bord.  Les  cirres  anaux  manquent. 

Partout  les  soies  sortant  du  corps  s'élèvent  à  la  rame  ven- 
trale devant  le  cirre  ventral  et  à  la  rame  dorsale  devant  le 
cirre  dorsal.  Dans  les  2  régions,  les  soies  de  la  rame  supé- 
rieure sont  de  2  sortes:  1'  les  unes,  en  forme  de  fourche 
ciliée  intérieurement,  dont  les  2  branches  de  hauteur  inégale 
sont  légèrement  renflées  à  leur  extrémité  (fig.  172).  Il  y  en 
a  une  au  l***  segment  sétigère,  puis  2  et  enfin  3  dans  le  der- 


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362  me  «Anvr-aosEPH. 

nier  tiers  du  corps;  2"  les  autres,  nombreuses  dans  la 
i"  région  (30  à  40)  et  moins  dans  la  2°",  droites,  minces, 
incolores,  terminées  en  pointe  très  fine,  anoelées,  paraissent 
crénelées  au  bord,  quand  on  les  examine  de  côté.  Elles  sont 
accompagnées  de  4  à  6  acicules  assez  fins,  subulés,  pénéirani 
dans  la  base  du  cirre  dorsal  et  qui  apparaissent  moins  nelte- 

■  ment  dans  la  1"  région. 

Les  soies  de  la  rame  inférieure  sont  de  3  formes  dans  la 
1"  région  dès  le  1"  segment  séligère  :  i'  soies  fines,  inco- 
lores, crénelées,  semblables  à  celles  de  la  rame  supérieure, 
mais  un  peu  courbes  ;  2'  soies  jaunes,  fonci'^es,  recourbées 
en   arrière,  moins  longues  que  les  précédentes,  ayant  une 

.large  base  qui  se  rétrécit  brusquement  pour  finir  par  une 
longue  pointe  de  plus  en  plus  étroite.  Vues  de  côté,  elles  sont 
crénelées  au  bord  (fig.  173).  Vues  de  face,  elles  sont  creu- 
ses en  dessous,  et  cbacun  des  2  bords,  tant  de  la  partie 
supérieure  de  la  base  que  de  la  pointe,  sont  crénelés 
(fig.  174)  ;  3' grosses  soies  aciculaires  jaunes  recourbées  en 
arrière,  ayant  avant  leur  extrémité  supérieure  8  à  10  ran- 
gées transversales  de  fins  denlicules  à  peineindiqués(fig.l75). 
Elles  ne  dépassent  pas  le  bord  de  la  pinnule,  tandis  que  les 
2  autres  formes  se  prolongent  au-dessus.  On  les  voit  beau- 
coup plus  nettement  à  partir  du  10"'  segment.  A  la  2"'  région, 
les  soies  de  la  rame  inférieure  sont  beaucoup  moins  nom- 
breuses, 11  ne  reste  plus  que  les  longues  soies  minces  inco- 
lores annelées;  les  deux  autres  formes  ont  disparu. 

Outre  les  soies  dont  il  vient  d'être  question,  il  y  a  à  la 
rame  inférieure,  du  côté  le  plus  rapproché  du  ventre,  des 
acicules  incolores,  unis,  à  pointe  obtuse,  très  légèrement 
courbes,  qui  sont  un  (îers  plus  minces  que  les  grosses 
soies  aciculaires  de  la  T"  région  et  deux  fois  plus  gros  que 
les  acicules  de  la  rame  dorsale.  Il  y  en  a  4  dès  le  1"  ser- 
ment, puis  .H,  4,  '6  el  4  jusqu'à  la  fin  du  corps.  Mais,  dans 
la  2"'  région,  au  lieu  d'être  tous  groupés  du  côlé  le  plus 
rapprocbcdu  ventre,  comme  dans  lai",  ils  sont  distribués  en 
évenluil  dans  la  base  du  cirre  ventral  d'une  manière  carac- 


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ANNÉLIDES    POLYCHfcTES   DES   COTES    DE    FRANCE,         363 

léristiqtie,  comme  le  seraient  des  crocitels  de  Cirratuliens. 

V A  .  Isevïgata ,  avec  ses  branchies  anU^iieures  si  pelites, 
laissant  le  dos  à  découvert,  et  avec  les  deux  cùlés  du  corps 
bien  lisses,  est  à  rapprocher,  sauT  sous  te  rapport  de  la  taille, 
du  Scoloplox  armiger,  du  Scoloplos  Kerfiuelenx'm  Me  Int., 
Chall-,  du  Scoloplox  (/itadrirux/iida  Fabr.,  de  VAriria  Miilleri 
et  de  VArina  Œrxtedii  Clpd.  11  y  a  dans  la  colleclion  du  Mu- 
séum un  exemplaire  complet  à'A.  Ixmgala,  provenant  de 
la  Méditerranée.  Plus  petit  que  le  mien,  il  a  37  millimètres 
de  long  dans  l'alcool  sur  3  millimètres  Ac  large  en  avant,  plus 
de  250  segments,  la  tète  arrondie,  une  rrgion  antérieure  de 
21  segments,  des  branchies  très  pelites  commençant  au 
10"'  segment  et  laissant  le  dos  bien  à  découvert  jusqu'au 
18°".  Les  soies  et  acicules  sont  partout  semblables  i\  ceux 
que  j'ai  décrits  ci-dessus. 

Méditerranée. 


PAMILbR    DE»    FIj«BGI^I.ICR RIENS   (PIIEHlI*iK«     Gr., 
CHIjORÉlllRlI<i(  Qfg.,   NIPnONO!«TOII«€E«K  Johniit.). 

(ÎENBE  FLABELLIGElîA  Sars    [Siphoxtomum   Otlo,  Sipho- 
noxtoma  Rathke,  Chlorœma  Duj.). 

Flabelligera  Claparedii  N.  s. 
PL  XXI,  fig.  176-179. 

Deux  exemplaires  trouvés  dans  les  rochers  de  Remardy, 
près  do  Saint-Jcan-de-Luz. 

Le  corps  d'un  jaune  clair,  entouré  d'une  couche  épaisse 
de  mucus  mélangi'C  de  sable  et  de  vase,  à  peine  aminci 
en  arrière,  mesure  40  à  60  millimètres  de  long  sur 
9  de  large,  et  comple  3t  à  40  segments.  De  très  nombreu- 
ses soies  simples  cloisonnées  forment  la  cage  céphalique 
qui  entoure  la  tète  avec  ses  2  gros  palpes  jaunes   et   ses 


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364  DE  SAINT-^OliEPn. 

branchies  nombreuses  comme  celles  de  la  FlabeUigera  diplo- 
chaitos  Otio  (1). 

La  rame  supérieure  a  23-25  soies  simples  cloisonnées  sem- 
blables à  celles  de  la  cage  céphalique,  mais  plus  minces  ;  à 
ces  soies,  les  anneaux  les  plus  hauts  (0"'°,06)  sont  à  l'exlré- 
mité  aniérieure  et  deviennent  de  plus  en  plus  bas.  A  la  rame 
intérieure,  il  y  a  1  ou  2  soies  composées  avec  un  article 
en  forme  de  crochet  1res  recourbé  ;  la  hampe,  aprJ's  cet 
article,  a  77  à  80  anneaux  moins  serrés  que  chez  la  Fl.di- 
plochdito-t  ;  ici  les  anneaux  les  plus  bas  sont  les  plus  rappro- 
chés de  l'extrémité  aniérieure  de  la  hampe;  peu  à  peu  ils 
deviennent  plus  hauts  (O-^.Ol  68)  et  sont  suivis  de  5  anneaux 
beaucoup  plus  espacés  (0°"°,063j  après  lesquels  en  viennent 
bO  aussi  serrés  que  les  80  1*",  mais  là  ce  sont  les  anneaux 
les  plus  hauts  qui  sont  les  1"*  et  les  plus  bas  sont  les 
derniers.  Celte  soie  longue  de  4""°, 80,  soit  un  quart  do 
plus  que  rlie/.  la  FI.  diplorha'Uos,  est  entourée  à  sa  ba«e. 
comme  chez  celle-ci,  d'une  botte  de  6  soies  longut^s 
de  l'°°',40,  dont  la  pointe  niiforme  excessivement  fine  sort 
seule  du  pied.  Les  papilles  qui  accompagnent  les  soies  sont 
lagf^niforines  (fig.  176);  les  aulresont  3  formes  dilTérentes  : 
1°  en  massue  (fig.  1 77)  ;  2°  sphérique  (lig.  1 78)  ;  3°  sphérï- 
que  surmontée  d'une  pointe  cylindrique  (fig.  179). 

Ainsi  celle  espèce  a  les  soies  dorsales  beaucoup  plus  nom- 
breuses que  la  FI.  diplochdilos  et  avec  moins  d'anneaux,  les 
soies  ventrales  moins  nombreuses,  plus  longues  et  avec  plus 
d'anneaux,  et  enfin  deux  formes  de  papilles  qui  n'exi.'ilenl 
pas  chez  la  FI.  diptochàitos. 

Claparède  dans  ses  Aimélides  de  Na/iles  (p.  373)  signale 
sans  la  décrire  compiclement  et  sans  la  dénommer,  une 
FlabeUigera  voisine  de  la  F.  di/doc/idito"  de  tapies,  dont 
la  mucosité  est  souillée  de  substances  étrangères  et  dont 
les  papilles  sphériques  ont  un  prolongemenl  cylindrique.  Il 


(!)  Voir  Annél.  polych.  des  côtes  de  DinarU,  "J"'  parlit-  (Afin,  des  Se.  Sal., 
7~'  série,  t.  XVII,  18'Ji,  p.  ICU;. 


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ANNÉLIDES    POLYCHÈTES    DES    COTES   DE    KKANCE.         365 

est  possible  qu'il  s'agisse  là  de  noire  espèce  de  Saint-Jean- 
de-Luz. 

Méditerranée? 

Genre  STYLARIOIDES  D.  Ch.  {Pherusa  Okeo,  Blv., 
Tropkonia  Aud.  et  Edw.,  Lophiocephala  Costa). 

Je  comprends  provisoirement  dans  le  genre  St^larioides, 
comme  l'a  fail  Von  Marenzeller{l).  les  espèces  appartenant  à 
ce  genre  et  au  genre  Trophonia,  mais  ce  dernier,  créé  pos- 
térieurement à  l'autre,  par  Audouîn  et  Milne  Edwards  pour 
la  Tropkonia  barbata,  qui  est  le  Stylarioides  momUfe- 
nis  D.  Ch.,  doit  disparaître.  C'est  à  tort  que  Malmgren, 
Ctaparède  et  Grube  l'ont  fait  revivre  pour  des  espèces  qui 
ne  rentrent  pas  exactement  dans  le  genre  Stylarioides,  et 
pour  lesquelles  il  sera  nécessaire  d'établir  un  genre  avec 
un  nom  nouveau,  en  y  ajoutant  peut-être  d'autres  genres 
ou  sous-genres. 

Le  genre  Stylarioides  comprend  les  espèces  à  corps  en 
général  long,  beaucoup  moins  large  à  la  partie  postérieure 
qu'à  la  partie  antérieure,  avec  soies  des  \'"  segments  très 
longues,  droites,  fortes,  peu  nombreuses,  irisées,  dirigées 
en  avant  et  formant  cage  céphalique,  soies  dorsales  des 
segments  suivants  très  fines  et  en  petit  nombre,  soies  ven- 
trales en  crochet  recourbé,  partie  antérieure  du  corps 
formant  siphon  exsertile  et  rétractile  d'où  sort  et  dans 
lequel  rentre  une  bouche,  en  général  trilobée,  derrière 
laquelle  s'élèvent  2  très  gros  tentacules  placés  à  la  base 
d'un  pédoncule  membraneux,  épais,  demi-circulaire,  servant 
de  support  à  de  nombreuses  branchies  disposées  comme 
chez  les  Serpuliens,  mais  sur  plusieurs  rangées  parallèles, 
papilles  le  plus  souvent  rares  et  petites  ;  St.  moniliferus  D.  Ch., 
St.  kirsutifs  Lo  Bianco,  Lophiocephalus  grandit  Ofg-,  Styla- 
rioides parmalus  Gr.  Semper, 

(I)  Beitrâge  zur  fauna  Spitiber^Gns.  Etesultate  einer  im  Jahre  1886 
unternommenem  Heiee  vonD'Willy  Kiikenlhal.  Spitzbergische  Anneliden 
von  D'  Von  Marenseller  (ArtMu.  fiir  naturg.,  188»,  p.  131). 


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366  DE  SAIXT-JOSEPH. 

Les  espèces  voisines  du  genre  Stylarioides,  mais  qui  n'y 
rentrent  pas  exactement,  ont  pour  caraclères  communs  : 
un  corps  plus  court  et  relativement  moins  aminci  à  l'extré- 
mité postérieure  que  chez  les  Slylarioides,  les  soies  de  la 
cage  céphalique  moins  fortes,  plus  nombreuses  et  en  géné- 
ral moins  brillantes,  des  soies,  dorsales  plus  fortes  et  plus 
nombreuses,  des  soies  ventrales  n'étant  pas  toujours  en 
forme  de  crochet  recourbé,  la  portion  antérieure  du  corps  ne 
formant  pas  siphon  (1),  mais  invaginant  ou  dévaginant  une 
bouche  derrière  laquelle  s'élèvent  2  tentacules  plus  gros  que 
les  branchies  placées  en  arrière  d'eux,  moins  nombreuses 
que  chez  les  Stylar'ioides,  bien  séparées  les  unes  des  autres, 
rarement  plantées  dans  une  plaque  membraneuse  verti- 
cale, des  papilles  en  général  plus  nombreuses  et  plus  dé- 
veloppées. 

Ces  espèces  formeraient  un  genre  où  il  faudrait  distin- 
guer, comme  le  pense  Von  Marenzeller,  plusieurs  groupes 
d'après  la  forme  des  soies  des  segments  qui  suivent  ceux 
portant  les  soies  céphaliques  et  d'après  les  branchies.  Mats 
si  les  soies  sont  assez  bien  connues,  il  n'en  est  pas  de  même 
des  branchies  qui,  la  plupart  du  temps,  sont  incomplète- 
ment décrites  ou  même  passées  sous  silence.  On  comprend 
donc  que  lesgroupements  suivants  ne  soient  qu'une  ébauche  : 

1"  groupe.  —  Soies  dorsales  et  ventrales  effilées  : 

a.  8  branchies,  dont  4  plus  grosses  et  4  plus  minces 
s'élcvant  en  arrière  de  la  bouche  derrière  les  tentacules. 
Trophonia  glauca  Mgr.  —  Trofthonia  kirsuta  llans.,  chez  la- 
quelle les  séparations  des  anneaux  des  soies  sont  saillantes. 
—  Slylarioides  lonyisetosus  Von  Marenz. 

b.  Branchies?  Trophonia  Kerguelarum  Gr.  Gazelle,  chez 
laquelle,  d'après  Me  Intosb  Chall.,  les  séparations  des  an- 
neaux sont  saillantes  aux  soies  dorsales  seulement.  —  Tro- 
phonia Wyvillei  Me  Inl.  Chall. 

{1)  llhez  la  Trophonia  pnbetlala  Aars,  la  partie  anlérl<;ure  du  coi^  est  plus 
saillante  en  avant  <|ue  clitz  d'autres  espèces,  mai»  je  ne  cruis  pas  qu'il 
^'agisse  d'un  véritable  sipliOD. 


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ANNÉLIDES    POLYCHËTES    DES   COTES   DE   PBA.NCE.         367 

2"'  groupe.  —  Soies  dorsales  effilées  et  soies  ventrales 
recourbées  en  forme  de  crochet  : 

a.  8  ou  10  branchies  de  grosseur  égale  disposées  comme 
dans  la  division  a  du  groupe  précédent  :  Slylarioides  plumosa 
0.  F.  Miill.  {Trophonia  arctica  Hans.  ?,  borealh  Hans.  ?, 
rugosa  Hans.?,  d'après  Levinsen).  —  Trophonia  a f finis 
Verr.  —  Stytarioides  lenera,  Gr.  ?.  —  Trophonia  ftabellaia 
Sars.  —  Sfylarioides  cinclm  Hasw.? 

b.  Branchies  nombreuses,  de  grosseur  égale,  supportées 
par  une  plaque  membraneuse  dressée  verticalement  der- 
rière les  tentacules  et  la  bouche  :  Siphonostomttm  cari- 
boum  Gr.  OErst.  (1).  —  Siphonoxlomum  cingulatum  Gr. 
Kr.?{2).  —  Stglarioidex  rudh,  Gr.  Fr.  Mull.?—  Trophonia 
capensis  Me  Inl.  Chall. 

c.  Branchies?  Slylarioides  scutiger  Ehl.  Flor.  ?  —  Styla- 
rtoides  Horstii,  Hasw.? 

3"°  groupe.  —  Soies  dorsales  effilées  et  soies  ventrales 
recourbées  avec  une  fine  épine  sous-rostrale  : 

a.  Branchies  disposées  en  fer  à  cheval  :  Trophonia  eruca 
Qpd. 

b.  Branchies  nombreuses  :  Trophonia  arenosa  Webst. 

■i"'  groupe.  —  Soies  dorsales  effilées.  Soies  ventrales  arti- 
culées à  quelques  segments.  Branchies?  Stylariotdes  collari- 
/cr  Ehl.  Flor. 

5°"  groupe.  —  Soies  dorsales  effilées;  soies  ventrales,  les 
unes  effilées  plus  ou  moins  épaisses,  les  autres  recourbées 
en  crochet  plus  ou  moins  épaisses.  Branchies?  Trophonia 
xanthotricha  Schmarda. 

Stvurioides  plumosa  0.  F.  Haller  (3). 
PI.  XXI,  Rg.  180. 

(1)  Voir  Ehlers,  Viorida  Anneliden  (Mem.  of  the  Muséum  of  compar.  zool.  at 
Harvard  coUegê,  t.  XV,  1887,  io-i,  pi.  XLll,  fig.  7). 

{£]  Je  place  ici  le  S.  cini/tilalum,  Grube,  dans  sa  description  Incomplète 
{  innul.  (Ers/.  Vidensk.  Meddelu,  18.^8)  semblant  assimiler  le  système  bran- 
chial de  celte  espèce  à  celui  du  S.  cariboum  élucidé  depuis  par  Elilers. 

(3)  Voir  Annéi.  polgch.  des  côtes  de  Dinard,  3*°*  partie  {Ann.  des  se.  nat.. 


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368  DE  SAINT-JOSliPII. 

Trois  exemplaires  adultes  recueillis  dans  un  dragage  au 
Nord  de  Saint-Vaast  par  30  mètres  de  fond  environ,  me 
permettent  d'ajouler  quelques  délaîls  &  la  description  que 
j'ai  déjà  donnée  d'un  individu  jeune. 

Ces  exemplaires  ont  de  55  à  60  millimètres  de  long  sur 
4  à  5  millimëfres  de  large  en  avant  et  2  à  3  millimètres  en 
arrière,  et  60  à  66  segments  en  tout.  Le  corps  est  d'un 
gris  sale  avec  des  particules  de  vase  et  des  grains  de  sable 
agglutinés  aux  papilles  surtout  du  côté  dorsal,  où  elles  sont 
beaucoup  plus  nombreuses  et  plus  fortes  (©""je  de  haut 
sur  0'°'°,04  de  large)  (iig.  1 80)  que  du  côté  ventral. 

La  partie  <inléricure  du  corps,  qui  est  rélraclile  jusque 
dans  le  4"°  segment  séligère  et  qui  n'a  pas  de  siphon  exser- 
tile,  a  derrière  la  bouche  ventrale  2  gros  palpes  d'un  rose 
orangé  parcourus  en  dessous  par  un  sillon  cilié,  longs 
de  2""°,25  sur  0°"",5  de  large,  et  en  arrière  des  tenlacules 
8  branchies  vertes  ciliées  de  grosseur  égale,  moitié  moins 
larges  que  les  tentacules,  longues  de  4°"", 75,  et  placées  sur 
2  rangées  parallèles  de  4  chacune  l'une  derrière  l'autre. 

Les  3  i'"  segments  séligères  ont  aux  2  rames  des  soies 
simples,  droites,  non  brillantes,  plus  fortes  que  celles  des 
segments  suivants  et  formant  cage  cépbalique  pour  protéger 
les  tentacules  et  les  branchies  qui  sont  très  caduques,  lors- 
qu'elles sont  sorties  de  l'intérieur  du  corps.  Ces  soies  ont 
O^^jOeS  de  large  dans  la  parlie  la  plus  large  et  leurs  an- 
neaux d'égale  hauteur  0"',029  de  haut.  Celles  du  i"  seg- 
ment, longues  de  I  centimètre  sont  au  nombre  de  16  envi- 
ron à  la  rame  dorsale  et  8  à  la  rame  ventrale  de  chaque 
côté.  Celles  du  2°'  segment  sont  moitié  moins  longues  et 
moins  nombreuses,  et  il  est  de  même  des  soies  du  S"' seg- 
ment par  rapport  à  celles  du  2'°.  Aux  segments  suivants, 
il  y  a  à  la  rame  dorsale  des  soies  simples  au  nombre 
de  10  à  7,  ayant  l'°'°,5  de  long  sur  0"",033  de  large  dans  la 
parlie  la  phis  large,  et  des  anneaux  égaux  de  0",025  de 

7"«  série,  I.  XVII.  p.  101  el  pi.  V,  flg.  (23).  —  Un  a  vu  plus  haut  que  ce 
n'est  pa»  un  véritable  aiytanoides. 


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ANNÉLIDBS   POLYCHÈTES   DBS   COTES   DE   PBANCE.        369 

haut.  A  la  rame  ventrale,  les  soies,  jaunes  et  Diassives,  au 
Qombre  de  4  ou  3,  sont  en  forme  de  crochet  recourbé  (1), 
larges  de  O°"°,084  dans  ta  partie  la  plus  large,  avec  des 
anneaux  hauts  de  O'^iO^I  près  de  la  base  et  de  O^jOlO  à 
la  partie  antérieure  avant  la  courbure  du  crochet.  Les 
soies  effilées  qui  accompagnent  chacune  des  soies  ven- 
trales ne  sont  pas  annelées  et  ne  font  pas  saillie  hors  du 
corps.  Elles  ont  une  base  assez  large  {O'"',0ii),  et  Ctapa- 
rède,  chez  la  Trophonia  eruca  Clpd.,  les  regarde  comme  des 
acicules. 

L'anus  terminal  s'ouvre  dans  un  très  petit  segment  anal 
achète. 

FAIIILI.B  DBS  OPHAlIEIVS  Gr. 
{incl.    POIiVOPBTHALMlBN»    Qrg.). 

GENRE  OPHËLIA  Sav.,  (Drst.  rev.  {Ammotrypam 
Rathke  p.  p.). 

Ofheua  neglecta  Aimé  Schaeider  (2). 
PI.  XXi,  Qg.  18t-l»5,etpl.  XXII,  fig.  19S-199. 

Au  banc  des  Chiens  près  le  Pouliguen. 

.\nimal  à  mouvements  lents  vivant  dans  le  sable. 

Le  corps  composé  de  33  segments  dont  32  sétigères,  cou- 
leur de  chair  avec  reflets  nacrés  irisés,  long  de  52  à  60  mil- 
limètres pour  les  grands  exemplaires  et  large  de  4  à  5  mil- 
limètres dans  la  partie  antérieure,  comprend  deux  régions 
bien  distinctes  de  longueur  inégale  :  la  première  cylindrique 
et  renflée  finissant  en  avant  en  cône  pointu,  de  9  segments 
sétigères;  la  deuxième  plus  étroite,  plus  longue  des  deux 
tiers  que  la  précédente,  de  24  segments  (y  compris  l'anal) 
dont  les  18  1'"  branchifères,  encore  convexe  du  côté 
dorsal,  comme  tal"  région,  mais  aplatie  du  côté  ventral  et 

(I)  Loc.  cit. .{A.  V,  lig.  12fi. 

{%)  Aimé  Sclitieider,  SurrOphilie  du  Pouliguen  [Tablettes  xoologiq»tes,l.li, 
ISill.p.  1-9,  et  pi.  XIV). 

AHN.    se.    NAT.    ZOOL.  V,    24 


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370  I 

divisée  en  deux  par  un  profond  sillon  longitudinal  de  chaque 
côlé  duquel  règne  un  gros  repli  creux  el  Iransparenl  oii  l'on 
voit  circuler  le  liquide  cavitaire. 

Sur  le  dos,  les  segments  sont  partout  très  indislincls  el 
chacun  d'eux,  sauf  le  1",  est  divisé  en  5  petits  anneaux  sans 
compter  celui  sur  lequel  sont  placées  les  soies.  Ces  anneaux 
sont  formés  chacun  par  un  repli  circulaire  de  la  cuticule 
dentelé  à  un  de  ses  bords  dans  l'intérieur  du  corps  (fig.  181). 
Sous  le  venireles  segments,  qui  à  la  I"  région  élaientaussi 
peu  marqués  que  du  côté  dorsal,  deviennent  plus  distincts 
dans  la  2'°*  région,  surtout  à  l'extrémité  du  corps,  mais  les 
petits  anneaux  sont  moins  nets. 

La  cuticule,  épaisse  de  0°"',022,  se  dissout  dans  la  po- 
tasse et  n'est  donc  pas  chitineuse.  Couverte  de  stries 
très  Unes  longitudinales  et  transversales  se  coupant  à  angle 
droit  et  produisant  l'irisation,  elle  est  percée  de  pores  de 
©"".OOi  de  diamètre  irrégulièrement  répartis  sur  tout  le 
corps.  A  chacuu  des  segments  branchifères,  il  y  a  environ 
25  rangées  transversales  régulières,  plus  ou  moins  droites  ou 
obliques,  deSO  à  100 pores  d'un  diamètrede0'°",006  àO"",010 
(fig.  182  et  183).  Ce  sont  les  orifices  de  petits  entonnoirs 
renfermant  une  substance  granuleuse  (peut-être  des  organes 
du  tact,  d'après  Von  Marenzeller)  {l).Ces  rangées  s'étendent 
depuis  le  niveau  des  branchies,  sur  une  longueur  de  1  milli- 
mèlre,  uniquement  du  côté  du  dos  dont  le  reste  est  occupé 
par  des  pores  ordinaires  plus  petits  distribués  çà  et  là. 

La  tête,  très  petite,  longue  de  0°'",90,  est  en  forme  de 
cône  pointu  riche  en  tissu  musculaire  (fig.  184).  Elle  est 
creuse  el  le  liquide  cavitaire  qui  y  pénètre,  y  apportant  quel- 
quefois des  œufs,  peut  la  rendre  très  rigide,  ce  qui  est  utile  à 
l'animal  pour  fouir  le  sable.  A  la  base  du  cône,  le  cerveau 
hilubc  porte  à  sa  surface  4  yeux  disposés  en  carré.  Les 
2  yeux  antérieurs  et  l'œil  postérieurde  gaucho,  d'un  diamètre 
de  O'^.OÎ,  ont  un  cristallin  enchâssé  dans  une  masse  pigmen- 

(1)  Die  Polychxtcn  der  Bremer  Expédition  naeh  Ost^îtiàtergen  {Zoot,  Jahrb., 
t.  VI,  l8M,p.  t2o). 


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ANNÉI.IDES    POLYCHËTES    DES    COTES   DE    FRANCE.         371 

laire  noire;  quant  à  l'œi!  poslérieur  de  droite,  il  est  pure- 
ment rudimenlaire  consiataot  en  quelques  granules  pigmen- 
taires.  De  chaque  côté  du  cerveau,  la  cuticule  est  percée 
d'une  fenle  de  0'",3  de  diamètre  d'oii  sort  un  organe  rétrac- 
lile  vibratile,  arrondi  (Bg  185  et  186)  (organe  de  la  nuque], 
qui  est  un  organe  des  sens  el  qu'on  a  signalé  souvent  chez 
d'autres  Annélides  polychètes  sans  qu'on  soit  d'accord  sur 
ses  Fonctions.  M.  Racovilza  l'a  étudié  spécialement  dans 
plusieurs  familles  (t). 

Le  1"  segment,  qui  fait  suite  à  la  tète,  va  en  s'élargissant 
peu  &  peu  jusqu'à  la  bouche  placée  à  sa  limite  inférieure 
i^t  se  compose  de  20  à  ^t  petits  anneaux  sur  le  15"°  et  le 
16'°*  desquels,  en  comptant  à  partir  de  la  tête,  on  observe 
de  chaque  côté  du  dos  une  fossette  produite,  comme  le  dit 
Claparède,  pour  VOphelia  radiala  D.  Cb.,  par  la  traction 
des  muscles  labiaux.  Exactement  sur  la  même  ligne  que 
la'fente  buccale,  il  y  a  de  chaque  côté  t  faisceaux  de  soies, 
l'un  plus  rapproché  du  dos,  l'autre  plus  rapproché  du  ventre, 
sortant  entre  2  lèvres  béantes  arrondies,  et  séparés  l'un  de 
l'autre  par  un  pore  ovale  de  0'',060sur  ©""".OiS  qui  traverse 
la  cuticule  sous  la  forme  d'un  gobelet  vide  au  fond  duquel 
se  dressent  de  petites  fibrilles  droites  (fig.  187,  e).  Ce  pore 
existe  à  tous  les  segments  sauf  l'anteanal.  Quant  aux  soies, 
elles  sont  partout  d'une  seule  sorte,  tiucs  et  capillaires,  les 
dorsales  plus  longues  que  les  ventrales  ;  à  chaque  faisceau 
il  y  en  a  quelques-unes  plus  courtes  que  les  autres.  Comme, 
chez  les  Ophélies,  les  soies  sont  placées  à  la  limite  inférieure 
des  segments,  te  segment  buccal  est  donc  séligère.  Il  est  suivi 
de  8  autres  beaucoup  moins  hauts  et  divisés,  comme  nous 
l'avons  dit,  en  5  petits  anneaux.  Le  9"*  segment,  qui  est  le 
dernier  do  la  1  "  région,  est  terminé  du  côté  du  dos  par  2  ma- 
melons arrondis  qui  dominent  les  2  faisceaux  de  soies  places 
au-dessous  d'eux. 

Au  lO"'  segment  sétigère  commence  la  2°"  région  et  appa- 

(1)  Le  lobe  cijihali<jue  et  VencêpkaU  des  Annélide»  polychèta  {Arch,  deiQoi, 
expérim.,i»'  série,  t.  IV,  I89fi). 


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372 

ratt  juste  en  arrière  du  faisceau  de  soies  supérieur,  qui  en 
recouvre  la  base,  une  branciiie  ligulée,  rouge,  à  cils  vibra- 
liles  courts  et  lins,  parcourue  dans  toute  sa  longueur  par 
une  anse  vasculaire  dont  les  deux  branches  sont  reliées  par 
un  grand  nombre  de  petites  anses  transversales  (lîg.  IB7,  b). 

Au  12"°  segment,  un  gros  pore  de  0"",i  de  diamètre  c]ul 
sert  de  débouché  à  uu  organe  segmentaire  s'ouvre  en  avant 
du  faisceau  sétigère  ventral  vers  le  milieu  du  segment  et  on 
le  retrouve  aux  5  segments  suivants  (fig.  188,  d).  Les  pre- 
mières et  les  dernières  branchies  sont  moins  longues  que 
celles  du  milieu  qui  alleignent  jusqu'à  7  millimètres  de  long. 
II  y  a  constamment  âi  tous  les  exemplaires  18  segmenis 
branchil'ères  qui  sont  suivis  de  5  segments  abranclies  bien 
marqués;  les  faisceaux  de  soies  y  sont  semblables  à  ceux  de 
la  \"  région,  mais  au  dernier  des  5,  il  n'y  a  pas  de  pore 
entre  les  2  faisceaux.  Le  sillon  ventral,  qui  s'était  élargi  aux 
3  1'"  de  ces  5  segments,  se  rétrécit  brusquement  aux 
2  derniers,  qui  sont  plus  étroits  et  où  les  soies  plus  longues 
que  celles  des  autres  segmenis,  dépassent  le  segment  anal  et 
lui  font  une  sorte  de  cage. 

Le  segment  anal  consiste  en  une  membrane  d'un  gris  sale 
qui  paraît  être  un  segment  dégénéré  à  7  ou  8  anneaux. 
Celte  membrane  semi-circulaire  flotte  autour  de  l'anus  ter- 
minal et  l'entoure,  sauf  du  cdié  ventral  où  elle  est  beauté; 
elle  est  frangée  au  bord  de  18  papilles  digitiformes  ayant 
0'°°',66  de  long  sur  0'"'°,36  de  large  à  la  base.  Ces  1 8  papilles 
s'étalent  entre  2  prolongements  papilliformes,  deux  fois 
plus  longs  et  plus  larges  qu'elles,  qui  terminent  les  2  replis 
ventraux  delà  2°"  région  et  où  circule  le  liquide  cavitatre; 
ce  ne  sont  pas  à  proprement  parler  des  papilles,  quoi- 
que les  auteurs  les  aient  fait  entrer  en  ligne  de  compte 
comme  papilles. 

La  bouche,  qui  s'ouvre  sous  le  ventre  loin  en  arrière  de  la 
tète,  consiste  en  une  fente  transversale  large  de  1"°',20  pré- 
cédée d'une  lèvre  supérieure  saillante,  non  fendue  sur  les 
côtés,  se  prolongeant  en  un  long  cône   presque  jusqu'à  la 


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AN^ÉLIDES    POLYCRËTES    DES    COTBS    DE    PRANCE.         373 

têtp  (fig.  189,  z:);!»  lèvre  inférieure,  beaucoup  plus  courte  et 
arrondie  en  arrière,  est  sillonnée  de  plis  longitudinaux 
{lig.  189,  d).  La  bouche  est  suivie  d'une  trompe  exsertile, 
rouge  et  mulMlobée,  puis  d'un  œsophage  courl,  tapissé  de 
nombreux  replis,  où  pénëlre  le  sang  contenu  dans  le  sinus 
périnpsophagien.  L'œsopiiage  passe  au-dessous  de  l'organe 
problématique  particulier  aux  Ophélies,  pris  par  Délie 
Chiaje  (1)  pour  une  double  vésicule  respiraloire,  par  (»- 
sied  (2)  pour  une  glande  sallvaire,  par  G.  Costa  (3)  pour  un 
cœur  charnu,  parN.  Wagner  (4)  pour  uncapuchon  destiné  h 
recouvrir  la  partie  antérieure  du  canal  digestif  et  à  fouir  le 
sable,  par  Qualrefages  (5)  pour  un  large  entonnoir  plissé 
exsertile,  enlin  parClaparède  (6)  et  par  Pruvot  (7)  pour  un 
organe  injecteur.  C'est  un  sac  conique  très  musculeux,  bien 
indépendant  du  canal  digestif,  placé  au-dessus  de  l'œso^ 
phage  au  milieu  du  dos  et  qui  n'est  que  la  dépression  d'une 
membrane  musculaire  fixée  aux  parois  du  corps  comme  un 
diaphragme  en  regard  du  3"'  faisceau  sétigère  et  se  laissant 
traverser  néanmoins  par  l'œsophage  et  le  liquide  cavitajre 
(fig.  190).  Un  second  sac  plus  petit,  disposé  de  même,  placé 
au-dessus,  vient  s'emboîter  dans  le  l"  sans  le  remplir.  Ces 
deux  sacs  sont  creux  et  contiennent  du  liquide  cavitaire.  Il 
me  parait  probable,  comme  à  Claparède  qui  en  indique  le 
foncUonoemcnl,  que  cet  organe,  occupant  les  4°"  et  5"'  seg- 
ments, sert  à  injecter  le  liquide  cavitaire  dans  le  petit  lobe 
céphalique.  C'est  la  trompe  qui  est  évaginée  et  non  pas  lui. 
Il  esta  rapprocher,  comme  je  t'ai  déjà  fait  (S),  du  diaphragme 
œsophagien  des  Térébelliens, 

(  I  )  Batrizione  t  ffofomt'a,  t.  Ul,  p.  89. 

(3)  GronUinds  Ann.  dorsih.,  p.  ÎDi,  et  pi.  VIll,  fig.  lOS. 

(3)  Annali  di  Acead.  d.  aspir.  nalur..  Il,  p.  83,  fide  l'Apd. 

(  l)  Wagner,  f>ie  Wirbellosen  des  Weissen  Heeres.  in-tol.,  1883,  p.  5!i. 

(;i)  Sur  i/uelques  invertébrés  marins  d'Arcachon  {Assoc.  ffranç.  potir  l'avance- 
ment des  teienees,  1.  I,  1873,  session  de  Bordeaui,  p.  ti33). 

(Il)  Annil.  du  golfe  de  tapies,  p.  291 ,  el  pi.  XXVI,  fi({-  '  B  6,  6',  c,  c'. 

(")  Pnivot,  Syslime  nerveux  des  Annél.  polych.  (Arch.  de  wot.  expérim., 
2»«  série,  l.  III,  iSm,  p.  309,  et  pi.  XV.  fig.  1). 

[H)  L«s  Annil.  polyeh.  des  cotes  de  Uinard,  3"'  partie  (.4Rn.  des  se.  nat., 
T"  série,  t.  XVII,  189*.  p.  192,  et  pi.  VUI,  fifi.  SIS). 


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374  DB  SARVT-aOSBPH. 

A  peu  près  au  milieu  du  6"°  segment,  l'estomac  succède 
i\  l'œsophage.  D'un  diamètre  beaucoup  plus  grand,  il  est 
entouré  d'un  sinus  qui  apporte  le  sang  dans  des  replis  sinueux 
et  dendritiques  les  plus  développés  que  je  connaisse  pour  le 
canal  digestif  d'un  Annélide  polychètc.  Ils  forment  3  grou- 
pes :  %  latéraux  assez  bas  et  1  ventral  beaucoup  plus  impor- 
tant, piriforme,  s'élevant  presque  jusqu'à  la  paroi  dorsale  de 
l'estomac,  qu'il  remplit  en  grande  partie,  el  communiquant 
par  un  pédoncule  avec  le  sinus  périslomacal.  Il  est  possible, 
comme  le  pense  Schaeppi,  que  ces  replis  si  importants  où  cir- 
cule le  sang  servent  à  une  respiration  intestinale  dans  une 
région  où  manquent  les  branchies. 

Au  commencement  de  la  région  abdominale,  après  le  dis- 
sépiment  entre  le  9"°  el  le  lO"'  segment,  l'intcslin  fait  suite 
à  l'estomac.  II  est  de  même  diamètre,  mais  les  replis  moins 
importants,  sont  seulement  sinueux  el  non  dendrilicpies.  Il  v 
a  aussi  un  repli  ventral,  moins  volumineux  que  celui  de  l'es- 
tomac et  où  pénètre  le  sang  du  sinus  péri-inleslimd.  A  cha- 
que segment,  l'inteslin  est  étranglé  par  les  dissé|)iments,  qui 
sont  beaucoup  plus  marqués  que  dans  la  région  thorarîquc. 

Tout  le  canal  digestif  est  rectiligiie  et  ne  décrit  pas  de 
sinuosités.  Au  3°"  avant-dernier  segment,  le  repli  ventral  de 
l'intestin  est  suivi  de  2  valvules  superposées,  la  supérieuri> 
avec  9  papilles  digitiformes  et  l'inférieure  avec  6  (fig.  10]  ). 
Tout  cet  appareil,  en  général  rétracté  dans  l'intérieur  du 
corps,  pend  quelquefois  hors  de  l'aniis. 

Ladescriplionde  la  circulation  du  sang  donnée  par  Clupa- 
rède  est  inexacte  sur  bien  des  points.  Wiren  (t  ]  avait  décou- 
vert une  circulation  lacunaire  autour  du  canal  digestif 
depuis  l'anus  jusqu'à  la  base  do  la  trompe  chez  i'Op/telitia 
acuminata  <Mrsi.  {Ammolry/iaiieau/ogaslerHnl\i\ie).yencon- 
slate  une  semblable  chez  ÏO.  neglecta  comme  Scliaeppi  (2) 

(1)  Beifr.  lur  Annt.  wn-i  Histxl.  der  Umv-oren  Annel.  (K.  Smutn  yetensk. 
Ahad.  Handtiuyar,  l.  XXI[,  ISk:.  p.  4->). 

(2)  Dos  thlorai)'<gen  von  OpMia  radiiita  iJenaische  Znls.  fiîT  Mtdiein  uml 
yatuTV:,  t.  XXVdl,  1893,  |..  m,  à  213,  el  |>l.  .\iX). 


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ANNÉLIDES  POLYCBËTES  DES  COTES  DE  FRANCE.    375 

chez  VOpheUa  radiata.  Tous  les  détails  qu'il  donne  sur  la 
circulalion  du  sang  et  sur  le  corps  cardiaque  dans  son  inté- 
ret-sant  Mémoii-e  sur  ciHIe  esjifece  sont  applicables  à  XO.  ne- 
glecta  et  je  ne  puis  qu'y  renvoyer.  Le  sang  contient  de  nom- 
breux globules  sanguins. 

Le  cerveau  dont  il  a  été  question  plus  haut  est  relié  \  la 
chaîne  nerveuse  ventrale  par  2  longs  conneclifs  œsophagiens 
qui  se  réunissent  en  arrière  de  la  bouche  après  avoir  suivi 
dans  leur  trajet  les  deux  côtés  du  long  triangle  formé  par  la 
lèvre  supérieure  {fig.  189,  c).  Le  cordon  nerveux  ventral 
décrit  exactement  par  Claparède  (1),  plat  et  large  de  0°"',36, 
se  dessine  comme  une  bandelette  blanche  placée  au-dessus 
des  muscles  obliques  sur  la  ligne  médiane  ventrale  et  qu'on 
enlève  facilement  (2).  Je  n'y  vois  pas  de  fibre  tubulaire 
colossale. 

L'O.  neglecta  n'a  pas  de  couche  de  muscles  circulaires. 
De  nombreux  faisceaux  de  muscles  longitudinaux  dorsaux 
parallèles  et  juxtaposés  occupent  tout  le  dos  jusqu'au  point 
d'inserlion  des  muscles  obliques  qui  se  détachent  de  chaque 
côté  de  la  ligne  médiane  ventrale  et  au-dessous  desquels  sont 
placés  de  chaque  côté  du  corps  les  faisceaux  musculaires 
longitudinaux  ventraux,  beaucoup  moins  nombreux  que  les 
dorsaux.  Les  muscles  obliques  sont  plus  importants  dans  la 
région  abdominale  et  c'est  dans  la  chambre  qui  les  sépare 
des  muscles  longitudinaux  veniraux  que  sont  logés  la  base 
des  faisceaux  de  soies  avec  leurs  muscles  rélracteurs,  el  les 
organes  segmentaires  dans  les  segmenis  où  ils  existent. 

Il  y  a  6  paires  d'organes  segmentaires  colorés  en  brun 
aux  segments  12-17.  Ciiacun  d'eux  renferme  un  canal  peu 
sinueux,  non  recourbé,  débouchant  à  l'extérieur  par  le  gros 
pore  dont  il  a  été  queslion  plus  haut  et  à  l'intérieur  par  un 
pavillon  vibralile  dentelé  au  bord  et  dominé  par  2  languettes 

{{)Ue:  n(..pl.XXVI,(i){.  I  e. 

(i)  Voir, sur  !« système  nt-iveux  des  Ophélies,  Kiikenlhal.  Veber  das  Xerven- 
ïj/siem  der  Opheliareen{Jciuii!'i:hc  '/.cils,  fiir  Mti/ict"  iind  Saturai. ,  l.  XX,  IRS7, 
p.  Sll-580.  et  pi.  XXXII-XXXIV], 


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376  DK  SAIMT-^OSEPa. 

ciliées  (fig.  192).  Le  pavillon  de  l'organe  qui  aboutit  au  gros 
pore  dul2"' segmentselrouvedaosle  H°",  et  ainsi  de  suite. 

Les  femelles  et  les  mâles  sont  mûrs  au  mois  d'avril.  Les 
femelles  ont  des  ovaires  avec  des  œufs  à  lous  les  états  de 
développement  comme  le  figure  Claparède  pour  VOivenia 
fmiformis  D.  Cb.  (]);  lorsqu'ils  sont  entièrement  formés, 
lesœufs,  légèrement  bruns,  ellipsoïdaux,  mesurant 0""°, 20 
dansle  sens  de  la  longueur  (fig.  193),  tombent  dans  la  cavité 
du  corps.  Les  mâles,  que  leur  couleur  blanchâtre  distingue 
des  femelles,  sont  remplis  d'un  nombre  énorme  de  sperma- 
tozoïdes très  petits,  soit  isolés  (fig.  194),  soit  en  régimes 
(fig.  195). 

Dans  le  liquide  cavitaire,  j'observe  des  corpuscules  lym- 
phatiques incolores  à  prolongements  pseudopodiques  figurés 
et  décrits  par  Claparède  pour  VO.  radiala  (2);  mais  j'y 
trouve  surtout  en  grande  quantité  les  corps  bizarres  vus 
pour  la  première  fois  par  G.  Costa  chez  la  JSeomeris  uro- 
pky ila  Costa,  {O.radiata)  (3)  puis  par  KowaIewsky(4)  chez  une 
Ophélie  qu'il  ne  nomme  pas,  par  Claparède  (5)  chez  VO.  ra^ 
diala,  par  N.  Wagner  (6)  chez  VO.  aulogaster  {0.  Hmacinaf), 
par  Kiinslier{7)  chez  VO.  bicornis  Sav.  et  enfin  par  Schaeppi  (8) 
chez  VO.  radiata.  Pour  Costa  ce  sont  des  caillots  sanguins, 
pour  Kowalewsky  des  amas  de  corpuscules  lymphatiques, 
pour  Claparède  peut-être  des  substances  excrétionnelles,  ce 
qu'admet  aussi  Eisig  (9),  pour  Schaeppi  des  cellules  lym- 

(1  )  Amél.  du  golfe  de  JfapUt,  pi.  XWl,  Rg.  5  d. 

(2)  Annél.  du  golfe  de  HapleSy  p.  287,  et  pi.  XXIX,  fig.  1. 

(3)  Arm.  d.  Accad.  d.  aspir.  Natur.,  II,  p.  84,  fide  Clpd. 

(4)  Entwickelungsgeschichte  der  Rippenquallert  [Mim.  de  rAcad.  dts  tir.  de 
St-Pétersbrmrg,  7°"  série,  t.  X,  1886,  p.  404.  Introituction,  p,  vi), 

{S)  Annél.  du  golfe  de  Naples,  p.  288,  et  pi.  XXIX,  fig.  (a,  I  b,  le. 
16)  Die  Wirbelhien  des  Weissen  Meeres,  in-fol.,  1685,  p.  .H5. 

(7)  Kùnstler,  Sur  un  llhhopode  {Comptes  rendus  du  18  aoilt  1884).  —  Du- 
montia  Opheliarum  {Bull,  de  la  Soc.  de  tool  ,  t.  X,  1885,  p,  309-330,  et  pi,  IV, 
fig.  1-41).  —  Sur  la  Uruclure  réticulée  des  Proloioaires  {Comptes  rendus  du 
4  avril  4887). 

(8)  Bas  ChUiragogen  von  Ophelia  radiata  {Jenaiseke  Zeib.  fiir  Mediein  und 
Ifatvrw.,  t.  XXVIII.  1893,  p.  247  à  296,  el  pi.  XVI-XVlll). 

(9)  Monographie  der  Capileltidm  des  Golfes  von  neapel,  In-fol.,  1887,  p.  689. 


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ANNËLIDBS   POLTCHÈTBS   DBS   COTES   DE   FRANCE.        377 

phatiques  renfermant  des  amas  de  coqiuscules  de  chlora- 
gogène  en  forme  de  bàlonnel,  opinion  à  laquelle  je  me  range. 
Quand  à  M.  Ktinstler,  il  pense  que  ce  sont  des  protozoaires 
de  la  classe  des  Sarcodines,  intermédiaires  entre  les  Rhizo- 
podes  et  les  Itadiolaires  ;  tl  leur  donne  le  nom  de  Dumontia 
Opkelioi'um. 

Les  concrétions  bruoes,  produits  excrétionnels  qu'on 
observe  chez  VO.  neglecta,  comme  chez  tant  d'autres  Anné- 
lides  polychètes,  sont  surtout  abondantes  dans  le  tissu  pérï- 
lonéal  externe  et  dans  le  tissu  épittiélial  interne  du  canal 
digestif  et  des  organes  segmentaires  de  l'animal.  Tombant 
dans  le  liquide  cavitaire,  ils  y  sont  englobés  par  les  cellules 
lymphatiques  dont  nous  avons  parlé  plus  haut;  Schaeppi 
décrit  en  détail  la  manière  dont,  entourés  chacun 
d'une  vacuole,  ils  se  juxtaposent  dans  la  cellule  lympha- 
tique en  prenant  la  forme  d'un  bâtonnet  brun  plus  ou 
moins  coudé  dans  sa  région  médiane,  la  cellule  augmen- 
tant peu  à  peu  de  volume  en  même  temps  que  le  bâ- 
tonnet. 

On  les  retrouve  partout  où  pénètre  le  liquide  cavitaire  : 
dans  les  2  prolongements  des  sillons  ventraux  qui  font  partie 
du  segment  anal,  autour  du  canal  digestif,  dans  l'organe 
injecteur  el  jusqu'autour  du  cerveau. 

Dans  sa  forme  la  plus  simple  (lig.  196),  la  cellule  à 
bâionnet  a  un  bAlonnet  axial  presque  central  long  de  0'°°',03 
ft  0°"°,0o,  d'un  brun  clair  avec  un  noyau  placé  en  regard  de 
la  concavité  de  la  partie  courbe  (ce  qu'on  observe  à  tous  les 
états  de  développement)  dans  le  protoplasma  granuleux  qui 
a  de  chaque  côté  et  perpendiculairement  à  l'axe  3  pseudo- 
podes très  nets  Uns  et  pointus. 

Dans  la  forme  la  plus  avancée  de  la  cellule  (Hg.  197)  qui 
se  développe  surtout  en  largeur,  le  bâtonnet  atteignant 
0"",32  de  long,  devenu  plus  foncé,  renflé  à  ses  deux  extrémi- 
tés en  massue  ou  le  plus  souvent  en  palette,  s'est  accru  en  Ion- 
gueuret  eulargeuraumoyen  de  couches  successives  indiquées 
par  deslignes  de  croissance  très  fines  qu'on  peut  suivre  jusque 


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378  DE  HtllIT-JOMePII. 

dans  les  paletles  (1).  Le  profoplasma  qui  entoure  immédia- 
temeat  le  bitloniiel  el  ses  exlrémités  est  tlnemonl  granuleux 
comme